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L'ARQOT AU XX^ StÈOLE
DICTIONNAIRE
Français- Argot
Le Dictionnaire AROOT-FRANÇAIS paraîtra ultëriouremeni
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IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE
vingt-cinq exemplaires sur papier de Hollande
et vingt-cinq sur papier du Japon.
8776-00. — Coincii. Imprimerie Ko. CntTt.
L'ARQOT AU XX- SIÈGLE
DICTIONNAIRE
Français = Argot
ARISTIDE pRUANT
Le DiotlODDalre AHOOT-FRANÇAni FarBitra alt«riearain«tit
Publié par l'Auteur
LÎIÎkAIRIE ERNEST ELAMMARION
a6, Br'F, rm:ine, près i.'odéon
PARIS
1901
ABRÉVIATIONS
Absol Absol iimeot.
Adj Adjectif.
Adj. f Adjectif féminin.
Adj. m Adjectif masculin.
Aphér Aphérèse.
Apoc Apocope.
Arg Argot.
Corrupt Corruption.
Excl Exclamation.
Fém Féminin.
Fig Figuré.
Fr Français.
Indistinct — Indistinctement.
Int Interjection.
Inv Invariable.
Iron Ironiquement.
Prép Préposition.
Prou Prononcez.
Rad Radical.
Simp Simplement.
S.-ent Sous-entendu.
Subs Substantif.
Subs. f...... Substantif féminin.
Subs. m... . Substantif masculin.
V Verbe.
V. a Verbe actif.
V. n Verbe neutre.
Vx. fr Vieux français.
V Voyez.
Les mots anciens, démodés ou tombés en désuétude dont on ne se sert
plus ou presque plus sont suivis d'un astérisque f).
A la page 84, au mot CAMARADE :
Au lieu de Flanande*, Famand*^
Lisez Fanamte*, Flamand*,
A la page lOi, première colonne, 43*: ligne :
Au lieu de Oui j'ies rameu I
Lisez Oui j'Ies ramèn'!
A la page 144, deuxième colonne, 30« ligne
Au lieu de Ça vous en bauche un coin.
Lisez Ça vous en bouche un coin.
A la page 278, première colonne, 8« ligne ;
Au lieu de Requin : repoquiop/ ou revtquinvo,
LiHCz Requin : re/>tquin/>t ou fcvoquipvo,
- la bjdocbe peod : c'est VaBaehiue-
nunl des teaaea et Yaffatemtni dei
nichons. >
— Fig, Avachissement.
■ AuBsilAt Taiti, ili débinent tout le
truc : chez le quart, c'est l'aplatli-
tement ; devant le curieux, c'est l'a-
wiehistemtnt complet. ■
ABAISSER, liaffaler.
-S'ABAISSER. S'aplatir.
ABANDON. Uatragt , Isolage ,
Ldehage , Placage , Sacquage ,
Sviage.
y Mhg- d.
IM
ABANDONKER. Balança; Btk-
lanstiquer. Barrer, iUoquer, Boa-
Ut, Camper là pour reverdir, Dépo-
ser, Débarquer, Isoler, Ldcherd'un
cran. Laisser en panne, Larguer, •.
Plaquer, Sacquer, Scier, Semer.
I
ABA
-. 2 —
ABA
« — Heureusement I sans ça, il y a belle
heure que je l'aurais balancé. »
(H. Latioan.)
H — Balanêlique ta gerce, barre-là, sans
secousse et, quand t'auras boulé le
marida, tu pourras turbiner dans le
bath. »
\a» b^ffuins ?... Moi, J* les ai dans Y proM ,
On croit des foi«qu' c'est des chopins ;
8a vous pos' jaaais qa' des lapins :
n coup qu* i'eftcbipé', ça t* aépoêê.
Les béguins?... JT les envoi' r'bondir!
Ça vous fait r'ttdr* pendant un marque
Pis, un beau soir, ça tous débarqué.
Ça vous camp' là pour reverdir,
(BiJaosT.)
a Nous avion»' lavé, au Moulin, une
bande de gonnases qui n' voulaient
pas nous lâcher, il a fallu les temer
une par une dans les caboulots d' la
Butte. •»
J' suis un hiiiêinr, un révolté.
J'ai tout seiii Pttrie et Famille.
(P. Pailurti.)
« Mais, comme i^ai on engagement
prêt à signer a Bruxelles et que )q
peux plaquer mon thé&tre demain
matin, je vais m'amuser ce soir. »
(Tbistan Berhabd.)
« J*ai sacqué mon siuge et bloqué
l'atelier. >*
— ABAKDONNBR MOMBKTANÉ-
MENT. Laisser en bobe^ en
bobine, en figure^ en frime, la-
bé, lago, en panne, en parade,
en plan, en verdouze, eh vet*dure,
c — Piges-tu ce fourneau-là qui me
laisse en frime avec deux kilos à ra-
quer?»
— Dans la forme passive, le
verbe Laisser est remplacé
par le verbe Rester.
« Il était resté en verdure pendant
que les autres étaient partis à la
rigolade. »
— ABANDONNER UNE AFFAI-
RE. Flanchet\
m — Au moment aue ça va réussir,
tu flanchet ; t'as aonc les foies ? »
^ ABANDONNER SA MAI-
TRESSE, SON MfiKAGE. Cas-
ser son lacet f Couper la ficelle.
« Plutôt que de laisser la bourgeoise
porter la culotte, j'aimerais mieux
casser mon lacet. »
« — Tes cocu, qu' tu dis ? coupe la
ficelle: divorce. »
— ABANDONNER LE MÉTIER
DK TYPOGRAPHE. Chier dans
le cassetin aux apostrophes.
« Il a trouvé une goyo pour lui faire
■a banque ; il a déposé la pince et
le compostisur et chié dans le casse tin
aux apostrophes. »
— ABANDONNER SA PLACE,
SON EMPLOI. Rendre son ta-
blier.
« Elle n'a pas donné ses huit jours,
elle a rendu son tablier sans autre
explication. »
— ABANDONNER LE VAGABON-
DAGE. Casser sa canne.
C'est pourl&pe que tu gam billet;
C<u*e ta cannêf trimaraeur ;
Cliauffe les bonnes sgobilles,
Boulonne eu grand, cher et d'ardeur !
(L. DK Bercy.)
— ABANDONNER LE MÉTIER
DE VOLEUR. Balancer ses
alênes.
Tu veux balancer tes alènet
Ouand il est tant de grasses pleines ?
De la poulaille as-tu le trac.
Fric-frac?
(ID.)
ABALOURDIR. V. Abrutir.
ABASOURDIR. Aplomber, Bu-
sourdir. C.ette dernière expres-
sion n'est (ju'une corruption du
verbe français. V. Étonner.
« — Me parle pas des usines ; ça vous
aplombe qu on s'entend plus. »
ABAT- JOUR. Abat-reluit.
Un Toutoirlout c' qu'i' y-avait d' doux;
Su' la duraUr deux miradoux ;
tin abat'r'luit su' la lumière
Et du pivois bouché d' première.
(Blédobt.)
ABATTEMENT. Affalement, Van-
nage.
« Ça ne tient pas sur ses gambettes ;
ça tombe dans Vaffalement au bout
KBk
— 3 —
d*une Quit de noce, et pour peu
qu'y ait d' lagonzesse, c'est le grand
vannage, »
ABATTRE. Bouler, Envoyer à
Vas, à dame, à dingue^ à plat,
Mettre les pattes en Vair. V. Ter-
rasser.
« Tl le maintint de ses deux poings
d'hercule, criant : « Tes bouié,mon
colon! »
(G. COORTKUNB.)
— $*ABATTRB. Aller à Va», à
ftame, à dingue^ à domino, à plat,
Étaler sa barhaque, sa bidoche,
samarchandise, sa viande. Faire
paf, Prendre un billet de par-
terre. Ramasser un bouchon, une
gadiche, une gamelle, une pelle.
S'affaler, S'allonger, S'étaler,
Se péter, Se plaquer, Serépandre.
« Un coup d'épaule et la lourde va à
plat, 9
« — Allume le gail qui étale sa barba-
que, (T qu'il a ramassé une pelle ! »
ABATTU. Affalé, liaffalé. Vanné,
Ça tient déjà plus m* Mt quilles,
C'est déjà rafiali, vanné,
ÏJtiàt faudrait presque des béquilles.
ABBAYE. Jésîdtière,md ou plan-
que à corbeaux, Ratichonnière,
ABBÉ. Goutsé-razU *. V. Prôtre.
ABCÈ8. Bourgeon^ Caramel, Eclair,
Pondant, Jutant, Mertngue.
« On voit que c'est le printemps ; il
a des bourgeons dans le cou. »
« — Avec une femme comme la tienne,
on peut se passer de dessert : elle
a des fondants et des caramels plein
la gargue. »
ABDOMEN. Ballon, Bauge \ Be-
douille, Berdouille, l^ide, Bidon,
Bidouai't, Globe, Lanterne, Pail-
lasse, Peau d*âne. Sac à tripes,
Sottpente, Tambour, Tabernacle.
m — Ne me tape pas comme ça sur le
ballon, tu me fais mal. n
De bonne andouille
Et du bon y'm
Plein la berdouille !
ABO
On s'a fait arrondir el' glob^,
On a sa p'tit' butte à c*que i'vois.
(A. GiLL.)
ABEILLE. Pille galante.
ABERRATION. Pocardise, Lou-
foquerie, Martellerxe. V. Folie.
« — Moi, me laisser chiper ; quelle /b-
cardise î •
ABHORRER. Avoir dans le cul,
dans le figne, dans le prose, dans
le proye, dans le tal. V. Détester.
a — Les mecs de la rousse, j' les ai
dans l^ figne I »
ABIME. Esquinte\
ABIMER. Attaquer, Arranger^
Esquinter.
« Se faire arnaquer la gueule. »
« Le lendemain, moulu, rompu, es-
quinté de partout, Antoine ne se
souvenait que de son réveil sur les
fortifications, u
(G. LoiscAi;.)
« r s'a fait arranger la caf tière. »
ABJECT. Débectant, DégueulassCj
Dégueulbif.
« Être débectant dans ses boni-
ments. »
« Je r fréquente pus, i' loufc tout le
temps ; c'est dégueulbif. »
ABOIEMENT. Jaspinaye, Jaspi-
nement. Roulement de tambour.
ABOLIR. Nettoyer, Raser.
« Si j'étais le gouvernemeul, je net-
toierais la police et je raserais la
Justice et le Code; y aurait plus
d*armée, plus d*église, plus de lois,
plus rien ; le grand nettoyage, en-
fin. »
ABONDAMMENT. A bauge\ A
chier partout, A mort, Bezef,
Bézefy Bougrement, Cher, Gourde-
ment*, Plein la chambre,
« On a eu de la boustifaille à chier
partout. »
ABO
— 4 —
ABS
Fournilto et pionce bougremffnt
Et lait ton Jabot gowrdemtnt *.
ABONDANCE. Aboulage, Bottes,
Chariboléej Chiée, Flaupée, Flotte,
Gourderie\ Suée, Tapée, Tinée.
Quel aboulage de trëpe I »
« Les étudiants venaient par bottes ;
alors V* là une chiée d' sergots qui
s'amènent. »
« Nous sommes descendus en flotte
avec une charibotée d' fébosses. »
« Toute une linée de lardons encom-
braient le passage. »
« Une flaupée de saucisses avec une
tapée de patates ! »
File artoQ, pi rois et crie,
Pitanchons en gourderie * \
ABORDER. Accrocher, Agrafer,
Amarrer,
« — VMà Ugène, accroche-le avant
quT rentre. »•
a — Tu peux pas V agrafer quand i'
passe?... M
« — Amarre la sœur et sonne-la d*une
thune. »
— ABORDER QUELQU'UN
BRUSQUEMENT POUR LE
VOLER. Esbrouffer.
« — Tallumes au guichet où le pantc
planque son fric, tu le files : et une
lois su' r rade, tu Vesbrovffea et tu
y barbutes son gâteau. »
ABOYER. Clabauder, Jaspiner.
« — Crestol v'ià Talarmiste qui cla-
baude.
— J'vas y foutre une boulette : ça
l'arrêtera de jaspiner. »
ABRI. Care, Can^e, Coinsto, Creux,
Planque,
<i y roupille dans une meule, c'est
une meilleure care que l'hôtel des
Poutres ; j'aurai peut-être plus tard
un coinsto pour moi seul; en atten-
dant, j' fais mon creux où que
j* peux. »
4t ~ Colle-toi sous la marquise, c'est
^ la bonne planque. »
— A L'ABRI DU BESOIN, DE
LA MISÈRE. Paré,
« Sa louis lui fait son ciguë tous les
jours, il estpar^. »
» A L'ABRI DES MALADIES.
Blindé^ Cuirassé.
« — Le froid, je ne le crains pas, je
suis blindé. »
« C'est à croire qu'il est cuirassé; ÎA
ne chope jamais rien. >•
ABRITER. Carer, Carrer, Plan-
quer,
« Planque ton canasson sous le han-
gar. M
— S'ABRITER. Se carer. Se car-
rcr^ Se planquer,
« — Aïe donc I corro/is-nous, v'ià qu'i*
lansquine. *>
ABRUTIR. Assinver, Emiof-mir,
Huitrificr, Rendre focard, louf^
maillet, marteau, tingo,
« — Tu nous endors avec tes boni-
ments; tu nous ferais tourner en
bourriques! m
« Il doit s'amuser à la façon de Char-
lot, il %huitnfîc, »
« Quel boucan ! ça vous rend louf\ >>
« — Vous Vrendez maillet, vot' gosses
à r passer tout l' temps à ponce. »
ABSE.NXE. mi) de.
a C'est la poupOe à Jcnnneton. nib de
fesses et nia de nichons. >•
ABSENT. Aux chiottes. Aux
gogues, etc., Aux lieux à blanchir
ses guêtres.
« — Tu cherches ta femme? elle est
aux chiottes. »
« — Et Durand ? demanda l'adindant,
il est constamment aux lieux à
blanchir ses guêtres. »
AB8L\T1IE. Abs (apoc), Alft,
Bavaroise aux choux, Bleue, Bu-
reau arabe, Correspondance pour
Charenton, Douanier, Eau de
moides. Eau de savon. Fée aux
ABS
— 5 —
ACA
yeux verts, Génépi^ Groseille de
zouave. Herbe sainte^ Lard, Muse
verte, Pure, Purée, Suissesse, Vert-
décris. Verte, V. Café.
— ADDITIONNÉE D'ANISBTTB.
Bourgeoise.
— ADDITIONNÉE DE GOMME.
Amatone,
— ADDITIONNÉE DE GRENA-
DINE. Anglais, Tomate.
— ABSINTHE TRÈS FORTE.
Hussarde.
— SERVIE DANS UN VERRE A
BORDEAUX. Môminette.
« — Qu'est-ce qu'il faut servir à ces
messieurs et dame ?
— Une môminetle au suque pour ma-
dame et deux purées à la hussarde
pour nos gniasses. »
•r« Ils convinrent de se retrouver au
Suède à Theure de la verte. »
« D'puis que i* Furet est r'venu du
Bat. d'Af., c'est pus du pive qui
s'enfile, c'est d^ Valfa. »
Allons, Ytens prendre la bleue,
(P. Paii.lrttc.)
ABSOUDRE. Blanchir, Déf arguer,
Dévoyer.
« Il y avait mis un doigt, mais les
gerbiers font blanchi. »
ABSTENIR (S*). Avoir les cheveux
creux, les pieds en dentelle, les
pieds nattés, nickelés, plats, Ne
pas marcher. Ne vouloir rien
savoir.
« Pour les flanches à la manque, je
ne marche pas, j'ai les pieds nattés
et les cheveux creux, n
Quand faal imiter 1' fils de l'Homme,
Oh ! là, là... gn' a rien d' fait... des pommes !
Les sentiments sont vit' boucla,
A la r Yoynre, un tour de clé.
Les uns y x* ont les pieds nieWlés,
Lesaat's y les ont en dentelles!
(Jehan Rictus.)
^ Pour le fricfrac, passe; mais pour
buter, je ne veux rien savoir, j'at
les pieds plats. »
On dit en manière de jeu de
mots : «Dans le doute, absinthe-
toi. n Mais celle expression n'est
point argotique.
ABSTENTION. Ce terme n'a pas
de synonyme argotique absolu,
on le traduit par les locutions :
Comme des dattes, Comme des
nèfles, Comme des pommes ou
toute autre indiquant le refus.
Ça seraient eui nos p'iit' hommes
Si i's^ nous donnaient pas des sons,
Oui, mais c'est comm' des pommes!
Des datt'sUfies n<»/f«.'/.'car, nom de Oieul
— Uuand mém'qu'i's'rait l' pus chouette —
On puul pas gol>er un Mossieu
Qui TOUS fout d' la galette.
(A. B.)
— ABSTENTION MALTHU -
SIENNE. Mouchage de chan-
delle (obscène).
ABSURDE. V. Bote.
ABSURDITÉ. Conene, Couillon-
nade, Caterie. V. Bôtise.
ABUS DE CONFIANCE. V. Es-
croquerie.
ABUSER. Ficher ou Foutre deda9is,
Jobarder. V. Tromper.
— ABUSER D'UNE FEMME.
Cramper dCauto^ Embarder^ Em-
bander *^ Pescilier d la dure*,
Troncher à Vesbrou/fe.
— ABUSER DE BOISSON, DE
NOURRITURE. S'en flanguer
jusqu'à la gargue, à chier par-
tout.
« Les salauds, ce qu'ils ont empiffré!
Ils s'en sont foutu jusqu'à la gar^
gue. »
ACADÉMICIEN. Coupolard.
« En attendant que les coupofards me
décernent le prix Monthyon. »
ACARIATRE. Avertineux \ Bâton
merdeux, Bougonneur, Chignard,
Croquet, Digonneur, Geigneur,
Gourgousseur, Prouteur, Renau*
deur. V. Grogiion.
ACC
— 6 —
AGC
Quel caractère, c*eit un vrai bâton
merdeux, »
« J*aimerais mieux rester fille que
d*épouser pareil bougonneur, »
« En y 'là d'un renaudeur, V groume
toujours. >»
ACCABLEMENT . Affalement .
V. Abattement.
ACCABLER. Esquinter, Vanner.
m II V a de quoi rendre les armes, ça
m^ esquinté, vanné, »
— Fig. Agoniser ( pour Agonir).
tt 11 lui en a dit de toutes les maniè-
res ; il Ta ogonisée, positivement. »
ACCEPTER. Absol. Marcher.
«c Ce n*est que sur Toffre d'un chèque
de dix mille que son député lui a
répondu : « Je marche, »
ACCAPARER. V. Conserver.
ACCIDENT. Avaro, Tuile.
— ACCIDENT AU TRAVAIL
(Maladresse). Bœuf, Panama
(arg. des typographes).
'« — Encore un bœufl Le contre-coup
va prouter. »
ACCLIMATER. Apascliner* y Apa-
qtieliner*f Apateliner.
« Que sale cambrousse! ]' m' apat'-
Un*rai jamais icigo. »
ACCOMMODANT. Pas dur.
* — Oh ! i' n'est pas dur, promets-y
seulement un tarante pour demain. »
ACCOMMODER (S'). Paire son
blot,
* Jamais j* frai mon blot d'une con-
disse comme celle-là, »
«
— En parlant des personnes.
^'accœurer avec.
m De ce temps -là, on s'accœurail avec
la rousse. »
ACCORD (D). De mèche.
* Ils sont tous de mèche ! »
(H. ROCHKTORT.)
ACCORDER (S*). Corder, Être de
mèche. Marcher avec, S'accœurer.
« Il est jaloux; elle est paillasson;
ils ne cordet*onl jamois. »
N Je ne marche pas avec vous. »
— ON S*ACCORDB, ÇA S*AC-
CORDB. Ça biche, ça colle I
« Tant qu^on est à la colle, ça colle, »
Car nous deux ça bieh*ra tout d' suite.
(Jbmah Rictus.)
ACCOSTER. V. Aborder.
ACCOUCHÉE. Largue en vidange.
u François a pas pu venir, faut q\iY
reste' avec sa laryue qu^est en
vidange, »
ACCOUCHEMENT, Aboulement^
Débâcle, Mômignardage.
— ACCOUCHEMENT AVANT
TERME. Mômignardage à fan-
glaise ou en purée,
ACCOUCHER. (Enfanter.) Abou-
1er, Chier ou faire un lard, un lar-
don, un môme, un salé, Débdcler,
Déballonner, Débouler, Faire pieds
neufs. Larder, Mômignarder, Mo-
mir, Pisser de Vos. des os, sa ou
des côtelettes, Pondre, Vêler.
« C'est pas une vie ; elle aboule d'un
môme tous les ans. »
« Ma frangine vient core d* chier un
salé. »
« Quaod aile est su' V point d' larder,
a va à la Bourde pisser sa côtelette, »
Que pondeuse ! eo t'Ià d'un négoce !
C'est épatant, a pond,., a pond!
(A. GiLL.)
— Faire un accouchement.
Débdcler, Décrocher, Dépoter^
« Le carabin qui m*a dépotée était
doux et bien convenable. >•
—ACCOUCHER AVANT TER-
ME. Catser son œuf, Mômignar-
der ou mômir pour Vaff, à Can-
glaise, en purée, à la secousse.
AGG
ACC
— ACCOUCHBa 0IFFICILB-
MBNT ET EN CRIANT. Crier
aux petits pâtés.
ACCOUCHEUR, ACCOU-
CHEUSE. Guette ou guigne au
troUy Tire-le-mondef Vise-au-trou.
V. Sa0«-femme.
ACCOUPLEMENT. Baisage,
Bourre^ Ça, Carambolage, Crieon-
eriquette, Façon ^ Partie cT écarté ,
de jambes en l'air, de piquet.
Passe, Ravescot, Tronche, V. Coït.
A T ec deui bons copains très forts tar le baitage,
(P. Paillbtti.)
« Elle ne vit que pour le carambolage^
cette bonne femme-là. »
Tous les jours atec ma femme
On s'paye un' petit' façon.
Pourtant, vrai! lesclebs, y m' dépassent;
Chet eux, ça coûto rien, ïa poête.
Saluei ! c'e^tt l'amour qui passe !
(JsaAii RicTvs.)
ACCOUPLER (S*). Aller à bourre,
à la bourre, à tronche, à la tron-
che, chez Tronchemann, Baiser, Ba-
ratter, Bistoquer, Bitter (obscène),
Bourrer, Bourriquer, Caramboler,
Cogner, Cramper, Décrotter, Faire
ça, Faire a'icon-cnquette. Faire
une façon. Faire le petit lubé.
Paire nique -nique, Fourailler,
Foumiller *, Fournir *, Fourrer,
Hier *, Hyer *, Jouer de la croupe,
du cul (obscène), Mettre, Mettre
au chaud, Niquer, Piner ou Pino-
cher (obscène). Piquer, Planter,
Rivancher *, River, Rouscailler,
Schnailler, Se dire deux mots. Se
faire une politesse. Taper, Tapei'
de la patte, Tigner, Tiquer des
fesses (obscène), Tirer sa ou une
chique, son ou un coup, sa ou
une crampe (obscène), Troncher,
Yenser *.
— S*ACCOUPLER DANS LES
BOIS, EN PLEIN AIR. Voir la
feuille à l'envers, V. Colter.
« Il est tout ce qu'y a de costeau : i'
va à Tronch'mann trois fois par
jour. 9
Avec une largne coquette
Nous avons fait ericon-erimuttÊ
En disant merde au Grand Mltoa.
ACCOURIR. Abouler, S'abouler.
w — Allez, ho ! aboute-toi. »
ACCOUTREMENT. V. Vètomont.
ACCOUTRER. Camoufler, Frin-
Qîier, Frusqiier, Harnacher, V.
Vôtir.
« Qui t'a harnaché de cette façon-là? »
— MAL ACCOUTRÉ. Carnaval,
Chienlit, Foutu comme Vas de
pique, comme quatre sous. Mal
fichu ^ Mal foulu.
ACCRÉDITER. Pistonner,
« — Je vous geurantis de vous faire
pistonner auprès du directeur. »
ACCROCHÉ. Grup % Gruppé *.
ACCROCHE-COEURS. Faces,
Guiches, Soixante-six.y , Coiffure.
ACCROCHER, ii^/rafer, Brancher,
Graffer. V. Pendre.
ACCROIRE (FAIRE). Faire cou-
per dans, Faire gober. Monter le
cou, le coup, le job, V. Tromper.
ACCROUPIR (S'). S'accoufler,
S\iccrouer, Se mettre à croucrou.
Toute la journée accouflé
Comme un mendigot sous un porche.
On dirait qu'il s'est camoulié
En piètre que le jeûne écorche.
(BLtOOBT.)
S'aeerottant en rond autour du riffaud
Où grille l'oroiche hurf et sans déraut...
(1d.)
ACCULER. V. Argument.
ACCUMULER. Carer, Mettre à
gauche, Mettre à la care, à la
planque. Planquer,
« Vous en carez, du pognon, vous en
planquez, veinards ! »
ACCUSATION. Accès de fièvre,
Dévidaye, Fargue, Farguement,
Musique,
ACC
— 8 —
ACQ
— ACCUfSATION CAPITALE,
Fièvre cérébrale, Fièvre chaude,
Grande musique.
m Poar le Manchot, qu'avoit buté,
c'était la fièvre chaude, la grande |
musique. »
— FAUSSE ACCUSATION. Dévi-
dage à Vestorgue.
ACCUSÉ. Écorné.
« Quand je l'ai vu 8u^ V banc des
écornés, ça m'a retournée. »
— ACC^«^A TORT. Bianc.
ACHARNEMENT. Achar (apoc).
<• r ne Youlait pas V i&cher, il y met-
tait d' Vachar, »
— AVEC ACHARNEMENT. D'à»
char.D'achar et d'auto ou daw
tor, U achar et de rif ou de ri/pe
ou encore de rifle.
gu'on engueul' d'Aumale et Totor
t qu'on pari' de fout' tout pur terre !...
J'applmudi* d*aehar et d'autor.
(A. B.)
ACHAT. V. Dépense, Dépenser.
— ACHAT DANS DES CONDI-
TIONS MÉDIOCRES. Margou-
linage (arg. des marchands).
— ACHAT OU VENTE A VIL
PRIX. Coup de fusil ou de pis-
to'el. V. Commerce.
ACHEMINER (S'). Trimarder,
Y. Marcher.
ACHETER. Ahloquer *, Abhquir *,
Abroquer *, Bloquir,
— ACHETER DE MENUS OR-
JETS. Bibeloter.
_ ACHETER DES ORJETS
VOLÉS. Allriquer*.
— ACHETER LA PART DE CO-
DÉTENUS. Faire des pigeons *.
ACHETEUR, ACHETEUSE.
Abloqueur *, Abloqueuse *, Ablo-
quisseur*, Abloquisseiise*, Attri-
queur *, Attriqueuse *, Soldat,
ACHEVER. Bloquer, Boucler, CM-
tir% Mettre un point. L'impé-
intif se remplace fréquemment
par la locution interjective : Un
point !
« On a assez travaillé aujourd'hui, un
point! bloquons! »
— ACHEVER UN BLESSÉ. Lui
donner, lui faire, lui filei* le
coup de grâce, le coup du lapin^
le coup de pouce.
« Comme il respirait encore, le Mar-
quis lui fit le coup du lapin. »
« — r va gueuler, file-lui le coup de
pouce. »
— ACHEVER LE CONTENU
D'UN PLAT , D'UNE BOU-
TEILLE, DUNE PROVISION.
Liquider, Solder.
« -- 11 en reste à peine, soldez ça. »
~ ACHEVER UNE CONVERSA-
TION, UN DISCOURS. Mettre
les volets. V. Se taire.
— ACHEVER UNE DISCUSSION,
UNE QUERELLE. Rengracier.
« — En voilà assez, rengraciez ! k
— .VCIIEVER UN OUVRAGE A
LA I^IABLE. Emballer.
ACOLYTE. Aminche d'aff, Assoce,
Baron, Comte, Contre, Pote, Po-
teauj Marquis, V. Compère.
Faut Mtoir choisir ses poteaux^
^Qiind on veut boulonner en soce :
QuTs toye' astucieux et costcaux!...
Çui qui veut dev'nir mon oisoce.,
V Uoit et' homme et pas clampin!...
(L. DR Behcy.)
ACOMPTE. Arrosage, Pigeon.
a Les fournisseurs comptaient sur
un arrofage. »
« Son drame n'est pas commencé; il
a cependant obtenu un pigeon de
rimpresario. m
ACQUÉREUR. Soldat (arg. des
marchands, du verbe fr. Solder).
H J'ai été soldat pour les tentures. »
I ACQUIESCER. Marcher.
ACQ
— 9 —
« — Que pensez-vous de la nouvelle
combinaison?
— Je marche, »
— J'ACQUIESCE. Ça bichp. Ça
coile, Ça fait mon blol. Ça me
botte.
ACQUIT. Béfargue.
« — Tas raqué le tôlier ; t'a-t-i' donné
la défarguet »
ACQUITTÉ. Blanc, Béard, Défar-
guet Dévoyé.
« Mon homme décarre ce soir, il est
blanc. »
ACQUITTEMENT. Coup de nib,
Décarrade, Décarrage, Décarre ^
Décarrement. V. Sortie.
« — La Volige a ramassé cinq berges.
— Et le Frisé ?
— Le Friséf coup de nib ; que veine ! »
ACQUITTER. Blanchir, Dé f arguer,
Dévoyer. V. Absoudre.
— S'ACQUITTER. .Se défarguer.
V. Payer.
ACROBATE. V. Forain.
ACTE. Coup, Flambeau, Flanche,
Truc. V. Chose.
« — Quels couillons ! c'est un coup de
fourneau que vous v'nez d* faire
là! »
— ACTE D'ACCUSATION. Dévi-
dage à Vestorgue, Fargue. V.
Gnarger.
— ACTE RÊPRÊHENSIBLE.
Coup, flambeau^ flanche ^ truc à
Festorgue o\x à la mangue.
« — Toujours den flambeaux à la man-
que, vous nous ferez poisser. »
• l's u* marchent que pour des flan-
ches à Vestorgue. »
— ACTE DE VIOLENCE. Coup
de chien. Coup de Trafalgar.
« H a tout démoli, quel coup de
chienl »
« — Tu vas voir ce coup de Trafalgar,
quand on lui apprendra ce trucAL n
ACT
— ACTES CIVILS, JUDI.*
CIAIRES. NOTARIÉS, etc.
Fafftrê, Fafiots.
« Pour se marier, il lui a fallu des
tas de fafiots. »
ACTEUR. Cab, Cabot, Cabotin,
Matuvu (M'as-tu-vu?), Menton
bleu, Misloaueur, Misloguier, Rase
pour Vaff (Rasé pour la vie).
« Pour frimer au misloguier, il figure
à l'Ambigu. »
— ACTEUR BUL.'OUILLEUR.
Déblayeur.
— ACTEUR EXPÉRIMENTÉ.
Brûleur de planches.
« — Avant que tu sois un brûleur de
planches comme Galipaux, il pas-
sera de l'eau sous le pont. »
— ACTEUR MÉDIOCRE. Joueur
de pannes, Panne, Porteur de
babillarde. Videur de pots de
chambre.
— ACTEUR MONOCORDE^ Ac-
teur guitare.
— ACTEUR QUI NE SAIT PAS
SON ROLE. Qui fait de la toile.
— ACTEUR REMPLAÇANT. 0OU-
leur.
— ACTEUR DE TALENT OU pré-
senté comme tel au public.
Êtoil".
« Il exigeait qu'on le plaçât immédia-
tement au-dessous de Vétoile, en
seconde vedette. »
— ACTEUR SANS TALENT. Clou,
Égyptien, Sabot, Tombeur.
« — Si vous aviez vu cette tape, mon
cher! Quel égt^ptien, quel sabot,
quel c/ot// Aussi a-t-on idée de don-
ner autre chose qu'une panne à un
tombeur pareil? »
ACTION. V. Acte.
— ACTION D'ÉCLAT. Bath coup,
Bath flanche.
— SE DONNER DE L'ACTION.
Se grouiller, Se magner. Se ma-
gner le cul, le figne, le tal.
ACT
— 10 —
ADT
m Secoue-toi uq peu, grouille'toij
magne^toi le figne, allez I >
ACTRICE Acteme, Cabotine, Mis-
loquière, •
« Ainsi, Gueule d'Empeigne, voulant
génétrer chez une acteuse, avait dft
attre en retraite. »
(WlLLY.)
ADJOINT. Demi'Condé. V. Maire,
Préfet.
ADJUDANT. Adjectif, Adjupète,
Bidet, Chien de caserne, de quar-
tier, de régiment. Fer-blanc, Fer-
blantier, Pince-dur, Zinc,
ADMINISTRATION(COURS D).
Chien vert (arg. de Saiat-Cyr).
ADMin\BL,E. AUèque\Bath, Bath
aux pommes, Catapultueux, Époi-
tant, Schbeb, Schpill, V. Beau.
• On a ét(* au Châtelet ; ah I mon
vieux, tt Michel Strogoff », c'est rien
schpil I »
ADMIRER. V. Regarder.
ADMETTRE. Encaisser.
« Ce mec-là, je ne Vencaisse pas ; et ses
boniments non plus. >»
^ ÊTRE ADMIS
condé de.
A. Avoir U
« Il avait le condé (feutrer dans les
coulisses, u
ADMONESTATION. Abattage,
Affre, Attrapage, Emboîtage, En-
gueulade, Escrache.
M En rentrant, sa dabe lui a collé un
de ces abattages l quel savon! quel
suif, mon empereur! >•
ADMONESTER. Attraper, Emboî-
ter, Engueuler, Enlever, Enlever
le cul, Faire chanter, Faire monter
la gamme, Foutre un abattage,
« — Je vous ai prévenu, vous allez
vous faire attraper. »
« On m'enlève à chaque instant. >»
« Tu rentres en retard, tu vas voir si
le père va te faire chanter; il te
fera monter la gamme, n
— ÊTRE ADMONESTÉ. Passer
ou être passé à Ceserache^
Ramasser la bâche. Recevoir un
abattage, une engueulade.
« Trois jours de suite que je ramasse
la bûche, j'en ai soupe. •
« — Quoi?v*Ià qu* tu nous postes en-
core à Vescrache, pour un litron
qu'on a fauché. »
ADORER. Aimer comme ses petits
boyaux. Avoir dans le sang.
V. Aimer.
« — Le quitter?... Comment veux-tu?
tu sais bien que je Vai dans le sang, »
ADRESSE. Marlousetie.
« — Tu n'as pas réussi ? Tu n'as donc
pas de marlouserie pour deux
sous? »
— Domicile. Huméro,
« — Et surtout, ne lui donne pas mon
numéro ! »
ADROIT. Qui a le truc. Qui sait y
faire. V. Habile.
— ADROIT A VOLER LA MON-
NAIE SUR TABLE. Qui a le
pouce rond,
ADULTÈRE, subs. Paille, Pail-
lon. V. Infidélité.
ADVERSAIRE. Ce mot n'a pas de
synonyme absolu en argot. On
dit Autre ou Mec ou tout autre
terme méprisant, mais presque
jamais Adversaire ou hnnemi.
« — As-tu vu les autres ? »
« — V'iàles mec* qui viennent par ici. »
ADVERSITÉ. Bouillasse, Bouillie,
Confiture, Choux, Débine, Bêche,
Emmerdement, Emmousca ille-
ment, Guigne, Limonade, Marme-
lade, Mélasse, Mo'de, Mistouffe,
MistoufUe, Mouise, Mouscaille,
Mousse, Moutarde, Panade, Panne,.
AFF
— M —
AFF
Pommade, Purée^Schtourbe.y, Mi-
sère.
Tai trop marché dans la mUtoufe,
Dans la bouillaue et 1' désespoir !
{JuLAn RlCTVt.)
Te r*» raffalée et Tieiriie...
Ma parole! ont' dona'rait deni aoas !...
T' es doDC toujours dans la bomiliie^
Dans la mouMcailU et dans les choux'!
(L. DE Bkrct.)
On attrape, en n'y songeant point,
inte,... et analorie,..,
Toujours la guigne !
La quinte,... et analorie,... et le point :
" * I la
CiD.)
Des fois a faisait rien du tout
Pendant qu' j'étais dans la miUuêe
A tlontpemasse.
(A. B.)
« La mistoufle m'a tourné en valet do
carreau. »
(G. D'EsrARBlS.)
AFFABLEMENT. En girofle % Gt-
roflement *.
AFFAIBLI. AfTalé, Qui a la fièvre
goQOtte, Qui ne va que d'une,
Haffaléy Vanné.
Tu n vas plus qu' d'un*; t'es d^mm^,
Décati comme un* vioiir rombière;
Tes raffalé',... Te fia fumé,
T'es rincé comme un terre à bière !
(BLtDOaT.)
« U est mou comme une chique, il a
la fièvre gogoUe. «»
AFFAIBLIR. Esquinter , Éteindre,
Raffaler, Vanner.
a On %*e8quinie à mener cette vie de
bâtons de chaise. »
« Quel bouleau ! ça voua éteint, »
— S'AFFAIBLIR. S'affûter, Se
raffater. Se vanner,
AFFAIBLISSEMENT. Affale-
ment, Vannage. V. Abattement.
AFFAIRE. i4^(aiK)c.], Balle, Blot,
Chopin, Coup, Flanche, Flambeau,
Lubé, mbé, Ognon, Ognons, Oi-
gnon, Os, Truc.
« Qu'est-ce que c*estquece coup-là?
Encore uo truc pas ordinaire! »
V'ià tout à fait ta balle^ mon Tieui.
(P. Paillette.)
L'n f tuant, ca fait pas mon hlot,
(J. RicnsNM.)
c Chacun son os. Y en a qui panent
la joumaille A potiner, moi c*est
pas mon oignon. »
— AFFAIRE CONCLUE. Affaire
dans le sac.
— AFFAIRE EMBROUILLÉE»
Mastic, Salade.
— AFFAIRE FRUCTUEUSE.
Affaire juteuse, Affure.
— AFFAIRE MANQUÊE. Affaire
brûlée.
— FAIRE DES AFFAIRES D'AR-
GENT. En magner. Magner du
beurre.
-^ FAIRE DE PETITES AFFAI-
RES. Bibeloter.
— HOMME D'AFFAIRES. Cocan-
tin.
AFFAMER. Faire claquei* de pé»
grenne.
n Faut marcher contre les exploiteurs
qui nous font claquer de pégrenne ! »
— ÊTRE AFFAMf^. Avoir le bide
comme une affiche, Avoir la
dent. Avoir V estomac dans les
talons, Déclarer ou Déclarei*
bal/on, Faire balle, ballon, gO'
dard. S' enlever. Y. Faim.
» Arrivé là-haut, le Vl.irquis avait la
d€nl\ il a toujours uu boyau de
vide, c' mec-là. »
«c Comme on déclarait, on s'est mis
les pieds sous la table. »
« Quelques taches dans un quart de
pain ne sont pas pour faire reculer
un fagot de bon appétit et qui fait
balle. »
(A. HoMniaT.)
3' sorgue à la paire et j' fais ballon
(A. B.)
AFFECTATION. Aimant, Chichi,
Crdnage, Crdnottage, Crossage,
Crosse, Crosson, Épate, Esbrouffe,
Magnes, Mousse, Pal las. Pose,
Poussière, Vent, Zeph. V. Em-
barras.
AFF
— AVEC AFFECTATION. En
crâneur, en crosseur, en a*08'
sant,
tt II fait tout «71 croisant» »
AFFECTER DE GRANDS AIRS.
Crânéi\ Crânotter, Crosser, Épa-
ter, Esbrouffer, Faire ou jeter de
l'aimant, Paire du ou des chichis,
du crosson, de repaie, de Ves-
. brouffe, des magnes, de la mousse,
dit paltas, de la pose, de la pous-
sière, du vent, du zeph. Faire sa
chicorée, sa merde, sa poire, sa
Sophie, Se gober. S* imaginer avoir
chié la colonne ou V obélisque. Se
pousser du col. Se rencarrer,
V chasse,... i' boH,... i' famé,... i* cause,
1' faild" Vé.pate^... i' cràne^,.. V poxe,
(A. B.)
A rouspète, a fait du chichi,
(Id.)
« Ts crossent, i's font du zeph, ïs
font du pallas, i s jettent d* l'ai^
mant. »
« Au Point du Jour, plus rien A faire
depuis que les barbeaux de Mont-
martre et des Batignolies y descen-
dent le lundi faire leur poussière. »
(Jkan LoanAiN.)
— 12-7 AFF
AFFICHE, Menteuse.
— AFFECTER DU
Faire le zouave.
COURAGE.
« Il a beau faire le zouave, je ne le
crains pas I »
~ AFFECTER DE LA MODES-
TIE. Faire sa chochotte, son
étroite, sa Julie, sa merde, sa
poire, sa Sophie. V. Bégueale.
D'abord ej* comprends pas qu'on s' gène
Ej' suis ami d' la liberté,
J' fais pas ma Sophi\ mon Ugëne,
Quand ej* pète, ej* dis : j'ai pété.
(A. B.)
AFFECTION. V. Amour, Caprice.
AFFECTIONNER. Avoir à la
bonne, Gober, V. Aimer.
« Je le gobais, fallait voir, et cepen-
dant je n'étais pas heureuse. »
(GORON.)
AFFECTIONNÉMEXT. Arnica-
blement.
— AFFICHE OFFICIELLE. Pa-
pillon blanc.
« Les papillons blancs annonçant Ul
reprise des cours de la Faculté ont
reparu ces, jours derniers sur les
murs de TEcole de médecine. »
(SCABAMOUCBt.)
AFFICHER. Salir les murs.
— S'AFFICHER. Faire de Pépate,
du pallas, etc. V. Embarras.
AFFIDË, AFFILIÉ. Affranchi,
Franc. V. Compère.
« Maintenant que le gonce est a/fran^
chi, on peut y aller. »
AFFILIER. Affranchir, Dessaler.
V. Corrompre, Initier.
AFFIQUET8. Affutiaux, Agios.
V faut qu*a s* paT* des tas Adagios
Pour se coller su la eaC tière,
Su* les estomm* et su* l'darrière;
A dèch' tout pour ses a/futianx.
(BLiOURT.)
AFFIRMATION (Termes d'). Gi,
Gigot, Go, Gy, Ji, Jy. V. Oui.
AFFIRMER. Bonir, Foutre son
billet.
« — Tu veux pas me croire ? puisque
c'est moi qui te V bonis. *>
AFFLUENCE. Aboulage, Chice,
Flaupée, Flotte, Suée, Tapée,
Tinée. V. Abondance.
N Oh ! c* qu'ils étaient une suée pour
voir passer le tsar! »
AFFLUER. Abouler. V. Arriver.
«c C*est Tété, les Angliches commen-
cent à abouler. v
AFFOLER. Rendre focard, louf,
maillet, marteau^ tingo. V. Abru-
tir, Fou.
— S'AFFOLER. Perdre la boule,
le nord.
« — On ne peut vous faire ime obser-
vation que vous ne perdiez le nord. »
AFFREUX. V. Laid.
AFF
— 13 —
AGE
AFFRONT. Pied de cochon, Sala-
perief Vacherie,
« ^ Tu m*as fait une vacherie : quand
nous serons devant le trèpe, tu
verras, je te jouerai un pied de co-
chon, »
AFFROXTEB. Être là, Y aller,
Y être.
« — Tu peux y faire avec Chariot, il n*a
pas la trouille, il est là; ça serait-i'
fa plus grande terreur, le pluscos-
teau, i' n' traque pas, i' s' met en
quarante. »
AFFUBLER. V. Accoutrer, Vêtir.
AFRICAIN. V. Arabe.
AGAÇANT. Bassinant, Canulant,
Cavalant, Courant, Cramponnant,
Rasant, V. Importun.
« — Ah ! mon vieux, c* que t'es bassi-
nant ! Toujours la mèuie rengaine,
c'est cava/antl »
— C'EST AGAÇANT î La barbe!
La jambe I
AGACER. Astiquer, Barber, Bas-
sine)', Baucoter*, Boucoter *, Canu-
1er, Cavaler, Courir, Cramponna^
Emboucaner, Emmerder, Emmous-
cailler. Faire chier, Faire mal,
Faire pisser. Faire pisser des
lames de rasoir en travers, des
ronds de chapeau. Jambe r, Sder,
Taper sur le système, Trotter.
Les vei'bes Cavaler, Courir et
Trotter sont fréquemment
suivis de Sur Vaspftrge, sur
le flageolet, sur l* haricot, sur
le kilomètre, sur le Soissons ;
ces expressions sont obscè-
nes. V. Importuner.
« — Quand vous aurez fini de nous
barber avec vos cuteries ! »
« — Eugène ? V m' court sur le flageo-
let-, SI V vient, je m^ débine. »
Vous en avez une patience ! Je ne
comprends pas qu'on se laisseyam-
ber a ce pomt-la ! »
ÂGÉ. Longé*, Vioe. V. Vieillard.
AGENCE. Boîte (arg. des em-
ployés).
«Je sors de la boîte à six heures. »
AGENCER. V. Arranger.
AGENT. Employé absol. pour poli-
cier. Balaie Bec de gaz, Bour-
rique, Casserolle, Ces mess, ces
messieurs ou ceux du bal, du
ballon, de la boite, du bord de
Veau, de la boutique, du coin du
quai, de la sonne, de la tôle, Chan-
delle, Cierge, Cognard, Cogne
Collégien, Coquine, Emballeur,
Escargot de trottoir. Facteur, Fi-
leur. Flic, Flicadart, Flicard,
Flick, Flique, Frère de Vattrape,
Frère f fagriche,Friquet *, Julot,
Lampion, Lauiie, Messier, Mon-
sieur Jules, Pèlerin, Pestaille,
Peste, Poulaille, Poule, Prèfectan-
cier. Prévôt, Putain, Qui en est.
Raclette, Raille, Railleux, Râteau,
Riflard, Roussin, Sergot, Tante,
Vache, Volaille. Ces expressions,
s'appliquent à tous les policiers,
saut Collégien, Facteur et Pèlerin
qui désignent les agents en uni-
forme.
« — Oh ! si je trouvais deux becs de
gaz, ce que je les ferais pincer
marrons sur le tas. »
(0. MtTÉNIM.)
« — Barrez-vous ! j'ai dégoté deux ba-
lais qui frimaient là-bas, au coin. »
« Je fus pincé par deux raclettes et,
sur mon signalement, papa, qui uie
faisait rechercher, uie retrouva au
Dépôt de la Préfecture de police. »
(G. Mace.)
Loin do tons les flics, des bourriques.
J'ai le droit d'aller dans les bois...
(K. BODBGEOS.)
Puisque 1' sergot porte ua sabre,
Doit pas rester en échec !...
H faut que l' cogne
Cogne, cogne!...
Il faut que r cogne cogne avec !
(BLtOOBT.)
A6B
— U —
AGI
Puisque j* te V die, mol, Je V sale bien :
Il est des raUVs... il e*l d* la rousse!
(A. B.)
^u'il aiir planquer où qu'i' voudra...
Tu peux pas rester avec ça :
C'est pas on garçoo... c'est un' vache !
(lo.)
Ëh ben! non... c'était Mostieu Jules.
C'était Motsieu Julot, V roussin^
La terreur de ces dam' en carte,
C'était lui Julot, l'assassin,
Qui les l'vait, le soir, à Montmarte.
Chair de rue ou chair de salon.
Chair à soie ou chair à guenilles.
Gare à ces Ate»sieurt du ballon :
C'est les roussins qui tu'nt les filles.
(ID.)
La vrai* peite, V philloiéra
C'est ceux d' la botte.,, (f la boutique^
Du coin du quai. Vous savei bien :
Les mouchards, les cogn' ei les raillet
Qui s'occup'nt de tout... et de rien...
C'est les petlailles.
(lo.)
J'ai fait chibis. J'avais la frousse
Des préfectaticiers de Pantin.
(J. RicaEPiN.)
— AGK3ÎT DE LA SURETE.
A/oiicAe.
«< 11 y avait là aussi ane mouche^ un
homoie de la Sûreté, k
(TaisTAir BtaMAnD.)
— AGENT DE LA POLICE DES
MOEURS. Mœurs (s sonore).
Oo sait qu'i' n'a pas d' escrupules,
On sait qu'i' mardie avec les mœurs..,
(A. B.)
— AC.ENT CU.%RGÊ D'OBTEXIR
DES A%'EUX d'un prévenu.
Cuisinier, Mouton ; celui-ci joue
le rôle de co- détenu.
«c — A propos de railles, vous n*étea
pas sans avoir entendu parler d'un
fameux co<(uin qui s'est fait cuisi-
nier, Vîdocq : le connaissez-vous,
vous autres? m
(X. Mabiu et L. Lao?iay.)
» Des confrères à moi ont prétendu
naguère que le plus souvent
M. Grévy n'était guidé dans ses
signatures que par les rapports de
la prison uiéuie. Un ctmdamné qui
est en proie à de violentes angoisses,
qui refuse éncrgiquement ac faire
le piquet consolateur et tradition-
nel avec son mouton, qui sanglote,
hurle et se frappe la tète contre les
murs, était à peu près certain de
voir sa peine commuée. »
(AldKRT DoBaUJEADD.)
— AGENT PROVOCATEUR. Al-
lumeur , Di€Lble *.
« Bien que la réunion fût privée,
quelques aUumeuré avaient réussi
à se faufiler dans la salle. »
{.Le Mot d^'xrdre.)
AGENT D'AFFAIRES. Cocantin,
Marcadet, Mercadet, Tricoche (ne
s'emploient qu'en mauvaise
part.)
« Nous parlons ici des cocnntins de la
haute; ceux-là s'intitulent « rece-
veurs de rentes •», « avocats con-
sultants M, M conseils », et ne sont
au fond (|ue de vulgaires escrocs. »
(HooiKA-Gaisox)
« Les mercadels deviennent de plus
en plus nombreux de nos jours; ils
encombrent le Sénat, la Chambré. »
(Hkctor FRAnce.)
« 11 avait porté ses fonds chez un
tricoche des alentours de la Bourse. »
[La, Nation.)
AGENT DE CHANGE. Bat leur de
beurre y Frère de la côte (jeu de
mot sur cote), SauleroUe% Saute-
ronds *, Saute-rondoUes *.
AGIOTER. Capitainer \
AGIR. Marcher, Y aller.
Pour mijoter ua coup d' rric'frac
Yapasdeut comm'mon gniasse au mille...
Mais quaud i' faut marcher, j'ai l'trac!
(A. B.)
« .Mfiintenant que nous sommes sûrs
de notre alfaire, allons-y ! »
AGITER (S*). Se décarcasser, Se
dégrimoner *, Se démancher, Se
démancher le trou du, le trou du
cul, le trou de halle, le coccyx,
le figne, Se démantibuler, Se
grouiller.
M Quaud tu te décarcasseras pendant
AGN
— 15 —
AIO
deux heures, crois-tu que ça chan-
gera quelque chose? >»
(J. Larmib.)
AGNEAU. Bêlant^ Lainé^ Morne.
AGONIE. Calanche, Canage^ Cre-
vaismij Crève, Fine pégrenne,
Refroidissement.
« — Et ton dab, t'as été le voir ?
— M>n parle pas, ma vieille, c'est la
calanche\ il est rousti. »
« Ça suffirait pour attendre sa cre-
oaifon. »
(TiiOBi^rr.)
— €*BST L*AGONIE. Les carottes
sont cuites, .
AGONIR. Agoni$ei\
m die vieille macaque nous a agonises
de sottises. »
AGONISER. Canet\ CalaneheTy Se
dédire cher *, Se refroidir.
— IL AGOMSE. It est rétamé,
On peut graisser ses bottes ou
lui prendre mesure. V. Monrir.
AGRÉABLE. Bath, Gandin,
Gourd \ Schbeb, Schpill, Vrf.
m On s^est offert une partie de cam-
pagne tout c'qu'y a ae gandin', »
AGRÉMENT. Ag (apoc).
« Payons-nous d' Vag et fichons-nous
du quart. »
AGRESSEUR.£s6rou^eur. V. Vol.
AGRIPPER. Agraffer, Agriffcr,
Arquepincei; Griffer, Gruper *,
Harponner, Pessiller *.
« — Viens t'en donc, ils vont Vagrif-
. fer. 9
(0. MéTtniRn.)
« J'ai promis de reconobrer tous les
grincbisscurs et de les faire arque^
pincer, »
(VlDOCQ.)
AGUERRIR. Culotter, Dessaler,
Détaffer, DétrouiUer.
«— T'as besoin d'être culotté. Tas pris
la pipe, que tu dis ? tant mieux !
c'est pa'c* que tu sais pas encore j
faire, ça t' dessaCra. *
AHURI. Baba, Bleu, Epoêtrouillé^
Esbioqué, Esbrouffé, Estomaqué^
Occis, Tué.
~ ÊTRE AHURI. En être comme
un gtaude, comme une saucisse,
comme une tomate, comme une
tourte, En baver, En roter, En
restei' de dlà, V. Ébahi.
« Ça m'a fait un effet! Yen bavaiêX >»
« A la bonne heure ! Cest bien, ca,
mes enfants! Y a de l'ensemble.
Quand il entendra ça demain, le
colonel en rotera. »
(JOLF.S Mo Y.)
AHURIR. Assinver, Épistrouiller,
Esbtoquer, Esbrou/fer, Estoma-
quer^ Occire, Rendre ou laisser
baba, bleu, etc., Tuer.
Kh hen! mon cochon, ç« va'asiinve*.
A prétend qu'aile est tu'... les dents
Et tu la r'troust' mém' pas d'un linte?...
C que j' te y-aurais cavale d'dans!
(BLtoonT.)
AIDE. Piston. V. Protection.
AIDE. V. Compère.
AIDE DE CUISINE, Aide-cargot,
Aide-gargol, Escargot,
« On se met n'importe quoi, garçon
lipette ou escaryot\ >»
AIDE DANS LES PRISONS,
Auxigo, V. Auxiliaire.
AÏEUL. Grand dab. Grand daron.
V. Grands- parents.
AÏEULE. Grande dabc. Grande
daronne. V. Grands- parents.
AIGUILLE, Barre, Chassue, Pin-
celoque, Piqneloque.
Sûr, a sait pas c' que Taul sa chair.
Eus' c'tte gonzess'-l& !... Ça m'csbioque
Au Heur de tirer la piqu'loque,
A pourrait mich'tooner... et cher!
(L. t>B Haitcv.
AIGUILLETTE. Liette \
AIGUISER, hadurer.
AIL
— «6 —
ALE
AIL. Apic, AspiCy Truffe de Mar-
seille,
« Elle repoussait de la gargoine ; elle
devait avoir mangé aei truffes de
Marseille, »
AILLEURS. Au bain^ A dache,
Aux pelotes, etc. V. Promener.
AIMABLE. AmiteuXf Amitieux,
Girofle \
« J'ai voulu y causer, mais a n'est
guère amilieuse. ^
« Girofle* largue, depuis le reluit où
]*ai gambille avec tézi^ue et remou-
ché tes ch&sses et ta frime d*nltëque,
le dardant a coque le riOe dans mon
palpitant. »
(VlDOCQ.)
AIMER. Avoir à la bonnes dans la
peau, danii le sang, dans les veines.
Avoir un béguin, les foies chauds,
un pépin pour. En gratter, en
' mouiller, en pincer, en tenir pour.
Être chipé pour. Être toqué de,
Gober, L avoir dur,
fa Ce gonce-l.'i que yavais à la bonne
pour ses flanches. »
« Hobes, bijoux, je portais tout cela
au cluu. Je Vavain dans le sang, »
(GOMO.X.)
« J'avais les foies chauds pour ce gar-
con-Ià. »
(iD.)
« yai toujours eu un béguin pour toi,
tu sais bien, j'aime les grosses fem-
mes, on se refjiit pas. »
(MtrimEii.)
D'nbord, faut vraiment cl' cochon
Pour prcmir' des femm' à ratichoo.
Chacun son goilt, moi. Honoré,
J' marche pas avccaue 1' curé;
J'ai jamais) aobé sa baraque...
Et jVii pinc pas pour sa partie...
Et j'aiin' mieux les borgèr's de claque
Que les puuais's de sacristie.
(A. B. Les Souloloquei d*Honoré Constant),
m
« J'en gratte pour cHte p'tite-là, a
m'aura quand a voudra. »
Mais je les gobais tout de même
Comme ou prise de bons enfants.
P. VaaiJUNK.
« Pourquoi ça qu* t*aimes pas les
haricots rouges ? c'est pourtant une
bath légume, moi je l'at toujours
dur pour eux. »
— En parlant des choses. Ne
pas chier dessus.
AINSI. Commac (du provençal
comme aco,) V. Ça.
AIR. (Élément.) HdU % Halle \
AISANCE. Caire *.
AISÉ. A Vabri, Bien dans son linge.
Dans le grain. De la bath. Paré,
« Il en a çagné aux courtines; main-
tenant il est de la bath, il est paré;
en plus de ça, il a une mai'motte à
la mode qui lui en passe. Il est
dans le grain, quoi! »
AISSELLE. Gousset, Lapin. V.
Puer.
AJUSTEMENTS. Affutiaux,
Agios, Harnais, V. Affiqnets,
Vêtement.
ALARME (DONNER L). Faire
Varce, Varçon, le duse ou le duze,
le ser, V. SignaL
« — Pendant que je postigerai, si tu
allumes les chandelles, fais-moï le
ser, »
ALCOOL. Camphre, V. Eau-de-vie.
ALCOOLIQUE. Camphrier.
V. lyrogne.
ALENE. Lance de Saint-Crcpin,
ALENTOUR. Alentoir.
ALERTE, interj. Ao*ê/ Acrée!
Acres! Crés! Cresto! Dix-sept.^
Pet! Vesse! Vingt-deux! V. Pa-
tron.
Mais i's n' m'ont jamais ceinturé
Ëj' gliss' toujours entre les mailles
Et quand i's pass'nt ej' crie : Acre !
V'ià les postaillési:
(A. B.)
« — Acrée, nos marmites : c'est la
casserole. »
« — Crés! crés! nous sommes vus! »
ALG
— il —
ALL
é — Cresio ! que j* te dis, inéfie-toi. »
« — Dix-sept ! voilà le patron I »
AL.GARADE. Abattage, Affre,
Attrapade, Attrapage, Chicorée,
Engueulade, Engueulage, Enle-
vage, Escrache. V. Admonesta-
tion.
« — Tu vas passer à Vattrapage ; tu vas
voir ta femme, Vengueuiade qu'a
f prépare. »
ALIBI. Parade, Parapluie.
m On ne peut pas le choper, il a tou-
, jours une parade toute prête. Fais
comme lui; un parapluie, ça sert
toujours. »
ALIÉNÉ. Bridoux, Hurlubier, Louf,
Loufoque, Louftingue, Maboul,
Maillet, Marteau, Pavillon, Pavois,
Tingo, V. Fou.
« — Te fie jamais à c't hurlubierAk, il
est bridoux. »
M Quelle vie I Si j*en deviens pas tingo,
j*aurai de la veine. »
ALIMENTS. Dectance, Boulottage,
Boustifaille, Briffe, Croustille,
Croûte. V. Nourriture.
Après ua joyeax repas -^ un excellent potage,
Boeuf, poisson e l poulet (record du ^u/ofta^^e.)
(P. pAII.L&TrK.)
Cpendanl j'ai jamais pu gagner
Ma bouttifaitle et mon loyer.
(J<HAII RiCTDB.)
ALITÉ. Pagnoté, Pieuté, Plumé.
l re»t' pieuté tout' la journée.
ALITER (8). Se bâcher. Mettre sa
barbaque, sa bidoche, sa came,
sa viande dans le torchon. Se
pagnoter. Se pieuter. Se plumer.
V. Se coucher, Lit.
ALLAITER. Triper.
ALLÉCHER. Agater, Aguicher,
Apachonner *, Engailler, Engrai-
ner, Jeter de Vaimant.
Tu t' figur's que tu les aguiches
Fa'c' que l'as un' def et des guiches.
Et un fendard de clies Bénard ?
MoD vieux lapin, quand on agate
V suffit pas d' faire d' ré|>ate :
Faut et' maraud, faut él* pénard.
(BLÉDOaT.)
ALLEMAND. Alboche, Boche,
Choucroutman, Cul, Pendutard^
Prusco, Schnokobols, Tarteifle.
« r vient d* décider que les Boches
fêteraient pus au' deux fois Tanni-
versaire de Seiian. » •
« C'est encore un Schnokobols, un
Prusco, et i' dit qu'il est Alsacien. »
ALLER. Amber \ Ambier *, Am-
bler % Bier *, Bler % Brouer, Bal--
lader ou charrier sa bidoche, sa
viande, Carapater.
Des fois je m' dis. lorsque j* charrie
A douète... à ganchn et sans savoir
Jlia pauf' bidoche en mal d'esipoir,...
(JEBâtf RiCTDS.)
J'ai dix ans. Quoi! ça vous épate?
Ben! c'est comm* ca, nn! J' 9uis voyou,
Et dans mon f'urid j' carapnte
Comme un asticot dan' un mou.
(J. RiCBVPlII.)
— ALLER VITE. Carapater, Ca-
valer, Patiner, Se grouiller.
— ALLER SANS BUT. Balocher,
Gouaper, Louper, Vadrouiller.
Pour louper, faut louper en chien :
L' chien mont' pas dans le« omnibus.
(lu.)
Toujours gouaper.
Jamais masser,
Sur le boul'vard à la r'filer.
Oui je r dis en frunc rœur ;
Y a que V gouspeur
Qu'a du bonheur!
{Chanton des Gouapeurs.)
Allons, c'est assez vadrouiller.
Viv'menl! on rentre à l'atéier.
(P. Paillkttu:.)
— S'EN ALLER. Caller, S'atta-
cher un bidon, une gamelle, Se
barrei\ Se carapaler, Se cava-
1er, Se criouer. Se ddbine7% Se
donner de l'air, Se faire l'adjn,
la fuite, la levure, la paire. Se
trotter.
Pui^, après la halte.
Me montrant l'asphalte,
r m' dit : « Maint'nanl, calte :
Vlà ton ateiller! >*
(L. os BeaGY.)
ÀLL
— iB —
AMA
Puis i^ s' barrent comme des foi-
reux*. »
« — Allons, criqv^'toi^ j* t*ai assez vu. »
« — C'est bien, quT m' ÔM, débine-toi',
tu t*expliqu'ras demain chez i* coin-
luissaire. »
« — Pas posse, que je m' dis, qu*a s*
8oye débinée avec un gasl »
Si a veut i>a8 t* Taire eua' raison,
Un mitin, j'y Jambonne 1' blaire
Et pis après je m' fais ta paire
Et J' prends euo* gonzesse en maison.
(A. B.)
— ALLEZ-VOUS-EN. Allez au
bain! Allez vous asseoir , vous
baigner, vous faire foulre, vous
faire lanlaire, vous faire voir,
vous laver! Baierez ! Caliez! Cri-
que z! Débinez! Dévissez! Ouste!
Apachonner *, Engaillery Engrair
ner, Faire du pallas. Jeter du
gringue en tirlife ou simplement,
Jeter du gringue, Jeter au gintau»
V lui ftait du gringue en tirlife
En fsant résonner son pognon.
AMANT. PetU homme.
« Elle fut dévalisée par un autre petit
homme qu'elle adorait. »
(Goaoïi.)
— AMANT QUI PAIE, Amant en
litre, Amant sérieux. Banquier,
Béte à pain. Dessus, Éclaireur,
Milord, Monsieur, Monsieur Un-
tel, Nabab, Négociant, Ponte,
Prince, Protecteur, Sa poire,
Singe, Type, Vieux.
ALLONS DONC I ExclamaUon « ^^ ^'^ ^olé une belle broche eu
comportant une idée d incré-
dulité. Pour! Pour chiquer!
Pour la chique! V. Plaisanter.
— ÇA VA BIEN I Ça biche. Ça
colle. Ça tourne rond.
ALLIÉ. Assoce, V. Compère.
ALLUMER. Coquer le rifle. V. Ai-
mable.
ALLUMETTE. Bûche, Chimique,
Paibloche, Plombante, Soufrante
(de soufre).
« — Avec moi, petit, c*est comme les
soufrantes de la régie : ça ne prend
pas. »
ALLUMEUR. Lantimèche \
ALLURE. Chic, Jus, Touche.
« — Si tu Tavais vue! ohl cejusl »
ALTERCATION. Attrapade, At-
trapage, Enipoignage. V. Alga-
rade.
ALTÉRÉ. Bec salé, Soiffard, Soif-
feur.
AMABILITÉ. Giroflene \
AMADOU. Basane *, Bois pourri *.
AMADOUER. Agater, Aguicherai
diamants, le premier cadeau que
m'ait fait mon amant en titre, le
vieux baron de L... »
J'allons fair' sauter les sacoches
De ce bon monsieur, ton tnilord.
(FSSTBAU.)
r n* Ta donc pas caiser sa pipe,
Mon vieui type?
(Eue. LavEHCua.)
— AMANT QU'ON PAIE. Al-
phonse, Arthur, Gigolo, Petit.
Y. Maquereau.
J'avais <^u*an gigolo^ tandis
Que J* sois la gigolette
A trenl'-si&.
(L. D.)
— C'tte ffarc'-là, qu'a disait, elle a
voulu m soul'ver mon pUitl »
— AMANT CONCUBIN. Époux:,
Homme. Se désigne le plus sou-
vent par les pronoms posses-
sifs. Lemien,ïe lien, etc.
~ AMANT DE SECONDE MAIN,
Voire de troisième. Dessous.
— AMANT DE PASSAGE (lors-
qu'il naic), Miche, Michel, Miche-
ton, Pante, Ponte; s'il esquive
le tribut. Lapin, Lièvre, Miche à
la mie, Michel de carton. Poseur
de lapins.
AMA
Faisons Mater aree nous
Nos michet* et nos marions.
(A. B.)
J' suis ni mieh'ton ni bnrbtiel.
(F. Paillkttc.)
« Le grand Julot répétait chaque soir
à sa ménesse : Xiéfie-toi des bour-
riques et des poseut's de lapins, »
a Elles rentrent parfois à des sept,
huit heures du matin «ans avoir pu
dénicher un ponte, même de cent
BOUS. M
— AMANT PAR CAPRICE dc la
part de la femme. Béguin,
« Clara, ce soir-là, s'était promis de
coucher avec son béguin, le petit
fourrier de la troisième. »
— AMANT D'UNE FEMME MA-
RIÉE. Aide, Aide-mari, Vautre,
Qui ferre dans le marida se'
rieux.
— AMANT INSIGNIFIANT .
Amant de carton,
AMANTE. Toutes les expres-
sions signifiant Femme, Fille,
Épouse ou Maîtresse sei'vent à
désigner TAmante; mais on em-
ploie plus spécialement les
termes suivants: Bergère,Blonde,
Connaissancer Pébosse, Fée, Gerce,
Gigolette, Gonzesse, Gogo, Lard,
Lesbombef Lésée ou Lezée, Lusi-
gnante % Ménesse ^ Mistonne, Par-
ticulière, PonetiCy Poni/fe, Poule,
— 19 ~
AMÉ
£
a s'rait bath d'en faire un cocu,
'j sourver «on* de ses bergères.
(JaBAM RlCTLB.)
Auprès de ma blonde
Ou il fait bon dormir.
{Vieille chanson.)
Autrefois, femme de rapport,
D*uq' terreur de la Viliette
J'étais l'unique et cher trésor :
J'étais la gigolette
A Totor.
(L. D.)
£t si DOS p'Iit's gonsess's traio* uo peu la savate.
(A. B.)
Vous m' direz : — Quoi donc... t'es cocu ?
— Non, c'est ma lesbomb' qu'est coquette ;
A dépens' tout pour sa toilette
£t moi j'ai rien à m' font' sa' 1' cul.
(lo.)
Moo ffroa, J* peux pa' et' ta lés^el
D'affilé 00 rord'rait pas trois jours,
Tu s* rais d' la r'vue et j* s'rait Inisée :
Toi pour l'os, moi pour les amours.
(DLiOOliT.)
a Et les balades, le soir, dans les
faraudes herbes et Tavoine montée
de nie du Bas-Mcudon avec des
ménesses qu'on renversait brusque-
ment au revers d'un talus. >»
(J. LORRAIM.)
— AMANTE CONCUBINE. Boîte
à chagrin. Bourgeoise, Collage,
Crampon, Épouse, Flôme, Gou-
vernement, Marque , Marque
franche ', Marquise, Vot-aufeu.
u — Ma foi, je n'ai pu quitter mon
crampon plus tôt. »
(E. Dec RIT.)
„ — J' veux pas faire de peine à mon
épouse, tu comprends? alors si ta
bourgeoise la rencontre, motus! »
« V'ià quV nous amène son collagel
Ah! non, quand on a une flome
comme celle-là, on la sort pas. »
A la condiss' largue ta marque
Avec son salé. Moi, j' i'embarqae
Pour un coup d' rigolade en grand.
(L. DE BtacY.)
— AMANTE QUI PAIE.Afarmiïe.
L)n' marmite\
Un pot quelconque bel ou laid !
Un' marmite
Qui n' limite
Pas trop 1* fricot, si voun plaît
(BtKDOf.T.)
AMAS. Charibotée, Flaupée, Foui-
titude, Tapée, Tinée, V. Abon-
dance.
AMASSER. Mettre à la carre
Mettre à gauche, V. Économie.
AME. Affe,
AMENDER (S'). Acheter ttne
conduite,
Ven a môra* qui flnlss* par ach'ter eun conduite
(A. B.)
AMENER. Apporter,
« — Alors, c'est convenu ; lu viens di-
manche, et t'apporteras ta femme. »
AMÉRICAIN du Nord. Jonathan.
AMÉ
— 20 —
AMO
AMÉRIQUE. Le quartier d'Amé-
rique à Paris. Les Carrières.
AMEUBLEMENT. Dois.
Ses boU d>aient être intarfisantt
Ou p't-él' ben qu'A n'avait pns d' chambre.
(BlIdort.)
AMI. Achate, Amache *, Amary
Amarre, Aminche, Aminchemarf
Amuncke, Bisot *, Copain^ Copin,
Fanande *, Fanandel *, Fiasse,
Flamand *, Frange, Frangin,Frère,
Maire *, Matelot, Monant, Pote^
Poteau, Social, Vieille branche.
Vieux frère, Vieux lapin j Zig,
Zigard, Zigue.
Et pis zut : et tiv'nt les aminehes !
Viv al les escarp* et tiv'nt les grincbes!...
(A. B.)
Eh! quoi, Margot, tu viens à ma rencontre,
Ta veui parler à ton ancien copain ?
(Eue. LBUKaClRR.)
V'iâ les fanand't * qui radiaent.
(J. RicHBpm.)
On a liché d'avec les fiàstes
Chez tous les troquets du quartier.
11 n'était ni beau, ni rupin ;
Mais c'était un sigue^ un lapin !
(BaiOLLBT.)
Elle a fait sucrer mon social.
« — Allons, que j' lui dis, ma vieille
branche, tu t* Tais du sang pour si
peu d* chose? »
— AMIS l^rSÊPARABLES .
Comme cochons, Comme cul et
chemise.
— AMIS DE PRISON, Amis de
collège. Poteaux de bal. V. Pri-
son.
AMICAL. Amileux, Girofle *.
V. Aimable.
AMIE. Copine, Frdline, Frangine,
Menante*, Sœur,
m Avec sa copine elle allait passer
tous ses dimanches au Moulin de
la Galette. »
• —Tu peux causerdevant Mélanie. Il
n'y a pas de danger : c'est une fran-
gine, n
« — Celle-là, je te défends d'en dire du
mal. C'est une sœur ; elle m'a assis-
tée quand j^étais à la campagne, m
AMITIÉ (MOTS D). V. Cama-
rade, Enfant, Femme.
AMNISTIE. Redam. V. Grâce.
AMORCE. Graine de niais,
— Pour la pèche, Goble.
AMORCER. Faire du cUnc, Jeter
ses pelotes.
« Pendant ce temps-là, mon Milot
faisait de l'œil à la sœur, i* j'tait
ses pilotes. »
«c Va falloir nue je fasse du clinc aux
gens qu'a du pognon. »
(J. AjALBIkT.)
AMOUR. (Sentiment.) Gobage.
V. Caprice.
— FAIRE L'AMOUR. V. Coît.
— L'AMOUR. Le Dardant ou le
petit Dardant y La fée.
Icicaille est le Ihéâlre
Du petit dardant \
FoDçoDS à ce mion folâtre
Notre palpitant.
(Granval.)
AMOURACHER (S). Se casquer^
Se chiper. Se coqiieluchonner,
S'enganter de ou pour.
« ElIesY'tait casquée d'un vilain mon-
sieur. »
M Elle s'était chipée pour son gnasse. »
Un Jour, à la Courtille,
Je m'étais etiganté.
(VlOOCQ.)
AMOURETTE. Parapluie, Pépin.
V. Caprice.
AMOUREUSE. Féesante \ V. Maî-
tresse.
AMOUREUX. Chaud de la pince„
Féesant", Marcheur.
Sa femme Huit un vrai glaçon ;
Au rebours, lui, chaud de la pince.
Vous menait la vie en garçon..
(DUCLOS.)
— 21 —
.AMP
Il lie comptait plus ses conquêtes :
C'était uo marcheur épatant.
AMPHlTeÉATRE..4mp^t(apor.),
ParatliSy Poulailler,
-»^ HABITUÉ n' AMPHITHEA-
TRE. Sénateur.
AMPOULE. Cloque.
AMPUTER. Charcuter.
« Les carabins Tont chnrcuté. »
AMUSANT. 'Bidonnant, Bolant,
Boyautant ou Boyotant, Cham-
pêtre, Champignol, Crevant, Drù-
louillard. Fêlant, Gondolant, Ma-
Tant, Pilant, Poilant, Pouffant,
Rifolard, Rigolard, Rigolboche,
Rigolbochant, Rigolo (fém. Rigo-
lote), Rigouillard, Robignol^ Rou-
lant, Tirehouchonnant, Tordant,
Torsif.
1 r nous a raconté son marida, cVtait
bolant. M
« — Dis donc, il était boyotant, Dol-
phin, dans la r\'ue. n
« Elle est champêtre^ sa frangine; elle
est tout c^ qu*y a d* champignol, »
« A Londres, à peine ai-je fait trois
pas dans la gare que je me co^ne
à nouveau à un policier. Ça devient
gondolant. »
(E. FODGGT.)
« Deux de ces voyous ont trouvé ri-
golo de poser des cochonneries en
plein tapis du salon. »
(Tristan BisiiAiiD.)
« II fallait les entendre s'attraper,
c'était roulant, »
AMUSEMENT. Bombe, Bosse,
Rigolade, Riole ou Hiolle.
m
4 Quelle bombel mon vieux, c^ qu on
s*en est payé une bosse ; que plat
d'rigolade. »
AMUSER (S*). Bosser, Être en
bombe, Être en riole, Faire la
bombe, Fricoter (arg. militaire),
Rigolbocher, Rigoler, Se boler, Se
ANA
boyauter, Se boyoter, Se crever,
S'en payer, S'en payer ou en
prendre une bosae, une tranche^
Se fêler, Se gondoler, Se gonfler
ou Se gonfler le mou, Se marer,
Se piler, Se poiler. Se tirebou-
chonner, Se tordre,
« Le jour de la Sainte-Barbe, les artil-
leurs sont en bombe. »
(POMPOII.)
« C'est du coup qu'on se boyautrait
de Ménilmuche à Montpar! »
« Ah! je me ci^èvel laissez-moi me
tordre ! »
«< — C qu'on s'est mare à la foire du
Trône! Viens-y donc d'main, on
s' piCra. »
« — Oui, je me rappelle qu'on ne te
voit jamais fricoter avec tes cama-
rades. )»
(H. Lavedam.)
— S'AMUSER 1>E QUELQU'UN.
Le bêcher, le chantier, le j'ardi»^
ner, Se pnyer sa fiole^ sa poire,
sa tronche. V. Se motiuer.
On parle eacor de toi, tu sais !
Voui, on en parle en abonduace,
On s' fait /a tête et on s' la paie.
(JsiiAN Rictus.)
AN. Berge, Brisque, Longe, Pige,
« Jusqu'à ses douze berges^ ses vieux
l'avaient mis chez les frères. »
« Aile était avec un gonce d'au moins
cinquante brisques. »
A n'avait pas cor ses quinz' longes.
ANALOGUE. Kif, Kifkif, Kifkif-
bourricot. Synagogue. V. Équi-
valent.
Car vous pouviez rester comif
En écrivant pour « même cliosc » :
Aif-kif.
(A. B.)
ANARCHISTE. Anarcho, Bom^
biste, Compagnon.
Y en a mèm* qu'ont leurs deux bachots.
Chez les anarchos,
(BltOORT.)
■ Ce iour-là, tout les tompagnoni,
les limides comme lei bomoittes,
applaudiront d'autorité. ■
{U Fin feinard.)
ANE. Bourdon, Bourri, Bourricot,
Branque ', Oreillard, Oritlaril,
Martin, Mitâ$lrt.
• Au moment uù la vidlle passa avec
aou boarricot, Landelle cria au tar-
tionnaire : ■• Prétente les armes,
T'tà Vminillre, i
AKECDOTE. Apoloche (corrup-
tion d'Apologue).
D 1' vas le dire un truc qu'on m'n
raconta ; écoute bien ra/iolocke. ■
, tu n'en rates p
ANGES. Fraaihes rolanles '.
(A. B. £>« Soalohquti dHoii<rré Conilmt.)
• Les vache* entrent dans la maison;
mais les Englichtê avaient entendu
et s'étaient donné de l'nir. ■■
■ A force d'nller à droite, à gauche.
de se nii^ter aux Hoiidtm et qui
TarteiUe, ils devienneut à la Gn
cosmopolites.,. •
— On dûsif^ne aussi les Anglais
par (outi>s sortes de noms
empruiiléa à leur langue,
tels que: Beefsteah, Plum-
pudding, lloaltbeef. Stock-
fish, etc., ainsi que par des
expressions évoquant la
couleur rouge ; Écrevisse,
Homard, Vermillon, etc. i
I Nos deux rotbifi parlent & la mèro
Valu et lui demandent si elle no
connaîtrait pas un gosse pour guet<
ter. "
ANICROCHE. V. Accident. .
ANIMAL. Bestiau.
• — R'fiardez-moi c' beiliau qui
n'avance point, disail-il en Trap-
paot à coups redoublés le malbeu-
ANNEAl'. Attache.
J'allume un pélrousquin qu' avait
des ai taches en jonc aux es-
.— ANNEAU DE BACNB. Arga-
ntau, Houcle, Double-boucle,
Chatuietlei, Miinillet.
Les arpions dans les chauuelte' et
des manillo au\ pognes, il était
comme à la crapaudine, •
^ , . i tait le pailas ebex
PeiOQ. est un de ceux qui s'enten-
dent à la poslige. il vous tourne
une iatade ae première. -
ANNONCER. Bonimenler, BoniV.
Faire te pailas, ta postige, Posti-
eher, Postiger. V. Parade.
C'est durillon de bonimenler Jusqu'à
des dix ou douze trayages dans une
journajile. ■
Si tu l'entendais posliqer sur la
r^te, lu le inarr'rais. >. '
I A cette dernitTC tournée du i Chat
Noir > le rûle de bummenleur était
tenu par te spirituel chac
Dominique Bunnaud. ■
ANT
— 23 —
APÉ
« Le bonisseur annonça que la repré>
sentation allait commencer. »
« Ce bachelier en était arrivé à ac-
cepter remploi de saladier dans
une baraque de femme-torpille. »
(G. DB FaOLLM.)
ANTÉCÉDENT JUDICIAIRE.
¥affe$. V. Casier jadiciaire.
ANTHROPOMÉTRIQUE (SER-
VICE). Bureau des pieds,
ANTIPATHIQUE. (Pris substan-
tivement.) Gueule à chier dessus,
Gueule en coin de lue, Poire de
êchnockf Tête de lard.
Des tasd* saPs typ*s, âe%poir't descMnock,
Téfs de lard... ot gneuV en coin d rue
Oui. sous prétess* qu'on n'est qu'un' grue.
Vous emmerJ' une heure pour un b^k...
(BLtDORT.)
ANUS. i4s, As de pique. Bocal,
Borgne, Entrée des artistes, Esca-
lier' de service, Piac, Fiaa'e, Flaque,
Pignard, F igné, Fignedé, Pignon,
Pion, Poiron, Poirpelte, Gnard,
Lorgne, Manillon, Ognon, Os,
Pastille, Pastille du sérail, Petit,
Pette, Pièce de dix ronds ou de
dix sous. Rond, Rondelle, Rosette,
Savonnette, Tabatière, Tirelire,
Trèfle, Troud'Aix, Trou de balle,
de bise, de la fine, du souffleur,
Trovfignard, Troufignon, Trou-
fion. Trousse, Zéro.
« La maison, qui était le rendez- vous
de cens aux mœurs asiatiques, avait
cyniquement pris pour enseigne un
ns de pique ', ce qui amusait fort les
habitués. »
{Chronique parvienne.)
« Plusieurs fois depuis, le maes-
tro H... eut la mésaventure d'être
ainsi surpris, soit s^introduisant
comme membre de la Société des
artistes dans un cercle ouvrier, à
la façon de Germiny biribi, soit se
trompant de porte dans les cabinets
d^aisances et cherchant toujours
Ventrée des artistes. »
(B. LlPILLITIBS.)
« Un gonce qu'avait dû, étant mi-
gnard. avoir un larbin pQur y tor-
cher r fiaque. »
« Les clebs pourraient 9* flairer
r fignard tranquillement. »
Gn'en ■ qu'esp^r'nt on eun' Justice
D'aut's en la Gluir' (ça, c'est un vice
Leur faut dans r/fj7)i' trois plum's de paoo).
(Jbran Rictos.)
Su' r boul'Tard des Capucines,
Ou voit pa5Ker les coquines.
Deux par deux, se donnant 1' bras
Et faisant leurs embarras ;
Ell's prenn'nt de drôl'a de tournures
Et torlitl'nt leur tronfionon^
Eo passant d'vant les d'vaniurcs :
C'est d' ïognon.
V'ià d' y ognon.
(A. B.)
r n* marchait pas pour la digue
Car i' soignait cher ses d'ssous;
Et fallait raquer un ci);ue
Sa pièc' de dix sous,
d Ils rirent de ce qu'elles le trouvaient
en fonctions, son trou de balle au
grand air. »
(E. ZULA.)
ANXIEUX. Qui ne bande plus que
d'une (obscène).
APATHIE. Flemme,
» Impossible de Téuiouvoir, c'est la
flemme en personne. »>
APATHIQUE. Dort-en-chiant,
Flèmard, Flemme, Gnantjnan.
« De braves gens très souvent, mais
flemmes^ insouciants, vivant au
jour le jour. »
(GORON.)
APERCEVOIR. Allumer, Dégotev,
Frimer, Gdfer, Mordre, Piger,
Hechâsser, Hembroquer, Repérer,
Requinquer. V. Regarder.
« Quoi qu' i' allume'] — Deux flicards
en train d' nous r'moucher. »
Donc, j'arriv' pu' 1' tas et j' rnnbroqu^
Ha gare' de poul' qui t'nait 1' crachoir
Avec d'aut', auprès du séchoir.
Et qui n'eu foutail pns euii' broque
(L. Ds BaacY.)
APÉRITIF. Apéro.
APL
— «4 —
APP
« Il est cinq heures, allons boire
Vapéro, n
APLATIR. Écrabouiller.
« Les uns. se saisissent aux cheveux,
hurient frénétiqueuienl et sVora-
bouillent saos être entendus. »
(E. Bmgibat.)
APLOMB. Astuce, Chien, Culot,
Estomac, Eslome, Santé.
Quel ehienl quelle astw'l quel!' santé l
Tu veui m* fair* paver U bouleille?...
Eh ! ben, t'as du cuiot^ ma vieille.
(Bbiollbt.)
APOSTROPHER. Arçonner, Au-
bader. V. Admonester.
APPARENCE (EN). Pour, Pour
la chique. Pour la frime,
« — Alors, tu marches dans la bi-
naise?
— Pour\ n
APPARTEMENT. Se désigne par
les équivalents de Logement et
de Maison.
APPAT pour la pèche. Gobbe.
APPEL. (Recours en justice.)
Rappel.
m J*ai paumé en première instance;
mais, pour sûr, ej^ gagnerai en rap-
pel. •
APPELER. Arçonner (on écrivait
autrefois Aresonner"), Epprener*.
— APPELER PAR UN SIGNAL.
Faire le duse, le ser. V. Signal.
— APPELER EN SIFFLANT.
Hisser.
~ APPELER A L'AIDE, AU
SECOURS. Aboyer^ Gueuler au
charron, à la chienlit.
M J* me r'iève; la Mélie s' met à gueu-
ler au charron ; et mon Eusôbe ra-
masse sa pMure et met les voiles. »
— EN APPELER. Rappeler.
APPÉTIT. U dent. V. Faim.
APPLAUDIR un acteur à son
entrée. Lui faire son entrée, lui
faire un costumr.
— ÊTRE APPLAUDI. Avoir sa
côtelette ^ Roire du lait.
— NE PAS ÊTRE APPLAUDI.
Ramasser une ou la bûche ou
la pelle, Rem/jorter une ou la
tapi,
APPLAUDISSEMENTS. Tabac,
Zinc.
^ PAS LE MOINDRE APPLAU-
DISSEMENT. Pas une claque^
Pas une tape.
« 11 croyait faire beaucoup d^effet
avec sa nouvelle chanson ; il est
sorti sans une tape. »
APPORTER. Abouler, Amener.
« Le garçon abou/a deux litrons. •
« — Amt^ne le barbotin avec tézigue
chez le fourgat. »
APPRÉHENSION. Flube, Gou-
rance, Taf, Trac. V. Peur.
M J*ai r trac de rencontrer ma gon-
zesse avec Ugëne, alors ej" réponds
de rien. »
APPRENTI. Arpèle ou Arpette,
Attrape-science. Galifard, Grippe-
saucisse. Lapin.
Dan« r temps, quand nous étions arpettet^
Tous les lundis j'allais au bain
Chez Fill'rv, fair' des i^alipeltes...
(A. B)
« — Pour être compagnon, tu seras /a-
pin ou apprenti, plus tard tu pas-
seras renard ou aspirant. »
(HitVILLII.)
— APPRENTI MAÇON. Chétif,
Voltigeur. V. Haçon.
— APPRENTI MARCHAND. Bis*
toi. V. Commis.
— APPRENTI PEINTRE. Mar-
cassin. V. Peintre.
— APPRENTI TAILLEUR. Tat^
lare. V. Tailleur.
— APPRENTI VOLEUR. Pé-
griot, Volaillon. V. Voleur.
APP
— 25 —
ARG
— APPRENTI SOUTENEUR.
Brocheion^Macroiin, V. Maque-
reau.
APPRENTIE. Arpette, Groulasse,
Groule,
— APPRENTIE
V. Danseuse.
DANSEUSE.
— APPRENTIE MODISTE. ^}*0^
tin.
m Encore tout enfant, j'étais donc
trotlin^ c'est-à-dire un de res vingt-
cinq mille saute-ruitseaux femelles
qui traînent le long des boulevards
leurs tristes bottines... ■>
(0. MfiTftniCB.)
APPROCHER. S^annoncffj Radi-
ner, Rappliquer. V. AnÎTer.
« V*lâ ma frangine qui s'annonce, »
ARABE.
Btcot.
Arbi^ Arhieo, Arbicot,
« Ahl 1' pauv' frangin, c* qu'on V Ta
envoyé chez les ^roM, aux bat. d*Af.,
avec les joyeux. ••
— PATOIS ARABE. Sabir.
m Elle prononce en sabir des paroles
indistinctes, i»
(HuGcn LK Roux.)
ARAIGNÉE. Fileuse, Maçonne^
Sistyphe *, Tendeme, Vagabonde.
ARBITRAIRE. Péodec \
ARBRE. Cocard *, Coquard *, Porte-
feitUles, Quoquard *.
ARC-EN-CIEL. Cravate de cou-
leurs.
ARCHEVÊQUE. Archipointu,
Gourd'Razis *.
ARDENT. Altéque*, Qui a des
c.Mes au cul (obscène), Qui est
ià, Qui en a, V. Brave.
— ARDENT EN AMOUR. Ban-
deur. Bon baiseur. Bon fouleur^
Bon planteur^ Chaud de fa
pince^ Cochon^ Dard, gaule ou
vit d'acier, Queutif^ Tendeur.
Toutes ces expressions sont
obscènes. Porté sur Varticle^
sur la chose. Dans les Flandres,
on emploie le mot Rosse en ce
sens.
ARDEUR au travail. Graisse d'a-
battage, Huile de cotuie.
« — Eh! bien, quoi? ce travail?... ça
ne va pas?... mets-y un peu d'hut/e
de coude, sapristi ! »
ARGENT. Âbsol. Blanc, Blan-
quette, Ce \ Plâtre.
« 11 avait chauCfé une cal'tière en beau
blanc. »
« r fait r marie avec son bob en
plâtre. M
Son carie * j'ai pessigaé,
Son carie * et sa toquante
Et ses altaches de ce *.
{Vieille chanson argotique.)
— ARGENT MONNAYÉ. Ache-
toir, arheloire ou achetuires,
As, Atout, Avber ou Aubert, Ba-
gafe *, Beurre, Bille, Billemont,
Biscuit, Blanc, Blanquette, Blé,
Braise, Bulle, Caire \ Carie \
Carlo*, Carme, Ce qui se pousse,
Cercle, Charle *, Cuivre, Douille,
Étoffes % Face», Fen^aille, Flac,
Fric, Fricot, Gaittc\ Galette,
Galfouze, Gâteau, Gib *, tlrain.
Graisse, Gras. Grishis, Gruau,
Huile, hfazillc', Menouille, Mé^
tal, Michon*, Mitraille, Mono-
cos. Monarques, Monnerons •,
Monouille , Mornifle , Net-f,
Noyau, Ognon, Onguent, Os,
Oseille, Pépettes, Pèse ou Pèze,
Picaillons , Pimpions *, Phi'
lippe *, Pions, Plâtre, Pognon,
Potage (arg. des joueurs),
Pouiffe*, Poussier, Sauvette,
Sonnettes, Style, Vaisselle de
poche. Zinc, Zozotte.
Comme i' n'avait pas d'ach'toir,
V s'est envoyé 1' moucliuir
A la tire.
Ce qui m'intéress' surtout
C'est qu'en glissant la première
EU nous laiss'ra son atout.
Quand on n'avait pns d' marmite
On bou n'ait cticz V pèr' Lafrite
Four un peu dauber...
(A. B.
A PL
àp^ro.T'f heure.
(E. I
(B><
• *^- admonester.
«KIVCE (E!V) p,
?''«' »" marches da,
i »
'^«"'- ^a pèche. Got
(^^ecours en j,
îî-'sû? eTJ^^^'-^ '"
»"r, ej gagnerai .
l^J^ PAR v^ SI
» « 'a chieniii.
; 'a Méfie f » jnef
WW"
— 13G
• ^ f ij» Tfst '^ 'izi me fiit aBb)>r
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-■ .' r . , , (:,■,, . ■ Kfpési-
■ • , , :■ l'ijiisser.
e..i,«c.-,l 1.1,1 ,.,'.,7.,,.., , .'.jup-lâ...
— Etre ABHf:TË. K/i-e ^i-u/^n
Tonififr mitlaile.
.1 clé
— AltRËmi L\- TRAVAil. E?i
TRAIX. Ai-r-'Ur les frais, tùiire
une brisiii-f, ui, enlr'Mle. V. In-
ARG
— 20 —
ARG
Viveot \é flac.
Le poffnon^ le fricot, le oise.
Le plâtre, les péloU, la braise
Millets en sac!
Vive le flacl
(Blédort.)
Sûr, c'est pas eun' gerce à la roue
Qui m' niéiiris'ra pour raanqu' de carme.
(Jbham Kictds.)
Je m' iiioqu' qu'i' n' soit ni jeun' ni beau,
Pourvu qu'il ait de c' guis* pouste.
Je m' laiss'rai tomber sans s'cousse.
(J. Bbhthieb.)
Les dupes sont prives de cnire*.
(FaANçots Villon.)
On est roalfrein, mac et fripouille ;
On croit à rien ; et l'on vit bien
Avec des cercles plein la Touille.
(L. DE Esacv.)
Mais si la condisse est sans cuivre ;
Quand les crapauds gueulent la faim ;
Quand tes harnais vont au biffln;
Ah! bien maraud qui voudrait suivre
Les bons conseils que vous baillez !
(iD.)
Du croquant fais une lessive.
Chope-lui cornant, douille et sive.
(HoGisa-GaisoN.)
Tas nib d'e/o/fM •?... Ya pas d' deuil !
Le t6lier va nous faire à l'œil.
(Laouicri.)
Et les triroardeurs sans ferraille^
Les pilons et les purolins
Falmucheront sur la mitraille
Des gavés et de leurs putains.
(L. DE Bkiict.)
EmLrassons-nous, ma gigolettc,
Adieu, sois sage et traraill' bien,
Tàch' de gagner un peu d' galette
Puur l'envoyer à ton pauv' chien.
(A. B.)
J' cass'rai la gueule aux proprios,
A tous les gens qu'a d' la galtouze
Qu'il a gagné' dans dos agios.
(In.)
Four boire a m' trichait su' 1' gâteau.
(lo.)
Si j'avais, pour me graisser 1' bide,
Que la graiss' que tu fais su' 1' tas,
J' crois qu' j'aurnis souvent 1' battant vide ;
Car avec toi 1' gruau n' lomb' pas.
(IliCTOn SUMBHE.)
« Ce n'est pas aux répétitions, c'est à
Vhuile, comme on <lit en style de
coulisses, c'est-à-dire devant le
public payant, que se jugent les ou-
Trages qu'on y représente. »»
(II. ROCMEFOIT.)
« Nenni, c'est ce qui me fait ambier
hors de cette vergne; car si je
n'eusse eu du michon *, je fusse coni
de faim. »
(0. CnsaiAn.)
«r SU avait des grains, on luy raseroit
le mynois. »
( Vie de taint Chryttophe.)
«I La mort dans Pâme, il s'est décidé
à leur sauver la mise et à verser la
belle monouille. »
(PODGBT.) '
« 11 s'informa, avant d*entrer chez le
marchand, si son compagnon avait
du nei'f. »
Voyant qu' dans l' jardin on dansait
J' alions danser notre menuet!...
L' sacré violon qu' avait joué faux
Voulut me d 'mander des noyaux.
(Vadé.)
Faut les solir cheux 1' Tapissier,
Et puis partager le pousner,
llD.)
L' soir on rencontr* plus d'un' fripouille,
Extra niuros, ■
' Qui vous assomme et vous dépouille
De votr' pauvre os.
[y. MCUSY.)
Vrai, j' m'enm'rais ben un' bouteille :
A présent qu' t'es sorti' d' là-bas,
Envoy'-moi donc un peu d'oseilte
'a Mazas.
(A. B.)
Tu peos's un peu s'i' s'en fout ben...
V marche avec nous pour le pèze ;
Du jour que nous n'aurions pu d' braise
On nous enverrait tous au bain.
D' la braise \ .. i's n'en ont pas épais...
Même i' parait qu'i's n'en ont guère...
Ht comme i's ont soiipé d' la guerre,
I's d'mand'nt qu'ont leur-x y H>ut la paix.
(A. B. Les Soulotoques d'Honoré Constant.)
Mais à caus' de ses pépette%
Je suis restée avec lui.
(BaiOLLET.)
— PIÈCE D'ARGENT. Blafard,
Mousseline y Sonnette.
— Monnaie d'argent :
fr. 50 : Blanchelte, Blanchisseuse,
Crotte de 2)ie, Gravie Goutte de
lait, Lixdréy Pastilley Petite pis-
tôle, Petite veillensey Rotinette,
1 fr. : Balle, Bertelot, Combrie *,
Linvey Linvé, Point, Veilleuse,
ARG
~ 27 —
ARS
2 fr. : Larante^ Larantequé^ Laran-
tequetf Roue de devant.
3 fr. (Somme de] : Escale ^ Loitré.
5 fr. : Bougie^ Chatte, Dalle, Dollar,
Dringue, Gallet, Gouge, Gourdo-
che. Lune, Palet, Pièce, Rondin,
Roue de derrière, Thunard, Thune,
Tuile.
• Pour une malheureuse ci*otte de
pie, pour une petite blanchette de
rien, pour une goutte de lait qu'
t*at paumée, tu fais tout c* barouf-
là? Que qu* tu bénirais, alors, si tu
dèchais d un dollnrl »
Unéco flambant neaf, un blafardde etnabalUsl
(J. RiCHBriN.)
Non... vrai... cet cbosVlâ, ^a m' dépasse !
Pant-f oa'eun* gonxeM* toy paquet
D' ivenare un franc cinqnant' pour eun' passe
Quand a peut d'mander tarant guet...
(A. B.)
« 11 me refile toujours un linvé^ des
fois laranlquè : il ne s'agit que
d*ètre à la distribution. »
(M. DORKAY.)
« — Tu les as raqués une escale, trois
balles avec la pendule. »
• Quand je ne lui donnais qu'une
thune, il s'en allait sans manger
avec moi. »
(GoaoK.)
« — Une dringue toute ronde, dit le
fourgat.
— Oh I mettez six points?
— Des plis : ça vaut juste une gouge;
et encore? •
« De quoi qu'i' r'naude ? j'y assure une
chatte tous les jours!... combien
qu'i' y faudrait d' bougies pour
s'éclairer? »
— ARGENT COMPTANT. Rubis
sur pieu,
— ARGENT nONNÊ A UN AVO-
CAT. Savon.
— ARGENT PRÊTÉ. Bijoutene.
~ ARGENT SOUSTRAIT PAR
UN COMPTABLE. Fourbi, Ra-
biot. V. Bénéfice.
— SAC D^ARGBNT. Flacul.
— REVENIR SANS ARGENT.
Revenir carton. Etre carton.
Et
Et
pendant c' temps-là Y michet passe...
tous les soirs aile est carton, *
(A. B.)
ARGENTERIE. Blanc, Blanquette,
Ce % Pldtre,
« Elle ne fourgue que de la blanquette,
des bogues et des broquilles. »
(ViDOCQ.)
ARGOT. Anglais, Arguche, Arpion
(arg. des chiffonniers), Artic,
Ariis, Bigorne, Filin, Jar, Jars,
Jobelin, Langue verte, Latin.
V. Jargon.
« Pendant qu'on jactait en Jars avec
Milot, le gonce esgourdait. Ça
m' cavalaitl Alors, à un coup
d' cbàsse que j'envoyai au latron-
pucbe, i* nous dit : Y a pas d'éuiôsse,
son orgue est un garçon : il en-
trave V anglais, »
« Dans UQ coin, deux anciens relin-
^ues y dévidaient le yieux jars. Un
jeune freluqueux, assis entre deux
gonzessps recoquinchées, y bonis-
sait'le neu filin. »
(LouisB Michel.)
ARGOTIQUE. Bigorne.
« En partie, les poésies Ur/ornes de
Jean Richepin semblent avoir été
écrites à l'époque de Vidocq. »
(J. PU.NEI.LI.)
ARGOUSIN. Artoupan, Rien.
V. Garde.
ARGUMENT. Boniment, Bonne
chose. Chichi, Coupure, Flambeau,
Flanche, Vanne.
H'u!... nom do Dieu!... j' suis amoureux!
Mais ce soir, CéciT fm la rosse :
Madam' ne veut pas m' rendo heureux
Oiinndj'sui^t plein. ..aile a peur d'un gosïc!
J'en ai soupe du boniment...
(A. B.)
Kcoul'-moi, j' vas f dire eun' bonnfi cho.te :
Tous ces gonc's-lù, j' les ai dans 1' prose !
— ARGUMEXT DÉCISIF OU
qu'on juge tel. Tarte à la crème.
^'emploie au masculin ou au
féminin indifféremment.
ARI
— -28 —
ARR
« Qui sait si, dans la lutte électorale,
les députés sortants n*auront pas
le cynisme de Todopter comme mot
de ralliement de la majorité et d'en
faire la tarie à fa crème de leur
programme, la réponse à tous les
reproches qu'on pourra leur adresr
ser? »
(P. CoppiK.)
« Dans toute cette affaire, les adver-
saires de l'acquittement, qui, je le
répète, sont une infime minorité,
ont eu un tcu'te à la crème qn^ils
ont répété à satiété. Ce tarie à ta
crème^ c'est la loi Bérenger. »
(L. DK GtAXONT.)
— RÉDUIRE A BOUT D'ARGU-
MENT. Asseoir, Coller, En
boucher un ou En boucher un
coin.
« De c' coup-là, l'mec ne bonissait
plus qu' dalle : il était assis. »
Ah! ça t'en bouche un coin, vieui gonse!
(1*. f'AILI.CTTR.)
« Elle le menaça enfln de le tromper
avec sa femme. A ce coup* sa colAre
tomba : il était coUé. »
{L'Evénement Parisien.)
ARISTOCRATE. Aristo (apoc),
Gas de la Haute,
Débiter d' la moru' pourrie,
« Aussi pourri' qu' les ari$tosf
(J. RtCHBPI.X.)
Kn attendant, les ga.% tV la Haute
(l'.euss* qui nous sont déroués Ttiiver)
Se cavarnt et \ont s* mettre su vert.
(Jbman Rictus.)
ARISTOCRATIE. La Haute.
ARME. Se reporter aux mots dé-
signant les difTérenles armes.
ARMÉE (L'). La culotte rouge, La
qr.inde Muette, La Grive,
« On la voyait toujours en compa-
gnie de militaires, car elle en pin-
çait ferme pour la culotte rouge. »
{La Gaudriole.)
« Nous voulons qu'elle reste la grande
muette; car elle personniûe la
patrie. »
(B. JUOBT.)
Sois p/*narJ, petit! S'il l'arrivé]
' D'entiflTer uu jour dans la grive..,
(L. DB Bbrct.)
ARMOIRE. Cache-f Hugues, Cache'
frusques y Carante^ Cocante,
« Il avait chauffé une pistole que sa
daronne avait carré sous des em-
paffes au fond de sa cocante. »
— ARMOIRE A GLACE. Double-
face,
ARPAJON (nom propre de ville).
A rpaga r, Chart res,
ARQUEBUSE. Passante \
ARRACHER. Dccramponner, Dé-
glinguer.
« Elle s'est fait décramponner sa
belle pelure; sa jaquette était toute
*téglinguée, »
ARRA^^GER. Arnaquer, Camou-
fler, Maquiller,
tt Son flanche était arnaqué de façon
que le nave n'y voyait rien. »
« Il a bien camouflé sa carrée. »
— ARRANGER V^E
ABIMEE. Rebouiser,
CHOSE
— ARRA.NGER UNE QUE-
RELLE. Rebfcler, Recorder,
« C'était coton d' les r'corder après
deux piges qu'i's étaient brouillés ;
mais nous les avons r'bectés tout
d' même. »
— ARRANGER UN VOL, UN
MAUVAIS COUP. Emmailloter
un môme, Engraisser un pou-
pard. Nourrir un marmot, V.
Préparer.
ARRESTATION. Accrochage,
Agrafage, Agrichage, Ceinturage,
Cerclaue, Enfilage, Entoilage, Ser*
rage, Suo'age, Tapvisage,
« —Si tu renquilles àPantruche^tute
gourreras du cerclage. »»
— ARRESTATION
Retapissage.
NOUl'ELLE.
11 était triquard, par conséquent
certain du retapissage s'il quittait
ARH
— 29 —
ARR
Rouen, qu*on lui avait assigné
comme résidence. »
— ARRESTATION EN MASSE.
Levée, Nettoyage, Rafale, Rafle.
« Ce fut une levée formidable, un net-
loyage en gnnd; le résultat des
trois rafales fut que 385 miséreux
et miséreuses prirent cette nuit-là
le chemin du Dépôt. »
Va officier, quelques agents
Sont les iottrameols diligents
De U rafle.
(BUdobt.)
ARRÊTER. Accrocher, Agrafer^
Agricher, Arquepincer, Baiser,
Camoufler, Ceinturer, Cercler,
Chiper, Choper, Coltiger*, Colti-
ner, Cueillir, Empoucer, Enfller,
Engluer, Eng rail 1er, Entoiler, Fa-
briquer, Faire, Graffer, Grappi-
ner, Gratter, Grimer, Grouper *,
Harper, Harponner, Lever, Mettre
le grappin dessus ou sur, Mitrau-
rfer *, Paumer, Piger, Piper, Pois-
ser, Pomaquer, Poser un gluau,
liafler, Ham-isser, liatisseï*, Riflen^
Secouer, Serrn\ Servir, Souffler,
Sucrer. V. Emprisonner, Fla-
grant délit.
« A preuve que les frères-j' t'agriche
ont agrafe toute la tierce le lende-
main. »
« J*ai promis de reconobrer tous les
grincbisseurs et de les faire arque-
pincer. »
(VlDOCQ.)
Mais auaod i' faut donner 1' coup d' fion,
Quand i' faut ceinturer un marie.
Ya des foisqu'i's poiss' un coup d' scion.
(A. B.)
Monte en l'air ou descends en fouilles,
Mais ne te laisse point cercler.
(L. DB Bkrct.)
« — Passe-moi le couteau de Matbieu,
réclama Martin, sans ça la vieille
va hurler et nous faire choper. »
{Le crime de la rue Pierre- Leroux.)
« C'est dans la rue du Mail où j'ai été
coltigé*. »
(V. Huoo.)
M Les fliques se proposaient de nous
coltiner tous à la sortie. »
(Le Pire Peinard.)
«« On en a cueilli une dizaine depuis
la découverte du crime, sans mettre
la main sur le bon. »
(/>• Cri du Peuple.)
« — Ten fais peut-ôt' cher à ce boulot-
là? Mais tu verras qu'un jour tu te
feras en filet \ »
« — C'est des trucs à se faire engluer ;
une fois que toute la soce sera ;>ot5-
tée, vous serez contents, tas de
panas ! »
« — Ta femme est faite I >»
Un m'apprit qu' pour attaqu' nocturne
Un soir on ïk^vM fabriqué.
(Rlédort.)
Pour me fair' marron, c'est la digue !
Et si maint'nant j* suis harponné^
Si ta m* tiens, c'est qu'on m'a donné.
(Id.)
« — Ah ! mon pauvre vieux ! c'est em-
bêtant de se faire paumer après
avoir si bien travaillé. »
(11. LsYBtT.)
l'rinc* des Couillons, mine à croquis,
Gibier d' Poissy qu'a V taf qu'on r poisse^
(JiHA.'v Rictus.)
« Quand les poules sont arrivées pour
lui poser un gluau, il était encore
dans la condition et il s'est fait
pomaquft marron ; on a servi le»
autres dans la journaille à Auteuil,
chez Uonnelli, où toute la tierce a
été riitissée, excepté Le Frisé qu'a-
vait fait la fuite juste à temps et
que ces messieurs n'arriveront pas
à sen'er de si tôt. »
— ARRÊTER DE NOUVEAU.
Rentoiler, RepessiUer*, Repési-
gner\ Repésiguer*, Retapisser,
« L' niômc Roculot, mon p'iit fran-
gin, s'est fait re tapisser c' coup-là. «
— ÊTRE ARRÊTÉ, Être propre.
Tomber malade.
— ARRÊTER UN TRAVAIL EN
TRAIN. Arrêter les frais, l'aire
une brisure, un entr^acle. V. In-
terrompre.
ARR — 30
ARRIÈRE-PEXSÉE. Regodt.
« —Y* vous aime. Raccommodez-vout
doQC là, sans rgoût. »
{Catéchiime pottiard.)
ARRIÉRÉ en art, en littérature,
en philosophie. Antique, Bonnet
de coton. Bourgeois, Boutiquier^
Coco y Croûte, Be Vautre bateau.
Épicier, Harnais, Pas dans le
train, Philistin, Pot au feu. Prud'-
homme, Second Empire, Vieux
jeu, 4830.
<(
La plupart des prétendus artistes,
journalistes et gens de lettres ne
sont que des boutiquiers. »
(HicTOR Fkahce.)
« Il ne manque pas de croûtes au
Sénat. M
(Id.)
« Le bonnet de colon est un homme
mesquin aux idées étroites, ainsi
nommé à cause de ce couvre-chef,
ridiculisé par Louis Keybaud et
dont se coiue le bourgeois. »
(b.)
« — Ce que vous êtes cocoy mon pauvre
cher, avec vos raisonnements an-
* tiques. »
{Gil Blas.)
« Parler de littérature et d*art à ces
épiciers ? c'est perdre son temps et
sa salive. »
« Qu'est-ce qu'un Philistin*i Autre-
fois, en Grèce, il s'appelait « béo-
tien N ; on le nommé « cokney » en
Angleterre ; épicier ou prud'homme
à Paris, et les étudiants d'Allemagne
lui ont conféré Tappellation de Phi-
listin (que les Français leur ont
empruntée). »
(De Niuvilli.)
ARRIVER. Abouler, Abrouer*, Dé-
bouler^ Emplanquer, Engrainer,
Badiner, Rappliquer, S'amener,
S*annoncer,
Mais v'ià la gard* qui déboule
Tar le boul'vard Saiat-Germain.
( Bléoobt.)
... v'Iil' Printemps, r marchand d' rameaux ;
Y vleol, y trotl', quoiqu' rien n le presse,
— ART
« Par les sentiers remplis d^irresse »,
Le v'ii qui radine^ V chameau!
(JUAH RiCTOS.)
Bappliquâs ch.iud ! Gn'a V Ûls de Diea
Qui vient d* dégringoler des eieux.
(iD.)
Moi, je m'^amèneet j^vois M. Goron
qui me demande mes clefs... «
(Goao.i.)
« — Pais la dé binette, vUà les cierges
qui s'annoncent ! »
— ARRIVER A PROPOS. Tom-
ber à pic.
— OU'ARRIVB-T-IL? De çuoi
qitil retourne^
ARROGANT. Crâneur, Grosseur,
Crosson, Êpateur, Esbrouffeur,
Pendard, Fendeur,
Ua* cràneitse^ un' marchand* d^épates...
Malheur!... »i ça fait pas rêver :...
(à. B.)
« De tous ces gonces-là, c'est à qui
s'ra P plus crosseur, »
« Quand a passe su' 1' rade, les aut's
gonzesses disent : « Mors donc, la
femme à Bibi, c'est pus Cécile Cons-
tant, c'est Marne Crosson I p
« Ils trinquër'nt, en camarades. Puis,
Nénesse prenant son ton (Vépateur
déclara qu^il crevait de faim. »
(C. Lbmoniiiir.)
« Cette pauv^ petite-là, c'est bien une
des moins esbrouffeuses^ des p'us
bonnes filles du bureau. »
(A. Cm.)
ARROSAGE. Lancequinage, Lans-
quinagc. V. Eau.
ARROSEUR. Lancequineur, LanS"
quineur.
ARROSOIR. Mille-pcrtuis.
ARSEXIC. Arsenal.
ART. Trompe-châsses,
— ART SURAN.'VÉ. Pompier,
S'applique également aux ar-
tistes.
« Nous avons horreur dapompier, du
convenu. »
AHT
— 31 —
ASS
ARTICLE de journal. Flambeau,
Planche, Salade, Vanne.
« Si la moutarde me monte tout
d* suite au biair, j^ pourrai jamais
' achever mon flanche, n
(Trdblot.)
Sétig doom" daos la « Lanterne •
Chaqo fois un vanne épatant.
« •--• Tu devrais en voyer une sa/ade sur
Ëmillenne de Rutcouvert. N'oublie
pas surtout de dire dans ton flam-
beau qu'on l*a rencontrée au Bois
avec l'amant de Diane de Poissy. »
^ ARTICLE DE FAITS DIVERS.
Chien écrasé.
1 On lui conseilla d^entrer au journal
par la petite porte et de se conten-
ter, pour commeccer, des échos et
des chiens écrcéés» »
— ARTICLE L03ÎG. Tartine,
« L^événement ne valait pas d'être
traité en une pareille tartine. »
— ARTICLE DE TÊTE. Premier
PariSy Premier Lyon^ Premier
Bordeaux^ etc., selon le nom
de la ville où se publie le journal.
ARTIFICE. Arnaque, Carottage,
Truc, V. Tromperie.
ARTIFICIEUX. Mariole, Ma-
riolle, V. Malicieux.
ARTILLEUR. Artifiot. V. Soldat.
^ ARTILLEUR A CHEVAL .
Flambant.
ARTISTE. V. Acteur, Actrice,
Peintre, Sculpteur, suivant le
cas.
AS. Borgne, Lorgne, Manillon,
Médaillon, Nombril.
ASSAGIR (S*). Acheter une con-
duite. Dételer, Remiaer, Se ranger
des voitures. Y. S'amender.
« Souper frugal de camarades qui ont
dételé, OUI regardent avec une
•> sereine pnilosophie les autres con-
tinuer la fête. »
Cbampauuxrt.)
« A trente ans, vanné, il s*était décidé
à se ranger des voitures; il rewi-.
sait, »
{La Gaudriole.)
ASSAILLIR. Agrichcr, Chérer ou
Cherrer, Harponner, Mettre le
grappin swr, Tomba' sur le poil de.
V. Attaquer.
« — Et quand le mec passe, tu 1' cher^
resl »
« — Tu verras qu'un jour on lui tom»
bera tur ie poil. »
ASSASSIN. Dateur, Chourineur,
Escape *, Escapouchon *, Escarpe,
Pourline *, Pourloureur *, Friau-
che *, Saigneur, Scionneur, Sion-
neur, Suageur, Sueur, Surineur,
Trousseur.
« Les Parisieas ne dormiront plus
leur franche nuitée sur les oeux
oreilles, si leur ennemi familier,
qui était aussi leur gardien, s'ima-
gine de faire sa partie dans le chœur
des escarpes, malandrins, chouri-
neurs et autres pernicieux visiteurs
nocturnes. »
(HiNRi Baucr.)
— ASSASSIN D'UN COMPLICE.
Capafiuleur.
— ASSASSIN QUI FAIT CRIER
SA VICTIME. Saigneur à mu-
sique.
ASSASSINAT, An-angeage en
grande Bulage, Buttwje, Butte,
Descente, Goupinage à la dure.
Grand jeu, Grand ou grande
soûlasse *, Refroidissement, Sai-
gnage, Suage, Suerie.
tt 11 était convenu que si la vieille
gueulait, ce serait Varrangeage en
gran'i] elle y passerait. ■
{Le crime Oc la rue Pierre- U^ roux.)
« — Merci, dis-je, où il y de la butte,
je ne marche pas ! d
(GORON.)
« Il s'est fait gerher à la passe pour
descente de pan te. »
« — Goupiner, je veux bien, mcds
pas de goupinage à ia dure, la vue
du raisiné me fait aller au r'fil. »
ASS
— 32 —
ASS
« — Que faites-vous maintenant?
— Toujours le grand souiasse *, tou-
jours le grand soulaxse *.
^ Et vous ne craignez pas la passe? •
(Makg Mauo.)
tt— Je m*en fous, il passera au refroi-
dissement : j'y passerai ma rallonge
daus le bide! »
« Aux traces laissées par les visi-
teurs sur le parcfuet, le limier con-
clut qu'il y avait eu saignage, »
{Le Petit Parisien.)
f — Ailes jusqu'au snage, les mûmes,
avait dit la Berlan, y aura du nannn
pour vous. I*
{L'a/faire Berlan et Doré.)
A l'assaut! lost. sant« tueiie,
Sans efTukioD de sang.
(YiLLUM.)
— ASSASSINAT D'UN COM-
PLICE. Capahutage.
« Et comme Tautre voulait pas falmu-
cher, il le menaça de capa/iutage. •
ASSASSINER. Ayiaiscry Arran-
ger, buter ou Eviter, Crever,
Dégeler, Démolir, Descendre, En-
dormir , Escaper *, Escapoucher *,
Escarper, Esotrpoucher* , Escofier,
Eslourbir, Faire passer l'arme à
gauche. Faire passer le goût du
pain. Refroidir.
« Mais quand uu h(»mme les gêne,
ils Vapaisent, suivant l'expression
de Lacenaire. »
(RciNACM.)
« — 11 était entendu que nous arran-
gerions la vieille. »
(Goaos.)
l'n butter' an pélrousquin
Kt lui nr'iit 80Q saiDt-lru9qaia.
(Ulédobt.)
c( — Je serai la femme du mec qui la
crèvera. »
(GOROX. )
m Après l'avoir dégelé su' V boul'vard
Ihneau, ils l'ont porté jusqu'au pont
d' la Jatte et ils l'ont balanstiqué
dans r jus. «
« Avant de démolir wn homme, comme
il dit, noire héros le prévient cha-
ritablement de numéroter ses mem-*
bres. I*
(P. BUNARO.)
« Il a beau être terreur, un jour il
trouvera son maître qui le descen*
dra, »
« A partir d'une certaine heure, on
ne peut plus passer sur cette partie
du boulevard d'Italie de crainte de
se faire escarper. »
(Ci. BB FaOLLIS.)
« Et vMan, il l'avait estourbi avec un
os de gigot. »
(G. AoaioL,)
Ou y tomb' su' 1' lard ; on y fauche
Son bogard et (out son gruau
Et quand i' veut gueuler trop haut
On y fait poster Varme à gauche.
Et 1* radm', qu' était un lapin,
Y a fait passer V goût du pain,
c Or, ce Rodot, chargé de veiller sur
l'Elysée et qui contentait ses chefs,
en dehors de son service, aimait
les filles jusqu'à les refroidir, »
(M. DONHAY.)
— ASSASSINER KN ASSOM-
MANT. Basourdir*, Ebasir,
Étourdir.
«D'un coup d' poing, il l'a basourdi*, »
Et d'un grand coup d' suc* de pomme
Su' la pommn
Le pnntroiiillot fut quasi
Ebasi,
(BLtooar.)
(( — Je ne lui ai donné qu'un coup de
marteau ; ça a suffi pour Vélourair. »
{Interrogatoire de Peagnex,)
— ASSASSINER UN COMPLICE.
CajHihuter, Sauter à lacapahut»
— ASSASSINER PAR LB COU-
TE. VU. Chouriner, Crever le
bide, le casaquin, ta paillasse,
la panse y la peau, etc. Faire suer
le chêne, Linguer, Mettre de
t'air dans C estomac. Saigner,
Scionner, Sionner, Suer, Suri"
ner,
• Le mari qui chourine sa femme est
le plus souvent acquitté. »
(Sbvrrimc.)
ASS
— 3a —
Pour boire a m' trichait sn 1' gâteau,
C'est pour ^ qu* j'y cardais la peau
Et que i'f ai crevé la paitlaste,
A Montpomasse.
(A. B.)
Si le chesne fait guer^
Défourailie de la vergoe
On te ferais engluer.
(Les Mauvais Garçons.)
y tas lui foutre un' bail' dans la peau,
J' Tas la linyuer à coups d' couteau,
Kosuite j' yas la foutre à l'eau,
Faut que j' la crère 1
(A. LUEUME.)
C'est pas un gros, c'est un p'tit mac
Oui va mis d" t^air dans l'estomae.
En y faisant eun' boutonnière
A la Glacière.
(A. B.)
C'est mon blot, moi, >'là mon pépin :
J' saigne un goncier comme uti lapin...
Ya pas gras les nuits qu' Bibi bouge
A Sflonlrouge.
(ï«>.)
Et quand i' veut r'piquer au tas
On quand i' reut gueuler, je 1' scionne,..
« G*e8t pas un crime de suriner une
casserole. »
(Guaox.)
— ASSASSINER PAR EMPOI-
SONNEMENT. Administrer le
baume de porte en teire, Coquer
le poivre , Donner le mauvais
ca/éf Foutre un bouillon d'onze
heures,
« — Fous-lui un bon bouillon d'onze
heures ou une infusion de baume
de porte en terre; et tu hériteras. »
(G. ilaBBcaT.)
— ASSASSINER EN FRAPPANT
LA TÊTE CONTRE UN CORPS
DUR. Sonner.
J'y crèv' la peau, je 1* fous en bas ;
Des fois, pour ra'amuser, je 1' sonne,.,
Ben, oui, je V sonne ! Et pis après ?
J'attrap' les deux oreill's du gonce
Et pis j'y cogn' la tôt' su' l' grès.
Pal sa' r pavé d' bois, ça s'enfonce.
(A. B.)
^ ASSASSINER RAPIDEMENT.
Trousser,
c( Il n^y en a pas cher comme sézig
pour trousser en cinq secs et sans
faire de saletés. »
ASS
— ASSASSINER PAR STRAN-
GULATION. Dévisser le citrony
Estrangouiller^ Faire le coup
du père François (V. Vol), le
coup de pouce^ le tour de cra-
va te,
« — Pour un empire, Je ne voudrais pas
demeurer dans votre quartier; j'au-
rais trop peur de me faire estran-
gouiller en rentrant le soir. »
Alors c'est l'heur' du rendez-vous
Des purotins et des ûlous.
Et des escarp' ot des marlous
C)u'oDt pas d' besogne.
Et qui s'en vont, toujours par troi>i,
Derrii^r' la vieux salauds d' bourgeois.
Leur fair' le coup du pér' François,
Au bois d' Boulogne.
(A. B.)
« — N'aie pas les foies I Cherre-le au
kik et faiS'\m le tour de cravate, »
ASSEMBLÉE. Fourmillante, Fré-
millanle, SocCy Tierce, V. Foule.
« — On était une suée et, tu sais, une
soce à la mode : toute la tierce ! ceux
de l'École et ceux d' Charonne,
ceux d' Moutpar et ceux d' Bâti I >»
ASSEMBLER. Lairrer \
ASSEOIR (S'). Se bacutei\ Se
boucher le cul avec une chaise,
avec un siège^ Se cuter,
ASSEZ. Darca! Bastal Chiezl
Chiez donc! Clôture ! Mare ! Mare !
Marre ! N'en jetez plus ! Xen jetez
plusy la cour est pleine! Nibé!
Ni/fé! Pouce! Pouce y je ne joue
plus! Rends-moi mes billes! Ri-
deau! Soupe! V. Refus, Se taire.
El quand on yest bûché... Barca!
Mou \ieux salaud, mine' qu'eu l'entrave :
Ou i' lèv'rait pas pour fuir' caca.
(A. D.)
•< J'ai soupe de votre fiole, mon bon
Bijnï^ bas lai »
(Hkctoh FaiNCB.)
« — Ah ! pis quoi, tu nous barbes d
la fin ; chiez! »
II— Marré l marré îiw répètes tou-
jours la mt^me chose. »
(U. COORTBLI.NI.)
3
ASS
— 34 —
ÂTE
« -. C'est nifié^ hein ? j'en ai plein
1* fignc, de c'itc salade-là. >«
J'en ai niffé des jeux «l'argent :
On efct trop lilô d' la ruaclettc!
(BlIoort.)
» Quant aux cinq sœurs Lorrisson...
Ah! non, j'en ai soupe de celles-là. »
(F. Sarcey.)
ASSIETTE. Auge, Coquille,
CtoUe*, Ecuelkj Limonade \ Mor-
fiante*, Salivergne *, Tuile.
« — Allons, avance ton auge, hurla la
-vieille, que je te donne ta soupe. »
c — C'est i* (ju'on va m* laisser avec
mon écuelte vide? m
ASSIGNATION. Chiffarde \
ASSIGNER. Talbincr.
ASSISES (COLîR D*). Bourrache,
Juste *, Ligore', Planque de gtrbes,
V. Tribunal.
ASSOCIATION. Équipe, Soce,
Tierce.
« Véquipe de la Chapelle. »
N La 80ce des Defs aiucricaines. »
M La tierce du Barbes. »
ASSOCIÉ. Assoce. V. Compère.
ASSOMMANT. Fig. Barbant,
Bassinant, Caialant, Courant,
Ëmbf'ucanant, Emmerdant, Em-
merdant comme lu pluie, comme
un boisseau de pucrs, Emmiel-
lant, Emmouscaillant, Enquiqui-
nant, V. Ennuyeux.
» — Non, c' Cfue t'es bassinant avec
' tes Qanches ! tu vois donc pas qu'
tu nous cavales? »
ASSOMMER. Rasourdir\ Étour-
dir, Envoyer dormir,
u D'une seule mûre appliquée der-
rière la tronche, il Vavait envoyd
dormir, »
ASSOMMOIR. Permission de mi-
nuit, Sortie de 6a/. L assoiiimoir,
qui est ofdi nai remen l une trique ,
se désigne souvent d'un nom de
baptême : Jacques, Jacqueline,
Joséphine, Marie, etc., etc.
« Pour traverser la zone militaire,
très dangereuse à cette heure, il
s'était muni d'une permission de
minuit, un fort gourdin au bout
ferré. »
{La Nation.)
ASSOUPIR (S'). Saluer la société
(à cause du mouvement invo-
lontaire de la tète qui s'abaisse
et se relève par saccades).
« La fatigue de la journée et les va-
peurs des libations l'avaient assom-
mée et elle commençait, malgré
elle, à sa'uer la société. »>
ASSURER. Bonir, Foutre son
billet. V. Affirmer.
Tnc heure après, je paiçe au lortorage.
(<ar, ce »oir-là. la Loiii:» quinze est en Tonds,
Kt puis après», je la donne au sorguaj^e,
Li\ j* vous bohix qu'il u'ja pas eu d'affront.
{Chansons d escarpes.)
\ST\:CE. Marlouserie,Roublardise.
u Ah ! le nicc ! il en a du vice ; pour
la marloustrie, on y en r'montre
pas. »
ASTUCIEUX. Dessalé, Maraud,
Mariole ou Mariolle^ Marie, Mar-
lou, Oui la connaît. Qui sait y
faire. Roublard, V. Malicieux.
T'es pas (tessali^\ 1"* J' *« dis.
T'as Irimarde toul' la soin^o
Et te y'iii cor sans un radis.
(A. B.)
'< Depuis, j'ai nppris un autre exploit
de Poulain, Iccjuel prouve que le
coquin était vraiment un roublard, o
(Goaon.)
ATELIER. On emploie souvent
le mot lul-mùme, en le patoi-
sant : Atéicr, Atellier, Ateiller;
mais on se seit plus volon-
tiers des expressions suivantes :
Bagne, Boite, Cage, Cayenne,
Échoppe, Tôle, Turbine, Usine.
u La moutarde montera un jour au nex
ATT
— 35 —
ATT
des résignés qui crèvent dans les
bagnes du prolétarint. »
(Le Père Peinard.)
« Allons! faut rentrer à la boite l la
cloche de la tôle sonne le second
coup. »
N Quelle sale usine, ma chère, quel
Cayenne ! il faut être à Véchoppe à
sept heures, on en quitte le soir à
neuf, et il faut déjeuner à la iâle\
vrai! je regrette le temps où j'étais
trot tin. •»
(il. SoMnHB.)
— ATELIER DE TAILLEUR. ^
ilirondeaUt Pompe.
ATTACHER. Tortouser. V. Corde.
— SMTTACHER. Se chafrioler\
Se chiper pour^ S'enfanter de.
Y. Aimer.
« Ils s'étaient chipés l'un pour l'iiu-
tre. »
ATTAQUER. Tomber sur le poil,
sur le râpe.
'* 1*8 S* sont mis à qu itre pour y tom-
ber su' V poil et i*s y ont fait son
affaire. »
ATTENDRE. An-acher du chien-
dent^ Compter les parés, Croquer
le marmot f Droguer, Faire de la
potasse, Garder le mulet, Moisir,
Monter la garde, Caqueter, Plan-
ter ou faire le poireau, Poireauter,
Poiroter, Poser.
€ Il fit le poireau plus d*une heure,
attendant vainement Tarrivée de
son adorée. »
<« — Tu te figures sans doute que c'est
drôle de compter les pavés pendant
que tu t'amuses avec tes mar-
quises? »
« J'ai posé assez longtemps, dit-il, je
m'en vais, j'en ai assez de garder le
mulet, o
— ATTENDRE SON TOUR
D'AVAAXEMEXT. Marquer le
pas (arg. militaire). V. Protec-
tion.
ATTENTE. Poireau, Pose.
« — Tu trouves que ç.i n'est rien, un
poireau d'une heure"? J'en ai assez
de la pose ! »
(G. IImbert.)
— ATTEX TE D'INSTRUCTION,
DE JUGE.ME.\T. Plan de
couillé*.
ATTENTIF. Chaud.
« — Tiens-toi chaud, ouvre les es-
gourdes et tâche de piger ce qu'ils
veulent arnatfucr. »
ATTKNTHK\.((;are!;:.lcr<*.'Acréc.'
Acres! A Cescanne ! Crès! Cresto!
Hache! Pet! Vesse! Vingt-deux!
V. Patron.
» — Cavalez! Pet! pet! v'ià les
railles ! »
« — Vesse! cria le Rouquin, va y
avoir du vilaiu. »
« — V//i/7/-rfeMx.' fît à mi-voix le corri-
gpur en voyant entrer le direc-
teur. »
ATTIRER. Agater, Aguicher,
Appachonner *, Engaillvr, En-
grainer.
« — Je me gourais qu'il se laisserait
engailler dans une sale allai re. »
« — Si tu le rencontres ce s«)ir au
Moulin, eiujraineAe. »
ATTITUDE. ToMc/ie,Jws. V. Allure.
ATTRACTION, ATTRAIT. Clou.
J'ai nol^ des pages exquises,
Doat une un véritable clou.
(J. UlOELSPBnGRR.)
ATTRAPER. Au propre. Choper.
V. Arrêter.
— Au figuré. V. Abuser, Trom-
per.
— ATTRAPER UNE AVARIE,
un coup, une blessure, une ma
ladie. Ecoper, Élrenner,
« — Tiens, voilà une petite lettre. Si
jVco/)e,tu la remettras ània femme. »»
(H. Lâvioaiv.)
ATT
— 36 —
AUT
ATTROUPEMENT. V. Foule.
ATTROUPER. Faire nonne,
V. Compère.
AUBAIXE. Chopin, Occase, Tuile
(iron.).
« — Tn chouette chopin, tu parles ! un
larante pour quatre. »>
n Ceux-là ont proOté de Voccase et ils
ont bougrement bien fait. »
{La Soriale.)
*■ 11 vient de lui tomber une luile de
35000 francs au tirage du Panama. »
AUBERGE. Alberge % Cosne %
Coste \ Piaule, Tapis \ Tôle,
V. Cabaret.
AUBERGISTE. Mavpaud \ Pian-
leur, Tapissier*, Tôlier. V. Caba-
relier, Hôtelier.
Accipant du marpaud * la ealière pourrie,
Grivolant porte flambe, enSle le Irimard.
(Makc de Papillon.)
M Le vieux tôlier de la « Pomme d'or »
était Normand. »
AUCUiX. mb de, V. Absence.
AUDACE. Culot, Santé. V. Aplomb.
Non : Faut qu'ils ay'ut du chieu dans 1' ventre,
Du rulut, d' Testome, d' l'atout,
Les ceux d' lu droite, et ceux du centre.
Et ceux d' la gauoiic. et ceux d' partout :
Et j' le cri", j* te hurle, j' te gueule :
— " Goujut '. — Vendu I — Voyou I — Truand ! »
Alt! c'tlc Chambre !... oh! là là c'tte gueule !
C'est pir' que In boite à Hni.int.
(A. W. Les Souloluques d'UonorA Constant.)
AUDACIEUX. AUrque\ Homme,
Qui a du culot, du poil au cul
(obscène), de la santé, Qui en a,
V. Ardent.
AUDIEIVCIER. Tailbin\ Talbin.
AUGMENTER. Corser, Fadei\
« — Vous aurez quatre jours, cria le
lieutenant, et ne murmurez pas, ou
je corse la dose. »
« — Qu'est-ce que je lui demandais?
qu'il fade un peu ma portion. >•
— AUGMENTER UNE PUNI-
TION. Allonger la ficelle, la
sauce, Apputjer sur la crosse
(arg. militaire).
« L^adjudant lui promit d'allonger la
ficelle, avec l'assurance que le ca-
piston ne manquerait pas — vu le
motif — d' a f payer sérieusement
sur la crosse : il cinoperait certaine-
ment ses quinze jours. »
— AUGMENTEIl UN COMPTE
avec idée de vol. Faire des
queues aux zéros. Marquer avec
une fourchette.
AUJOURDHUI. Ce luisant, ce
reluit,
AUMONE. Caristade, Truche,
Tmne,
AUPRÈS. Jouste \ Juxte *,Juxta \
AUSSI. Itou, Saucisse (à peu près).
Oh! oh! r Fris4!^ aimait h boire;
Margot itou, mois d' Tant' c6té.
(J. RiCHIPIN.
El moi saucis»*, y su' quand j' turbine.
.Mai^, bon Ming ! la danse s' débine
Dans r coulant d'air qui boit ma sueur.
AUTOMNE. Impôt \
AUTORISATION. Condé,
« 11 avait le condé d'entrer dans les
coulisses. »
AUTORISER. Débrider, Donner
condé ou le condé de.
AUTORITAIRE. A poiqne ou A
pogne, Monsieur ou madame J'or-
donne, Quon ne mène pas pissei\
« 11 faut filer doux avec sézigue, c'est
un gonce à pogne : il est tout ce
qu'il y a de chameau. »
« Elle se promit de porter doréna-
vant la culotte et de devenir enfin
et dclinitivement Madame J*o/'-
donne. »
(G. Hbkbirt.)
AUTORITÉ. Autor (apoc.) ou
simpl. Auto.
AUV
— 37 —
AVE
^ Cest un sale gas qui fait d* Vautor
mt'me avec ses poteaux. »
— LES AUTOniTÉS. /^*.9 eaux
grasses. Les épluchures, Les
légumeSy Les grosses légumes,
«f Son frangin est dans les eaur
grasses^ il est conseiller municipal. »
'4 De cette fête, où s'assemblaient
toutes les ff rosses légumes du Parle-
ment et ilu gouvernement, je ne
veux retenir qu'une chose, c'est la
const'itation nouvellement nllîr -
inée, d'un amour immodéré de la
réclame, chez tous ceux nui, de
près ou de loin, touchent ù la poli-
tique. M
— I>MUTORITÊ. D'aulo, D\iuior,
IVaulor pI (Vachar, U'aulor el
de rif, riffe ou riffle^ En dureté
ou A la dure.
« 11 a dV/{//o chipé la salle. »
Moi, j' fous ni h eil' nib. ri' suis pt'gre.
l*»>Ur'... mais pas pègre à la mi' d" puiu.
Pègre d" u'aissanc d'autor *>t il' riffe.
(A. IJ )
Ceux a«ocqni qa' va pas d'afrure,
l.et oramordeurs cl les croquaul:».
On les dégringole à la dure...
(ID.)
AUVERGIVAT. Auverpin, Auvcr-
ploCjAuvcrploum, Uougri, Fouch-
tra, Gavachc, Plotim,
• Et la seulement vous trouverez
les bals-musette, les vrais, tenus
par des Auverpins à la fois mastro-
3uets et charijonniers, hantés par
es Auverpins aussi, porteurs d'eau,
<!ommissionnaires, frolteurs, co-
chers, o
(J. RiCIIKPIN.)
L' fourgat, une espN:' de gaïuiche,
Vn ploum rapiat, ràleux et vaciie
N'a raqa<^ qu'un thunard le tout.
AUXILIAIRE. Auxigc.
« Cest des gonces. quand i's sont
dans r ballon, i's cherchent à s' faire
empoyer comme auxigos^ pour
^t' Dlen avec les gâfes. »
AVALER. lUfTer, Carher, Effacer,
Enyoulery Engoulifrcr, Etouffer^
Se coller, S'enfiler^ S'enfoncer^
S'envoyer, Se passer sous le blair.
V. Boire, Manger.
« Mince qu'il biffe, quand il a les
pieds sous la quarante I »
Maift, nom de Dieu! mince d' pur<^!
("est dt'goûlant c que nous cachons :
l)<** neniilV*, dt>s poir^ en puréo
Va d' l'eau fjra>!*" comme à des» cochons.
Vrai, j' uï't'ii/il'raiii heo un' houloille.
i.\. M.)
Mine' qu'il enqnvr'. miuc' qu'il e/facel
Ali! tu sais, dii pnut 1' nn»tt' «mi face
D'un hip.ufl... i' h' Vt^nroira d'un coup...
Et r pi\(>iH?... C quil V fout un' gitle !
(V f|u'il <»n t't<ivfff'\ c' qu'il en sifllcl
A du rouillanl' i' ca$»u T cou.
(Bl.fltUKT.)
WAXCE. BijonUrie, Salé.
< On dit que le ^«/J fait boire parce
qu'il a'fucoia'îijjfc pas à travailler. »
(Hot'TMI.)
— ni:MA.\i)Kii rxF ava.xck.
Cogner, laper ou duntier un
coup de pied à la caisse.
AVAKCE (D'). D'arnac.
AVARE. Arco*, Aapic*, iAïquede-
nier* y Chic-gi'uiasc, Qui a les
mnins nirkrlrrs, R'ileux, liape,
liapia, liapiat.
i Les ladres invoquent un prétexte
Sour s'excuser a avoir, comme on
it au faubourg, les itiains nicke-
lées : '< Nous avons peur d'otîenscr,
« disent-ils, nous crnignons qu'on
« nous refuse. >» Qu'ils se ras-
surent, u
AVARIE. Avaro,
•« Mais mézigue a eu son avaro. n
(TaouLOT.)
.WEC. A la clé (Se place toujours
après le sujet).
n — flein, quelle veine I du pognon à
la clef et des gonzesses ! »
(GoBorï.)
AVE
— 38 —
AVO
AVEKTURE mauvaise. Avaro,
— Bonne. Bonne fortanchc
ou Bonne forte (apoc. de
Fortune^.
— AVE:iiTURES <iALAXTES.
Caravanes *.
«• Élodie Charnu qui a trouvé un
serin de monsieur p(»ur se marier...
Un chnmeiu comme ça... et qui en
a vu des caravanes *. »
(Gavakni.}
AVENTURIER. Hasta, Basta-
quouùrc.
C'est à peu près vers 1' onzième heure
Qu'il est de I»od ton d'ùtro l:i.
Venir plus t«*>t serait un leurre.
Ou n'y Terrait pas un rnsta.
(J. HBD»LSPXROia.)
AVERTIR. Arçonner, Bonir, Faire
Varcef l'arçon, le chdssc, le dnse,
le duze, le ser, le serre, V. Signal.
AVERTISSEMENT. Accent.
V. Signal.
AVEU. Credo \
V. Avouer.
Déboulonnage,
AVEUGLE. Berlu, Mb-de-cMsses,
Nib-de-mires ou de-mirettes.
AVEUGLER. Faire le coup de la
fourchette,
« Ce couft de la fourchette se donne
avec l'index et rauriculairc, les
autres doi^^ts repliés, et so porte à
la partie inférieure de Torbite, de
façon à crever les yeux ou les chas-
ser de leur cavité.^ H est terrible et
met toujours l'adversaire hors de
combat. »
((j. llr.RuiaT.)
AVIDEMENT. Giùrement \ Gitre-
ment *.
AVOCAT. Bavard, Blanchisseur,
Cuisinier^ Lessivant, Lessiveur,
Médecin, Parfumeur, Pairain,
Piliei', Puisatier, But de prison.
Trompe, Vermine, Zéruinois-
Gourd \
« Malgré tous les beaux vannes du
bavard, on l'a sucré de cinq lon-
ges. »
« Le blanchisseur cju'il avait choisi
n'avait encore ni cabinet ni ta-
lent. »
(E. DoBCS.)
« Les cscorpes dénomment l'avocat
de multiples façons : blanchisseur
ou lessiveur car il se charge de les
» blanchir » ; médecin parce qu'il
les n visite » à la prison — « hôpi-
tal » ou « hosto », — expressions qtii
désignent indifféremment la maison
d^arri't ou la maison de santé ;
parrain, puisque 1 les représente
devant Dieu comme devant les
hommes ; puisatier et cuisinier, de
ce qu*il « sonde, creuse et retourne »
la conscience du jury ou du tribu-
nal ; bavard, pour sa loquacité ; et
enfin, vermine ou rat de prison, à
cause que, hormi certains « in-
sectes » et certains <« rondeurs », il
est la seule compagnie ou prison-
nier. >»
(J. PlAMBLLI.)
— AVOCAT <;êkêral. Avocat'
bêcheur. Crosse, Crosseur,
« — Moi, je remplissais le rôle de
Yavocat-bécheur. »
(Goaoti.)
AVOIXE en champ ou en gerlte.
Bègue, Civadc,
— En ^'rains. Grenache.
AVOIR, dans le sens de posséder.
Itrer \
AVORTER. V. Accoucher.
— FAIRE AVORTER. Décrocher
ou faire couler un gluant, un
lardon, un salé. Donner un ange
au bon Dieu, Faire un heuretur.
AVORTEUSE. Faiseuse d'anges,
Èîort-aux-goSfics,
a On m'assura que cette fuiseiue
d'anges exerçnit ouvertement son
ignoble industrie et que les oom-
mèreB du quartier rappelaient en
riant la mort-aux-gosses. Cela leur
semblait naturel, loualilc presque :
ne fainait-elle pas chai|ue jour un
htureux en donnant au bon Dieu
dti ange» pour repeupler lOQ pera-
AVORTOX. Astèque, Chenille, Che-
nillon. Crapaud, CrnpouSHn, Dé-
capité parlant, Ueiij: liitrds de
beurre. Échappe de bidet, d'Ésope
ou de capnte (obsi'rnp; , Fiibrùiai
au romple-soiillet. Fait en fiacre.
Fausse-couche, Foutriol, Foulri-
quel, Guneier de pain d'épiées.
Haricot, Inachevé, Insecte, Mer-
dailton. Microbe.
point d' pnssÉ e
gDe.,rvoo.d-u]
■qui fait
3e, ;,ia:
«.) "
— Va donc, hél foiit.int: fabHauf
au eompit-ijotttlet! sale chenille!
décapité pa-lant! piftes-lu .■'t
échapi^ .r bidet. iu\ ïoudioit cros-
ser sTcc nousl... Va d.inc acbter
du Mn){, hér fauae- couche: «
Ou-,-. «>l |U. p.
HW p» d'
TUU1 Inir' di
1».
Bon- i rlB.. r«>c.
fair Je. [.■'
Vpiee.
« — Ne Die pariez pas dere sale peli
rond de cuir, séiTÎa Ir capitaine
i aucun pris je n'en veui, c'est m
faiblard, un fautriqml, un Aiftaji;»*
. - Non. que j' la dis. j" veux Mi
ni" baltr.' avec, c est un merdaillon.
une ninuïicttc, j'en friii» qu'une
boucliOc. "
AV0I:K. Fpon-je d'or.
WOW.Ïi..\ecoucker, Aller àerosse,
OH refil, CitSicr. Cracher, lUfiarijer,
Dêii'ler. tioualer, .Viimjer nU cas-
ser le inori-cau. Monter sur la
table. Si; Invcr, Se mettre à table.
- Tu peu:i le retourner comme tu
— Tu ïi
u'accoucli'ra pas! i
I La seule rhosi' qui m'enilitH'', c'est
d'.'>tre obligé de dénoncer l'auliue...
Mai» du niniucnt que je me mets ù
[fihlr. je ne peu\ pas être le seul
- lAinEAVOlKR. WcoMPJÏr/e
. Dans la journée, je n'aurais pas eu
II' temps nécpssaire pour inlerro-
Kcr ces caillards-li comme je le
voulais ; 11 m'eût filé iiuposaiblc de
BABIL. V. Bagout.
BABILLER. Bahigner', Bahillan-
gUr', Bal'inir', paire albr swi
IratlanI, son fjrelot, sa larclU;
Radouber la imUrnt '.
1 Du moins, [es choses allaient ai
du temps que je nréparais u
bac BU fycée 0»car-le- Petit. »
BACCARAT. Bac (apoc).
r-iicnl la villu en faisant un ehaba-
nais du diable, h
(E. DcK.-)
BACCHANALF:. HatlouUlcrie-,
Homlie. V. Débaaclifl.
BADAUD. Claude, Pilrousquin.
BAFOUER. AckeUi; Charrier, Chi-
ner, Jardiner. V. Sa moquer.
IL I _:. ... jaig^ ne nie charrie
laisserai pas b&cber
! jardiner, que je te
plus tongteaips
. -Arrête de niÉ
dis, ou je cogne! »
BAGAGE. Bagot.
— PETIT DAGAr.K. Baluchon,
BAG
— 42 —
BAG
Paysan. (Oo disait autrefois
Paccin* ou Pacain*.)
n 11 se présenta tout gris encore de
la poussière du chemin, son pauvre
baluchon à la main. »
(l\ DoMKnc.)
— BAGAGE COMPLET. Tout le
ôazai\ Toute la boutique ^ Tout
le fourbi. Tout le truc.
« On a foutu tout le fourhi dans une
bagnole, et en route, à la recherche
d'une condisse pour le soir, m
— BAGAGE DU TROUPIER.
Hardal, Fourbi,
Avec 1p fourbi su' 1' laril.
Truc (le mes fcits's!... Métier d* mon sac!
Jusqu'à réliipo,
Pclit lîgiiani.
Tire la patle!
{Chanaon de roule.)
— PORTER DES BAGAGES. Ba-
fjoter.
— PORTEUR DE BAGAGES.
Baf/otiery Pisteur.
a Les baffo tiers sont ces pauvres dia-
bles qui suivent, de la gnre à leur
domicile, les voitures des voya-
geurii, dans Tespoir de récolter
quelques sous en déchargeant les
bagages, que dans leur langue ils
appellent hagots, »
(G. HlMBKIlT.)
BAGARKE. Chamhard, Chambar-
deint-nt. Coup de chanfrein. Coup
de rhieriy Coup de trafal^ar, Mar-
tfoiilis.
« Si les possibilos s'en mêlent, il y
aura du chahut; ça ne se passera
pas sans chambard. .Nous savons
qu'ils mijotent quelque coup de tra-
faltfiir. »
{La lienaissance.)
BAG.VTELLE. Fo//^/^sr. Fouterie,
Foutcrie de pauvrCy Goguenette.
Tout ce qui jud'i» soulfva
L'utlmiration <io\iiMit criino :
BieiiTitit d'Kii«I)e<;a ii'ot que rrime;
Au-I)(>là vaut seul qu'on rexprime;
Foutaiêe est lout ce qui *\\\ va.
(L. os bBMCY.)
(( Un type qui répond au nom de
Poincarré — et qui, en etfet, devait
Aire fameusement rond quand il a
débité ses solennelles fouteries... »
{fAi Sociule.)
« — Je vous permettrai de baiser ma
fluette main blanche et, si ce n'est
assez, encore qu'il m'en coûte fort,
vous baiserez aussi mon frais visage.
Le jeune marchand 8*esclaffa d'inso-
lente façon.
— Ounis î dit-il, j'ai bien cure de ces
gogueneltes^\k\ Kn ma demeure,
j'en prends ma satiété. »
(Chabi.es Folk y.)
BAGNE. Bain de pieds. Là-bas, La
Nouvelle, Le Dur ou les Durs, Le
Grand Pré ou si m pi. Le Pré, La
Grottt\ La licliwjue, La Traverse,
La Tune \
« On sait pas si c'est au dur, là-bas,
à la Souvelle, qu'on l'envoira; pour
moi, le bain de pieds est accordé, n
« r n'est à la relingue que pour
cinq piges; c'est vite passé. Et
quand i' r'viendradu pré, ï r'trouv'ra
celui qui Ta donné. »
— ALLER AU BAG\E. Aller se
laver les pieds, Faire la tra-
verse, i'asser le grand ruisseau.
Traverser le pré salé.
H Le vieux avait déjà pay^; alors, on
l'a envoyé se tarer les piedx. *«
(lltiiors Le Koux.)
BAGOUT. Battant, Grelot, Tapette.
<< Elle en a un grelot] ({unnd a com-
mence à jacier elle en a pour la
journaille : ([uelle platine . quel
battant \ »
BAGUE. Brocante ou Broqnante,
Broquille, Cercle, Digcictte, Jonc,
Bondache, hondinCf Rondinot.
« En sortant hier du Baratte, aile a
J>aumé une de ses rondines, une
trocante d'au moins deux millets. »
1)14, mùme, alors, r'eni accordé?...
Dis, tu senis ma giguleUe
Kt, san» raticlion, sans conJé,
Je te ni(>tlr.ii Ih dif/clette
(jue i'ai fauchée au brocandier;
L'n Jonc d'allùque avec ua diame
BAI
— 43 —
BAL
Brillant quasi plus que ma lame
Mais moios que les roircii d*acicr.
(L. DK Bercy.)
BAIGNER. Dessaler, Mariner.
et Ton coll* Iroi» litres d' LuLiu
Dans la terrine ousqu'a de$*nle.
(DoMiniQDK BoriNACD.)
— SE BAIGNER. Faire ia trem-
pette ou la Irempouilie, Se des-
satei% Se tremper le cul.
« Le lundi, en douce, on allait faire
la trempette à la Jutte. »
BAIGNOIRE. Dessaloir.
BAILLER V. a. Coquer, Piler jFou-
quer*. V. Donner.
BAILLER, V. n. Déficher \
BAILLEUR DE FONDS. Coqueur
de bille y Ponte.
BAIX. Trempette^ Trempouille,
Trempouillelte.
baïonnette. Cure-dents, Cu-
rette , Grattoir.
« Comme fonctionnaire double, il
abandonnait le fusil et allait aux
exercices la curette au poing. »
tt Les sergots avaient sorti leur f/rat-
• toir et cavalaient dans le tas. »
BAISER, subs. Baise, Bec, Bécotj
Bise, Bisou, Bizette, Bizou.
M A m* donne une bonne baise et ça
se passe. »
» — Donne-moi un bec.
»
• — Donnez tout de suite une belle
bizetle à cet homme de t^énie. »
(J. Har.*<i.)
A mettra ses mains su' ma bouche
Et pis ses bécot» plein mes yeux.
(Jbhaii Kictl'S.)
Je sais réchauffer tes menottes
D'un gros 6i<ou sur chaque doigt.
(L. OE bcBcy.)
BAISER, V. V. Embrasser.
BAISEUR. Bécotteur, Licheur.
« C'est un licheur, il est tout le temps
à vous sucer le trognon. >*
BAISSER LA TÈTE. Se détron-
chcr.
« — Dé tronc he-toi, que j" te dis ; tu
t' fais voir. »
BAL. Guinche.
Va chez les troquets, dans les (/ui/i/rA^f.
On n' nnuH \oit jamais qu'en Oe^roui :
Ça fait qu'où s' gour' pas entre aminchcA.
(L. DB liailCY.)
— BAL DAXGKHEl'X.
gueule.
Casse -
« Au bout d*un an de direction Ugène,
le bal de l'Allée-Vcrte était devenu
un véritable cause-gueules. »
(K. DuBcs.)
— BAL DE JEUNES FILLES.
Bal blanc.
— BAL MAL TEXU. Pince-Cul.
VA dos princ's, des ducs et des pages,
Des oh'valiers avec leur écu
VA des louchersbeni en sauvages
Qui TODl guincher 1' soir au pinr' cul.
(A. b.)
— BAL SPÉCIAL aux Auver-
sénats, aux Limousins et aux
Slorvandiaiix. .Musette (parct*
qu'on n'y danse qu'au son de
cet instrument).
tt ]| l'avait rencontrée un soir sortant
d'une musette du quartier Mouffe-
tard. »
(Le Mot (Tordre.)
— BAL I)E SOUTEXElliS.
Aquarium, Flottant *.
r/était un aquarium de vingt-
sixième ordre où des filles ivres et
décoiiïées dansaient à demi nues. »
— On appelle Bal de têtes 1«>
bal où l'on vient en tenue
de soirée avec la tôle gri-
mée ; Bal d'animaux celui où
l'on n'est admis que travesli
en bêle.
— Qll COURT LES BALS. Ba-
douillard ', Balochard, Balo-
cheur.
DAL
— 44 —
BAN
Pardon, panlon, Louise la lialocheuse.
De l'oublier, toi, tus trente printeropS|
Ton nez hiinli, ta bouche a^eiilurousc
Et tes amants plu» nombreux que tes dents.
(GciTAVi Nadald.)
'< Pour être hadouillavd* ^ il fallait
passer trois ou quatre nuits au bal,
déjeuner toute la journée et courir
en costume de niasr|ue dans tous
les caft's du quarlicr Latin jusquVi
minuit. •
(PaivAT u'Anglkmom.)
BALAFRE. Ei^Uife (apoc. de Esta-
filade).
BALAI. Lance, Pinceau, Hamon*.
« — Allez chercher votre iance pour
la corvée de quartier. «
BALANCER. Balanstiqucr.
BALAYER. Copier le rapport
(arg. militaire . V. Conrée.
BALAYEUR. Artisle, Doncu.r,
Itouiiridlleur, Lancier du Préfet
ou >imi)l. Lancier,
Si\ heiiroH d(>jà! Li clocliettc
he'* buve.u.r «'nitiMiii au loin.
Il faut sortir de la couchette.
Sans â;^e, hideuse et proKHate,
La boiterai If euxi', «un* émoi,
h'uu ge<«te rythmé d automate
l'oubse le lialdi devant sui.
'« Les innciers tin Préfet, alignés
comme des soldats, répondaient à
rappel du i>iqueur. »
BALLE (A JOUER). Rcssaute.
BALLE . ( ProjecI ile. ) Drarjcc ,
Prune, Pruneau,
" Il avait collé six draf/ées dans son
rigolo. »
« Si les nègres font de la rouspétance,
on leur envoie quelques ;>ni/i/»at/x.»
(Alphombb Allais.)
— BALLK DE COLPORTHUR.
Halandrin, Caniche, Hoquette*,
•i Ils i'talent leur halandrin à UK'me
le cheuiin et apnellent les passants
à la manière (les camelots pari-
iîiens. »
(G. Hebuebt.)
« Dans leur triste ironie, ils appel-
lent caniche, ce ballot qui les suit
à travers leur aventure avec la
fidélité d'un bon chien. »
(ID.)
BALLET. Halle.
« Elle était entrée dans le corps de
balle des FoP Berge. »
BALLOT. Batjot. V. Bagage, Balle.
BALOURD. V. Béte.
BALOURDISE. Couillonnadc, Cu-
terie, V. Bêtise.
BAMBLW Gosse, Lardon, Mignard,
Mion, Mùmif/nard, Mounin,
'< (Ttte cité: toutes les bonnes fem-
mes sont su' les portes, avec un
gluant ou deux su' les g'noux ; et
des tas de lardons vous barrent le
ch'min. »
« Pauvre mOmignardel à l'âge où tous
les ffossi's devraient jouer, courir,
sauter, offrir aux baisers du soleil
leur fri>nt en liberté, être déjà
maman! »»
(MoMTrBHMRIL.)
BAMBOriIER. Bahuiller *, Faire
la bomhe, la cadrouille,
BAX. Trique,
•t On Ta gerbe à dix ans de traves,
sou poteau n'a eu que cinq berges
de centrouse et cinq de trique. »
— ROMPRE so\ BAN. Casser
sa canne ou *•« trique. V. In-
terdiction.
« Le Frisé, qu'avait casxé sa canne,
s'est fait rentoiler en renquillant à
Pantruche. »
BANAL. Coco, Épicier, Pompier,
B.\NC. (Le banc des accusés.) Lt
planche à pain.
BAXCAL. Banban, Tortillard, Zig-
zag. On dit également d\iii
bancal : Cinq et trois font /iwif.
Quatre et trias font sept^ etc. ; les
lypograplies disent d'un indi-
vidu dont les jambes sont de
BAN
— 45i —
DAR
lravei"s : // est italique ou li a les
jambes italiques,
m Elle avait une gueule à la Oanc, un
moDt-doresuM ràbe et, par-dessus,
elle était banban. »
* Qu'est-ce qu'il a encore, c'tle es-
pèce de tortillard^ avec sa patte
folle ? «
BAXDE. Équipe j Soce, Tierce,
m — Les poules étaient d'ia aocCy ex-
cepté, bien entendu, celTs qui sont
a Sainl-Lago, à l'hosto, ou qui tur-
binent en tôle... Tu parKs d'eune
équipel On n'tait au moins deux
cents. Et rien qu' la crème ! *>
•> Comme lundi dernier, la soce de
la rue Saint-Charles, tous les gal-
vaudeux, quoi ! du beau Grenelle
et du Javel des usines, a joué du
cuuteau. w
(J. LuRBAIN.)
Aussi, bon Uieu. j' Tais pas 1' mariollc,
Fj cranotr pas comme un youpin.
Ali! bon Dieu! oon,j' suis pas d' leur fi^'ce:
J' suis uo trimardeur, un tovou,
J' fais pas parti* du haut commerce :
Ej' vends mon crayon pour un sou.
(A. B.)
— BANDE DE VOLEURS.
Gance*^ Oiphelins,
— BANDE DE BILLARD. Forti-
fication,
BAXDIT. Atrimois ambiant *, Bé-
7'ard \ Ferlanipier ou Frelampievy
Ferlandier, Garçon, Gandin, Go-
ilin. Mal frein. Orphelin,
« Au contraire, le ferlnmpier n*est
au*un bandit occasionnel qui ne
escend au vol et à raggression
que lorsque la mendicité ne lui a
pas fourni sa pitance. »
Mon Tiens frangin, tu viens d' bouffer d' la case,
T'es l'an garçon comm* moi, tu n'as pas l' taf.
(A. B.)
BAXNI. Agualuro\
BAX'QUE. Crêmeney Tôle au beurre,
m Au Crédit Lyonnais, il allumait les
gonces qui palpaient du pognon
Sour les faucher à resbroulfe en
ehors de la crémei*ie, »
— BA^'Q^E DE FRANCE (L.\:.
Boulange aux fa/fes.
— BANQUE VÉREUSE. Crédit
enfoncier.
— FAIRE SAUTER LA BANQUE.
(Terme de jeu. Dibanquer.
< Ils pourront à leur aise, avec Par-
gent des niais, faire quelque bonne
rafle et debanquer, si c'est pos-
sible, la grande et la petite boursi-
coterie. »
( Bow'xicotin'hiUê. )
BANQUEROUTE. Binelle, Binel-
lophe, V. Faillite.
BANQUEROUTIER, liinellier.
BANQUET. V. Repas.
BANQUIER. Banquezingue, Beur-
rier, Fafiotteur, Faffiotteur, Sau-
tei'olle*, Saute-rondolles \ Saute-
ronds *,
BANQUISTE. V. Forain.
BAQUET DE <:ORDON\IER.
Baquet de science,
BARAGOUINER. G<fri/0î«7/er,Ja/ -
y oui lier.
BARAQUE. Cambusr.
— BARAQUK DK SALTI.ll-
BANQUH. Entre-sort.
Bonjour, Justio, comment qu' ça t' va?
Moi, lifrur'-toi que j' suis îi Nice,
Où que r soir ej' fais un Hova
Dans Ventre-surt du graud Narcisse.
(A. B.)
BARBE. Baccftante, Filée, Foin,
Marmouse*, Pci'sil,
n V mange comme un goret, il a tou-
jours a' la sauce dans son foin, w
« Ça n'a pas encore de persil sous
r blair, et ça veut faire la morali»
à papa. »
— BARBE BLONDE OU ROUSSF.
Crottin, Poil de brigue, Poil de
catoite, Poil de citron.
« Au contrôle y avait un gonce avec
du poil de carotte su' la gueule. »
BAR
— 46 —
BAT
— BARBE I.\CULTE. Barbe à
goSf Barbe à poux,
« Un vieux biffln avec une barbe à
aos qu'i^ n'avait pas peigné' d'puis
la commode. »
. — BARBE AU MENTON'. Badin-
,7 Me, Bouquine^ Fer^ Fer à cheval.
— BARBE DRUE. Barbe en iôle.
Barbe en zinc,
— BARBE DE (^VEL^jUES
JOURS. AiQuille.
« — Comment veux-tu que j'aie du
goût à t'embrasser, avec tes ai-
guilles de cinq jours? »
— FAIRE LA BARBE. V. Raser.
BARBICHE. V. ri-dcssus : Barbe
an menton.
BARBIER. Barber ot, Figaro ,
G r aile-couenne i (h'atle-lard. Mer-
lan^ Bac leur, Batùseur.
a — Je r'çois pas d'étrennes : je
m'tape et j'en donne I Au iourdier ;
au facteur; au merlan; uu garrou
bistrot, etc. »
M r m'a aubade pa'c' que j' l'appelais
raclcur : — Figaro^ niossieur. <iu'i*
m' dit. n
— BARBIER DE BAGNE. Barbe-
rot, Bar bol.
BARBIFIEU. V. Raser.
BARBOTER. (Eu parlant d'un
orateur.) Bafouiller.
'« Au beau milieu de son discours, le
compa^mon G. bafouilla, s'arrêta
rt, à bout d'arguments, s'écria :
Merde! »
BARBU. Constantin Pogonat (arg.
des écoles). On désigne l'homme
barbu par l'expression dont on
se sert pour qualilier sa barbe :
Barbe àpoux^Poit de brique y etc.
V. Barbe.
BARREAUX de fenêtre. Arpcs ou
Harpes, Balanv<>ircs, Gaulrs de
jelard ou de schtard.
— SE TENIR AUX BARREAUX,
DERRIÈRE LES BARREAUX.
Pincer ou Jouer de la harpe.
V. Prison.
BAS. Bar de tire % Sachet, Tirant.
« A f'sait sa carre dans son sachet
Eour pas qu' son homme y bar-
otte tout son gruau. »
— BAS DE FIL. Tirant de trimi-
lel.
— BAS DE FILOSELLE. Tirant
de filsangue*.
— BAS DE SOIE. Lisse, Tirant
doux 0X1 radouci,
BASSE-COUR. Ornière.
« Il n'y avait plus qu*un vieux bé-
cant sans voix dans Vornière; tous
les autres ornichons avaient <^té
soulevés. »
BASTONXADE. Satonnadc.
BATAILLE. Bùcherie, Cassage de
gueule, Chiquerie, Cognage, Cro-
chelage, Foutreau(arg, militaire),
Torcfuige, Torchée.
« Les bûcheriez devinrent si fré-
quentes et l'on joua tant du six
coups que nous dûmes faire un
cimetière. »
(IIectoii Fhangb.)
'< Le Bosco est décarré de c' matin,
y aura, sûr. du cassage de gueule. »
Y a eu une chiquerie en sortant du
Colbo. Fernanu y a pigé un beau
brocco. »»
« Oli ! fut un cognage sérieux ; les deux
hercules s'étaient empoigiiés et il
s'en fallut peu que ra ne fit du
vilain. »
{LÉi^ènemrnt Puritien.)
« Oh î il va y avoir du foutreau, le
commandant s'est frotté les
mains. »
(Balzac.)
— BATAILLE ENTRE FEMMES.
Crêpage de chignon,
BATAILLON D AFRIQUE. Bat.
d\Af. (apoc).
f(
BAT
— 47 —
BAT
J* t'écrif deai mots et j' proflle d' l'ocrase
l'our t'einoyer le refrain de« Bat, d'Xf.
(A. ik)
— On appelle aussi Hat. dWf.
les Soldats de l'Infanterie
légère d'Âfoique.
« Anciens bal* d'Af, familiers des
silos, non» ce qu'ils gobent l>rinée,
r galon et tout V fuuniiinent! »
(JkAX LoRBAIX.)
BATARD. Coup de hasard. Enfant
de trente-six pères.
" — P«iuliac abien raison... Si je l'avais
écoutée, je n'en serais pas là!...
Cochons <rhomu)es !... Il ne sortira
jamais cet enfant de trente^six
pères l »»
(M. MOWTÉGUT.)
BATEAU. Carvel \ Passe-lance.
— BATEAU-MOUCHE. Grafouil-
leur. Secouent.
BATELEUR. V. Forain.
BATELIER. Carapata.
n Les carapatas sont les marins du
canal de l'Ourcq. »
(A. SCHOLL.;
— BATELIER DE BAC. Mouloir \
BATIGXOLLES. Bâti. apoc. .
BATON. Cadouille^ÉvcnlnUà hour-
rit/ue. Jean dn rHoussinc, Jwje de
paLCy Matraque, Ravault, Sahre'j
Saton^Satou.
« Kffarés de ne pas recevoir de coups
de cadouille, ils s'étoignùrent ù
reculons. »
(P. BOXNETAIM.)
• Sans dire un mot, il me montra en
un coin de la tente une forte triqur
flexible et noueuse» autrement dit
un éventail à bourrique. »
(Hbctoh t'nA>ci-.)
Cl J'y laisserai tomber mon Juge de
paix su' r coin d' la gueule. >»
EJ<, chrétiens et musulmans
Et autres canaques
S'y faisaient des boniments
A coups de matraquée.
(Kauvl I'uncrom.)
BATTOIR. Batelier.
BATTRE. Ai^ticntrr, Asticoter les
côtei^j Astii/iier, liorhonnery lios-
stler, liotter, Bntter le riiL le
figne, rtc. y\. Derrière), Hou-
ehonncry Bouler^ llucher, Caram-
boler. Carder le ruir, la paillasse,
la pcaii^ Cass'T la ifueule. Cavale r
dedans, Cn'per on Crêper la ti-
ynasse, Collu'y dH'iehcr, laisser
tomber. tdn\ mettre, passer, prêter
ta ou des beiipies, des hochons, un
coup, un ou des ijnons, la, une nu
des ma}idnles, la ou ttnt fâtee, du
perlotyla purije, la pipe, la pipette,
la saurette, un ou du tabac, la ou
des tory notes il (piehiu^un, Crerer,
Crever le casiupun, la gueule, la
paillasse, la peau, Daudiner ',
Daupher, liébarbouiller à la po-
tasse. Ih^erassi r, Dèîjraissfr, DOsos-
ser. h-lm plâtrer, Kn mettre, en
fUer, en passer, en prilter is.-onl.
Coup, V. ce mol , l'.ntrerow Ren-
trer dedans. Esquinter, Estutpirr,
Flauptr ou Flopper, limiter, Ma-
quiller', Moucher, Murer. Passer
quelqu'un // la daube, à ladaudee,
à flaupe. rhez gnon, c/oz pain,
ehez pcrbd, d ou chez ponre, a
tabar, Pioeher, Pnneer, Vurucr,
iJuUler, Hepnsser la chemise, la
limare, l'ic. [V. Chemise , Habil-
ler rendosse (»u les endosses, tlon-
dincr. Saler ou Saler la gueule.
Servir, Souquer, Sucrer, Tambou-
riner, Tambouriner le cuir, la
gueule, Tampimner, Tanner le cuir,
la peau, Travailler le buffle, le
cuU', Tremper une soupe. Trépi-
gner, Triroler les côtes. Verser à
boire. On dit éj^alcuieul Paire
boire. Faire danser. Faire danser
la malaisée. Servir à boire.
— SE BATTRE, yflmor/ier le ci-
tron, la (jueuit\ la poire, de.
(V. Figure. Tête;, Se l-ùrhe.v, Se
chiquer. Se eoffner. Se. crêper.
Se donner ra. S'expliquer, Faire
tea armes, Se filer la furye, Se
foutre un coup fie torchon, Fu-
BAT
— 48 —
BAT
mer*f Se mangei* ou se bcu/fer
le blair, le nez, etc. (V. Ne«),
Se peiffnei\ Sepif/nocfier ; (Plus
la plupart des verbes indiqués
à Battre, en leur donnant la
forme pronominale).
— ÊTRE BATTU. Boire, Damer,
Danser la malaisée, ou La dan-
set', Écoper, Esluquer, Être a la
rinqtté , Étrenner, Passer à
chausson, à la daube, à la dau-
dée, à Cemplàtre, à flaupe, chez
gnon, à la mandnle, chez pain,
chez perlât, à ou chez ponce^ à
tabac (pris au sens passif).
Prendre^ Prendre la pipe, la pi-
pelle^ la purge, la sauvette.
Prendre pour son rhume, Ra-
masser, Recevoir, Trinquer.
Tu fais d' l'harmon'; tu fais du r'uaud,
J' te iras asticoter les aUeit,
« — Quand tu voudras ! Je te le 60/-
terai si le... lézéluquès t'en dit. »
(Tribiot.)
« Après ça, i's s'y cardaient le cuir,
à qui cognera 1 pus fort. »
« — Je veux vous empocher de vous
faire casser la gueule. »
((JOBOn.)
H — Je serais la gourde, si je V crevais
pas : il a b'soin qu'on y apprenne
a vivre ! »
•< — Toi, mon vieux, tu vas t' faire
daupher, y a assez longtemps qu'
tu m' fais llasciuer. »
« — Les p'iits, j' les décrasse; et les
j^ros, j' les désosse l »
" L' premier qui vient, j'y en mets un
cou/t; y a pas d'émosse, j'y reuf
dedans et si j' ramasse, tant pire
pour moi! »»
Mord', v'ià rilivor! i'Emp'reur ed' Chine
S' fît flnupei' par le» Japonais.
(Jbhak Kictus.)
Tu m* caval"*. j' le dis : t'es trop mourhe I
Tu m' mets les ner' en p'iot' Barr'-toi !
liarr'-toi,que J' te di.s: ou j' te moucAe!..,
Tu sait qu' l'y frais pas avec moi ?
(Bli.dort.)
J' te vas colter un pain,
{Vieillp chanson bifforne.)
Toi qui nous traînes dans la buuo,
Nous irons te fesser la joue.
Romnicl, te passer à tabac,
Vn jour ou l'autre, sans colore;
Je te le jure sur le blaire
De Cyrano de liergorac.
(KaOCL PoKGHOfT.)
Il ponce aussitôt la marmite
A coups d' poing, h coups d' pied dans i' cul .
(Bl.lt DOBT.)
Aussi, si ça s'rait mol qui l s' rais,
Bon Dieu ! tu verrais c'tto salade...
Non!... c' que j' te la caramborrais '....
Ça s'rait pas pour la rigolade.
(A. B.)
a Pus souvent qu'on ira s' faire saler
la gueule par les feignants d' Javel-
les-Bains, un tas de brutaux qui
manient le fer aux usines toute la
semaine... »
(Jbam Lobhain.)
« Mais dame, fallait pas y chercher
des rognes... bon Dieu !*il était pas
long â laisser tomber la mandate..^
et le dimanche quand il était secoué,
i' passait sa soirée à foutre des
coups d' tronche dans V lidonbème
des ilickards. u
tt — Alor:», j*y mets mon g'nou su'
l'estomac et j'y sert à boire, je
r rince dans les grandes largeurs. »
« On s'est donné ça avec el' môme
Eusèbe, pour la Méloche, rapport
que j'avais guinché avec, à la Ga-
lette, et que j' l'avais emportée. "
« — Uengracle, et c'soir, à la neuille,
on s' trouv'ra derrière V père La-
chaise et on ii'espliqu*ta... »
u J'vas pour y en mettre un ; i' s' gare-
et m'en fout eun' demi-live su" l.-i
poire. »
« Pendant qu^ les deux gonzesses
s'crépaicnt su' l' pont Caulaincourt,
leurs gas sesiuquaient su' 1' boul*
vard. »
Quiconque poussnit les enchères
Ou peu haut, étoit enipoign<^,
Kt s'iMi alluit le nez coigné;
Témoin une jeune fringuante,
En roantelet, robe rolaole,
En bonnet à grand papillon.
Qui la dansa mais tout du long.
(VadA.)
Sac au dos, le fusil en main.
A pieds nus, parcourant l'Europe,
S'elaucc le bétail humain.
Il tue... il saccage!... 11 écof}e\
(L. DB Bbbcy.)
fiAU
— 40 —
HAZ
Va, ta peuv te mettre en quarante !
Prendre la pip**, c'est ta rente :
TriMue!... Ranuw^e!... A la ringué!...
Larifla, lariflelte, ô gué !
(iD.)
Car, ya pas, mon vieux, Tes cornard,
Aussi* faut profiter d' l'occase
Pour crever la gueul'f à ton lard
£l bouffer V blaire à Nib de naze.
(A. b.)
Pour boire a m' trichait su' 1' gâteau
<^'e8t pour ça qu' j'y cardais la oeau.
(ID.)
Bn supposant qu' j'aurais un' femme
t}ui s' Trait s'coner par un aut' garçon,
S'ensuivrait, d'après leur programme,
^u'i' faudrait qu'à paxte à chausson.
(P. VklLUtXJt.)
-^ BATTRE LES CARTES. Ma-
quiller les brèmes, V. Jeu.
BAUDET. Bourdon, Bourri, Bour-
ricot, Branle* j Branque*, Martin,
MinislrCy Oreillard. V. Âne.
'( On a été à Momorency, on s'est
envoyé un gueuFton tout c' qu'y a
d*batb. L'après-midi on a fait une
chouette balade, mais Cécile a pas
voulu monter sur un gail, aile a
pris un bourdon y un oreillard qui
voulait pas avancer. Elle avait beau
cogner, V martin voulait rien
savoir. »
BAVARD. Baqoulardj Baveux, Cla-
quelle, Crachoir, Dérideur, Dévi-
doir, Jacassier, Jacasseur, Jacas-
son, Jacquetle, Jacleur, Jaspineur,
Journal, Laveteur, Lavette, Pla-
tine, Potinier, Tapette, Vanneau.
V. Bagout.
« Que bagoulardl on n'entend que
lui!... fa gueule, eh! baveux \ »
« —Au fait comment t'appelles-tu?
Elle répondit : A votre choix. La
môme Cla^uette parce qu'il parait
que je n'ai pas la langue dans un
sac. »
(Champacbbiit.)
« — Ah! si vous l'entendiez, ma
chère, elle en débite sur Pierre,
sur Paul!... un vrai crachoir, n
{L'Événement Parisien.)
« — As-tu fini? mon Dieu, en voilà
d'un dévidoir \ »
« — C'est pas une femme, c'est un
journal; elle raconte tout ce qui se
passe dans la maison; vous parlez
d'un jacasson. •»
« — J' passe pour un vanneau, une
jacquetle, un gonce qui sait pas
c' qu'i dit >»
BAVAHDAGE. Chichis, Clahaud,
Dabérage*, Dcvidage, Jactaye^
Jactance, Jappe, Jaspin, Jaspi-
naqe, Lant ipunnage * Moulinaye *,
Raquette ", Salade, Vanne,
« — N'écoute pas celte rombière-là ;
c'est de3 chic hissions les ilambeaux
qu'a l' raconte; des salades l des
vannes à la noix! »
Sous la meilleur' dos Républiques
(in'en a qu'oui >oulu t' décrocner,
D'aut's inaugur'nt des basiliques
Où tu peuK .seul'meiit pas coucher :
— El tout ça s' passe en du clahavdl
(Jkhan Rictus.)
Et c'est du schpromme... etd' \a.jactance..,
VA du chambard... et du pntiii...
Ah: lii salope!... Ah ! la putaiu !...
J' ven foutrai, moi, d' la rouspétance.
(A. B.)
BAVAUDKR. Bagouler, Bajoter',
Bonffetei'*, Cabaaser*, Dahèrer*,
Débagouler, Jacter, Jaspincr, Ja-
votter, Lantiponner * , Mouliner*,
Patiner, Radouber la lanterne'.
Tenir le crachoir.
— RAVARDER CONSTAM -
MENT. L'ouvrir tout le temps
(s. -en t. Bouche).
« — Dis donc, tu m' laisseras un peu
jaspiner, c'est mon tour; t'en as
une tapette, tu Couvres tout V
temps. »
« — Va, mon vieux, potine; (^uand
t'auras bien j'acté, } te bonirai quoi
qu' j'ai su' l' cœur. »♦
« Bile siftlotte, elle parlotle, elle
javotte. »
(Physionomie du Protecteur.)
BAZAR. Boutique à treize, Tire-
mirettes.
BEA
— 50 —
BEA
« — II est rien moche, ton blouiu ;
tu Tas acheté à la boutique à
treize ? »
BEAV, Altèque* y Bâte y bath(ïnvsLV,)
ou batte, Batify bative, batifonne,
Chenâtre *, Chenu, Chic (invar.),
Chocnosof, ou Chocknozoff (in-
var.), Chocnosogue, Chouettard,
Chouette, Chouette, Chocotte ou
Delà chocotte ou Choquotte, Coq,
Fignol, Fiscal *, Flambard *, Gai-
beux. Girofle *, Girond, Hurf,
Jiroble*, JuteuXy Mouth (invar.)
ou Mouttc, Palas, Pallas,Rupard,
Rupe, Rupin, Schbeb, Schnuc,
Schpill, Snoboyc (mouillé), Urf,
Vite. y. Aimable
u Les messieurs en frac disaient :
Elle est superbe! et les gavroches,
là-haut : Elle est rien balh ! »
(G. FoBGOBt.)
•< 11 met sur son nez une chenue paire
de lunettes. »
(La BttDOLi.ikaE.)
« Il demacda au cocher de le conduire
dans une maison fermée.
— Le plus chic, dit le cocher, c'est
rue Ventomagy, chez Aline. »
(GuRO!f.)
« ... Et Tadverbe choknozoff, à Taide
duquel il approuve les propos
d'alentour. »
(G. Adriol.)
II était un peu sans façon,
Mais c'était un joli garçon :
C'était r pus beau, c'était V pus chouette,
A la ViUelte.
(A. B.)
Aussi v'Ià pourquoi que j' les gobe,
Pas'que c'est des gunciers comm' nous,
gui sont ni d' Tépé' ni d' la robe
t pas pus fiers que moi i-et vous,
Avec qui qu'on boit eun* chopine.
Qui U font pas à Taristo
Et pis (lu'engueul'nt Mossienr Lépine...
Et moi j' trouT' ça rudement ehouetto,
(iD.)
Bon, lu chial'! Ah! c'est n&spnlas.
y conobre 1' truc; l'est déeueulas.
(iD.)
a Nous nous cavalons, moi et Do-
dore, en pinçant un feston un peu
fiscal *, V
(MONSELET.)
« Les cambrioleurs de notre époque
j[ n'ont plus ces galbevsex façons. »
H^, I,, (Almanach'du Père Peinard.)
Bref, tout ca s'rait d* la choquotte.
Mais c' qu'est triste, hélas !
C'est qu' pour crever à coups d' botte
Des gens pas palas.
On vous envoie en péniche
A Cavenn'-les-eaui.
(J. Ricatri:!.)
A n'est pas pus gironde qu' ça, ""*'
Mais, vrai, a tra^aill' comme eun' reine.
(L. DE Bebcy.)
« Parait qu' ça sVa tout c' qu'y a
d' hiivf, quoiqu'on neuve encore y
comprende que dalle. »
tt C'a été juteux ! On a voulu me gar-
gariser avec cent mille francs. »
(G. d'Ebparb^^.)
« — Si t'avais vu, maman, comme elle
était mouth en mariée ! s'écria la
gamine. «
(J. DORANP.)
M — Au pré finira ton histoire, et
là, l'on n'y fait plus Pal Ins. >•
(ViDOCQ.)
'« — On a été voir jouer les « Deux
Gosses M. Ah! mon vieux, c' que
c'est bath\ c' que c'est rupinX on a
chiallé tout' la soirée. »
C'est rupin, c'est urf, c'est poli.
Ça a des \ye\V% manières :
Jamais ça n'se mettrait au lit
Sans laver ses derrières.
(A. B.)
» Député d' BeH'ville! C'est ça qu'au-
rait été schbeb I Ta « Lanterne »
devenait comme l' journal officiel
du quartier. »
« — J'ai lu la babillarde que tu y as
fait sur l'air de « Cadet-Roussel ».
Ah ! ca, c'était schpil ! »
« 11 a dégoté une gonzesse tout ce
qu'y a de vite, »
^ BEAU GARÇON. V. Bellfltre.
BEAUCAIRE (nom propre de
ville). Bocari.
BEAUCOUP. A bauge % A chier
partout, A mort, A tout casser,
A vingt-cinq francs par tête ^Besef^
BEA
— 5i —
BÉG
hé$ef, heseff, bèseff^ bezef, bézcf,
bezeftf bézeff, Bougrement ^ Chtr^
Comme s'il en pleuvait, Crespi-
nière % Gourd *, Gourdement \
Gras, Hugremeni *, Lourde Mince,
Plein la chambre. Rien, Une ou
des bottes, Une ou descharibotées.
Une ou des chair ctées, Une ou des
chiées. Une ou des ftaupées ou
flopées. Une ou des flottes. Une ou
des panerées, Un plat, Une ou des
potées. Une suée, One ou des
tapées, Une ou des tinées,
'* Bouffer, troncber à mort. Gueuler,
maoger à tout casser. Rigoler à
vingt-cinq francs par tête. >»
• Ahl bougre! ca va cor' chauffer
Oeseff, aujourd'hui ! »
(G. COUBTELI^B.)
M Et ils sont des tapées dans ce
goùt-là qui coupent dans la poli-
tique. »
Et s'il est mort en burant d' l'eau
Il a rien dû Tair' la grimace.
(Eue. LEMMasa.)
u — Eh bien ! papa, y a pas grcu ce
soir : on a beau ouvrir les portières,
ils ne vous donneraient seulement
pas un rond, n
(MADaiCB Donnât.)
Tu peui gourd * pioller, me crédant et morfie
De l'omioo, du morne et de l'ofgnan criart.
(Mabc dk Papiixo?!.)
« — Je trouve que, depuis dix jours,
lu n*en fiches pas lourd puisque tu
m^adresses cinq francs de timbres-
poste. »
(G. Macî.)
c — Foutez-nous du pive, nom de
Dieu I... comme s* il en pleuvait I »
l'a Mot comm' ca de« tas d' creTés,
Des outils, des uott's, des jacquettes,
Des mal foutus, des énerves
Montas su' des flAt' en cliquettes;
Ts lonss', i's crach*. i*s Tont du foin!
l's éternu*ot : — Dieu vous bénisse,
Mine* que vous en avei besoin.
Allez donc dir' qu'on vous finisse!
(A. B.)
« — Si je t'aime, ma chérie? mais
plus que ça encore! je faime plein
ta chambre ! >»
« l's étaient là des hottes pour la voir
grimper dans V pngnier ù salade. »
« Comme à un train d' plaisir, ma
vieille, des charibotées de pétras
de tous les pat'iins. »
a 11 a (lu pùse; il en gagne cher, »
— AIMER BEAl'COirP. Adorer
avec un jaune d'œuf. (Jeu de
mot horrible sur Dorer.)
— AVOIR, RECEVOIR BEAI-
COUP DE CHOSES. En avoir
son fade, son pied, sa portion.
((^es expressions s'emploient
en ironie pour dire trop.)
'< 11 est mûr, il est gave à rouler, il
en a son fade; c'est V moment,
vas-y ! »
J'en ai mon pied de c' loub^-1i.
(A. B.)
BEAU-FRÈRE. Frangin d'aï-
tèque *.
BÉBÉ. V. Enfant.
BEDAINE. V. Abdomen.
BEDEAU. Rat d'église.
BÉGAIEMENT. V. Bredouille-
ment.
BÉGAYER. V. Bredouiller.
BÉGUEULE. Chicorée, Chochotte,
Étroit, Gillette, Mme ou if//e Ho-
nesta, Joséphine, Julie, Merde,
Patagueule, Pecque, Poire,
H — Ne fais donc pas ta chicorée. »»
(ticcToa FaAKCB.)
a — Tu veux pas aller au 't Mirliton o
rapport qu on y dit merde ! Va
donc, eh I Chochotte. »
a — Tu vas pas faire ta Julie, ta pa-
tagueule parce que t'es avec ma-
dame ta mère ? u
J'aim'rais ben, moi. fair* mon Sagan
Et mon étroit' chei les duchesses :
(JSBAK RiGTOS.)
Tu fais ta poire et ta sophie
Passque l'es quasi un d'mi-Guiea !
(1d.)
BEL
— 52 —
BER
Q a an d ça jou', qu' ça ga ^ne ou q u* ça perde ,
Ça s'en fout... et ça fait un foin !...
Leux çonzcss's aus^i fait sa m^rde.
Ah ! 81 j'en t'oais eun' dan' un coin !...
(A. B.)
BELLATRE. Arthur y Belle-gueule,
Gueule d'enfant, Gueulette en or
(blond), Miroir à putains^ Rigo
ou Tzigane (brun). Les distinc-
tions que nous indic[uons, quant
à la couleur, n'ont rien d'absolu.
« Pendant que j' m*échigne à lui
ffagner du pognon, i^ va faire sa
oeUe gueule devant les grues du
Moulin. »
« r 8* parfume, i' s' met du lubin
comme une fiotte pour faire son
Higo chez Colbo. »
l^onr me donner un nom qui me soit convenable,
Chlorit, ton jugement est plus que raisonnable,
<^aand tu viens m'appelcr un miroir à putains^
Je n'en refuse point le titre ni l'usage;
il est vrai, je le suis, tes propos sont certains.
Car tu t'es bien souvent mirée en mon visage.
(Saint- Amand.)
BÉNÉFICE. Affur, affûtage ou
affûte, Bénef (apoc), Beurre,
Gants, Gras.
Quand je voit mon a/fure
Je suis toujours paré.
(ViDOCQ.)
D'un cran faut serrer sa ceinture
Car, en fait d' hénef^
Y en n'a pas bésef.
V Ces cadeaux particuliers d'argent
que les clients laissent aux prosti-
tuées à titre de gratitude, comme
un pourboire à un cocher, s'appel-
lent des gants. Les filles, entre elles,
se disent, en parlant de cette géné-
rosité : « J*ai reçu tant pour mes
gants, »
(Lio Taxil.)
— BÉNÉFICE DE BOURSE
DANS UXE MÊME JOURNÉE.
Agrément de banque,
— BÉNÉFICE ILLICITE PAR
COMMIS OU comptable. Four6i,
Fruge, Gratte, Tic fie.
'< — Dans les hospices ils s'entendent
bien pour faire du fourbi aux dé-
pens des malades I dit Peau-de-Zébi
sentencieusement, renversant en
arrière sa chéchia comme pour
accentuer son opinion. »
(Edmomd Lepbllktier.)
« Avec ce qu'elle pouvait faire de
gratte sur les fournitures, elle arri-
vait à confectionner des corsages
pour ses deux fillettes. »
— BÉNÉFICE PAR COMMIS-
SION OU REMISE. Épingles,
Guette,
— BÉNÉFICE ILLICITE PAR
DOMESTIQUE. Anse du panier,
Frigousse,
c 11 faisait le fendard auprès des
camarades car la frigousse d'une
bonne du quartier, sa connaissance,
lui permettait de fumer du tabac
fin et de s'offrir une chopine de
temps en temps à la cantine. »
— BÉNÉFICE ILLICITE SUR
UNE FOURNITURE . Gratte ,
Jubile (arg. des gantiers), Ra-
biol.
n Ils affirment que les peaux offertes
à la vente sont le produit légitime
de leur gain, ce que, dans le lan-
gage delà ganterie, on appelle la
juoile, »
{Le Petit Journal,)
« Dans un coin, quatre boules de son
empilées, rabiot des hommes en
permission sur la distribution de
la veille. >»
(G. ConaTtu.tB.)
BEXÊT. Gourde, Moule, Navet,
Plein de sel. V. Bête.
BÉXIR avec le, goupillon. Arroser
les tomates, Égoutter le saloir.
Sucrer des fraises,
BÉQUILLE. Gambette de satou,
— PERSONNE QUI SE SERT
DE BÉQUILLES. Béquillard,
V. Infirme.
BERCEAU. Chahutant, Dodo.
« — Colle ton lardon dans 1' chahu-
tant et barroDs guincher chez Cons-
tant. »
BER
— 53 —
BET
BERGE. Hôtel des purées.
BERGER. Marmier *, Momeux ,
Momier.
BERGERIE. Momante.
BERIVER. Acheter, Chairier, Chi-
ner, Mener en bateau» V. Se
moquer.
BESACE. Fusil de toile. Gueulard,
Gueularde, Milliard *.
« A leur côté un gueulard avec une
rouillarde pour mettre le pivois. »
(lltCTUB PftA.ICB.)
« Il allait à la chasse avec un fusil de
toile, truchant ou maraudant, et ne
rentrait jamais bredouille. »
BESOGNE. Bouleau, Boulot, Flam-
beau, Flanche, Fourbi, Marnage,
Masse, Turbin, Truc. V. Travail.
Et pis faut crever su' V bouleau
Pour un patron qui vous dégoûte.
(A. B.)
« Les trimardeurs d'aujourd'hui, ou-
vriers errants à la recherche du
boulot quotidien, ont entre eux des
faiçons un peu moins vives. »
(Ch. Malato.)
Seulement, il s'y prend mal : sale
fourbi que celui de huit heures. »
{Le Père Peinard.)
Rencarre satire et grimace,
Va, gas!... Fignole ou routimasse;
On s en fout... Mais il faut rester
Rivé constamment à la masse
Si, ce soir, tu veux boulotter.
(L. DB BiRCY.)
Au turbin y voulais pas m* crever;
Mais faut bien qu'un jour on s'y mette...
(Id.)
« — Tiens, si j'étais savant,... si
j'avais de l'instruction et que j*
soye à la roue,... j'aurais travaillé
deius vos trucs. »
BESOIN. Bouillasse, Bouillie, Dé-
bine, Dèche, Limonade, Marme^
lade, Mistouffe, Mouise, Panade,
Panne, Purée. V. Misère.
C'est la purée et la panade,
J* suis tout r temps dans la limonade 1
— FAIRE SES BESOINS. Débat-
1er, Débonder, Débourrer, Filer
sa mousse, Flaquer, Flasquer,
Poser ou Pousser sa chique, sa
pèche. Poser potel, Tarter, V.
Ghier.
« — Nom de Dieu, dit Balourdeau, v'ià
mon ventre qui gargouille, il va
falloir me débonder. »
{Les Propos du Commandeur.)
J'avais besoin d' pousser ma chique,
y pouvais pas la pousser dehors.
Comm' j'étais pressé, j' me dépêche,
Ej' me Faufil' comme un cabot,
El )' pos' délicat'ment ma pêche
Dans euQC e>pcce d' lavabo.
(A. b.)
BÊTE. En parlant des personneïit
ou des choses indifTéremmenl :
Baluche, Clou, C-o-n, Con, Coneau„
Couillon, Cul, Curé, Daim, Four-
neau, Godiche, Gourde, Moule^
Nœud, Pied, Schnock, Tourte.
— En parlant des personnes :
Ahuri de Chaillot, Argot,
Argoté, Arguche*, Ballots
Baluchard, Baluche, Balu-
chon, Bas de plafond, Bénard*,
Béribono *, Bêle comme ses
pieds, Bige*, Bigeois*, Bi-
geot *, Bigots *, Boule de c,
Bourriche, Branque ', Bu-
sard, Buson, C, Cafouilleux,
Câlin *, Cantaloup, Claude,
Comme la lune. Comte *, Com-
tois *, Coin sans i, C-o^n
pantoufle, Coquard*, Coquil-
lard*. Coquille \ Cornichon,
Couillé, Cruchon, Dégourdot,
Empaillé, Palourde, Fiacre,
Fignedé, Fignoteau, Flacdal,
Flaquedalle, Foumoteau,.
Fournotin, Gland, Glaudc
(corruption de Claude), Go-
danchet, Godot, Goitrexw,
Gourde, Gourdée, Gourdi-
flard, Gourdiflot, Infirme,
Jacques, Jacquot, Jeanjean,
Jean-le-cul, Job, Joseph, Loff,
Loffard, Loffiat, Luc, Manche,
Messière *, Moule à gaufres.
Muselé, Nature, Nave, Navet ,,
BÉT
— 54 —
BET
NavrUlat*df Navrille, Navril-
lot, Outils Panais, Panas,
Panard, Panou/le, Panouil-
lard, Panouille, PanouUlot,
Pante, Pantouflard, Pantre,
Panfre argoté, Pape*, Pa-
quet, Pied, Pied de céleri,
Pied de chou, Pocheté, Poche-
tée. Poire, Poireau, Poire de
schnock. Popote, Potet, Qui en
a ou en tient une couche, une
dose, un sac, etc., Saucisse,
Schiemil, Seringuinos, Sinve
ou Sinvre, Tête de c, de
lard, de nœud, Tourte, Tour-
teau, Tourtin, Trombille *,
Troudu, Trou du cul, Tru-
faldin, Tmffe.
— On coi-se quelques-unes de
ces expressions en les fai-
sant précéder de Crème de.
Essence de. Extrait de. Fleur
de : Crème de tourte. Essence
de nœud. Extrait de pante.
Fleur de nave, etc. (3n dit
encore d'une penaonne bête
qu' Elle était là le jour de la
distribution.
— VIEILLE BÊTE. Gaga, Ra-
molli, Ramotlot,
— FEMME BÊTE. Bique, Conasse.
« — ITu ne comprends donc rien,
espèce d' ahuri de ChaiUotl s'écria-
t-il à bout de patience. »
{Le Tiniamarre.)
On*voit par les ruV, les boul'^ards
Des foumotinM, des baluchanh^
Des gourdiftaid»\
Et l'ou eutend les dégourdotê
Chauler la marche des godols...
Godots :
(Bl^oort.)
«~li s'était mis en ménage avec une
petite cartonnière assez gentille
mais basse de plafond, bêle comme
ses pieds, qui n'avait pas deux
liards de conversation. »
<«J — Ferme ça, boule de c.î hurla
Camélia, oiî je saute dedans . »
« — Quelle bourriche de fille, tout
de même! Imaginez-vous, madame,
qu'elle ne sait seulement pas faire
une soupe k l'oignon I »
« — Ce buson de Julie n'en fera
jamais d'autres! Quelle empailléel
grand Dieu! »
« La Censure a interdit le titre de la
revue de Cluny a Comme la lujie » ;
elle n'a pas voulu que, malgré tout
Tesprit des auteurs, un mauvais
plaisant put prétendre que leur
œuvre était c comme la lune; ce
qui eût été, en effet, fort désobli-
geant. »
<K Ah cà! d*où sort-il, ce canlaloupi
Sur quelle couche M. son papa l'a-
t-il récolté? »
(RiCABD.)
a Un couillé j'ai remouché. »
(ViDOÊQ.)
« Les chefs vous lâcheront d'un cran
un de ces quatre matins... et vous
vous retrouverez couillons comme
devant. »
{Le Père Peinard.)
Je Tavou*. c'est un* joli' Qlle
Mais quant à l'esprit, hélas ! ce n'est qu'an ron
En en retirant la cédille.
(Max Mrro.)
Ça m' fait flasquer d'voir eun' pétasse
Oui pass' tous les soirs à trarer» !
lion Dieu ! Taut-i' qu' tu soy's eon<use I
(A. B.)
Tu l' laiss's Taire ! rh ben ! mon cochon,
r Taul vraiment ^u' t'en aye' un' couche,
r faut qu' tu soy's glaude et cruchon...
I;n pénard, oui-là?... l'n citrél
Un panas ! un navel un' falourde
Que Tierre et Faul ont enturé!
(BUdort.)
Ça s'appeir de» genss' ù son aise.
Mais c'o«t pas eux qu'est les malins;
Si c'est loujour' eux qu'a la braise.
C'est toujour' eux qui s'ra les dainu,
(A. B.)
u
— Essence de nave, fleur de pochelé,
bougre de fourneau, comprends
donc c' que j* le bonis, eh! flaque-
dalle l »
« — As-tu vu c' fiqnoteauAk qui veut
la faire avec Bibi! •>
BÉT
— 55 —
BÉT
• J'étais immédiatement gratifié d'une
foule de qualificatifs empruntés,
Eour la plupart, au régne végétal,
es plus doux étaieut ceux de
gros melon, de cornichon^ de
gourde, etc. »
(Marc Mario.)
Je D* m'occup* pat m^ro* d'où c' qa'a va.
J* t'rais gmurdé d' m'eo donner la poioe !
(L. Di Brrcy.)
Le tocsin hurle dans la Tour :
C'est Gni de faire \e Jacques'.
Allons, Jean-Ia-Mèbc : à ton tonr!
Fêle les Noires Piques !
(ID.)
• L*autre Jean-ie-cul attendait patiem-
ment sous la pluie tandis que l'autre
caressait la petite. »
{CEoénement Pari*ien.)
« Quand J'y pense, fallait-il que je
fusse loff pour donner dans un
godan pareil. »
(Mémoiret de Yidoeq.)
« A la moindre maladresse, il traite
ses élèves de flémardes et de
moules. •
(Addcbt.)
M — Vous m'avez fait poser. Vous
n'êtes qu'un sale cabotin et un
muselé. »
{Lettre à PauUn-Ménier.)
• Y coupe dans tous les vannes qu'on
y sort, ah! il est nature^ ï frère! n
«• — Je le trouve excessivement chic,
et dix fois plus flatteur, avec ses
jolis cheveux gris et son gilet blanc.
que tous les petits navets...
— J'espère que ca n'est pas pour
Gustave que tu dis nnvel ? »
(H. Lavkoam.)
On rhercir des clous pour l'an mil
Neuf cent?... Mais y a les navrilles.
Les panouilt't, les schnockf les schlemil.
Les einv' k bonillott's de gorilles.
Les tourteaux et les godanchetSf
Les i'ringuinoê^ les tiœudn^ les truff'fs^
Les biqu't, les daimt et les micliets.
Sans compter tout' la band' des mulTes.
(Bl.toORT.)
Y aarait pas des marlous
Si qu'y aurait pas des pantfs.
(1d)
« Petit à petit il se dessale! Il estdéjà
moins pantouflard : la clairvoyance
lui vient. »
(f.e Père Peinard.)
•« — Tilchez de la trouver bonne si
vous ne voulez pas que je vous
traite de pieds. »
(J. RlCHITLX.)
a — Elle m'a appelé pied de céleri I
qu'a-t-elle voulu dire?
— Je crois qu'elle a voulu insinuer
({ue vous n'avez pas inventé le fil
à couper le beurre. >»
{La Cocarde.)
« A moins que le ramoUot de la
Guerre n'ait tellement conscience
de sa nullité qu'il ait le droit de
qualifier de » sans importance » les
travaux auxquels il feint de colla-
borer. »>
(II. ROCHRFOBT.)
IIh te traiteront de vendu
D'inceudiaire et de troudu.
(L DB BtacT.)
— FAIRE LA BÊTE. Chiquer
contre f Battre comtois. V. Men-
tir.
Le maire, un farceur tricolore,
Ainsi qu'un pitre, bat comtois.
(!'. Faillitti.)
BÏÏTISE. Conerie, Connerie, Çon-
nerie^ Couennerie^ Couillonnade,
Coyonade ou Coïonade, Cutehe,
Foutaise^ Vouterii\ Mouterie,
« Le Clardinal rendit au Tasse le ma-
nuscrit de la •< Jérusalem délivrée »,
en lui disaut que ses tirades étaient
des couittonnades. »
(IlecToa Francs.)
« — Quand vous aurez fini de débiter
des çonneriesl »>
Fn moine de Citaux arrive.
Va descend r«ï chez un baigneur,
Se met au lit, fait le malade,
Et mande le {iremicr docteur
Qui lui vint débiter par ccrur
Ku latin mainte coyonade.
(AnB< OR GHtCOL'ET.)
— DIRE DES nt.TîSES.Ba fouit-
fer. Cacafouilter, Déconner.
« — J'insinue que la veuve Ripoche a
dû bafouiller. »
(Wii.lt.)
BBU
— 56 —
BIE
« C'est assommant aussi d'entendre
caca fouiller ces insipides bas-
bleus. »
{Le Temps.)
« — Allons, quoi? v*là core que tu
déconnes ! Non, vieux frère, mets-y
un bouchon. »
BEURRE. Fondant.
« — Et pis? quoi qu'i' t* faut core ? du
fondant su' ton gringue? ... t auras
d' la mousse I »
BÉVUE. Gaffe, Impair.
« La gaffe j ou vnpair^ est certaine-
ment une source innocente de rire
dont la littérature actuelle a tiré
l'effet comique le plus nouveau.
Alfred de Musset, que Deschanel
n^aime point, doit à l'étude de lo
gaffe un de ses plus jolis ouvrages,
ce délicieux proverbe : m On ne sau-
rait songer à tout», que laComédie-
Françaisc ne joue jamais, naturel-
lement. M
(Émilk Bibguat.)
BÉZIGUE. Bègue. V. Jeu.
BIAIS. Flambeau, Planche, Truc.
m — Faudrait dégoter un /TancAe pour
nous sortir de là.
— Moi, j'ai un truc... »
BIAISER. Caner, Flancher.
BIBELOTS. Brocants. V. Bijonx.
BIBLIOTHÈQUE. Bahilleuse, Bi-
bli (apoc), Tendeuse '.
« •— Tu voudrais pas. dit Gueule de
Raie, qu'on déplanque c'tte babil-
leuse-Uil L' farfiot, ça barde cher et
ra s^ fourgue que dalle. •
— BIBLIOTHÈQUE SECRÈTE
OU RÉSERVÉE. Enfer.
« Mon bourgeois n'est cependant pas
un pudibond : il se fait gloire d'être
sans préjugés, et cependant l'enfer
de sa bibliothèque est pavé des
ouvrages les plus débraillés. »
(PoXTSïVBF.Z.)
BICETHE (L'ASILE DE;. Bibi,
Biscaye, Tune\ Tunebéc\ Tune-
boye *.
« Son dab, qu'est à Bibi d' puis deux
longes, vient la voir tous les
dimanches pour son prêt et sou
perlot. n
— PENSIONNAIRE DE BI-
CÊTRE. Bibi, Biscayen^ Bleu.
u Le cabaret des Six-Fesses, situé sur
la route de Villejuif, a pour clien-
tèle ordinaire les chemineaux et
les rôdeurs. Le dimanche, apr^s>
midi, quelques bleus de l'asile de
bicétre y viennent boire chopine et
faire une partie. >•
(Ande^. Mayot.)
BICYCLE, BICYCLETTE.
V. Vélocipôde.
BIDET. (Animal.) V. Cheval.
— Meuble. Cheval de bataille,
Cheval en vaisselle, Violon.
« Elle le reçut au milieu de tout ce
désordre, son petit cheval en vais-
selle trônant indiscrètement au mi-
lieu de la chambre. »
{L' Événement Parisien.)
Malgré ces leçons, elle est gauche
Et ne veut d'autre violon
Oue l'intime qu'elle cheTauclie.
BIEX. Bath, Ben, Bitte ou Bith,
Dono, Chic, Chiquemeni, Chouette,
Chouettemcnt, Chouetto, Chenu-
ment. Coq, Coquet, Hurf, Moule,
mouth ou moufle. Pommé, Schbeb,
Schnuc, Schpill, Urf, Vite.V. Beau,
Bon.
— L'argot boulevardier crée
constamment des mots pour
signilier Bien; nous avons
cru oiseux de mentionner
ceux (jui n'ont eu qu'une
fortune éphémère.
a Faut pas débiner les femmes des
Halles. L' pore me disait dans Ttemps
3u' souvent n s'étaient mises dans
es machines où qu' les hommes
auraient pas pu y faire aussi
chouettemenl. »
Fannndels en cette piolle
Ou vit chenùment :
Arlon, pi^oi^. ol criolie
Ou a gourdcmeul.
(Gmakdxal.)
BIB
— 57 —
UIJ
File est baih la (6t' nalioaale...
Il eéi bilh eV quaton* juillet...
C est gniente et nib... c est pouic et dalle !
(A. B.)
L'été, nous étioD» & Tombre,
(l'était coquet, c'était somlire.
(Id.)
— TRÈS BIEN. Dans les grandes
largeurs f Dans les grands prix.
'■ 11 la relève dans les grandes lar-
geurs. »
" — Tu aurais pu le payer de le rou-
ler dans les grands prix. »
(J. Hamm.)
— C'EST BIEN, ra vaul le coup,
le jus y Cognon^ Cos^ le pognon.
<• Sans charrier, vieux, faut aller
es^ourder cHle pièce-là : ra vaut
Cos ! »
— ALLER BIEN. Bicher, Tourner
rond.
BIENFAISANT. lion peu,
il est en colère, 1' boo Dieu !
A^antf lui qu' était si bon fieu...
Le y'ié. qu'il est toujour' en ro^ne.
(A. B.)
BIK\VKILLA\T. Amileux, Bé-
nisseuVj Bêle à bon Dieu.
BIEWEXUE. Ouand-est'ce.
n 11 dépensa pour son quand-est-ce
tout l'argent que sa taule lui avait
donné au départ. »
— P.iYER SA BIENVKNI:K. Ai^
ro^er. Graisser la mantiite. les
planches, les ripalona. Payer
son article quatre. V. Boire.
BIÈKE. (Boisson.) Blonde ou Huile
blonde. Cercueil (jeu de mol),
Moussante, Pommard ".
•i Four moi, c'est du pive ! La mous-
sante, ça m' court, ça a pas d' mon-
tant et ça vous cmp/^clic d'He ai-
mable avec les gonzesscs. >'
— BIÈRE INFÉRIEURE. Bi-
bcuse, Bihine, Pissat d'une.
« On oe vous servait daus cette guin-
guette qu'une sorte d'ignoble bibine
gompcusemcnt baptisée o Bière de
lunich. »
(A<f Badical.)
BIÈRE. (Cercueil.) Boite à as/iVo/s.
à dominos, à riandr, Paletot de
sapin. Sape, Sapin. V. Agoniser.
Les pilons et reux d' la haut' baoïpie,
Les maries romm«« les fourneaux.
Tous sout rgniii quauil on les planque
Dedann la buitf à dominos.
(BlAdort.)
A quoi qu' ça lui sert d'i^t' rupin ?
Tu vois donc pas qu T sent 1' sapin,
ijiïk chaqu' pas qui' fait i' s' dévibst* ?
— BIÈRE D'ENFANT. Boitte à
violon.
«• Le ba50u«;e, l'a'il enluminé, fredon-
nait un rofrain joyeux, la boite à
violon sous le bras.' >»
{La Petite Presse.)
BIFTEK. Horsesteak (anglicisme),
Semelle, Sous-pied, Tire-fiacre.
Ces divei-ses expressions sont
prises en mauvaise part.
« Le menu se composait de semelles
et do fayots, arrosés d'un poiré
infect dont l'odeur rappelait celle
des dépotoirs. »»
l<i. IlKRIIF.nT.')
« Hemporte ton lire-fiacre et donne-
moi une omelette. >•
BIGOT. Bondieu^iard, Mangeur (/»'
bon Dieu.
y t'en foutrai d' la man^uélude
Pour \^i•^ cures... pour !•> rahliiii...
Ils l'o prendraiiMit trop riiabitude.
Oiiand on est des Hc^publicains
Ou marclie a\ec In K<^publique.
Pas avec b s Dominicains,
Les bondiousartLs et tout' la clique.
(A. B. Lts Soulitlof/ues d'Ilonorè Ùonstaut.y
BIJOUTERIE. Brocante, Bro-
quille.
Tu m' débecl' avec la broquHlr,
Ton clebs, ton larbin, ton sapin.
Tes diam' et ton poil de lapiu!
(L. DK Bjhcv.)
— BIJOrTERIE FATSSE. Bro-
cante dorancfiée. Ferraille à la
manque, Ferraille doranchée.
Moche, Toc.
BU
— 58 —
IUL
« J' coupais qu' c'était une sœur tout
c' qu'y a d rupine, mais a n' por-
tait que d' la brocante doranchée^
du faux pallas qui j'tait d* Taimant
mais qui n* valait qu' pouic. »
« — Non, m'a-t-il dit, c'est du toc, ça
vaut trente francs, Je te la donne.»
(GOBON.)
BIJOUTIER. firocandt>»'.V.Bague.
— BIJOUTIER VOLEUR (qui
vend du faux pour du vrai).
BroquUlew,
« C'est un youdi qui fourguait de la
brocante et qu'a gagné tout son
aubcrt comme broquilleur, »
BIJOUX. BrocanU, Brocquans*,
BroquilleSy Décors, Dorure ou
Dorures.
« H est tout c' qu'y a d' rupin : i' s'
fringue comme un Engiiche, i'
croûte dans les gargots du boul'
des Italiens et il a des brocants
comme une gonzesse. »
« Ce jour-là, Mme Michou avait sorti
toutes ses dorures, »
[U Soir.)
— VOL SUR LA VENTE DE
BIJOUX. Broquillage, Vol à fa
broque ou à la broqùille, V. Vol.
BILLARD. Frottin, Gilboque \
V. Jeu.
« Ils cambriolaient spécialement les
logements de marchands de vins
qui ont une salle de billard au
premier. Deux d'entre eux faisaient
une bruyante partie de froltin pen-
dant que le troisième dévalisait les
chambres. »
BILLE. Boulette. V. Jeu.
BILLET. (Lettre.) Babillard, Bif-
fcton, Billemont, Billemuche.
or Au « Pagnier %à Salade » v a un
nommé Berthierqui nous aboniun
U/felon qu'un gonce envoyé de la
Santoche à ses poteaux; c'est
tapéî »
n Les détenus ne peuvent corres-
pondre avec le dehors quen fai-
sant passer leurs lettres au visa de
l'admmistration pénitentiaire qui
les marque d'un Y au crayon rouge
ou bleu; dans ce cas, c'est XdL babil-
larde ou le babillard. Mais ils ont
souvent recours à la complaisance
d'un co-détenu qu'on met en li-
berté, pour correspondre par écrit
avec leurs complices ; le billet qui
sort ainsi clandestinement s^ap-
pelle bi/felon.
(B. Chottaio.)
— BILLET DE BANQUE. Bluet,
Dentelle, faff'e. Fa faut. Image,
Papier de soie, Talbe^ Talbin.
On orthographiait jadis 7a<7-
bin •.
— BILLET DE MILLE FRANCS.
Bluet mâle, Faffe ou Faffioi
mâle, Fifly, Talbin mâle, Bluet,
f'iffe^faffiot, image ou lalbin
d'un millet, d'un sac.
— BILLET DE CINQ CENTS
FRANCS. Bluet, faffe, faffiot,
image ou talbin femelle, d*un
demi-millet, d'un demi-sac. Po-
ney.
— BILLET DE CENT FRANCS.
Bluet, faffe, faffioi, image, pa-
pier de soie ou talbin, d'une
livre, d'un mètre, d'une pile,
d'un tas.
— BILLET DE CINQUANTE
FRANCS. Bluel, faffe, faffiot,
papier de soie ou talbin d'une
demi-Jetée, d'une demi-livre,
d'un demi-mètre, d'une demi'
pile, d^un demi- tas. (Les billets
de 100 et 50 francs se désignent
aussi par Faffe ou talbin, etc.,
en bas âge.
— LIASSE DE BILLETS DE
BANQUE. Matelas. V. Porte-
feuille.
— BILLET DE BANQUE FAUX.
Faffe lof, à la manque.
« Petit à p'tit, aile avait carré du
gâteau et, l' jour de sa fête qu'était
aussi son jour de sortie à elle, a y
a fait cadeau d'une belle image
toute neuve, un bath bluet d'un
demi-sac. »
« Là d'ssus, i* sort son portefeuille
BIL — 59
bourré d* talhins. Ah! i' Tavait
r maClasX »
Pour afTurer fafiotx et car me.
Chassons loin du mess, du gendarme.
(HoGiia-Gaiscv.)
— BILLET MORTUAIRE. Poufel
OU talbin île la Camarde^ de la
Sèche, V. Mort.
— BILLET PROTESTÉ. Faffe
OU papier à douleur.
— BILLET DE THEATRE. Bif-
felon^ Talbin d^encarade.
— Pour la claque. Lavabe,
a Gustave achetait un lavabe pour
les Variétés. »
yùOÙOO voleurg de plut à Paris.)
— Toutes les autres espèces
de billets sont désignées
par les mots Biffe ton, Faffe,
Fafiot ou Talbin (indistinct.).
V. Papier.
Bf LLOX. Ferraille.
— PIÈCE DE DIX CE.XTIMES.
Dardelle, Doublin , Leuxdé,
l^udé (Dérormation du mot
Deux). V. Jargon.
— PIÈCE DE CL\Q CENTIMES.
Bourgue, Croc, Croque, Dir-
lingue. Face, Faine, Fléchard,
Flèche, Fligadier, Jacques, Lezé-
loussem, Lézéloussoc, Loussé,
toussent, loussoc (V. Jargon),
Pélot, Pépetle, Pétard, Pied-de-
nez. Radin, liadis, Hesch,
Beisch, Rond, Rotin, Soldat.
— CENTIME. Bredoche. liro-
bêche. Broc, Broche, Rroquille,
Fainin ou Fénin, Fi fretin.
— 76 CENTIMES. Linzqué.
J'ai pus uu rotin,... pus un boitrgue,...
l'us un rehch !... Et nib dans 1' battant.
Si j' veux pas grefTer, fnut que j' fourgue
Ma limace et mon culbutant.
(L. DE Bbrcy.)
.« — Tu n' m'en voudras pas d' te faire
raquer six croques,... tu peux ! »
'i — ... Des particuliers à qui qu' tu
donnerais deux /7èc/(f s dans la rue.»
BIS
Tu n'y laiss' mAm* pas un /lérhard,
Tout ton pognon t' pa.«s' par la gargue.
(A. B.)
J' ro*ai toujours connu dans la peine
Sans nn pélot, sans un radit...
(Id.)
a Avec ça bel homme; causant aussi
doucement, aussi ^^entiment avec
les femmes que s'il n'avait pas le
rond, »
(J. Marni.)
M — Mais, je vous l'ai dit, elle n'avait
pas un rotin dans sa poche. »
(GOIIOM.)
«* Combien de gumuicux, apn^s s'être
fait rincer dans les cercles jusqu'à
leur dernier fifrelin. ne seraient
pas enchantés d'ôtre capables d'en-
trer comme ouvriers chez un cor-
donnier ou chez un zingueur au
lieu d'en être réduits à se brûler la
cervelle, faute d't'lre bons à autre
chose? »
(II. HOCHIFOIIT.)
'< — Je ne donnerais pas une face de
ta sorbonne. «
(Balzac.)
'< — Ça croûte avec lat'qué lézélous-
sor, c'mmeut qu' tu veux qu' ça
engraisse? »
« — J'ai encore \ïngt Jacques, il faut
les tortiller. »»
(VlDOCQ.)
BISBILLt:. Renaud. V. Dispute.
a — Comme j' suis rentré blinde, j'ai
core eu du r'naud avec la bour-
geoise. »
BISCUIT DE TROUPE. Cassant,
Casse-crocs.
« Pas de gringue ! du casse-crocs. Et
comme barbaque, du singe ! »
— BISCUIT TIIK.MPË DANS DU
VIN. Déjeuner de perroquet.
BISEAUTER. En parlant des
caries à jouer: Aiguiller. V. Jeu.
BISSAC. Fusil de toile. Gueulard
ou Gueulardc, Milliard \ V. Be-
sace.
BISTOURI. Baume d'acier.
BIZ
— 60
BLE
BIZARRE. Champêtre, Champi-
gnoL V. Âmasant.
BLAFARD. Gueule de cire, de dé-
terré , de papier mâché, Merlati,
Trompe-la-mort,
♦« — Piges-tu, c' merlati qui veut fer-
rer? Mais, mon vieux, tu frais
s' débiner les rombières les pus
mochardes avec ta gueule de papier
mâché. »
» Il était si déj'té, si maigue et si
blanc qu* ses poteaux l'avaient app'lé
trompe -la-mort. »
BLAGUE. Fumisterie,
« Ce qu'on ignore trop, c'est que la
fumisterie est considérée par nous
comme un art tout moderne. »
(G. AUBIOL.)
BLAGUEUR. Fumiste.
n Ces deux mauvais fumistes ne sont
pas du tout, comme je le croyais,
venus à résipiscence. »
(J. RicHEri.x.)
BLAXC. Landier *, Savonné.
— LE BLANC. (Domino,) Albinos,
Btanchinet , P4/e, Pâlichon ,
Pierrot. V. Jeu.
— LINGE BLANC. Latlife *,
— PAIN BLANC. Arlie de Meu-
lan^ Arton ou larton savonné.
(• La tortillade est la même pour la
quantité, mais le pivoi est plus
chenu et le tartoti plus savonné
que la^'O. »
(Lakchey, d'après Rabasse.)
— VIN BLANC. Blanc, Blanchel,
Pivois savonné.
'i — Viens-tu picter un coup de
htanci »
BLAXCHISSEUR. Papi7/on, Sa-
vonnier.
« V'ià la Mi-Carême, les papillons
vont s' camoufler en mousque-
taires. »
BL.VNC1IISSEUSE. Baquet à
deux pattes, Baquet insolent,
Dranleuse de gendarme, Noyeuse
détrons. Poule d*eau, Savonnière.
« On dit aussi : Baquet insolent, et
Ton a raison — car je ne connais
pas de créatures plus « fortes en
gueule » que les lavandières. »
(A. Deltau.)
— BLANCHISSEUSE D'OCCA-
SION. Graillonneuse.
BLASÉ. Qui en a soupe ou mare.
BLÉ. Grelu, Grenu^ Grenuche,
Loin des vergnes et de la meute
Des pestai lies, pénard, je pieute
Dans le pélard ou le grelu,
Marluro, loofa, turelu!
(L. DE BncY.^
BLESSER. Affûter, Amocher,
Aquiger, Arnaquer, Attiger, Cre-
ver^ Entrer ou rentra* dedans,
Estuquer, Farguer, Jambonner^
Moucher, Miirer, Servir.
« Il s'est a/fiUé la poire, l'aut' soir,
qu'il était s*coué. »
« — Ben, mon vieux, t'en as une
gueule I Qui qui t*a amoché comme
ça? M
Ça, c'e»t des cbieries!
Ya rien à piger
Ou'à s' fair attiger...
y gob' pas les batt'rtes!
Oh! çui-là s' fra farguer, c'est sûr!
Si riiommc à Julie y tomb' sur
Le poil, un jour qui* s'ra blindoche.
(Blédomt.)
Si a veut pas s' faire eun* raison.
Un malin j'y jambonne V blaire
Et i' prends eun' gonxesse en maison.
(A. B.)
— SE BLESSER. S'affûter,
S'amocher, S* attiger, S' estuquer.
Se moucher.
BLESSURE. Atout, Bochon, Bou-
tonnière, Broco, Cabochon, Cor-
buche % Estaffe, V. Coup, Plaie.
a II s'est fait un cabochon à la tête
en tombant. »
C'est pas un gros, c'est un p'til mac
Qui ya mis d' l'air dans i'estomac
Kn \ faisant oun' boutonnière
A la Glacière.
(A. B.)
BLE
— 6! —
BOI
BLEU. Souple*.
BLOXD. Filasse.
-■ C'était encore une gamine, aux
yeux clairs, au chignon filasse. >>
(G. IIerueht.)
BLOUSE. Foun'eau, Rideau^ Rouil-
larde, Souillardey Volante.
On n*a qo'un fourreau su' Teodosse
Et qa'euD* desfoux dessus V citron.
(L. DE Bercy. )
Noas somm's dans c' goût-là tout eun' troupe,
Des lapins droits comro' des bâton«>
Avec un ricleau sur la croupe,
Un grimpant et des ripatous.
(J. KlCHSPtN.)
■< Il avait planqué le pacson sous sa
volante et le lourdier Tavait laissé
décarrer en n'y frimant que dalle. »
BCEUF. Beuglanty Cocu, Cornant,
ComeaUy Fourchu. V. Bouillon.
Mon biviot, je pionce, les bornes,
Entre les cornants et les mornes
Et picte au bauge mamelu,
Marlnro, lonfa, turelu !
(L. DR Brrcy.)
BOHÈME ^LA). La mouisarde.
BOHÉMIEX. Manouche, Roma-
nichel, Romanigo, Romani.
Dans la banaue ils sont tous frangins :
Guincheurs de tortouse, manouches^
Ama^ueurs, postigeurs, mangins,
Légriers, geauts, fausse s -couches,
Tarottières, nègres, flambeurs,
Solliceurs de vanne à la manque,
Bicott, merlifiches, tombeurs...
lû sonl tous frangins dans la banque.
(L. DB Bercy.)
BOIRE. Bidonner, Boissonner, Cro-
quer la pie *, Écoper *, Enfiler,
Enfler*, Graisser les roues, Li-
chailler, Picoler, Pictancer, Picter,
Pictonner, Pier * ou Pyer *, Piol-
1er*, PUancher, Piver, Renifler,
Sehnouper, Sécher un glasse, un
kil, unepetite fllle, S'enfiler ou s'en-
voyer suivi du nom du liquide,
Se gargariser, SHmbiber, Se rincer,
Soiffer, Sucer, Téter. Plus les
verbes réfléchis S'affiUer, S'ar-
roser, S'humecter, S imbiber. Se
laver, Se rafraîchir, Se rinc^T,
suivis, coinine régime direct,
d'un (les mots suivants: Avaloir,
Ranes, Raltant, Bec, Corne, Cor-
net, Dalle, Fusil, Gargue, Gar-
goiiane, Goulot, Sifflet, Tuyau, ou
tout autre signifiant Bouche,
Estomac, Gorge, Gosier. (V. ces
mois.)
« — Tu ne ferais pas mieux de travail-
ler, au lieu d'r tre toujours à bidon-
ner chez le uiarchand de vin ? »
((i. Herbert.)
« Il hoissonne du matin au soir. »»
(Id.)
« Et j' t'en enfile, et j' t'en enfile \...
Sûr, si j'aurais pas 1' coffre aussi
solide, j' s'rais ctc mur avant eune
plombe. »
« Graisser les roues se dit de quel-
qu'un qui boit avant de se mettre
en route. »
illECTon Franck.)
a On rcnquillera dans la taule à mé-
sigue pour refaiter gourdemeut et
chenûment pavillonner, et piclei
du pivois sans lance. »
(VlDOOQ.)
Le beau sexe lave ta gueule
Et pitanche tout aussi sec
Que si c'était du Rometscc.
(Vaué.)
Kn francs malfrcins vivons :
Tronchons, croûtons, /^li'O/w !
(L. DK BiBCV.)
a Ces buveurs de pomard disaient :
Séchons des litres ! »
(Macrici BoL'CIIOR.)
J' sais bea qu' dans nos bidons V vin pur
N'a pas r goiU qu'on lui donne au large.
Mats on n' se plaint pas qu'il est sur
Quand on V soiffe après un' boun' charge I
(Yann Niuor.)
Faut pas aller chez P.iul Niquct
Six fois r jour %'a/fùter V sifflet.
(P. DURAIVD.)
C'tlegonzess'-làn'y laiss' mém'pas
Tois ronds pour s'humecter la dalle.
(Blédort.)
Mais au guioch' de la ru' d' la Douane,
Avec des sous-broch's, des d'mi-sels,
A ganibille et s' rinc' la gargouane.
(iD.)
BOI
— 62 —
BOI
« Et nous avons chacun reniflé cinq
litres à dix sous. »
(J. BloiNBAUX.)
— BOIRE A MÊMB LA BOU-
TEILLE, sans que le goulot
touche les lèvres. Boire à la
régalade.
— BOIRE BEAUCOUP. Chauffer
le four^ Chur/uperf Faire Jambe
de vin,
« T'as chauffé le four, pas vrai, bri-
gand ! t'es n*en ribotte I »
(H. MoMNIBk.)
« Dès ce matin, messieurs, j'ai fait
Jambe de vin. »
(La RAPI.MftRE.)
— BOIRE CHAUD. S'cnflaneller.
— BOIRE D'UN TRAIT. Filer,
-- BOIRE EX COMPAGNIE AL-
TERNATIVEMENT, selon cer-
tains rites et au commande-
ment. Faire une pomponnelle.
« On demande À celui dont c'est le
tour À boire :
AimVtu mîeax boire et t'en r'ssentir
Que de n' pas boire et Teo r'peutir?
Il répond :
Uui ! J'aim' mieux boire et ro'ea r sseatir
Oue de n' paa boire et d' m'en r'peotir !
Et le chœur reprend :
Pendant qu'il filera
Que son voisin s'appn>te;
Et nous, pendant c' temps-là,
Nous chant'rons à tu'-léte :
A la pomponnette
Il fi...i...lera\
Ah! le gaillard a bien filé.
A son Toisin de recommencer.
Et le buveur doit sécher son verre
sur le dernier mot. »
— BOIRE EN COMPAGNIE SI-
MULTANÉMENT. Faire guin-
dal,
« Le guindal (mot qui, en argot, si-
gnifie « verre ») se distingue de la
pomponnelle en ce que les buveurs
obéissent tous à un seul, qui com-
mande à sa fantaisie de saisir,
d'élever, de promener et de vider
guindal ; tandis qu'à la pomponnelle,
c'est un seul qui obéit au comman-
dement de tous. »
— BOIRE SEUL. Faire suisse.
u Le soldat français ne doit pas faire
suisse^ ne boit jamais seul. >*
(La bÊOOLLiftRK.)
— BOIRE UNE TOURNÉE chez
le marchand de vins. Faire ou
prendre un coup d'arrosage ou
d'art*osoir.
Quand vot' gnnxess' vous entortille
Filez à gaucli' de la Courtille
Vous payer un coup d'arrosoir
A l'assommoir.
(LOY.XCL.)
-- BOIRE UN COUP. Ecraser le
graint Sucer une pèche.
H — Allons, vieux, qu'est c' qui t'em-
pt^che de plaquer ta gonzesse et de
venir sucer une pèche avec nous? »
— BOIRE UN SECOND COUP.
A'c pas s'en aller sur une Jambe,
« — Remettez-nous ça, dit le gen-
darme; dans mon pays, on ne s'en
va Jamais sur une jambe.
— BOIRE UN VERRE D'ABSIN-
THE. Asphyxier j estrangouil-
1er, étouffer^ étrangler ou plu-
mer un perroquet.
« Quelques vieux absinthiers préfè-
rent courir le risque de plumer un
perroquet de plus. »
(Vie Parùienne.)
— BOIRE UN VERRE D'AL-
COOL. Chasser le brouillard.
Etrangler la douleur, Tuer le
ver.
u Les habitués viennent, au débit,
étrangler la douleur du matin. »
{Vie Parisienne.)
— BOIRE UN VERRE D'EAU OU
simpl. DE L'EAU. Grenouiller,
— BOIRE DE LA BIÈRE. Boc-
ker,
• Ils passent leur soirée à bocker en
cassant du sucre sur le dos des
confrères. »
(E. OUBUS.)
BOI
63 —
BOI
— BOIRE UN VERRE de vin
blanc. Èlouffer ou étrangler un
pierrot,
« —Allez, ho! déplanque! onvaé/ran-
gler un pierrot^ au p'tit coinsto. »
— BOIRE V>'E BOUTEILLE dc
vin rouge. Étouffer, étrangler
un enfant de chœur ou une né-
gresse.
« On avait, avec Saute-aux-Prunes,
étouffé d'jà deux négresses avant d'
s^embarquer. u
— BOIRE E.\ ALLANT D'UN
CABARET A L'AUTRE. Lipper.
— N'ÊTRE PAS INVITÉ A
BOIRE. Boire dc Cencre.
, — Vous êtes là tous à vous envoyer
de la vinasse et mon gniasse boit
cP l* encre, »
— PAYER A BOIRE. Rincer,
— En employant un régime
indirect : Arroser ou rincer
Vavaloir, les barres, le bec,
le cornet, la dalle, le fusil, la
gargue, la yargouanc, le gou-
lot, le sifflet, le tuyau à quel-
qu'un.
n — Qu'est-ce que tu suces 2 c'est mé-
zigo qui n'/ice. »
« r s' figurait, c' nave-là, qu' j'allais
y arroser V cornet, »
— PAYER A BOIRE A L'OCCA-
SION D'UNE BIENVENUE.
Graisser la marmite, les plan-
ches, les ripatons, Payer son
article quatre (arg. des typo-
graphes), Payer son quand-
est-ce.
— A l'occasion d'une nomi-
nation à un grade ou à une
fonction supérieure. Arro-
ser ses galons,
— Si tu ne graisses pas la marmite
à ton arrivée, Tatelier te fera toutes
les mistouffes possibles. »
{La Lanterne.)
— Je ne dis pas que... avec les
camarades, pour arroser mes ga-
lons... »
(CoBNO.)
11 n'avait m^me pas cent
pour payer son quand-est-ce.
sous
— PAYER A BOIRE A DES MA-
CHINISTES, pour avoir man-
qué aux usages des coulisses.
Raquer le fatal,
( 11 ne pouvait se dé/airn de cette
babituae de dire « licelle » ou
« corde » et les machinistes ne
manquaient jamais de lui faire
roquer le fatal, comme ils disent
dans leur argot, afin de lui ensei-
gner à dire « fil ».
{Six mois de planches.)
— Nous n'avons pas noté ici
les verbes Chopiner, Enton-
ner, Fioler, FliUer, Lamper,
Lever le coude, Licher, Pom-
per, Siffler, Sirotei\ qui
appartiennent depuis long-
temps à la langue française.
BOIS. (Forêt.) Sabri, Satou, Satte.
Alors aboula du sabri,
Moure au brisant comme nn cabri,
Une fignole gosseiine.
(J. RlCUETIN.)
— Matière. Boes*, Cuir de
brouette, Salon, Satou,
G est la dabuche Mich'lon
Qu'a pomaqué ion greffier,
Oui jacte par la Teoterne
Qui le lui refilera.
Le dab Lustucru
Lui dit : « Daboch' Mich'Ioo,
Allez ! votre grerfier n'est pas pomaqué
11 est dans le roulon,
Qui fait la chasse aux tretons,
Arec un baffaffre de fertange
Et un fauchon de satou,
(Chanson argotique de la Mère
Michel, citée par M. Kr. Michel.)
BOISSOX. Guable*, Piarde*,
Piclancc, Pie \ Pience *. V. Bière,
Café, Cidre, Eau, Eau-de-vie,
Vin, etc.
« — C'est tout c' qu'il y a comme pic-
tance, d' la flotte ? »
BOI
— 64 —
BON
BOITE DE COURTIER. Mar-
motte.
« 1* s* ballade, de troquet en troquet,
avec une marmotte où qu'ya des
brocants en toc quT met en tom-
bola à deux croques le bilTeton. »
— BOITE DE LIVRAISON. Bal-
ladeuse,
« De mise simple, une balladeuse au
bras, elle jouait les trottins et s'était
fait une clientèle importante de
vieux messieurs. »
— BOITE A CIRE pour em-
preintes. Buite de ou a Pandore.
Sézig sort, quand il sa dérrîngue,
L'a jacque, un làchard, un bibi,
L'ncî boite à Pandore, un lingue,
In bagaf et tout, le fourbi.
(L. DE BCRCY.^
— BOITE A LETTRES PARTI-
CULIÈRE. A/ou^eo//ff (de Mou-
§cot, nom du sous-secrétaire
*État qui en est Tinventeur).
«« La mouoeolte^ dont il nous a été
donné de voir le modèle, est élé-
iiante et rendra certainemeut de
grands services aux particuliers
qui l'adopteront. »
{Le Petit Journal.)
— BOITE A ORDURES. Poubelle
(du nom du préfet de la Seine
qui rendit un arrêté y relatif
en 188:)).
Maiut'nant, qu y dis'nt, la TÎe est belle,
Les pauvr's y n'ont pus grands besoins.
Œt r fait est que d' puis qu'y sont loin
iin'a pus qu' du vent dans \eun poubelUt.)
(Jeuax Rictus.)
^ BOITE A VERS pour la
pt^che. CaloUée,
M Le père Salin recueille les asticots
dans des bottes de fer-blanc qu'on
nomme calottées. »
(Privât d'Axgiemoxt.)
KOITER. Appeler au feu, Béquil-
1er y Paire cinq et trois font huit.
Tortiller.
Faut la guigner, le long de la lansquine,
Béguillant du bid', tortillant du figne !
La quiir de droit', qui va toute' qu'y a d'dif,
Semble jacter : « Au rif!
<• Au rif! au rif! •
Tandis que la gauche ^ bonit :
« Viens-y, viens-y, viens-y I »
Et qu', par iderriér', le lézéiu
Souffle dessus.
(Traduction argotique de la Boiteute,)
BOITEUX. Banban, Béquillard,
Béquilleur, Béquillcuœ, Bogingue,
Cinq et trois font huit. Jambe de
laine, Patte folle, Tortillard.
H Faut pas s* fier à c* qu'il est jambe
de laine, V sait tout d' même se
donner ça! »
« L' Matelot qui s'est fait arnaquer
au Tonkin par les paius d'épice est
rev'nu patte folle et fait cinq et trois
font huit : il appelle tout ï temps
au feu, »
— BOITEUSE. Bonbon, Gambil-
lotte.
BOMBANCE. Bombe (apoc.)» Gobe-
lotage, Gobichonnage.
— FAIRE BOMBANCE. Faire la
bombe.
BOX. Altèque *, Aux oignes ou Aux
petits ogîions, Aux pommes, Aux
truffes, Bath ou Batif, Bono,
Channe , Chendtre * , Chenu ,
Chouette, Chouetto, De la chocotte
ou choquotte, Gourd *,Gours*, Rup,
Bupin, Schbeb, Schnuc, Schpill,
Snoboye, Urf. V. Beau, Bien.
— EXCESSIVEMENT BON. Aux
oiseaux, De derrière les fagots.
(( Je vais vous préparer un déjeuner
aux petits oignons, vous mVn direz
des nouvelles. »
{Le Pilori.)
« — A la vôtre, mon capitaine...
— Bono\ déclara Hurluret, en suçant
le retour de ses fortes moustaches. «
(G. COORTIUMC.)
Deui glass's d'eau d'af ! Et d* la jaune !
C'est schpill et ehaunel
Nous en grattons pour le fil :
C'est ehaune et schpill.
Sur le trime on pass' la noyé ;
Faut du snoboyel
(L. DE Bebct.)
(( En ce pasquelin de Berry, on m*a
BON
65 —
BOR
rouscaillé que tnicher étoit che-
nastre*. »
[Le Jargon.)
En reveDanl de Dijon
La boite ziguezigue, la belle zigiie zon,
Je renrootre une fontaine,
Zigu' zoo zigu' zon zaine,
Je rencontre une fontaine,
Aux oiseaux !
(Vieille chanson.)
• Chaque fois qu'il s'apprête à sortir
un de ses nideux a-peu-pn^s, il
prévient son auditoire : « Ah! en
voici un de derri&e Us fagots 1 »
(B. Duous.)
— BON GARÇON. Bon fieu.
V. Bienfaisant.
BOXAPARTISTE. Badingdteiix,
Badingouin, Badingue, Badin-
gueulard, Badingueusard, Badin-
guisle, • hnpérialeux, Impérialo.
V. Napoléon.
BOXHEUR. Veine.
BOXI. Babiot, V. Bénéfice.
BOXJOUR. Bon luisant. Bonne
luviardey Chenu reluit,
BOXXE. (Domestique). Bobonne,
Bonniche.
« Faut qu' la bonniche plume avec
môssieu, sans quoi on la jette. »
Sur la route de Narbonne,
Bras dessus, bras dessous.
S'en allaient deux tourluurous,
Arec un' petit' bobonne,
(Ed. Teulet.)
BOXNET. Aubion \ Loubion, Mir-
quin *.
« 11 fautigo avoir le loubion en poigne
pour leur jacter. »
(Labchcy, d'après Rabasse.)
— BONNET DE COTON. Cosque
à mèche, Eieignoir.
« 11 vint ouvrir en caleçon, encore
coiffé de son éteignoir, »
{La Gaudriole,)
BONNETIER. Bonnet de coton,
Bonneton, Loubionnier, Pâturai,
BONSOIR. Bonne ou chenue sorgue
ou 8ome^
BORDEL. Abbaye de s'offre à tous.
Atelier, Bazar, Bac, Bocard, Boc-
card, Bocson, Boxon, Botte à gon-
zeases, à grues, à pantes ou à
pantres, Boucan*, Bouic, Bout-
bonis, Bouis, Bousin, Bousingot,
Brick, Carreaux brouillés, Clac,
Clapier, Claque, Claquebosse, Cla-
quedent, Claquemart, Chez la
mère, Chez ces dames, Couvent,
Gauledouze yGros numéro. Magasin ,
Magasin de blanc, de fesses. Mai-
son, Maison bancale, Maison close.
Maison fermée. Maison Tellier,
Tôle ou Tôle, Volets verts. On
désigne encore un bordel en le
nommant par son numéro, par
le nom de la rue où il est situé,
par celui de la tenancière ou
celui d'une enseigne disparue
ou supposée : Le 406, Chez la
baronne, Chez Jeanne, Chez la
Farcy, Le Chabanais, Le Joubert,
La Botte de paille, etc.
« Quelques argotistes appellent le
lupanar ; Aboaye de s'offre à tous ;
à mon avis, cette locution ne dé-
signe que la fille de bas étage qui
est, si on veut, un lupanar ambu^
tant, mais qui ne saurait jouir de
la méine tolérance que les maisons
closes, objet de toute la sollicitude
de Dame Police. »
(J. PlAXEI.LI.)
« Il l'avait mise en atelier dans un
bazar de Vincenncs où fréquentent
les artilleurs. »
{L'Événement Parisien.)
Fuis il a fait de sa roulotte
Un petit bocard ambulant.
(Bl^dort.)
Une troupe de marocains
Dans un boxon était en rnt.
(Max Myï^o.)
Et, la pommette moirée
De couperose, il s'en ra
Finir gainient sa soirée
Au bouic de la Génova.
Vifc le flac,
Qu'il TÎenn' d'un gibier qui trimarde
Ou ben encor d'un' mômignarde
Qui marne en ctacl
(L. DE Bercy.)
5
BOR
— 6C —
BOS
M'siea Bérenger! Faurait qu'on fasse
Des claqu^-dentt pour les animaux 1
(JbBAN KlCTDB.)
C'est Duhamel qui reçoit i la porte;
Et celui-là sait tenir un' maison !
(Chansons du Chat Noir.)
« 11 demanda au cocher de le con-
duire dans une maison fermée- »
(GOROM.)
« Quelques-unes de ces brasseries
où servent des filles vaguement
vêtues de défroques carnavalesques
sont de véritables maisons Tellier. »•
« On allait guincher à Auteuil, chez
Bonelli, 1' lundi avec les gonzesses
de tôle en sortie. »
... Faut qu' ça finisse!...
L* ministère on va te 1' vider,
Moi, j' veux l'iatcrpelier i' minis^e...
L'n d' CCS jours... ei' toux lui d'mander
S'i' s' fout d' la KepuMiqu' Franç.iiî»e !..
L'n' deux!... J' m'en vas, en attendant,
Boire un coup au OG,
A la santé du Préfiiient!
A. B. Les Souloloqitet d Honoré Conttant.)
'< — Eh bieni vous plaisez-vous dans
votre détachement?
— Médiocrement, mon colonel.
— Ck)mment? Jolie petite ville, belle
campagne, superbes promenades,
la mer...
— Ça mangue de claque-bosse \,.. »
{Les Gaietés du régiment.)
« J'ai rhonneur de vous prier, mon-
sieur le préfet, de ne pas confondre
rétablissement (|ue je veux monter
avec ceux déjà existants dans la
capitale, avec ces mauvais clapiers
dont la situation, la malpropreté
et l'espèce de feuinies qui les nabi-
tent, sont faites pour écarter tous
les honnêtes gens, ainsi que le peu
de sûreté qu'on y trouve, tant indi-
viduelle (]ue pour la santé, parce
qu'on n'y trouve ({ue la lie des
femmes qui fréquentent sans choix
et indistinctement toutes les classes
d'hommes qui osent les aborder. *»
{Lettre d'une dame de mniaon au préfet
de police.)
La belle Victoire, après une vie de
bâtons de chaise, ayant hérité
d^une vieille tante dévote, se mit à
tenir un magasin de fesses dans un
quartier discret fréquenté par do
pieux personnages.
{Les Propoê au Commandeur.)
« Désirant une maîtresse, il allait se
galvauder dans les magasins de
olanc du quartier Montrouge. »
(HuYSMAMt.)
— BORDEL CLANDESTIN. Mat
son de passe.
'< Eh quoi ! une malheureuse que a
faim, la misère poussent sur le
trottoir est exposée, à chaque mi-
nute, à ^tre ramassée dans une de
ces rafles qui, de temps à autre,
soulèvent de dégoût le cœur de
Paris, et, dans ces lupanars auto-
risés, où la gargote du jour sa
transforme la nuit en maison
de tolérance, à moins que ce ne
soit — pis encore 1 — en maison
(le passe^ la police laisse, sous son
œil bienveillant, avec la fameuse
permission de 3 heures du matin,
sp pratiquer le marchandage de
chair humaine le plus éhonté. le
plus révoltant qui se puisse imagi-
ner. »
{La Nation.)
BORGXE. Boiteux d*un châsse^
Borgniat, Caliborgne, Calibor-
gnorif Calorgne, Carreau à la
manque J Châsse à la noiXy Guigne
à droite ou à gauche (suivant
le cas), Lorgne, Lorgnoty Tape-à-
VœiL La plupart de ces expres-
sions sappliquent également
aux personnes atteintes de stra-
bisme.
(( r s'est fait crever un châsse en
s' cognant avec la rousse et, main-
tenant, les poteaux y ont donné un
nouveau sobre, vu qu'il estcyclope.
Ts rappellent l* LorgnoL i>
BOSSE. Armoire à glace, Bombey
Cage, Caillou, C loque ^ Durillon,
Fromage,Grain de beauté, Gruyère,
Mont'Dore et généralement tous
les noms de fromages.
Moi, j' Teiix épouser un* bosco.
Comm' ça, si avant, i' n'y a qu' la plac«|
J'y dirai : m Laiss'-moi, mon coco,
«< H'otcuper su' l'armoire à glace. »
BOS
— 67 —
BOU
« r l'a charriée dans les grands prix :
— Quéqu* t'as su* l'râpe ? qu'i' y a
dit, un mont-doret un caillotil un'
cage ou un durillon ? Ah ! niinc^ de
grain de beauté ! »
«c A Ta avoir un salé. Allume la
cloque qu^alle a su* 1' bide. »
BOSSU. Bobosse, Bombéy Bosco
(invar.), Boscot, Bosscmary Bou-
lendos, Gob, Gobin^ La cloque, La-
gardèrCy Mayeux,
« A cause de sa gibbosité, ses petits
camarades ne rappelaient plus que
bobosse. u
(E. Dlhl's.)
« L* bombé est pins maraud : i' va
dans les marchés et fait toucher
son caillou pour deux ronds aux
mercandiëres, qui disent que ça
porte bonheur. »
« — Hé, la Boscotte, cours pas si vite,
tu vas la laisser tomber en route. »
(G. Maldagnb.)
K — Tiens, v'ià ÎMgardere qui passe :
allume Quasimodo!... C'mment
qu*ça t'va, la cloque!... Dis donc,
hé! loin-du-ciel, c* quTs sont tous
mayeux dans ta famille ? »
BOSSUER. Crabosser. V. Abîmer.
BOTTE. iChaussure). Bobelin,
Pompe, Schtibe, Tinette, Trottine.
« 11 avait une paire de bob'lins qu'un
fourgue du Carreau y avait laissé
pour deux points; on aurait dit des
schtibes d'égoutier. »
— BOTTE DE PAILLE. Paquet
de plume de trois ou sijc pieds.
V. f aiUe.
BOTTINE. Bobelin, Latte, Lattine,
Trottine, Ti^ottinette,
« J' m*ai payé un doulosse à la mode
et eun' paire de lattines vernies
épatantes. »
J'en connais des tas... des peinards
Qui s* font casquer par leur lesborabe
Des trottineiV et des Touil'nards,
Au lieur que moi faut nue i' me bombe.
(A. B.)
BOUCHE. Affamée, Angouléme %
Bec, Bécot, Boccabelle, Boiter
Caisse d'épargne, Cassolette, Col-
lecteur, Ègout, Évier, Fente, Gaffe*,
Gargarousse, Gargoine, Gargotte,
Gargoiianne, Gargouenne, Gar-
goulette, Gargue, Gobeuse, Goin-
frette. Goule, Goulot, Groin,
Gueule, Gueulette, Malle ^ Mar-
mouse", Mornas \ Mornée *, Afor-
nos *, Pantière *, Pantière à
miettes *, Pertuis, Plomb, Porte-
pipe, Poubelle, kcspirante. Rue
au pain, Salle à manger. Tirelire,
Trou.
« V déclare tout Ttemps, un boyau
d* vide et Va/famée ouverte. »
Son nez est une miniature
Kt 9on bécot est si petit
Qu'on se dit que Dame Nature
Dût lui défendre l'appélit.
(L. DB BncY.)
Donn' ta boccaheW, ma cocotte.
Donne à ton p'tit homni '; qu'i' t' bécotte!
Donn' z-y ta l)eU' j^ueu/eZ/e en or;
Donn' là, ma môme... Ëiicor... encor!
(BlAdort.)
D'un' Toilure un' voix m' cri' : •» Ferme
Ta boUe, eh! paquet!...
(ËcG. LiMucm.)
u C qu'i' bouffe I c' qu'i* s'en file dans
la caisse d'épargne... que garguel »
(• Madame est fine gueule : a mange
pas d'ail, aile a 1' flube d' plomber
d' la cassolette, »
«< — Alors, je vous permettrai de
foutre votre grain de sel dans la
discussion ; jusque-là fermez votre
égout. »
{Le Pire Peinard.)
Aussi, bon Dieu! j' me plaindrais pas
Si j'avais d' quoi m' boucher la fente^
A Mazas.
(A. B.)
Eb ben ! oui, j' suis bu. El puis, quoi?
{}u6 ail TOUS voulez, messieurs d' la rousse
Est-c que vous n'aimez pas comm* moi
A TOUS rincer la gargarousse t
(J. UicHBPin.)
La vieille a dit : Prenez donc, les gas
Soûle, soûle.
Rincez-vous la goule-,
La Tieille a dit : Prenez donc, les gas,
Tout l'argent que j'ai dans mon bas.
(iD.)
BOU
— 68
BOU
« r n* peut pus bouffer que d^ la
bouillie et a la panade : i' n'a pus
d' tabourets dans la gargoUe. »
« — Mais, ferme donc ta malle ! mais,
vas'tu la fermer un peu, tonnallet »
((j. GODKTILIKR.)
Et tool Ta — oue je poiise ou truche —
Grinfçue de huche ou pue en cruche
De la marmoute * au lézélu,
Mariuro, lonfa, tureln.
(L. Di Berct.)
« Toujours à ouvrir son plomb l — Tu
ne sens donc pas que ton pertuis
emboucane? »
[La Bavarde.)
t Si je lui payais la goutte, car il
aime furieusement à se rincer le
porte-pipe. »
(Vidai..)
n A Serait gironde si qu^elle aurait pas
un ch&sse à la manque et deux
tabourets de moins dans la salle à
manger ; avec ça, a gazouille de la
reapirante^ que c'est un vrai prin-
temps. »
« — Colle-toi c'tte soupe-là dans la
tirelirel tu m'en diras des nou-
velles, n
— On dit aussi Trou à pommes
de teire, Trou à légumes,
Pertuvi àpairij ainsi que les
mots désignant plus spécia-
lement la Gorge ou la Mâ-
choire.
— GRAIVDE BOUCHE. Coup de
sabre. Gueule de raie. Placard.
^ BOUCHE PATEUSE à la suite
de libations. Gueule de bois.
Oui, j* me suis soûlé comme un veau...
J'étais plein... rond comme un' barrique!
Bon Dieu! j' boirais ben un verr' d'eau,
J'ai la fTueui' sec comme un coup d' Irique.
Ah ! c'est épatant c' qu'on boit,
Ouand on a la gueul de bois.
(A. B. Les Souloloques d Honoré Constant.)
BOUCHÉE. Mornée \
BOUCHER. Barhaquier, Chevil-
lard, Crignolier *, Cnnolier *,
Criollier*, Égorgeur, Fraudeur*,
Loucherbem. V. Jargon.
ff Nous allons barbotter la cambrioUe
d'un garçon crinoUer*. >»
(Camlih.)
Et ^ Taut pas 1' coup... c'est d' la peau !..
Moi j' suis gonzesse d* loueherbéme.
Un soir qu'a m' fra trop lierchèroc
J'y fous mon vinet-deux dans la peau.
' ^ (A. 60
BOUCHERIE. Mornée*.
BOUCHOX. Godiche, Gadin, Gali-
fard.
Faisons sauter d'une négresse
Le gali fard ! Et toi, bougresse,
T'en coque un au boue poilu !
Marluro, lonfa, turelu !
(L. DB BaacT.)
« Ils passent leur matinée à jouer au
gadin. »
BOUCLE. Attache. V. Argent.
— BOUCLE D'OREILLE. Bro-
guille. Gourde *, Mirzale *, Pen-
dante.
« 11 avait fauché les pendantes à sa
dabe pour les mettre au Planque. »
BOUDER. Faire du boudin, Faire
son aquilin, son blair, sa gueule,
son nez, sa poire, Tuber.
y sais ben pourquoi ta fais ta gueule
C'est paç' que j' suis qu'un pa uv' charr'tier .
(F. MtraAT.)
BOUDIX. Vit de nègre.
« M. Piquelard. voulez-vous, s'il vous
plaît, nous donner deux sous de
vit de nègre et une saucisse plate. »
BOUDOIR. Foutoir (obscène).
Dans son foutoir en satin crème.
Par un beau soir, elle accorda
A Jean la caresse suprême.
BOUE. Bouillabaisse, Bouillie, Bous-
caille, Confiture, Crème au choco-
lat. Déflaque, Marmelade.
M C'est de la poussiôre à vous aveu-
gler ou une bouillie qui vous monte
jusqu'aux chevilles ; il n'y a pas
de milieu. »
{Le Pilori.)
Arrête, arrête, cocher I
Ua femme est tombé' dans la marmelade.
( Vieille chanson.)
BOU
— 69 —
BOU
BOUEUR. Boueux, Bouscailleur.
BOUFFI. Bouffe-la-balle, Se dit
é^^aleinent pour Goinfre et pour
Naïf.
BOUGE. Bagnole, Baraque, Boui-
bouis, Bousingot, Cagnard *, Che-
nil, Franc % Garou ", Pougois *,
Pogois*, Tapis -franc *, Vain
guelier \ V. Cabaret.
BOUGER (x\E PAS). Faire sa
dalle,
BOUGIE. Ardente, Calbombe, Cal-
bonde, Camouffe, Camoufle, Canne
d'aveugle, Lallemande, Luisante,
« — Étouffe V ardente, ya du trépe
qui monte. »
« Pour faire voir ses trucs d'ombres,
il éteint toutes les calbombes. »
« r s* met la camouffe toute allumée
dans r prose el faut qu' celui qui
s'y colle l'éteigne en courant après
autour de la carrée. »
« — Mets ta canne (V aveugle dans la
sourdoche et file-moi le suc de
pomme. »
« — Allume Vnllemande, on n' voit
qu* pouic dans la condition ! en-
tends-tu? éclaire la luisante, que
y le dis! n
BOUILLIR. Marmouser\
Et croulerons sa jaffle aux romes
Qai marmouie * ea le marmouset.
(L. DE Bbbcy.)
BOUILLON. V. Soape.
^ MAUVAIS BOUILLON. Bouil-
lon aveugle.
Et, dans le fond, un autre meugle
Qa'on lui sert un bouillon aveugle
Avec, comme tiaudc, un sous-picd.
— BOUILLON ET BOEUF. Ordi-
naire. Dans l'arg. des polytech-
niciens, Gras-bœuf.
« 11 vient de s'ouvrir une nouvelle
gargote où ïordinaire est à sept
sous. »
BOUILLONNER. V. BoaiUir.
BOULANGER. Jocko, Lartonnier
« Le jocko était un pain long, appelé
ainsi du nom d'un singe qui fit
fureur à Paris vers 1824 et pour
qui, paratt-il, on imagina cette
forme de pain à cause de la croûte
au'affectionnait ce quadrumane ;
'où Ton appela pendant quelque
temps les boulangers jockos. »
(HECToa Franck.)
La lartonnière a des radis
Qui ne lui roûtcot gninte
Je les ai rrimés, je vous 1' dis...
{Traduction argotique.)
BOULANGERIE. Boulange.
BOULEDOGUE. Boule.
« r fsait enrager 1' boute au lou-
cherbème qui l'a chauffé aux jac-
quots et qui y en a enPvé un
morceau. »>
BOULEVARD. Banc, Banc de
Teire-iSeuve, Boni, Estrade.
« Quand on s'ennuie, on dit : Viens
tu au banc faire un tour? •
{Le Sublime.)
c< Le Banc de Terre-Neuve est la par-
tic des boulevards comprise entre
la Madeleine et la porte Saint-
Denis; allusion aux u morues »
qu'on y va pêcher. »
(L. Labcuby.)
Eu faisant nos gambades,
In grand messièn; franc,
Voulant faire parade,
Sort un bogue d'orient.
Après la gambriade.
Le filant sur l'estrade^
l>'csbrouf je l'estourbis.
{Chanson argotique de fSSO.)
BOULEVERSEMENT. Cham-
hard. Chambardement.
«( En réalité, le chambard aue les
socialos rivent se borne à cnanger
les étiquettes, à recrépir la façade
et autres fumisteries du même
blot. Avec eux, au lieu d'être
exploités par un patron, on le
serait par l'État... au lieu de tou-
cher notre paye en pièces de cent
sous, on nous la cracherait en bil-
lets de banque baptisés « bons de
travail. »
{Almanaeh du Père Peinard, 1894.)
BOU
— 70 —
BOU
H Sur nos débris, d*autres races sur^
giront, qui ne comprendront ni
notre histoire, ni nos mœurs, ni
nos sottises, ni nos crimes. Table
rase! Le jour du grand chambar-
dement est proche. Les bruits pré-
curseurs des tempêtes s'élèvent de
toutes parts. »
(IIectoh Frakcb.)
BOULE VERSEn . Chambarder ,
Chamberter.
u En rentrant, a n'en pouvait pus
parler ; tu penses si ça l'avait cham-
hardée d'avoir coupé à la rafle. »
« Il a chamberté toute la tôle et ba-
lancé la cuvette par la fenêtre. ^
BOUQUET. Pleurant.
BOURDOX. Fille galante.
BOURG. Bourgeois % Vergne.
V. ViUe.
BOURGEOIS. Les expressions
sont multiples pour désigner un
bourgeois et diffèrent selon l'état
ou la qualité de qui s'en sert;
elles sont toujours empreintes
de mépris ou de moquerie. L ar-
tiste ait Épicier, Mercier j Philis-
tin, V. Ajrriéré; Thomme de
lettres, HomaiSj Prudhomme; la
petite dame. Monsieur, Monsieur
bien, Type ; le souteneur, le
bandit, Bîffard, Pante, Pantre ;
le troupier, Amateur, Particulier,
Pékin, Pétrousquin; enfin, Tanar-
chiste dit Garé, Jouisseur, Repu.
« Il m'a pourtant toujours semblé à
moi, que cette propagande ne pou-
vait avoir d'effet que dans un
monde où les principes de la Révo-
lution eux-mêmes ne sont rien, et
dès lors, de quoi peuvent bien s'in-
quiéter les farouches Uomais de
celui-ci? •
(Alixa.^dib Hbpp.)
<( Une amie lui proposa de l'emme-
ner à un diner, un grand dîner
donné par des messieurs bien, et
elle accepta. »
(SiVBBIIIB.)
« Figurez-vous qu'un type s'est toqué
d'elle. >»
(J. MàBNI.)
Du biffard étouflons le pèze!...
Et s'il veut cribler, on rapaisc.
(L. DE Bercy.)
« S'il ne s'agissait que de refroidir
MTL pante et une couple de largues,
il nous aurait emmenés, pour sûr. *»
(P. MàHALIR.)
a C que c'est encore que c' particu-
/ter- là ? Sommes pas des pékins,
ici, mon garçon?... Pas au r'giment
pour faire Vamaleur; tendez? scron-
gnieugneu! »
(Ch. LiaoY.)
ÉcrasoQs sur les parés
Les richards et les gavéi.
(J. RicaiPiii.)
Tous ceux-là qui tenaient le faîte :
Le corrupteur, le corrompu,
Le jouisseur et le repu ;
Tous aujourd'hui sont de la fête.
(Blédobt.)
BOURGEOISE. Dabuche, Dabuge.
BOURGEOISEMENT. A la papa,
il est des excès que l'ou ose :
11 ne faut uas qu on s'ankylose
A faire à la papa la chose...
(L. oB Bbrcy.)
BOURRADE. Renfoncement, Trim-
ballement.
(C II a reçu un fameux renfoncement.
J'^ ai nié un trimballement de pre-
mière dans l'estome. j»
BOURRÉ de nourriture. Gave,
Gavé, Gaviole.
« Pourvu que les portes du bagne ne
soient pas encore ouvertes quand
nousarriverons!...etque les forçats
ne Boieut pas déjà gavésl... »
(0. HiaBiàD.)
BOURREAU. Abbé de Cinq-
Pierres, Abbé de Monte-à-regret,
Accordeur de la camarde, Ari-
coteur *, Beau- fils *, Brimard *,
Buteur, Chariot, Cocu delà Veuve,
Coupe - toujours, Embourcux *,
Faucheur, Marieux*, Mec de la
Catnarde, Mec des gerbiers. Per-
ruquier de la Sérieuse^ Roastre *,
Tôlart", TôU\
BOU
— 71 —
BOU
« — Et pis auoi? j'irai à coaiberge à
Vabbé de iing- Pierres ! »
{Le Crime de la rue Pierre- Leroux.)
L'accordeur de la Camarde
Te coupera le sifflet.
La Tulipe Tovant la sienne
Montée en belle et bonne chienne
Eût mieux aimo voir un «erpeut.
Ou le beau-fils * qui rompt et (lend
Ceux qui point dans leur lit ne meurent.
(Vaué.)
Nous faudra aller 5ur la butte
Porter notre (joire à Chariot.
{SIémoires de Goron.i
Pas ne gravait oinguons peller
Dont Vemboureux * lui lomnt le suc.
(Fbançoi» Villon.)
Goualons et faisons-nous du lard '.
VîTent la godaille et la tronche !
... Peut-être qu'un jour au tôlard *
11 faudra coquer notre tronche.
(L. DE Bercy.)
« Cette sacrée machine qui se pro-
mène à travers nos départements
(je l'ai vue en Corse) montée comme
une automobile par le père Coupe-
Toujours^ raccourcit bien des torses
et tranche bien des fils de vie. »
(E. Beagebat.)
« — Si je le laisse dehors, pensa l'as-
sassin, il va ameuter les environs...
des gendarmes faisant leur ronde
peuvent passer, et ils s'informe-
ront... et alors care au perruquier
de la sérieuse.,. Non! je ne me lais-
serai pas comme ça rafraîchir les
douilles. »
(Edmond LspELLrnKB.)
— BOURREAU DE H ART. Bé-
QuiUard*^ Béquilteur*. V. Pen-
dre.
— BOURREAU DE BAGNE.
Boye*, Toc.
<( Es autres la crainte de mort do-
mina sus telle honte. Iceux, avoir
à belles dents tiré la figue, la mons-
troient au àoye*^ apertement, di-
sans : Ecco lo fico. »
(Rabelais, L. IV, ch. xlv.)
— BOURREAU QUI N'E8T PAS
FILS DE BOURREAU. Bince,
Bingre^ Bingue,
Et pendant que V bingue V s'apprête
A poter son doigt tu* l* boHt^»,
1/ marie i* dit en passant sa tête ;
V'ià Mouificur 1' bon !
(A. B.)
— AIDE-IIOURREAU. Mécani-
cien, Pholographe, Soubrette à
Chariot.
« Parait qu'avant qu' les soubrettes à
Chariot ayent eu l' temps de V bas-
culer su' la Louisette, il a dit au
revoir à la tierce. »
'< Pour moi, tu s'rais-t-y V marie des
maries, l* costeau des costeaux, du
coup que V photographe t'a agriché
par les es«,H)urdes pour te coller
r klki dans la lunette, tu dois d'jà
avoir eT raisiné llgé. »•
BOLHHEK d'aliments. Empaffer,
Empiffrer, Gaver, Truffer. Ces
verbes s'oniploient plus spécia-
lement sous la forme réfléchie.
M Nous allons à la (^ourtille nous four-
rer du vin sous le nez, quand nous
sommes bien empaffés. »
(Vidal.)
On a guinch<^ chez les comtesses,
Ou s'a empiffré aux buffets.
(Jehan Kictds.)
Lui qui gavait pus d' cinq mille hommes
A\ec trois pains et sept poissons.
u Ils s'étaient tellement gavés qu'ils
s'endormirent tous trois sous la
table. *»
BOURSE. Artichaut, Artiche, Bou-
chon *, Bougette, Bouline, Cra-
paud, Crépine, Esquipot", Filoche,
Hane*, Morlingue, Pelote, Plotte,
Pouchon, Bat, Redin, Réduit *,
tt 11 avait un cent de linvés dans sa
poche et vous y avez secoué ïar-
tiche. »
(0. MlTÉRIEB.)
Ou d'air pur tu te rempliras
Si dans ton crapaud y a pas gras.
{Litanies du cavalier.)
et La plupart des bourses des campa-
Snards sont en cuir, d'où crépine,
érivanl naturellement du travail-
leur en cuir, c'est-à-dire du « cré-
pin. »
(HECTOR FlUBCf.)
BOU
— 72 —
BOU
a — Si ta filoche est à jeun... »
(E. Sue.)
« Pendant que l'vieux mettait ses
trottinettes à la porte, la m^me lui
avait chaulTé son moriingue dans la
fouillouse de son alpague. »
(A. B.)
— BOURSE SECRÈTE que les
condamnés portent à même la
peau. Mahomet,
BOURSE (LA). Fourmilion au
beurre, V. Marché.
— JOUER A LA BOURSE. Bat-
tre le beurre,
— QUI JOUE A LA BOURSE.
Boursicoteur,
BOUSCULADE. Chahut, Cham-
bard, V. Bagarre.
BOUSCULER. Chahuter, Cham-
barder, Chamberter, Dinyuer, Sa-
bouler.
« —Ne me chahute pas, je ne suis pas
dans mon assiette. »
« — Qui est-ce qui est encore venu
ehamberter mes paperasses? »
u Ils trouvent très amusant de visiter
les brasseries sans rien consommer
et de tout y chambarder, »
BOUT. Loubê, V. Jargon.
« — Passe-moi un huhé d* lapierpem
pour m^essuyer le foiron. n
^ BOUT DE CIGARE ou DE
CIGARETTE. Mégot, Orphelin,
Près des théâtres, dans lea gares,
Ëatre les arpions de^ seryotg,
C'est moi que j' cueill' les bouts d' cigares,
Les culots d' pipe et les mégot».
(J. KlCHBPltl.)
— BOUT DE PAIN. Chignon,
y suis ben partout. Ej* me contente
D'un chignon iï pain à chaqu' repas.
(A. B.)
— JUSQU'AU BOUT. Jusqu*à la
garde ^ Jusqu'à la gauche, Jus-
qu'à plus soif,
u — Vous serez consigné jusqu'à la
gauche \.„ C'était son mot ce ti Jus-
qu'à la gauche », une expression
de caserne qui ne signifie pas
grand'chose, mais personnifie Téter-
nité. »
(G. CoOaTBLIMI.)
BOUTE-EX-TRAL\ . Folichon-
neur, Rigolo,
a II est toujours en train, c't animal-
là, c'est un rigolo comme y en a
pas deux. »
BOUTEILLE. Chandelle, Chôlette,
Demoiselle, Fille, Flatteuse, Gou-
lotte. Grande fille, Lampion,
Viens, je te paye une chandelle
Dans les bosquets de Ramponneau.
{Vieille chanson.)
« Y a pu' d'huile dans le lampion, dit
Boizamort. »
(LàOlMlR.)
L'avaloir trayaillait ; on jouait des fourchettes
Surtout ou pitauchait. Plus de doute ehôlettei
D'un petit tortu blanc des plus délicieux...
(PaOTàT.)
— BOUTEILLE DE VIN BLANC.
Blonde, Dame blanche.
« — Une dame blanche, dit Gugusse
au patron !... Et du meilleur !
(Catailu.)
^BOUTEILLE DE VIN CACHE-
TÉE. Bouchon,
« — D'un vieux bouchon mouillons-
nous le cornet. »
— BOUTEILLE DE VIN ROUGE.
Aubergine, Betterave, Is'égresse,
Pivoine,
« — Une aubergine par ici, nous cre-
vons de soifl »
Moi, c'est du rouge! A la cave
Dégringole sans tarder
Et remonte une bett'rave,
a Encore une négresse qui avait la
ffueule cassée. »
(E. Zola.)
((
— Allons, séchons encore une
pivoine avant d'aller nous coucher. »
— BOUTEILLE DE VIN VIEUX.
Rouillarde, Houille,
Gy, marpaux, gy. noua reraouchons
Tes rouillarde» et la criole
BOU
73 —
BRA
Qui parfame U cambriole.
Ho I salivergoes et bouchons .
(J. RiCUBPIN.)
-^ DEMI-BOUTEILLE. Demie^
Fillette, Petite fiile,
Ej' vas m' payer eun* demi d' vieux,
Ça me r'meltra Y cœur à sa place.
(A. B.)
Si j' troUTe encore ua roastroquet
D'oQTert, je m' paye euu' petit' fille.
(Id.)
^PETITE BOUTEILLE spécia-
lement destinée à aller cher-
cher de l'alcool. Trotteuse.
« Toute la journée, on la rencontrait
cachant sous son caraco la trotteuse
dans laquelle elle se faisait servir
six sous de goutte. »
— BOUTEILLE VIDE. Cadavre.
« A Taube, il se retrouva couché sous
la table du petit salon au milieu
d*un nombre incalculable de ca-
davres. »
{Paris la nuit.)
BOUTIQUE. Boucardj Boutanche,
Boutange^ Bouterne^ Boutoche^
Boutogue^ Boutoquey Piaule, Plan-
que. Tôle.
Un seul sentiment Tanim'ra,
Celui de griiichir gourdemeot :
Jome et «orgue lu poisseras
Boucart et baite chenument.
(VlDOCQ.)
Qui sont ces pègres-là ?
Des çriochisfeurs de bogues
Esquinteurs de boulogues ;
Lea conobres-tu pas?
{Vieille ehamon d'argot.)
m On Ta fabriqué pour fric-frac d'une
boutanche de lartonnier. »
— BOUTIQUE DE RECELEUR.
Fouraillis, Moulin,
J'enflaque sa limace,
Son bogue, ses frusques, ses passes,
Et fus au fouraillis,
{Chanson argotique de iSfO.)
— BOUTIQUE FORAINE. Lan-
diere,
BOUTIQUIER. Boucardier, Siam.
« La tôle était bath à faire, le bou-
cardier et sa marque étaient partis
à la cambrouse. »
BOUTOX. Rondin.
— BOUTON DE CULOTTE.
Loque.
— Tumeur. Bonbon, Bourgeon,
Jutant j Meringue. V. Âbcôs.
— A la lèvre. Babouin,
BOUTOXNEK. Bondiner.
H — Tu sais, mon homme, rondine
ton alpague ; il fait friôt ce soir. »
BOUTONNIÈRE. Perlotte (arg.
des tailleurs).
BOUVIER. Traîne-cocus.
« Le jour du grand marché, les traîne-
cocus encombrent les bistrots de la
rue d'Allemagne. »
BRACELET. Tire-mirettes.
t Ah! la sœur! a f'sait l'ser au ténor
tell'ment qu' tous les brocants du
lustre regiclaient de son tire-mi-
relies. »
BRACONNIER. Braco.
« C'est pas qui' soit feignant, mais il
est braco dans l'âme. »
BRAGUETTE. Boutique, Fenêtre,
Tabernacle.
« Il était entré en scène, sa boutique
déboutonnée. »
« Fermez le tabernacle, l'oiseau va
s'envoler. »
BRAILLARD. Gueule d'empeigne.
BRAILLER. Cribler. V. Crier.
BRANCARD. Jambe.
« En s' pelant, le gaille a cassé une
des jambes de la chignole. »
BRANLE-BAS. V. Boaleverse-
ment.
BRAS. Abati, Abatti, Aile, Aile-
ron. Anse, Ballant, Demi-aune,
Liant, Nageoire.
BRA
— 74 —
BRI
Er travail... c'est ça qui nous crève,
Mém' les ceui qu'est les mieux bâtis,
V*ià porquoi que j* m'ai mis en grève...
Respec' aux abattis.
(A. B.)
« — Appuie-toi sur raon atVe, et en
route pour Châtellerault ! »
(E. Ladicbe.)
« — Offre ton anse à madème ! »
« Rester toute la journaille, la demi-
aune tendue, à la porte d'une ra-
tiche, ça m'irait pas. »
« — Regarde-moi ça! si i' crosse avec
ses nageoires écartées ! »
BRAVE. Altéque% D'attaque, Gar-
çon, Gars, Gas, Homme, Mâle,
Poilu f Qui a des c.Mes ou du poil
au cul (obscène), Qui en a, Qui
est là, Qui n'a pas froid aux
châsses, aux mires, aux yeux,
Zigue.
« — T'y fie pas, i* n'est pas épais,
mais il est mâle : il en a, »
Les voici les iconoclastes,
Les bon» poilus audacieux.
(L. DE Bercy.)
C'est nous les joyeux,
Les petits joyeux.
Les petits marlous qui n'ont pas froid aux yeux !
(A. B.)
BRAVO! int. Bath ! Chic!
Chouette! Chouetto ! Gigot !Mouth !
Vrf!
tt — Mets-y-en un coup dans la tire-
lire ! Là ! touché, gigot ! »
BRAVO, subs. Foin, Tabac, Zinc,
V. Applaudissement.
BRAVOURE. Couille, Couilles,
Poil, Santé.
Oo sait bien qu'i' n'y a q' les fripouilles.
O'vant r danger, pour avoir d^s couilles.
{V. Paillette.)
a Comme j'étais fatij2[ué, je me tenais
mal. Thérèse, qui allait et venait,
me redressa le menton d^une taloche
amicale, en disant :
:— Du poil, vpyons petit, iixpoil]
Puis elle reprit le fleuret et se mit
en garde a ma place. >*
(J. RicaepiH.)
BREDOUILLE. Carton.
« Hier, a r'montait carton : a n'avedt
môme pas dégoté eune poire pour
y raquer sa consomme. »
BREDOUILLEMEIVT. Bafouil-
lage, Cacafouillage, Cafouillage.
« Là un grand sec rinterroeea sévè-
rement. 11 répondit par Te même
bafouillage à base d^ançlais. »
(Jean Jcllieii.)
BREDOUILLER. Bafouiller^ Ca-
ca fouiller, Cafouiller.
<( Y a pas plan d'entraver une broqi
de c^ qu i' bonit : i' bafouille comn
[ue
qu l' Donii : r oafoutue comme
une gonzesse en digue-digue. »
BREDOUILLEUR. Bafouilleur,
Cafouilleux.
BRETAGNE. Brutus.
BRETELLE. Soutenante.
— BRETELLE DE FUSIL. Trû-
mont (arg. de Saint-Cyr).
BRETON. Nigousse, Tête à poux.
«« C'était un nigouste. un breton bre-
tonnant, sale comme un peigne
mais brave comme un lion, m
BRIGADIER. Cabji, Cabot.
— BRIGADIER- FOURRIER.
Brig-four, Tambour.
— BRIGADIER DE PRISOX.
Griffeur*, Grif fleur*.
BRIGAND. Bérard *, Escarpe, Fer-
lampier, Godin. V. Bandit.
BRILLANT, subs. Diame. V. Dia-
mant.
— Adj. Chocnosof, Flambart.
V. Beau.
BRILLER. (Paraître). Flamber,
Frimer, Jouer, La donner, La jeter,
Péter.
BRI
« Des raretés qu'on offre à des filles
qui aiment a flamber, m
(Balzac.)
•• — Eh ben ! mon vieux, t'en as une
pelure et des brocants, cB.joue\ c^a
jyelte I ah ! tu la donnes^ sans char,
Tes bath ! »
T'as p'I'-ér m V cheval d'Eroe^se
^aand i' la donnait daus les camps?
(A. B.)
BRIMADE. Séance des cotes (arg.
des polytechniciens).
BRIMBORIOX. Bncole, Hroque,
Broquille,
m H passe son temps à regarder les
bricole» que les camelots étalent
sur le trottoir. »
{U Pilori.)
t Quéqu* c'est qu' ces hroquillesAii']
ca vaut pas un pet d' lapin; c'ebt
d* la roustissure. »
BRIS. Esquinte^ Esquintement.
n Le fric-frac, Vesquintement des
lourdes, ca lui va ; mais le dégrin-
Kolage à la dure, sur le rade, il ne
faut pas lui en parler. »
BRISÉ. Esquinté,
« — J'étais esquinté... Voilà vingt-
quatre heures que je n'ai rien
mangé. »
(Andrk Thel'ribt.)
BRISER. Esquinter, Prangir\
« Us avouèrent avoir été payés pour
tout esquinter dans le cabaret. »
{Le Journal du Peuple.)
BROC de vin. Commissaire *, Mo-
ricaud *, Petit homme noir *.
H Depuis TAmbigu jusqu'au thé<1tre
Beaumarchais et dans les quartiers
voisins, un broc de vin ou une
pinte s'appelle un commissaire*,
(DOFLOT.)
ff — Bourgeois, ajouta Boizamort,
passe-nous un petit homme noir *. »
(Ladiuir. )
BROC ANT AGE. Chinage, Panas,
— 75 — BRO
BROCANTER. Dibelûter, Chiner.
« Il bibelole toute l'après-midi autour
de l'hAtel. »
{Le Rappel.)
BROCAx\TEUR. Chineur, Pour-
gaty Fourgue, Panailleux, Pom*
madeur,
« Le brocanteur, achetant les meubles
brisés ou vermoulus et meistiquant
leurs (léTauts avec de la gomme
lamie, du vernis ou de la cire, s'ap-
pelle, dit Pélin, un pommadeur, »
'< Le peuple de Paris appelle marchés
aux pures ou marchés pouilleux
ceux que tiennent les panailleux en
dehors des fortifications. »
<« C'était la foire à la ferraille, tous les
fournats avaient étalé leur camelote
sur le canal. »
BROCUl RE clandestine, ifar-
ron *.
BRODER. Rrodancher,
Son frusque aussi sa lisette,
Lonfa, malura, dondaine.
Et ses lirauts hrodanchéi,
Lonfa, malura, doadé.
(ViDOCQ.)
BROXCIIER. Mouffeter^Mouveter,
« Les autres avaient beau l'engueu-
1er, il ne mouvetait pas. »
(H. HAaTIM.)
BRO\ZE (MOXXAIE DE).
V. Billon.
BROSSE. Couenne de lard\ Tas
de pointus,
BROUETTE. Choucarde.
« — Prenez le pinceau et la choucarde
et suivez le brigadier à la corvée
d'écurie. »
(G. HtRBBaT.)
BROl ILLARD. Abrouart*.
BROUILLE. V. Bisbille.
BROUILLER (SEj. Se plaquer.
~ vous ÊTES BROUILLÉS?
L'agrafe ou la ficelle est cassée ?
V. Abandonner.
BRU
— 76 —
BRU
BRUIT. Barouf, Boucan, Bousin
ou Bouziriy Chabanais, Chahut,
Chambard, Foin, Harmone, Mu-
sique, Ognon, Pet, Pétard, Po-
tin, Ûadada, Raffut, Schpromme,
Schproume, Tabac, Zinc,
« Tout le monde gueulait là-d'dans;
ça fsait un baroufl »
Qaé chahut d'main dans Paris,
Oh! la la, que bouxin d* voleurs!
(Jbhah Rictus.)
Ah ! ça prend dans les rues ?
Le chabanait^ ça mousse.
(V. Sabdod.)
Et c'est du ichpromme... et d' la jactance
Et du chambard... et du potin...
Ah! la salope! Ah! la putain!...
Y yen foutrai, moi, d' la rouspétance.
(A. B.)
Ts touss', i's crach', i*s font du foin !
l's éternu'nt : — Dieu tous bénisse.
(ID.)
Mais i' me raisonn', car tôt ou tard,
Populo, il aura la belle :
D'jà Jaurès veut fair' du pétard.
On verra comment qu'y s'appelle.
(J. lucTus.)
« — Tu sait comme elle est gentille,
j'ai pai voulu lui faire de tabac. »
(H. Lavbdan.)
« Elle fut saluée par une quadruple
salve de bravos : un zinc formi-
dable. »
— FAIEE DU BRUIT. Boucaner,
Bousiner, Chahuter^ Chambar-
der, Chamberter, Pélarder, Pa-
tiner,
«I Oh ! cHte vie I on chahute toute la
sorgue dans c'tte usine-là! on bou-
sine, on boucane ! c^est à qui rous-
pèt'ra r pus fort. »
C'est nous qui somm's les gardes
Municipaux ;
Droits comm* des hallebardes
Sur nos chevaux.
Peuple, si tu pétardes.
Nous montrons aux badauds
Que c'eyt pas dos manchots,
Les gard's municipaux.
(L. DE RcacT.)
— Nous avons jugé inutile
d'indiquer ici les innom-
brables onomatopées par
lesr^uelles on désigne les
bruits de toutes sortes : elles
n'appartiennent point à Tar-
got et on les trouve, du
reste, dans tous les diction-
naires français.
BRULER. Riffauder, Riffer, Rif-
fier, Ru/fer.
« — Tu m'embêtes!... C'est de la du-
perie... Je vais riffauder le bocard,
et en grand I »
(G. Ohrct.)
— BRULER LES PIEDS à quel-
qu'un pour obtenir son argent.
Suager ou Mettre en suage.
'< Si j'avais refroidi tous les garna-
fiers que j'ai mis en suage^ je n'au-
rais pas le taf aujourd'hui. »
(ViDOCQ.)
— BRULER U.\ CADAVRE pour
le faire disparaître. Le déména-
ger par la cheminée,
« Ils finirent par avouer qu'ils avaient
déménagé la baronne par lu chemi-
née, parodiant ainsi d'une façon
macabre une expression populaire
dont se servent les pauvres gens,
brûlant leurs meubles plutôt que
d'en laisser profiter un propriétaire
inhumain et rapace. »
(J. PlAMt'.I.Ll.)
— BRULER SES MEUBLES
lorsqu'on a reçu congé. Démé-
nager par la cheminée, V. la
citation précédente.
BRUME. Abrouart\
BRUNE. Some. V. Nuit.
~ A LA BRUNE. A la neuille,
A la sorgue, A la some,
BRUSQUE. Esbrouffeur,
a 11 est un peu esbrouffeur. Par
moments on croirait quil va tout
casser ; mais, au fond, ça n'est pas
un méchant homme. »
BRUSQUEMENT. A Vesbrouffe,
D'esbrouffe,
Le filant sur l'estrade
I/ethrouf je l'estourbis.
( Vieille chanson argotique de 1890.)
BRU
77 —
BUV
BRUSQUER. EsbroufTer,
« A peine était-il au quartier depuis
une heure que, déjà, ii avait trouvé
le moyen de se faire esbrouffer par
un adjudant qui lui avait collé
quatre jours. »
BRUTAL. Cheval, Cosaque,
m — Allez donc un peu plus douce-
ment, espèce de cosaquel »
{Paris la nuit.)
BRUYANT. Boucanier, Bousineur,
Chahuteur, Pétardiei\
H Une bande de boucaniers descendait
en hurlant le boulevard Saint-
Michel. »
{f.a f'ocarde.)
a Est-on bousineur dans ce bahut-ci ? »
(Les Institutions de Pari t.)
« — J'ai ici une clientèle de vieux
messieurs, des né^^ociants mariés
que je retrouve a jour fixe aux
mêmes endroits, dont je connais
les petites habitudes... C'est ma
rente et c'est le plus sûr. Avec
ceux-là, y a jamais de danger,
pourvu qu'on soit discrète et pas
pélardière, c'est comme cela qu on
se les attache. J'appelle ça mon
fixe... Le reste, c'est du rasuel... »
(0 MlTK.HIKH.)
BUREAU. (Meuble.) Burlin, Bur-
lingue, Care à fafiots.
— Pièce où Ion travaille.
Boite, Burlingue,
« Je jaspinerai sur ton gniasse! Et
pas plus tard que demain uu bur-
lingue du quart. »
(0. M^T£:fi».)
— BUREAU DK PLACEMENT.
Enfonçoir, Planque à larbins.
Suce-larbins.
« Des bonniches qu'on sait pas d'où
qu'a viennent et qu'on a été cher-
cher au suce-larbins. »
— BUREAU DE REMPLACE-
MENT MILITAIRE. Trou
Cfogre *.
« Les « ogres » étaient les agents
de remplacement, les marchands
d'hommes; et leur office s'appelait
trou d*Of/re *. »
— BUREAU DE NOURRICES.
Élal.
'« — Allez à Vélal, lui dit-elle, et choi-
sissez-en une de la campagne, dans
les vingt-cinq ans. »
— BUREAU D'ÉCRIVAIN PU-
BLIC. Capine\
BUREAUCRATK. Buveur d'encre,
Rond de cuir.
« Lacroix dit (lue les buveurs d^encre
sont les sous- officiers comptables;
c'est aussi les écrivains, les bureau-
crates, les hommes de lettres, m
BUTIN. Plue'.
BUTOR. Bajaf. V. Grossier.
BUVETTE. Bibine, Bouchon.
« Sur une porte, garnie de petites
vitres recouvertes d'un rideau
transparent aux couleurs indécises,
au tissu rongé par le temps, on lit
le mot Bibine. »
(Macé.)
« Dans un petit bouchon avoisinant
les fortifications, l'assassin avait
fait une courte halte. »
{Le Cri du Peuple.)
BUVEUR. Adroit du coude, Bibard,
Bibassier, Boyau-rouge, Cheulard,
EtUonneur, Entonnoir, Entonnoir
à pattes, Ètouffeur, Pioleur, Lt-
chard. Soiffard. V. Ivrogne.
Adroit du coude et bon garçon,
De personne
II n'accepta do leçon :...
Il en donoe!
« C'étaient deux bourguignons rou-
geauds, deux solides boyaux-rouges
dont on ne devait pas avoir facile-
ment raison. »
(Kfakadec.)
« 11 vous tiendra tête, verre en main,
autant que vous voudrez : c'est un
vrai entonnoir. »
lU. Hbrbbrt.)
■ Ce ■&cr< wilfard «e porUit comme
un charme.
(E. Zou.) j , pi^g ^^ ^^ p|„j (,^ ,^U jg ggj^
- BUVBUK D'ALCOOL. Cflm- augmenter MX termum le Dombre
pAfier, Schniktttr. <*™ 6oc*«i«-.. -
_ BDVeUK D'BAtl. Grtnouil-
« Meiigo Bel pas ca>n;)Arier : j' pré- tard.
1ère r pi^e f . £„ j,^„, j,, p,„rtifl^,
_ . ... . I>B> flrmouiUarifi at dsi BollM.
•> Son daron âtait tout C qu y a de y ■ d«a truet bi<a rlgolm.
Itkniktur. > t (BttHni.)
^^
ÇA. Cinqiii-. V. Cala.
CABANON. Cellotle. V. Cellule.
CABARET. Àbveui-oii; Bar, liibine,
Bousin, Bousingot.Cabermont, Ca-
bermucke, Caboutol, Camphrier,
Coys', Mine « poin-e, Piaule,
Tapis', Tôle.
> Les bars pullulent dans les crandes
villes ; on y boit du café, ae l'ab-
■intbe et des liqueurs fortes. ■
Le camphrier est un aale débit de
et à dix-«ept sous le litre. Le cabou-
tol ne dlifère du camphrier que par
sn moindre importance comme
établisse
iCx,-
«..)
Le partage réalisé, ils se rendent
isolément à la piaule pour nettoyer
leur chaussure, précauLion néces-
saire contre les curieux et les gen-
darmes, n
GAB
— 80 —
CAB
— CABARET SERVI PAR DES
FEMMES. Vacherie.
« Il passait ses soirées à courir les
vacheries du Quartier Latin. »
(E. DcHDf.)
— ALLER DE CABARET EN
CABARET . Berlauder, Va-
drouiller,
« — C*est un ivrogne, ma pauvre
dame, un ivrogne qui berlaude
jusqu'à ce qu'il soit pion. »
(P. DOMCMC.)
Allons, c*est assez vadrouiller.
Vif 'ment! oa rentre à l'atéier.
(P. Paillettb.)
CABARETIER. Bistro^ Bistroc,
Bistroty Cabei'ïïionty Cabermuche,
Chandeviriy Chand de vin, Mal-
tais ^ Mannezinc, Mannezinguey
Mannstringue^ Mastroc, Mastro-
quety Minzingo, Minzingue, Min-
zinguiHy Ogre, Piaulier, Piauleur.
Teinturier^ Tapissier *, Taulier,
Tôlier^ Troc, Troque, Troquet^
Zingue,
a r rapplique chez le bistrot pour
attendre Cécile. >•
a — Tu te goures, dit l'ancien disci-
plinaire; embarbons chez le mal-
taiSy je t'expliquerai le flanche en
suçant une alfa. >*
Et d' Ûl en aiguille
Chex r mann' zingue on rappliqa* vi
(B. iMBEar.
vif'ment.
.)
« Ayant cuvé sa lourde ivresse sur
une banquette de mastroquel des
Halles, elle rentrait à son gamo. *■
(J. RiCHBPI!*.}
« Le roi est un bon zigue qui protège
les minziriffuins. »
(Cabamol.)
« -^ Ohé ! V piaulier \ un kile de pive
pour des aminchesl »
« Les chiffonniers donnent ce nom
à'ogre à celui qui achète le produit
de leurs recherches nocturnes
pour les revendre en gros. Il fut un
temps où ce nom était synonyme
de receleur. Dans ce but» Vogre pos-
sédait à côté de son établissement
d'achat de chiffons un débit de
liqueurs qu'il faisait gérer par un
affîdé ou un compère ; il y recevait
clandestinement les malfaiteurs
qui apportaient là le produit de
leurs rapines. »
(Castillon.)
« Et pendant que V taulier était des-
cendu à la cave, i's y ont fauché
tout Tauber qu'y avait dans le
rade. »
« — Je te paie un demi-setier du
broc chez le teinturier du coin. »
Chez an p'tit troquet
Noos allons dîner, n'étant pas riches....
(Buo. LamaaiR.)
Chez un singue un peu huppé,
Où c* qu* y a un canapé.
On en a pris un* biture!
« C'est le piauleur ou cabaretier qui
les protège en cachant les engins,
les fusils ; et les habitants des vil-
lages, des hameaux les ménagent
par crainte. »
((t. NacI.)
CABINE. Canijatte, Case,
CABINET. (Bui-eau.) Burlingue.
— CABINET DE SOCIÉTÉ. Fou-
toir (obscène).
— CABINET D'AISANCE. Chiot-
tes. Garde-manger , Gogues ,
Goguenots , GraJs , Mousserie ,
Suméro cent^ Restaurant à re-
bourSy Sacristie j Téléphone, W.-
C, Watti-^loset (anglicisme).
« Tout au plus, sont-ils d'avis que,
de temps à autre, on répare les
chiottes et nettoie les cuvettes où
les bouffe-galette, les richards et
les patrons foirent et dé^uculent. •»
(Altnanach du Père Peinant)
c — Et puis, s'écria Clarisse à bout
d'arguments, tu peux porter tes
boniments au garde-manger. »
(E. DuBiTS.)
« — Quoi alors? où c'est qu' c'est
«lu'on va pouvoir briffer?
— Dans les gogues 1 1 ! hurla le briga-
dier. »
(G. GooaTfUNB.)
GAfi
— 81 —
CAD
Si nos doch' éUient moins vieilles,
Oa les Trait plaiser:
Mais les paav* louroqii's balaient
Les gras d' nos laistée».
(J. RlCHCPIN.)
— SIÈGE
Trône.
DES CABINETS.
Et je veux mourir sur le trône
Avec mes papiers à la maio.
{Chanson du Maire dCEu.)
— ALLER AUX CABINETS. Al-
ler à ses affaires. Aller à la
débourre^ Aller effeuiller des
roses, oit le roi va à pied, Aller
voir liemard, meltre une lettre
à la poste. Écrire au pape à Ro-
me, à Saint-Pierre, V. Ghier.
CABRIOLE. Galipette.
Tous les lundis, j'allais au bain,
Chez KillVr, fair' des gatipettfs.
(A. B.)
CACHER. Carer, Carrer, Étouffer,
Mettre àla care, Mettre en planque,
Mucher, Planquer,
« — Méfie-toi, le quart-d'œil vientlra
bientôt faire une perquisition.
Carre surtout les boucles d'oreil-
les. »
(GOHON.)
o Ts mettent à la carre leur crous-
tille et leur periot. »
<« Les truqueuses planquent leur
pognon dans leurs bas. »
^ CACHER ENTRE SES JAM-
BES, sous ses jupes. Knquitler.
— SE CACHER. Aller à Cacha n,
on dit aussi par rapproche-
ment Aller Arcueil, Se bastin-
quer (arg* des marins), ^'e carer,
Se carrer, Se dé trancher, Se
planquer.
'« Faut qu* yaille Arcueil pendant un
marque. »
« — Carc-toi, la police te cherche î »
« r n' s'était pas détronché à temps
et il a reçu la caillasse en pleine
poire. »
« On n'avait pas vu deux launes qui
s^étaient planqués derrière la pi-
couse et on a été fait marrons. »
CACHETTE. Care, Carette, Carre,
Carrette, Planque,
« Les chauffeurs riffaudaient les ar-
pions des pauas pour leur faire
bonir où qu'était la planque où i's
caraient leur aubert. »
'< J'ai mis V doigt su* la care au pèse. »
.( Sous le lit de camp de la salle de
police était creusée une carelte où
les hommes punis cachaient des
cartes et du tabac. »
CACHOT. Cachemar, Cachemince,
Cachemitte, Cachemuche, Cali-
jatte, Jctardy Mitard, Mite, Mitre,
Schtard,
« Je me suis fait barbe et pègre. J'ai
boulotte de la calijatle. »
(0. M«Tl.XIER.)
'< -- Je vais y descendre, aujetardl >>
(fi. COURTELINC.)
«« Los launes l'ont poissé et l'ont fait
plumer au mitard. h
« Après quinze jours passés au mite,
ça fait du bien de prendre un peu
l'air. »
« — Ne répliquez pas, tonna le sous-
off, ou je vous colle au schtard. »»
CACHOTTERIE. Messe basse.
« Klles s'isolaient dans un coin de
l'atelier; et c'étaient d'intermi-
nables messes basses, dont s'inquié-
taient leurs camarades. »
(Gil Bios.)
CADAVRE. Bouquet ', Macchabée,
Hebouis, Refroidi.
n J'avais beaucoup à m'occuper du
repêchage des macchabées de la
Seine. »
(lîOKO.N.)
Dans une immense Tosse
Ou apport'ra les refroidis
Uu'on cmpil'ra par grosse.
(A. B.)
— CADAVBE DE FORÇAT. Fa-
lourde engourdie.
— CADAVRE D'INDIVIDU RI-*
CHE. Saumon.
•CAD
«
» CADAVEB EXPOSÉ à
Morgue. Artiste, Figurant,
Douze dalles destinées à recevoir
les cadavres que les affreux ga-
vroches, habitués de ce lugubre
théâtre, appellent les artistes, »
(FOMTOMB DU B0I8OOBSY.)
— Ton homme est pas rentré de-
puis trois jours, dit Fouinard. Va
voir au Musée des Refroidis ; il est
peut-être parmi les figurants, n
CADENAS. Crapaud,
CADET, subs. Bouchortf Haricot,
« Le cadet est généralement appelé
bouchon parce qu'il bouche la série
des rejetons. »
« — Envoie Vhartcot nous chercher
du perlot. »
CADRE de portrait. Pelure de
poire.
CADUC. Déyommé, V. Décrépit.
CAEN. Canelle.
« — Et vous me balancerez la lazagne
au castu de Canelle. »
(VlDOC(/.)
CAFARD. Ftimei'on.
CAFÉ. (Boisson.) Cahoua, Cahouah,
Caouajiy Demi-deuil (arg. des
écoles), Kahouaf Kahouahf Ka-
houdjif Kaoudji,
u Cécile a pas voulu qu'on suce aut*
chose que du cuhoua, »
— CAFÉ ADDITIONNÉ D'EAU-
DE-VIE. Histouille, Champo-
reaUf Deuil ou Grand deuil
(arg. des écoles).
« Avant de prendre la mer, les pê-
cheurs avalent une ou deux tasses
de bistouille bien chaude. »
— DEMI-TASSE DECAFÉ.Demt,
Micameau^ Petit noir^ Petit sou.
Sou de moka. Ces expressions
sont spéciales au nord de la
France.
R — ËDtrez donc un instant, père
Gérard, nous allons faire un petit
— 82 —
la
CAF
bout de conversation tout en pre-
nant un demi.
— Ahl oui, c'est ainsi qu'on appelle
par ici une demi-tasse de cale.
— Ça a encore bien d'autres noms;
on dit aussi prendre un micameau
ou un sou de moka. *»
(MaMC MAftlO.)
— CAFÉ SERVI DANS UN
VERRE. Mata (apoc. de Ma-
zagran).
— CAFÉ DÉBORDANT de la
tasse et emplissant la soucoupe.
Bain de pied,
— MAUVAIS CAFÉ. Cafiot, Eau
chaude, Jus de chapeau. Jus de
chique, Pissat d'âne, Roupie de
singe.
« La bière était de la lavasse; le
cognac, du vitriol; et le café, dajus
de chique; mais nous trouvions tout
cela délicieux, à cause des yeux de
la jolie fille qui nous servait. »
{Les Propos du Commandeur.)
« — C'est pas du caoudji qu' tu nous
ûles là : c'est du pissat d'âne, de la
roupie d* singe. »
— CAFÉ ADDITIONNÉ D'UN
PETIT VERRE D'ABSINTHE.
Kahouah au lard,
« Avant de partir vendre son pape-
lard, l'Aigle s'enfonçait un bon Ka-
houah au lard, »
CAFÉ. (Débit de boisson.) Boc,
Rocard, Roccard,
— Petit café. Bocardpanné, Ces
expressions datent du com-
mencement du XIX* siècle et
ont vieilli dans ce sens.
— CAFÉ -CONCERT. Reuglan,
Beuglant, Rouibouis, Hurlant.
« Ils avaient, du café aux baraques
de la foire, des guinguettes au ùeu'
glan, de la Seine aux sentiers du
bois, mené la plus joyeuse balade. »
(Aluapou Hepp.)
« Dans le compartiment voisin du
nôtre, deux chanteuses de café-
concert, deux étoiles pour beuglants
de Sousse et de Gabès... »
(Raitif ok la Riirroiir«K.}
GAF
— 83 —
CAL
Or, la ToeatioD,
Jointe à rin»traction
Ooe leur donna leur mèro
Mena les deui tendront
A eommenoer leurs ronds
Sur la scène éphémère
D*uii aodeste boutbouis.
(Bi.tDoaT.)
— On dit encore, par apo-
cope : Caf.'Cênce,
Oui, mon Tieui, me v'ià baryton.
Tous les soirs ej' chante au caf.-conce.
(A. B.)
— CAFÉ-CONCERT DE DER-
NIER ORDRE, OÙ les artistes
foDt plus chanter qu'elles ne
chantent. Marché à la viande.
Marché aux veaux,
m — Viens au marché à la viande, dit
le fourrier; je dois re soir souper
avec Clara qui m*a promis son
cœur si je lui fais du tabac à sa
nouvelle chanson. >*
{La Gaudriole.)
CAFETIER. Chinois \ Marchand
d*eau chaude^ Marchand d'eau de
JaveL
« Il fut une époque où la gloire de
Salis empochait de dormir les mar-
chands d^eau chaude de Montmartre
qui tous, ou à peu près, rêvèrent de
la fondation d'un cabaret « artis-
tique. •
GAGE. Roquette à serins,
GAGNARD. (Nonchalant.) Cou-
leuvre. V. Fainéant.
m — Voyex-moi cette petite couleuvre
qui n a pas fait un point depuis
une demi-heure I »
GAGNEUX. Tortillard. V. Bancal.
GAGOT. Bondieusardf Mangeur de
Bon Dieu.
m Et pis Ts m' courent, tes ratichons;
y coupe pas dans les boniments des
hondieusards, »
« Des mangeuses de bon Dieu qui vont
à la messe tous les dimanches et
qui en font porter à leur mari plus
qu'un Ane ne porterait de son 1 »
,(E. Zola.)
CAGOTISUfE. Bondieusarderie^
Bondieusardisme, Bondieuserie.
« On demandait à une fille en pleine
maturité, atteinte, comme Beau-
coup, de bondieusardisme^ pourquoi
elle déployait pour aller a It messe
un si ffrsmd luxe de jupons blancs
ornés ae dentelles et ues bas de soie
bien tirés sur le mollet...
— Que voulez-vous, répondit la dé-
vote, par ce temps de perdition,
ces précautions sont indispen-
sables... On peut rencontrer un...
insolent. 11 trouverait le tout pro-
pre, le dessous comme le dessus. >•
(llacToa Franck.)
CAHUTE. Canfouine, Case.
CAILLOr. Cai7/as.se, Miche de
Saint-Êlienne.
« Des malfaisants qui foutent des
caillasses sur les rails pour que
r dur aille à domino. •>
CAISSE. (ColTre-fort.) Grasse.
Si l'enquilles chex dosi croquants
Dis bonjour d'abord à la grouse,
Ensuite tu feras main basse
Sur la blanquette et les brucants.
— SE SAUVER AVEC LA
CAISSE. Bander la caisse. Filer
sur Belgique, Manger la gre-
nouille.
CAJOLER. 3/amoi/rer. V.Caresser.
lieux ronds d' tendresse... un rond d' sourire
Et deui tétons en oneillers
Pour s'y blottir, y roupiller
Et les inamourer sans rien diro.
(Jkhax Hicrre.)
CALEÇOX. Braillarde % Brail-
lante *, Cache-Folie^ Caneçon.
Cent presque loui des beaux garçons
Kcmniis d' délicatesses,
Fuisqu i's port'ut jusqu'à des can'çons
l'our pas s' lac lier les fesses.
(A. B.)
CALER, liequiller.
CALICE. Baignoire à bon Dieui
Gobbe, GobeloL
« Ils ont tout chambardé à Saint-
Joseph : ils ont foutu le feu aux
CAL
— 84 —
GAM
chaises, vidé les troncs, renversé
les bénitiers et emporté la baignoire
à bon Dieu, »
{CorresponcUuice d'un Pantinois.)
<( Et pis r ratichon est toujours sûr,
avecque 1' coup du gobelot, d' s'en-
voyer son pierrot tous les matins, »
CALME. (Tranquille.) Bé, Béard,
Pas bileuxy Pénard, Qui ne se fait
pas de mousse, Sans secousse,
<« Et si r daron fait d* Tharmone,
reste béard; t'entends? »
« Ah! dis donc, mon vieux, j* te jure
quT n'est pas bileux, V frère; en
vMà un qui ne s* fait pat (f mousse :
tu peux y dire tout c' que tu vou-
dras, ça n'y fait que dalle. »
Oo le surnommait Satu-t^cousse
Parc' qu'i' n' s'étonnait de rien.
CALOMNIATEUR. Baveux, Bê-
cheur, Casseur de sucre, Dcbineur,
Froisseux *, Proliant *, FroUeux *.
« Car sa conversation était enragée,
débineuse, mauvaise. »
(G. Geffbot.)
CALOMNIE. Aspiquerie* (du vx.
fr. Aspic), Bêche.
CALOMNIER. Aspiquer*, Débi-
ner, Dégréner, ProUer*, Proller
sur la balle*»
« — C'est comme ça, madame. Par
dépit, par jalousie*! Elle nous débine
toutes auprès de vous et vous la
croyee, vous la soutenez. »
(Albbrt Cik.)
« On m'a boni que la Volige avait
été m' dégréner chez la dabe. Si je
V chope, i' n'y coup'ra pas ! »
CAMARADE. Achate, Amache*,
Amar, Amaire, Atninche^ Amun-
che, Bisot *, Camarluche, Camaro,
Camerluche, Copain, Copin, Fa-
yot, Planande *, Fanandel*, Fiasse,
Famand *, Frange, Frangin, Freine,
Maire *, Matelot, Pote, Poteau,
Social, ligue, V. Ami.
Je m* pousse un courant d'air
Et j' Tisit' les amunches.
(LOYKBL.)
Pégriots, mes bons camarluches,
Vous tous qui n'êtes pas des bûches,
Dans vot' loche outrez les conseils
D'an vieux roumard, un d' vos pareils.
(HoGiia-GMisoN.)
f — Tel que me v'ià, j' rapplique d'
fair' mes vingt-huit jours comme
les camaros, »
« — T'nez, dit-il, v'ià la lettre que
j'étais chargé de r'mettre à un
copain, à la Santé. »
(GonoN.)
« — Eh ! mais ! je connais cet homme-
là. C'est un fagot. »
(V. Huiio.)
« Tous les voleurs, les forçats, les
prisonniers sont fanandcls *. »
(Balzac.)
a L'offre d'une tournée d'eau-de-vie
blanche, dont, stoïque, je bus ma
{)art, acheva la connaissance, et
'un deux traduisit l'opinion géné-
rale en me saluant du nom de
frangin. >»
(G. Dakiel.)
r m* dit eomm' ça : Mon vieux frère^
Si tu TOUX, j' te paye un verre
Chez r chand d' vin du coin.
n — Non, mon vieux, Bibi Chopin
calanche pas sans faire le duze aux
potes \ »
a Et ils eu sout réduits, les deux
poteaux de bagne, a gagner tran-
quillement Suresne par le Bois. »
(JiA?i LoaaAiii.)
— CAMARADE DE BAGNE. Fa-
got, Frérot de la manicle.
« — Mais je connais cette noble
binette! C'est mon frérot de la
maniclel mon généreux /ran 9 m de
i'ousto d'HoUoway... Démolir un
tel ziguel Jamais! »
(HicToa FaA5cs.)
— CAMARADE DE COLLÈGE.
Faisant *, Labadens.
«( Nous nous rencontrâmes à un
diner de labadens vers 1880. »
— MOTS D'AMITIË A UN
CAMARADE. Ancien, Bon,
Bonhomme, Branche, Brigand^
Canaille, Canard, Canasson,
GAM
85 —
CAM
Caneton^ Chinois^ Cochon^ Coion^
Piston, Gueusard, Gueux, Petit,
Salaud. (Bien que ces expres-
sions n'appartiennent pas posi-
tivement a Tar^ot, nous avons
cru bon de les indiquer.)
a — Bonjour, mon bon. »
■ — Te voilà, Vancieriy comment vas-
tu? »
« — Eh! bien, mon bonhomme, quoi
de neuf? »
•« — Allons, Panaris, le dernier coup,
ma vieille branche, »
(Jules Moi.xkal'X.)
n — Ah I canaille, ah î brigand, ça me
fait plaisir de te voir! toujours
joyeux, mon vieux canard l »
(ri. flRRnKRT.)
« — Eh! ben, mon salaud! ehî ben,
mon cochon, t'as pas peur! »
((j. Couutkli.m).
Oui, mon colon, oui, je I' sai« bien,
Les patrons, c'est tous de la fripe.
(A. B.)
a — J' suis de Saint-Tropez.
— Ah!
*- Tu connais?
— Non, finton. Qu'est-ce que tu fai-
sais là-bas?... »
(J.-A. Marx.)
•I -- Moi, mon p'iit, on n' me V met
pas! »
CAxMISOLE DE FORGE. Ligot-
tante de rif, de rifle, Ligoltande
riffarde", Riffarde^ Ri/larde.
« — Si t'avais pas voulu faire V ma-
raud, comme ça d'entrée, les gàfes
t'auraient pas enfilé la lifjottante de
rifle, y conoble le flanche, j'y ai
passé. »
CAMPAGNARD. Bf'cant, Bette-
rave ^ Bourbeux f Cambrousien,
Cambrousier, Cambroussien, Cro-
quant , Cul'terreux, Pacant, Pâlot *
ou Pallot*, Panas, Pélican, Pède-
souille, Pedzouille, Pégot, Pétras,
Pétrousquin, PetzouillCf Vaseux.
" (Test un bicnnt qu'arrive de son
pat'lin, un' betVrave qui n'entrave
que dalle. »
« Au bout d'un marquet, la bourbeuse
était dessalée : aile en aurait r'mon-
tré à la pus marlouse. »
« Deux vieux catnbroussiens qu'ont
pus qu' la force d'attende la Fau-
cheuse. »
« On a décidé qu'on irait planquer
en douce, dan' un coin, chez les
croquants. »
«« Son aïeul a fondé la fortune de la
famille en achetant des biens d'émi-
gn''s, et son p«'re l'a considérable-
ment arrondie en épousant la fille
d'un riclie fermier, un cul-terreux. »
(F. COPPÉR.)
<i Ce })acant-]î\ va tout gâter. »
(Balzac.)
« Pour satisfaire la cœuriosité d'un
tas d' panas qui savaient pas c' que
c'est qu'eun' prison. »
Le pélican jouant de l'orgue,
J'aquigc eu doure pour mon orgue
L'aubert qu'il ire en superflu,
Mariuro, loufa, turelu.
(I.. DK Bebcy.)
H De sorte que Catulle Mendès, Sil-
vestre, IkTgerat et quelques autres
amateurs de coitl'ures molles pas-
seraient en ces lieux pour de négli-
geables pédesouillex. »
{(i. AunioL.)
„ — Quand j'ai volé le lapin du pet-
zouiile en question, je me croyais
encore dans la boucle du Niger. »
(Alph. Allais.)
« — Si t'aurais vu c'tte tinée d'
vaseux qui rappliquaient pour le
14 juillet!... »
CAMPAGNE. Brousse (aphérèse
de Cambroiisse), Cambrouzey Cam-
brouse.
« On avait dit qu'on s'offrirait un bon
coup d' rigolade dans la brousse. »
« Faut qu'aile envoyé de la galette
à ses vieux qu'habitent la cam-
brousse. »
CAMPER. Plumer sous la batouse.
't Quand les moustiques devenaient
trop canulants, on pouvait même
pas plumer sous la batouse, fallait
CAN
— 86 —
CAN
passer la neuille à se balader en
grillant des cibigeoises. »
{Lettre cCun disciplinaire.)
— SE CAMPER. 5e hanchei* \
CANAILLE. Crème, Frape, Fra-
pouUle, Frappe, Fripe^ Fripouil-
lardf Fripouille, GalapitUfGalvau-
deua;, Gobet *, Malfrat, Malfrein,
V. Chipeor.
». — Goure-toi de ce frère-là : il est
tout ce qu'y a de crème. »
Pendant que 1' soir ej* fais ma frape^
Ha sœur fait la r tape
Et c'est bien.
(A. B.)
'( Comme tous les fripouillards de
son espèce, ce ministre payait ses
dettes avec des bouts de ruban. »
(H. RoCHEFOaT.)
M Nos deux fripouilles allumées par
cette chair fraîche se commu-
niquent avec des moues ignobles
leurs préférences... »
(J. LORMAI?!.)
'% C'est un galapiat qu'est bon qu'à la
maraude. »
Mais T'Ià qu'eun' bonne âme
Eul' prévient qu* sa femme
Eul' trompe avec un galvaudeux,
(L. DR BCRCV.)
H Née au ruisseau, elle était fatale-
ment destinée à vivre au milieu
des malfrats. »
« Tant qu'un n'aura pas un emp'reur,
les malfreins vivront pas tran-
quilles. »
CANAPÉ. Barbottiei' *, Foutoir
(obscène).
n C^était gandin. Une belle nappe, de
la blanquette pour de vrai, des
tapis et, dans r coinsto, au fond,
un foutoir doux comme de la
plume. »
CANARD. Barbot, Barboteux.
a On s* trempait V cul toute la jour-
uaille : tout ï temps dans la flotte
comme de vrais barbots, »
CANCAN. Clabaml, Dabcragc \
Raqvette *.
« — Ah I ma pauvre dame, c'est moi
qui ne voudrais pas demeurer dans
une maison pareille! C'est du cla-
baud toute la journée, des ragots
sur Pierre et Paul I »
CANCANER. Bagouler, Bajoter\
Bouffeter *, Dabérer *, Javotter,
Lantiponer\ Potiner,
« Elle reste dans la loge de la
concierge à javoUei' des heures
entières. »
A peut pas boucler sa coule,
Faut qu a potin\ qu'a bagoide
Su' tous les gens d' la maison.
CANCANIER. Potinier.
« — Un bavard, un potiniei\ S'il me
rencontrait avec vous, je n'y cou-
perais pas d'une scène- w
(J. MAam.)
CANDIDE. Bon jeune homme,
Nave, Navet, Navrillot, Plein de
sel,
« C'était un bon jeune homme frais
débarqué de sa province et que
Texubérance des verseuses contris-
tait. »
« — Quoi ? t'es donc plein d' sel que
tu comprends pas quand une mar-
motte te fait des appels ? »
CiVNICHE. Lexicon, jeu de mois
obscène.
CANIF. Lingriot.
« La vache avait son linginot pour
en passer un coup à son homme. »
CANNE. (Bâton.) Canard sans
plumes, Pouataison*, Père Fouet-
tard, Rondine, Sabre *, Satou,
Soutenante,
« r peut r'venir me voir, j' te le
r'cevrai avec un canard sans
plumes ! »
Ne ronce point du sabre * au mion du tandis
Qui n'aille au GaulTarault, gergonint de tésis,
Que son journal o flus n'cmpoupeta Touiliouse.
(Mabc dk Papillom.)
— CANNE A ËPÊE. Foualaison
lingrée *.
CAN
— 87 —
CAP
— CANNE DE JONC. Fourgaine%
Jet.
— CANNE LÉGÈRE. Suçon,
Sucre d'orge.
— CANNE PLOMBÉE. Foualai-
son mastarée*. On appelle Per-
missiojit Permission de minuit
ou de la nuit la canne plombée,
la canne à épée ou toute autre
arme dont on se munit habi-
tuellement pour noctambulcr.
V. Assommoir.
H — Vous ne craignez pas les fâcheuses
rencontres, la nuit, dans ces quar-
tiers excentriques?
— Bahl j'ai ma permission. On peut
y venir. »
CANOX. Brutal, FUUe, Tortillard.
'< Les chasseurs à pied s'éparpillent
dans la plaine, voilant d une ban-
derolle de fumée d'argent la troupe
qu'ils couvrent. Cela veut dire que
le brutal n'est pas loin et qu'il va
gronder. »
(BiLLADDEL.)
'« Jusqu'ici il n'y a qu'eux qui aient
fait aller leurs flûtes. Les nôtres
auront bien leur mérite. Il y en
aura bien trois cents de part et
d'autre pour ouvrir le bal. »
(GiNÊflAL CHBISTOrHC.)
« Nous parlons demain pour Chàlons
où l'on doit, paraît-il, nous faire
membrer à la manœuvre au tor-
tillard. »
{Lettre d'un Saint-Cyrien.)
CANOTER. Barbifier la flotte (arg.
des canotiers).
C:AIV0TIER. Barbifieur de flotte,
Chicard.
Tas d' ehieardtt
Tas d' flambardd,
Les canotiers de la Seine
Sont bien vus,
Bien reçus
Et partout font du chahut.
( Vieilh; chanson.)
CANTATRICE. V. Chanteur.
CAXTU ARIDE. AUumeuse,
Pousse-ai^vice,
CAXTIXE DE CASERNE. Can-
tochey Tapis de grives *.
CANTINE DE PRISON. Gohette,
Mastroqur des collardcs*. Tapis
de malades*,
a A la Tour, i' flanchait à l'anglaise
avec les centimes qu'on y avait
rendus à la gobette. >»
CANTINIER. Cargot, Gargot, Ta-
pissier *.
Il croustille avec le eargot
ijui, pour sézijçup. a table ouverte*
Avant, il s'enfile la verte;
Apre*, il crampe sa raargot.
(Blkdort.)
« Nous ne voulons enquiller chez
aucun tapissier*, c'est se mettre
sur les fonts du baptême. »
(ViDOCQ.)
— CAXTIXIKR DK BAGNE.
Fourgonnier.
CANTINIÈRE. Bistroque, Car-
fjote.
CAPABLE. Calé. V. Habile.
« Andrée se sentant sur son terrain
et prenant aussitôt un air calé :
— Le vieux duc, l'amant de Lina de
Mézidon? »
(J. MAnNi.)
— CAPABLE DE. Fichu de.
Foutu de.
a Quand on n'est pas fichu de faire
face à ses invités, on va se cou-
cher. » . ., . ^
{Le Fin de atèele.)
a C mec-là est foutu de faire encore
une couennerie. »
— INDIVIDU CAPABLE DE
TOUT. Garçon, Homme. \» Ban-
dit.
« Enfin, comme à son tour, on le
couchait sur la bascule, il cria dis-
tinctement : Au revoir.les /ïommw l »
(GORON.)
CAPITAINE. Capiston, Franc-
foignart *.
« Le capiston était gueulard, mais
bonhomme au fond. »
CAP
— 88 —
CAP
— CAPITAINE RAPPORTEUR.
Capislon bêcheur»
— CAPITAINE DE BRIGANDS.
Aigie blanc. V. Voleur.
CAPITAL. Bas de laine, Magot,
Peloic, Saint-frusquin» V. Éco-
nomie.
V. Ses parents y avoient laissé un
bas de laine qu'était pas dans une
musette. »
CAPITALISTE. Gavé, Repu (arg.
politique), Rupin,
Écrasons sar les parés,
Les richards et les gavés.
(J. RlCHRPIM.)
C'est une chimérique féto
Ou prennent place le repu^
Le corrupteur, le corrompu,
Tous ceui-là qui tienneut le faite...
(L. DF. BiBCY.)
Et je compreu'ls ton nmcrtume
Quand tu vas — pour garder ton pain ! —
Glapir la formule fanée,
Humble gueux, chez l'ogre rupin!...
(ID.)
CAPOIV. C Masseur, ChiasseiiXj Pei-
gnasse, Feignant, Péteux, Vessard,
H Y s'est barré comme un chias-
seux. »
Bon Dieu! quand on n'est pas un* tante
On va d' Tavant... on cogu' dans 1' las...
Et tu restes là, comme un pante...
Tiens... t'es-t'un feignant... t'en n'as pas!
(A. B.)
« Vous pourrez lui dire tout ce que
vous voudrez; il ne marchera pas :
c'est un vessard, »
CAPORAL. Cabji, Cabot, Martyr,
'< Les cabjis et les pieds d' banc y
foutaient toutes les corvées à faire. >»
a Le capitaine le força à suivre le
cours et à se faire inscrire au pelo-
ton des élèves-ca6o/*. »
{Droit» de l'homme.)
« — Allez, martyr, on rappelle à ton
grade !
Et le caporal boutonna bdtivemcnt sa
capote pour descendre répondre À
la corvée. »•
CAPOTE. Berri (arg. des poly-
techniciens).
CAPRICE. Béguin, Casque, Che-
veu, Chien, Dada, Ombrelle, Para-
pluie, Pépin, Rat, Toquade.
V. Lubie.
Chaque femme a son dada,
Sa marotte, sa togunde.
(Èmii.b Carm^.)
Elle avait un béguin pour moi
Et j'avais un pépin pour elle.
Aujourd'hui, — jugcx d* mon émoi, —
JÂon pépin n'est plus qu'une ombrelle;
Mai^$ elle a toujours un cheveu.
Un chien, un rat, que dis-jc ? un conque !
EU* me consume de son feu...
Et je casque !
— AVOIR UN CAPRICE POUR.
Être casqué de. Être chipé poin\
S'emballer pour, iî'embéguiner,
Se chiper pour.
H Elle est casquée de son dragon. »
« J'étais très emballée pour cette toi-
lette. »
« La môme Sardine était chipée pour
Nénesse, dit Frisottcau. »
— PASSER UN CAPRICE. Faire
un cachet, un numéro. Passer son
béguin, son pépin.
« Il a plaqué sa largue pour aller
faire un numéro avec Vaut' lard
qu'en tient aussi cber de son côté. »
CAPRICIEUX. Ratier.
C'est un fantaisisse. un ratier :
V plum' jamai4 avec la môme.
1* s'ra jamais hrochet d' métier,
L'est trop bohème.
(HtiDOBT.)
— CAPRICIEUX EN AMOUR.
Campeur, Paillasson.
„ — y veux pas m' marida avec
c'tte ponette-là, aile est trop cam-
peuse; avant huit jours, a s'rait
appuyé tous mes poteaux. »
C'e.<it d' nature, on a ça dans 1' sang :
J' hn'ii pnilUutoul c*e»t pas d' ma ^ute;
Je m' fais pas pus marioll' qu'un aule.
Mon pèr' l'était; rEmp'r<>ur autant.
(A. OiLu)
CAPTIVER. Agater, Aguicher,
Engailler, Engrainer, Ferrer.
\. Attirer.
CAP
CAPTIVITÉ. Maladie.
89 —
CAR
H Da temps qu'il était à Poisse, pen-
dant sa maladie, i'aute mettait au
chaud à sa place. »
CAPTURE. Cueille, V. ArresU-
tion.
CAPTURER. Agriffer, Engrailler,
Épinylei', Graffer, (aphérèse de
Afjraffer), Grappiner, Grouper *,
Lever, Paumer, Piger, Pingler
(aphérèse de Épingler), Piper,
Rafler, Ramasser. V. Arrêter.
•t — Viens t'en donc ! Us vont Vagrif-
fer, V
(0. Mt^TA^in.)
« — Creslo! les garçons, v*là les
vaches ; on va nous engrailler î »
« — Si lu vois le gonce, dis-y qu'on
veut r grappiner. »
« Un mec de la r'nifle est venu pour
le pingler. »
(Labobii.)
<t Le tout fut ramassé et emmené au
Dépôt. »
(SÉVERINE.)
CAPUCIX. Barbichon, Cornet
d'épice *.
CAQUETAGE. Chicfii, Jactage,
V. Bavardage.
CAQUETER. Jacter, Jaspiner,
V. Bavarder.
CARACTÈRE D'IMPRIMERIE
défectueux. Clou, Tête de clou.
'( Nous relevons dans une follicule
de province imprimée avec des
clous i*anccdote suivante... »
CARDINAL. Écrerisse, Homard.
CARESSE. Choulerie, Mamours.
«( Et leur après-midi se passait en
chouleries de toutes sortes. »
{Iai Vie Parisienne.)
— CARESSES RAFFINÉES. Ta-
lent» de société.
(i Si les charmes ne peuvent plus se
vendre assez cher, elles emploient
leurs talents de société. »
{Le Sublime.)
— CARESSES DU BOUT DES
DOIGTS. Pattes, Pattes d'arai-
gnée.
- 11 existe, en argot, beau-
coup de termes pour dési-
gnerles innombrunles varié-
lés do caresses, mais le
cnraolrre en est lellemont
ohscrnt' que, mal^^ré le pit-
toresque de qucl(|Uos-uns,
nous croyons devoir les
passer soùs silence. Lilté-
rairomont, d'ailh'urs, leur
utilité n'est rien moins que
démontrée.
CARESSER. Chouter, Fourrager,
Mamourer, Mignoter, Peloter, V.
Cajoler.
Ah ! ah ! c'était sous V hU en meule
Qu' Margot choulait l'aul', ^on amant.
(J. KiciiiPiN.)
• Les robustes et rouges paysannes
qu'on heurte au détour de quelcjue
chemin creux, qu'on lutine, qu on
fourrage d'audacieuses caresses. »
(Chamivvubemt.)
« Venez ca, boudeuse, qu'on vous
7nignote'pouT vous faire oublier ce
gros chagrin. >»
CARILLOX. Branlczinc.
CAROTTER. Roustir. V. Tromper.
CARPE. Camuse.
CARRÉ. (Palier.) Pavon,
CARREAU. (Car tes.) Vitriei^fi,
V. Jeu.
CARREAU. (Verre.) Glacia,
CARREAÎT (LE) du Marché du
Temple. La FonU-Soire.
n 11 avait su' V râpe un alpague d'une
escale qu'il avait décroché à la
Forêt-Noire, »
CAR
— 90 —
CAS
CARREFOUR. Empavé *, Fourche,
n — Attends-nous à la fourche. »
— On disait autrefois Carreau,
M C'est dans la rue des Pelits-Cat'-
reaux, formée de carrefours, que se
réunissaient les corps de métier,
d'où est venue Texpression aller au
carreau. »
(G. Delcsalli.)
CARRER (SE). Crâner, Crosser,
Paire le zouave, Uancher*, Plas-
tronner , Poitriner, V. Embarras.
« Il poitrine, plastronne, papillonne,
brille — et si vous saviez comme il
est simple! »
(E. La Jcuncssb.)
CARTE. Absol. Brème, V. Jeu.
« — Eh bien ! je vais attendre d'avoir
rage, puis je demanderai une brème,
comme ma sœur. >*
(0. MArtNiBA.)
— Qui cèd* sa place? Qui fourgue
sa bréme'i quT gueulait à la sortie
d' Tentracte. »
«
— FABRICANT
Br entier.
DE CARTES.
— CARTE
reuse.
A PAYER. Doulou-
« Les juges ont débouté l'ancienne
pensionnaire de sa prétention, et,
de plue, ils Tont condamnée à sol-
der la douloureuse des frais de
justice. »
(M" IlL'VtlIîC.)
— CARTE GÉOGRAPHIQrE.
Brème de patelin, V. Pays.
CASER. Enquiller,
« — Ya Zidore l'hercule qui doit mon-
ter; un entre-sort à la Boule, j' vas
tâcher de VenquHler ddins son truc. »
CASElWE.Manufaclure de tabacs %
Planque à grive. Taule à gribiers,
CASERXEMEXT. Casert (arg.
des polytechniciens).
CASIER JUDICIAIRE. Fa/fes,
Grimoire mouchique*.
— AVOIR UN CASIER .lUDI-
ClAIRE. Avoir ses faffes, Être
affranchi.
« Le Rempart est sûr d'aller aux
Joyeux : lui, il a ses faffes; il a
déjà payé deux fois.
CASIXO. Case (apoc).
TraTaille dans les rupK bastringues,
Au case arec tes belles fringues...
(Hogibm-Gbiso.i.)
CASQUETTE. Bâche, Casque à
auvent *, Couvrante, Def, Des-
foux. Patente, Soupape, Toit,
Toiture, Tuile, Viscope. V. Bal.
— CASQUETTE PLATE. Amé-
ricaine.
— CASQUETTE TRÈS HAUTE.
Cin(jiutème,Cintième,Six-étages,
Sixième, Six-poîiis,
« A m'a pavé une améncaine tout
c' qu*y a d gandin, une bath def à
la mode. »
R — Enfonce ta bâche et détronche-
toi, vMà la r*niffle ! »
J' pourrais m* frusquincr en rupin,
Mais j*ai lair baluch' sans patent^.
(L. DC Bbrcy.)
J'ai pus d' limace
Et j'ai su' r cib
Queun' vieill' soupape \
Mais ça Tait qu' nib :
Je m* fous du pape !
(1d.)
Avec un rideau sur la croupe, .
Un grimpant el des ripatons,
Eun cintièm' quand nous nous gfttons...
(J. KiaiiriN.)
La viscope en arrière et la trombioe au vent,
L'œil marlou, il entra chez le zingue...
— CASQUETTE EX
CIRÉE. Tampon.
TOILE
CASSATION. Rebectage,
— COUR DE CASSATION. Car'
rée au rebectage.
— SE POURVOIR EN CASSA-
TION. Cavaler au rebectage,
— CONDAMNÉ A MORT QUI
SE POURVOIT EN CASSA-
TION. Friauche*,
CAS
CASSÉ. FouUbnné \
CASSER. Frangir\ V. Briser.
CASSOXIVADE. Castonnade, Sa-
blon.
CAUSER. Bagoulei\ BaveVy Bla-
guer, Dabérer*f Déhagouler, Dé-
videTf Glousser, Jacter, Jarviller *,
Jaspiner, Javoiter, V ouvrir (s.-
ent. la bouche).
« Une nouvelle !... Dardanelles s'est
fait expédier une dépêche de Paris
ponr déguerpir aujourd'hui. C'est
en blaguant avec la receveuse des
Êostes qu'elle vient de me racon-
T ça! »
(Michel Paovnt.)
Poor qu'on enteude tes harangues,
Braille-lea dans l'argot du jour;
Pourquoi pas ? Tu dois tour à tour
Oébagouler toutes les langues.
(A. GiLL.)
A n'en fout pas eun* secousse,
J' Tas la mette au pas.
A iavotte, a bavê^ a gloutse...
Moi, ça n' me va pas.
(BLiDOaT.)
1/ gouTemement, c'est un' bourrique !
T'en as soup^ d* la politique :
Sur des riens t' aim pas à jacter...
(P. Paillktts.)
a La femme à Julot d'Alsace prétend
connaître ceux qu'ont fait V coup et
aurait ya^pm^, dit -on. »
(Jka!v LoanAirr.)
« — Tu comprends donc pas qu' faut
jamais V ouvrir devant les naves? »
— CAUSER DU CHAGRIN, DE
L'ENNUI. Emmerder, Faire
chier, V. Ennuyer.
— CAUSER DE LA JOIE, DU
PLAISIR, ii^^ec/fr, Hebonneler,
« Ça r^becle de voir des copins qui
s'entendent comme ça. »
— CAUSER DU SCANDALE.
Chambarder, Pé tarder. y. Bruit.
— CAUSER DE LA VOLUPTÉ.
Faire reluire, Faire voir les
anges,
'* Ceni une tingo : ça la fait r'iuire
<V voir les clebs se'flairer V ligne, •
— 91 —
CED
« En quoi, par exemple, se justi-
fiaient tous ses autres prénoms et
nom, puisqu'elle était bien, pour
les ^ueux, loqueteux, stropiats,
besaciers et mendigots, la Made-
leine verseuse de caresses, la Cèles-
tine ouvreuse de paradis, la Marie-
des-Anges leur faisant voir tes
anges, et la couette qui tient chaud
et rend ben-aise. »
(J. RiCHCPIN.)
CAUTIOX. Cayon\
CAVALERIE. Gailkrie,
» Ça m'aurait pas été d't^t' dans la
gailVrie : faut d'abord s'occuper d'
sou suçon avant d' faire pour son
orgue. »
CAVALIEK. Camlo, Fourche à
faner *, Talon *.
« On y voit des tas d* cavalos sur
leurs gails. »
CAVE. Fraîche, Parfonde, Pro-
fonde, Prophète*,
« r Ta envoyé à la fraîche chercher
eun' rouillarde et, pendant c' temps-
là, i' y a barboté tout Taubert du
rade. »
Avant qu'en douce je me fonde,
Je m'enquille dans la parfonde
Et prend» un bain par le goulu,
Marluro, lonTa, turelu.
(LtON Di: BSBCT.)
CE, CETTE. Ve qui suit le c
s'élide en parlant; les noms
déterminés parce, cette, ces, sont
presque toujours suivis de là,
« C'ttc vacli'-là, i' s'a fait curé ! »
(RlMI'' Po.fSAED.)
CÉDER. Rengracier.
« 11 a fallu au' Faute y file un coup
d' longe (lans la peau pour quT
rengracie. u
— CÉDER SA FONCTION, SA
PLACE, SON EMPLOI, SON
DROIT, etc. Passer la main.
Se défarguer,
a II faudra pourtant bien que le
ministère se décide à passer la
main. «
{L'Intransigeant.)
CEI
— 92 —
CES
CEINTURE. Anguille, BesouHle*,
Estregnante *, Ficeleuse, Ficelle,
Serrecouillcs (obscène), Serre-
golle *, Tournante.
CELA. Cinqui *, Sinqui *.
CÉLIBATAIRE. Bibon,
CELLIER. Coya*.
CELLULE. Cellotte, Hurme\ La
forme *.
M Le premier qui r'ssaute, allez,
ouste! en cellolte et à la crapau-
dine, comme hi-bas. «
— CELLULE DE TRANSPORTÉ
à bord des bâtiments. Condisse,
— CELLULE DE CONDAMNÉ
A MORT. Abattoir.
CELUI. Cti, chti (paloîsements),
Çui.
H — Je m' mettrai en face de çui qui
voudra. »
— CELUI-CI, CELt 1-LA. Çui-ci,
çui-là, Sézig, Sézigo. Sezigite.
V. Lui.
CENDRE. Lusquine. V. Charbon.
CENSURE (LA). Anastaaie.
« Et il me souvient qn'Anaslasie,
cette vieille prude qui donne si
facilement son visa aux ordures
débitées dans tous nos beuglants,
interdit une ravissante chanson
d'Henry Rubois... »
(G. Nazim.)
CENT. Reng *.
— CENT FRANCS. Une livre, un
mètre, une pile. V. Or.
CENTIME. Bredoche, Brobèche,
Broc, Broche, Broque, Fainin,
Fenin. V. Billon.
CENTRE. V. Milieu.
CERCEAU. Sans-bout.
CERCLE. (Club). Claquedent ou
mieux Claque-dents.
« Et ce soir, il était dans une de ces
tristes heures, ayant perdu, au
claque-dents, ses pauvres appoin-
tements du mois prochain. »
(J. RiCHEPIN.)
CERCUEIL. Boite à asticots, à
dominos ou^d viande, Couloir de
bois. Étui, Étui à lorgnette, Pale-
tot, Paletot de sapin. Paletot sans
manches. Robe de chambre, Sap,
Sapin, V. Bière.
« La terre, pour moi, est une Concier-
ç^erie de condamnés à mort ; aussi
j'en ai fait sortir le plus que J'ai pu
par le couloir de bois, les pieds en
avant. Malgré ça, il en reste. »
(G. o'EsPAiiBte.)
CERNER. Cercler, Embarber et
auelques-uns des termes, signi-
fiant Arrêter.
CERTAIN. En narlant d'événe-
ments futurs : Couru.
« — Tant qu'à la gosse à la concierge,
a s'ra su' 1' tas avant six mois. Çbl,
c'est coui^l »>
CERTAINEMENT. Blague à part.
Blague dans le coin, /* f écoute,
J* te crois. V. Oui.
«c — Si je l'aime?/ Vécoute... comme
la prunelle de mes yeux I »
a parer.
CERTIFICAT. Faffe
V. Papier.
— FAUX CERTIFICAT. Lttque \
Luquet *.
Ou au creux de ces rAtichonx
Nos luqucs" nous leur prosentous...
(Chamon de l'argot.)
CERTIFIER. Foutre son billet.
V. Affirmer.
CERVEAU, CERVELLE. Bous-
sole, Ciboulot, Citron, Litire *,
Sorbonne. V. Tête.
CESSER. Arrêter les frais, Bou-
cler, Mettre les volets. Passer la
main, Rengracier. V. Céder.
CUA
— 93 —
CHA
« — Je vous conseille à^arrélev les frais
si vous ne voulez pas que j'aille en
référer au patron. »
« — Eh bien, et Léon?
— Léon, mais c'est bouclé. »
(J. Makni.)
» — Mettez les volets; si le père nous
chopait, i' Trait rien du Larouf. »
CHAGRIN. Cheveux, Émusse^
Haire*f Morasse*, Mousse,
« — Tu f fais d' la mousse^ tu t' fais
d* VémAsse pour eun* lézée qui vaut
pas r coup ! »
— AVOIR DU CHAGRIN. S'épi-
tonner *f Saigner,
CHAGRINER. Blustei' % Faire
saigner.
« Ahl il Ta fait saigner ^ la pauv'
môme, i' yen a dit d' toutes les
couleurs... ah ! oui, pour sûr, qu'a
saignait, et cher ! »
CHAUVE. Branlante*, Bride, Ca-
delle, Cordelière, Gourmette, Pen-
dante.
« Y en a qui font des magnes avec
des girtières en toc; moi, si j' met-
trais une Ifride, j' voudrais qu'a
soye en jonc. »
« A y ont fauché son bogue et sa
gourmette. »
tt r s'a offert une pendante en plate
avec un médaillon pour mette les
tiffes de sa bergère. »
— CHAINE LOURDE ou de
valeur infime. Bride au kil
(mot à mot chaîne au kilo).
« — Fais donc pas 1' gandin avec ta
cordelière, c'est d' la bride au kil :
ça vaut qu* lape. »
— CHAINE EN BRACELET.
Gourmette, Jarretière.
— PARÉ DUNE CHAINE. Bridé.
— CHAINE DE FORÇATS. Ar*
mée roulante *, Guirlande»
tt On appelait armée roulante * la chaîne
des forçats qui, sous la conduite de
gardes-chiourmes, se rendait de
Paris aux bagnes de Brest, de Tou-
lon, de Lorient ou de Rochefort. »
(Hector Fbancc.)
« La chaîne de forçat est appelée
guirlande parce que, remoutant
du pied à la ceinture où elle est
fixée, elle retombe eu décrivant un
demi-cercle dont l'autre extrémité
est rattachée à la ceinture du com-
pagnon de chaîne. »
CHAIR. Barbaque, Bidoche, Crie *,
Crigne *, Crignolle*, Criolle*, Har-
nais *. V. Viande.
tt On y aura filé d* la barbaque de
youpin. »
« — J' sais ben que c'est pas rigolo
de s'faire poisser, mais faut core
trop t' plaindre, tu rappliques un
jour de bidoche. »
« — Comme tu joues des dominos : à
te voir on croirait que lu morfiles
dans de la crignole*. »
(M. Mabio ct L. Lacvay.)
— CHAIRS ABONDANTES ET
FLASQUES. Colle de pâte. Géla-
tine, Tripaille, Tripes. V. Sein.
CHAIRE. Égmgeoir.
CHAISE. Dossière, Reposante,
Séante, Siante".
'< — Avance eun' dossiere à môssieu. »
« — Reste sur ta r'posante si t'es fati-
guée et laisse Cécile faire la tam-
bouille. »
— CHAISE EN BOIS. Dossière
de salle, de satou.
— CHAISE-LONGUE. Flâneuse,
Fumeuse.
— CHAISE PERCÉE. Eudoxie,
Mère Thomas.
CHALE. Blard\ Blavard\
— CHALE-CACHEMIRE.
naux *.
Ter-
« Elle prit un schale de coton; le
temaux* était au Mont-de-Piété. »
(Ricard.)
CQA
— 94 —
CHA
CHALEUR. V. Chaud.
CHAMAILLER. HaHcander.
CHAMBRE. CambrioUy Cam-
briotte *, Caréôf Cadrée, Case, Con-
dicCf Condissej Conditionj Niche,
Piaule, Piôle, Piolle\ Planque,
Repioulement, Taule, Tôle, Tume,
V. Dévaliser, Plafond.
J'enqaille en sa cambriole
Espérant de Tentifler.
{Chanson argotique.)
u r dégote la môme avec mézigue au
moment où on démurgeait de la
carrée. »»
« A m*a donné son portrait qu' j'ai
mis dans ma case, au d'ssus du
plume. »
A m' fait mon prêt tuus les matins
Uuand a radine à la eondiae.
(L. DK BirtcY.)
Quand qu'ail' rappliqu' à la niche
Et qu nous somm's poivrots,
Gare au bataillon d' la guiche !
C'est nous qu* est les do3.
(J. Riche PUN.;
Ainsi, ar'gard' les masons closes
Où roupili'nt ceuss qui croient en toi.
Sûr qu t'es là, su' des bénitiers
Dans les piaul's... à la tel' des pieux.
(JsHAïf Rictus.)
Tu m' coût' des truc' à la manque
Mais, Ta, t' t-à l'heure, à la planque
Nous allons r'jacter d' tout ça.
(BlUdort.)
'i On Trait mieux d' s'occuper, comm'
tu dis « des petits fieux, des filles-
mères, des pauvres vieux » et d'
tous les mistouffiers et d' tous les
mouisards eq* la Société laiss' saus
fringues, sans gringueet sans tôle. »
« — Sors donc d' ta tume, eh I bour-
rique î >»
— CHAMBRE PETITE OU mal
tenue. Bagnole^ Cambuse, C*an-
fouiney Canicholte, Cani jatte,
Canijolle, Cassine.
« On va pas pieuter dans c'tte bognole-
là? Ça gazouille tropl »
« Heureusement, se dit-il, qu'il y a
du jonc, là-haut, dans la case, et
probablement du plâtre à la can-
fouine. »
(E. LlPKLLETIKa.)
« Ya pas de quoi abriter un homme
ici; c'est une canichotte et encore,
à peine oserait-on y loger un
chien. »
Manchots, aveuffles, culs-de-jatte,
Fripes, rripouilTes et fripons,
Nous sommes les %9Ji%-canijaUe...
C'est nous qui couchons sous les ponts.
(A. B.)
~ CHAMBRE MEUBLÉE. Gamo.
a — Quand tu sors de notre oarno pour
aller masser au bourvard extérieur,
crois-moi, faut point dépasser la
place du Delta. «
(Thublot.)
— CHAMBRE D'HOTEL réser-
vée au casuel. Train de plaisir.
« On appelle train de plaisir, en
argot de police, la chambre réser-
vée dans les hôtels aux amours
anonymes d'une heure. »
(GoaoR.)
— CHAMBRE A TABATIÈRE.
Fanfouine.
— CHAMBRE DE PROSTI-
TUÉE. Atelier, Dehors. Quand
la locataire ne couche pas habi-
tuellement dans l'endroit où
elle exerce, son Atelier devient
un Dehors.
D'puis qu'a s' sert des « p'tll's annonces «
C'est épatant c' qu'a voit d' gonces
Visiter son atelier.
(Bbiollct.)
u Sa jalousie de marlou épris était
telle qu'il lui répugnait que sa ber-
gère ramenât « chez eux » et il lui
avait fait louer rue du Château-
d'Ëau un dehon où elle exerçait de
midi à deux heures du matin. »
{La Bavarde.)
— CHAMBRE CORRECTION-
NELLE. Carrée des petites
gerbes.
CH.VMBRIÈRE. Bonniche, Millo-
gère*. V. Bonne.
CHAMEAU. Bossemar.
CIIA
« Depuis que la Godille est revenu
du pays des bossemars^ il est bien
plus chameau qu*avant. »
CHAMP. V. Campagne.
CHAMPAGNE (VIX DE). Coco
épileptique. Expression créée par
Mûrger, mais dont la fortune est
plutôt contestable.
— 95 — CHA
CHAXDELIEK. CamoufieL
— BOUTEILLK DE
PAGKE. Pistolet.
CIIAM-
a Elle voulait boire du champa^e
pour s'étourdir.
— Deux pistolets cordon rouge ! coni-
manda-t-elle. »
CHANCE. V. Aubaine.
— CHANCE EXTRAORDI-
NAIRE. Veine de cocu,
« Gagner le gros lot et enterrer sa
belle-mère le même jour, ça peut
s*appeler une veine de cocu.' '^
— AVOIR BEAUCOUP DE
CHANCE. Coucher avec. Mar-
cher ou avoir marché dedans.
(V. ci-dessous).
CHAXCEUX. Bénit, Bidard, Chan-
çard, Cocu, Des bons, Veinard,
(t
Il est veinard, c' goncelà, tout y
réussit ; sClr, i' doit marcher d' dans
tous les matins ! i>
A nous gloire et fortune !
Massacrons les bidards
El faisons la Commune
Des lettres et des arts.
(C. DE Saintc-Cboix.)
Avec lot la Muse ne jeûne
Comme avec défunt Abélard.
Tous les matins elle déjeune
Ayee toi^ la Muse, chançard.
(Raoul Po.ncho.n.)
Il est toujours de» Itons, le mec ;
Il doit être cocu^ parole !
Il est bénit ; il couche avec :
Il n'a même pas la vérole.
(BLiDORT.)
CHANCELER. Cascader, hocher.
Dis-moi, Véuus, quel plaisir trouves-tu
A faire ainsi aiscader ma vertu?
{La belle Hélène.)
CUAXDELLE. Ardente, Bomette %
Bougie grasse, Calbombe, Cal-
bonde, Camouffe, Camoufle^ Flam-
barde, Luisante, Mouchique *.
V. Bougie.
« T'as mal aux haricots ; ï major te
dit d'y mette d' la bougie grasse. »
c Bonsoir, Luc, on voit pus qu* pouic :
il a mouché sa flambarde. »
CHAXGEMEXT. Chanstiquage ou
Chanstiqucment,
(« l's s'ront pas marida huit jours : il
aime trop V chanstiqucment. »
— CHANGEMENT DE PERSON-
NEL. Lessivage, Lessive.
« On a fait beaucoup de tapage à
Toccasion de certaines irrégularités
qui ont motivé une lessive à la Pré-
fecture, lessive qui a porté surtout
sur le service de la Sûreté. »
{Mémoires d'un inspecteur de la Sûreté.)
— CHANGEMENT DE RÉSI-
DENCE ou de domicile. Décar-
rade, Déplanque, V. Déména-
gement.
- CHANGEMENT
V. Abandonner.
DE VIE.
— CHANGEMENT EN AMOUR.
Paillassonnage. V. Infidélité.
CHANGER, V. n. Chanstiquer,
« — J'ai rencontré ta frangine, aile
est chausliquée à son avantage : a
d'vient gandine. »
— Vieillir. S'affûtei', Se dégom-
mer, Se déjeter, Se dfhnou-
cheter, (Ce dernier verbe ne
s'emploie guère qu'à l'inli-
nitif et au participe passé.)
« Quandj'ai commencé à w' fl^ti/er, a
fallu que j' plaque mon bouleau. »
« Y a longtemps qu'elle aurait dû
remiser ses œillades, car elle com-
mence à se démoucheter sérieuse-
ment, la pauvre. »
I — V. a. Chanstiquer.
CUA
— 96
CIIA
«< — Qu'est-c' que c'est que cHte
pièce-là?
— Va la chansliquer\ tu verras si aile
est bonne. »
— J' peux pas allei
c'tte lîquetle-là. J'
aller au thé&tre.avec
vas en chànsli-
qnev.
— CHANGER D'OPINION. Chan-
ger son fusil d'épauleSy Retour-
ner sa veste,
« Si cela continue il faudra à M. Dupuy
une nouvelle paire d^ffpaules pour
lui permettre de changer encore son
fusil. »
{La Petite République.)
— CHANGER DE RÉSIDENCE.
DécaiTer^ Démurger, Déplan-
quer.
— En rompant son ban : Cas-
ser sa canne,
ic C'est dans sa nature, faut qu'i roule
sa bosse. C'est pour ça qu'il a cassé
sa canne ; mais la r'nifTe s'est aper-
çue qu'il avait démurgé et si i' ren-
quille à Pantruche, va core falloir
qui* déplanque^ si i' veut pas ête
re tapi s se. »
— CHANGER D'EXISTENCE,
avec idée d'amendement. Ache-
ter une conduite. V. S'amender.
— CHANGER D'AMOURS conti-
nuellement. Camper, Courir,
Paitlassonner,
»« Clara se serait bien mise avec lui,
mais il aime trop camper; il ne s'at-
tacherait pas, ce paillasson-lâ. »
Et pendant aue, bonne personne,
Elle soigne le pot-au-Teu,
Son brigand depoux pailUutonne.
CHANGEUR. Balanceur de braise,
Beunier, Sauterolte \ Sauteron *,
Sauterondolles *.
CHAIVSOX. GoualanlCy Salade.
V. Chanter.
— CHANSONS. (Balivernes.) Bo-
niments, Couittonnade.
CHANTAGE. V. Escroquerie.
CHANTER. Canter (pi'ovençal),
Dégosiller, Galouser *, Gazouiller ,
Goualer, Gueuliber *, L'envoyer,
La pousser, Pousser la goualante
ou si m pi. En pousser une, Se gar-
gariser,
« — Dis, petit, cante un peu ta salade
à la Paulus. »
« — Quoi, personne ne veut dégo-
siller'i... Eh ben, moi, j' vas vous
en pousser une ; et une bath I »
Quand tu Venvoys, la sorguc,
Ha môme, entre mes bras,
Esgourdes-tu mou orgue
Qui gazouille tout bas :
Ta goualant' me dérargue
Des regoûts les plus lourds...
Goualez, gouales, ma largue,
Goualez toujours !
{Parodie argotique de la Sérénade
de V. Hugo.)
« — ^entendras un frère qui lu pousse ;
ah ! dis donc, tu sais, y a pas d'er-
reur, çui-là, i' s' gargarise comm'
les mecs de la grande Opéra. »
— CHANTER FORT. Avoir du
galoubet .
— BIEN CHANTER. Venvoyer,
La pousser, avec un sentiment
d'admiration.
« Le baryton, i' chante comme un
fiac, tant qu'à la chanteuse... ail'
Venvoye\ »
— MAL CHANTER. Dégueuler.
« H n'y a que nous autres, du Midi,
pour avoir du creux et du galoubet.
Vous autres, du Nord, vous ne can-
lez pas, vous déyueulez. »
CHANTEUR. Goualeur,
• Cest un méchant goualeur de caf-
conce. »
— CHANTEUSE. Goualeuse.
C'cit Nini Buiïet, la Goualmxe.
(Ul^dout.)
— CHANTEUR OU CHANTEUSE
MÉDIOCRE. Seringue.
« — Allons nous-en, la « demoiselle
de la maison » va chanteré
— Vous ne tenez pas à l'entendre ?
— Une pareille seringue, merci ! »
GHA
— 97 —
CHA
CHANTRE. Goinfre.
CHANVRE. Nivet, Nivette.
CHAPEAU. Bloum, Bloumard,
BloumCy Boston *, Caloquet *, Cam-
brion *, Cambriot *, Capety Capiott
Chapalj Comble *, Combre *, Corn-
briau *, Combneu *, Corniche^
Couvre-amour y Doule^ Doulosse,
Duc, Epicéphale (arg. des écoles),
OalurBy Galurin, Marquin *, Toi-
ture,
Ton blottml j dal' du Grand Empire.
(Jbhah Rictus.)
<( — A s'a payé un blouine, un bath
douiosse a 4.80. »
« — Ah! c' galurel.., avec ça su' la
schnassOf t'as Tair d'un mocco à
Corvi. »
m — Allez, mets ton capet; on s'en
va! »
« — Qui qui m'a pris mon capiolf j'
peux pas m'en aller nu-tête. »
Son carie j'ai pessigué,
Son coulant et sa montante
Et son combre* galuché.
{Chanson argotique.)
« Il était tout joyeux de quitter son
boston de bahut pour une plus chic
ioHure : un épicephate de boulevar-
dier. »
<f — Tu piges mon duc'i 11 est à la
mode, j' suis coiffé comme un mi-
nisse. »
Vieai squ<>lette au ventre en entonnoir,
Chef blanc coiffé d'un galurin noir!
(J. RicHipm.)
— CHAPEAU PLAT. Tuile,
— CHAPEAU ROND. Cloche, Me-
loUy Nid de merle. Nid de pie.
« Allons, monsieur se distingue, il se
met sous cloche. »
(DCRAZID.)
« — Mince de frusques! dit Mahurel,
un complet, un melon, du linge...
t'as donc fait un héritage? »
(F. CoprÉE.)
— CHAPEAU DE SOIE. Caber-
luche galicé*.
— CHAPEAU HAUT DE FORME.
Album, Boisseau, Boite à cornes,
Blockhauss, Bolivar, Bosselard
(arg. des écoles). Cadrât ou Ca-
dratin (arg. des typographes),
Capsule, Colonne, Cylindre, Dé-
calitre, Gibe, Gibus, Lampion,
Loupion *, Trombion, Tube,
Tuyau, Tuyau de poêle.
C'était bath du temps d* Badin^çue!
J' sortais 1' dimancn' qu'en boiêseau.
Souliers vernis et redingue.
« D'un furieux coup de poins il assura
sa boite à cornes, qui s'anaissa lé-
gèrement sous ce choc inattendu;
puis il sortit en poussant un hor-
rible juron. •
« — Tu vas à la noce, que t'as sorti
ton cadrattnl »
(G. Amyot.)
« — Chaque fois que je sors ma cap*
suie, il lui arrive des accidents. Je
ne la mets pourtant qu'aux noces. »
«t Le père Chotard ne mettait sa
colonne que les jours d'enterre-
ment, w
« Le décalitre sur l'oreille, et frisé
comme un jeune marié, il descen-
dit en sifflotant le faubourg du
Temple. »
Une dame en wagon attrape une colique :
A càté d'elle était un gibus magnifique,
Le voyageur dormait... le reste va de soi..«
(H. Franci.)
« Pour un' fois que j' sors mon tube,
v'ià qu'i' lansquine. n
— CHAPEAU BOSSUE, APLATI,
Accordéon,
H Hélas! son joli cylindre tout neuf
n'était plus qu'un ridicule accor-
déon, que le postérieur, tant admiré
tout à l'heure, de la verseuse venait
d'ainsi transformer. »
{La Bavarde.)
— CHAPEAU DE PAILLE. Pa-
nama,
— CHAPEAU BLANC de cer-
tains cochers de fiacre. Pot de
chambre,
« Un cocher de l'Urbaine escalada la
tribune et commença ainsi son dis-
7
CBA
— 98 —
COA
cours : CaiDarades, vous m^excuse-
rez si je garde mon pot de chambre
sur la tête, mais je crains les cou-
rants d'air. »
— CHAPEAU BICORNE en ba-
taille. Tournevis^ Frégate (arg.
des marins).
« Les launes étaient là, le bancal de-
hors, et r tournevis su' les châsses. »
« La manière de porter la frégate a
été pour la première fois enseignée
en 1824 par Baupré, ancien danseur
de ropéra, qui donnait à l'École des
leçons de danse et de maintien. *>
(Alosrt Lévy et G. Pihkt.)
— CHAPEAU DE FEMME dé-
modé, ridicule. Bagnole^ Bagno-
tet, bibi, Cabas^ Cabasson^ Cas-
serolCt Lucarne,
« Elle avait Tair, avec son vieux tar-
tan miteux et son bagiioiet à plumes,
d'une tireuse de cartes... >»
(HERBiar.)
« Son costume se composait de bas
blancs, d'un jupon de futaine à
grands ramages, d'une camisole
lanche et d'un vieux cabasson où
pleuraient deux pensées. »
^H. SoMBftt.)
« Elle avait le cheveu rare sous ses
frisons et sa natte d'occase, por-
tait du linge douteux, une toilette
démodée, un bibi acheté au décro-
chez-moi ça. »
(J. RtCHEPlK.>
« 11 en est qui, nu-tète, paraissent insi-
gnifiantes et très quelconques ; c'est
la majorité. Eh bien! celles-là
mêmes deviennent presque jolies
quand elles ont coiffé l'horrible
lucarne salutiste. »
(J. Lakoke.)
CHAPELIER. Castoi'in % Corn-
brier *, Couvreur,
« — Viens jusque chez l' couvreur^
y te vas payer eun' bûche. »»
— CHAPELIER
Gnoleur,
RETAPEUR.
« La plupart des gnoleurs sont étran-
gers, Deaucoup de Polonais; la
matière première leur est fournie
par les marchands d'habits et par
TAngleterre où les chapeaux « hauts
de forme » sont abondants. »>
(DCLESALLC.)
CHAPON. Castroz\ Catrot\ Esta-
fon *, OrnioUy Omioys*.
« On se calera les joues avec une
bouillante au lard et un omion à la
mode. »
CHARBON. Lusquin, Moricaud.
« Si l'durva pus, qui qu'amèn'ra la
barbaque à Pantruche? et les bou-
gnes, où qu'i's prendront 1' lus-
guin'î n
« 11 est courant, c' greffier-lâ, il est
toujours fourré dans V moruaud. »
CHARBONIVIER. Bougnat, Dou-
gnCf Boulanger *, Manival *,
M — Va chercher un kil chez le
bougnCf à côté de Tépicemar. »
— CHARBONMÈRE. Bougnate.
« — Ten as une gueule noire! Tas
donc embrassé une bougnalel »
CHARCUTIER. Cochonnicr,
GraoUy Graoudjcm,
« — Chez le cochonnier tu prendras
quatre ronds de saindoux. »
«c Le vendredi saint, les louchersbem
et les graous font la bombe. »
CHARCUTERIE. Graou,
'c — Puisque t'as du goût pour le
cochon, mets-toi dans 1' graou. »
CHARGE. Carge *, Cargue (apoc.
de Cargaison), FardiSf Farguc,
« — Tu vas pas monter la chaussée
avecque c'tte cargue-lîi su' l'en-
dosse? »
n — Tu vas crever ton gail avec un
fardis pareil. »
« — Donne la moitié d' ta fargue ; tu
dois en avoir ton pied. »
— TÉMOIN A CHARGE. Parrain.
V. Témoin.
CHA
— CHARGE. (Plaisanterie.) Couil-
lonnade^ Fumisterie,
CHARGER. Farguer,
« Si vous êtes fargués de la came-
lotte grinchie. •
(M. Makio et L. Ladmay.)
« A Ta prév'na qu* si 1* curieux la
fsait v'iiir, a 1' fargnrait ciier à
cause des vach'ries qu'i' y a faites. »
« Pas moyen d' s'en séparer, des
mômes; faut ben les garder et s'en
farguer, »
— CHARGER LA FOULE. Ser-
vir le Irépe,
H — Gàfe, v'Ià les cipaux qui s'a-
mènent; sûr qu'on va leur-z-y
faire servir le trépe. n
CHARGEUR. Fargucur,
CHARITÉ.Camtade (hispanisme).
V. Aumône.
CHARLATAN. Charrieur, Char-
rieur cambrousieVy Manyin, Mar-
chand de mort subite,
H — Ah! vous ajoutez foi à tout ce
que débitent les mangins de la
politique? •
{Le Pilori.)
« Il restait bayant au vent, en écou-
tant les bouiments d'un marchand
de mort subite installé à l'intersec-
tion des deux voies et qui débitait
je ne sais quelle droirue. »
(il. SoxnnE.)
CHAROGNE. Macchabée. V. Ca-
dayre.
CHARPENTIER . Compagnon
chef de chantier : Gâcheur, bous-
chef de chantier : Sous-gâcheur,
Le sous-gdcheur distribue le tra-
vail que le gâcheur a tracé et le
fait exécuter. L'aide-compagnon
est appelé Lofât.
— 99 — cnA
CHARRETIER. Roulotin.
— CHARPENTIER EN
MENT. Escaliéleur.
BATI-
— CHARPENTIER EN DÉCORS.
Carcassier.
CHARRETTE. Houlotte, V. Voi-
ture.
CHASSER. (Congédier.) Balancei\
halaiistiqucr y Balayer, Barrer,
Bouler, Débarquer, Déporter, Dé-
poser, Dévoyer, Donner du balai,
de la pelle au cul, son sac à. Jeter ,
Sacquer, Vicier, Vider.
« Y avait pas quat' jours qu'il était
dans c'tte place-là qu'il a trouvé
r moyen de s' faire halanstiquer, »
« Tu m' sciesl tu m' dévoyés \ tu m*
plaques! tu m' harn's\ tu m' vides l
tu m' boulesl... Tu me r'mercies
comme un larbin I »
« Le patron a foutu son sac au grand
Jules, rapport qui faisait toujours
el' lundi. »
« L'arpetle a été jelé pour avoir pieté
le pive au contre-coup. »
CHASSEUR A PIED, CHAS-
SEUR A CHEVAL, CHAS-
SEUR D AFRIQUE. V. Soldat.
CHASSIE. Cire, Mite.
m Tout le monde connaît ce souhait
ironique : « Je vous souhaite une
bonne année, la mite à l'œil, la
crotte au cul, la morve au nez. »
CHASSIEUX. Cireux, 5!iteux.
« On comprend que ce fonctionnaire
soit clérical ; ce miteux fournit assez
de cire, en eU'et, pour alimenter de
cierges plusieurs paroisses de la
grande cité lyonnaise. »
CHASTE, adj. m. Joseph, Mascot.
— Adj. f. Mascotte. V. Vierge.
— FAUX CHASTE. Pudibard.
CHASTETÉ. Bérengérisme (néolo-
gisme tiré du nom du sénateur
Bérenger).
« La récente aventure du sénateur-
pasteur évangélique Dide, ardent
apôtre du Bérengérisme, démontre
CH\
— 100 —
GHA
suffisamment que la morale pu-
blique et officielle de ces bihardi
n^a rien de commua avec leur
morale privée. »
(Hector Fkakci.)
— JOUER LA CHASTETÉ. Fai}*e
son Joseph^ son Père4a'Pudeur,
CHAT. Estaffier \ Estaffion \ Gas-
pard, Gat*, Greffier, Griffard,
Gripardy Grippard, iMpin de gout-
tière. Lièvre, Minon, Mistrique.
« 11 avait des moustaches comme un
greffier en rogne. »
« Quand a monte au ciel, a gouale
comme les griffards qui s^ font du
m^nu su^ les toits. »
« On avait chauffé le gripard de la
taulière qu'on a mis en gibelotte ;
et Mi lot ne se gourait pas qu'il
s'enfonçait du lapin de gouttière. »
CHATAIGNE. Castagne (proven-
çal), Moussue *, Truffe de savetier.
CHATEAU. Piget, Pipet.
CHATOUILLEMENT. Cha-
touilles, Pattes, Pattes d'araignée,
« Et un de ces corps délicats, souples,
graciles comme il en apparaît dans
les gouaches galantes des petits
maîtres de l'autre siècle, résistant
avec de feintes pudeurs aux assauts
d^amour, tressaillant, palpitant,
riant, perdant la tête a la plus
imperceptible chatouille qui les
frôle, et si étourdies qu'elles ten-
dent leurs lèvres quand on n'implo-
rait qu'un timide baiser sur les
doigts. »
(RlQOIT.)
CHATOUILLER. Faire des cha-
touilles, des pattes d'araignée.
« Elle est, paratt-il, rebelle à l'étreinte
bien qu'elle tolère que ses clients
lui fassent dans le cou d^excitantes
pattes d'araignée, ■ '
CHATRER. Abélarder, Ahélardi-
«er, Désatiller *.
« D'un colonel vous courtisez la
femme, s'il vous surprend, il vous
abélardisera, »
(PomiEMKUL.)
CHÂTRÉ. Chantre de la chapelle
Sixtine,
CHAUD. V. Ardent.
— AVOIR TRÈS CHAUD. Cuire
dans son Jus.
— IL FAIT TRÈS CHAUD. Il
en fait un plat,
CHAUDRON. Coquemar, Coque-
mart. Marmouset*. V. Bouillir.
« La grande cheminée s^ouvrait
comme un porche. Des toiles d'arai-
Ênées penaaient au toumebroche.
es casseroles s^alignaient auprès
des coquemars et des chaudrons. «
(11. DE RiGHIEM.)
CHAUDRONNIER. Jalo\
CHAUFFER. Riffauder, Riffer.
V. Brûler.
— SE CHAUFFER EN SE RE-
TROUSSANT. Faire la petite
chapelle. (Se dit en parlant des
prêtres et des femmes.)
Met brt9, mes jambes, mof appas,
Toul ça îbutail 1' camp, i grands pas.
J'osais pus fnir la p'tiV chapelle^
A Greuelle.
(A. B.)
CHAUFFE-LIT. Boule, Ce mot
est aujourd'hui passé dans le
langage courant.
CHAUFFERETTE. Chauffe-grip-
part (obscène). Gueux.
CHAUFFEUR. (Bandit.) Riffau-
deur, Suageur. V. Brûler.
CHAUSSETTE. Panufe, Sachet.
— CHAUSSETTE FAITE DE
CHIFFONS. Chaussette russe,
y D*ai Traiment d' rvf«* que mes chcuutette*
Et eneor vrai, dans quel état I
(JlBAH RiCTOS.)
CHAUSSURE. Flacon, Panard,
Passe, Passif, Pompe, Ribouis, Ri-
CHA
— iOi —
GBE
clol. Tartine, Trottin, Trottinet.
V. Botte, Bottine, Sabot, Soulier.
— CHAUSSURE A SEMELLE
DE FEUTRE OU de chanvre.
Passe à la rousse,
CHAUVE. Acajou, Bille ou boule
de billard, Caillou, Déplumé, Ge-
nou, Hollande, Nib de douilles,
mb de tiffes. Œuf, Œuf d^au-
Iruche, Piein-e à l huile ^ Pomme
d'escalier, Tète de cire. Tête de
veau. Tête nickelée. V. Crâne.
On dit encore du chauve qu'il
A le front dans le cou, qu'il Se
dégazonne ou se déplume, qu'il
Grandit, qu'il A retourné sa brosse,
que Sa tùte dépasse ses cheveux,
qu'il n'a plus d'Alfa sur le pla-
teau, de Chapelure sur le jambon-
neau, de Cresson sur la fontaine,
de Fil sur la bobine, de Gazon sur
la terrasse, de Mouron sur la cage,
de Mousse sur le caillou, de Paille
sur le tabouret; si la calvitie n'est
pas très accentuée, il n'a encore
que Des vers dans son manchon,
« Un affreux rôdeur de liarrière com-
parait en cour d'assises ; il a assas-
siné un malheureux vieillard sans
défense.
— Votre proression?
— Casseur de cailloux...
Et il jette un regard menaçant et
féroce sur le crâne chauve du pré-
sident. >»
(HCCTOB PbaI«C£.)
« — Ma foi, on se défend ! Et sans ces
satanés cheveux qui s'obstinent à
filer, on pourrait encore faire figure
de jeune homme...
— C'est vrai que tu te déplumes ferme. »
(PONTAILLAC.)
« Un artiste capillaire, un brin facé-
tieux, offrait à un client chauve
comme un veau de lui faire un
« schampooing. >
— Non! dit le genou en souriant
amèrement, une vinaigrette. »
« A cause de sa calvitie presque com-
plète, Paillette s'est vu surnommer
Pierre à l'Uuile-, et il ne s'en fâche
pas. »
— CHAUVE QUI TENTE DE
DISSIMULER sa calvitie en
utilisant les dernières mèches.
Rameneur.
CHAUVIN. Patriotard,
CHEF. Dos*, Can\ Coesre % Dab,
Duc % Marpau ", Mec, Meck, Meg*,
V. Patron.
tt Tu causes qu'avec un bourguignon
comme il en fsait un, si tout Tateil-
1er avait la cosse! Alors on a laissé
r dab en frime et ou est parti à la
rigolade. »
a II y a un mot qui reparaît dans
toutes les langues du continent
avec une sorte de puissance et
d'autorité mystérieuse. C'est le mot
a magnus *>. L'Ecosse en a fait son
mac qui désigne le chef du clan;
l'argot en a lait le meck et plus
tard le meg, c'est-à-dire Dieu. »
(V. Huoo.)
— CHEF DE BAXDE. Aigle blanc.
Cotise*, Mégard,
« Les chefs de bande ont le titre
d'aigles blancs, »
(G. MAct.)
« Le Cotre * me proposa d'ôtre des
leurs, on faisait la grande soûlasse
sur le trimar. •
(Y. Hugo.
— CHEF MILITAIRE. Kébir
(arabisme).
<f Ma seule appréhension était que le
kébir ne revînt, ne m'appelât et ne
me fit manquer mon rendez-vous. »
(HeCTOK FftA!«CB.)
— CHEF D'USL\E, D'ATELIER,
DE MAISO^r, DE MAGASIN.
Galeux, Manche, Singe. V. Pa-
tron.
Sentant son patron s'approcher,
L'arpett* crie, en cessant d' flïkner :
« V*ià r manche'. *
(Bl.ÉOORT.)
CHEMIN. Anlîf, Pelé, Rade, Rub,
Ruban, Tirou\ Trimar, Trimard,
Trime.
Et souvent la 4)atteus' d'antifs
Comme un mâle abattait son homme.
(A. B.)
CHE
Pisque j' m'a mis moi-mAme ao ban
D' la «ocièté — comm' dit Tot' code —
J'arpente V pelé,,., j* suis V ruban
Qui mèoe où qu* la vie est commode.
(L. DB BsacT.)
— CHEMIN DE FER. Dur, Chien
de fer, Rub de rif ou de rifle.
V. Train.
« L* dimanche, ils prennent V dur et
vont s* les rouler à la canibrouse. »
Ysoa! t'entends pas ce hurlement?
C'est l' cri des chiefu<rfer,ée% remorqueurs.
(Jeham Rictcs.)
« 11 était venu d'Arnelle à Pantruchc
à pinces en suivant le rub de rifle. »
CHEMINÉE. Bouffardière, Com-
mode.
CHEMIIVER. Battre Vantif, Bier *,
Trimarder, Trimer. V. Aller,
Marcher.
« — Si tu veux trimer avec meziôre,
nous aquigerons grande chère. »
{Le Jargon.)
CHEMISE. Bannière, Limace^ Li-
masse, Lime, Liquette, Sac à lard
ou à viande.
« Défripant sa chemise, tannière
flottante sur ses jambes velues, il
répliqua lentement avec aplomb... »
(G. LoistAU.)
Le soir on l'vait eun' pétasse...
Un choléra sans /lmac^,
A la plac' Mauberl.
(A. B.)
T'as pus d' grimpant... t'as pus d* Hquette,
Tes lapp'-la-bou baill'nt de douleur...
(Jeuam Rictus.)
« A fait la crâneuse d'puis qu*a s^ met
des sac 'à-lard à trent'-ncuf bour-
gues. »
— SANS CHEMISE. A poil. Dans
la iiffuelte du p^re Adam ou de
la mère Eve (selon le sexe).
Merd' ! V'Ià l'hiver et ses dur'tés,
V'ià r moment de n' pus s' metl* à poiU,
(JiUAiv Rictus.)
« Quand nous Pavons surprise, elle
était dans la chemise de la mère
ÈV€. »
CHEMISETTE. Limasine.
— 102 — CHE
CHEMISIER. Umacier.
« Y en n*a pas épais comme sézigue
pour turbiner À la tire chez les
limaciers. »
CHER. (Coûteux.) Chaud, Chérot,
Épicé, Gris, Grisâtre, Grisolle,
Salé.
« — Je n*ai pas pour habitude de
marchander, dit-elle d^un petit air
pincé; mais j'estime que deux mille
quatre, c'est un peu chaud. »
{Le Patriote.)
« r voulait pas été insoumis paV que
ça finit toujours par coûter trop
chérot. »
« — Votre compte est diablement
épicé, »
(H. FaAwcs.)
« Si c'est pas trop grisâtre y veux
bien banquer d^ la croustille. »
« — Douze balles un falzardi c'est
trop gris pour ma poire. »
CHERCHER. Cafouiller, Chiner,
Fouinarder, Fouiner,
« — Que qu* tu viens core chiner
par ici? il est tout V temps en train
a fouiner, c' mec-là. »
— CHERCHER UNE OCCASION,
un coup à faire. Al/er nu vague.
Donner du vague, Endroguer *,
Pénarder.
Comme y avait qu' làpc en sa vague,
Ou'i' déclarait,... qu'i ('sait friot
r s' dit qu' fallait aller au vague
Et dégoler un panlriot.
(HUOUKT.)
Mais la tierce n'est pas veinarde,
C'e»t vainement <\Vi ùWe pénard" :
Chauve est l'occasion, ce soir!
(M
— CHERCHER DE L'ARGENT.
Aller à Varche.
— CHERCHER A FAIRE
AVOUER. Charrier, Cuisiner,
Salader. V. Avouer.
CHERCHEUR. Fouinard, Foui-
neur.
CBÈ
— 103 — CHE
<« Le lendemain, je causais avec Ros-
signol qui était un de nos meilleurs
agents, et en môme temps un foui-
neur. »
(GOBOM.)
CHERE (BOXXE). Chvrance.
CHÉRI. Gobé.
«c II se croyait gobé de toutes ces
demoiselles. »
{Gil Bios.)
CHÉRIR. Avoir dans la peau, dans
le sanQf dans les veines, Gober,
V. Aimer.
« Ah! monsieur, je ne pourrais i^as
vivre ainsi loin de ma petite patrie,
et comme on dit d'une femme amou-
reuse qu>lle a son homme dans la
peau, yai mon pays dans la peau. »
(llAtraiCE DONZïAY.)
CHÉTIF. Astec, Astèque, Aztèque,
Asticot, Carafon, Demi-Sipnon,
Essoufflé, Fait au compte-qouttes.
Fait en fiacre. Fausse-couche, Pond
de bain, Foutriot, Fouir iquet,
Goutte-à-goutte, Haricot, Marmi-
teux. Microbe. V. Avorton.
« — Tes pas grand, t'es dans mon
genre. Aztèque premier numéro...
omment que ça se fait que t*es
resté tout seul?»
(J. HAnNi.)
<* Asticot, amène ton gnasse. »
(Tbuhlot.)
« Moi, i* m* faut des gas, des m&Ies,
des hommes! Les foutriguels, les
carafons, je m'assois dessus. »
« — Comment donc s'appelle ce bout
de femme?
— Demi-Siphon, monsieur; c'était une
institutrice jusqu'à ce que Valentin
lui ait appris le truc. »
(R. Uaiibroy.)
« La banque est levée, ce ne sont pas
les pauvres petits essoufflés d'à pré-
sent, les goutte- à- goutte, qui pren-
dront la suite ! »
(ID.)
« — Tonnerre de Dieu I c'est-y que lu
n'es pas un homme? Qui c'est qui
m'a b&li une fausse couche pareille !
(Gboiocs Coouteline.)
« C'était une toute menue personne,
un petit fond de bain de rien du
tout ; ces dames la nommaient ['Ha-
ricot. »
« Les pouillards sont de malheureux
bougres, généraleuient des vieil-
lards, quelques-uns à demi morts,
tous malingrcux et mannileux,
mais capables quand même de tirer
sur le câble de halagc. »
(J. KiCHiPin.)
H On se prend à douter si l'avenir,
au lieu de désigner notre siècle par
le nom de quelque rare génie, ne
l'appellera pas le siècle de microbes,
nul mot ne rendrait mieux notre
physionomie et le sens de notre
passage à travers les générations, m
(M. DB VocuC.)
CHEVAL. Bique, Bourdon, Brest,
Cagne, Canard, Canasson, Carcan,
Carne, Chèvre, Coco, Gail, Galier,
Gaillard, Gaille, Gailler, Gaillet,
Guy art, Gaye, Gager, Gayet, Grès,
Macquart, Maillet, Poulet, Poulet
d'Inde, Sitçon, Têtard, Tréteau,
Veau. Ces mots s'emploient or-
dinairement en mauvaise part.
« V'ià le capiston qui s'amène grimpé
sur une bique d'arliUot. »
« — Non, mon vieux, c'est pas du
cochon que t'as boulotte, c'est
même pas du bourdon. »
« On lui avait donné un tuyau certain :
uncanard^ qui n'était qu un vulgaire
veau, mais qui devait être au poteau
ce jour-là, sûrement! »
Et tons les cochers d' (iacre, enfin !
Seront rcduils, pour n' pas mourir de faim,
A n' houlotler qu' du saucisson
Fait de leur propre canasson.
(Kuii. Leucrcibb.)
« La sonnerie du pansage se répéta
dans tous les coins du quartier :
« La botte à coco ! la botte à coco î »
et le malheureux fut repris de rage
en songeant à la carne qu'on lui
avait fichue et qui ne l'accueillait
jamais qu'à cuups de sabot. »
CBB
— 104 —
CHI
« On voit des tas d* cav&lot sur leurs
gails. n
« Je dis adieu au régiment, bonsoir
au poulet d'Inde, »
(CoRMorr.)
« — Que qu' c'est que c* méchant
cailler d: quat* tous? en v*l un
têtard l... T'as pas dû 1' raquer ché-
rot ton brest... Que suçon \ c'est un
macquarl !... i* n'a pus qu' trois
pattes d' bonnes, c' tréteau-\kt.,.
— Ah I il est bath, eul* mailletX
— Jamais c* poulelAk pourra nous
conduire à Auteuil!
— Moi j' prends T mouche. »
— DONNER A UNE ROSSE
L'APPARENCE D'UN BON
CHEVAL. Maquiller, arnaquer
un gailj un tréteau, etc.
CHEVELU. Absalon.
CHEVELURE. Douillure, Cresson^
Gazon, Mouron , Mousse, Paille.
Y. Chauve.
— CHEVELURE BLONDE
BLANCHE. Filasse.
OU
— CHEVELURE
en deuil.
NOIRE. Tifs
^ C1EVELURE ROUSSE. Poil
de brique, de carotte. V. Barbe.
— CHEVELURE MAL TENUE
et abondante. Tigne, Tête de
loup.
CHEVEU. Bngand\ Erigeant \
Bringeant *, Crin, Douillard,
Douille, Filot*, Plume, Tif, Tiffe.
Viv' la gaieté! J'ai pas d' chaussettes;
Mes rigadins Tont des risettes ;
Mes tas d* douillards m' serrent d' chapeau.
(J. Ricucpirf.)
Hais vMà qu'au milieu d' toat c' tapage
Mon Apons\ qui fait du chichi,
Laiss' tomber ses douiiri dans 1' potage.
Oui, j* les ramon ! quoi ? c'est mon chic;
Tout chacun fait c' qui veut d' ses tij^es.
Tout chacun Tailc' qu'i' veut d' ses plumes.
(L. DE BsacY.)
— CHEVEU BLANC, a/flrçi/mïe,
Tif savonné.
— FAUX CHEVEUX. V. Per-
ruque.
— CHEVEUX NATTÉS ET
RARES chez la femme ou la
fille. Queue de rat.
CHÈVRE. Câpre.
CHEVROX. Baraque, Brisque, Mai-
son (arg. militaire).
<c C'était un vieux sapeur à trois
baraques décoré de la médaille
militaire. »
a Le général Boulanger a remplacé la
brisque du sous-officier par une
petite tresse or et soie qui se porte
au ras du parement de la man-
che. »
(CilAROY.)
« Il aura bientôt trois maisons dans
la même rue, dit-il en faisant allu-
sion aux trois chevrons qu'allait
porter le gagiste, après la signa-
ture de son dernier rengagement. »
(hlZANIIB.)
CHEVROiNXÉ. Briscard ou Bris-
guard.
u C'était un vieux briscard, un soldat
d'Italie. »
(Hbidut.)
CHICHE. V. Avare.
CHIEX. Azor, Cab, Cahe, Cabji,
Cabo, Cabot, Cador, Cleb, Clebs,
Rabin*, Happin*, Quatre pattes.
« On va pas V bouffer, vot' azorl »»
a N'en v'ià un à qui je garde un
cabut de ma chienne ; laisse faire. >»
(J. KlCHEPl».)
» r m*a foutu une mouise comme on
n'en filerait pas ù bouffer à un
cador. »
Len quat'patl's, c'est les chiens d* Paris.
Lesvovouii, \iisclebi cd' barrière...
(A. B.)
— CHIEN DE GARDE. Alar-
miste, Chien de guette, Jaspi-
neur. Tambour. V. Aboyer.
— CHIEN BOULEDOGUE. Boule.
CBI
— 103 —
GHI
— CHIEN DE PETITE DAME.
Lèche-cul (obscènel, Lexicon
(id.).
CHIENNE. Happine\
CHIER. Caler sa biture, Caguei% Ca-
ner, Caquer, Déballer, Débonder,
Débourrer, Débourrer sa pipe^ Dé-
falquer, Dé /laquer, Déponei^, Dé-
panner, Déposer son bulletin, son
kilo, sa pèche, Dringuer, Ecrire à
Bismarck, au pape, à Saint-Pierre,
Etre en fonction, Filer sa mousse.
Filer du proye, Placader, Plaquer,
Flasquer, Fogner, Fonctionner,
Fuser, Gâcher du gros, Gatipoter,
Moiiscailler,*Moussei*, Poser potet,
Poser ou pousser sa chique, son
bouchon, sa pêche, Poseï^ un co-
lombin, Rondiner, Tarter, Tartir,
Téléphoner, Tousei\ V. Besoin.
— ALLER CHIER. Aller à Cli-
cny^ à la débourre^ à flacade,
chez débourmann, chez ftac-
mann, oii le roi va à pied, Aller
chez Bernard, Aller votn\ On
dit de quelqu'un qui met de la
lenteur à celte opération Qu'il
fait des câbles, des cordes, de
la ficelle. Enfin, les jargons
font de Chier Lierchem ou Lézé-
lierchem, de Plaquer, Naquer du
fia, etc. V. Jargon.
« Après s'ôtre calé les amygdales, on
va caler sa bitlure. »
(Hbctob FaANci.)
« Ça m' fait déballer... ça m' fait
débourrer c' boniment-là; et j'ai
pas pu m'empêcher d'y dire. >^
« Y d'vait y avoir un peu d' ca, car
er Marquis a été à ta débourre au
moins dix fois. »
« Ahl le maudit animal! II cassait
la vaisselle, crevait le paravent et,
de temps à autre, pour varier la
série de ses méfaits, défalquait
sous le lit de M. le curé. »
(Hectou Fma?ick.)
« Puis il avait peur des enfants, tous
salauds qui déflaquent dans les
coins et mettent partout une odeur
de bran. »
(C. Lemomru».)
« — Tu peux louper, toi, tu t'en fous,
t'as qu'un gosse, tandis qu' moi,
faut que j' turbine, j'ai six culs à
faire flasquer à la maison. »
« Les périphrases exprimant l'acte de^
mouicaiiler sont des plus nom«
breuses. u
(H. Fmance.)
La Natur s'achète eun' jeunesse,
A %' déguise en vert et en bleu,
A fait sa poire et sa princesse,
A m' fait tarter, moi, qui m* Tais vieux.
(Jeha?( Rictus.)
Vn soir qu'a m' fra trop Uerchème
J'y foui mon vingt-doui. dans la peau.
(A. B.)
Non... vrai... ça m' fait naquer du fia !
(Id.)
— CHIER DANS SA CULOTTE,
dans ses jupes. Perdre ses
légumes.
« Allô avait tant bouffé à la noce à
sa frangine qu*a perdait ses légumes
en route. »
CHIFFOX. Bi/fe, Chiffaille, Fer-
loque,
« Et y t' la pousse sur mes coussins
comme un vieux paquet de chif-
faille. »
(J. Mahki.)
CHIFFOXXER. Biffer, Biffiner,.
Chiner, Grafigner.
« Les chiffortins se plaignent que la
nouvelle boite imposée par le pré-
fet ne leur permet plus de biffiner
ù l'aise. »
C'est un métier d' purotio,
Faut Irimarder dans Pantin
Ku savates,
Faut chiner pour attraper
Dos loupa(|u' ou pour chopper
Des miU' pattes.
(A. B.)
CHIFFOXXIER. Amour*, Bif,^
Bif/in, Chevalier du crochet, Chif-
fortin, Chifforton, Cupidon *,
Fouillemerde, Graffin *, HolteriaUy
Philosophe, Pisscur, Tafouilleux.
— 106 —
CHI
Dans uo quartier paroUn
Polyt' naquit un malin
D'un biffin el d'un* biffiM.
(L. DB BncT.)
M Les chevaliers du crochet ont décidé
d'adresser une requête au Conseil
municipal. »
« On ne rencontrait plus à cette
heure avancée que des sergots et
des chiffortons. »
« Cet assommoir est un rendez-vous
de philosophes oui y viennent tuer
le ver une fois la hotte remplie. »
— CHIFFONNIER EN GROS.
Ogre, V. Cabaretier.
— APPRENTI CHIFFONNIER.
Nègre.
A Paris ya Hes quartiers
Où au' les p'tiots qu'ont pas d' métiers
r s' font pègre!
Nous, pour pas crever la faim,
A liuit ans, chez un biffin.
On est nègre...
(A. B.)
— LA CORPORATION DES
CHIFFONNIERS, leur état,
leur travail. La Biffe, La Chiffe.
« ~ C'est encore dans la Biffe, assu-
rait Bijou, qu'on rencontre le moins
de mairaiteurs. »
« — Le monde de la Chiffe est tra-
vailleur, économe et relativement
honnête. »
CHIFFOXXIÈKE. Biffine, Cho-
caillon *.
— CHIFFONNIÈRE EN GROS.
Ogresse.
CHIGXOX (FAUX). Kilo.
CHIPER . Chaparder , Chapper,
Chopper,
« Où diable a-t-il trouvé à chaparder
de la viande, ce rossard ? »
(HECToa Franck.)
... Tiindis qu'en l'érhoppe
Le marcbaïul a le dos tourné
Garroclic, qui passe en pénard, lui choppe
De quoi remplacer son dln^.
(L. DE Bebcy.)
CHIPEUR. Chapardeur.
cno
« Car c^étaient des galapiats du quar-
tier, maraudeurs et chapardeurs. »
(J. RlCHKriN.)
CHIQUE. Cigarette de matelot,
Pruneau.
« — Le temps de prendre une ciga-
rette de matelot, dit-il en roulant
une pincée de tabac à fumer entre
ses paumes. »
« — Là, avec un pruneau comme ça,
on se passe de pipe pendant deux
heures. »
(H. SoMoai.)
CHIRURGIE. Charcuterie.
CHIRURGIEX. Boucher, Charcu-
tier, Charcuteiir, Coupe-t ou jours,
Tailleur.
«( A va pas, on dit que l* boucher doit
y r'tirer des trucs qu'aile a dans 1'
l
ide ; si ça s'rait moi, j' marcherais
pas : les charculeurs, ça m' fout la
vénette. »
— En raison de leur spécialité,
certains chirurgiens sont
dénommés Ovairiers.
Oui, c'est nous qui fouillons
Et qui tripatouiflous
— Coupe-toujours infatigables —
Dans les jolis bedons ;
Et nous nous bombardons
Ovairiers des plus remarquables.
(BLtoorr.)
— CHIRURGIEN DE MARINE.
Toutmiquet.
— OUTIL DE CHIRURGIEN.
Baume d* acier.
— OPÉRATION CHIRURGI-
CALE. Charcutage, Charcuterie.
— OPÉRER CHIRURGICALE-
MENT. Charcuter.
CHOC. Carambolage, Gnon, Trim-
ballement.
(c Mince de carambolagel Le sapin ne
s'était pas garé assez vite et le
train Ta fichu cul par-dessus tète.
Si tu avais vu ce gnonl... m
« J*y ai mis un de ces trimbaltmenls
qu'il eu a été à dame. »
CBO
CHOISIR. Balader*.
— i07 —
CIC
CHOIX. Faire un bon choix, un
choix profitable. Mettre le doigt
' dessus ou Mettre le doigt su V bath,
« De toutes les gonzesses qu'étaient
là, sézigue avait chauffé la pus
gandine ; de c* coup-là, il avait 7nis
V doigt su' V balh. »
— DE CHOIX. Crème, Gratin,
• Une salle de première au Théâtre-
Français, c*est plus que de la crème
de gratin ou du gratin de la crème,
messeigneurs. »
(K. Bbbuebat.) ,
CHOMAGE. Ballot, Calancc, Ca-
tence.
CHOMER. Balotter, Ban-er ou
.scier le bouleau. Être à la comédie,
sur le flanc, sur le sable.
CHOPIXE. Chôlette, Chopotte,
Demi'kil, Demi-kilo, Tenante *.
« — Mets quatre ronds pour une chô-
lette, je mets le reste. »
{La Xation.)
« Elle envoya la gamine chercher un
demi-kil de blaac d'Algérie. »
CHORISTE. Tagnard,
« r gouale tous les soirs, à la mis-
loque où qu'il a dix fléchards
comme tagnard. »
CHOSE. Flambeau, Flanche, libé,
Loubé, Lubé, Luctrème (V. Jar-
gon), Machin, Machine, iVtôc,
Nubé, Truc. V. Dévaliser.
« Qu'est c' que ce flambeau-Xkl »
« r nous a raconté des flanches épa-
tants. »
« J'en gratte pas pour ce /t66-là ;
demande-moi toutes les machines
que tu voudras, mais pas ça : c^est
des trucs où j'sais pas y faire. »
• — Ça vous intéresse, ces machins-
là?ïi
(GF.OR(il AURIOL.)
« — Occupe-loi de tes oignons ! D'a-
bord tu n'entraves que dalle dans
Ce nuhé-\k. »
« Mon Dartagnan file le luclrème dans
la porte, u
{Lettre de Beauvilliers.)
CHOU. Rome\
CHOYER. Chouter, Chouchouter,
Mamourer. V. Caresser.
CIIRÉTIEX. Pour les mahomé-
tans : Chien, Iloumi.
— Pour les Israélites : Goye;
au pluriel Goym (hébreu).
(c Le soldat était gardé à vue par un
tirailleur indigène qui, baïonnette
et cartouche au canon, eût été
enchanté de placer son coup de
feu, par amour de la consigne et
haine du roumi. »
(Hur.DF.S Le ROCX.)
« Voilà un catholique, un goye bien
audacieux. »
fDuDUT DB LaFOBBST.)
CHRIST. Hariadan Burberousse*.
CHUCHOTE.ME\T. Messe basse.
V. Cachotterie.
CHUT! Acre! Acréel Acres! Bou-
clez ! Fermez ! Cresto ! Les voiles !
Les volets! Pet! Ta bouche! Ta
gueule! Un bouchon! Un cadenas!
Un verrou ! Vesse ! Vos bouches !
Vos gueules !
« Ahl vos gueulesl... on n'entend
que pouic! »
CHUTE. Bouchon, Gadiche, Gadin,
Gamelle, Pelle.
— FAIRE VIVE CULTE. Bamas-
ser un bouchon, une gadiche, etc.
« C qu'il a ramassé un gamelle I que
bouchon I que gadiche ! que pelie !
CIBOIRE. Baignoire à bon Dieu.
CICATRICE. Apostrophe, Esfaffc,
Virgule.
CID
— 108 —
CIS
cmnE. Pie fantoche*, Qaulé, Purée.
« — Ho! tôlier, file-nous du pive et
du bathl nous avons mare de ton
ÎfauU : c^est d* la purée bonne pour
es gerces. »
CIEL. Plafond, Tapis bleu, Tur-
quois.
Si le Dab ne joue à la quille
Et soo Tapis bleu ne maquille,
Jasant aui luucheltes qui font
Gomme les davins du Plafond^
Loin des vergues et de la meute
Des peslailles, pénard. je pieute...
(L. DK Bercy.)
Car pour moi, quand V turquois tsi gai,
La pir' do lout's les catastrophes
C'est d'ét' mocbard et mal Tringué.
(Jrha:< Rictus.)
CIERGE. Ardent.
CIGARE. Grillant, Hiffaudant.
— CIGABE D'UN SOU. Cinq-
centimados, Crapulos, Infecta^
dos, Londres de vidangeur.
— BOUT DE CIGARE. Mégot,
Orphelin. S'emploient égale-
ment pour Bout de cigarette.
« De c' coup-là, on s'a fendu d'un
grillant à la mode : un manille de
latqué. »
Tas d' prop' à rien, tas d* salijjauds,
A»ec Tos môm*, avec vos grues.
Vous m' barrez l' trottoir et les rues,
J' peut pus ramasser mes mégots !
(A. B.)
« J'ai mAme pus d* quoi m'offrir un
crapulos. J' vas rte réduit à griller
des orphelins. »
CIGARETTE. Cibiche, Cibiye, Ci-
bigeoise, Grillante, Grille, Sèche.
« — Le temps de rouler une cibiche,
et je suis à toi. »
bvronr.)
« On se coutentoit de griller ses
cibigeoises pendant son absence. »
{L'Ère Aationate.)
« — Dis donc, P'tit-Louis, fil'-moi
eun' grillante, j'ai pas bombardé de
c* mâtin. »
« Quant à Rosita, elle se résout à
consumer sèche sur sèche, m
{La Bavarde.)
CIMETIÈRE. Jardin des claqués,
des crônis, Parc des refroidis.
« — Rigole, ma vieille! en attendant
(^u*on t' planque au parc det crônis,
la tu rigol'ras pus ! »
— CIMETIÈBE D'IVRY. Le
Champ de Navets.
« Il nous remit un pli pour le com-
missaire de Genlilly qui a le Champ
de Navets dsins sa circonscription. »
(GoRo:<.)
— CIMETIÈBE DE SAINT-
OUEN (ancien). Cayenne.
« J' sais pas si c'est à c^ CayenneAà
qu'on t enverra bouffer les pissen*
lits par la racine... en tout cas
méfie-toi qu' ça soye pas à l'aute ! »
CI\Q. Linqcé. V. Jargon.
CIRCONCIRE. Baptiser au coupe-
cigare, au sécateur, Guinaliser.
« Boule-de-Juif voudrait qu'on bapti-
sât tout le monde au sécateur. »
( L'Intransigeant . )
CIRCONSPECT. Chaud, Pénard.
V. Armée.
« Il refusa carrément la proposition...
et lui, chaud, »
CIRC0XSTAIVC:E. Occase (apoc.
d'Occasion) .
J' t'écris deux mots et j' profite d' Voccase.
(A. b.)
CIRCONVENIR. Embobiner, En-
g ailler.
« Et r Juge, qu'est un vieux salaud,
s* laisse embobiner par la bonne
femme. »
CISEAUX. Fauchants, Faucheux,
Pinçants *.
« Tu parles qu'il a fait un tubard
quand que i merlan d' la compa-
g nie a passé ses fauchants dans ses
eaux tifs. »
CIT
— 109 —
CLÉ
CITRON. Poire de Chine.
« — Qu'est-ce quMl faut vous servir?
— Un kil de blanc, deux douzaines
de portugaises, une poire de Chine;
et ça fera la rue. »
CITROUILLE. Boule jaune.
CLAIR. Gnt/f, Nif.
« Il est nif comme du pivois de la
Côte Sfidnt- Jacques. »
CLAIRON. Corne, Trompion.
n Voilà le bataillon qui rapplique. En-
tends-tu les trompions t »
(M. ROGEB.)
— ENSEMBLE DE CLAIRONS
ET DE TAMBOURS. La clique.
M Le détachement s^en va à la gare
au son de la musique et de la
clique. »
(G. D'EsPAMBif.)
« En argot militaire, la clique signifie
l'ensemble de tous les instrumen-
tistes non classés musiciens :
fifres, clairons et tambours. »
(Colomb.)
CLAMEUR. Criblage y Criblement.
CLANDESTINEMENT. A la
douce, A Vétouffée, A la muette,
En douce, Enpénard, En sondeur.
Pègre, pégriot! Pègre d l'étouffée.
Planche à /a muette et Tauche en pénard.
(L. DB Bbbcy.)
Un tas d' radicaux & la s'cousse
Qai s' fout'nl du trdpe et des proies
Et qui font leur affaire en douce.
(A. B.)
« On parle qu^on fra cracher dans V
son à rintérieur du ballon et que
r trôpe pourra pu' y voir que
tringue : y aurait pus que V bingue
avec son riflard, cV curieux et les
mecs de la Tôle qui s' payeraient
ça, en tondeurs, »
CLAQUE. (Gifle.) Bâfe, Bâfre,
Baffre, Beigne, Chisnouffe, Gnole,
Mandate, Mandole*^ Sischnouffe,
Toitrlousine.
« — Quitte à les bourrer d'une bâfre
si madame geignait. »
(Jbam LonBAiM.)
« — Tu vas voir, Mélie ; si lu r'biffes,
j' te vas mette eun' paire de bàfesl »
Si ça continu', gare aux beigneel
(A. B.)
Si lu s* rais pss si vioc, panoufTe.
J' te ûrrai' eun* bonn' chinnouffe.
(BtiDOBT.)
Car le diable me caracole
Si je ne t'applique une gnole
Qui lieudroit chaud à ton groin.
(Vadé.)
Et des mandai'.., et des bocbons...
J'y tap'rais d'ssus comni' su' du pantre.
(A. B.)
« Elle n'avait pas eu le temps d'ou-
vrir la bouche pour se JustiGer que
sa mère lui appliquait une tour-
lousine à lui faire voir trente-six
chandelles. »
— LA CLAOVE D'UN THÉÂTRE.
La bâfe, La gifle^ Les Romains»
Tous les soirsje m' pay* U misloque :
J' va' à la bâf pour mes cinq ronds.
(L. DB Bbbct.)
— BILLET DE CLAQUE. Aa-
vabe.
CLAQUER. (Gifler.) Filer, mettre
ou poser une bdfe, un tabac. Lais-
ser tomber une châtaigne, une
mandale. V. Claque.'
— V. n. Donner des battoirs.
Jouer les romains.
— CLAQUER DES DENTS.
Battre la générale.
« Il avait r frio, i' battait la générale,
i' flasquait dans son fendard ! »
CLAQUEUR au théâtre. Blanchis-
seur au mire loque. Dix ronds, In-
time*, Romain.
CLASSE. La troisième classe de
transport est appelée Première
de louave.
CLÉ. Aiguille, Crochette, Débou-
clante, Débridoir, Froufrou, Pei-
gne *, Penne *, Tournante.
CLE
— 110 —
CLO
^ FAUSSE CLÊ. Bi6t, CaroubU,
Carreau^ Gerbière, Rossignol^
TiUeuse,
« L^ taulier, à qui qu'on doit deux
semaines, a rHiré ma débouclante
du tableau. »
« Elle avait filé son débridoir au
pante qu'avait embarbé d'auto dans
fa carrée. »
« Laisse pas la tournante su' la sur-
dine et boucle la lourde. »
Vous et' mont-eo-l'air et rric-frac :
Vous et' (les mar 1', tous él' des roubles !...
Ben, moi, vos bibis, vos caroubles
Et vos Auc-de-pomm', ça m' fout 1' trac.
Quaud qu'un goncter crible au vinaigre
Vous y-eotrczd'dan:!ou vous l'aciounex :
Moi, r* raisiné, ça m' pue au nez!...
j' s'rai jamais qu* fourch'si je m'mets pègre.
(L. Di Bebct.)
Si la serrant' bat niort à la idtemfi,
SauA rcssautor, escaoe ton carreau.
Planque tou jaque au droit delà moqueuse...
(Id.)
CLERC. V. Bareaucrate.
CLERGÉ. La calotte, La ratiche.
Ainsi, moi, Constant Honore,
y marche pas avec la calotte ;
r peut crever, Monsieur 1' curé I
Mon grand'père était sans-culotte...
Les ratichoiis j' m'en Tous un peu!...
D'aillcuis, i' faut pas qu'on m'emmerde.
Autrement, ça fait pas long feu...
Uni deux!. ..Messieurs, moi.) vous dis: «Merde! «
(A. B. Les Souloloquet d'Honoré Constant.)
n Suppose que çui-là déplanque de
la hatiche; comiu' les autres, il
eulrera dans 1' inarida ou dans
l' collage. »
CLICHY. Nib du Chy.
CLIENT, CLIEXTE. Dans Target
des commis de nouveautés, le
client qui fait déballer beaucoup
de marchandises pour ne rien
acheter est un Houcn ; le servir,
c'est Aller à Houen. La cliente
tatillonne est surnommée Ma-
dame CaniveL Le clientgrincheux
s'appelle un Calot, un tanais, un
Rat-mort.
— CLIENT QUI NE DONNE PAS
DE POURBOIRE au café OU au
restaurant. Figaro. V. Consom-
mateur.
— CLIENT DE LUPANAR QUI
NE CONSOMME PAS OU se
contente de boire sans « mon-
ter ». Flanelle,
— CLIENT D'UNE PROSTI-
TUÉE. Miehé, Mkhet, Micheton,
V. Amant.
CLIGXER. Rider, Paire du clinc.
CLIQUE. Frape, Frappe, Fripe,
Fripouille, Gance*, Gouape, Soce,
Tierce, V. Bande.
« Toute la tierce du Montparno s^était
donné rendez au Point-du-Jour. *>
CLITORIS. Berlingot, Routon,
Flageolet, Haricot, Soissons,
CLOCHE, CLOCHETTE. Bat-
tante, Rrandillante, Brandi lie,
Rrandilleuse, Dandille, Dandillon,
m Dix plombas crossaient à la battante
de THôtel de Ville. »
« Ts avaient attaché un griffard à la
brandilleuse du lourdier. »
« Tu nous canules à taquiner le dan-
dillon \ attends un' broque, V dab
va v'nir ouvrir. »
CLOCHER. Rourdonnard,
CLOITRE. Ilatichonnière, V. Ab-
baye.
« Après avoir fait une vie de pata-
chon, il s'est retiré dans uue rati-
chonnière^ afin d'aller au ciel. »
CLOTURE.(Fermelure.)BoMC%c.
« Après le bouclage de l'Exposition»
on se les calera avec des briques. »
— CLOTURE EN PLANCHES.
Théâtrale.
« Dans l'argot des pègres, on nomme
théâlralei^ clôture en bois, parce
que, pour la franchir, il faut
« monter sur les planches. »
CLOU. Clavin,
CLO
— m —
coc
« Il supeDdit la serviette à un clavin
enroncé dans la duraille. »
~ CLOU DE SOULIER. Dia-
mant, Diame.
« Il lui a fou lu un coup de talon sur
la gueule que Pautre en avait tous
les diamants marqués. »
CLOWN. Caoutchouc y Farineux.
V. Forain.
« Avant de guincber les Clodoches, il
éUûi caoutchouc^ chez Rancy. »
« Moi, c' qui m' fait V pus rigoler, au
cirque, c'est les farineux, »
COCASSE. Rigolard, lUgolboche,
RigolOy HigouHlardy Tordant,
m — Oui, enQn ... Vas un correspon-
dant qui ne correspond pas. —
Tout ça est rigolard. »
(H. Lavedan.)
a II avait trouvé très rigouil/ard de
lui mettre du poivre dans son tabac
d'Espagne. »
« Ça c'est tordant. J'ai fait la bombe
toute la nuit et j*ai encore de
l'argent. »
COCHER. Cochemur, CochemuchCy
CoUignon, Trimhalleur, Parfois,
Ton jargonne le terme français :
Locherquès, Lochcrquic^ Locher-
quème.
En mèm' temps que les collignoiiê
maquieuons.
(Eutt. Lkmkbcibr.)
SeroDt ruiués la maquieuons.
Alorsse, on a pris un locherquès
pour s' faire trimballer V iiaquc a
Auteuil. »
— COCHER D'OMMBUS. Cocher
d'indigents, Trimballeur de mi-
ches à trois ronds,
« — Descends donc de ton siège, eh !
cocher d^indigents, trimbalteur de
miches à trois rond* ! cria le gavro-
che à rimpassible cocher d omni-
bus. 9
— COCHER DE CORBILLARD.
Hirondelle de la Camarde, Triin-
balleurdecr^niSj de macchaàéis.
« Le daron de Méloche était dans les
Pompes funèbres. 11 était /n>o/u/e//e
de la Camarde. »
a C'est un pauvre purotin qui n'aura
jamais pour cochemar que le trini'
oalleur de macchabées, »
— COCHER
raudeur.
RACOLEUR. Ma-
« Les agents de la brigade des voi-
tures out horreur des marau-
deurs, w
— COCHER EX CONTRAVEX-
TIOX. Cocher marron.
<« Lui, c'est un corher marron. 11 fait
les gares, la nuit, avec une vieille
guimbarde qui sonne la ferraille. »
COCHON . Baccon * , Bacon * ,
houanty Grohant", Porte-veine,
« Merci, jolies mœurs et joli pays :
l'amour porte-veine. »»
(Jean Lorbaiii.)
COCU. Bélier, Boisé, Bonjean, Bouc,
Chauffe-la-couche y Cornard, Cou-
cou , Joseph,
« — Tu connais pas ce chauffe-la-
couche de Duffland? c'est un bélier,
un bonc^ un boisé \ sa gonzesse le
fait cocu avec tous les uininches. »
« Elle flanqua une gifle à sou iras-
cible yos^p/i. »
(L. DOBVILLE.)
— ÊTRE COCU. Avoir du bois,
des bois, des cornes, En porter,
Être de la confrérie, de ta confré-
rie de Saint-Joseph, Vétre, Ne
plus pouvoir mettre son chapeau,
Se plus pouvoir passer sous la
porte Saint- Denis ou n'y pou-
voir passer sans se baisser,
« L*étre ou ne pas Té/re? ie le suis,
voilà tout. L'accident ne vaut pas
qu'on le souligne. Tout homme est
le trompé de quelqu^un ou de quel-
que chose. >»
(Clovis Houues.)
« On prétend que la belle lui en fait
porter au pomt qu'il ne peut plus
passer sous la porte Saint- Dents. »
{La Bavarde.)
coc
— H2 —
COI
-« Et il daubait sur les pauvres cor-
nards comme s'il eût espéré abattre
des noix en leur secouant les
cornes, •
(A. SiLTUTtE.)
•COCUFIER. Boiser, En faire por-
ter, Garnir ou Orner le front.
-m II n'avait pas deux mois de ménage
que, déjà, sa légitime le boisait avec
ses commis. »
-« Je TOUS dis que c'est une sainte-
nitouche. Elle a Tair de ne pas y
toucher mais elle en fait joliment
porter à son époux. »
M C'est plutôt aux amis qu'aux étran-
gers que s'adresse l'épouse pour
orner le front de son mari. <»
CODE. Boite à gifles, Bourreur de
pègres, Grimoire mouchique *.
COEUR. Battant, Brûlant, Chouan,
Frappant, Fressure, Grand res-
sort, Palpitant.
« Faut pas avoir de battant pour
dégréner ses vieux. »
« Avant de quitter la place, il s'assura
que le frappant de la vieille ne bat-
tait plus. M
« Vous pensez si je me sens la fres-
sure chatouillée i l'idée de tous les
grands hommes que je vais ren-
contrer... »
(Catulle Muots.)
UiM «it&se Taguc et tans boraes
DiUU toas les palpitants...
Bien des fronts sont dotés de cornes...
C'est le printemps.
(Gbammoiit.)
« Quand les soubrettes à Chariot vous
mettent sur la bascule, le grand
ressort ne doit pluf marcher. »
— Cartes. Battant, Sanguin.
V. Jeu.
COFFRE. Bauge.
COFFRE-FORT. Arche, Arche
sainte. Bauge, Diable, Grasse, Ta-
bernacle. V. CaisM.
« Le plus grand danser pour les
banques, c'est les voleurs de bau-
ges, »
(Grisou.)
« C^est un gonce qui doit avoir du
flac dans son tabernacle, »
COGNAC. Cogne, CognejL
« — Allons, Firmin, encore un coup
de cogh'ji : ça te donnera des
forces. »
COGNER sur quelqu'un. V. Bat-
tre, Frapper.
COIFFER. (Peigner.) Merlander,
Ratisser la terrasse.
« T^en as une tignasse. Va te faire
merlander, »
n V s' fait ratisser la terrasse et i' s'
parfume à leau d' peau d' conasse
comme un' tata. <»
COIFFEUR. Gratteur, Merlan,
Pommadin, lidcleur. Bâtisseur,
Trique-poux,
Et pourtant voyei comme on s' blouse.
C* merlan arait si bonn* façon
Que je 1' supposai moins poisson :
1' n'avait ni casquett' ni blouse.
(BlAoobt.)
« Cet insipide pommadin^ ce râcleur
prétentieux et bête mettait sa gloire
a vous raconter qu'il avait un jour
c gratté » le grand duc Alexis; et
quand on lui disait que celui-ci
avait toujours porté sa barbe entière,
le ratisseur vous prenait en grand'
pitié. M
{LÈre Nationale.)
— COIFFEUR
Èchellier.
MALADROIT.
COIFFURE. V. Casquette, Cha-
peau.
— COIFFURE DE L'HOMME.
Cheveux ramonés sur les tem-
pes : Accroche-cœurs, Faces,
Guiches, Ronfles, Rouflaquettes,
Soixante-six.
Si su* les tempes jo m' coll' des guiches
C'est par magnère d* témoigner
Qu'en vrai barbiz' j* rob* pas les richee.
(L. DB BUCT.)
COI
Il âTait deoi pMits faroris
Surmontés d'eun* fiu' rouflaouette,
AlaVillette.
(A. B.)
Qaand j' veui tremper mes guiches,
Gratis pro Deo
Sans bateau
J' m'en vas faire un* pleine eau.
(J. RlCHBPlN.)
Devant un mélé-cassis
Il roulait une grillante
Ou lissait ses soixant-sîx.
« Fais-toi pas des faces; coupe tes
tifles à la Paulus. Y a pus qu* les
mignards qui s* font des ronfles^.,,
pour crosser. »
— COIFFURE DE LA FEMME.
Baudeaux : BoUicceili, A la
vierge. En ventre affamé ; che-
veux courts et frisés : A Cen-
fantj Ninon ; frisettes ou en
frange sur le front : A la chien ;
cheveux ramenés sur les
tempes : Accroche-cœurs, Pa-
têres, Suspensoirs. La fantaisie
des littérateurs crée journelle-
ment des expressions pour dési-
fner, selon la mode, fa coiffure
e la femme ; les mots ci-dessus
indiqués peuvent être désuets
demain et faire place à d^autrcs.
« Le chapeau Lamballe en paille
blanche et noire couvert d'une
longue plume d'autruche va bien
sur une bolticcelli un peu ondulée. »
{Courrier de la Mode.)
Allé avait des maenièr's très bien,
AUe était coifTée a la chien,
A chantait comme eun' petit* folle,
A BatignoUes.
(A. B.)
Avec ses grands tifs à la vierge
Et SOS mir s qui r'mouchaient 1 pavé,
A semblait aller à combergc.
(L. DK Behcy.)
COÏT. Baisage, Bowre, Ça, Caram-
bolagBf Chique, Chosette, Coup,
Crampage, Crampe, Crampette,
Façon, Mise, Partie de carambo-
lage, d*écarté, de jauihes en Vair,
de piquet. Passe, Pavé, PtHée, Petit
luhéy Politesse, Ravescot, Secousse,
Soupe à la quéquette, Tronchage,
Tronche, Truc, Presque toutes
ces expressions sont obscènes.
— H3 —
COI
Et c'est pourquoi vous toutea
Vous vous mettez en route,
Princesses, puisque nous
N'allons pas à vous,
Princesses de la rampe.
Princesses de la rrampe...
(Raoul Poncbon.)
Votre gain n'est pas mon tourment;
Mais le piqtiet que j'imagine,
A deux, serait un jeu charmant.
(P. PAiLLarra.)
COITER. Abreuver le courtaud*.
Aller à la bourre, au bonheur, à
la tronche, chez bourmann, chez
crampe, chez crampmann, chez
tronchmann, Airacher un pave,
un pavé. Baiser, Barrâtes*, Battre
le beurre. Bit ter. Bourrer, Brico-
ler, Caramboler, Chaucher, Cli-
quer, Cogner, Cramper, Dégorger
son panais, Dérouiller, Donner
Vaubade *, Emmancher, Encraquer,
En foutre une secousse, Enterver *,
Entifler*, Être en lecture, en
main$, sous presse, Faire boum.
Faire ça, Faire la bêle à deux dos.
Faire la chosette, le petit lubé, une
façon, une passe, une politesse.
Faire Lisette, Fourniller *, Four-
nir *,Fourrei\ Foutre, Hier *, Hycr",
Hornangier * , Jouer de la croupe.
Le faire. Limer, Manger de la
soupe à la quéquette, Mettre,
Mettre au chaud. Mettre du lard
en bouteille, la cheville dans le
trou, le diable en enfer, le pape
dans Borne, etc., Nettoyer son
verre de lampe. Piquer, Planquer^
Planter, liivancher *, Bouscailler,
Schnailler, Se dire bon jour. Se dire
deux mots. Se foutre sur le dos. Se
frotter la couenne, le lard, Se sou-
haiter la fête, Taper, Taper de la
fesse, du figue, de la patte, Tigner,
Tiquer, Tirer sa chique, son coup,
sa coupe, sa ciampe, Troncher,
Ventouser*, Voir la feuille à Ven-
vers, Y aller, Yniser*. Presque
toutes les expressions argoti-
ques pour dire Coït etCoïtersont
obscènes et on ne les doit em-
ployer qu'avec la plus grande
8
COL
— 114 —
COL
circonspection, bien que, —
comme le latin, — Targot, dans
les mots, brave Thonnètelé.
« — Est-ce que les prêtres font ça'i
— Sans doute, et mieux que les
autres hommes. Pourquoi ne /erion5-
nous pas ça ? N'avons-nous pas tout
ce qu il faut pour cette besogne 7 »
(BOCCACE.)
Ah ! j' la connais, son anarchie :
Manger, boire, et pis mstlre au chaud.
(P. Paillette.)
« Ce Bérenger, qui n*aime pas qu'on
fasse un brin Lisette, n'est pas
pour nous satisfaire et combien
nous lui préférons celui dont la
ffrand^mère regrettait sa jambe bieo
faite et le temps perdu. »
(Maubice Donnât.)
« Elle vient de faire une passe et,
souriante (le miché a dû être géné-
reux), elle s'avance vers son soute-
neur. »
(G. MAct.)
COLÈRE. Cran, Renaud, Ressaut,
Rouspétance,
— ÊTRE OU SB METTRE E.\
COLÈRE. Êtreàcran, àrenaud,
à ressaut, à tube, Etre blanc,
bleu, rouge, vert, violet, de toutes
les couleurs. Faire de la bour-
rache, de la rouspétance. Fumer,
Gober son bœuf, sa chèvre, Grou-
mer, Monter, Monter à C échelle,
Mousser, Piquer son bœuf, son
cran, la ou une rogne, Pousser
du renaud, du ressaut, du rogne,
de la rouspétance, Prouter,
lienauder, Ressauter, Rogner,
Rouspéter, Tuber, S* emballer.
Se mettre les nerfs en pelote,
Voir rouge. N'en voir plus clair,
« — Y a du r^nnud, madame a ses
nerfs? — Je m' fais la paire! >»
« Moi Bibi Chopin, opportunard?...
tu parles si ça m'a mis à cran ! »
« Du coup, ca d'vient durillon. Et
j' proulel Et j' fumel Et f groinnel
Et j' tubel Et je r'naude l El y ra'au-
bade. Si t'entendais c* pétard, t'en
prendrais un plat. »
Îla TOUS surprend qne je ressaute ?
e suis de mauvais poil toujours :
Miis hondieu ! n'est-ce pss la faute
De votre vieux monde à rebours ?
(P. Paillette.)
J' Tiens d' rencontrer la femme i Pierre,
C qu'a fait d' Tharmone ! ah ! nom de d'Ià !
C'en est flaqaant ! hen merde ! en v'Ià
Un' marmit' qui fait sa soupière!
A rouspète^ a fait du chichi,
A r'naude, a crâne, a rogne, a gueule,
A tient r boul'vard à ell' tout' seule
Dedpnis Montmart* jusqu'à CItchv.
(A. B.)
tt Les têtes s'échauffaient, la conver-
sation en fit autant et l'idée sau-
grenue vint à Mlle Marthe de faire
monter à l'échelle le naïf curé, en
le régalant à sa façon d'un cours de
philosophie religieuse. »
(A. MtLANDBI.)
« Chaque coup que j' dégote c^ salaud*
là, <^a m' rout les nerfs en p'iote ;
j' vois rouge et, poure rien, j entre-
rais d'dans. »
« Quand on y a boni ce que sa gon-
zesse avait fait, i' fumait, V mec;
i' n*en voyait pus clair, »
« — Tu crois qu'y a pas d' quoi piquer
la rogne quand on voit des trucs
pareils? »
COLÉRIQUE. Coléreux, Fumeur,
Groumeur, Renaudeur, Ressau-
teur, Rognard, Roynew, Rouspé-
leur, Tuteur.
« En v'ià d'un sale renaudeur, il est
tout r temps à r*ssaut. »
« — Non, j' suis pas groumeur; mais
faut pas qu'on me cherche. »
« Que tubeuse que c'tte sœur-là! que
sale rogneuse, que bâton merdeux ! »
« Mi lot, c'est un rouspéteur de pre-
mière, mais dans le fond, il est bon
fieu. »
COLIFICHET. (Parure.) Chinfrc-
ni au.
— SE PARER DE COLIFI-
CHETS. S'encoliflucheter.
COLIQUE. Chiasse, Chiottc, Cliché,
Drille, Bringue, Drisse, Drouil-
COL
— iVô —
COL
lasse, Brouille, Drousse, Tour-
mente, Trouille,
V visit* tous les hApitaax,
r craint pas la ehi(UM\ les coliques :
r torch'rait 1' cul aux cholériques.
(P. Paillette.)
Mais le cidre, — à Tore* qu'elle en liche, —
Finit par lui donner la cliché.
« — Mang' donc pas tant d* pain
d'épice, — qu'a y fsait, — tu vas t'
fout' la (iringue, »
« Après avoir boustifailié et liché
peodant une heure d'horloge sans
arrêter, le bon curé se leva soudain
de table, pris d'une drouillasse cara-
binée. »
{Leê Propos du Commandeur.)
« Mais au moment psychologique, il
fut pris de violentes douleurs d'en-
trailles : c*était la trouille^ l'indomp-
table trouiliel Et il abandonna la
partie, cédant à la tourmente. »
— AVOIR LA COLIQUE. Avoir
perdu sa clé,
COLLABORATEUR, COLLA-
BORATION. Collabo.
a II devenait Tesclave de l'œuvre,
maintenant qu'il en avait ouverte-
ment accepté la collabo, n
[L'Événement.)
Rabier et Jacquemart,
Deux bons parlementaires.
Sont de notre canard
Collabot ordinaires.
(H. BUGUIT.)
COLLECTE. Bouline.
« Les truqueurs des foires de village
font ce qu'ils nomment une bouline,
c'est-à-dire une collecte entre eux,
et ils chargent un compère de dis-
traire le surveillant, de l'emmener
à l'écart, de l'inviter et de le griser. »
(Pair AT d'Amclcmont.)
COLLECTIONNER. Bibeloter.
COLLECTIONNEUR. Bibeloteur,
Bibloteur, Bricabracoleur, Brico-
leur.
COLLECTIVEMENT. £n soce, En
tierce.
« Moi, j' veux pas turbiner en soce;
comme ça, quand j'affure, c'est rien
que pour mon gnasse. •
« On est monté en tierce à la Vil-
touze. »
COLLÈGE. Bahut, Bazai\ Boite.
« A la sortie du bahut, deux lycéens
discutent... »
(Po?(taillac.)
« On avait décidé qu'il ne retourne-
rait plus au bazar. »
(Du DOS.)
« Pour l'ouvrier, son atelier ou son
usine est une boîte\ pour l'employé,
c'est son magasin ou son bureau ;
Sour le domestique, c'est la maison
e ses maîtres ; pour l'écolier, c'est
la pension, le collège ou l'école. »
(HecTOB PaANCK.)
COLLÉGIEN. Bahutien, Potache.
« Coiffés encore de la casquette du
bahutien, Paul et René se tenaient,
honteux presque, loin des groupes
des autres jeunes gens de la ville. »
(Ucro.vr.)
(Tétait par un jour de printemps,
Sis potaches, les bras ballants,
S'en allaient en prom'nade.
(XANaOF.)
COLON. Les troupiers, dans nos
colonies, donnent aux civils qui
font le commerce de détail le
nom de colons marécageux.
(G. Dblbsallb.)
COLONEL. Colo, Colon, Grand
mec, Kcbir, Kibir.
Quand la boiteus' s'en va voir le colo,
Eir n'y va pas sans s' le passer à l'eau.
{La Boiteuse, Chanson de route.)
« Le colon réunit tous les ofGciers et
leur exposa le thème de la ma-
nœuvre. »
« C'est pas parce que t'es le grand
mec que tu me feras baisser les
châsses, ricnna-t-il. Puis, saisissant
sa chéchia par le gland, il la fit tour-
noyer et la lança dans la direction
du colonel, qui la reçut en plein
visage.
COL
— i
— Chauffe, Kibir, s'écria- t>il gogue-
nard; maintenant, mon anon, y
t'emm....! »
COLPORTEUR. Boucardier gam-
billeur*,
COMBAT. ChiqvetHe. V. Bataille.
COMBINAISON. Binaise.
« r jactait avec personne : i* voulait
pas qu'on conobre ses binaises. »
COMBINER. V. Préparer.
COMBUSTIBLE, subs. Macé-
doine.
COMÉDIE. Mireloque, Misloque.
— JOUBR LA COMÉDIE. Flom»
6er, Vendre, Vendre sa salade,
« Le malheur, c^est qu'il avalait trois
ou quatre grogs avant d'entrer en
scène; il lui fallait ça, assurait-il,
pour vendre sa salade. »
{Gazette théâtrale.)
COMÉDIEN. Misloqueur, Mislo-
quier, V. Acteur.
« C'étaient des mistoguiei*s qui flam-
baient jusqu'à des six ou sept fois
la joumaille chez Delille. »
— On dit du comédien qui
joue avec art qu'il sait
Enlever une scène; s'il re-
cueille beaucoup d'applau-
dissements, il Enlève son pu-
blic.
— Le comédien qui joue sans
art lâche la scène.
— Le comédien qui ne joue
que des bouts de rôle, le
cnanleur qui passe le pre-
mier dans un concert Ba-
laient , E'isuicnt le plancher j
la scène. On dit encore de ce
dernier qu'il Lève le torchon,
— COMÉDlE\ DE FOIRE. Flam-
beur,
« C'était un des meilleurs flambeurs
de la caravane. »
16 — COM
COMIQUE. V. Amasant.
COMMANDANT. Méquard\
COMMANDER. Méquer.
COMMANDITAIRE. Coqueur de
beurre, de bille, de braise,
« L^habiteté du faisant consiste à
découvrir le commanditaire, le
coqueur de braise qui lui fournira
les capitaux nécessaires à l'ouver-
ture de l'établissement. »
COMME. Kif, Kiff, Kif-kif, Kifkif,
Kifkif bourrico ou simpl. Bout-
rico.
La femm' miaistr'. ça Trait très bien
— Kifkif des ch>eu& sur nos potage». —
(Eue. Lkmkrcicb.)
COMME IL FAUT. Commif.
C'est à côtn des fortifH,
n'y voit pas d' gen
Qui sent I' musqué.
Ou n'y voit pas d' gens eommifs
(A. B.)
COMMENT. Sous forme d'inter-
rogation, avec idée d'incrédulité,
de moquerie ou de refus. Chez
qui? Chez Bobèche? Chez Dache?
Chez Plumeau?
« — Tiras à trooch^mann avecque
c'tte ponett'-là, toi? Chez qui? Chez
Plumeau ? »
COMMÉRAGE. Dabérage*, V. Can-
can.
COMMERÇANT VÉREUX. Din-
gueur. Faisan, Faisand, Faisan-
ditr, Faisant, Faiseur, iiibouleur,
COMMERCE. Flambeau, Flanche,
Truc,
a Sa dabe aurait voulu qu'a y paie un
p'tit flanche où qu'aile aurait four-
gué des moules et des frites. »
« — Que commerce qu'i' fait?
— Il est marchand d' bidoche.
— Marchand d' poules ; c'est core un
truc à s' faire cercler. >»
— FAIRE COMMERCE DE,
FAIRE UN COMMERCE,
cou
— 117 —
COM
FAIRE DU COMMERCE. Flam-
ber^ Flancher^ Truquer.
« Ts savent y faire chez eusses pour
truquer \ Eusëbe flanche à la mar-
motte en fsaot les bistrots, du
temps qu^ Ninie flambe au marché
pouilleux. »
— COMMERCE VÉREUX. Fai-
sanderiet Riboule.
m Les escrocs qui exercent la faisan-
derie se connaissent presaue tous ;
ils forment une sorte ue franc-
maçonnerie qu'ils ont eux-mômes
baptisée bande noire.
Pour pratiquer leur genre de com-
merce, les membres de la faisan-
derie ont recours aux moyens les
plus divers.
Quand il ne possède pas, person-
nellement, les fonds nécessaires à
l'installation d*un commerce, — ce
oui est fréquent, — le faisant ou
faisand -fém. faisande) cherche un
nave dont il fait son commandi-
taire ou son associé.
Le nave est hoonéte mais, comme
rindique son nom, naïf et facile à
berner; il a, généralement, de
sérieuses garanties ou d'excellentes
références, ce qui permet de se pro-
curer la marchandise à crédit.
C^est alors que le /'ai^anc/ persuade
au nave qu'un plus fort roulement
de fonds est mdispensable à la
réussite de Tentreprise et le fait
consentir à revendre, à vil prix, la
marchandise livrée.
Pour amorcer les fournisseurs, on
acquitte pai'fois les premières
échéances et, grâce à la complicité
d'un banquier de la bande, on dé-
cuple les commandes qu'on écoule
en coups de fusil^ c'est-à-dire au
3uart, quelquefois môme au dixième
e leur valeur.
Lesfaisands réussissent souvent
à venare les établissements qu'ils
fondent ou les cèdent à quelque
faiseur qui, de mèche, en continue
l'exploitation. »
COAIMIS. Berline^ Courtaud de
bout anche.
u Elle a fait son barbeau d'un cour-
taud de boutanche qui poisse pour
sézigue de la douce à son singe, m
— COMMIS COIFFEUR. Merlan,
Pommadin.
— COMMIS AU COMMISSARIAT
DE POLICE^ Cabot de quart.
Chien de quart ou de commis-
saire.
« L'exaspération est grande dans le
quartier contre les a^^ents et contre
le chien du commissaire. »
(Lkcocq.)
— COMMIS A LA COMPTABI-
LITÉ, AUX ÉCRITURES. Bu-
veur d^'encrCy Cul'de-plomb^
Gratte-papier^ Rond-de-cuir.
— COMMIS AUX COi\'TRl BU-
TIONS INDIRECTES. Gabelou.
(Ce mot est aujourd'hui passé
dans la laogue.j
« Le percepteur, c'est bien, on y va,
mais le gabelou^ ah! mince alors!
vous qui parlez de fonctionnaires,
tenez, en voilà un qui n'est pas
populaire! *»
(E. BtBGtmAT.)
— COMMIS ÉPICIER. Corni-
chon, Épicemar.
— COMMIS EN NOUVEAUTÉS.
Apprenti. Distot.
— Commençant. Roufion, RoU'
pion.
— En pied. Calicot, Chevalier
de Vaune.
— COMMIS VOYAGEUR. Ambas-
sadeur^ Gaudissart, Hirondelle,
Pilier de paquelin, Pitre de
comme.
COMMISSAIRE DE LA MA-
RINE. Ferblantier.
COMMISSAIRE DE POLICE.
Quart, Quart d'œil.
Puis chez 1' quart, d'un ton bravache.
Il va préteuure en rageant
Que >ous l'avez traité d' vache,
Le parfait agent.
(L. DB BKacv.)
« Voilà certes un sujet qui serait une
précieuse acquisition pour la po-
lice : un œil pareil vaudrait tous les
quarts d'œil du monde. »
(PoifTiULLAG.)
COM
— 118 —
COM
COMMISSARIAT. Burlingue de
quart. V. Bnrean.
COMMISSIONNAIRE. Galifard,
Trôleur.
— COMMISSrONNAIRB ATTA-
CHÉ A UN ÉTABLISSEMENT.
Chasseur.
m Chaque soir, il envoyait le chasseur
du cercle porter à sa femme Tar-
f^ent nécessaire à la pitance du
endemain. »
(Le Gauloi*.)
COMMODE. Accareuse, Careuse,
Comine, Tireuse.
« Mais quand la r'naque est v*nue,
on a dégoté les falTes sous 1' marbe
d' la careuse. >»
COMMUER LA PEINE D'UN
CONDAMNÉ. Le défarguer.
COMMUNE (LA). La Commode.
« — Ah! ma vieille, j'ai la dent
comme si j'aurais pas bouffé d* puis
la Commode. »
— MEUBRE ou SOLDAT DE LA
COMMUNE. Communard^ Corn-
muneux.
y l'avais rencontré' par haftard,
CYtait du temps qu' le» communards ^
Sur Thomas, rommellaient dts meurtres,
A Montmeurtre.
COMMUNIER. Avalei\ gober ou
manger Vauiergnat, le Ion Dieu^
le luron f le pain à cacheter, le po-
lichinelle, Faire son bonjour.
— Les employés d'église di-
sent Avaler le bourgeois.
« Et c'est du propre d'aller manger le
bon Dieu en guignaut les hommes. »
(E. 7.0LA.)
n — V'ià Pâques, dit le sonneur. Va
falloir qu*on aille tous avaler le
bourgeois. »
COMMUTATION. Défargue.
COMPAGNE. Monante\
C:OMPAGNIE. Équipe, Gance",
Soce, Tierce. V. Bande.
COMPAGNON. Bisot\ Copain,
Copin, Contre, Fanande*, Fa-
nandel*^ Fiasse, Frère, Gaveau,
Gavot, Maire*, Matelot, àîonanty
Pote, Poteau, Social. V. Ami, Ca-
marade.
— COMPAGNON OUVRIER.
Chien, Gigal, La Colene.
« — Hé, la colerie, demanda le lipette,
Vas pas vu mon gigal^. v
— MAITRE COMPAGNON. Maître
gigal.
« Il y eut un soupir de soulagement
quand le maître gignl quitta le
chantier pour accompagner Tarchi-
tccte. »
(Le Cri du Peuple.)
— SECOND COMPAGNON. Re-
nard. V. Apprenti.
— MAITRE COMPAGNON
CHARPENTIER. Gâcheur.
V. Charpentier.
COMPARAITRE en justice. Aller
faire tremper ses haricots ou Aller
aux champs.
« Comme c'était la première fois qu^il
allait faire tremper ses hnriculs, il
avait la frousse du cuiieux. »
COMPÈRE, COMPLICE. La plu-
fiart des mois qui désignent
'Ami, rA8sociô,le Camarade, le
Compagnon (V. ces mois} servent
au malfaiteur pour nommer son
compère ou son complice ; il est
néanmoins d'autres termes que
nous allons essayer de classer.
Le compère chargé d'amener,
d'amorcer la proie s'appelle, en
général, Allumeur^ EnijailUnr,
Ëngraineur; en argot de jeu il
devient VEclaircur, VEmcchcur;
au bonneteau ou dans les ieux
de hasard qu'on rencontre hors
barrières, le compère est Baron,
Chic, Chique, Chiqucur, Comte,
Comtois, Contre, Enquilleur, Mar-
quis. Le complice qui rassemble
le public ))our fournir une occa-
COM
— il9 —
COM
sîon de vol est Nonne ou Non-
neur; celui qui opère est la Main
et celui qui fait le guet se nomme
Arçonneur, Gâfe, Psitteur, Dans
le « vol à raméricaine » ou « vol
au charriap:e », Tun des com-
pères est V Américain, ou VAn-
glavi ; Taulre, le Charrieur, le
Jarr/i//t>r. Entin, le « môme », le
« pégriot », qu*on emploie à
cause de sa petite taille pour pé-
nétrer dans les habitations par
les soupiraux, les impostes ou
toute autre issue oii nepouiTail
passer un adulte, se dénomme
Hat. V. Acolyte.
La rone* !..• La noir' !... La noire ici...
SaÎTezla noir'... Voyez la rouge...
L'as de Irêf qui gagn' !.. Le voici !...
Je r pos' là!... Là!... Pusrieo n' bouge!
Poser, misez! — A vanne, à cri,
Suivant 1' ser, cngraine 1' comte.
{fié nav's pont' et c'est Bibi
Ôa'cnrouiir l'aubert... Et ça fait V compte !
(Blédort.)
« Les voleurs ont appelé main celui
qui prend les porte-monnaie. Les
aides s^appellent nonnes\ ce sont
les élèves, les coassociés, les facto-
tums, les complices. Ils doivent,
pendant Texécution, et cela est capi-
tal, se placer entre la main et la
foule. C'est une garantie de sécurité.
Ils ont pour mission, d'abord, de
faire le guet pour reconnaître les
agents, puis de disposer la victime
choisie pour la plus grande com-
modité de la main, soit en la pous-
sant plus ou moins fort, soit en
attirant son attention du côté
opposé à l'opérateur... S'il est dé-
couvert, les nonnes viennent à son
secours et cherchent à le dégager
avant l'arrivée de la police...
Si la main est saisie par un agent
inexpérimenté, elle fait valoir son
innocence, et comme les pièces à
conviction sont parties avec les
nonnes, cela le désoriente. Il craint
une erreur qui peut le compro-
mettre, le faire punir ou révo-
quer. »
(G. Mac*.)
« L*aide du bonneteur, de l'opérateur,
s'appelait contre de ce qu il devait
« chiquer contre »; la corruption
Ta fait comte; l'analogie, qui l'a
transformé en baron et en marquis,
ira peut-être jusqu'à en faire un
« prince. »
(E. Uakçonkat.)
^ SERVIR DE COMPÈRE. Ba-
ronner.
« — Alors, c'est entendu, tu me
baronneras ce soir. »
— COMPÈRE CHARGÉ DE RA-
MENER LES DUPES. Rame-
neur.
liameneur, donne de ton claque
Au pigeon une contremarque.
Fais-le nettoyer chiquement
Pour afTurer ton cinq pour cent.
(HocisR-GaisoM.)
COMPLICITÉ (DE). De mèche.
V. D'accord.
COMPLIMENTER. Jeter ou pas-
ser de la pommade.
« Ce sont de jeunes grues qui se
mettent à la scène pour micheton-
ner plus facilement et qui couchent
avec les courriéristes théâtraux qui
leur jettent de la pommade dans
leurs canards. »
{La Bavarde.)
COMPOSER un article, une
œuvre. Pisser, Pondre, Torcher.
V. Écrire.
COMPRENDRE. En^/urcr, Entei*-
ver *.
« On peut jacter devant lui, il n'en-
trave que pouic. »
« Lo rupin sortant dehors vit cet
écrit, il le lut, mais il n'entervait*
que tloutiére; il demanda au rati-
chon de sou village ce que cela
voulait dire, mais il n'en /eruat/* pas
mieux que sézière. »
{Le Jargon de F argot.)
COMPTANT. Rubis sur pieu.
COMPTE (RÉGLER UN). Êcosser
des pois ensemble.
COMPTER. Comberger*.
COM
- 120 —
CON
COMPTOIR, Chapelle *, Compte
(apoc.)) liade, Radeau^ Radinf
ZinCy Zingue.
Pour fair' plaisir au camarade
Oa l'intiie à v'nir en prendre un
Su' r rade.
(J. BniTHica.)
Quand les scrgots s'en ront par cinq,
C'est qu'ils vont preodie un rerr' su' l' Aine.
(J. JouY.)
CONCERT. Beuglant, Boite à chan-
sons. Boite à musique f Caf-conce.
y. Café.
« Moulin-Rougef cabarets du Néant
et d*aiileurs, boUes à chansons^ bo-
dinières à revuettes, pesages, foires
de Neuilly, et le reste. »
(U. Maizbeoy.)
CONCIERGE. Cloporte, Lourdier,
Pipelet,
Mais l'affreux cloporte
Me laisse à la porle
Pester sous l'averse el le vent.
« — Quelle poire que tu vas faire
quand ton lourdier va te remette
ma babiilarde I »
Les pipUets m'adress'nt des discours,
Y Teul'nt pus qu' des artiss' notoires
Et faut èl' du Conservatoire
Pour pouvoir chanter dans les cours.
(Jbham RicTvs.)
— CONCIERGE DE PRISON.
Chat, Guichemartf Oncle (fém.
Onclesse).
tf Vonclesse est une coquine finie...
Voîicle est venu prenare mon ca-
moufle. M
[Lettre de délenue citée par Lorédan Larchey.)
Lubre, il bonissait aux palombes :
R Vous grublex comme un guiehemard. >
(J. KlCHEriN.)
CONCIERGERIE fLA). La Cigo-
gne, La Lorce/e* (déformation de
La Force) (V. Jargon), La Tour,
La Tour Pointue.
Je monte à la Cigogne
On me gerbe à la grotte
Au tap et pour dix ans.
{Argoi de Vidoeq.)
Puis, en décrivant maint détour,
Le panier conduit & la Tour
Ur&fle.
(L. Di BiacY.)
CONCUBINAGE. Collage, Mac-
quage. Mariage à C anglaise, à la
colle, à la détrempe, à Vestorgue,
au vingt' et-unièmey de la main
gauche, Marida.
Ce sont là des coUagei,
Et non des mariages.
Et donc TOUS convolez;
Des collage» sans» colle,
Alors ça se décolle,
Et vous vous décollez.
(Raoul Pomchon.)
Mon ((nasse a soupe du marquage :
Faut toujours sucer 1' mém' museau.'
(BLtOOET.)
« La loi Naquet, à notre avis, n'a en
rien atténué la propension de cer-
taines classes à se marier au vingt-
el-uniéme et on peut afCrnier que
le nombre des mariages à la dé-
trempe est aussi élevé que naguère. »
{Le Pilori.)
— VIVRE EN CONCUBINAGE.
Être à la colle, collé, macqtié,
marida.
Depuis, j' suis maequée avec lui
Et, comme à tout on s'accoutume,
Pour nous deux j' m'occupe aujord'bui
Sur le bitume.
(fi. DE Bbrct.)
Aussi quand ej' m'ai marida,
y m'ai mis avec un' petit' grue
Qui truquait, le soir, à dada,
Dans la rue.
(A. B.)
n Tant qu'on est à la colle, ça colle ;
mais une fois que le condé y a
passé, c'est tous les jours du re-
naud. »
CONDAMNATION. Gerbage, Gei-
bement, Sapement, Suci'age.
« M' mette pègre? Fourche ou cam-
bri? Ça m' dit qu' nib. Pis, j' yeux
pas risquer V gerbement. »
n A son dernier sapement, il a été s*
laver les pieds au dur pour cinq
longes, i*
« Son bavard a fait tout c' qu'était
posse, n'empêche qu'il a passé au
sucrage pour un treize. »
— ÊTRE SOUS LE COUP D'UNE
CONDAMNATION CERTAINE.
Être bon, Être failré.
CON
— 121 —
CON
— ÊTRE VIERGE DE CONDAM-
NATION. Être blanc. Être fleur.
— CONDAMNATION EN APPEL.
Surgerbe,
— CONDAMNATION CAPITALE.
Gerbement à la passe ou simpl.
Passe.
« 11 s^est fait gei'bé à la passe pour
avoir scionné la vieille de Tauberge
de la guillotine. •
C0NDAM:\Ë. Incurable, Malade,
— CONDAMNÉ A MORT, qui se
pourvoit en cassation. Friau-
che*.
€ONDAllf^'ER. En/laquer, Gerber,
Plancher, Saler, Saper, Servir,
Sucrer.
u Le lendemain, suivant un usage
immémorial parmi les voleurs lors-
qu'un de leurs collaborateurs est
enflaqu^, Vidocq lui envoya une
micbe ronde de quatre livres, un
jambonneau et un petit écu. »
(M. Mario et L. Lad:(ay.)
Ma dabuche aussi chassait d' race :
A s'est fait gerber à TiRf(t ans
Pour avoir saigné eun péla.<tse.
(A. B.)
Comment ? T'as pas encor vingt piges!
Tu t'es d'jà fait saler cinq fois!...
Et,c' coup-ci, c'est deux ans qu' tu piges !
« Tu sais bien qu'y a cune loi su' c'
qui s'appelle V « émission d'un
tiers » qu'interdit la cbose et qui
sape ceusses qui sont pas d' la par-
tie et qui donnent d' Taubert pour
les grèves. )«
« Grollier s'est fait ceinturer avec
Sour avoir dévalisé la boutanche
'un lartonnier d' la rue d' Grenelle
et c'est pour ça qu'on vient de
r sucrer. »
— CONDAMNER POUR RÉCI-
DIVE. Êtamer.
^ CONDAMNER
Surgerber.
EN APPEL.
— CONDAMNER AUX TRA-
VAUX FORCÉS. Gerber au dur,
à la grotte, au pré, aux traves
(apoc. de travaux).
— CONDAMNER A PERPÉ-
TUITÉ. Gerber à perpelte, à
perte de vue, à la vioque.
— CONDAMNER A MORT. Ger-
ber à conir, à counir, à crônir,
à la faux, à la passe.
« — Te voilà pris avec cinq vols qua-
lifiés, trois assassinats dont le plus
récent concerne deux riches bour-
geois, tu seras gerbe à la passe, >
(Balzac.)
— ÊTRE CONDAMNÉ. Être cuit,
fricassé, frit, mort. Ramasser.
« l's sont tous frits, mais c'est l 'Man-
chot qu'a V ipus ramassé : cinq berges
de centrouse. »
<( Il compte sur un acquittement?
Baste, il est fricassé d'avance. »
{L'Étoile.)
CONDUCTEUR D'OMNIBUS.
Gaule ou Échalas d'omnicroche.
CONDISCIPLE. Cocon (arg. des
polytechniciens). Faisant', Laba-
dens. V. Camarade.
CONFESSE (ALLER A). Aller à
comberge, à combergo, S*écurer le
chaudron,
« Des gonces qui va à combergo,
qu'avalent l'auvergnat tous les
dimanches, et qui foutraient pas.
deux pélots à un mendigot! »
CONFESSEUR. Babillard.
« Mais il ne parlait plus jamais de
ses deux amis; et une fois que Ssin-
treuil les avait nommés devant lui»
il répondit d'un air gêné : Le babil-
lard veut que je leur pardonne. >»
(HoGUBS Ks Roox.)
CONFESSION. Combei^gc, Corn-
bergeante, Combergo,
CONFESSIONNAL. Combergo,
Dépotoir, Gutirite à calolin, à ra-
tichony Lavoir.
«Le moi dépotoir, en argot, signifie
également « Vase de nuit »» et
M Confessionnal»). C'est dans ce pot
CON
— i2î —
CON
de chambre^ en effet, que les vieilles
dévotes viennent déposer leurs
petites ordures. »
(HicroR Fkanck.)
« Eh! Néncsse, vMà ta tante: c'est
r coup d' la cogner, a sort du lavoir :
aile ira au r'Ûl, pour fair* péni-
tence. »
CONFIANCE. Fiat". V. Initié.
CONFITURE. Gluante, Purée de
tomates.
« Une gonzesse comme ça à ton
gnasse, ça serait foutre de la
gluante à un sergot. »
CONFONDRE. En parlant des
personnes : Aplatir, Asseoir , En
boucher un coin. V. Argument.
— ÊTRE CONFONDU. En baver.
En être mort^ occis, tué. En
rester là ou de d'ià, En roter,
N'en voir plus clair. Ne vouloir
plus vivre.
« Ohl alors, tu parles, quand sa gerce
y a boni c* petit flanch*-là, si ça y
en a bouché un coin, au frère! ah!
mon vieux, dis donc, il en restait
d'ià, il en bavait; il 'tait occis, que
j' te dis ! V voulait pus vive. »
— Prendre une chose ou une
personne pour une autre :
Se gourei'. V. Se tromper.
CONFRÉRIE DES GUEUX. Les
Enfants de la Mate *, Le Plant \
CONFRONTATION. F r image,
Musique, Pierre de touche, Rem-
brocage.
CONFRONTER. Frimager, Passer
an frimage, à la musique, à la
pierre de touche, au rembrocage,
au rembrocage de pan'aijis, Rem-
broquer.
« 11 a été r'noblc par la lourdière de
la taule qu'il avait faite, quand on
l'a fait passer au frimage. »
« Il allait tout V temps a Niort, mais
il avait surtout 1 flube qu*on 1'
passf^ à la musique et qu'on 1* rem-
broque avec Jambe-de-Laine. »
CONGE (PARTIR EN). S*en aller
du pied droit (arg. militaire).
« — Oui, mon vieux, conte ton conte!
Dans cent vingt-trois jours, on s'en
ira du pied droit. »
CONGÉDIER. Balancer, Sacquer.
V. Chasser.
CONNAITRE. Combler, Conobrer,
Nobler.
« — Ton patron, ce vieux poteau, est,
comme tu le conobles, un de nos
faisandiers les plus costeaux. »
(K. LSPELLITIB»,)
« J^ai nohlé bien des régimes; j'ai vu
r Père-la-Poire; j'ai vu 48; j'ai vu
Badingue. »
Quéqu'i' Ta dir* mon proprio
Si j'y pay' pas son lerin' d'octobre?
SûrV Ta m' TÎder. Je 1' conobre.
(A. B.)
— CONNAITRE L'ARGOT. Dévi-
der, entraver le jars ou simpl.
Le dévider, Centraver^ Com-
prendre V anglais. V. Com-
prendre.
— CONNAITRE UN ART, TN
MÉTIER OU UNE SCIENCE A
FOND. En gratter^ en jouer,
en mouiller, en pincer (indis-
tinct.), Êtrf café, Savoir y faire^
Y toucher. V. Expert, Instruit.
— CONNAITRE LES ÊVËNE-
MENTS qui vont se produire.
Connaître le menu.
— CONNAITRE LE MORAL de
?[uelqu'un. En connaître lebfase,
e centre, le matricule, le 7im-
méro.
« CTest pas à nous autes qu*i* pourra
r mette, ou connaît son blase à
c' mec-là. »
« — Cause toujours, mon colon, on
connaît ton matricule. »
« Ce n'était pas la prciniôre fois que
le gredin était amené dans nos
bureaux, nous connaissions so7i nu-
méro d'assez longue date. »
^ CONNAITRE UNE FEMME,
dans le sens biblique. V. Goiter,
Posséder.
CON
— i23 —
CON
— CONNAITRE TOUTES LES
RUSES. Savoir lire,
— CONNU. (Découvert, divulgué).
Brûlé, Cuit, Frimé, Fncassé,
Frit, Mordu, Vu. V. Découvert,
Eyenter.
CONQUÊTE. Emportage.
« On fsait du plat aux pus gandines;
quéquïois n raquaient V souper; et
on fsait des emportages. »
— FAIRE UNE CONQUÊTE.
Emporter, Faire. V. Séduire.
CONSCIEXCE. La muette.
• Depuis qu'il avait suriné son dab,
i' n' pouvait pus dormir : la muette y
chantait le» vêpres toute la nuit. »
— LAISSER UN PRÉVENU
SEUL AVEC SA CONSCIENCE.
Le faire ou le laisser manner,
<* Nous le laissâmes mari/icr jusqu'au
lendemain. »
(Gouu?r.)
<:ONSCRIT. Blaireau, Bleu, Galli-
poteuxy Godillot, Pieirot,
« Le mot blaireau désigne en même
temps le balai et le conscrit; sans
doute parce que le conscrit mala-
droit est souvent commandé de
corvée pour le maniement du blai-
reau. »
(Hector Franck.)
« Une bande de godillots que condui-
sait un nncieii, ami de la maison,
pénétra dans le petit salon jaune. »
« Quant aux pierrots, aux pauvres
bleus fraîchement débarqués du
patelin natal, qu'il se faisait un
plaisir d'ahurir sous une grêle iniu-
terrompue de corvées et de puni-
tions, ils en venaient à s'cntre-
regarder tout pâles, les dents ser-
rées, sans une parole. »
(G. COL'RTELIM.)
€Oi\SEIL D'AVOCAT. Médecine.
m Collez-moi cinquante balles et je
vous coque une médecine flam-
bante, n
(J/f^moirM de ViJocq.)
CONSEIL DE GUERRE. Tour-
niquet,
« Il est passé au tourniquet pour
avoir aubade le capiston. »
CONSEILLER, subs. Minuits pi-
lois",
CONSEILLEUR. Jacquctte, Van-
neau. Ces mots sont pris en
mauvaise part eldésignenl celui
qui se borne à conseiller sans
jamais agir.
CONSENTEMENT. L'argotier
manifeste son consentement par
les mots Gi, Gy ou Gigot; au
xviiio siècle ou disait Jospin*,
V. Oui.
CONSENTIR. Marcher.
H Qu'est-ce que tu dirais d'une bonne
ballade en voiture avec apéritif à
la cascade et dfner au pont de
Suresnes?
— Je marche avec enthousiasme. »
CONSERVÉ. On dit d'une per-
sonne bien conservée qu'elle
n'est pas trop Décatie, Déchirée,
Dégommée, Déjetée.
CONSERVER. Carer, Mettre à la
care, Mettre à gauche, à la planque,
Planquer. V. Cacher, Économie.
— CONSERVER INDUMENT une
part destinée à autrui. Faire Ces-
gard, Faire lesque,
tt On devait falmucher; mais le Frisé
avait/Vzi/ Cesgard. »
CONSIDÉRABLEMENT.
V. Abondamment.
CONSIGNE. Colle (arg. militaire
et des écoles).
CONSIGNER. Coller (arg. mili-
taire et des écoles).
« Je me réjouissais d'aller le lende-
main montrer mes galons neufs
aux cousins de Marly-le-Hoy quand,
pour une vétille, je me fis coller
par l'adjudant de semaine. »
GON
— 124 —
CON
CONSOLER. RebecteTj Rebonneter.
« A cbiallait comme eune Wallace; y
a qu' ia bleue qu'a pu la rbecter, »
« Ça vous r*bonnUe tout d* m^me,
quand on est à la faridon, d' dégoter
des aminches qu'ont pas oublié
qu'on les a assistés quand qu'i's
étaient dans la pure. »
CONSOMMATEUR qui ne donne
Sas de pourboire. Figaro (ai'g.
es garçons de café.)
« Des clients comme ça, qui tiennent
une table pendant deux heures avec
un bock et qui font figaro après ! Y
a pas de presse I »
m
CONSOMMATION. ( Breuvage.)
Consomme (apoc.)
Plus loin, ils en faisaient autant
Mais changeaient de conwmne...
On ne peut boire tout le temps
La môme chose, en somme.
(R. Po.'vcHon.)
CONSOMPTION. Décatissagcy Dé-
gommage,
CONSTIPÉ (ÊTRE). Avoir le bou-
chon ficelé, Faire de la ou des
cordes, des billes,
CONTE. Boniment.
« — Je ne coupe pas dans tous ces
trucs-là ! C'est des boniments I »
CONTENIR. Litrcr \
CONTENT (ÊTRE). Vavoir à la
joie, à la rigolade.
« Cécile et mézigo, on l'avait à la joie.
ce matin-là. Alors on s'a offert une
ballade en cambrouse. »
— ÊTAB TRÈS CONTENT. Se
taper le cul par terre.
CONTRAIRE (AU). En y joignant
une idée de moquerie ou de
vague supériorité. C'est Vautre!
Cest le chat ! Cest le pape ! Cest
le peintre! C'est que j' chie, quej*
crache, que / pette, que j' rote,
quef tousse!
« — Alors depis qu' tu travailles-pus
tu la r'ièves ?
— Non, c'est que j* pette ! »
CONTRARIER. Emmerder, Em-
mouscaillei\ Faire chicr. V. En-
nuyer.
CONTRARIÉTÉ. Emmerdement.
V. Ennui.
CONTRAVENTION. Contredanse,
Contrevence.
« Comme i* n'avait pas d' condé, les
cierges y ont fait une contrevence. »
— PRIS EN CONTRAVENTION.
Fait marron.
CONTRE. Jouste *, Juxte *.
« Je trimardais jouste * la lourde. »
(H. FaAi'vcB.)
CONTREBANDE. Maltouse ou
Maltouze.
— FAIRE LA CONTREBANDE.
Pasquiner la maltouse.
CONTREBANDIER . Chameau ,
Chouette, Dromadaire, Lanterne,
Maltousier, Renard.
— CONTREBANDIER KARI'
TIME. Marsouin,
CONTREBASSE à cordes. Ar-
moire.
— JOUER DE LA CONTRE-
BASSE. Gratter ou scier de
l'armoire.
H Pour quarante sous par soirée, il
allait scier de l'armoire dans un
bastringue de barrière. »
CONTREFAIRE. Frimer.
Oh ! n' pas et' pUnaué à la dure
Kt, D* s'rait-c' qu'euu nuit frimer Tmarlou
Et m' les rouler dans d' la guipure.
(JiHAH Rictus.)
CONTREMAITRE . Contrecoup,
Contrefiche.
m Les sous-ofT., c'est les contrecoups
d* la grive; et, comme dans les
atelliers, i's gueul'nt pus fort que
les patrons. »
CON
— i25 —
COR
CONTREMARQUE. Biffeton,
Brème, Lavabe, Y. Marchand.
CONTRETEMPS. (Empêche-
ment.) Avaro, EscarCf Escarre.
CONTUMAX. Chef du train onze,
Qui a les pieds dans le dos, dans
les reins.
CONTUSION. Beigne, Bochon,
Pain, Paing. V. Coup.
<:ONVALESCENT. Qui se rem-
plume, Qui se requinque.
« 1' n^était pas si estuqué qu* tu
disais; j* Tai vu hier : i' commence
à s^ remplumer, n
« — Comment qu' ça va?
— Tu vois, ça va mieux; on se
r'quinque. »
i:ONVENABLE. A la couleur, A la
mode.
€ On s'a offert un gueuleton à la
mode, avec des nuttres et du
cacheté. »
CONVERSATION. Convet*se.
H 11 m^a tenu une converse de plus
d'une plombe. »
c:ONVERTlR (SE). (S'amender.)
Acheter une conduite, Rengracier.
C:OPlEUSEMENT . Chenûmenl ,
Gourdement *, Hugrement *.
y. Abondamment.
COPIEUX. Corsé. On emploie, dans
ce sens, quelques-unes des locu-
tions signifiant Abondamment,
Beaucoup, telles que A chier par-
tout, A tout casseï^ A vingt-cinq
francs par tête, etc.
« La mère nous avait préparé un
balthazar un peu corsé. »
COQ. Caporal^ Clairon, UorlogCy
Ornichon, Ornion.
« J'aime pas la cambrouse à cause du
clairon qui vous réveille au petit
jour. »
« Esgourde Vhorloge qui crosse trois
plombes au poulailler. »
M On nous a collé un vieil ornion
qui datait du siège. »
COQUET. Coq, Gandin.
Il afTurait cher de gallouse,
1' 8' fringuait tout c* qui' ya d' gandin
C'était r pus coq ed' la Viltouxe.
(BLÉDOaT.)
— Il esta rem arquer que Co7Mct
et son apocope Coq s'appli-
quent, en argot, à tout ce
qui plaît.
COQUETEU. Faire ou se faire des
appels, du boniment, du ou des
chichvi, du clinc, du gringue, du
gruau, du menu, des petits pains,
du plat, du plato. Ferrer, Flirter,
Jeter du gnngue, Jeter ses pelotes.
« Y avait assez longtemps qu'ils
s' faisaient des appels deyani V trêpe
et du boniment dans les coins; ça
d'vait finir par un marida. »
« Pendant ou' Sac-d'Os guinchait
avec la Méloche, V Marin /'sait du
gruau en douce avec son lard. »
COQUETTE. Flirtcuse.
— VIEILLE COQUETTE. Vieux
tableau^ Vieux bas de buffet.
COQUILLE de noix, de noi-
sette, etc. Calot, Cocange.
« Les filous qui donnent à jouer dans
les foires et sur les marchés ont,
en dehors du « bonneteau » et de
la « parfaite j», un jeu du mAme
genre et tout aussi lucratif qui se
joue avec trois coquilles et une
noulette et qu'ils appellent le calot,
la robignolle ou la cocange. »
COQUIÎV. Crème, Vache.
« Le Rempart!... C'est une crème
capable de ronger les bastos à un
corps et jamais Kildef ne l'aurait
tombé si i y avait pas fait un coup
en vache. »
COR DE CHASSE. Bistourné.
COR
— 126 —
COR
« V*Ià r mardi gras qu'arrive. On va
core eo tende des tas d* poireaux
souffler dans i' bisloumé» »
COR AU PIED. Baromètre.
« — Le temps va changer ;je sens mon
baromètre qui me lance. >»
CORBEAU. Croasseur ou Croâ, Oi-
seau fatal,
CORBILLARD. Mannequin à mac-
chabéesy Omnibus à conis, à couniSt
ou croniSf Roulante ou roulotte à
refroidis.
« — Técolomises, quV dit Justin,
teau qu' tu mets au planque ? »
— CORBILLARD D'ENFANT.
Comète.
« Les deux croquemorts posèrent la
comète sur le trottoir et pénétrèrent
chez le marchand de vins. »
— CORBILLARD DES PAU-
VRES. Comète *,
CORDE. Fi7(arg. des machinistes),
Lignotte, Ùigotande *, Ligotante,
Ligotte, Hit\ Tordouze, Torse,
Tortouse.
« — Amarrez le fil de la ferme du
fond et descendez les frises . »
NVmbiant on rouillarde» et de noir roupillant
Sur la gourde frétille, et sur le gourd volant,
Ainsi lu ne luras l'accolaote tortottse.
(Mabc os Papillo:*.)
— CORDE DE POTENCE. Cra-
vate de chanvre, V. Potence.
CORDIER. Tortousier.
CORDOX. Ligot, Ligotant.
CORDOXXIER . Ambassadeur *,
Bijoutier ou graveur en cuir, sur
le genou, liouif, Chouflic, Chou-
flique, Choufliqueur, Choumac,
Choumacre ou Choumaque, Gré-
pin, Galifard, Gnaf, Gniaf, Pas-
sifleur.
— PATRON CORDONNIER .
Beurloquin, Beurlot, Pontife,
Porte-aumusse.
— Premier ouvrier. Goret.
— Apprenti. Pignouf.
m Son dab était tout c' qu'i' y a d* com-
mif, il *tait 60111/ rue d' Tourtiile. »
a A ce moment, je perchais rue Mau-
buée ; les gniafs on les remue à la
pelle dans le quartier. »
{Le Père Peinard.)
CORNE faite à une carte, à une
page. Comanche.
« FAIRE UNE CORNE. Cor-
nancher.
CORPS. Bauge, Cadavre, Carcasse.
On désigne aussi le corps par
quelques-uns des termes qui si-
gnifient Chair, Estomac, Ventre.
V. ces mots.
CORRECT, CORRECTEMENT.
Au pouce,
« — Et le premier qui descendra à
rappel sans être au pouce, je le
colle à l'ours pour quatre jours. >»
CORRECTION. V. Élégance.
^ ACTION DE CORRIGER.
V. Coup.
^ MAISON DE CORRECTION.
Tuneçon *.
CORRECTIONNELLE (PO-
LICE). Carrée des petites gerbes.
Moulin à café, à poivre. Tourni-
quet.
« Chariot, qu'est passé au tourniquet
Eour fricfrac, est à la Santocbe pour
uit marques. »
« Quiconque n'a pas assisté à la bru-
talilé de certaines charges, à l'ini-
quité de certaines arrestations ; qui-
conque n'a point pénétré un peu
les mystères du poste, et n'a pas,
surtout, assisté a une séance du
moulin à café^ ne peut s^imaginer
quels ferments de haine germent
I au cœur des contribuables contre
COR
— 127 —
COT
ceux qu'ils paient pour assurer
leur sécurité. »
(Sbvbrim.)
CORRESPOIVDANCE. V. Lettre.
CORRIGER.(Adminislrerunecor-
rection). V. Battre.
CORROMPRE. A /franchir, Désin-
ter, Dessaler.
« Ou peut jaspiner dVant son orgue,
il est dessalé..^ c'est pas d' tantôt
qu'il est affranchi, c'est un social. »
« Tu ne désinv'ras jamais c' godot-Ià.
C'est un gervai?, i' rest'ra d 'mi-sel
toute sa vie. »
— CORROMPRE UN FONC-
TIONNAIRE à prix d'argent.
Lui donnei\ Lui verser un pot de
vin,
— CORROMPRE UN JUGE, UN
TÉMOIN. Boucaner*, Coquer la
boucanade *.
CORRUPTEUR. Affranchisseur.
« Avec Anatole, le môme sera pas
longtemps avant d'être dessalé.
C'est un affranchisseur de pre-
mière. »
CORRUPTIOX. Boucanade*.
CORSE. (Originaire de la Corse.)
Corsico.
« Du temps de Badingue, à la grande
Botte y avait que des corsicos, •
CORSET. Niche à seins.
« La môme Henriette est rien chans-
tiquée depuis la dernière fois crue
je l'ai vue. Elle qu'avait des lolos
épatants, a n'a pus que nib dans sa
niche à seins. »
CORVÉE (FAIRE UNE). S'y
coller.
m — Faut encore que j'aille chercher
de l'eau?... Alors c'est toujours
moi que j' m'y colle. »
— FAIRE LA CORVÉE DE LA-
TRINES. Passer la jambe ou
tirer Voreille à Jules^ à Thomas,
Écrire au pnys,
(arg. militaire).
a sa payse
C'est un trai Tolours que U goutte
Pour les débiles estomacs,
Surtout si cela te dégoAte
De passer la jambe à Thomas.
(Raoul Kaotbl.)
— Ça te fait de la peine d'aller
coucher à la boite? Console-toi.
Demain matin on te fera écrire à ta
payse. »
« FAIRE LA
QUARTIER. Copier la
l ordre, le rapport (a
taire).
CORVÉE DE
décision,
arg. mili-
ce Le caporal de semaine me mit un
balai usé entre les mains et m'or-
donna de descendre dans la cour
du quartier, pour copier le rapport
en compagnie de nos camarades
consignés. »
COSSU. (Riche.) Hi/p, Rupe^Hupin.
« Sûr que ce n'est pas le premier
qui se toque de Bernale; mus de
calé, de rupe comme celui-là, il
n'en jaillit pas souvent sur le pavé
de la vie. »
(J. Marni.)
« ... Le bal du bord de l'eau, où rap-
pliquent, les beaux jeudis et les
lundis de sortie, de girondes j^igo-
lettes, un étroit ruban de moire à
leur taille ilne, et, les plus rupines,
une fleur artificielle dans la filasse
des cheveux. »
(Jean Lorrain.)
COSTUME. Fringues, Frusques.
V. Vêtement.
COSTUMER. Camoufler, Fringuer,
Frusquiner. V. Déguiser, Vêtir.
COSTUMIER. Fringueur.
« — Pour vingt-cinq fléchards, t'au-
ras un pierrot chez le fringueur ;
ou un domino, comme tu voudras. »
CÔTE. Cerceau, Cercle.
n — T'y fous donc pas à croûter à
ton bourdon? On y voit les cer-
ceaux. »
COT
— J28 —
COU
•« Frisoteao est au pieu. V s^est fait
enfoncer les cercles d*un coup d*
riclot en s^ chiquant avec l'Élec-
trique. »
CÔTÉ. Biard \
■— LE BON CÔTÉ. Le CÔli du
manche, V. Courtiser.
COTERIE. Chapelle.
COTOX. Moelleux,
« Cest des tas de fausses-couches
qu'on a élevées dans du moelleux. »
COTTE. (Pantalon de travail en
toile bleue). Falzard d'azur,
COU. Colabre\ Colas, Colin, Col-
lier, Kic, Kiki, Vis,
Poisse jusqu'à ta Ûa dernière,
Car le Jour où tu serais las
(Jbarlot Tiendrai l poisser ton gnière
Et te Taucherait le colas.
(L. OK Biacr.)
« Ferme, ferme, t*as assez jacté,
criait le Merlan en serrant le kiki
à sa môme. »
COUCHE. Pagne, Pagnier, Pa-
nier, Piau, Pieu, Plumard, Plume,
Portefeuille , Poussier , Pucier,
V. Lit.
COUCHER. Bâcher, Bourser, Pa-
gnotery Piausser, Pieuter, Plumar-
dcr. Plumer,
— SE COUCHER. Les verbes
ci-dessus énoncés peuvent s'em-
ployer sous la forme réfléchie ;
on dit dans le mémo sens :
Mettre sa viande dans le tor-
chon^ Remiser sa viande, Se col-
ler sous la bâche.
Fit rencontre d'un rocher
Qui cherchait une femelle
Et qui l'emmena bâcher
A Grenelle.
(A. B.)
Ya des fois qu'i's font du potin,
l'sjapp', i'8 p\%s\ i's font des magnes...
Dam' les clebs i's ont pas des pagnes
Pour plumar avec leur putaio.
(Id.)
r tas i Tronville... & Étretat...
J' fais mon Mossien Félisque Fauro,
J' vas partout... comme un chef d'Etat:
J' Tas à Vichy... j' vas au Mont-Doré ;
J* vas où qu' tous les rupins i's vont ,
Et j' pagnoUe avec la négresse
Chez la mèr' Minette, à Clermoot,
Aux frais d' la princesse,
((o. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
« — Vous m* faites tous tarterl...
j^ vous plaque et j* vas coller ma
barbaque dans l' torchon, »
— COUCHER A DEUX. Bassi-
ner, chauffer son pieu.
« — Moi, j*en mouille pas pour le
marida. Quand ej' veux chauffer
mon pieu, y vas l*ver une gonzesse. »
— COUCHER AU SOLEIL, SUR
L'HERBE. Faire le ou son
lézard,
« Sur la Butte! il n'y aura bientôt
plus un coin pour faire son lézard
pendant les cnaleurs. »
— COUCHER SUR UN MATE-
LAS A TERRE, sur un canapé,
dans un fauteuil, etc. Camper.
Hippolyte avait emmené toute la
bande chez lui ; mais comme il ne
possédait qu'un lit assez étroit, on
fut obligé de camper. »
— NE SAVOIR OU COUCHER.
Filer ou refiler la cloche, la
comète, La filer, La refiler, Sor-
guei' à la paire.
« Ça fait une semaine que je la file et
j'ai pas boufl'é depuis deux jours. »
Ça va éV dur de ta rfil*r.
(P. I'aillitte.)
Car, c' soir,... faut r filer la comète,
(Jbuan Rictus.)
Car quand i's r'fiVront la cloche
I's auront tous dans leur poche
Kl' surÎD ouvert,
Et, c' jour-lù, mes CAmarluches,
La nuit gare aux laqu'reauxmuches
De la rilac* Maubert.
(A. B.)
El depuis qu'aile est disparue
y sorûue à la paire et j' fais bullon
Dans la rue.
(Id.)
— COUCHER UN ADVER-
SAIRE. V. Abattre, Terrasser*
«
cou
— 129 —
COU
TOUCHES. Aboulfiment, Dvhâcle.
V. Accoachement.
ilOUDE. Os potulleuXf Suzette.
« Il avait reçu un coup de ribouis
dans l'os pouilleux qu'il ne pouvait
plus en remuer le bras. »
COUDRE. Pousser le cul pour avoir
la iHe (arg. d'atelier), Pousser ou
tirer la piqueloque,
« r s' les roule pendant ((u' sa dahe
tire la piquloque pour y foute la
croustille. »
<:OULER. Dégouliner,
« 11 avait gardé dans les mâchoires
une chique de tabac dont le jus
coulait en filets bruns sur les picots
de son menton, et de là df^qoulinait
parmi les ganglions du cou, comme
a travers des rigoles. »
(C. LEuoNNm.)
COl'P. Accolade f Atout, Avoine,
lidfe, Raffey Raffre, Beigne, Bei-
gnet, Beugne, Bigne, Bignet, Ro-
chon , Boffette, Hùuffe, Broc,
Brocco, Brocot, Broque, Cachet,
Châtaigne, Châtaine, Chinfreniau,
Chisnouffe, Couleur, Dariole, Em-
plâlre, Gnole, Gnon, Mandate,
Mandate *, Marron, Mcrangueule,
Mûre, Noix, Pain, Paing, Plamuf,
Pochon, Tabac y Talmouse, Tarte,
TaSf Tourlousine, Trimbalkment,
Va-te-laver, Voie, V. Claque.
— VOLÉE DE COUPS. — Avoine,
Bourrée, Brossée, Brotiée, Brû-
lée, Daube, Daubée, Daudée, Dis-
tribution, Doublée, Écopage, En-
levée, Esquintement, Flaupée,
Floftpée, Fricassée, Gras, Gra-
tin, Grattée, Lentille, Passage à
chausson, à flaupe, à perlot, à
ponce, à tabac, chez gnou, chez
pain, Pâtée, Peignée, Perlot,
Pile, Pipe, Pipette, Piquette,
Purge, Bantanplan, Batapiaule,
Batatouille, Rincée, Bossée, Sau-
vette, Tabac, Tatouille, Tournée,
Trempe, Trempée, T ré pi g née,
Tripotée.
— Les verbes qui, dans le
langage argotique, prennent,
comme régime direct, d^s équi-
valents de Coup ou Volée de
Coups sont Coller, Coqwn\ Dé-
tacher, Filer, Foulre, Laisser
tomber, Mettre, Passer, Prêter,
Befilpr, ù l'actir; et Passer à.
Prendre, R"cevoir, au passif.
— COri» l>E PIED AIT DER-
HIÈUE. Esca/f^\
— DO.NWEH DES COUPS DE
PIED AU DERHIÈHE. Botter,
décrocher, enlever ou secouer le
ballon, le fi g ne. le /ion. le mé-
daillon, le panier à crottes, etc.
— COUP DE POI\(;. Balle de
colon, Casse-gueule, Coup de
tamnon. Demi-livre de viande,
de barbaque, de bidoche, Gil-
quin.
— COUP l>A>S LES YEUX avec
deux doigis allons^rs. Coup de
la /'ourchelle. V. Aveugler.
— DON.NER DES COUPS SUR
L'OEIL, sur les yeux. Boucher
les fenêtres, Crever les châsses.
— COUP DE TALON SUR LE
VISAGE d'un adversaire ter-
rassé. Cachet. Estnn/e, Estam-
pille.
— DONNER DES COUPS DE
TALON DANS LE DOS ou LA
POITRINE d'une personne à
terre. Défoncer, Enfoncer.
— DONNER UN COUP DE TA-
LON SUR LESORTEILS. Faire
les cors.
— COUP DE TftTE. Coup du
bélier, de Garibaldi ou de la
rencontre.
— DONNER V^ COUP DE TÊTE
dans la figure. Faire bouffer de
la tête de cochon.
— DONNER DES COUPS DE
TÊTE. Doguer.
— COUP DE JAMRE EN
ARRIÈRE. Ginguage.
— 4:OUP DE BATON. Huile de
colret, Te Deum raboteux.
9
cou
— 130 —
COU
— DONNER DES COL'PS DE
COL'TEAU. Chouriner, Fiquer\
Larder, Linguer^ Scionner,, Su-
riner. Y. Assassiner.
— RECEVOIR l>ES COUPS.
Hoire, Éco/ier, Èlreinier^ Pren-
dre y Prendre pour son rhume ^
lia masser. V. Battre.
— COUP EN DEHORS DES
CONVENTIONS. Coup en vache.
J'eD ai mon pie«l de c' loul>^-là,
J' vo* laisser tomber les chtilaigncs.
(A. B.)
A prrsent qu' mo. v'Ih dans les planques
Et qu' je u poux pu» l' coller Hes tas,
Tu o' te figur's pas c' que tu m' muuques.
(In)
Pègre d* la haulo et j' mile unpaing
Au pautrio quand i' m rhitrc.
(ID.)
Au lieur dj filer un manOalo
J'y dirai : • Ma Ull', lu lais bien. »
{V. [^ILLITTI.)
Fiudrait qu' j'y fuut' l'argi'nt d' mes .«emain's !
J'ai beau lui eollrr des chàinines
A r'pique au tas tou« le^» sam'dis.
(A. Gii.i..)
Kemontc vite à la canibuxo.
J' te vas r' filer tin rantanplan î
( Vieille rhanson argotique.)
Tu sais. Maria, que j* suIh pas muf
Mais, si tu veux t' payer ma gueule,
J' te vas dt^tachfr vu jilamuf.
(bl.hDÛHT.)
Petite mùme K?»pagQe,
Notre V(i*u lacrompagne ;
Flau(|ut*-lcur dos pochons
A ces cochons.
(U. Po>CHO.^.)
C.euiis'-là <lont la joi' u" fait pa-» grâ<'e.
J" m'i'u \a> l«'ur-z-y mctl' uu bouclioo...
No«-l, Noi'l 1 1/ premier qui pas«o
V bimffiii d' la tvt' dv cnc/mn!. .
(Jehan Uictis.)
Faut re^ltïr I jras au coup d' tn^npon
\\\i\ boxait Ici nurcliands du Tomplc.
(II..)
a U fait noir, \li\o pous-s/'c dans les
tént'breiî. Oui t-st dessus? Qui est
dessous? Mic-inarl (Iris et (pions. »
(J. iSlCIlIfl.N.)
« — MetS'f/ un hrocol su' 1* tournant
d' la poire, un bon marron... qu'a
s'en souvienne!... Et aïe donc là!
pas des chisnouffes pour enfant !
des belles mûres à la mode ! »
<» Et 1' mec s'a fait mette eune noix. »
« Le pauvre industriel comprenait et,
pour éviter le TÀcbeux passage à
tabac, signait ce qu'on voulait. »
Al PHUK8I Allais.)
« C'est mon Paul (jui m'a valu ça, je
vous jure c'est une purge sérieuse. »•
(Gotioy.)
« La dabe va prouler qu'on arrive
encore en retard. Gare Ja disiri-
btitionl »
a Magine-toi qu' l'Amiral filait des
pâtées à la Sardine; tous les jours
c'étaient des gnons et des beigues
comme s'il en pleuvait. »'
« J' vas pour y en mcUe un ; i* s' gare
et m'en fout un dcmi-livc sir la
gueu'c. »
« Sa femme? i' préfèr'ra la linguei'
que d' la quitter. >'
« C'est avec ton couteau qu' j'ai
suriné c' pauvre type. >»
(GoaoN.)
« Un jour, le vieux soiffard s'irrita
f)lus que de coutume et se mit, dès
e commencement de la classe, à
fesser la gamine. L'après-midi, y
prenant goùl sans doute, il recoiii-
mença la bruuëc >/
IIi.c.Tor. Fkanck.)
" .Mes hommes te tarderaient, s'ils
te voyaient tant renâcler; moi, j'ai
patience. »>
(RSRTKL et rîlLyllîl.)
— MARQUE D'UN COUP SUR
L'4)EIL. Cocambo^ Coquard,
Tape-à-C'iH.
« — Tu ne vas pas me faire croire
qu'il n'y a qu une femme à Nice
avec un cucamito sur la paupière. >
(JbAN I^URliAIM.)
« Elle s'est amenée à une heiu'c à
l'Abbaye de Thélèmc avec un dou-
ble coquard. »
— COUP pris dans le sens de
Ft)is. Trayugp, Treillage^ Tril-
Inge.
« — Il marche, mon vieux, c'est épa-
tant, il est bon à chaque trayage. u
— COUP l>'r':T.\T. Chanit>ard,
Chambardement.
cou
— i31 —
COU
— COUP DE MAITRE. Coup à
la mode y Coup de première.
— COUP D'OKIL. Clinc. V. Amor-
cer.
— COUP D'OEIL l>'IXTELLI-
GEMCE. Appel, Dusse, Duzf,
Ser. V. Signal.
— COUP DU SOUT. Avaro. Tuile.
« (Vtlc pauv* Mélanie, son Iioimne
vient de s' casser une patte, quelle
tuile pour eux ! >»
— COUP DE (;RACE. Coup du
lopin.
— D'UX COUP. Dardure, Iku'de
comme halle.
— MAUVAIS COl'P. Coup à la
manque. Coup de nib ou sim[)I.
Nil»,
H — J'y avais dit : » Si tu fais un
coup à la manque avant ton sort,
ils l'enverront aux IJ.it. d'Af. » Aussi.
t'as vu, il n'y a pas coupe. »
« — Mais le jour qu'il est venu nie
trouver et qu'y m'a dit : « La uiftnic !
je te gobe! si tu veux, je prends la
piaule sous faux blaze, tu feras le
turbin et on s'arrangera m>ur le
cariue! » J'en ai eu assez. Le jour
où il e?t venu me chercher pour
faire un nih, j'en ai eu trop. »
(0. MriÉMK.i..
COUPABLE (UECOWU;. Bon,
Prope,
« Quand on l'a cerclé, il avait encore
Tartiche du pantre dans sa valide.
Il était bon. »
'» Si on m'entoile, y a pas d'erreur, je
suis propre : la Voli^j^e a cassé le
morceau. »
COUPER. Chapuiser\
— COUPEH LE COU. Faucher
le colas c»u simpl. Faucher.
Y. Guillotiner.
COUPON D'ÉTOFFE. Gardanne*.
COUR D'APPEL. Coîiv des Rou-
geauds.
«< Il a été eu appel pour voir si ceux
de la Cour d'S Hoiigeauds étaient
aussi vaches fjue les juges de la
correctionnelle. ^>
COUR D'ASSISES. Bourrache,
Juste \ Ligure *, Vlainhe à pain,
Planque de ijerhe.
COUR DE CASSATION. Carrée
du reieclatje.
COURAIiE. Moût. Couille, Esto-
mac, Estomc, Poil, Sant(!. V. Bra-
voure.
Travailler e>t Inpir-niqno
Et contrain' rsl I oi.«i\fté ;
Mais ^^-lg;no^ son pain sous la (ri(}ue '.
G" (jui faut en axiir. un' snutt''.
(P. J'aillettk.)
COURAGEUX. AHèque\ D'at-
taque, Garçon, Poilu, Qui a des
c.Hçs au cid (ohsci'iie). Qui a le
ou les foies chauds, Qui eu a, 0?"*
est là. V. Brave.
'< P'aut avec nousqu' des gas d'nllaquc,
des qarrous qu'en ont et f|ui savent
r uiuntrer (juand i' faut. "
«Tu peux t'aliyiier avec sézigue ; il
est là î »
l'ai V foi' chaud, tians ma peau 1" sanp hou»,
Huand j' voi>, roug' dans 1" noir«'j' rr^v tout!
(A. B.)
COU'RIR. A/fàter ses pincettes, Ca-
rapalcr, Cmaler (ces doux der-
niers verbes preiment parfois la
l'orme réfléchie;, Jouer des pâles,
des (jamhettes, des (jiyues, des <jui-
6o/cs, des pattes, i^e dèuuiser en
cerf. V. Fuir.
'( En voyant ces mess rappliquer, les
mômes se sont carapaléc<. »
" Su' c' coup d' teuips-là, i' s'a mis
à cava'er après la gonzesse. •»
a — Je suis en retard, il va falloir que
je Joue des (juiholles pour ue pas
rater mon train. »>
u — Pige Auguste cpii se déguise en
cerf pour rattraper l'omnicroche. »
cou
— i32
COU
COURS. Dans largol de Saint-
Cyr, le cours d'administralion
s'appelle Ckien revl; celui de
topographie, Tapir; celui de géo-
graphie, Gogo,
COURSES. (Sport.) Courtines,
« C'est coiuiiie les poireaux qui vont
paumer aux courtines sur un tuyau
tout l'aubert qu i's ont mis un mois
à gagner. »
COURTILLK (LA). La Courtanche,
COURTISAX. Lèche bottes, Lùche-
cuit Peloteiir, V. Flatteur.
COITRTISAXE. V. Prostituée.
COURTISER. Chauffer, Ferrer,
Faire des appels, du bonime, du
ou des boniments, du ou des chi-
chis, du clinc, du gringue, du
gruau, du menu, de Vœil, des pe-
tits pains, du plu, du plato à
quelqu'un ou Faire quelqu'un au
bonime, au boniment, au plat, au
plato, Flirter, Frotter, Jeter du
gringue, du gruau, Jeter ses pe-
lotes.
« Dans un fiacre agrémenté de la pan-
carte : a chauffée » montent un
monsieur et une Jeune femme qui
baissent aussitôt les stores. Gavro-
che, surprenant le fait : « Pour sûr
alors! qu'elle va l'être chauffée à
hlanc la p'iil' dame! ••
(llKCTon FiUNCE.)
« Et comme la môme est gaudine, y
a des tas d' gas qu'essayent de
ferrer pour la sourver ' à son
homme. »»
Va-t-en Irouvcr la graml' Naua,
Dis que j' la prie
D' casquer pour moi, j'y reudrai ça
A ma sortie.
Surtout n'y fais pas d' honinicnls
Pendant qu' jo m' marre...
(A. h.)
Ah ! le* muqu'rcuux, y sont pas d* bois
ht par meut'scntier's aux abois
Kn chapelets d' chipointa
Y s' tord'nt, y gueulât, y *' font du plat.
(JCIUN UiCTUS.)
Oo babille, on flirte, on pelote.
(J. HlDII.6PBaGKl.)
« — Tu veux savoir porquoi qu'i'
r'tournc crouler dans c' gargot-là ?...
Ben, mon vieux, c'est pour les mi-
rcttes d' la bonuiche : il a la canne
et i' frotte. »
— COURTISE n VSE PER-
SONNE MARlf:E. Lui deman-
der sa main gauche.
« Ces reuseigncraents recueillis,
M. Alcindor mit une belle redin-
gote et des gants citron, l'uis, avec
une certaine émotion, il se rendit,
vers cinq heures, chez Mme Cher-
nujeu pour lui demander sa main
gauche. »
(Tmiïitax «Bbbnard.)
— COURTISER LE SUCCÈS.
Saluer le soleil levant, Se mettre
du côté du manche.
« Le côté du manche est la place que
choisissent les malins et les gens
peu scrupuleux. »
(Hectob Fhance.)
COUSIX. Coquelin, Cosenard.
COUTEAr..4miVa/(arg.de bagne),
Bargaya, Bince, Chourin, Coupe-
sifflet, Coupelard, Dague, Eusta-
che. Lame, Lingre, Lingue, Longe,
Petite flambe, Rallonge, Scion,
Serpe, Surin, Vingt-deux.
IMLaUieur aux pantres de province I
Souvent, lardé d'un coup de binc^.
Le micheton nu se cuvait.
(J. HiCHBPIN.)
i^our el' premier qui pouss* du r'ssaut
J'ai tout r tonips — ouvert' daus ma vague
Et prêle à fsciomier — ma bonn' dague.
[L. uK Bbrcv.)
J'v fous mon i'r;u//-fA'UX dans la peau.
(A. B.)
Eun' nuit qu'il 'tait ou permission
V'Ià qu'i' tu' la vieill' d'un coup d' scion.
(lo.)
Et j'y plonge
Dans r bid', snns fair* ni eun' ni deux,
Ma rallonge.
(Blkdort.^
a Ses bains de pieds étaient célèbres
dans son parti, et ils lo firent sus-
pecter de modéranlisme à plusieurs
reprises. Pendant la Coummne, le
bruit courut qu'il avait un pédicure,
cou
— 133 — -
CRA
et il dut se disculper de l'accusa-
tion. Comme Phryné devant l'aéro-
page, il ôta ses souliers, montra
ses cors et les tailla lui-mc^me, avec
un eustnche «i treize, devant ses
farouches collègues de l'Hôtel de
Ville I... Cette épreuve rétablit son
crédit ébranlé et elle lui rendit la
conGance du peuple. »
(R. BsaOBRAT.)
« Comment voulez-vous qu'on ait le
cœur de fiche un coup de lingue^
me disait un jour une « terreur »
de la Butte, quand on n'a rien
mangé depuis trois jours? »
(HcnuM Le Kuux.)
•* On va et' fait marron, on réfléchit
pas, on joue du surin, puis après on
raque avec sa tronche. •
— FRAPPKR A COI PS DE
COUTKAU. Chouriner, Fiquer\
Larder^ Linf/uer, Scio7inei\, Su-
riner. V. Assassiner.
COUTELLERIE. Lingrerie.
COUTER. Pesa:
« — J'ai eu ça en coup de fusil pour
presque rien.
— £t ça f>èse'l
— Une' demi-pile. »
COUTEUX. Gris, Grisâtre. V. Cher.
COUTURIÈRE. Coutiirasse. Ne se
prend qu'eu mauvaise part.
tt — Quelle est la coulurasse qui vous
a ficelée comme ça? »
COU^^EXT. Jésuilière, yid de cor-
beaux, Ratichonnière,
COVXERTVllK. Berline*, Berlue\
Couverte, Couvrante.
J'ai bcn souvent passé mes nuits
Sans couverte.
(A. B.)
COUVREUR. Chat.
CRACII4T. Accent, G laviot, Gluau,
Graillon, Huitre, Lopin, Molard,
Postillon, Serpent *.
« Et pourquoi crachote-t-il à remplir
de postillons en un quart d'heure
un baril? »
(J. RlCflF.PI>.)
« Il s'amuse à lâcher des f/laviots su'
les harnais des rupins qui passent. '>
« La neuille, on voit qu' pouic. Alors,
v'Iâ que j' crois rauiasser un la
raute, et j' mets 1' doigt sur un
gluau. »
« — Ousqu'cst la liberté, si on peut
pus laisser tomber un lopin en oni -
nibus? »
u Vous aurez quatre jours pour lancci'
des rtiolurds sur les rangs. »
CRACHER. Gluviotcr, Graillonner,
Molarder.
« r glaviote toute la journée comme
un poitrinaire. »»
« C'est dégueulasse de molarder
comme ça! »
CRACIIEUR. Glavioteur, Graillon--
neur, Molardew\ Postillonneur.
CRACHOTER en parlant. Écarter
la dragée ou du fusil, Envoyer des
postillons. Faire son absinthe, Fu-
siller, Postillonner.
« Ensuite, une vieille carogne, qui
écartait la dragée, prit la parole. •>
{/îecueil d'' pit^ces comiques.)
« C'est sa vie, i' faut qu'a jaspine!...
si seurment a postillonnait pas dans
la gueule au monde... »
CRAIXDRE, CRAIXTE. V. Peur.
CRALVTIF. V. Capon.
CRA\E, adj. V. Brave.
CRAXE, subs. V. Tête.
— CRANE CHAUVE. Houle de
billard. Genou, Pomme d'esca-
lier, Motte de fyeurre, Skating a
mouches. V. Chauve.
« Au Sénat, on devrait Icur-z-y don-
ner des calot les pour siéger, ça
proté^^'rait leurs mottex de beurre
Ça doit les enrhumer d'avoir leurs
skating à mouches à l'air. »
CRA — 134
CJlAVVhK. Fripouille, V. Canaille.
GRÉ
C'est vrai qu'il est tomps qu'où s'explique,
Et qu'on di»' ses qu:it' %érités
A la saint* fripuuiUe,k la clique,
A (ous res anciens disputé.'*.
Pourtant, mui... j' suis parlementaire.
(A. B. Les Soul'tloquet d Ho nord Constant.)
CRAVATE. Collier, Coulant.
— CUAVATE PLASTHOX.
pUllre.
Em-
it. — Tas rien un bath collier \ .com-
bien qu' tu l'as raqué? »
• Moi, j' mets jamais d' col ni d' cou-
lant. Comme ra, on peut pas m'
faii'o au kic. »
CRAYOX. Menteur.
CRÉAX^CIEK. Anglais, Crocodile,
Loup, Point de côlt}.
« H y a des anfflais dans cette rue,
je n'y veux pas aller. »
[Curiositt'S frajiçoiscs.)
« Le samedi de banque donc, à la
porte de riinprimeric sont embus-
qués des individus prêts à se jeter
sur le passage de Timprévoyant
débiteur. (Test le tailleur, le chape-
lier, le bottier, le gargotier. Us sont
désignés sous la dénomination pit-
toresque de loups. Alors, on entend
crier de toutes parts : Gare aux
loups \ »
(J. LjkDJMin.)
— UIK lIABITËt: PAK UN
CIIÉAXCIER. Hue barrée, Rue
où l'on pave, Hue pavée.
w — Pourquoi no passes-tu pas par la
rue Biot ? (/est plus court.
— Je ne peux pas. On pave. »
CRÉDIT. Ardoise, Châsac, Credo,
Crame, Croum, Croumc, Œil,
Symbole (arg. des typographes).
M Au fait, j'ainjorais mieux (|ue tu
dises que je dîne tous les soirs au
London-llouse. — Ah! tu as une
ardoise là-bas*? »
(Jean F^uhiiain.)
a 11 a r châsse chez tous les troquets
d' la chaussée. »
a Depuis qu' sa n)énesse est à la cam-
pagne, il est Torcé d' plumer à credo
chez la mère (Constant. »
s r dégote toujours un bistrot qui y
ffldt à croume pour sucer un' pêche
avec les copains. »
« J'ai rœ/7 chez elle jusqu'à ce que je
trouve quelqu'un de sérieux. »
(J. Mamm.)
— CRÉDIT nEMANDÊ AVEC
LIXTEXTIOX DE XE PAS
L'ACQUITTER. Drapeau, Pavé,
Rosier. V. Dette.
— A CRÉhlT. A l'œil, Sur le
verbe '.
— ACCORDER CRÉDIT. Faire
au châsse ou Faire le châsse,
l'œil. Ouvrir l'œil.
« Baluchon a un œil ouvert chez le
bistro du coin. «
(lli.cTua Fba5Cr.)
« Descends jusqu'à la Courtanche, j'ai
un troquet qui me fait au châsse. »
— DEMANDER CRÉDIT. Grésil-
lonner *.
{Almanach des d>^bi leurs.)
— PRENDRE A CRÉDIT. Faire
un loup (arg. des typographes).
— CELUI ^UI FAIT CRÉDIT.
Crouniier.
— COUPER LE CRÉDIT. Brider.
« Sa taule ne marche plus, les four-
nisseurs l'ont bride. »
— AVOIR PERDU TOUT CRÉ-
DIT. Être brûlé.
« 11 est brûlé chez ses fournisseurs. >>
(Hector Franck.)
CRÉDULE. Goheur, Gogotte.
« — (l'étaient toujours de vieux ta-
bleaux... qui avaient déjà écrit et
donné des rendoz-vous au pt-re
Dumas, et nui n'étaient point déjà
si jeunes, ac ce temps-l.i!... Mon-
sieur est un peu gobeur.
— Joseph!...
— Ah! les amours des hommes de
lettres. »
(0. &liaDia\)
CKÈ
C:RÈ31E. Durême.
— 135 —
CKI
CRÉTIX. Palourdej Gourde, Po-
cheté.
i:itËTL\lSME. Gow'derie, Martel-
lerie.
CREVER. En parlant des ani-
maux: V. Mourir.
— CREVKR LKS YEUX A
QUELQU'UN. Lui faire des
yeux de hareng. V. Aveugler.
CIRI. Criblage, Criblement, Gucule-
ment,
« La neuille, on entendait le crifde-
mtnt des hyènes qui sentaient
r niacchiibce autour du camp. C'é-
taient des fjueulemenls à n'en pus
finir. »
C:UIBLE. Abour,
CRIER. Cribler, Pctordcr, Rejac-
quer*.
— CRIER AU SECOURS. Battre
morasse*. Gueulera la chienlit ,
au charron.
— CRIER A LA GARDE. Cribler
à la grive'.
Far controtenip"», ma largue,
Voulant s' piquer d'honneur,
Craignant <(ue je la nirgue,
Moi qui n' suis pas taiïi ur
Pour gonfler ses lialados
Ku caquo dans un rade,
Sert 5igue« à roison.
On la crible à la grive *
Je m' la donne el ni'es(]uive
Klle est paumé' marron.
(VlDOOo.)
M — A n'avait qu'.î pas f/upuler à lu
chienlit, j'y aurais pis lait de mal.
.Mais quanâ j'ai vu qu'a voulait pas
<Me safçe, j'y ai fait ?on atfaire. »
CRIEUR. Aboyeur, Cribleur,
n Le commis qui crie à l'étalage le
prix de sa marchandise; celui qui
répète l'enchère à rilôlel des Ventes ;
l'employé des tapissières «le courses
qui appelle la clientèle ; le commis-
sionnaire qui se charge d'appeler
les cochers à la sortie des réunions
ou des soirées; l'auxiliaire qui
appelle ses ro-detenus au parloir ou
à un service queiconrpje ; le poli-
cier qui crie le nom de l'individu
(ju'il lile, dans le but den établir
1 identité ; on résumé, tous ceux
dont c'est le mélier d'appeler ou de
ccHT sont,
aboyé urs. »
pour l'arjj'otier, des
— CRIEUR DE JOURNAUX.
Camelot, Can ardiar.
« Avant d'être canardier, parait quMl
était maître dT-colc. »
CRIME. V. Assassinat.
CIUMIXEL. Qui a du beurre sur
la trie.
« Les voleurs juifs disent en hébreu :
« Si vous avez du beurre sur la tête,
n'allez |>as au soleil, il fond et
tache. >'
(ViDOCQ.)
CRI\. Douillet,
CRITIQUE. (Appréciation défa-
vorable.) fi(U:fia(je, lirche. Char,
Cfinrriaiie, Chinauc, Chiiu\ Cros-
saye, bèbinaye, Es(iuint(ige, Es-
quintemeui, Jardinage.
H Dans le monde des journalistes,
sitôt qu'un confrère a le dos tourné,
on se livre sur lui à un etVréné
béchaye. »>
(IIkctoh Khanck.)
« Dans un salon.
Cette excellente coujtesse de B...
est en train de s'en donner à cœur
joie sur le compte de ses «< bonnes
amies ».
Taupin, l'interrompant de la fa-
çon la plus respectueuse :
— Après vous liibêche .s'il vous plaît? »
(1d.)
« Milot, lui, i' gob' pas V drame.
Quand on va au théàte tous les
deux, i' fait du charriaye sur tout. »
« Quand .Mélocli»; a rappliqué avec
son doulosse à panache, toutes les
gonzesses l'ont passée au chinage. »
« C'est toujours ceusses qu'admettent
pas la chine pour eusses (^u'en pas-
sent le pus aux autes. »
CRI
— 136 —
CRO
Ab lieu de passer au eroisage
Le volaillon et le gervais,
Fais plutôt leur Apprentissage :
Pègres valent mieui que narets.
« Dès que la comtesse fut partie, on
se livra sur son compte à un débi-
nage en règle. »»
« — Quand vous aurez fini votre jar-
dinagel Occupez-vous donc de vos
alTaifes... u
— CHITIQLE OUTRÉE. Abat-
tage y Enterrement de première
classe^ Êreintement.
« — Vous avez vu V abattage qu'on
lui a flanqué dans le « Gil Blas m
au sujet de la création de son
rôle? »
« — As-tu lu les feuilles, ce matin?
— Non. Que dit-on de la pièce de
Raoul? Êreintement^ hein?
— Enterrement de première classe, ma
chère. 11 ne s'en relèvera pas. » .
CRITIQL-EW. Ik'chev, Charrier,
Chiner , Crossery Débiner, Êreinter,
Esquinter, Jardinei', Jeter ou faire
de la bêche,
« Ils se saluent très bas et se donnent
du •( cher maître » mais se bêchent
aussitôt le dos tourné. »
« — Ne charrie pas I Avec son air
bête et sa vue basse, il t'en remon-
trera encore. »
« — Tu peux chiner, c'est la plus
belle femme de Paris. »
(J. M ARM.)
« On a jolin)ent croftsé sa plaquette ;
c'est d'ailleurs assez plat. •»
« — Je puis, deux heures d'affilée,
débiner les camarades dans un
café. »
(éuiLE Goruiiu.)
« Hier, mon camarade Paul Hourget
est entré chez moi en brandissant
un journal.
— Knfin, on t'éreintel s'est-il écrié...
Et il m'a étalé un article idiot où
l'on me refuse jusqu'à l'écriture !
Pourquoi pas l'orlho^Taphe? Mais
quel n'a pas été son étonnement
lorsque je lui ai appris que cet
article était de moi! »
(Émilb Ulbgbrat.)
« Certains critiques croiraient man-
quer de talent s'ils n'esquintaient
une pièce par semaine. >»
Ohé ! tas d' poch'tés
Les goaciers qui nou* jardinent
V s'ront vraiment j'iés.
(J. RiCHBPIN.)
«« — Mais n'ayons pas l'air de faire
de la bêche,., on est susceptible
chez Moule-à-Singe... Regardons,
écoutons, et ne nous faisons pas
trop remarquer... »
(H. LcPF.i.LSTisa.)
CRITIQUEUU. Rtk'heur, Char-
rieur, Chineur, Crosseur, Débi-
neur, Éreinteur, Jardinier,
« On dit que j' suis bêcheuse; y a rien
d'étonnant, mon daron était Jar-
dinier. »
«e Chez Bonelli, i's sont toute eune
bande de cAamet/rs qui vous ajètent
quand vous sortez uu bénard ou un
alpague neuf. »
« J'ai r droit d'ête chineur tout comme
les autres. »
« — Je m' fringue comme j' veux; et
les crosseurs y les ai au figne! »
« — Aller chez Clarisse avec une robe
de la saison dernière? Merci, elle
est trop débineuse ! »»
« Véreinleur est un homme merlo
qui sait siffler au lieu de savoir
parler. »
(A. Delval'.)
CIIOC-EX'JAMIIE. Croche-pied.
« Ça n'est pas dans les règles; un
vrai lutteur ne donne jamais de
croche-pied. C'est à refaire ! »
CROCHET de chiffonnier. Nu-
méro 7 .
« Les épaules courbées sous le poids
de sa hotte, le corps plié eu deux,
la lanterne d'une main et le nwnéro
sept de l'autre, le pauvre vieil
ivrogne s'en allait titubant par les
rues désertes. »
{Les Propos du Commnndfur.)
— CROCHET A SlSPEMmE
LA VIAXDE. Allonue, Araiyne.
CRO
CROCHETAGE. Fric-frac.
y suispoartaat pas un imbécile!...
Pour mijoter un coup d' fric-frac
Yâ pas deux comm' mon gniassc au mille...
Mais quand i' faut marcher, j'ai 1' trac!
(A. B.)
CROCHETER. Croclier.
ff A peine si elle est sortie un quart
d^heure, eh bien ! on a eu le temps,
ma chère, d'y crocher sa porte et «le
lui voler toutes ses «économies. *>
CROCHETEUR. Fric-frac,
n Toute la tierce y était... et la crème :
rien qu' des broche», des monte-en
Pair et des fric fracs. »
CROIRE. Couper, Couper dujis la
pommade f dans le pont ou si ni pi.
Couper dedans^ Donner dans le
yodany Goberj Godaticer.
« Et il souriait tranquillement avec
un air de ne pas couper dans toutes
ces indiscrétions sur la destinée. »
(Albxanobe IIki'I'.)
• Le soi-disant péril que courait la
République n'était qu'un attrape-
nigaud à Tusage des naïfs qui con-
sentiraient à couper dans ce pont. »
(11. KoCHFKOaT.)
H Elle lui collerait une histoire qu'il
goberait comme toutes les autres, et
bernique pour le reste. »
(T.. Lkuunmer.^
Va-t-cn ! Je ne donne \ lus dans
Ce» ponts vieilli'* et cet ijodans I
Muâe ! assez de viande creuse
Est veutic agacer mes dénis.
i,A. Glatigny.)
CROIX, ([nsigne.) V\ Décoration.
— CROIX DE COU. Arbalète",
Jeannette,
A' s' contentaient T jour de leur noce
D'un' petit' loileti' pas féroce
Et d'un' Jeannt'ttf en similor,
A la Ooutte-d'or.
(A. B.)
CROQUE-MORT, hazouqe. Cor-
beaUy Emballeur de refroidis.
Mon daron voyait tout en noir
r fsail r croqu'mort dans " I/Assotnmoir i>
C'est pour ça qu'on l'app'lait Bazouye.
(A. W.)
— i37 —
CUI
V là les corbeaux, y'W les bf^l'» noire»,
Les emballeurs df i efroidis
Qui vont prend' »es pauv's memh' raiJis
Et l'emporter sans pus d'histoires.
(L. DR HSRCY.)
CROTTE au derritVe. Grelot^ Grin-
yuenande, Sonnette,
Spectacle horrible et scandâleuv I
Au cul du démon cauteleux,
El de qui triomphe la fraude.
L'un d'entre l»?s prédestinés,
Va Saint, en l'air, est par le nez.
Pendu comme une griuffuenandt'.
(Abhk uk GnÉctu'iiT.)
CROUPIOX. As de pique, Sot-ry-
laisse.
CROUTE. Iloumie (arg. des chif-
fonniers).
CRUCHE des salles de discipline.
Cantinière (arg. militaire).
— Les sous-offiriers appellent
Ti(jre une cruche non régle-
mentaire qui remplace, pour
eux, le vase nocturne et
dans laquelle ils vident leurs
eaux de toilette.
CRUCIFIX. Jean de la Viifnc.
CRUEL. Crème, Vache. V. Mé-
chant.
CRYPTOGRAPHIE. V. Écriture.
CUILLER. LoucItCy Louie, Pelle,
u 11 fouillait désespérément d^ns son
sac à malice.
— IJon ! v'ià à c'tte heure qu'on m'a
choppc ma louche, s'écria-t-il, fu-
rieux. »
H Dites donc, garçon, apportez-moi
au moins une pelle, si vous voulez
que je mauge ma soupe. »
— PETITE CUILLKR. Certificat.
CUILLERÉE. Louchée, Pelléc.
a — C'est-il avec un sous-pied et une
louchf'c de patates qu'on peut se
garnir le coco? »
„ — Allons, donne-lui encore une
peÙce de fayots. »
— 138 —
CUI
CUIR. Linge à pompes.
CUIRASSE. Coquille.
CUIRASSIER. Chaudronnier, Co-
quillard, Couillard, Groa frère,
Gros lolo. V. Soldat.
«i Du temps qu' Lacroix était margis
au C Couillard, i' v'nait tout's les
semaines au « Mirliton. »
— LES CUIRASSIERS. La co-
quille.
« L' gas à Usôbe c'est un costeau, il
a fait son temps dans la coquille. »
CUIRE, Riffauder, lUffer.
CUISINE. Boubouille, Frigousse,
Fripp, Popoltc, Tambouille, Tom-
houille.
Iloi qui cunous l'ousard et feu Scribe, 6r<'greU!
Dois-.e rincer l'amphoieoii le dieut s'épanche^
Malpropres ici liourcc oU autant que des gorets!
El cuire tua bonhouille au fond di>s lieux secret.s
Sans conuaitre jamais l'espoir d'un beaudiman*
(Laubint Tailhade.) che?
m C'était trop réussi ; ça prouvait où
conduisait Tamour dé la frigousse. »
(B. Zola.)
« Ça la court d^ faire la tambouille,
ulle aime mieux croûter chez l' tro-
quet. »>
— MAUVAISE CUISIXE. Ragou-
gnnsse.
CUISINER. Frigousser, Friturer,
Popoter.
a II mit une certaine jactance à
déclarer que pour ça, oui, c'était
vrai, et que nulle ne s'entendait
comme Clarinette à frif/ousser. KUe
avait pris g<">ût à la cuisine. »
(CAyil.1.1: I.F.MOHNIEn.)
CUISINIER. Cargot, Coq, Fripier,
Ganjot.
— CUISINIER CHARGÉ «ES
ENTREMETS . Entrcmettier.
— CUISIMER DE CAFÉ OU DE
liRASSERIE. Fournier.
— CUISINIÈRE. Daube, Modiste
eu ragoût.
CUL
— CUISINIÈRE MALPROPRE.
Giaillon, Marie-graillon, Tor-
chon.
u Au bout de cinq minutes, je sais
leur histoire, par A plus B, s'ils
sont mariés ou célibataires, riches
ou pauvres, généreux ou avares,...
s'ils ont de belles bonnes ou d'in-
fâmes torchons de cuisinières. •»
(UCTAV£ .MllIOEiU.)
CUISSE. Boudinot, Gigot, Jambon,
Jambonneau.
« Vous avez vu ses gigots'î Ab! elle
en a des gigots ! C'est \e^ plus beaux
gigots du monde officiel, on peut le
direl Et il lui en faut de la place
pour s'asseoir! »
(Ed<iab Montkil.)
Nous nou« marions
A (i<'S Marions
Uiclies eu jambons.
(Alpiionsi Allais.)
Tu déuiclieâ des demoiselles
Demi-vierge*, quart de pucelle»
Pour les casinos.
Sans Kalconismc et dont les rentes
Se lrou\aifnt surtout apparentes
l)an8 IcuTi Jambonneaux.
(U. Ponchos.)
CUIVRE. Rouget.
CUL. V. Derrière.
CULBUTER. Balancer, Balansti-
quer, Chahuttr, Envoyer à dam,
à dame, à dingue, à domino,
à plat.
CUL-DE - JATTE . Rlanrhisseuse,
Moitié de fijlot, Sib de pattes ou
yib de (juilhs^ Panier à crottes
ambxdant.
« Depuis que le dur y avait coupé les
gambettes, on l'appelait la Blan-
chisseuse parre <pi il pilonnait sur
le rade, un fer à chaque main. »
u C'est le rende des stropiats.dts nib-
de-quilles et de tous les pilons du
quartier. »
CULOTTE. Calintc \ Culbute,
Grimpante, Montant c.\.?aLnialon.
— (39 — CUR
■ Une patate uj'.ivui
(A. B.)
— CL'HITTE COURTE. Uaut-
•I C'était jour de innrrlit-, tous les
euU-lartiix, tnites les betteraves
des caiobrouKcs d'aleatour étaient
tirRIKI'X. Fuuimrd, Fmiineur.
V. Chercheur.
rritlOSITK. V. Attraction.
41
DAME. V. Femme.
DAKGER. Dé-'he, îh
Moresqut', Pet, Pèt
• El BÎ y a d' la dèche tu peux c<
t Va»-y toul peul el si (ii sens qu' y
a du gauche, fais-moi 1' eer. "
" Marche d' l'avant, y a pas d' pel. »
— IL VA Df DASGP.n. Ça Sflit
- Va pas par là, p'til gns; ça teiU
' cher-.' V a rif
— Mois non, je
Aile est jamais à son boulenu, faut
qu'a |>as9e son temps au bastrinifue.
Aile en pince trop pour la guinchc :
— I,a fantaisie (les argoliers
bapUsi^ la danse, el (>lus
spécialement le rjuadnlte,
des éiiilhiHcs les plus ili-
verses; au cancan et au
chahul de nos pt''resonl, sur-
cédé la ClKihiipi' oyiuetif, le
Pus du harcD'i saur en délire,
de t.i ^'irdinc en vaeunee;', de
la tulipe umoureufe, de la
sangsue en mul d'eiifmU, du
cfapaud en goguette, de la
DAN
— 142 —
DÉB
grenouille épileptique , du
pneu dégonfla, etc., etc.
DAXSER. Affûter ses fuseaux^ ses
pincettts^ En pincer ou en siier
une^ GambillerfiigoUeryGuincher,
Tricoter j Tricoter des pincettes.
« Si la &œur \ei\i affûter ses pincettes
avec mon orgue pâteux, nous allons
en suer une. »
L'iiÎTiT, les murs sont pleia<i d'affiches
I>our Fêt's et Bals de charité,
Car, pour nous s'courir, cul' inond' riche,
Faut qui gambille a uiit' santé !
(Jkiian Rictcs.)
Amour! FJt.is ! Cresson d' fontaine,
Les palpitants guinch'nt eu pantins!
(Id.)
— Tenir la jambe verticale-
ment levée, le genou ap-
puyé à l'épaule. Porter ou
présenter les armes.
« Très allumée, IrAs vivante dans sa
robe de soie rouge aux illustrations
jaunes, avec ses cheveux roux et
clownesques. Zozo bondissait, gam-
badait, tournoyait, s'ébrouait en un
ballonnement de jupes versicolores
et ora;^euses, sous un maillot de
clair salin, laissant deviner la fer-
meté de ses chairs et la valeur de
ses contours ; puis, s'arrt^tant brus-
quement, t« elle présentait les armes »>,
— la jambe gauche ou la droite, —
au Déhanché qui, debout sur ses
mains, la tête pâle et triste, manœu-
vrait ses pieds dans une rotation
d'ancien télégraphe. "
(DuiitT I>F. Lai-ohbst.)
DAXSEl'R. Dindon, Garnhilleur,
Gigotiur, Gitinchcur, Modeleur.
« Mimilo ^tait, dans 1* temps, l' pus
balh (juincheur de chez Fave. ><
« Aujourd'hui, on no v;i plus au bal
public pour «lanser, mais pour
assister aux ébats de quelques uam-
bilieuses ap|iointées et d'une paire
de gif/oteurs anémiques. »
— DANSEUH I>E COHUE. Gani-
billetir de tortouse.
DAXSErSE. Gamlnlleuse, Giyo-
teusej Guincheuse.
« Loulou la Roussotte était la gigo-
teuse la plus aguichante du Vaux-
hall. »
«Ma frangine est une guincheuse épa-
tante. A vals'rait su' une assiette. »
— DANSEUSE BALLERINE.
Sauteuse. Tricoteuse.
— PREMIERE
Étoile.
DANSEUSE.
a II n'y a pas un connaisseur qui ne
lui prédise qu'à vingt-cinq ans elle
sera étoile de première grandeur. »
(Edgar Montbil.)
— ÉLÈVE DANSEUSE OU dan-
seuse figurante. Cure-denls, Pe-
tit piep sale, Tigre.
M Les petits pieda sales couraient se
regarder dans une large glace qui
était au fond de la loge. »
(ID.)
— DANSEUSE SALARIÉE DE
BAL PUBLIC. Allumeusc.
M 11 s'était épris d'une allumeu<e qui
exerçait au (^isino de Paris ses
talents de chahuteuse. »
DAVAATAGE. Et mèche, Et les
mois de nourrirez Et le pouce.
« Ça vous a bien coûté deux cents
fr.mcs.
— Et le pouce! »
(LkRMlTIA et Ll-'VÊQOK.)
« — Il attrapera au moins six mois
de prison.
— Et mèche! »
» — Quel ûge peut bi<*n avoir Mme de
Cuny?
— Dame elle avoue trente-deux ans.
— Trente-deux ans! Et les mois de
nourrice. »
DAVIER. Baume d'acier.
DÉ à coudre. Caldy Gobclin*.
M Si tu veux <(ue je to recouse ta
culotte, va m'achetiT un calot; je
ne peux pas coudre sans. »
— A jouer. Ludn*, Mathurin,
Maturbe. V. Jeu.
DÉBÂCLE. Krach.
DÉB
— 143 —
DÈU
« H en est qui vivent encore sur le cr«>
dit de leur luxe passé. Jacques X...,
encore que décuvé à fond, continua
à faire bonne figure. Au lendemain
du krach^ il était aussi élégant que
la veille, gardait sa voiture, ponlait
cher au cercle et dînait aux caba-
rets renomma» s. D'où tirait-il Tar-
ffent? Du coffre-fort inépuisable de
a sottise humaine. »
(IUniiy HAiEn.)
I>ÉBAIIDEI:R. Veau rouqc, Soleil
(celle dernit'*re expression est
surtout usitée à Kouen.)
DKBAURASSEK. liécmmponner,
Di' far {j lier.
•i Pourquoi ai-je quitté Paris? Pour
nie flécrampo'iner tout à fait de cet
imbécile, qui, panne, décavé, com-
mençait à me porter la guigne. »
(J. UlCIIEI'IN.)
" Qui donc qui m' tlf^farf/ura de c'tte
sale bourrique-là? »
DÉBATTUE (SE). Gigotter, Itcs-
sautery Se dèyrimoner,
H r voulait pas s* laisser arranger, i'
(figoltail tout V temps. »>
Mai» quand i' \ eut r suinter un l>on fui r' «lu pot in.
DÉBAUCHE. fi(/(/oï////ene%«om6(>,
Boi'dé€j Dosae, Ih-hu/ne, Drive
(arg. (les marins), Galraiularje,
Galvaude , GodailUrie , lUale ,
liiolle, Vadrouille.
•» On ne dira pas que j'ai gazé, ni
m^me atténué ; que j'ai fait de
ridylle, poétisé mes personn iges,
travesti la vérité. J'ai dit la hordée
par le menu, vulgaire, vilaine, bes-
tiale, grossière au possible. »
(:"K>KHIN1.)
« Mais, sans donner des bals, on
peut donner des diiiers, des soirées.
Ainsi font les Gardon, et c'est chez
eux que le^ir fils a reu; outré cette
f)etite .Mme du Tilleul, pour ne pas
a nommer : on est sûr, de la sorte.
qu^un enfant ne tt)mbe pas dans le
galraudage avec des femmes de
mauvaise compagnie. »
(Mai^hici D«.»NSAT.)
Kt, si j'ipnorai le r»'fu"«.
(l'est charitable .. ol point ne fus
Fausse ou vénale en ma ijnlrauJe'.
(li. l'K llKHCY.)
« — Non, dit T«''tard, on a beau été
en rioilf... on sait c' qu'on s' doit
et on n' ra((ue [)as les gonzesses. »»
u Allons, la vidroniUc, en route pour
Montmartre, il est l'heure!... »
DÉBAUCHÉ. Hadijwllard\ Hou-
caneur, Fvlard, hVtenr, Va-
drnuilb\ Vadrouillcur.
'< Parmi les heureii.x du uioude, les
« frtards s'embélent » souv^-iit. 11
y a des plis à leur couche de roses,
quelquefois même une épine ou-
bliée. "
(I-.MILE !ÎKH(.KmT.)
« — Connnent, tu n'as pas connu
l'oncle .Mfred? c'élait pourtant l'un
des plus beaux radrouilleiir<{ de
•cette fin de siècle, il avait crédit
au «I Grand comptoir. »
DÉBAITIIEH. Affranchir. Déain-
very Dessaler. V. Corrompre.
— SI-] iif%nAr<:iiF:u. liudonil-
fcr\ Hihard^r, Faire II homhe,
ihilvaudcr. Tirer une ou des f*or-
dèi's^ V'ddr'juiiler ou >'p vu-
droudlei'.
« Le petit Ferblantier boulotta tout
son pr>gnon en f/tlrandan/ avec des
rîistas de haute marcpie. »
« Ils passaient leurs nuits à radrôuil-
ler dans les caharels en se galvau-
dant avec d 'S (illes. >•
DÉBIT (le paroles. V. Bagoiit.
— Dftiti T i>K BOISSONS. V. Ca-
baret.
DÉBITAXT. V. Cabaretier, Mar-
chand.
DÉBITEUR qui s'en va sans payer.
Fusain, Fuseur.
DÉBLATÉHEB. V. Médire.
DÉBOl lt8EB. V. Payer.
DÉBBAILLÉ. Dêbrinquè, Déi/lin-
ijuèy Foutu commn l'as de pique
ou comme quatre sou^.
DÉB
— 144 —
DEC
'< — On va pas te recevoir au Moulin
Rouge débringuée comme tes là.
Ilafistole au moins ton corsage. »
« H rentra ivre et tout déglingué k
quatre heures du matiu. »
« Quel torchon que cette Môme Chien I
elle est toujours foutue ccnnme l'as
de pique. »
DKRKAILLER. Débringucr, Dé-
glinguer.
« — Hé! dites donc, vous, là-bas!
Quand vous aurez fini de tripoter
ma lille! vous allez me la déglin-
guer. »
{Les Joyemetés du régiment.)
DÉBllIS de nourriture. i4We(/uini.
V. Rogatons.
DÉBUT. Le }wem\cr trayage, mot à
mot: J^a première fois.
DÉCAMPKU. Foutre le Camp, Se
barrer, Se criquer, V. Fuir.
DÉCAPITER. Raccourcir, Rogner.
V. Guillotiner.
DÉCAVÉ. Faucharès, Fauché, Fleur.
DÉCHAIA'KU. Décadener.
DÉCHARGE (TÉMOIN A). Dé-
f ardeur, Dèfargueur.
DÉCHARGER, héfarguer.
« Ça barde, ce colis-là ; serait pas
trop tôt que je me dé/argue. »
DÉCHARGEl'R.Dc/'rt/v/eMr, Dc/'ar-
gueur.
DÉCHAUSSER (SE). Déboucher
sea flacons.
« — Ohl quoi? Tu vas pas déboucher
tes flacons, dit-il en voyant Irma
délacer ses bottines. »
DÉCHIRER. Bouliner, Douliîiguer.
DÉCHOIR. Dégringoltr.
« Le chùtelnin de Millemont voulut
avoir sou horoscope et se mil à
griffonner quelques lignes d'écri-
ture.
— Oh ! ob I se récria la dame en ins-
pectant Taulographe, il faut faire
attention, car vous rfp^ri/jpo/es, mon
cher ministre. »
{Gil Blns.)
DÉCIME. V. Billon.
DÉCLARATION en justice. Pe-
lage,
DÉCLASSÉ. Déraillé, Raté.
«< — Non, mille fois non, malgré tout
ce (|u*on pourra dire, je ue suis
pas un 7'até. Je viens enfin de trou-
ver ma voie. »
(NAncis^E Lebb.vc.)
DÉCOLLATION. (Supplice.) Faii-
chure *.
DÉCOLLET AGE. Étalage de bi-
doche, de trij)es, de viande.
DÉCOLLETÉ. En peau.
<c A ces bîils, on voit de jeunes sodo-
mites vêtus do costumes féminins
qui s'exhibent en peau dans les
loges, n
{La Gaudriole.)
DÉCOLLETER (SE). Étaler ou
montrer sa barbaqxie, sa bidoche,
sa marchandise, ses tripes, sa
viande (indistinct.), Se mettre en
peau.
ÇInra, les bras en tuyaux d' pipe,
Ktait plaT comme un'catididat,
Mais sa mère étalait des tripes...
DÉCOXCERTER. Égnaffer,
Égnaulcr, Estomaquer.
« Ça l'a pas êgnaulé et il a répondu
au juf;e : « Oh ! magistrat, ujerci!...
Ton arrt't me sourit. »
— ÇA lïÊCOXCKRTE. Ça vous en
iauclie un coin, Ça vous la coupe.
« L'n soir que la maréchale Lefebvre
se présentait aux Tuileries, un va-
let la salua de façon un peu iro-
nique.
L'Empereur vint au-devant d'elle.
— Comment se porte aujour-
d'hui madame la duchesse de Dant-
zick? demanda-t-il.
DEC
— i*a —
DEC
L*ancienne blanchisseuse remer-
cia Napoléon puis, se tournant du
côté de Tinsolent valet :
— Ça le la coupe^ ra, uion petit? >•
DÉCOXFITUUK. Bnilage.
DKCORATEIR. Gaudineur.
DÉCORATIOX. (Insigne.) Gandin
d'altèque *,
— DÉCORATIONS, liallerie de
cuisine. Ferblanlerie^ Ferraille,
Quincaillerie.
» H n'avait jamais eu d'autre famille
que le régiment ni d'autre métier
que la guerre. Si on rappelait le
Quincatïliert c'était à cause de la
ferblanlerie qui dansait au côté
gauche de sa tunique. »
(La \ie militaire.)
— DÊCOHATIONS E\
CHETTE. Mauvielles.
BHO-
« Tel un major de table d'hôte, il
endossait Thabit à toute occasion,
pour le seul orgueil d'étaler ses
mauvietles. »
— DÉCORATION D'OFFICIER
D'ACADÉMIE OU de l'iustru^-
tion publique. Demi-deuil, Pal-
mes y Papillon violet, La Vio-
lette.
M II espérait le papillon rouge, il n'a
obtenu que les palmes et ce demi-
deuil le console un peu de son
échec. »
— DÉCORATION DE LA LÉ-
SION, D'HONNEUR. Coqueli-
cotf ÉtincellCf Papillon routje.
« L'Exposition Universelle va faire
pleuvoir les violettes et les coque-
licols que bien des boutonnières
attendent depuis longtemps. »
— GRAND COnDON ou GRAND'
CROIX DE LA LÉGION
D'HONNEUR. .1* de carreau.
— DÉCORATION DU MÉRITE
AGRICOLE. Poireau.
'* On esp<'îre lui faire obtenir le Poi-
reau au prochain comice. »
— MÉDAILLE DU TONKIN.
Perroquet.
« On l'avait surnommé Tonkin à cause
du perroquet qu'il arborait au revers
de son veston. »
— MÉDAILLE DE SAINTE-
HÉLÈNE. Médaille ou pastille
en chocolat ou fie commission-
naire. On disait encore Contre-
marque pour le Père Lachaise
ou pour le Champ de Navets, à
cause de l'âj^e avancé des der-
niers médaillés.
» ... Jusqufs et y compris et même
surtout relies qui avaient la chance
d'un retraité avec grade d'adjuJant
et d'un médaillé de chocolat, de
toutes ils faisaient leurs choux gras,
nus d(»ux casse-cœurs. »
DKCOHK de la Croi.x. Crucilié (jeu
do mots .
— De l'Acadénne ou de Tins»
Iruclion publique. Palmé.
— PERSONNE TRÈS DÉCO-
RÉE. Ferblantier^ Quincaillier.
DÉCOHKH. Crurificr ou Palmer
(suivant le cas).
« Distributions de prix, distributions
de rubans violets, verts ou rouges;
on couronne, on palme, on crucifie. >»
(Mai RIO. DoîiN^Y.j
DÉCOVRAGË. V. Abattu.
DÉCOl RAGKME\T. V. Abatte-
ment.
DÉCOUVERT. Brûlé, Frimé,
Mordu,
u Voyez-vous cet inspecteur obli^çé de
rester dix heures en surveilumce
dans une rue de la Villelte uu des
Batijrnollcs ot ayant pour toutes
ses dépenses trente-cinq centimes
dans sa poche, juste «leux sous de
j)lus que le Juif errant! 11 lui faut
arpenter le pavé rie long en large
comme une sentinelle. Au bout
d'unp heure, tout le (|uarlier l'a
remarqué et se le montre. Comme
on dit, en termes du métier, « il
est brûlé. >»
(lloi.ICR-(iBIS<>>'.)
iO
DEC
— 146 —
DÉF
Tu vois bien, nom de dieu d' trou du,
Te v'Ià frimé ^ rousti, mordu \
Oa l'a ceinturé comme un gUude...
(L. DR Brrcy.)
DÉCOUVERTE. Dcgotage, Dégot-
tage,
DÉCOUVRIK. Dègoter, Dégotter,
Démurger, Frimer ^ Mordre, Piger,
Rembroquer, Repérer, V. Aper-
cevoir.
Il Tavâit r'pérée no matin.
Les fringu's, la gueule et les patt's sales,
Schlipotant l'eau d'af et 1' crottin,
Aux Halles.
(Blédort.)
« Ma louis s'était barrée avec Milot
PAsperge. J' les ai dégotés tous les
deux au guinche de Cbarenton. d
DÉCRÉPIT. Décati, Dégommé,
Dèjeté.
DÉCRÉPITUDE. Décatissagey Dé-
gommage.
DÉCRIER. V. Critiquer, Médire.
DÉCROTTER. Débouscailler, Dé-
merdery Sabouler,
DÉCROTTEUR . Débomcailleur,
Sabouleur.
DÉÇl'. Baiséy Chocolat, De la revue.
V. Dupé.
M A croyait me dcgoterau Waux-hall
mais aile a été bnisée : J'étais aux
Gravillicrs avec Irma. »
H Nom de Dieu ! c'est trop fort, s'écria
l'apprenti les larmes aux yeux, moi
qui comptais sortir dimanche, me
v*I;i chocolat... j' suis d' la r'vue. »
DÉDAIGNER. (Mépriser.) Avoir
au culy Avoir quelque part y Chier,
Emmerder y Emmouscaillery Enqui-
quincry Pisser au cul pour rincrr
les boyaux de la tête ou simpl.
Pisser au cul. Se foutre de.
— Tes boniment? et toi, j' vous ai
au cul ! Tant qu'à ton frangin, je
. r chie î ••
« — yemmerde la cour, je respecte
messieurs les jurés ! »
(V. Hugo.)
Tu peux y dire, à la Rouquine
Qu'a m' cavale et que i* Venquiquine ;
Four c' qu'est du Chariot, son cocu.
J' Vemmouscaille el j'y piate au eu.
(BLtDORT.)
Non, papa serait eo colère...
D'aillourii, je n'ai que trente sous.
— Garde ton argent. Je m'en fous !
Est-ce qu'à ton âge on éclaire?
(A. Glatigny.)
DÉDAIGNEUX. Gueule, Poire, Su-
crée, Tata. Ces mots ne s'em-
ploient dans ce sens que comme
régime direct du verbe Faire.
V. Embarras.
tt A fait sa poire avec nous autres de-
puis qu'elle est l'amie d' madame. »
DÉDOMMAGÉ (ÊTRE). Rentrer
dans sa dèche,
« — Tu peux marcher pour lui; tu
rentrei*as toujours dans ta dèche.
C'est un bath ! »
DÉFAILLIR. Tomber en digue-
digue. (Nous ferons remarquer
que i'e ae la seconde syllabe <le
diguedigue se prononce tou-
jours.)
« — J* peux pas la m'ner une fois a
l'Ambigu sans qu'a tombe en digue-
digne. »
DÉFAIRE. Démaquiller.
DÉFAUT. Lorsqu'on vante devant
lui les qualités d'une personne
qu'on juge sans défaut, l'argo-
her clôt ordinairement le dithy-
rambe par ces mots : itCest dom-
mage qua chiel »
— SAXS nÉFAUT. De première
(s.-ent. Qualité). V. Irréprocha-
blement.
— PHKXnUE EX DÉFAUT.
ColUr (arg. des écoles).
« Un des nirrites les plus saillants
de l'écolier, c'est rellrouterie : au
moyen de cette précieuse qualité,
DÉF
— 147 -r
DÉG
il dément sans rougir une accusa-
tion, lors même qu*il est collé en
flagrant délit. »
(H. KOLLAWD.)
DÉFECTUEl'X. Mochard, Moche,
Mouche , Mouchique , Rogate ,
RoiqtBj Roupie, Toc, Tocard,
V. Mauvais.
DÉFEXDRE. En parlant des per-
sonnes : Soutenir (arg. des filles).
Depis, c'est moi qu'est 1' sout'neur
Naturel à ma p'tit' sœur.
Qu'eAl l'ami' d' la p'tit' Cécile.
A Bellville,
Qn'c«l êout'nu', par sou graïul frère,
Qui s'appelle Èloi Couslant,
Qu'a jamais connu son père.
A Ménilmonlant.
(A. B.)
— En parlant des choses :
Boucler, Brider.
— DÉFENDRE EN JUSTICE.
Blanchir, Lessiver.
— SE DÉFENDRE. Se rebéquer^
Se rebiffer.
DÉFEXSE. V. Interdiction, Plai-
doyer.
DÉFENSEUR. V. Avocat.
DÉFERRER. Dédurailler.
DÉFIANCE. Gourance.
DÉFIER. V. Provoquer.
— SE DÉFIER. Èb-e ou Se lenir
chaud, Se gourer.
H — Tiens-loi chaud avec cegouce-là,
il est tout ce qu'il y a de coquin I >»
u — Goure- loi (ju'il ne te fasse quel-
que saloperie. »
DÉFIGURER. Arnaquer la cafe-
tière, la gueule, la poire, la
schnasse, la soupière, etc. V. Vi-
sage.
« — Si jamais i' ni' plaque, j'y ama-
qurai la poire avec un bol de bouil-
lon gras. 9
DÉFORMER. Esquinter.
• Il a reçu un coup de poing qui lui
a esquinté son haut>de-forme. »
DÉFUNT. Claqué, Coni, Couni,
Crôni, Refroidi. V. Mourir.
DEGAGER. En parlant (fune per-
sonne engagée dans une afl'aire
fâcheuse ou difficile : Saurer la
mise.
« Il était si compromis dans TafTaire
que ce n'était pas facile de lui sau-
ver la mise. »
— Kn parlant des objets en-
gagés comme uantisseiuenl:
Déclouer, Décrocher, Déplan-
quer.
M Voilà la f(^te de ma femme, je vais
lui déplanquer sa bague qu'elle a
mise au clou. »
— SE DÉGAGER. Ne plus Jouer,
Ne plus marcher. »
M Tant qu'il ne s'a«:it aue de ling.^rie
ou de frir-frac, ça va : je suis des
vôtres. .Mais s'il' y a du raisiné, je
ne joue plus. »
DÉGAINER. Montrer les dents.
DÉGINGANDÉ. Brin yuebal tant,
Cadet-la-Gingeole ,
« La démarche incertaine, il allait,
brinrjueballant dans son paletot
trop large aux manches trop
courtes... »
« Regardez-moi ce Cadet-la-Ginr/eolffl
c'est long comme un jour .sans
pain, ça n'a que la peau et les os
— sans moelle dedans, encon» ! —
et ça veut faire du plat à ma fille !
.Malheur! »
DÉGOl RDI. V. Malicieux, Rusé.
DÉGOURDIR. En parlant des
personnes : Affranchir, Dégeler,
Dessaler, Désargoter. V. Corrom-
pre.
DÉGOÛT. DéberUmce.
« Si lu voyais la condisse ! ç.i gazuuilh».
là-dedans au point que," sans faire
DÉG
— 448 —
DEH
sa sucrée, on en a tout de suite de
la dé bec tan ce. »
DÉGOUTAXT. Déhectant, Dégueu-
las, Dégueulbif, Dègoïttatif, Gali-
poleux, Vomitatoire,
Tirer les roi»!... De quoi qui* s' mél«?...
Tu vois pas Honoré Constant
Trinquer à la santé d' Gamelle
Ou d'un autre aussi débectantl...
M Le roi boit » qu'on gueul*. Ça m' dégoûte.
Qu'on m'en présente un, on rira...
C'est moi qui y paiera la goutte
Et nous verrons qu'est c'qu'i' prendra!...
(A. B. Let Souloloques d'Honoré Constant.)
Voui ! les deux sont si dégueulas,
Corompus et vomitatoires
Qu'on s dit : « C'est cor eun'dr&l' d'histoire.
Arton a dû passer par là. »
(JlUAIf RlCTOS.)
Ce sénateur était g:\leux,
Fangeux, miteux, gàlipotrux,
liotaiit, bavant, pétant à table
El trouvant ça Tort acceptable.
(BLÉooaT.)
DÉGOl TÉ (FAIRE LE). Faire la
ou sa gueule, sa poire, sa pata-
gueule. W Bégueule.
— ÊTRE DEGOUTE DE. En
avoir mare, mare, marré, nifé.
En avoir sa claque, son fade,
son pied, son sac, En avoir
plein le cul, En avoir soupe.
V. Assez.
J'(';i ai mon pied de c* loubMà,
(A. B.)
J'at pif in V cul des gonzcss's de claque!
Aujord'hui c'est pus rien qu' des vrilles
J'en ai mare, j'en ai ma claque \
(BLÉDunr.)
DEGOUTER. Cavaler, Courir, Dé-
bccter, Déguer, Faire flasquer.
Faire tarter,
V — Tu plumes avec toutes les ber-
gères. Tiens, tu m' cours, tu m'
débeclesl... j' te plaque! »
C'élaît pour fôler I olecUon,
D'un d' inen bons amis... un collègue,
Mais vrai, j'ai trop bouffi'.., j' me dêgue,
y vas avoir une indigestion.
Sacrt^ *ala»d : iaut que j' l'engueule :
Taudi!»qu' b's frer' i s ont pas d' pain,
Tu l'es ^avé comnx^ uu rupin...
T'es plein d' trulfet lu pus d' la gueule.
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
<t La Canne à pêche, a m* fait flasquer,
a m' cavale, a m* dégoûte, aile a
chié dans mon panier depuis qu'a
fréquente avec aes youdis. »
DÉGRADER. Faire passer chez le
deimier tailleur (arg. militaire).
DÉGRAFER. Déboucler, Débrider.
N Elle avait débridé son corsage et
laissait voir ses rondins. »
DÉGRIXGOLER. V. Tomber.
DÉGRISER. Décuiter.
« — Faites-lui boire un bon cafô au
sel ; ça le décuitcra. »
— ÊTRE DÉGRISÉ. Avoir la
gueule propre.
DÉGUENILLÉ. Guenillard, Plon-
geur, Polisson *, Traine-cul-les-
houseltes. V. Gueux. La littéra-
ture moderne a créé en outre
de nombreuses expressions pit-
toresques pour désigner le misé-
rable en loques : Sans-fnts-
ques, Sans-nippes, Traîne-misère,
Traine-guenille, etc.
« II est deux heures; le garçon
réveille les dormeurs et toute cette
triste et hideuse bande de claque-
patins et de guenillards s^enfonce,
en lamentables et lugubres théories,
dans la profondeur de la nuit téné-
breuse et froide. »
DÉGUISEMEXT. Camouflage, Ca-
tnouflure.
'( Ah! mon vieux, tu Taurais pas
r'noblée dans sa camouflure : eun'
vraie dusèche ! J'en rotais ! »
DÉGUISER. Camoufler, Maquiller.
pour les vieux tendeurs qu'assomme
Un' ronfle à grippart.
On *' cnmou/le en p'til ieune homme...
(J. KlCHEHI.^.)
« J'ai un doulosse et un alpague : je
m' maquille en homme du monde. »
I)F:I10RS. Aux chiotteSf Aux go-
gués. Aux pelotes.
DÉJ
— 140
DÉM
«• Vois-tu, Mélie, depuis V teiups qu'
ça dure en v*là assez! Fous-moi 1'
camp, va t'en aux chioiles, aux pe-
iolesj où qu^ tu voudras, mais débar-
rasse-moi r plancher. »
DÉJEUXER, subs. Refaite du
matois*.
DÉLAISSER. Laisser en bobe^ en
bobine, en frime, en parade, en
verdure, etc. V. Abandonner.
DÉLATEUR. V. Dénonciateur.
DÉLATION. V. Dénonciation.
DÉLECTER (SE). Se lécher, se
pourlécher ou se licher les baboui-
nes, les badigoinces. V. Lèyre.
« On s'est appuyé un gigot aux hari-
cots à s'en pourlécher les badi-
goinces. »
DÉLIBÉRER. Saladei\
« Du temps que les trois robins
saladaient, Blaireutôle fsait du
châsse à sa largue qu'était au fond
d* la salle. »
DÉLIBÉRÉME\T. D'achar, D'au-
tor, De rifle,
« — N'aie pas les foies! Vas-y da-
char, sans caner. »
« Il a rembarbé d'aulor duns la carée
et il a foutu 1' mec à la porte. »
a De rifle, sans en bonir une, i' y a
filé sa tronche dans l'estoaie. »
DÉLICAT. Fausse couche, Foutriot,
Microbe. V. Chétif.
DÉLICIEUX. Aux oiseaux, Aux
petits oignons. Aux pommes. De-
derrière les fagots. V. Bon, Ex-
cellent.
DÉLIRER. (Avoir le délire.^ Pa-
villonner.
« — C'est la fiu, ma pauvre dame;
depuis deux jours le cher homme
ne fait que pavillouner. »
DÉLIT (EX FLACRAXT). Sur le
tas.
« — Nous l'avons pris nur le las, son
affaire est bonne. »
DÉLIVRER. Affranchir.
« — Dis à la mère qu'a s' fasse pas d'
mousse et qu'a patiente encore un
peu. Dans deux mois, j' vas être
a/franchi. »
DÉLOYAL. Crème, Vache.
« — Goure-toi de ce frère-là : il est tout
ce qu'y a de crème, il agira en
vache avec toi. >»
DEMANDE. Di'oyucrie\ Èlonnlis-
sèment *.
— DEMANDE D'ARGEXT. Co-
gnage, Coup de pied à In caisse,
Sonnage, Tapage. V. Emprunt.
« Encore un coup de cof/nagel... Je
ne marche pas, d'autaut qu'il me
doit déjà deux thunes. >*
DEMANDER. Cogner, Di'oguor\
Taper, Sonner. V. Emprunter.
« Je l'ai cof/7ié de deux biCTetons pour
les Boulles-du-Nord. »»
DÉMAR<:A(iE. En parlant du
linge : Détarocayp.
« Le fourgat n'achète jamais le linge
qui n'a pas subi le détarocage, non
f)lus celui qui porte le chilTre dans
a trame. »
— En parlant de cartes préa-
lablement marquées dans
un but de tricherie : Démar-
cousage, Ddmorfilage, Démor-
fillage.
«« Le coup le plus difficile à apprendre
pour l'apprenti bonneteur est celui
du démai cousage. qui consiste à
faire passer la uiarque ou marcouse
de la carte gognante à une autre. »
« Un coup d'oDgle habile suffit au
d&inor filage de la carte aiguillée. »
DÉMARQl'ER. Démarcouser, De-
morfiler, Dànorfillcr, Détaroquer.
M Le bonneteur fait encore le « coup
de lacornanche ou de la marcouse. »
Il corne ou marque la carte ga-
DÉM
— JoO —
DEM
çnante pour paraître favoriser le
^oueur^ et, sous les yeux de celui-ci,
il la démarcouse et reporte la mar-
que sur une carte perdante. »
« Les cartes mal aiguillées soot dif-
ficiles à démorfiler. »
« — Change de centre, fais délaro-
quer ton linge, procure-toi des
faffes et barre-toi le plus tôt pos-
sible. »
DÉMASQUER. Brûler.
(c Si mes agents arrivaient à être
brûlésl »
(GOBON.)
DÉMÉXAGEMEXT. Décaniliage,
Dévissage, Rebours *.
« En juillet, le déménagement est une
fête. Mais, en octobre, n, i, ni, c'est
fmi de rire : le déménagement est
funèbre et s'appelle le aécanillage
à la manque. »
(J. RiCHBPI!*.}
DÉMÉIVAGER. Décaniller, Démur-
ger, Dévisser.
•*- DÉMÉNAGEa CLANDBSTI-
NEMESit. Déménager à la
cloche, à la cloche de bois, à la
ficelle f à la lune, débourser* .
u Chacun leur tour ils se prêtaient la
main pour déménager à la cloche, »
DÉMÉXAGEI'R. Commodier.
DÉiMEiXER (SE). Se décarcasser.
V. S'agiter.
DÉMEXTIR quelqu'un. Lui foutre
une beigne^ Lui mettre une clef sur
sa lourde,
DEMEURE. V. Logement, Mai-
son.
DEMEURER. Percher.
« Mon garçon m'écrit au'il va se ma-
rier et me demande de lui envoyer
ses papiers. Je m'exécute et sur
mon pauvre argent je lui avance
les frais. Fini, plus de lettres... Je
ne sais m«*me pas s'il est marié et
où il perche... Un polisson dont
i"ai payé les mois d'école pendant
mit ans. v
(ÂKDRi TbKDKIET.)
DEMI, DEMIE. Mèche.
DEMI-BOUTEILLE. Fillette ou
Petite fille, ou simpl. Demie.
Si j' trouve encore un mastroqaet
D'ouTert je m* paye eun' petit' fille.
Ej' Tas m' payer eun' demi' H' vieui.
(A. B.)
DEMI-SETIER. Bombe, Demi-
stroc.
Comme il demandait l'autre soir
Une bombe sur le comptoir...
(P. Paillette.)
« — Si tu nous pousses une chanson,
j* te paye un a' mis troc. »
DÉMISSIOIVjVER. Rendre son ta-
blier. V. Abandonner.
DÉMOCRATE. Démoc.
— DÉMOCRATE SOCIALISTE.
Démoc-soc.
« Nous savons que la Patti affectait
un dédain tout aristocratique —
avant d'être Mme Nicolas, elle était
marquise, s'il vous plaît! — pour
notre France de démocs-socs; elle
avait refusé énergiquement de chan-
ter chez nous tant que nous serions
en République; elle a fini par céder. »
(E. Lepbllbtier.)
DÉMODÉ. Coco, Vieux jeu.
« — La « Vie de Boht*'me » est une
pièce délicieuse, n'est-ce pas, mon-
sieur ?
— Ilum. . L'n peu cocol Vous ne la
connaissez pas, madame ? »
(J. Marm.)
DEMOISELLE. Dabuche ou Da-
buye, Rupiole*.
— DEMOISELLE DE MAGASLN.
CalicoiCy Galifarde.
m. 11 s'était fortement épris d'une
calicote du Bon Marché. »
(Dt'BOS.)
<« Une petite tjalifarde aux appas
rondelets se tortillait et faisait des
mines derrière le comptoir. »
{Lei Propos du Commandeur.)
DÉiN
— lî)l —
DÉN
DKXATI'UKH dans un but de
tromperie. Arnaquer, Camoufler,
Maquiller, V. Falsifier.
DÉNIAISER. Affranchir, Débour-
rer*, Dessaler, Dessinver. Pour le
malfaiteur Oéniaiser est le syno-
nyme de Corrompre. V. ce mot.
DEXIKR. Pied\ Pied de nez\
1>É\1GRKMK\T. Bikhe, Choi-
liage. V. Calomnie.
I>ÉAIGRER. Débiner, Dégréner,
V. Calomnier.
« Du temps que Paul était à l'hôpital,
on a été le débiner auprès du
patroD. »
« — Tu m'as dégréné chez les tantes
et t'as fait un tas de ragots sur
mon compte. Si tu rebiires, t'auras
affaire à moi. »
I>É\0\(:ER. Aller au refil, Bour-
riquer. Brûler, Cafarder, Casser,
Casser le morceau. Castrer du
sucre, Casseroler, Coqucr, Débiner
le Hanche ou le truc. Donner,
Enflaquer, Paire de la musique.
Faire poser un gluau, Froller sur
la balle*. Griller, Jeter au feu,
Jiidacer, judaïseï' ou judasser,
Macaronei', Manger du lard, le
morceau, sur le gnas-ie, le gnièrc,
surVorgue de quelqu'un, Mouton-
ner, Passer à la casserole, Hous-
siner. Se mettre à table ou en qua-
rante, Seritier*, Seriniser*,
Vendre la calebasse, le fourbi, la
mèche, le truc, etc. V. ÀYOuer.
« Les bourriques, après avoir cein-
turé Lacloche, Tont tellement cui-
siné qu'il a fini par aller an r'fil\ et
il a donné toute la bande. »
« Rien d'anormal ne se produisit
cependant... Nous en induisîmes
que Gueule d'Empeigne avait gardé
la lettre, s'était abstenu de cafar-
der. Du coup, il remonta aaus
notre estime. >»
(WlLLY.)
« — Jamais de la vie, reprit le Man-
chot; il casserait du sucre; j'aime
mieux ma peau que la sienne. »
(GoftON.)
« Le coup avait été perpétré dans
des circonstances d^babileté et de
prudence exceptionnelles et l'on
n'en aurait jamais connu les auteurs
si l'un d'eux n'avait cassei*olé. »
« Mais vous allez donc faire de la
peine à un pauvre bourre, en lui
apprenant qu'on a débiné le truc
dont il vit. »
(J. RiCHEPI.x.)
« Quand on en aura refroidi quatre
ou cinq dans les préaux, les autres
tourneront leur langue deux fois
avant de coquer la pègre. »
(E. Sut.)
«» Si le greco ne fade pas, jelMe
au feu. M
(Grison.)
<< Si tu refusais de me passer du
potage et si tu continuais à en
servir au marquis, je vous grillerais
tous les deux. »
(lo.)
« Judacer, c'est dénoncer quelqu'un. »
(Mavimk du Camp.)
a M. le juge d'instruction Lemerrior
reçut un jour la dénonciation d'un
des inculpés (pii, pour obtenir quel
ques-unes de ces faveurs si chères
aux prisonniers : vin et t-ibac,
mangea le morceau. »
{Le Journal.)
M Le coqueur libre est obligé de pas-
ser son existence dans les orgies
les plus ignobles. En relations cons-
tantes avec les voleurs de profes-
sion dont il est l'ami, il s'associe à
leurs projets. Pour lui tout est bon :
vol, escroquerie, incendie, assassi-
nat même! Qu'est-ce que cela lui
fait? Pourvu qu'il puisse manger
sur quelqu'un et qu'il en tire un
bénéfice. »
(Camler.)
« Celui qui est mouton court risque
d'être assassiné par ses compa-
gnons; aussi la police parvient-elle
rarement à décider le? voleurs à
moutonner leurs camarades. »
'xt:
u — Toujours esl-il, reprit le
laur, que c'est lui qui a vendu la
calebaiit et
t que, »M
l. Uv
• Tnndis que celui'là, soit rigoto.
soit Téroce, il vn mettre les pieds
dans le plat, débiner le trae, vendre
la miche, devant les journalistes
« bourgeois > qui licoutenl, bla-
gueurs et Diuiisêa, en morilillant
Feur pluiue, et qui reproduiroot
tout au long, le lendemain, l'ir'—
vention tragique ou cucastc
malavisâ. •
a — Dtn
certainement dû *lre renseigoûe
par quelque cassew de aiierr. ■■
!• Imberl, pour Éviter l'àctiafnud, se
Bt loqueur. >.
(Dui>.i.)
■ Il existe deux sortes de coquturt
détenus : la première, qui prend l<'
nom de moatom. est composée
d'individus qui. renfemiés dans lea
prisons, ctierchent a captiver la
connaoce de leurs compagnons de
détention pour obtenir 1 aveu des
crimes qu'ils ont commis, et la con-
naissance des preuves et piî-ces de
conviction qu'on pourrait produire
à leur cliarge. Lorsque deux de ce*
individus se trouvent dans la nii'me
Rùfitix, ils ignorent rompl^leicent
■ rôle qu'ils jouent ctincun do son
cûté, et il n'est pas rare de voir ces
deux ynoutons multiplier des rap-
ports pour Bc dénonter mutuelle-
— dEkoxckr involo\tai-
RBNE.^T OU par uialadresse,
Caboêter, Faire du ragoût.
IB.UAC.)
DKX<»IV(:iATEL'lt . Uourriqw ,
Cfuset-oie, Casseur de fucfe, Cuisi-
nier, Coqneur, Donneur, Loqueur,
Macaron, Mangeur de galette ou
de morceau, Mouton, Mmicieu,
Pèteur. Comme pour le policier,
le maKaiteur aflirme sa baiiie et
»on mépri^t poiirledénonrialeui
en le traitant de Copailte, Co-
quine, Lopc, Putain. Tante, Vache,
Volaille, etc., rpithiftes s'appli-
quanlanx lilles île bas étage et
aux pédératilC!'. V. Agent.
■• D'abord, c'est pas un crime de tu>
une boiti-riiiue, une fanei-o/e qui
reuscmenl récoui pensés.
DKNONCIATIO.\. Cassage de su-
O'e, Casscrolniie ou Coup ite cas-
serole. Coquage, D-'binage, Dévi-
dage, Macaronoge, hlusique.
. 11 est actuellement des adminislra-
grflce
lâchage de bottes et ou cassage de
(P. Do««e.)
'être
On a fabriquii .Nénesse et Planche-
à-Pain liier soir au Panier Fleuri.
la femme au Marquis vient dT
faite en sortaut de la Boulette; sui
qu'il j- R un coup de cnsterote là'
[ Mon frangin l'oulot est entoilé.
niaJi on n'a pas û craindre le
coquage. Il aimera mieux payer
tout seul plutôt que de faire de la
' (^tte gonzesse-là. quand y a une
rafle, ûoit faire du débinage ]ioiir
qu'on la fasse décarrer comme i;a
tout de suite. »
DÊN
— 153
DKP
DKNOUEMEXT. Bouquet (s'em-
ploie presque loujoui-s ironique-
ment).
M La fois que Le Manchot a craché
daos le son, on s'a enfilé des uiarcs
toute la nuit; et, pour le bouquet^
on a été s'envoyer une mouise aux
Halles. »
DENT. BrochCf Cale, Cassante^
Chaise y Croc, Crochet, Domino,
Mathurin, Meule, Osselet, Palette,
Piloche, Pilon, Sœur blanche. Ta-
blette, Tabouret, Tapblanc, Trique.
c 11 n'a plus de brocher dnns la
gargue. »
« Faudrait avoir les cales solides pour
croûter cette barbaque-là; mais
quand on n'a pus d' tabourets dans
la gargotte, conmie Gugusse, c'est
g'ié. »
« A 8*rait pas mal s'i' y manquait pas
des chaises su' le devaut de la snlle
à manger. »
Mais j' suis fariiJoDDenu, j' suis meule,
J'ai qu* iiib à m' coller sous la meule
Et j'ai les piloches, c niatio,
Quasi pus longues qu' mou rotin.
(L. ns Bkrcy.'^
« Des palettes, pas de gigot; du gigot,
plus de palettes. »
{Dicton du peuple.)
— DENTS GATEES. Clous de
girofle, Graiîis de café, Racities
de buis,
— DENTS JAUNES ou sales.
Amandes de pain d\'pices, Ta-
blettes de chocolat.
— DENTS LONGUES. Touches
de piano.
— DENTS PETITES. Canettes,
Quenottes.
— DENTS
tarifes.
VIEILLES. Bran-
— BRÈCHE-DENTS. Qui boude
aux dominos.
DENTELLE . Gratouse , Miche,
Paille, Ray on- de-miel. Trouée.
DEXTISTE. Quenottier.
DÉPART. Décarrade, Bécarre, Dc-
carrement.
DÉPASSER. (Supplanter.) Dcuot
ter.
« Et il a aussi, comme l'autre, celui
qu'it est en train de dégotter, m le
regard bleu, d'un bleu charmant et
doux, limpide et clair. •
(II. ROCUEFOHT.)
— DÉPASSER SES CONCUR-
RENTS. Décrocher la timbale.
Tenir la corde.
DÉPÊCHE. Babillarde volante.
Petit bleu ou siinpl. Bleu, Vo-
lante, Vol-au-vcnt.
« Figurez-vous que sa femme a failli
surprendre uu bleu de moi, un t^leu
où je lui disais : u Pauvre chéri,
comme tu dois souffrir d'avoir
épousé une femme si plate. »
(J. ftlARXI.)
DÉPÊCHER (SE). Se i/rouiller. Se
patiner. V. S'évertuer.
« — Bien, bien, du moment qu'on va
prendre uu verre, je me grouille... •>
(K. Maixkro^.)
a — Pntine-toi, xMélie t'attend depuis
une heure. »
DÉPENDRE, V. a. Dcgruppei-',
DÉPENDRE, V. n. Être sous la
coupe.
« _ Je vous préviens, mon gaillard,
que, si jamais vous tombe/ sous
ma coupe, je vous mènerai la vie
dure. M
DÉPENSE. Dèche.
Tu u'as pas d' pognon?... Ça n'empèclic !
Allons, mon salaud, \icns toujours.
Kiiteuds-tu ?... T'occup' pusd' la ilècHe'...
C'est toi qui rinc'ras d&ui huit jours.
DÉPE.XSER. Caiiser, Chiquer, Cla-
quer, Dèchcr, Écos^er, tmillei-.
« Gomme c'était la fête à Cécile, on a
casséuue pistole avec les aminches. >»
« Quand on chourine, pour les voler,
d'humbles éparguistes, on claque
leurgaletle en compagnie de feiumes
DÉP
154 —
DÉP
au chignon jaune, mais on ne parle
pas d'nonnêteté. »
(Jkam Gratb.)
a J'ai pas jamais été habitué à dècher
tant de pognon que j^en ai écosaé^
c'tte s'maine. »
« H a fusillé tout son pèze avec des
gerces. »
DÉPENSIER. Bêcheur, Gâcheur
(ce dernier terme ne s*emploie
guère qu'ironiquement).
" Irma veut plaquer son homme, elle
dit qu'il est trop dècheur : il ne lui
laisse pas un rond. »
« — Tu t'es encore payé une def de
treize fléchards!... Gâcheur , va! »
DÉPÉRIR. Foutre le camp, S^affû-
ter, Se décartonner , Se dégommer.
« J'ai vu le vieux hier à Coebin; il
s'affûte, il fout son camp. »
« — Quoi donc qu t'as, ma vieille ?
Ça va pas? On dirait qu' tu V dé-
cartonnes. »
DÉPITÉ. A renaud, A ressaut,
Arnaud, Arsaut, A tube.
u Chaque fois clue sa gonzesse fait
un coucher, il est à tube pour la
nuit. »
DÉPITER (SE). Rogner, Saigner.
V. Colère.
DÉPLAIRE. Se traduit, selon le
cas, par les équivalents d'Aga-
cer, de Dégoûter ou d'Ennuyer.
DÉPLAISANT. Pas rigolo, Sabo-
chc.
« — Ah, non, tu sais, tu ne le ramè-
neras pas ton Sarmate ; il n'est vrai-
ment pas rigolo I »
DÉPORTATION. Bain de pieds,
Relègue, Helingue. V. Bagne,
Relégation.
DÉPÔT (LE). La fosse aux lions ou
à Bidel, La Lorcefé *,La Tour, La
Tour Pointue, La Souricière.
Quand la marmite est à la tour,
ÈV marie il est dans la déhine...
Pour bouloUer, faut qu'i' turbine,
r s'en va su' 1' tas à son tour.
(A. B.)
« Combien en ai-je vu de ces déné-
gateurs à outrance faiblissant dans
Fescalier tournant de la Tour
Pointue. »
(Goaox.)
« Quand je songe à ces heures d'épou-
vantable injustice!... Oh! la souri-
cière... le panier à salade... cette
première prison ambulante... et le
reste! le reste! »
(J. Makhi.)
DÉPOUILLER. V. Dévaliser.
DÉPRAYATEUR. Cochon.
Mais, nom de Dieu ! si nous marchons
De rifle avec nos gigolettes,
Nous J(^florous pas les florettes
Et c'est pas nous qu'est les cochons.
(A. B.)
DÉPRAVÉ. Cochon.
« Donc, vous m'avez jugé. J^ai Pair
cochon, madame. »
(i*. Paillette.)
DÉPRÉCIER. Sécher, Charrier,
Débiner, Jardiner, Margauder,
Margotter, Raffaler. V. Dénigrer.
« — Quand vous aurez fini de char-
rier ma marchandise, vous, la petite
mère, vous le direz! C'est pas en
margaudant (jue vous me ferez
rabattre un rotin ; c'est moi qui
vous le di^. »
« Faut qxii jardine tout c' qu'i' voit,
tout c qu'il entend. »
« Il y a des gens qui ra/fulenl tout
ce qui n'est pas leur cruvre. »
DÉPRÉDATIOX. Fricotages. Tri-
potagea.
DÉPUCELER. Affranchir, Cassci'
DÉPORTÉ, subs. Relègue, Relin- i le sabot, la cruche. Damer, Dévier-
juc. V. Forçat. * ger.
DÉP
— 155 —
DER
« Comme Madame In Boule, elle avait
été affranchie à douze berges par
son daron. »
Le coia d'un bots, l'herbe nouvelle,
Un mouvement, le moindre mot.
Un rien fait broncher une belle
Un rien lui eaise non sabot.
(Piuault-Lruriii.)
« Comment la Société de vigilance
eut-elle vent du péché mortel qui
se dégagea de cet entretien secret?
Comment sut-elle que le père
Aloysius avait onctueusemeut damé
la fillette? »
(Hkctob Kra.<<ck.)
« Je préfère, comme dit cet autre,
dévterger une g[ueuse que d'avoir
le reste d'un roi. »
{Les Propos du Commandeur.)
DÉPUTÉ. Vingt-cinq- francs.
— DÉPUTÉ DE DROITE. Droi-
tier,
— DE GAUCHE. Gaucher.
— DU CENTRE. Centrier.
— D'EXTRÊME DROITE. Che-
vau- léger.
— DE PROVINCE. Rurat.
D* la tribune à la buvette
Les gauchers et les droitiers
Vont avaler des d'ml-s'iirTS
Ou bien tailler un' bavette.
(V. Melsy.)
DEPUIS. DedpuiSf Z)epi\s(corrupt.)
Dedpuis Moutmartr' jusqu'à Ciich\ .
(A. B.)
« Depis tant A t. »
DÉRAI80:VXEli. Avoir une arai-
gnée dans le plafotvl^ un cafard
dans ta sorhonnc, un hanneton
dans le ciboutot, un mousti<jue
dans la boîte au sel y ou simpi.
Avoir une araignée, le ou un ca-
fard j le ou lin hanneton ou toute
autre périphrase analogue, Dé-
ménager, Passer au dixième, Pa-
villonner, V. Délirer.
« Un lauréat de la Société protectrice
des animaux reste couvert en par-
lant à des dames. — Savez-vous
f)Ourquoi il garde son chapeau sur
a tête? — Parfaitement, c est pour
ne pas enrhumer son araignée. »
(IIbctor Francs.)
« Faut être marteau, faut avoir un
cafard dans la soupière pour faire
des flambeaux pareils. »
« Frapnés du nombre de camarades
que leur enlevaient los atteintes
d'aliénation mentale, ils disent : 11
est pa-^sé au dixièmp (régiment),
pour montrer combien ils sont
déciméâ par des pertes, sur les-
quelles l'étude (les sciences ne serait
pas, dit-on, sans intîueuce. »
(li. Lahciiey.)
DÉRAXCiEMEXT . Détraquage.
S'emploie au propre et au ligure.
M Le détraquage a fait son œuvre. La
licence a porté ses fruits. Je demande
la création d'un Musée national
des horreurs, où l'on conserve reli-
gieusement les documents de l'his-
toire scandaleuse de ce temps. »
(EoMuyii Dbschaumes.)
« Klle a mal à l'estomac et elle a la
foire... c'est un détraquage com-
plet. »
DEHXIEH. Der (apoc).
— DERNIER NÉ DTNE FA-
MILLE. Clos-cul y Culot, lioculol.
DÉHOBEK. Étouffer , Grinchir,
Souffler. V. Voler.
DÉIIOUTEH. Couper la chique ou
sinipl. La couper, Desbouser",
Éqnaffer, Êtjnaulcr, Estomaquer.
V. Déconcerter.
DEiaUÈKE,subs. Ballon, Baril de
moutarde. Hase, Bas-lihin, Ber-
nard, Bienséant, Bon endroit.
Borgne, Cadet, Cadran, Cadran
lunaire. Cadran solaire. Canon-
nière, Centre, Centre de gravité.
Cercle, Contrebasse, Cyclope, Dis-
que, Double-blanc, Double-six,
FaidKairg, Fiac, Fiacre, Fiaque,
Fignard, Figne, Fignedé, Fignon,
Fignoton, Figtirc, Figure de cam-
pagne, Fion, Foiron, Foirpette,
DER
— 156 —
DER
Gagne-pain y Garde-manijer, Gi-
bevney GiffauU *, Gnard ou Gna-
gnardy Gros visage^ Joufflu, Juste
milieu, Lorgne, Luc, Lune, Ma-
chine à mouler. Magasin, Médail-
lon, Messire Luc, Miche, Moule à
merde, iMouquette, Moutardier,
N'a-qu' un-œil, Pagnon, Panier à
crottes, à crottin, Partie charnue.
Pétard , Péteux , Pétrousquin ,
Pette, Pleine lune. Postillon,
Proais *, Proays *, Prose, Proye,
Proys, Prussien, Quelque part,
Hondy Rondelle, Rue aux pets,
Ruelle aut vesses, Salie de danse,
Sifflard, Soufflet, Tal, Talle, Tire-
lire, Train, Troufignard, Trouft-
gnon, Troufion, Trousse, Ti^ousse-
pette, Troussequin, Vénéi^able,
Verre de montre. Visage, Visage
sans nez. Zéro. V. Anus.
Si tu contiau's, Mad'Ion,
Tu vas t' faire enl'ver 1' ballon,
{ Vieille chanson,)
« — Fi î quel sale cul, quel àavil de
moutarde \ »
(Hector Faii^icE.)
« La base de la caissière débordait de
la banquette trop étroite pour sup-
porter la majesté de ce superbe
Ba9-Rhifi. »
ft Diatribes ou dithyrambes, leurs
élucubrations sont à peine bonnes
à essuyer Bernard. >»
{La Bataille.)
« l*08é sur son bienséant, l'oreille
droite, le toutou attendait son
maître. »
(Chronique amusante.)
« Pour tout salaire, le marquis lui
appliqua un vigoureux coup de
botte au bon endroit. »
(PlCAlLT-LEBmiS.)
" — V'ià moi que je me retourne et
que j^ li fais baiser, sauf votre res-
pect... mon gros visage... Ce qui a
fait dire aux mauvaises langues
qu'il a vu mon borgne. »
(Kf.STIF de I.A HKRTOri.'OI.)
« — Monsieur (îoquelin cadet?
Kt. debout devant son armoire à
glace, en manches de chemise, un
onnet de coton rouge sur la tête,
la figure navrée, j'aperçus Cadet:
J'éclatai de rire.
— Pourquoi ce bonnet? vous êtes
malade?
— J'ai un clou.
— Sur le crâne?
— Non, plus bas... Ici. Mais ne
le dites pas.
— Pourquoi cela?
— Parce qu'il ne serait pas con-
tent... mon homonyme, sur lequel
je ne puis plus m'asseoir. m
(I.cac.N PnBCN.)
. . . Est-ce l'apothicaire
Qui vient placer l'aiguille à raoo cadran solaire'/
{Parodie de * Zaïre ».)
« Les don Juan sont très forts sur la
gymnastique : dès leur plus tendre
enfance, ils se sont exercés à tom-
ber sur leur centre de gravité. »
(Lemoimc.)
« — Nom de Dieu! ehl Polyle...
reluque donc ce pélardl Quel beau
disque l »
(II. MORRIKa.)
« Quant à Lucien, il eut à essuyer
une formidable bordée de horions :
Tiens, sale poisson, voilà pour
toi... Attends, marlou, porte ça à la
cuisine... Attends qu'on te dessale
û grands coups de bottes dans le
fiffnel »
(Ed. Lepeli.etibr.)
•< — D'où qu' tu sors? que j' te
reconduise à grands coups d'ribouis
dans r fion ! »
« — Dis rien, (ju'i' lui fait, ou j' te
mets mon blair dans l' foirpette et
j* t'étouffe! ..
Cherchant, pour gagner leur croûte,
Uu raiirh'} rupin,
Faut les voir, tout 1' loug d' la route.
Remuer leur gagne-pain.
(Bi.^.ooaT.)
« En argot les mots se transforment
constamment par aphérèse ou apo-
cope ou bien encore par l'addition
de préfixes et de suffixes, par
changements de tei*minaison et
par réduplication. Ainsi la vieille
expression argoti(iue Iroufignon
(cite date au moins du \vi<^ siècle).
DER
— 157 —
DÉS
3ui signifie Anus ou Derrière, a
*abora subi les transformations
suivantes : Iroufignard^ troufion y
par changement de terminaison;
puis, par aphérèse, fignon, fignard,
fion\ de là, par abréviation, figne
3ui prend lui-m/''me un suftixe et
e vient fignedé; par nouvelle aplié-
rèse fignard fait gnard dont la rédu-
plication donne gnagnard ; la trans-
formation la pius récente est le
changement en ne ou aque de la
terminaison on du mot fion^ ce qui
nous fournit fiac^ fiaque et m«Hiie
fiacre. »
« La grosse dondon qui nous servait
à table était agrémentée de roton-
dités antérieures et postérieures
qui faisaient loucher les jeunes
lieutenants ; on n'entendait que ces
exclamations : » Pristi! quelles
avant-scènes! Nom de Dieu! la
belle gib€rne\ »
{Le$ Gaietés du régiment.)
n Debout sur son lit la gamine se mit
d'abord à gambader, faire la culbute,
jouer avec son oreiller, me lancer
son traversin, puis tout à coup,
levant sa chemise avec des éclats
de rire, me fit voir son Juste milieu. »
{Let Propos du Conunandeur.)
« On peut dire lue, mais on ne peut
Srononcer cul. Pourquoi? Mystère
e la sottise des foules. *•
La petit', pour nu thuno.
Montre à chaqu' citoyen
De» effets de ph-in huw
Que lui peut Tuir pour rioii.
Nous n'irons pas au Bois non pus.
Ans bois d' Justice... au iMtis torlu.
Nous n'irons pas à la Hoquette
Kt zun, Koo, zon, pipi uou5 I'soiin
Et bar^ tonnons d' In mowjuetto.
Su' la Misère et les rvison^.
(Jkhan Hicri-s.i
Noazailles pairon<( noire proio
A ta marqaise d'un li.iiner
A toi d'un coup d'.irpioii au jnoiffi.
(J. HiCHKI'IN.)
Quand I' pantc a V doigt dans l.i miche,
S'i* n' casque pa** ffn.s,
(jare au bataillon d' la guichc !
C'est nous qu'est les dos.
Je me suis dit à moi>niônie :
« Ces pétards, nom d'un pétard !
Ne \ aient |kis le pétard
De celle que i uime! »
(GilBlas.)
Mais voilà que l:i bourr.)squc
.*N)ulAve sou cotillon
D'une façon si fantasque
Qu'on toit tout son postitlon»
Quoi?... vous vous prétendez rousti»?
Vous \(>udriez voir autre chose?
r*uis-je donc vraiment, mes petits.
Maintenant vous montrer mon prose?
(L. bi hiacv.)
« En face! je n'ai pas besoin de reni-
tler ton moutardier \ •>
(E. Zoijk.)
« Pas de cbirinette pour secouer le
panier à crofies des dames. »
(Id.)
'i — Pour me le mettre, tu sais, vieux,
c'est midi, j'ai trop de fil dans la
trousse l »
.< Tt»utes les fois que ce gredin-l& me
tutoie, cest ronmie si je recevais
un coup de pied qufhfue pari. »
(V, Sakdou.)
'c Dis donc, Cécile, j' te jure que si
tu continues à m' faire tarter, j' te
vas fonte mon pied dans V train. •>
« — Dis-y nue j' l'attends, et si a fait
du r'ssaui, j' s'rai pas long à lui
botter r trouss*f>elle. »
— On désijîiie encore le der-
rière par le nom d'une per-
sonne ennemie ou simple-
ment antipathique ; (»n
liouve dans relie coutume
lorigine de hernari, Cadet,
PfUrousijuin. En 1871 le ga-
vroche parisien appelait son
postérieur Bismnrvl;, Thiers
ou Vemailleux.
DERIIIKKE, prép. bariole.
— PAU DKIlIllÈRi:. Por les
darioleSy Sur les darioles.
u Fait point bon cimer en ce paque-
lain-ci. on a tout le temps les gris-
bleus sur les darioles. »
{Lrs Chanff'fHri.)
I>KSA(;kkarle. V. Ennuyeux.
DÉS — 158
DÉ8A6RÉGER (SE). En parlant i
d'une association, d'une union,
d'un parti : Se décoller.
Et pendant qu'à Paris on s' colle
Des gopns sur la gueule et des pains,
Pendant que la R. F. te décolla...
Le Président tu' des lapins.
(A. B.)
DÉSAPPOINTÉ. On dit d'une
personne désappointée qu'EUe
fait un sale blaU\ une sale gueule,
une sale poire.
DÉSAVANTAGEUX. Se traduit
par les équivalents de Mauvais.
DÉSERTER . V . Abandonner,
Fuir.
— DÊSEATER L'ARMÉE. Chier
du poivre à la boule de fon,
Faire chibis à la grive.
'< — La grande Irma vient de s' bar-
rer à Bruxelles.
— Quoi qu'a va y faire?
— Avarjoinde son homme qu'était
soldat et qu'a fait chibis à la grive. >»
DÉSERTEUR. Franc-fileur, Nar-
quois *.
« A la veille de l'investissemont, avant
le 17 septembre, on (les conserva-
teurs) avait déjà commis le criuie
de lèse-patrie en s'orgauisant en
corps de francs- file urs. Il y a eu
d'honorables et illustres exceptions,
mais les exceptions confirment la
rôgle. »
(PHIt.lUERT AUDEDRAXD.)
DÉSESPÉRÉ (ÊTRE)..Uot>>JOMp(*
de C existence^ du truc ou simpl.
En avoir soupe, En avoir mare ou
muré, niffv, En avoir sa claque,
son fade, son pied, En avoir plein
le dos ou plein le cul, Donnei' sa
démission ou Démissionner. \. Dé-
goûté.
DESCEXTE DE POLICE. Rafle.
« Le quart était venu avec quatre
agents pour faire une ro/le à l'hôtel
du Nord
d6s
Le long de la plage.
Comme au déballage^
»
DÉSIIADILLÉ, subs. Déballage.
C'est an étalage
De gens mal tâtis.
(XANaOF.)
DÉSHARILLER. Défringuer, Dé-
frusquer, Défrusquiner, Dépiauter
ou Dépioter.
— SE DÉSHABILLER. Les ver-
bes précédents, sous la forme
réfléchie, plus Déballer.
— SE DÉSHABILLER COMPLÈ-
TEMENT. Se mettre à poils.
« Le matin, les sergots ont trouvé la
môme défringuée su' les forts. »
« Allez, ho! bas les frusques!... ^é-
balle, et au pieu, viv'ment ! »
Merd' ! V'Ià l'hiver et ses dar't<^s,
V'Ià r moment de n' pus s' mett' à poil,
(Jehan Hictl'S.)
DÉSHÉRITER. Passer le pèze à
gauche.
« — Quand la vieille a croni, elle
avait passé le pèze à gauc/ie... Et
son netreu s'est bombé. »
DÉSIR chainel. V. Érection.
DÉSIRER. En gratter, en mouiller,
en pincer, en tenir pour. Lavoir
dur, ravoir en l'air pour. V. Ai-
mer.
« — Alors, Ven tiens tant qu' ça pour
l'enfant?
— Ah! mon vieux, yen gratte plus
que jamais 1 »
«1 La gonzcsse ïttvait en l'air pour un
bracelet (|u'alle avait vu chez un
brocandier du faubourg. »
DÉSODÉIR. ^"e vouloir rien savoir.
V. Refuser.
DÉSOLATIOX. V. Chagrin.
DÉSORDRE. Bouzim, Canelle,
Chamhard, Mastic ou Pdtr (arg.
des typographes), Pagaille ou
Pagaye.
« Chaque fois (fur Zoé couche ici on
est sCir. le lendemain, de retrouver
le ménage en canelle. »>
DES
— i59 —
ÛÉT
« Mon fils, qui Ta tapé plus souvent
qu'à son tour, assure qu'il laisse
chez loi l'or, Targent, les billets de
banque, des bijoux d'une valeur
énorme, n*in) porte où, en pagaye, »
(SiMo?i BouBftr.)
— METTRE EN DÉSORDIIB les
effets d'un camarade. Faire le
défilage .arg. de Saint-Cyr).
DE88EL\ CRIMIXEL. Marmot,
Môme, Poupard.
— NOURRIR UN DESSEIN CRI-
MINEL. Engraisser, élever ou
emmailloter un marmot, un
môme, un poupard. V. Préparer.
DE88L\ATEUK. Dessinandiir,
— Qui dessiinî de chic. Chi-
queur (arg. des peintres^.
DES8IIVER DE CHIC. Chiquer,
« Grévin ne faisait que chiquer. »
(HtCTUR France.)
— DESSINER SANS
Boudiner.
GRACE.
DE880ULER. D&uver, Délasser.
« Il n'a pas décuvé de la journée. »
DESSUS, prép. Dcssin\ Su, Sus
(comipt.)
« — • Laisse ca dessur la tnble. >
« Su* V tas. »
« Sus son cul. »
DESTITUER. Déyotnmev.
« Timidement, la magistrature lui a
posé cette petite question :
— Mais vous êtes trij^auie?
— C'est bien possible, a répondu
Crispi, mais je suis .uissi ministre.
Si vous ne nie f pas la paix, je
vous dégomme. »
[Le Petit Pioiifiiou.)
DESTITL'TIOX. Dèjummadc ou
Dégommage,
— DESTITUTION EN MASSE.
Lessivage, Lessirc, Netloywje,
« Mais vienne un changeuienl de mi-
nistère, c'est la permutation et
peut-ôtre la dégommade; pauvre
préfet I »
{Le Pilori.)
« Le personnel do l'usine s'était anon-
chali sous Tancienne direction; il fit
un lessivage complet des bureaux. »
« l'n léger nettoyage s'imposait dans
l'administration,' mais non une les-
sive aussi radicale que celle que
vient de décréter l'impétueux snus-
secrétairc d'État. ».
{La \atio».)
DESTHVV.TIOS. Chamhanlcwent.
— DESTRUCTION COMPLÈTE.
Settoyngp.
M Chai|ue bourgade <^tait pillée, puis
incendiée : c'était le nettoyage
complet. "
{Journal tli'8 Voyages.)
DÉTAILLAXT. Camelotier, SoliS'
seur. \. Marchand.
DÉTAILLER. Chercher la petite
bote,
« D'un auteur qui s'occupe trop du
style, de la rondeur et de la cadence
de' ses phrases et néglige les qua-
lités plus solides du fond, c'est-
à-dire «le la pensée, les hommes de
lettre;' disent qu'il cherche la petite
béte. »
DÉTELER. DùshalnUer le gail.
DÉTEATIOX. ballonnement. Ma
ladie. V. Emprisonnement.
DÉTEXU. Malade. V. Prisonnier.
DÉTÉRIORER. Déglinguer, Es-
quinter. V. Abîmer.
DÉTERMINÉ. Kn parlant d'une
personne : Lapin, Lasc(tr, Mec a
la colle forte, Poilu.
DÉTERMINER (SE). Marcher.
'. llsrontteilenienttournéet retnurné,
on lui a si bien doré la pilule (|u'il
a fini par marcher. »
DÉTERRER. Déplanqmr.
DÉT
— 160 —
DEV
M Y a des Mallais qui sont plus vaches
que les youdis. Y en a qui déplan-
quent les macchabées pour leur
grinchir leur liquetle. »
DÉTESTER. Abominer, Antipa-
ther^ A voir dans le blair, dans le
nase, dam le tube, dans le cul y
dans le fignp, dans le prose ^ le tal.
On peut remplacer ces complé-
ments par tout autre ayant la
signification de Derrière ou de
Nez.
DÉTOUR\EMEXT . Grinchage ,
Grinchissage. V. Vol.
DÉTOITRXER. V. Voler.
— DÉTOUBNER UNE MI-
NEUIIB. Souffler une chandelle
d'un rond,
DÉTRESSE. Délasse \ V. Misère.
DÉTROI SSER. V. Dévaliser.
DÉTROUSSEUR. V. Voleur.
DÉTRl IRE. Settoyer, liaseï^ Rin-
cer,
« Il accepta la mission, bien qu^ii eût
la certitude que son escorte et lui
seraient nettoyés au premier enga-
gement, u
'i Sa belle autorité des jours de début
a été promptement i-asée. »
a L'ouragan avait tout rincé : plus
une cabane, plu» un arbre, ricnl »>
DÉTRUIT, liasibus (invar.).
« Après les cinq longes qu'i' v'nait d'
tirer en centrouse, V Fréder ren-
quille au faubourg pour retrouver
son ancienne tôle de la rue Sainte-
Margot ; mais, nib ! aile était rasi-
h us. »>
DETTE. Ardoise, Drapeau^ Pavé,
Queue, Hcgon*, Rosier.
a Là, il avait laissé une ardoise dr
41 marks. »
(GORON.)
« LVquipe, H la fin de la semaine.
Slanta au ^argotier un drapeau
*une centame de francs. »
(Ajiyot.)
« 11 entra dans une taverne que des
pavés personnels m'interdisent de
nommer. »
(ËRKI&T LAJEUlfBStB.)
a Le nombre de poufs qu'il a faits
dans le quartier est incalculable : il
n'y a pas un cafetier où il n'ait
laissé une queue, »
« r n'a planté un rosier que de cin-
quante balles à cause que le gargot
voulait plus y faire à croum. »
— CONTRACTER UNE DETTE
avec la ferme intention de ne
jamais la payer. Pavoiser.
« La vie, à la mer, ne lui coûte pas
cher, il pavoise partout. »
DEUIL (PRENDRE LE). Planter
un navet.
DEUX. Leudé, Leuxdé, Leuxdré.
V. Jargon.
« Leuxdé lézélousoc pour déjeuner,
c'est pas lourd. »
— ENTRE LES DEUX. Entrelardé,
V. Roux.
DEUXIÈME. Le deux, La deux
(arg. des écoliers, du théâtre et
des typographes).
« En place pour le deux] »* (s. -ont.
Acte).
« Vous mettrez cet article en tête de
la deux. » 's.-ent. Page).
tt — Quelle place as-tu au concours?
— Je suis le deux. »
DÉVALISER. Dégringoler, Dé-
piauter ou Dépiotter, Fabriquer,
Lessiver, Mmjuiller, Nettoyer,
Rincer,
« Elle commença la tournée par les
officiers supérieurs, les dépiota
comme des écrevisses jusqu'à leur
dernier sou d'écononncs et, les
huit jours finis, leur tirant sa révé-
rence, s'écria : Vous savez, j'en ai
mon compte. •»
<,Mo«A.)
DÉV
— 161 —
DKV
•« N^allez jamais dans cet inf&me tri-
pot; vous vous feriez lessiver en
cinq secs. »
Cambriolle ta maguili'ras
Par carouble et csquintpment.
{Commandements du voleur.)
» Je n^ai plus le sou, je suis rincé
comme un verre à bière ; ils m'ont
fabriqué dans les grands prix ; ou
ne m'aurait pas mieux dégringolé
dans la plame d'Aubervilliers à
•deux heures du matin. »
— DÉVALISER IJX LOGEME!«T,
UNE BOUTIQUE, etc. Cam-
brioler, Casser les portes ou
simpl. Casser, Faire une con-
disse, une condition, Mettre les
portes en dedans.
.. Le l»"" avril, le matin, je rencontre
des garçons des Halles que j'avais
vu à Sainte-Pélagie, Godard et Dar-
tagnan; le dernier me dit doue :
(I J'aurais besoin d'outil, j'ai une
condition à faire. » Je lui dis : « Je
n'en ai pas, àeulementp'ai un mon-
seigneur que je pourrai te prf'ter. »
Bref, je lui dis : « Je te l'apporterai
à trois heures au café de la bouche-
rie; en même temps, j'irai chez
mon fourgue lui porter ce que
i'ai à la maison. » Donc, à tr(»is
heures, je lui porte ce monseigneur,
et en même temps, j'avais les
affaires en question, la bague, la
tabatière, les boucles d'oreilles, la
montre et l'épingle; nous buvons
ensemble deux ou quatre absinthes
et il m'ennuit tant que je finis par
aller avec lui voir cette fameuse
condition rue Vi vienne.
Nous montons, et moi je frappe
à la porte; personne. Je sonue et
personne ne répond. J'allume, et
mou Dartagnan file le luctrènie
dans la porte ; au im^me moment,
la porte s'ouvre, et une femme
parait et elle gueule à la chienlit. Je
descends quatre à quatre les esca-
liers, et lui aus.->i; il sort dans la
cour, et moi je le suis; mais le
concierge l'arrête. »
{Lettre de Bcauvilliers,)
• Peut-être une bombe à placer ou
une maison à cambrioler, »
(GOKOK.)
DÉVALI8EUR IVIIABITA-
TIONS. Cambri, Cambrioleur^
Casseur de portes ou simpl. Cas-
seur, Fric- frac, Moute-en-l'air.
Nous donnons, au mot Vol et à
ses dérivés, la nomenclature
dos nombreuses catégories de
dévaliseurs.
« C'était la crt'me : rien qu' des
broches et des cambris. Ah ! c'ite
socel »
« Ces associations se donnent pour
but le déménagement des maisons
de campagne, le vol avec effraction
dans les logis inhabités le jour,
dans U'S boutiques inoccupées la
nuit. C'est la secte des cambrio-
leurs. »
• (lUSrAVK GErFKOY.)
« A nous a fait s'couer tous les trois,
mézigo, Mimilc et un fric- frac de
ses amis que j' voyais pour la pre-
mière fois. »
r/est CD dévalifant la case
D'un' gerce, uq' KÏrondc ù rupins,
Ou'ou m'a fait avec Nil) de Nazo,
Ûa monle-^H' l'air do mes copains.
(A. B.)
DEVAXCER. (Supplanter.) Dégo-
ter. Gratter, Griller, Jetei' de la
grille,
« Mais pour les vues d'ensemble, les
intérêts universels, les leçons du
passé et la prescience des recom-
mencements, on ne voit pas qui les
d('gote. >»
(K. Dergbkat.)
« Je comptais bien arriver le premier
dans la tôle, mais Francis m'a
grillé. »
« C'est un panas oui se laisse Jeter
de la grille par n importe qui. >»
DEVANT. V. Monde.
DEVANTURE. Devanterne,
« Aile a une boutanche à la mode, la
mère Tatzy, avec une belle devan-
terne toute bleue, couleur des mi-
reltes à sa môme. »
DÉVERGONDAGE. Gouape, Va-
drouille.
il
DÉV
— 462 —
DIF
• C'est pas malheureux, un garçon
de si bonne famille! donner comme
ça dans la gouape, dans la va-
arouillel »
DÉVERGONDÉ. Gouapeur, Va-
drouilleur. V. Débauché.
— Au féminin, on emploie les
épilhètes qui servent à dé-
signer les filles de bas étage.
V. Prostituée.
DEVIIV. Renifleur.
DEVINER. lieniflcr.
— CIIEIICUER
Haleiner,
A DEVINER.
DÉVISAGER. Allumer, Dèfrimer,
héfrimousser y En frimer, Enfri-
mousser, Pioler, Frimer^ Mordre,
Topiser*, Tuiler (arg. maçonni-
que). V. Regarder.
DÉVOILER. Débiner. V. Dénon-
cer.
DEVOIR, V. hegonseï' \
DÉVORER. Gousser \ V. Manger.
DÉVOT. V. Bigot.
DÉVOYÉ. V. Déclassé.
DIABLE (LE). Le Tlarbet, Le Bou-
langer, Glier*, Glinet*, Gueliel",
Le Mulet, Le Jialouin, Les Béar-
nais, qui appellent le hibou
gahus, ont baptisé le diable :
Gahisto,
— AU DIABLE!
cfi io t tes ! A vx goy ues
pelolea! V. Promener.
A cha'Uloil Aux
! Aux
DIAMANT. Caillou, Diame, Du-
raille, Éclair, Péliilard, Hapc * ou
Râpe d Orient \
« C'est fréquenté par tout c' qu'i' y a
d' rupe : des gonces qu'ont des
cailious à leur liquette et des
ponettes pourries d' diames, »
DIAMANT DE VITRIER-
Casse-vitre, Ldctiard, LdchetoU'
DIARRHÉE. V. Colique.
DICTIONNAIRE. Dico (arg. des
écoles), Musicien.
DIEU. Le Dab, Le Daron des Ba-
rons, Le FranC'Mitou *, Le Grand
iidrre* ou simpl. Le Havre*, Le
Grand Mec, Le Mec des Mecs ou
Meg des Megs, Le Redoutable, Le
Terrible. Les francs-maçons di-
sent L Architecte de l'Univers, Le
Grand ou le Suprême Architecte.
V. Chef.
(i II y a dans chaque groupe prores-
sionnel, dans chaque métier, dans
chaque art, dans chaque vice et
dans chaque criuiinalitc un roi, un
maître, un praticien supérieur à
tous : le meg des megs, comme on
dit dans Targot classique pour
désigner le bon Dieu, le plus malin
des mariolles, puisqu'il a définitive-
ment roulé, jusqu'en enfer, le diable,
qui ne passait poiut précisément
pour un Claude. »
(K. Lkpf.li.rtikr.)
DIFFICILE. Côtelard, Cotonneux,
Uif.
« On voulait y apprendre la musique,
mais a trouvait qu' c'était trop
côtelard \ c'est pourtant pas si di/'
que ça d' gratter du jambonneau. >^
DIFFICULTÉ. Chiendent, Coton^
Dureté, Tirage,
« — Et je dis plus : la banque devait
me rembourser quand m^me, sous-
peine de nuire à son crédit.
— Assez bien raisonné... Après?
— Ilum ! voilà où le chiendent com-
mence; vous allez voir ça. »»
(LeHMINA et LcVKt.tUK.)
« — Vous savez que le pnlron compte
que vous aurez terminé pour sa-
medi.
— Pour samedi? Alors il ne se doute
pas du cotoyi qu'il y a dans ci'
turbin-là. »
<i — Essaye de 1* faire ciacher d'un
ci^ue.
— D'un ciguë, mince de dureté \ V n"
marchera pas. »
DIP
— 163 —
DIS
ise?...
« Elle a fini par consentir, mais il y a
eu du tirage. Elle ne voulait rien
savoir pour te revoir. »
DIFFORME. Mal foutu ou Foutu
comme l'as de pique.
DIXDE, DIIVDOX. Danseur", Jé-
suite *, Ornie de balle, l'iqucnten'c.
DIIVER, subs. Refaite dejorne".
DLXER, V. V. Manger.
DIRE. BoniVy Bannir, Cas!>ery En-
voyer, Sortir, Stafer,
Moi, si r Président d' la R. P.
M'app'lait, pour conjurtir la crise,
Via c' que j' bonirais ù F. P. :
J'r dirais : Veux-tu que j' te di«
Eti ben ! nous somni's dan' un cul-d -sac,
Il est vraiment temps qu'on en sorte...
Aussi, mou vi,>ux, t^i t'as pan 1* trac,
Tu vas fout' la Cnanibre à la porte...
(A. B. Les Souloloqutis d'Honoré Constant.}
« — Qu'est-ce que lu nous casses là?
Tu crois quon coupe dans tes
salades? »
« — T'as pas esgourdé c' qu'i' nous a
envoyé? il nous en a sorti, je n' te
dis qu' ça. »
— DIUE CE QU'ON PENSE, ce
qu'on a sur le cœur. Dédaquer.
DIRECTEUR. Hausse \ Dab, Ba-
ron, Galeux, L'itronpème, Manche,
V. Chef, Patron.
— DIRECTEUR DE PRISON.
Maugrée.
DIRIGER. Méquer.
DISCIPLIXAIRE. V. Soldat.
DISCOURIR. Tenir le crachoir.
Vendre sa salade, Y alUr de son
pallas,
DISCOURS. Bonime, Boniment,
D&indage, Planche, Flambeau,
Laius, Pallas, Vosliche, Postige,
Salade, Speech, Sortie, Vanne.
« On doit tout d' môme rigoler d'en-
tende tous les flanches qu'on débite
à la Chambre. •
« Son pallas ne variait jamais : Viio-
lez-vous, disait-il, vous amuser en-
société? achetez ma poudre; c^est
un secret que m*a légué un de mes-
aïeu.x. »
(Cil. YlBMAlTHS.)
« Leurs vannes ronOants sur la cha-
rité, leurs snlades académiques,.
riiJicules postiches de faux philo-
sophes avides de réclame, vous-
entrent dans l'oreille et parfois
dans le cœur; vous quittez la réu-
nion presque réconfortés; mais, au
logis, la bouri;eoise et les loupiots,
que n'intéressent pas ces flanches à
la manque, vous rappellent &pre-
ment (jue ce n'est p:is d'im speech
qu'où déjeune. »>
— DISCOURS
Mararoni.
FILANDREUX.
DISCRÉDITER. «/V/aT, Dégréner,.
Jardiner. V. Critiqaer, Médire.
DISCRET. Oui ne Couvre pas ou
jamais (s.-eiit. Bouche).
DISCRÉTION. Pénardise.
DISCRÈTEMEAT. A VanglaLse,
En douce. En panard, En sondeur.
« lis sont beaux parleurs, brillants
convives et galants cavaliers ; mais,
quand vient le quart d'heure de
Habelais, ils s'esquiveut à fan-
glai:>e. »
{La Vie Parisvmne.)
Si qu'y r'vienilrait... si qu'y reviendrait
(juéqu jour, coinm' ça. s:ins crier gare,
£n douce, en pénarJ, eu imiriolio.
(JkHA> lUcTUS.)
DISCUSSION. Chichis.
« Sit6t qu'i's jactcnt su' la politique,
c'est des chichis à n'en pus Unir. »
DISCUTER. Blaguer.
« Ils considèrent comme une fonc-
tion naturelle, un devoir presque,
de passer chaque soir trois heures
au même café, le derrière collé sur
la même banquette, et de blnguer
sur des sujets mortellement ra-
sants. »
DIS — Il
DISI'ARAITRE. Couillur, Piler à
l'anglaise. Fondre, Passer à l'as,
au bleu, S'fvanouir, Se sylpkidcT,
■ Facile a l'eDriballaKC, mais Térocot
redoutable quand il lient une série.
Prâcipitaot les coups de pistolet. —
noni de revolver, — puis, le résultnt
obtenu.et c'est touJounuD résultat
tris sérieux, ramassant à |>leines
maina les Jetons, l'or et les tiillets
p^le-niéle dans la grande sébile, il
réalise à la caisse et file à l'aii-
glaùi
■•■)
' Quant à l'amant, il Tut littérale-
ment impossible de savoir ce qu'il
itait devenu : évanoui, tj/lphidi,
DISPARITION. Évimouissement.
1 Quand il se réveilla, ses amis
avaient disparu : ieanoui$K>nenl
complet 1 •
(ta Gt^udrioU.)
DISPENSAIRE. Montielout [se
dit plus spécialement du dispen-
saire uù les lilles soumises pas-
sent la visite sanitaire).
1 Quand les filles vont à Moatretoul.
si elles sont malades, elles sont
retenues et dirigées sur l'iuflrmerie
de Soint-Laiare. <■
(C«. VinmiiH.)
I»ISPENSE. Coadc.
DISPENSÉ. Tire au figne.
DISPENSER. C0(]uer le condé.
DISPOSER. V. Arranger. Pré-
paror.
DISPl'TE. Attravade, Altrapage,
Cliichi, EinfoignaJe, Engutulage,
(inae, Uargoulis, Hiisons, Itoyiie,
Rtighei.
Et k entendre ces jurons rudes de
Tuathurins, ces bouts de chansons
3ui traînent le soir dans tes rues
ilTainêes des ports, ces engueu-
lagei rauques qui se di<<persaient
sous le ciel bleu,... r " —
(Mo...)
■ Un ménage où il y a chaque jour
des raiioiii à propos de tout et de
rien, où la femme fait du rogne &
son homme quand il revient de
maasert ça ne tardera pas à se
décoller. >
(L-Éc^ntmfHi ParUiai.)
DISPUTER. Aubader, Savonner.
— SK DISPUTER. S'attraper,
S'aubailer,S'en!)ueuler,!iepren-
■ Elles se sont atlrapiet en plein
foyer, au nez du réiçisseur. •
\(ChroHiqae IhMIrale.)
• — Quand vous aurez fini de t
— SE DISPUTER CHEZ SOI.
Laver jon linge sale en famille.
— on SK DISPl'TK. Le tOrc/iOn
brûle.
DISSIMULER. V. Feindra.
DISSIPATEUR . Drcheur, Gii-
chew, Mangeur. V. Dépeniiar.
« Sa fortune y a déjn jinssé, la dot
de sa femme suivra U même route ;
c'est un gros man;/eur. m
DISSIPER. (Dépenser.) CUiqiiar,
Oècher, Ëcosser. V. Dépenser,
m II a claqué toute sa galette. »
DISTINCTION. V. Élégance.
DISTINGUÉ. Comif, Comme if,
Commif (cornipl. par apoc. de
DIS
— 165 —
DOM
Comme il faut), Faubourg Saint-
Gei'main , Faub . Saint-Germe ^
Faubourg G«*mam, Régence ^ Select
(anglicisme).
C'est à côté d<>9 forlifs
Oq n'y voit pas d' gens comifs
Cfui sent l' musqué.
(A. B.)
« Il n*cst pas positivement faubourg
Saint-Germain, mais c'est un excel-
lent garçon. »
« Moi, 1* suis pas faub. Saint-Germe
et j' fous mon poing su' la gueule
à celui qui veut s' payer ma poire. >
« Hier, réunion des plus setect chez
la marquise de B.,.en son nouvel
hôtel des Champs-Elysées. »
— TUÉS DISTINGUÉ.
Select^ Ver y selecl.
Ultra
DISTINGUER. Dègoter. V. Aper-
cevoir.
— Dans le sens de Remarquer.
Viser,
H Hier, au Moulin Bouge, j'ai visé
une bergère tout ce qu'il y a de
gandin. Faudra que je me Tappulc. »
DISTRAIRE, avec idée de Ber-
ner. Engourdir j Endormir.
Près d' toi, j' n'ai plus besoin d' bonir;
En deux s'condes faut que j' te dessale,
J' t'en ai conté pour i' engourdir.
\y. i'AlLLETTE.)
M Du temps que la bonne femme Ven-
dormait avec des boniments, le
barbeau faisait sauter la coupe et
lui fusillait son pognon. »
DISTRAIT. Dans la lune, Sorti.
« Tu lui causes ; tu crois qu'il t'écoute ;
je t'en fiche ! il est sorti. »
— ÊTRE DISTRAIT, nannelon-
ner. Piquer l'étrangère.
DIVAGATION. Focardise, Loufo-
quei'ie. V. Aberration.
DIVAGUER. La perdre (s.-ent. La
Boule, la Raison).
« — Moi, me remettre avec Amao-
dine. Mais, mon vieux, tu la perds. »
DIVERTIR. Faire marer ou mar-
rer,
— SE DIVERTIR. lUgoter, Se
marrer. V. S'amuser.
DIVORCE. Dêsentiflage".
DIVORCER. Se déscnti/ter\
DIVULGUER. DMner le flanche
ou le truc,
DIX. Lixdré ou Lidré, V. Jargon.
DOCTEUR. Mire, Sonde. V. Mé-
decin.
DOGUE. Boule. V. Chien.
DOIGT. Apôtre, Fourchette, Mou-
choir ou peigne du père Adam,
Ognelot, Osselet, Ping leur, Sar-
dine. V. Caresse, Coup, OrteiL
— DOIGTS GROS ET COURTS.
fiowiins, Chipolatas.
— DOIGTS LONGS ETMAIGRES.
iSalsifis.
» 11 se mouche avec le mouchoir du
pure Adam. »
DOMESTIQUE. Larbin, Lapin d£
couloir, Torchcpot. V. Serviteur,
Valet.
DOMICILE. V. Chambre, Loge-
ment.
— SA\S DOMICILE. A la cloche.
C'est qu* ça yest! Me y'\\\-z-à la cloche \...
... Ht d'maiii j' rends compte d'mon mandat;
Ben, mon soûlaud. . j' vas rater l' coclie !...
... puiens...j' m"en fo«js. . J'vas chezAmanda,
Moi aussi j profile d' la tn^ve :
Un' dt-ux!... Alions-y, moo colon.
Par le flanc droit !... J' me fous eu grève
Et j'fais mon discours au salon.
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
DOMIXO. (Jeu.) Mathurin plat.
V. Dé.
DOMMAGE. V. Avarie.
DON
— 166 —
DOU
DOVnVER. Abouleff AUongei', Col-
ler, Coquer, Envoyer, Filer, Flan-
quer, Foncer, Fouquer*, Foutre,
Frusquer, Rafiler, Refiler,
Pègre» et barbota, aboules des pépeltes.
Âboulex tous des ronds ou des liquottes.
Dm >rieux grimpa os, brichelon ou arlequins.
{U Cri du Peuple.)
« Il avait promis aux poteaux de leur
allonger à chacun un linve; mais
quand il a fallu aller au r'fil, i's s*
■ont grattés. »
« ils vont faire la queue chez les
ratichons qui leur collent à chacun
un bon de pain. »
Dedpuis qu*a n'a pus ses couleurs,
Personn* ne vient y j'icr des fleurs :
On dit qu'y ont foutu un tertre,
A HÔnlmerlre.
Et si lézig tient à sa boulo,
Fonce ta largue, et qu'elle abonle
Sans limace nous camhrouser.
(J. RiCHBPIN.)
11 ehnntc en comptant la galette
One lui refile sa moitié.
(L. DE Bercy.)
n lui file une tourlousine
Sur le tournant, sans s'égnanler.
ao.)
DORER. Dorancher, Joncher \
Grinchis frusques brodanchés,
Poisse broquants dorancMs.
• {Vmlle choMon argotique.)
IMREUR. Dorancheur,
DORLOTER. Chouter, Mamourer.
V. Cajoler, Caresser.
DORMEUR. Marmotte, Pionceur,
Motq>ill€ur.
« C'est pas un homme, c'est une
marmotte, un roupilleur comme il
B*y en a pas. »
« — lié, là I le pioncew\ quand vous
aurez fini de ronfler! »
DORMIR. Casser sa canne ou son
pif. Faire un ou son michaud,
Pioneer, Piquer un ou son chien,
un somme, une romance. Réciter
la prière de Saint-Lâche, Ripiou-
ter^ Roufionner, Roupiller, Schlof-
fer. Se payer ou s'offrir un coup
ou unepartie de traversin. Souffler
sur ses clairs. Taper de VœiL
H — J'ai un sommeil!... Je ne sais ce
que je donnerais pour pioncer seu-
lement un petit moment.
— Eh bien, pîoncel »
(J. Marki.)
Nous piquons des somm's franco-russes
Et nous disons merde aux bourgeois.
(P. Paillette.)
Aa lieu d' descendre et d* turbiner
A pass' son temps à roufionner.
'< Et moi qui veille pendant que toute
ma ménagerie roupille, moi qui ne
sais souvent pas la veille au soir
comment je nourrirai, le lendemain,
mes chevaux, mes botes et mes
gens... »
(Michel Paovixs.)
« Pendant que le mari et les gosses
tapent de l'œil, la pauvre fenmie
tire Taiguille. »
— FEINDRE DE DORMIR. Pion-
eer, ronfler à cri ou en gen-
dai*me.
— DORMIR EN MARCHANT.
Sorguer à la paire. V. Coucher.
— DORMIR EN PLEIN AIR.
Faire le ou son lézard, Manger
la ou une soupe à l'herbe,
Prendre un bain de lézard.
DOS. Andosse ou mieux Endosse
ou les endosses., Humilié, Rdpe
(corruption de Bàble).
« Quand aile a chanté, j'ai eu un
frisson qui m'a choppé toute la
tronche et qui m'a descendu V long
des endosses que j'en vo\'nis pus
t • ar *
clair. »
« r s'est collé l'armoire su' 1* râpe et
il l'a montée jusqu'à la carrée. »
DOUANIER. Ca^u/a(Qu'astu-Ià?),
Gabelou, Requin ou Rat d'eau,
DOUBLE. Froc \
DOUBLÉ. (Bijouterie.) Moche, Toc.
DOU
— 167 —
DUP
DOUCEMEiXT. A la douce, A la
papa, C ho nia, Chouya-chouya, En
douce, En pénard. En sondeur. En
tirlife, Piane-piane,
«« C'est embêtant de marcher ainsi à
la douce. EnÛn, nous v'ià arrivés. »
((jUBO.I.)
• Toujours quelque rclanlataire se
présentait, enjambait le banc et
creusait tant bien ({ue mal son
Irou entre deux corps, quitte à sou-
lever autour de soi des protesta-
tions féroces :
— Ah! ben non, en voilà assez I
— Chouynl chouyal
— Enlevez-le! »
^(î. Col'RrSI.IMI.)
DOUTE, (rourance,
« — Quoi qu'y a?... Francis ta fait
une vacherie... T'avais donc pas la
gow'once que ça t'arriv'rait un jour
ou l'aute? »
DOUTER. Se gourer.
« Tu devais bien te gourer qu'il ne
rappliquerait pas par ce temps-là. o
— JE DOUTE de ce que tu
avances. Que tu dis !
• — Il doit gagner cinq cents francs
par mois.
— Que lu dis! >»
DOUX. Tractis \
DOUZAI^'E. Année, Menée \
DRAGOX. Citrouillard, V. Soldat.
DRAGUE. Marie-Salope.
« La Seine fait vivre bien d'autres
Sens encore que les marins d'eau
ouce. Ce sont les lessiveuses qui
battent à coups redoublés le linge,
que Teau gonfle. Ce sont les rava-
geurs de la Seine, ces chiffonniers
du fleuve qui butinent sur les dé-
bris tirés de la vase. Ce sont les
dragueurs et leurs bruyantes ma-
chines qui nettoient le fond, ramas-
sent la boue et que le peuple
surnomme des marie-salope. »
(Paol Alexis.)
DRAME. Mélo (Apoc. de Mélo-
drame}.
« Mélo, c'est un mélo, un mélodrame
pour de bon, soigneusement cui-
siné. »»
[\{, BAUEfl.)
DRAP DE LIT. Cimetv^re ou hos-
pice des Enfants perdus, Drapeau,
Empaffe, Empave, Liman*, Lin-
ceul\ Torchon.
« Ça rappelait la cité Jeannc-d'Arc
avec la piauléc de mioches bnrbot-
tant comme des cannrds dans un
ruisseau puant, les drapeaux pleins
de pisse et de mouscaille séchant
aux fenêtres sans rideaux... »
« — Tut' figures-t-y que j' vas chana-
tiquor mes em}KifJ'es à chaque fois
qu' j'amène une poule? Allons,
colle ta bidoche dnns V torchm, et
boucle-la un peu. »
DROITE (A). Vane (mot conven-
tionnel en usage rlioz les bon-
iietciirs).
DROLE, adj. Chnmpctre, Champi-
gnol, Rigottillard. V. Amasant.
DROLE, subs. Fripouillard, Gala*
piat. V. Canaille.
DROLESSE. Grenouille, Morue,
Tortue. V. Prostitaée.
DUEL. Déjeuner à la fourchette.
(Ne se dit que du duel à Tarme
blanche.)
— OBLIGER QUELQU'U.X \ UN
DUEL. Le mener pisser.
DUPE. Arvé, Bige\ Digeois\ Bi-
geot *, Bœuf.Bon, Bonard, Caillou,
Cave, Cliem, Daim, Dindon, Far-
fouillard. Girondin, Gogo, Goujon,
Long *, Messière *, Méziùre, Michet,
Mikel, Monsieur le Bon, Save,
Navet, Navrillard, Navrille, Na-
vriot. Panais, Pante, Pantrc, Pi-
geon, Poire, Poireau, Ponte, Sinve,
Vert, et tous autres termes si
gniliant Béte, Naïf.
J'en ai soupe du p'iit voyage ;
J'y Tas encore «l'mon lin*é«
J'Huis Monaieur l'bon, A/onsiew Cave,.,
C'est moi qui paume à chaqu' trflyage.
(A. B.)
DUP
— 168 —
DUP
Quand la marmite allô est su' 1' tai«
C'est pour son marlou qu'a trimarde :
Qu'a soy' lirond'géme ou toquarde.
Faut qii' aile étrenne ou gare aui las ;
Et dame ! a choisit pas sa gueule...
Quand mêm* qu'il aurait uo bubon...
L' premier qui veut quand aile est meule...
C'est Monsieur V bon.
(ID.)
«t Dès que j'aperçois une bonne poire^
un individu qui m'a l'air d'être un
gogo, jMcoute soigneusement la
destination pour laquelle il prend
8on billet. »
(GOBON.)
« Les camelots sont là, étudiant les
acheteurs et guettant l'occasion de
faire un caillou, Uu caillou^ c'est un
naïf qui se décide à pousser son
f^rix et se voit aussitôt adjuger
'objet. »
(COFFIUNO:*.}
u — Je suis de Tautre bateau, je ne
suis pas un navet^ une poire et je
ne veux pas être arrangé, même par
les grandes idées. »
(P. Failletti.)
« 11 y a un mot terrible, l'excuse du
corrompu qui court Tusine, qu'on
échauffe dans les tripots, qui monte
dans les mansardes et qui pétrifie
les cœurs : c'est assez faire le panle,
rimbécile, le souffre-douleur, le
forçat! Jouissons! «
(K. CuAUTiftRI.)
Grftce au ciel ! De Venise on règle les aiïaircs.
Bt, naturellement, le Français est le btruf.
(J. RiCHÀBD.)
Le chifn, la maîtresse ctl'amaat
S'en vont tons 'es troi^èrement
Et haut le ventre,
A la conquôte de celui
Qui sera ce soir le mari.
Disons le pantre.
{Chanson du Père Lunette,)
— DUPE QU'ON BERNE CONS-
TAMMENT. Bon jusqu*au tro-
gnon.
»» — Tu le feras couper dans tout ce
que tu voudras : il est bon jusqu'au
trognon, »
DUPÉ. Baise, Chocolat^ Dans le dos,
le lac, le seau ou siau^De larevue.
« QuU* proute ou qu'i* chambarde tout
r fourbi, r peupe, i' s'ra toujours
chocolat, »
« — Ne t'enGle jamais dans cette-
combinaison-Ià; tu serais dans le
seau, »
« — Et ton affaire avec Flamboteau?^
— Il m*a fichu dedans, je suis de la"
revue. »
DUPER Arrangcmann (invar.)^
A franger, Argoter"^ A voir, Baiser,
Beffler, Carotter, tarer. Dindon-
ner. Empaler, Empiler, Enfiler,
Enfoncei\ Estamper, Goujonner ^
Jobarder, Le mettre à, Lever, Pi-
geonner, Roustir,
« Avec ces gas-Ià, on est toujours
arràng'mann; s'i's n' vous ont pas
d'entrée, i's vous baisent un jour ou
l'autre. »
(( Il est vrai que ce partisan dévoué
du bonheur du peuple avait corn*
mencé par estamper ses cama-
rades. »
(GOBON.)
« Là, ils ne tardèrent pas à apprendre
que le camarade qui avait joué le
personnage de \idocq Venfuncé
était Vidocq Yen fonceur, i»
(Ed. Mabio kt L. Launay.)
Les gasi v'ià Bibi Chopin,
Dont qu' ma Trangine est 1' pépia!
Ya pas d' pétard qu'on VempiU.
(Hioi CHori?!.)
L'électeur e<t bizarre
Et do plus en plus rare,
Môssieu le député!
On peut bien /e lui mettre.
Mais non le lui remettre.
Voilà lu vérité.
(Raocl Pokcuu^.)
DUPERIE. Carotte, Empilage,
Enfilage, Estampage, Estampe,
Roustissure. V. Tromperie.
DUPEUR. Arrangeur, Beffeur,
Beffleur, Carottier, Empileur, En-
fileur. Estampeur, Roustisseur,
Tombeur.
— En parlant des personnes
Vache. V. iotoritairc, Mé-
chant.
DL'RETË. Fig. Vacherie.
DYNAUITE. La bavarde.
t
•»^-
p
<•
EAV.Agoua,Agotil',Anee',Anse',
j; AnUelle, raltifia oii tirop ite bar-
_ bWon, de goujon, de grenouille.
Souillon, Bouillon de canard, Clid-
leau-la- Pompe, Flotte, Goua, Jus,
Lagout', Lance, Lancequine, Liins-
gue,Laiisiiuine,Limonmle,Litartie,
Plaie, Pousse-Moulm, Sirop île pt'
rapluie. Voie, Vasineltc, ^'allare.
l'aniselle de tarbillon. i
■ pu» de goua daoB n
UiDi r boailUn.
« — y nvnit de» moraquim'onlsçpe-
tée puur un roiirbï, t\\i"\\a disaient
que c'éltiit un velours.-. ¥ s'agis-
snit lie i^lUaer un uincchaMe au Til
(le In hiiisqar. On devait avoir l'«ir
de Taire tratii|uillemeol la noce- Je
(LoLiii MicHii..]
" — Qu'eat-ceque jevaisfaire avecun
enrani et un pnquel. dana Auteuîl,
par une pluie pareilleî
— Olif pour un peu de lansguine...
Vous tondre/ pas, niiez! "
(J. U.R-.j
■ J'en mouille pas pour la limonade\...
EAU
— 172 —
TAU
mettre du sirop de parapluie dans
ma bleue, pourTablmer? Jamais! »
« J'avais projeté d'organiser un char-
aquarium avec de l'eau; oui! du
sirop (V grenouilles pour de bon. »>
(TnOBLOT.)
Après ramoor, Irë» dêcemniCDl,
J^nelloi' FéiU dans d* la wallaee.
(P. Faillbttb.)
AU! ben, nom de Dieu ! Mine' d'occase !
Four piquer dans 1' jus de c' Icmps-ci,
Faut aimer s'enfîler d' la vase !
(Blédort.)
— BOIIiE DE L'EAU. Grenouiller^
EAU-DE-VIE. Camphre, Casse-
gueule. Casse -poitrine, Chien ou
Sacré-chien, Chnick, Consolation,
Cric, Crick, Crik, Crique, Dur,
EuU'd'af, d'affon d'affe, Élixir de
hussard. Fil, Fil-en-quatre, Paf,
Paff, Pétrole, Poivre, Possédé*,
liaide, Rude, Schnaps, Schnick,
Train\THpoli, Victoire*, Vitriol.
« La vieille assurait qu'elle mourrait
le jour où elle serait privée de son
verre de camphre quotidien. »
K Cette boutique est meublée de deux
comptoirs en étain où se débitent
du vin, de l'eau-de-vie et toute
cette innombrable famille d'abru-
tissants que le peuple a nommés,
dans son énergique langage, du
Casse-poitrine. »
(Privât d Anglemont )
« Vous nous râperez le gosier avec
le trois-six et le sacré-chien dans
toute sa pureté. »
(TllÉUPHII.E Gal'tisr.)
« Bon, il entre dans le débit de con-
sotationl »
(K. Sue.)
« Elle, l'ancienne reine du Vieux-
Ch(^ne, boire des douceurs I Pour
aui la prenait-on? C'est du vitriol,
u pétrole^ du poivre qu'il lui fallait.
Ah! nom de D..., on n'était plus
jeune, c'était vrai, mais n'empAcnait
qu'on en pinçait pour le raitle et
qu'un bon coup de aur faisait encore
plaisir. »>
Du r'garJ y fascine un' pantome;
Dommage qu'y iich' par trop d'eau (Ta/f.
Et quand y rapplique à la turne
Y soit les trois quarls du temps pafT.
(A. GiLL.)
— Sans Tou» commander, nol* Toisin,
l.àcliez-nous, s'il vous plaft, chopine
Ht paf ^ en magnièr' deau divine...
(J. Vad*.)
a Quand elle rentra au lo^s, elle
tenait à peine sur ses quilles. Sa
mère, éberluée, l'apostropha :
« Comment, salope, est-il Dieu
possible ! Tu as donc liché? Tu a»
donc bu du pafft »
[Let Joyeusetés du régiment.)
« Le « petit sou » est, à Rouen, la
consommation que l'on nomme
dans le Nord la bistouille et qui se
compose d'eau de marc de café addi-
tionnée d'un ou deux centilitres de
fit. .►
(H. Bard«.)
^ Allons, Auguste, un petit verre de
fil-en-quatre, histoire de se velouter
et de se rebomber le torse. »
(Th. Gautirr.)
« Et, mon Dieu, le schnnps de l'ou-
vrier n'est guère plus pernicieux
que la fine du coulissier; celui-ci
peut se priver ou payer cher, sans
mconvénient, son alcool, tandis
qu'à celui-là le verre de schnick du
matin est presque nécessaire par
les jours débrouillard et de froid. •>
{Le Cri du Peuple.)
« — As- tu soif? Un coup de tripoli,
dit le lancier. *>
(G. d'EsparrIcs.)
— EAU-DE-VIE
Blanche.
BLAXCHB.
« Il n'y avait pas à tortiller I Et je
dus me résoudre, comme les
« anciens », à m'ingurgiter mon
quart de blanche. »
— EAU-DE-VIE JAUNE. Jaune
(des deux genres).
Lapin Blanc, que me vpux-tu?
Avec ton jaune et ton camphre
Tu déranges ma vertu.
{Le iMpin Blanc.)
— EAU-DE-VIE SUPÊRIEURK.
Fine.
EAU
— 173 —
ÉBA
Poorva qa'un cœur batt* sous la Ycste,
Je donne à tous fine et vin blanc
Et même i l'occasion le reste.
{La Cantinière du iO:)
— EAU-DK-VIK TRÈS INFÉ-
RIEURE. Coco, HiquiquL
C'est pas du cric qu*r nous donne
là! C'est du coco, du riquiquil »
— EAU-DE-VIE DE COGNAC.
Cogne (apoc), Cogneji (s'em-
ploient, par extension, pour
toutes les eaux-de-vie).
— EAU-DE-VIE
Calvados.
DE CIDRE.
% Et maintenant, ils entouraient la
vieille de soins; ils lui faisaient
boire des remèdes. Kicn n'était
assez bon : le pot-au-feu, le calva-
dos à rasades I «
(HotiCES Li Roui.;
— VERRE D'KAU-DE-VIK.
Avoine, Lampion ', Lavement au
we/re pilé.
M 11 rt-^gala le brigadier d'une avoine
à la cantine et lui promit de lui
rapporter un paquet de tabac d'of-
ficier. M
•< On y servait encore l'alcool dans
ce» verres sans pied, rendus inver-
sables par l'épaisseur et le poids
du fona, et que les vieux poivrots
appelaient des lampions*. »
« Chaque matin, avant de monter à
cheval, nous nous flanquions un
fort lavement au verre pilé pour
nous donner de l'assiette. »
{Les Joyeuse té s du régiment.)
— PETIT VERRE D'EAU-DE-
VIE A 10^ Veilleuse.
— Viens-tu
veilleuse 'f »
au bar éteindre une
— CANON D'EAU-DE-VIE. Poli-
chinelle '.
— PETITE QUANTITÉ D'EAU-
DE-VIE après le cîife. lia/llure.
Rincette, lUncinelle, liinçon-
netle, Surrincelte.
Toujours après son café, le capi-
taine se versait la rincetle et la
surrincelte. »
{Le Petit Parisien.)
« Allons, marne Michu, une petite
rinçonnettef Ça fera descendre
votre café. »
— MÉLANGE D'EAU-DE-VIE
ET DE CAFÉ. Uistouille, Cham-
poreau.
« Il faut ajouter que le champoreau
tel que le prennent actuellement
les soldats et les colons d'Afrique
n'pst pas le m«*>me que celui de
l'officier qui lui donna son nom et
où l'eau-de-vie étîiit remplacée par
l'absinthe. »
(ilicToa Kha>cb.)
— KOI RE DE L'EAU-DE-VIE.
.Se camplircr, Schniker.
« La vieille se cantphrait dès l'aurore
et, ({uand arrivait huit heures du
matin, elle était ivre à rouler. >*
(E. Dout's.)
'< — Encore de Veau d'afl tu penses
donc qu'à schmkcr'^ »
— BUVEUR DEAU-DE-VIE.
Camphrier, Schnikeur.
a — Ta mère est à la broche, le
diable la retourne : entends-tu,
vieux camphrier, avec ta voix
enrhumée. »
[Xouveau Catéchisme poissard.)
a Le père Chopin était un vieux
schnikeur, il avait un faible pour la
blanche. »
— SATURÉ D'EAU-DE-VIE.
Camphré.
'» Dis donc, avec ton f^'osier camphré^
tu fais bien des embarras! »»
{îVouvcau Catéchisme poissard. )
— DÉBIT D'EAU-DE-VIE. Cam-
phrier.
Le camphrier est un sale débit de
liqueurs atroces. »
(Ca6TILIX)I(.)
ÉBAHI, ÉBAUBI. Abafuinté,.\ba-
lobéf Baba (invar.), Babahissant.
'( Quand la boune femme lui a fichu
son sac, il s'y attendait si peu qu'il
en est resté aba/ointé. »
H Quel potin ! j'en suis encore tout
1 abalobél *>
ÉBÉ
— 174 —
Écn
a Vous m'objecterez que ce serait la
première fois, depuis vingt ans,
quils s'occuperaient sérieusement
au pauvre monde et que nous en
resterions tous baba. »
(Fhamçois Cuppéb.)
— ÊTRE ÊBA11I ou ÉBAUBI.
En baver. En roter ^ En être ou
en rester oaba^ blfu^ mort^ occis,
tuéj de dUàj d'ià, comme une
tourte^ comme une tomate^ N''en
pas revenir. V. Ahuri.
n V soir, Julot y a dit qu' Méloche
avait fait patatro. Il en bavait^
Mimile, i^ saignait. »
« Ah I on n^a pas eu besoin de dégar-
nir le salon pour m'opérer. Il l'a
été, dégarni ! Les aides du chirur-
gien en étaient bleus, paratt-il... »
(J. Marni.)
...César est occ/xquandj' raisTcoup dTablution
En sortant d' cuire aux aromatos.
(I*. l'jllU.ETTI.)
pn m'avait dit que Taméla
Était plutôt légiTiiient plate ;
Maii quand j' la ws, j'en restai d' là,
Comme un' tomate.
ÉBÉXISTE. Pot-à'Colle.
a On ne peut plus blesser les menui-
siers qu'en leur donnant le sobri-
quet de pot'à'Colie. »
(H. Ilozi.)
ÉBLOUIR. Faire à Vinflaence.
« A veut nous faire à Vinfluence avec
son doulosse à panache et ses
diames plein les pognes. »
— ÊTRE ÉBLOUI. N*y plus voir
que dalle, que gnienle, que peau,
que pouic (indistinct.).
ÉBLOl ISSAXT. V. Beau.
ÉBRIÉTÉ. V. Ivresse.
ÉGALER. Ècafotcr, Écafouillev
(formes patoises du verbe Ecafer) .
ÉCARTER. Fig. Balancer, Balans-
tiquer, Envoyer au 6ai/i, ci Darhe,
à dingue, aux p lûtes, à la balan-
çoire. Envoyer baigner ou chier^
etc. V. Promener.
— ÉCARTER LES JAMBES.
Ginguer,
— S^ÉCARTER. Donner à gauche,
ECCLÉSIASTIQUE, subs. Rati-
chon. V. Prêtre.
ÉCHAFAUD. Abbaye de Monte-à-
Regret. V. Guillotine.
ÉCHAFAUDAGE. Casse-gueule.
« Il avait soupe d' grimper su' des
cass' -gueules pour servir les li-
pettes. »
ÉCIIAXGE au.\ilns d'escroquerie.
Foulainte* .
ÉCIIAXGER. Biguer.
ÉCHAPPER. S'6s6t(;ner, Se trotter.
V. S'enfuir.
ÉCHARDE. Êcharpe (corrupt.).
rf 11 s'est enfoncé une écharpe sou»
Tongle, c'est très dangereux. »
ÉCHARPE. SouS'Ventriére.
« On cst-y pus unrida pa'c' qu'un
gonce qu'a eune sous-ventrière tri-
colore vous aura boni des trucs à
la noix dont (|u'i' s' fout comme de
sa première liquette ? >»
— PERSONNE PORTANT UNE
ÉCHARPE. Écharpé.
ÉCHAUFFOURÉE. V. Bagarre.
ÉCHEC. Bouchon, Blackboulage,
Bûche, Gamelle, Savel, Pelle, Pipe,
Pipette, Piquette, Sauvelte, Tape,
Vf?s/e.S'emploienlordinairoment.
comme régime des verbes Pren-
dre, Ramasser el Uemporler.
c — T'as déjà ramassé un bouchon
avec la Sardine et tu r'bilT à y faire
du plat?... C'est la bûche, que j' te
dis, c'est la bùchtl »
« l's s'avaient dit que V gas s'rait
bon : i'sl' prenaient pour un liallot;
mais il l'avait pas putôl ouverte
qu'il a fallu qu'i's ren^'racient. l's
ont tous pris la. piquette. »
ÉCH
— 175 —
ECO
« Procureurs, instructeurs, Chambre
des luises en accusation, l^cxcelient
M. Aleyer, Texcellent M. Le Poitte-
TÎn, ont ramassé ce que M. de
Lamoignon n'aurait pas dénommé
tapes — quoique c'en soient pour-
tant dfr belles. »
(SivbRINR.)
« Il se préseuta à Tcxamen, certain
d'avance qu*il allait au-devant d'un
àiackbovlage, »
Ta t'ofTrir, chausiettc inlldùle.
A Titiue comme ù DMi'Ie !
Sera-ce un »uccôs? une pelle'!
(P. l'AlIXtrTb.,
tt — N'essaie pas de ferrer du côte de
la Margot, t'es sûr d'avance de
prendre la pipe. ^
« 11 a voulu y faire avec le grand
Nénesse, mais l'autre l'a enluré
d'entrée. Tu penses, c'était couru :
avec un gonce comme <;ui-ia, i'
d'vait ramasser la sauvette. >»
ÉCHELLE. Banéc, Eacahriinfe,
Lhe-pieds, Montante, Pasie-van-
tcnie,
« — On ne pourra pas grimper sur
le faite sans montante^ dit le com-
pagnon. »
ÉCHINE. Mbe, Ilâpe. V. Dos.
ÉCHLXER (S'). S'esquinter.
« A quoi qu' ça sert de s'esquinter
pour des gonces qui s' payent vol'
poire? ■>
ÉCUOrEEt. Ramosaer ou prendre
un bouchon y etc. V. Échec.
ÉCLABOUSSER. Entbou^caillcr,
Emmouni'aiUcr.
•c II avait été en bécane par ce temps-
là? Hen, il devait rien «Hrc embous-
caillé, »
ÉCLAIRER. luer\
ÉCLAT. Pétard, Raffut. V. Scan-
dale.
— FAinE L'X feCLAT. Mettre les
pieds dans le plat.
ÉCOLE, hahui, Bazar, Boite.
«J'ai gardé bien des souvenirs du
bahntf quelques-uns agréables et
joyeux... »
(llrcTon Fbanci.)
« On distribue la p&tce intellectuelle
sans s'inquiéter de ceux qui la di-
gèrent, avec le seul désir d'amener
le plus grand nombre de gavés h.
décrocher la prime, c'est-à-dire le
diplôme, l'estampille officielle mise
sur tous ces produits de bazarl »•
(MiCIU.L PboVIIIS.;
«« — (l'est la fin des vacances, il va
falloir rentrer à la hotte. »
— f:<:oLE cKlXTRalu des ArU
et manufactures. Centrale.
•1 Les éK'Vcs de Centrale donneront
cette année leur revue au théâtre
Beaumarchais. »
(^i7 Btaii.)
— ÉCOLK POLYTKCIIXIQUK.
Pipa, X.
« L'nr^'ot d..* Pipo a été Imité d'une
façon très consciencieuse pai
M.M. Albert Lévy et (i. Pinet dans
leur étude : l'Ar^uot tie VX. »
•: Itrvue hiUingraphiqtip.)
— ÉCOLK SPÉCIALK MILI-
TAI KK de Saint-Cyr. Bahut
spécial^ La Corniche.
— ÉCOLK MIMTAinK DAP-
PLICATIOX do Fontaine-
bleau. Bleau (aphérèsei.
— ÉCOLK MILITAI KM de L.i
Fléi:hc. Hrutium.
n Je n'ai pas revu le Urutium depuis
ma sortie... On n'y condamne plus
un bataillon entier au pi<|uet en
des matint^cs glacées d'hiver. -
(IbcTuH Fha.^ck.)
— ÉCOLE KAVALK. Bordache.
— ÉCOLE PRÉPARATOIRE AV
BXCAlMsWntXT. Bachot, Boite
à bachot.
— ÉCOLE PRÉPARATOIRE
AUX ÉCOLES SPÉCIALES.
Tnupinù}re.
ÉCOLIER. Bahiitien, Potnrhe, Po-
tachien, V. Collégien, Élève.
ECO
— 176 —
ÉGR
ÉCONDUIRE. y. Chasser, Pro-
mener.
ÉCONOME. Épargneur,
« C^est pas un avare, mais c^est on
épargneur qui met tout son pognon
à la carre. >»
ÉCONOMIE. Bas de laine, Cave,
Careitej Carre.
« Le malheur c'est que le Panama a
surtout ruiné la petite épargne,
englouti une grande partie des
économies du petit commerce et
dévoré le bas de laine de nombre
de modestes cultivateurs. »>
{La Nation.)
M Un coup qu'il a été chipé, il a bou-
lotte toute sa carre avec la grande
Agathe. »
^ FAIRE DES ÉCONOMIES.
Faire sa care^ sa carelle^ Mettre
à gauche. Mettre à la care.
<t Avec tout Taubert qu'il pouvait
mettre à gauche, V s'rait aujord*hui
tout c* qu*i' y a d' gandin. »
ÉCORCHER. Dépiauter.
« Il ne faut pas qu'il fasse le malin,
on le dépiautera comme un lapin. »
ÉCOT. Fade.
« On irait tous ensemble à la rigo-
lade, mais on raquerait chacun
son fade. »
— PAYER CHACUN SON ÉCOT.
Faire une anglaise, Fader, Fat-
inucher.
*i On décida de faire une anglaise
pour payer à déjeuner au cama-
rade; de cette façon, la collectivité
du secours en réduirait à rien le
sacrifice. »
{Le Mot d'ordre.)
« Et celui-ci, gouailla brusquement
Demi-Siphon en me désignant du
doicl, fade-t'ïl avec nous? >»
'^ (R. Maubboy.)
« — Tu falmuches avec nous pour un
kil? »
ÉCOULEMENT. Dégoulinage.
« Par les nuits de mauvais temps, il
fallait tendre des loques au-dessus
du lit afin de s'abriter contre le
dégoulinage des eaux de pluie. •
ÉCOUTER. Esgourder, hocher.
Piger, Se débrider Vesgourde ou
les loches, les cliquettes.
« — Ton conférencier, i' s'y connaît,
r va comme ça, en pénard, sans
s'cousse, comme chez lui, et on
esgourde quand m^me. »
« — Qu*est-c' c[u'i' s' passe dans la
tôle au Frisé? Loche un peu,
Mélie. w
o — Débride tes cliquettes, v'ià la
musique qui commence. »
« — Pigez-moï ce vstcarme de per-
ruchêd ; on se croirait chez Mme de
Perdriavet. w
{iUkV LORBAIK.)
ÉCRASER. Écafouiller, Ècarbouil-
1er, Écrabouiller, Escacher ou
Écacher, Escarbouiller, Escra--
touiller, Patafioler.
Mais i' çliss' su' 1' sol mouillé,
Cahin, caha
Hu' diu ! Hop là !
Mais i* gliss' su' 1' sol mouillé.
Crac ! il est escrabouilfé.
(L. Xaioiof.)
RoD, moi, j* veux qu' Satan m' patafiole
Si, dans ces discours empruntés,
On'a un mot qu'a l'air d'un traité.
Aussi, j' crois Den qu'on s' foui d* ma fiole.
(Jbhà.*« Kictds.)
— ÉCRASER AVEC LES PIEDS.
Piler.
Et dans Fdris f;;orgé d' troupiers
— Où faut ben que j'mèn' ma vadrouille —
Gn'aura bcn vingt mciUons d' petsouillM
Qui viendront m' ;>i7tfr les doigts d' pieds.
(Id.)
ÉCREVISSE CUITE. Cardinale.
ÉCRIRE. Brodancher, Broder, Ca-
pir*, Graillonner, Griffer, Parler
papier, Triturer.
« — Ça peut pas être moi qu'aie fait
ce bilTeton-là, dit-il au substitut.
Je ne sais pas broder, »
&CR
— 177 —
ÉCR
Si tu ea/ns* uae luagne,
Brodanche en jars pour que le gas
Qui les déboucle à la canipagae,
En la frimant, n'entrare pas.
« C*est lui qui parie papiei' pour moi
à mon oncle. »
(ViDOCii.)
« — Triture un bilTton à ta dochc
pour la sonner d'une thune ou
deux. ■
— Dans largot des gens de
lettres. Pisser de la copie y
Pondre y Torcher.
« Et dire qu'il y en a parmi nous nui
86 résignent à pisser par jour clcà
cinq cents lignes de copie pour
arriver à se sustenter ! »
(DOBUS.)
m Vne de ces dames, qui vient de ter-
miner son article, exécute une rou-
lade retentissante. — Cette chère
amie est comme les poules, fait
remarquer une rédactrice : elle
chante quand elle a pondu. »
(JoirtviLLE.)
« Et Ton fait des matchs littéraires :
par exemple, à qui torchera le plus
vite un sonnet iuipeccible. »
{Les ï'-z-Arts.)
— ÉCRIRE UNE LETTRE. Da-
billarder.
« — Si tu habUlardes au frangiu,
dis-y bonjour pour toute la tierce. »
ÉCRITOIKE. Copine \
ÉCRITURE. Broilage ou Brodan-
chage. Cape *, Charihataye,
m Quelle tronche qu'il aurait faite en
dégottflint mon charibolage, »
(0. Mftrib«iBB.)
— ÉCRITURE SECRÈTE. Bro-
dage à Vestorgue ou à V estoc, La
cryptographie est fort en usage
dans le monde des malfaiteurs ;
ils emploient, comme les diplo-
mates, le « chiffre », la «grille »
et les o signes ». Le brodage à
festorgue se fait donc de mille
et mille façons. L'une des plus
simples et qui otl're les plus
nombreuses combinaisons est
celle dont nous donnons ici ia
clé. On trace d'abord un X puis
deux lignes horizontales cou-
pées de deux perpendiculaires;
on obtient ainsi 13 cases dans
lesquelles Talphabet est disposé
alors, suivant des conveutions
spéciales, deux lettres par deux
lettres qui prennent dans l'é-
criture secrt'te la forme de la
case qui les renferme. Selon
que cela aura été convenu, on
mettra un point ou un acceut
sur Tune des deux lettres, soit
celle de droite ou celle de
^'auche. Prenons la clé suivante
en arrêtant (]ue la lettre de
gauche sera surmontée d'un
point :
KO
CP
m
(;t
IIU
IV
KX
LY
MZ
Si avec cette clé, ou toute autre
analogue, on emploie l'argot
jargonné selon les règles du lar-
gonji, le secret devient triple-
ment impénétrable. Exemple :
« Donne-moi quarante francs »
se dira en argot : File-moi deux
ciguf's; en largonji : Lilfème
loimir leudé ligcé (V. Jargon);
ce qui donnera en cryptogra-
phie :
ne nor > nj e feu
Le correspondant emploie pour
ce genre d'écriture le papier
quadrillé qui lui facilite l'exé-
cution.
— EMPLOYÉ AUX ÉCRI-
TURES. Escrime (arg. mili-
taire).
ÉCRIVAIX. Dabillardeur, Brodan-
cheiir^ DrodeWy Buveur ou chieur
d'encre^ Cnpon*, Capou", FafiO'
leur, GraffignouXy Griffcur,
(1 II était ancien maître d'école ; et i'
s'avait mis brodeur pour les bou«
12
ÉCR
— ns —
EFF
niches et les lolos qu'avaient à ba-
billarder dans leur pat'lin. »
Ce que les Lenavet, les Panadard et
les Petdeioup fournissent annuelle-
ment à la société de bureaucrates,
de nullités, de Meurs d'encre,
comme on dit au régiment, de
déclassés, de gens propres à tout,
c'est-à-dire bons à rien, est incal-
culaî)le. »
(HxcTOK Francb.)
— ÉCRIVAIN PUBLIC en
échope. Brodancheur ou bro-
deur en cage.
— ÉCRIVAIN JOURNALISTE,
HOMME DE LETTRES. Gen-
delettrCf Pisseur de copie,
H Nous assistons depuis 1810 à ce
spectacle bizarre et facétieux d'une
Assemblée formée d'une élite litté-
raire où Ton veut bien s'avouer
avocat, professeur, gradé de docto-
rat et le reste, excepté littérateur ;
ou, tranchons le mot : gendeleltie. »
(Ê. Bebgerat.)
— ÉCRIVAIN BANAL, OU sans
talent. Clickeur^ Pompier,
ÉCROUELLES. Bonbons anglais
ou fondants f bonbons à liqueurs
ou siinpi. Bonbons, Dragées ^ Fon-
dants,
• C'est comme ce truc qu'on dit qu'
les rois guérissaient les bonbons à
liqueurs; lu crois-l-y que j' coupe? »
ECU. Escale, Chatte \ Grain\ Rou-
gesme*f Rusquin*,
n — J*ai raqué mon duc une escale et
c'est pas chérot. »
— QUART D'ECU. Caste de char-
rue*.
ÉCUELLE. CroUe \ Crone \ Crosle*,
Saliveryne *, Saliveme *.
ÉCUELLÉE. Crottée % Cronée\
ÉCURIE. Gailtoteri€y Gayotene ou
Gaitlonnerie.
ÉDREDON. Douillet.
« — Voyez-vous ce monsieur, disait-
elle moqueuse; il lui faut des
couettes et un douillet ; boutez-lui
aussi une bassinoire, parbleu ! et il
ne cherchera plus femme pour
chauffer sa couche en hiver. »
EFFACER. En parlant des traces
d'un vol : Brûler te péyriot.
EFFÉMIXÉ. Chochotte, Peaufin,
Peau fine,
EFFET à payer. Papier à douleur,
— FAIRE DE L'EFFET. Avoir
du Jus, Faire ou Jeter de l'ai-
mant,
— EFFETS. FringueSj Frusques,
V. Vêtement.
EFFLAIVQUÉ. Désossé, t^auve-la-
graisse, V. Maigre.
EFFONDREMENT. V. Débâcle.
EFFORT. Coup de cul.
« — Allons, du nerf! encore un coup
d* cul et nous y s'rons. »
— FAIRE UN EFFORT. Souquer
(arg. des marins).
« — Allez, hol souquons ferme, les
gas I La terre est proche. »
— On dit d'un ivrogne qui
tente en vain de se lever,
qu'il Fait un appel du cul,
« Il fit trois appels du cul et, déses-
péré, retomba sur sa chaise en
disant au cafetier : a Donnoz-moi
encore une chartreuse,... j'atten-
drai. »
EFFRACTION. Cassage, Esguin-
tement. Fric-frac, V. Vol, Voler,
Volenr.
EFFRAYER. Coquer, donner ou
foutre le flubard, leftube, la frousse,
te taf, le trac, ta trouille^ etc.
V. Peur.
EFFRONTÉ. Entrant \
EFFRONTÉMENT. A la tête du
camp ou simpl. A ta tête.
BFF
— 179 —
ÉGR
« Sans 8*égnauler, V mec, i' vous sort
ça â ia léU; tant pire pour causses
qu*est pas contents. »
EFFRONTERIE. Culot. V. Au-
dace.
• — Alors vous prétendez interdire
aux gens de transporter certains
colis, vousl Eh bien, vous ne man-
quez pas de culol par exemple ! »
((}. AUBIOL.)
ÉGAL, de même valeur, de même
qualité. Ki/, Kif-kif, V. Analogue.
— ÇA M'RST ÉGAL. Ça m'est
équiangie, équidislani^ équila-
téraly équipoUent^ Ça m'est in-
férieur. Ça mUndiffère, Je m'en
fou*^ Je m'en tamponne ou l'e
m'en bats l'œil, le coquillard, les
flancs, f orbite.
« Nièce ou cousine ou sœur, comme
vous voudrez l'inlerpeller, ça m'est
iquilatéml... Du moment que la
particulière du curé n'est pas née
Dative de la région administrée par
voire serviteur, nous nous en bat-
tons l'œil, militairement parlant. »
(Hbctob Franck.)
Critiquez, ne criliquez p»«...
Pourvu qu'il Tas^e son alTaîre
Et qu'à l'heure il ait «teii repas.
Le reste ici-bas Vindi/fère.
(Bbiollrt.)
J* mijot* dans mon inHilTt'rence :
Dites noir, dites rouiçe ou blanc.
Moi, je n'dis rien — c'est bien plus franc; —
Cries : Vît' le Roi! Vir' la France!
Vir' la Prus«o! Engueulez- vous tous...
J'm'en fout !
(P. Paii-litte.)
ÉGARER. Involontairement :
Paumer,\, Perdre.
-t La môme chiallait comme une
wallace d'avoir paumé son mor-
lingue. »
— Volontairement
V. Abandonner.
Semer.
Comme les gonzesses commençaient
à nous courir, on a pris par des
rues qu'a connaissaient pas et on
les a s'mées en fsant Tadja dar-
dare. »
ÉGAYER. Faire boyauter, qondoleVy
rigoler, tordre, etc. V. S'amuser.
— s'ÊGAYEa par
S'émérillonner.
la boisson.
ÉGLISE. Antaffe, Anti/fc, Antifflc,
Antenne, Cavée*, Chique", En-
taffe, Enti/fe, Entiffle, Entonne,
Petit bocson. Priante, Ratiche,
Rampante,
Au matin, quand nous nous IcTons,
J'ainiR la croûte <ic parfond,
Daus les autonnes trimardons
Ou au crcui du cns pâlichons !
'./tonde argotique.)
« Si tous les curés s' mctt' à dériper,
faudra boucler les priantes. »
'< La gueuse ne quittait pas le petit
bocson. Matin, soir, on la voyait se
pâmer devant les autels, jy;uignant
de Tœil le curé et ses vicaires. •
{Le» Propos du Commandeur .)
— «K\S I^ÉGLISB. Vermine
cV an tonne.
ÉGOÏSME. Taupaye\
ÉGOÏSTE. Tatipier\
ÉGORGER. Faire un oolback. Faire
au kik ou au kiki. Faire le coup
du cornet, V. Gorge.
«« Et, comme la viocjue poussait d'
riiarmone, le Maflot l a faite au
kiki. •»
M L'assassin avait fait ce qu'on
appelle le coup du cornet. Il avait
égorgé les trois femmes avec une
science de boucher. »
(Gomo!<.)
ÉGOUT. Forêt de Mont-Rubin \
ÉGOUTIERS (LES), La (/rosse
cavalerie.
ÉGRATlGiXER. Graffigner (argot
des enfants, passé aujourd'hui
dans la langue), Grigner.
— S'ÊGRATIGNER. Se chaffou-
rer.
ÉGRATIGNURE. Gngne.
ÉGR
— 180 —
ÉLÉ
« Elle s'est mise en race et lui a fait
des grignes plein la ugure. >•
ÉGRILLARD. Corsé.
« — Vous avez vu la revue des Varié-
tés : elle est corsée^ hein? m
ÉLÉGAIVCE. Chien, Copurchisme,
Jus, PschiUierxe, Smart, Vlan,
Zinc,
a Les gommeux anglais vont adopter
le bracelet. Ce sera bientôt le der-
nier cri du copurchismt, »
{La Nation.)
« Voici, d'après un confrère, gi*and
docteur es pschutterie, de quelle
manière un homme à la mode doit
être vêtu en Tan de gr&ce 84 .... >•
(Albxanbbk Hepp.)
c( Une toilette pourrie de zinc et per-
sillée de chien. »
(Aa Vie Parisienne.)
« Si tu voyais ma nouvelle conquête;
elle vous a un 71/sI Toilette épatante,
chapeau épatarouflant signé Virotl
Du dernier vlan, quoi ! *
Sors-tu des créatures
Dans de belles voitures
D'un iMart élincelant?
C'est que tu as des reDles
En tous cas apparentes,
Ou, que tu fais semblant...
(Rauol ro>CBO.>.}
ÉLÉGANT, adj. Ah, Bécarre, Chic,
Fadard*, Fiscal*, Flambard',
Galbenx, Gandin, ilurf, Juteux,
Pschutt, Smart, Smartcux, Smar-
tif, Snob, Urf, Vlan, X. V. Beau.
« — Tes rien hurf aujourd'hui, tu
vas donc à la noce? »
y suis Juteux, irrésistible !
P\us Juteux n'est pus possible.
« Ils trouvent, ces jeunes gens, qu'il
est autrement pschutt d'aller pren-
dre des glaces chez Latinville ou
chez Gagé, jd
Su' r boulvard
Ils vont d'un pns flt'marJ
Et trouvent ça très $mart.
{lé. DB Bergt.)
« On donne aujourd'hui la poignée
de main en élevant le coude à hau-
teur de l'épaule ; et l'on assure que*
c'est très smartif, »
Si tu veuB, prenons un fiacre
Vert comme un chant de hautbois.
Nous ferons le simulacre
Des gens urf qui vont au Bois.
(Laubb.tt Tailuade.)
« — Vous savez bien, mon cher, qu'if
n'y a plus que les commis qui por-
tent le plastron empesé. Adoptez,
donc la chemise molle ; c'est plus
vlan et plus pratique. »
— Les Saints-Cyriens disent
Bahuté,
— Subs. Les termes pour dési-
gner les Élégants changent
avec la mode. Nous les men-
tionnons ici à titre de curio-
sité, en les plaçant dans leur
ordre chronologique ; Petit
maître. Muguet, Houé, Mer-
veilleux, Muscadin, Incroya-
ble, Mirli/lor, Agréable, Lion,
Lionceau, Luisant, Daim y
Pommadin, Fionneur, Fleur
des pois, Gant-jaune, Gandin,
Cocodès, Col-cassé, Plastron-
neur, Crevé, Petit crevé. Pois-
seux, Gâteux, Gluant, Hui-
leux, Psitt, Gommeux, Aminci,
Boudiné, Petit Gras, Petit
rerni, Vibrion, Grelotteux,
Pur, Copwchic, Ah, Ha, Bé-
carre, Genreux, Gilet à cœur.
Vlan, Tchink, Tchock, Fin de
siècle, Pin de globe, Gratiné,
Pschutteux, Snob, Juteux,
Smart, Smarteux, La fenime
élégante, du monde de la
galanterie, est appelée suc-
cessivement : Petite maî-
tresse, MeiTeilleuse, Mtisca-
dine, Lionne, Biche, Cocotte,
Cocodette, Crevette, Poisseuse,
Huileuse, Gommeuse, Gen-
reuse, Pschutteuse, Juteuse,.
SmartcuscQlSnobinette. Cette
dernière expression désigne
également les précieuses de
nos jours.
ÉLÉ
— 481 --
ÉLÉ
Jeune, he^n^petU-maUre, il court de fleurs en
Prenant et quittantles plus belles, [fleurs
(La Fomtaimk.)
"He voodriex-TOUs point, dis-je. sur ces matières
4)e vos jeunes mugtiets m'iuspirer les manières?
(MoLitHR.)
'< Les muscadins ont étr remplacés
par les incroyables, (l'était particu-
lièrement à eux que les anarchistes
révolutionnaires avaient déclaré
une guerre d'extermination. Par-
lait-on sans jurer, sans faire de
solécismes, ou était un muscadin.
Les femmes étaient aussi appelées
muscadines lorsqu'elles ne sentaient
paj l'ail ou l'eau-de-vie. »>
(BtSCHIliKIXS.)
« Ces favoris de la mode appelés
roués 80U8 la Régence, merveilleux
sous Louis XV, mirliflores sous
Louis XVI, incroyables sous le Di-
rectoire, agréables sous l'Empire,
étaient-ils inférieurs aux lions de
nos jours? »
(SOPHIK ClAY.)
•« Jetez ces anges sur le bitume à la
merci des pommadins, »
(MiCHU.)
« Le fionneur possc^de une glace,
huile antique, pommade du lion et
cire a moustaches. »
(BiRTAl.L.)
« Jadis, on l'avait surnommé Fleur-
deS'Pois^ parce qu'il était dans sa
mise et son allure d'une recherche
et d'une prétention qui tiraient les
regards. »
(MONTÉCIT.)
«« Les cocodi^s et les pelits crevés de
l'époque, successeurs des lions, des
daims et des yanU-j aunes, qui re-
présentaient alors la classe des élé-
gants, n'étaient que d'atlreux hons-
nommes étiolés. »
(0. UzAJJNK.)
« Le cocodès app.irut sur l'asphalte
Sarisien ver» 18(13... Le pelil crevé
ate de 18C9;... il ])ortait la raie au
milieu et deux petites co((ues pla-
quées au cosmétique sur le front.
Le gommeux est, prétend-on, l'an-
cien petit crevé (|ui obséda tellement
'ses amis du récit de ses campagnes
que ceux-ci le comparèrent à la
gomme qui colle et dont on ne
peut se dépêtrer... Le poisseux a
vécu ce que vivent les roses. Puis,
comme en souvenir de la guerre,
il avait conservé la capote militaire,
qui sur son dos civil paraissait un
vêtement d'hôpital, il devint : le
gâteux.... Tout à coup, la chrysa-
lide sort de son cocon g&teux et
apparaît le boudiné emprisonné
dans des vêtements trop étroits,
trop courts et atteignant les der-
nières limites du collant... Une
variété de boudin, peut-être de
seconde qualité, reçoit un nom par-
ticulier : le petit gras, auquel suc-
céda le vibrion, qui s'etfaça à son
tour devant le greloUeux. »
(I^ Courrier de Vaugelat.)
Le curé, solide gaillard et superbe
luron, tentait fort les filles du vil-
lage et, certes, pour les bonnes
bouches et surtout pour la grosse
cousine, il valent mieux que le
mièvre col-cassé. »
(Les Propos du Commandeur.)
Vous ignorez complètement que de
ne pas mettre de pardessus cons-
titue actuellement ce que nous
appelons être pur. »
{LÉcéiirmrnt.)
Le bal des canotiers de Bougival
promet d'être très brillant ce soir,
car une bande de copurc/tics doit
l'envahir, en compagnie de quelques-
horizontales haut cotées. »
(G il Blas.)
Il dépassait le but, devenant frin-
gant et coquet, abusant outrageu-
sement des cosmétiques et des coups
de fer au chapeau et à la mous-
tache. innovant des cravates inouïes,
bouleversant l'armoire aux che-
mises et s'intitulant boudiné et fin
de siècle. »
(M ABC Aifrussi.)
Ils savent que, dans ce décor pour
attirer les snobs, ils trouveront
aussi des compagnons. »
(GtSlAVK (iFFFftOY.)
Le fils d'un membre de 1 Institut,
malin, rusé, cotillonneur, smart,
légionnaire depuis six mois, et
s'cnnuyant ^ pivoter sur la même
place d'armes entre quatre nègres-
SLÉ
— 182 —
ÉLÈ
ses et deux badauds espagnols,
entre à rinfirmerief les yeux « ïaits »
et le teint vert-pomme. »
(G. D'EsPAIIDftt.)
« Je vis entrer un long et maigre
jeune homme dans un complet
demi-saison, étriqué de la poitrine
et des flancs, portant la savate
anglaise pointue grossièrement ver-
nie, adoptée par nos pschutteux
et qui semblait plus longue en-
core en sortant du pantalon très
court taillé en fourreau de para-
pluie... : en un mot le type rêvé
par la gommeuse. »
(U Voltaire.)
» A côté de lui, Amaur^ représente
un pschutteux du dernier vlan^ tout
ce qu'il y a de plus ah ! »
{Le Figaro.)
« — A propos, chère madame, vous
savez c[u'on ne dit plus pschutt^ ni
v/an, ni ahl... on dit tchink, »
(0. FlVlLLBT.)
« La cocodette est le type féminin du
second Empire comme la merveil-
leuse le fut du Directoire et la
lionne de la monarchie de Juillet. »
(LoRtoAN Lahchiy.)
« Cocotte ce n'est pas mal, mais
chanteuse c'est mieux, n'est-ce
pas? M
(ToMPon.)
•« Les biches pullulent sur les trot-
toirs des grandes villes. »
(D* GKtooinE.)
— L'élégant en tenue de cé-
rémonie se nomme Habit
ou Habit noir; en demi-cé-
rémonie, ce n'est plus qu'un
Smoking.
« Casino de Paris, dans une loge,
trois habits noirs ; ils causent. »
(Raitif de la Bbetonke.)
« Venaient ensuite quelques habils
de Londres, boutonnières fleuries
d'orchidées, faces soigneusement
rasées, aux gras cheveux fluides et
aux raies impeccables. »
(Jf.a> fjOKiiAm.)
« Deux smokings fleuris d'œillets
blancs les accompagnent. »
(iD.)
— Le monde élégant est ap-
Selé Crème f Flan y Gomme ^
laute gomme^ Gratin, High
life. Monde chic. Monde sélect^
PoissCf Pschutt, Vlan; ceux
qui le composent sont du
Dernier bateau, du Dernier
en, de la Deimière sirène.
a Ce n'étaient que boulevardiers en
habit noir, cravate blanche, fleur À
la boutonnière; une fois par se-
maine tenait là ses assises le cAtc,
le copurchic, le gratin^ le vlan, le
flan. »
{Le Journal.)
« L'automobile est comme une rou-
lotte de high life et nous voici, nous
aussi, devenus des nomades. »
(J. Clabstib.)
a Et Raimond, quel entrain, quelle
jeunesse! 11 figure le chauffeur
d'automobiles dernière sirène. »>
(Akleqcih.)
« Former des jeunes filles suffisam-
ment instruites, mais moins sa-
vantes que sensées, de goûts simples
et de mœurs irréprochables; ne
recruter ces enfants que dans des
familles honnêtes, bourgeoises, si
l'on veut, d'antiques préjugés, igno-
rant le pschutt, le vlan, la gomme,
la poisse, le bécarre... »
(Albiht ClM.)
ÉLÈVE. Bahutien, Potache, Pota-
chien. On orthographiait autre-
fois Po^à-cAlen^
— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE VÉTÉ-
RINAIRE D'ALFORT. Êcor-
cheur.
— ÉLÈVE DES ÉCOLES CHRÉ-
TIENNES. Coin, Coinc.
— ÉLÈVE DES ÉCOLES LAÏ-
QUES. Laie,
— ÉLÈVE DE PHILOSOPHIE.
Philo.
— ÉLÈVE DE RHÉTORIQUE.
Rhélo.
— ÉLÈVE l>E MATHÉMA-
TIQUES SPÉCIALES. Taupin.
ÉLÈ
— 183 —
ÉLft
« Le simple tattpint le candidat qui
■e présente à la colle d'admission à
rÉcole Polytechnique, possède déjà
des connaissances supérieures. »
(Là BiooLUtii.)
— ÉLÈVE QUI VA DE COLLÈGE
EN COLLÈGE. Bahuteur.
« Le capitaine, plutôt que de mettre
Edouard à La Flèche, avait cédé
aux prières de la mère et fait de cet
enfant, déjà paresseux, un ba/niietir
Î[ui changeait de pension chaque
ois que le régiment changeait de
garnison. »
(G. lIsiIBBaT.)
— ANCIENS ÉLÈVES D UNE
MÊME INSTITUTION. Laba-
dens. V. Camarade.
— ÉLÈVE DU PRYTANÉE DE
LA FLÈCHE. Brulium.
— ÉLÈVE ASPIRANT A SAINT-
CYR. Cornichon, Volait te.
— ÉLÈVE DE SAINT-CYR.
Cyrard,
— De première année. Meton,
Conscrit^ Petit Co,
— Cavalier. Fine basane.
— De seconde année. Ancien.
— Non gradé. Fine galette.
— Élève étranger. Crocodile,
« Connaissez-vous une spirituelle ca-
ricature de Draner, dans laquelle
un saint-cyrien imberbe, un vrai
meion, murmure mélancolique-
ment, en cirant ses bottes maculées
de boue :
— Avoir cent mille livres de rentes,
descendre des croisades et cirer
ses bottes ! Enfm, papa m'a dit :
Noblesse oblige! »
(RlMi Ma|Z£ROY.)
Faoatisex à l'eicreice
DeTtnt l'ancien qui vous instruit,
Sans quoi la salle de police.
Melon», vous attend cette nuit.
( Vieille chaiison de Saint-Cyr.)
« L*an prochain nous désirons re-
nouer des relations avec les élèves
officiers des grandes écoles, les invi-
ter à ces réunions, fonder un groupe
d'.VetungroupedeCyra»v/5... »
(Carli Hokderir.)
« Et, lorsque je prends l'aigle, moi
le culot du régiment, qui n'ai pas
trois poils de moustache, qui porte
encore mon pantalon à bande bleue
de fine galette^ je me sens ragail-
lardi comme si je venais de boire
quelque longue lampée de vieille
eau-de-vie. »
(R. Maubeoy.)
« Dans son étroite cellule du vieil
« Ours » (le Saint- Cyr, Tissac se
morfondait... Tous les petits cot
étaient partis depuis quinze jours,
et lui restait là, seul, prisonnier. »
{V. Dacbe.)
— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE POLY-
TECHNI(^UE. Pi>0, X.
— De première année. Cocon,
Conscrardj Conscrit.
— De seconde année. Ancien.
— Gradé. Crotal.
— Étranger externe. Constante,
« Il avait vraiment belle allure sous
son chapeau de pipo llambant neuf,
notre jeune cocon. «
{Le Gauloin.)
« Pourtant un noyau considérable
demeura à Paris. Autour de quel-
aues anciens X s'étaient groupés
es étudiants et des séminaristes. »
(Cable Kordereh.)
« Le conscrard ne devient conscrit
qu'après avoir subi les épreuves de
1 absorption, du babutage, suivant
l'expression moderne, après avoir
passé devant la commiss, et avoir
entendu la lecture de sa cote sur
l'estrade le jour de la séance des
cotes. Jusque-là, il a été absorbé,
babuté, basculé, eu un mot brimé
par les anciens. »
(Albiiit LicvY et G. Pinet.)
« L'administration a conservé aux
crotaux le titre de chefs de salle;
c'est à eux qu'elle s'adresse lors-
qu'elle a des communications géné-
rales à faire aux élèves. »
(lo.)
:ËLÉ
-- 184 —
ËLË
« Par extension, on donne le nom de
constante & relève qui fréquente
une autre salle que la sienne. »
— ÉLÈVE DE l/ÉCOLE CEN-
TRALE des Arts et manufac-
tures. Central.
— De première année. Bizuth.
— De seconde année. Carré.
— De troisième année. Cube.
— De dernière année. Bicarré^
Archicube,
« Dans la salle se pressaient les
parents, les amis et les professeurs
des centraux venus avec la ferme
intention d^applaudir — enfin sur
leurvraie scène — les jeunes cubes
en activité. »
{La Nation.)
— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NOR-
MALE. Normalien.
— De seconde année. Cube.
— De dernière année. Archicube,
— Premier de section. Cacique.
H Ce que mon archicube Francisque
Sarcey nous disait et nous dit
encore depuis trois mois, c'est ceci :
aue les précautions imposées aux
irecteurs de théâtre pour préve-
nir les incendies no sont qu'une
plaisanterie énorme... »
(J. MoNTkT.)
•• C'était le temps où Tnine était un
cacique, c'est à-dire le premier de
sa section à l'Écule norumle. »•
(D'Al'DK.ICB.)
— ÉLÈVE lŒ L'ÉCOLE DE
CHIRURGIE 3I1LITAIRE.
Toubid,
— De première année. Embryon,
Fœtus.
« Sur le couvre-pied du lit conjugal,
bien en vue avec son galon doré et
. son velours grenat, se trouvait le
képi d'un élève du Val-de-Grùce.
M. G... vit dans ce couvre-chef
ce qu'il fallait y voir : la présence
chez lui d'un toubid dont les consul-
tations, si elles étaient agréables à
sa femme, ne pouvaient être que
désastreuses pour son honneur,
à lui. M
{Le Journal.)
— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NA-
VALE. Flottard.
— Du vaisseau école. Bordache.
— De première année. Fistaille^
Fistot.
n Le plus illustre des antiques flot-
taras est l'amiral Courbet. »
(A. Lévv cl G. Pi.MT.)
« Telles sont les gaietés du bord qui
n'empêchent pas nos fistots de ae-
venir plus tard de brillants et
savants officiers de marine. »
(HccTOR Fraikb.)
«( Le « Borda », d'où le surnom bor-
dache donné aux élèves de l'École
Navale, est un ancien vaisseau de
ligne hors de service. »
(lo.)
— ÉLÈVE DE L'ÉCOLE FORES-
TIÈRE de Nancy. Fagot.
a Chaque année, le lundi de Pâques,
les A' reçoivent les fagots^ alors à
Paris, dans un restaurant du bou-
levard. En février, les A' sont reçus
à Nancy. «
(A. LtvT el G. PixcT.)
~ ÉLÈVE DU COLLÈGE
SAINTE-BARBE. Barbiste.
— ÉLÈVE DU LYCÉE SAINT-
LOUIS. Ludoviciste.
— ÉLÈVE DES RR. PP. Afoi-
nillon, Postard. Cette dernière
expression s'applique plus spé-
cialement aux élèves des Jé-
suites de la rue Lhomond,
autrefois rue des Postes.
— ÉLÈVE CAPORAL, ÉLÈVE
BRIGADIER. Èlète cahot,
É/ève martyr.
— Les Élèves de province por-
tent ordinairement le nom
des habitants de la ville où
est située leur école : ceux
de Saumur s'appellent les
Saumurais ; ceux de Chûlons,
les Chalonnais; ceux de TÉ-
ÉLE
— 185 —
EMB
cole militaire de Saint-
Maixent, les Maxentais, etc.»
etc. V. École.
ÉLEVÉ (BIEX). Commif. V. Dis-
tingné.
— MAL tLEVii.lHgnouf. V. Gros-
sier.
ELLE. A, Al, Aile, Sézière, Sézig,
Séziyo, Sézigue, Sczinyardy Son
ynasae, son gnère, son (jniasse, son
gnière, son nière, son orgue, sa
poire.
Cij? Pas la pein' dVr *\ fçironde !
Alori), la doch'. tu la Kob' fias?
Faut qu'a/' torior. Nib' daus 1* caban.
Oui qu'a ma.syé pou' t' foui' au monde?
(J. UlOHKPIN.)
Ma ini»toon\ c'est pas ua outil
Qu'en nifit i la car' pour son gnère ;
CVst gaudin. aimabe, et goutil :
Aile est fixé' su' la magnoro
Dont que j' veux qu' sézig fass' son truc.
Et qu'a plumn avec un joueur d orgue
Ou oen qu'a .«'envoyé un grand duc
A oonserv' que làp' pour son orgw.
(L. Di Hkbcy.)
ÉLOGE. Pommade,
H Je me méfie toujours d'uu type qui
me passe de la pommade sans me
connaître. »
— ÉLOGE MALADROIT. Pavé.
• On appelle réclame pavé un éloge
ridicule ins<:''ré dans un journal
par un ami maladroit ou par un
nabile ennemi, (|ui attire l'attoa-
tionsur vous en vous assommant. »
(lUcruii FH.v^o^:.)
ÉLOIGXER (S). V. S'en aller.
ÉLOQUENCE. Jactance, Jaspin.
J'ai bien qii^qu' part un camcriuche
Qu'est dab dans la lagistrurmuclie,
Son jaspin esbioqu' l«'s badauds.
(J. HiciitirN.)
ÉLOQUEXT. Qui a de la jactance,
du jaspin,
ÉLUDEU. V. Éviter.
ÉM AILLÉ. Persillé*.
EMBALLAGE. Enflaquage. V. Sac.
EMBALLER. Emhuluchonner, En-
/laquer. V. Boutique.
«• — Allons, ho! emhaluchonne tout
le saint-frusquin et détalons... »
EMBALLEUR. Boumn (jeu de
mot).
EMBARCATION. Flottante. V.
Bateau.
EMBARRAS. Avaro, Cambouis,
Chantier *, Mélasse, Pétrin.
— Dans le sens de Pédanterie.
Crânage, Cniwdtage, Cros-
sage, Crosse, Crossou.
— FAlIiK DES EMBAURAS.
Crâner, Crdnotter^ Croire que
c'est arrivé, Crosser, Épater ou
vouloir épatt*r le monde, Es-
brouffer. Faire de Vaimant^ du
ou des chichis, des emballes, de
Vépate, de Vesbrouffe, du foin,
dg r huile, des magnes, de la
mousse, du pallas, de ia pose ou
Le faire à la pose. Faire du suif,
du tralala, du vent, du zeph.
Faire sa chicorée, sa gueule, sa
merde, sa poire, sa poussière,
sa soupière. Jeter de Paimant,
Plastronner, Pn Uriner, Ponti-
fier. Se cnler. Se gober. S'ima-
giner (iroir chié la colonne,
Cobélisque, la tour Eiffel, etc..
Se pousser du col, Se rencarrer.
« — Vous, par exemple, hé! là-bas.
ma grosse boulotte, qu'on dirait un
pot à tabac, pourquoi faire des
magnes, vous quï'tes loin d'ùtre
jolie, jolie"? »
(ThI'BLOT.)
un autre eût fait sa poief,
Maislui,d.'iri><sa grandeur, sut ro*»Jer p<^n(^reu\.
(!'. pAILLfclTK.)
Ça s'en fout.,, cl ra fnit un foin !.. •
l.pux gnu/(»''8's iiushi fait su m^rde ,
Ab ! •*■ j'en t'nat:< oun' dan' un coin!...
Ma go<.«.e, à moi, c'est cuo' girondc,
Mais a crdn jias coinm* ces feniin*:«-là,
D'aillcur», faut qna p.irle a tout l* ni«»nde
l'isnue c'est 1' métier qui veu» ça.
(A. B.)
Tu fais ta pvire et Ja Sopbie
l'as-*' que l'es quasi un D'mi-liuieu.
(JrnAN KtCTLS.)
BMB
— 186 —
BMB
Non, mais, pig -moi ça!... C'est creTant!...
Ça fait d' la mouss\ ca fait du vent !...
(L. Di Bbbcy.)
— FAISEUR D'EMBARRAS. Crâ-
neur, Grosseur, Crosson (des
deux genres), Êpateur, Esbrouf-
feur, Poseur,
— ÊTRE DAIVS L'EMBARRAS.
Etre dans la merde, dans la
mouise, dans la mousse, etc.
V. Misère.
— SE TIRER D'EMBARRAS.
Se désenflaquer, Se démerder,
« — Laissez-le faire, il se démerdera
bien tout seul. »
EM BARRAS8AXT. V.Ennayeux,
Importan.
EMBARRASSÉ. Escareur \
EMBARRASSER. Coller ou Col-
ler sous bande f Emberlificoter,
Emberlucoquer ou Emberluer ,
Embistrouiller, Enchariboter.
c Oh I il est dur à vivre, ce siècle,
très dur, mais qu'il est clair, ou du
moins qu'il le serait, sMl ne s'em-
barrassait point encore dans la
marche de quelques anciens prin-
cipes retardataires où Tâme de la
race s' emberlificote \ »
(E. BtRCEBAT.)
« La politique, c*est tout le contraire
du socialisme : c'est Tart d^embis-
trouiller le populo. »
{Le Pare Peinard.)
— S'EMBARRASSER DE. S'em-
plâtrer.
« — J' comprends pas qu^on s'em-
plâtre d'un gonce aussi nave
que ça! »
— S*EMBARRASSER DANS.
S'empierger, S'empiergeonner .
V. S'empôtrer.
EMBAUCHER. Embarquer, En-
cailler, Engrainer.
« Plus moyen d^eng ailler, d'embar-
quer une bergère, plus de place
pour un Chopin. »
(Jear LoanAiR.)
« V'ià maintenant qu'on Vengraine
dans la soce à l'Amiral, une tierce
qui boulonne que dans V dur; y
aura du gauche un jour pour son
orgue. »
EMBAUMER un cadavre. Ganna-
liser,
EMBELLIR. Arnaquer, Camoufler ^
Maquiller, Recamoufler.
« L' matin, quand a sort du plume,
aile est putôt moche; mais, la
sorgue, quand qu'aile est arnaquée^
a la donne encore assez bien. »
« A passe des plombes et des plombe»
à s' camoufler la gueule. »
« — Maman, maquillée, est encore
renversante, vous savez. »
(J. Màm^
« Quand il est sorti de centrouse, il
était un peu déplumé. H avait
besoin de se recamoufler un peu
pour se représenter dans le trèpe
des caves. »
EMBÊTANT. V Ennayonx.
EMBÊTEMENT. Emmerdement^
Emmomcaillement, V. Ennai.
EMBÊTER. V. Ennayer, Impor-
tuner.
EMBRASSADE. Bécotage, Béco^
tement, Fricassée de museau, Li-
chage ou sucage de fiole, de gueule^
de pCche, de pomme, de poire, de-
trogne, de trognon,
« C'en a été une séance de bécotage-
quand aile a r'trouvéson Alfred! »
« — Du reste, après toutes les /W-
cassées de museau que tu as échan-
gées ce soir, dans les coulisses, je
ne tiens pas à retrouver dans ta
barbe l'odeur du maquillage de ces.
demoiselles. »
(J. Makki.)
« A la gare, ça a été un suçage de
trognons à n'en plus finir; si le
train n'était pas arrivé, ils y se-
raient encore. •
EMB
EMBRASSER. Bécoter ou Bécot-
ter, Biger, Biseï*, Franchir*, Li-
cAai7/er, Licher, Licher, sucer ou
téter le citron, la couenne, la
couetche, la morve, le morviau,
la pèche, la pomme, la poire^ la
tarte, la trogne, le trognon, Mon-
ter \
Petit botsu
Noir et torla,
Qui me bécoUes...
De me baiser finires-tu ?
(DKIlAK'ibH.)
« — Et TOUS, la maigrichonne, si je
TOUS pige encore avec lui à vous
téter ta pêche derrière les portants,
je vous colle cent sous d amende,
fit le régisseur furieux. Vous feriez
mieux d'apprendre votre rôle plu-
tôt que de vous faire lichailler du
matin au soir. »
m Quand sa mère l'a revue, ce qu'elles
se sont sucé la pomme, c'est rien
de le direl >»
(LSBMIXA et LivtQUB.)
~ S'EMBRASSER SUR LA
BOUCHE. Se filer ou se passer
des langues, des saucisses, Se
faire des langues fourrées
(obscène).
EMBRASSEUR. Bécoteur, Bécot-
teur, Lécheur, Licheiir.
EMBROUILLER. Emberlificote^' ,
Embistrouiller, V. Embarrasser.
ÉMERVEILLER. V. Étonner.
EMMÉNAGER. Empiauler, Em-
pioler, Entanler, Entôler.
« En empiaulant, j'ai bien vu à la
?;ueule de la concierge que nous ne
erions pas des p'iits dans la taule. »
« Quand la dabe a entaulé dans sa
nouvelle condition, a fallu qu'où
passe r pajot par la fenc^tre. »
EMMERDER. Enflaquer, Emmous-
cailler^ Emmoutarder.
« Ahl il est prop\ ton lardon, avec
ses drapeaux tout enfiaqués; il em-
mouscaïUe tout, c^ merdcux-là! >»
— i87 — EMP
ÉMOTION. Èmôs$e, Mousse.
«11 ne se fait pas de mousse ; il va
son petit bonhomme de chemin,,
sans émôsse. *>
ÉMOUVANT. Empoignant,
« Et c'est à peine si les « corridas
de muerte »> sont pour ces blasés
des spectacles suffisamment empoi-
gnants. »
{U Volonté.)
ÉMOUVOIR. Chiper, Chopper,
Empoigner.
« Moi, quand que j' vas à la tape, à
l'Ambigu, j' suis chipé d'entrée. *»
«f Hé bien! pour cuirassé qu^on soit,
ces scènes-là vous empoignent. »»
(J. LAifDIll.)
— NE S'ÉMOUVOIR DE RIEN.
N'être pas bileux,
«c Ah ! i' n'est pas bileux, V Francis î
L' plafond y tomberait su' la poire
quY s'en épat'rait pas. »
EMPAQUETER. Embahtchonner,
Enflaquer. V. Emballer.
EMPÊCHEMENT. Avaro. V. Ac-
cident.
EMPÊCHER. Brider, Escarer\
Escaver *.
« Petit Louis voulait s'engager dans
les chacals, mais il a été bridé du
côté de son daron qui y a refusé 1(^
condé. »
EMPÊTRER (S'). S'empierger,
S'empiergconner,
Margot dans sa colle et ses bas
S'empiergeonna là-l>as, là-bas.
(j. RICHKPIN.)
EMPLOI. Bouleauou Boulot, Flam-
beau, Flanche, Truc, Turbin.
V. Travail.
— PERSONNE SANS EMPLOI.
Inspecteur du pavé de bois. Qui
travaille à la fonderie de pavéu
Qui fait la place pour les pavés
à ressort. Qui ramasse le crottin
EMP
— 188 —
EMP
des chevaux de bois; en un mot,
qui exerce un métier chimé-
rique.
EMPLOYÉ. V. Gommig.
EMPOCHER. Enfouiller.
— EMPOCHER UN BÉNÉFICE.
Estouff'er.
EMPOlGXER. V. Arrêter.
EMPOISONXER. Boucanier*, Co-
quer le poivre, Donner, faire boire
ou filer un bouillon d'onze heures,
Expédier, Expédier dans Vautre
monde, Médeciner. V. Assassiner.
£MPORTÉ. De mauvais poil, Res-
sauteur, V. Colérique.
EMPOnTEH, Antrôler ou Entrôler.
— S*EMPOIlTBR. Avoir, f/ober
ou piquer son bœuf^ sa chèvre.
Être a ressaut. Être bleu^ vert,
Faire de la bourrache, du res-
saut. Grimper^ Monter, Monter
à t" échelle, Mousser, Ressauter,
S'emballei-, V. Colère.
EMPREINTE à la cire. Emplâtre.
EMPRESSER (S*). Se grouiller, Se
magner. Se patiner. V. S'évertuer.
GrouiW'toil groutiV-toi'. faut l'habiller,
T' cirer, t' brosser, t* débarbouiller
Et t' cavaler à l'atéier.
PaiiV! renfile r tablier
Au tas ! turbiu' sum suarciller.
(P. PAILLETTK.)
EMPRISOXIVEMEAT. Ballonne-
ment, Bouclage, Coffrage, Embal-
lage, Enfîacage, Enfouraillcment,
Maladie.
« La crainte d'un ballonnement pour
retard de visite rempécbaLit de se
représenter au dispensaire admi-
nistratif. »
« Et ce propos du vieil argousin fai-
sant le discret sur un bouclage
d'anarchiste. »
(SiVBUINC.)
« A l'approche des gelées, d'aucuns
préfèrent le coffrage, qui assure le
gtte et le pain, à l'incertitude des
secours qu ils n'ont souvent plus le
courage, tant moral que physique,
de solliciter. »
{Le Petit Parisien.)
M Ceux qui craignent la rafle, Vem-
ballaae en masse, se résignent à
marcher toute la nuit, quelque
temps qu'il fasse. »>
{Le Radical.)
Sois pénard : Pas de placage.
Car si tu devais payer,
Il faut aux jours d'enflacage
Ouelqu'uQ qui vienne à la cage
Te fair* passer le panier.
Si tu piges maladie,
Emmaillolte cheDÙment
Un poupard, mais étudie
Pour ne pas à l'étourdie
Bebiifer lenfouraiU'ment.
EMPRISONNER. Ballonner, B/o-
quer, Boucler, Coffrer, Emballer,
Enchtiber, Enferrer, Enflaquer,
Enfourailler, Envoyer à la cam-
pagne ou en villégiature, Ginguer*,
Coller, ficher, flanquer, fourrer^
foutre, jeter, mettre à la boite
(arg. militaire), à la bonde, à la
caisse (arg. militaire), à la case,
à la groi^sc (arg. militaire), à la
grosse lourde (id.), à r hôpital, à
Chosteaii, à rhosto, à Vhousteau,
à Vhousto, à la malle (arg. mili-
taire), à Fombre, à l'ours (arg.
militaire), au bloc, au clou, au
collège, au jctar ou jet^ird, au
mazaro (arg. militaire), au plan-
que, aux planques, au schtard^
dans le bal, dans le ballon, dans
la blouse, dans le trou, dedans, en
complouse, en penaion, sous boucle,
sous le gobelet, sur le.< joncs, Re»
miser, Senrr.
« — Vous marchez tout l' temps dans
des trucs juste bons à s' faire bal-
lonner. »
u 11 y a toujours autant de scélérats;
seulement ou les laisse tranquilles.
Dame, on ne saurait coffrer tout le
monde, n'est-ce pas? Et on s'en
tient aux innocents. »
(PoRTAIUJkC.)
BXP
— i89 —
BMP
« Jeanne Rousselot se dressa de toute
sa petite taille et marcha vers son
père :
— Alors, c*est toi qui nous fais em-
ballerl »
(0. IIttTA:«in.)
« Cest poire de se foire enchtiber
pour une paire de ribouis. »
« — Et si ça ne marche pas mieux
que ça, gronda le capiston, je vous
colle tous à la boite comme des
tambours. »
«f On est certain qu'on a affaire à des
bandits de la plus dangereuse caté-
Sorie, mais comme lit n'y a pas
agrant délit, on nous les remet en
circulation après les avoir collés à
romln'e durant quarante-huit ou
soixante- douze heures. »
{Le Petit Caporal.)
m Cent alors IVtre inerte, sans résis-
tance, le ballot qu'on emporte et
qu'on jette à Vours comme un
paquet de linge sale. »
(SlrsniNF..)
« — Si TOUS continuez à vous déme-
ner comme ça, vous allez déchirer
ma pèlerine et il faudra que je vous
/..... au bloc. »
(lo.)
Il te goure
Qui • entoure
De balots et de paquets,
Car la raille
L'enfouraWe :
U pi|{e treize marqucts.
(L. DE Bebcy..
Le malfreio qui se raaque
Est souTent un godard
Car sur dix qu'on en flaque
Neuf le sont par leur lard.
(ID.)
Nous n'aimons guère la police,
Nous détestons les noiiciers
^ue nous payons ae nos deniers ;
Hais le ministre est leur complice.
Dans nos discours soyons prudents
De peur d'être /iourr/t à^aan-n,
(VicTUB M sus Y.)
Dès qu'il s'agit d'une corvée,
Vite, dans la cour mal parée,
On fait appeler à riostant
Le caporal et le sergent.
Et souTent, comme récompense
iCar ça se voit plus qu'où uo pen<e),
)n flanque au clou^ si ça va mal,
Le 8«rgent et le caporal.
{Chamon de caserne,)
« — J'ai ordre du sous-ofûcier de
semaine de te foun^er au j'elar, »
(G. CODBTBLIMC.)
« r va turbiner en cambrouse ; i' fait
les villas, la neuille, avec Chariot;
i' n'a pas la vesse d'At' collé eut* les
joncs. »
« Un garçon va dire à la personne
filée que quelqu'un la demande, et
là, des sergents de ville l'entourent
pour la remiser. »
(Stamib.)
— EMPlilSONNER POUR
(^Ui^'ZB JOI:rs, dont huit en
cellule de correction. Coller,
flanquer ou foutre huit et sept.
« — Y m'a flasque huit et sept kcàuse
que j'avais égaré le bouchon de
mon mousqueton. i>
((i. CoUETILirCB.)
— ÊTRE EMPRISONIVÊ. Bouffer
ou tirer de ta boite ^ de la boucle^
de la caisse f de la case, de la
f/rosse, de la grosse boite^ de la
ff rosse lourde, de la malle^ de la
tune *, du ballon^ du bloc, du
c/oM, du jetard, du inazaro, du
ptan^ du planque, du schlard,
des maroues (V. Mois), des
lonyes (V. Année;, Être à la
boite, à la caisse, à ïa campagne,
à la case^ à la grosse, à la qrosse
boite, à la grosse lourde, h. l'hô-
pital^ à l hostcau, à Chosto, à
V/toustau, à Vhouslo^ à la mallCy
à l'ombre, à l'ours, à la tune',
à sa maison de campagne^ au
btoCf au clou, au collège, au
jetard. au mazaro, ou planque,
aux planques^ au schtard, dans
le bal, dans le ballon, dans la
blouse^ dans le trou, dedans^ en
cage^ en casCy en comptouse, en
villégiature, sous boucle, sous le
gobelet, sur les joncs, ballonné,
o toqué, bouclé, coffré, collé, em-
ballé, enchlibé, en flaque, enfou-
raillé, tnischtibé, malade, remisé,
serré. Jouer de la harpe. V. Pri-
son.
« Tous les garçons qu'ont boulotte de
la case ont la rcniflette dans le
blaJr. »
Pendant qu' Vêtais à la campagne
En train de t' fair' cautériser,
EMP
— IM —
ENG
Au lieur de rester dans mon pagae,
Moi, j' ni*ai mis à déTaliser.
(A. B.)
<( Du temps que sa poule esl dans le
trou, sézigue ferre les raquios du
Kat Mort. »
« — Ah! vous voulez faire la forte
tôte! Eh bien, vous en boufferez^ de
la grosse ! »
( Sa femme ne put qu'apprendre de
la bouche du sous-officier de garde
que le malchanceux réserviste était
collé pour quatre jours. »
« La plus crueîie injure qu'une fille
puisse jeter à une autre fille, c'est
de l'accuser d'infidélité envers un
amant sevré. »
(Balzac.)
EMPRUNT. Cognage, Coup de
pied, Coup de soulier, Sonnage,
Tapage, Tombage.
:« 11 est tout ce qu'il y a d' chien, i'
n' marche pas au cognage. »
•« — Pour la croustille, tout c* que lu
voudras; mais, pour le sonnage,
c'est midi. »
«« Quand le lapage n^avait pas réussi
auprès des amis complaisants,
(iontran consultait sa liste d'a-
dresses et courait piquer l'ajsiette
chez une camarade. >'
(IlKHBCRTi)
« Les rédacteurs tiraient la langue ;
on devait deux semaines aux typos.
11 fallait se résigner à risquer un
tombage sérieux auprès du baron,
sous peine d'interrompre le tirage. »
(J. Laudrb.)
EMPRUNTER. Cogner, Donner un
coup depiedou de soulier, Sonner,
Taper, Taper au pognon. Tomber,
u Je me suis encore laissé cogner
d'une thune; mais c^est bien la
dergnére fois qu'i' m' sonne l d
M Tout le monde me tapait; j'étais
sur toutes les listes de souscrip-
tion. »
(J. Mabni.)
« Je suis à peu près certain de le
tomber du billet de mille. »
« Samedi soir, Justin a voulu foute
un coup d* soulier à la caisse; mais
r singe Ta boulé, rapport qu'il
avait fait 1' lundi. »
EMPRUNTEUR. Cogneur, Son--
neur, Tapeur, Tombeur,
« Comme j' dis aux cogneurs : Faites
comme bibi, boulonnez; et vous
aurez d' Taubert. v
'( U a toujours un tas d* purées avec
lui, des sonneurs qui lui bouffent
son pognon. »
« Ils sont comme ça quelques-uns
qui se croient du talent parce que
tout un clan de bohèmes, habiles
/om6et/r5 vivant de flatterie,8'exta8ie
sur les niaiseries qu'ils élucubrent. •
{Lei r-S'Arts.)
« D'instinct, les porte-monnaie dis-
paraissaient à rapproche de ce roi
des tapeurs. »
(ID.)
ÉMU. Empoigné, V. ÉmoaToir.
ENCEINTE fortiiiée. V. Fortifica-
tions.
ENCEINTE (FEMME). Ballon
captif. Chef-lieu d* arrondissement,
Couleuvre, Gonflée, Guimbarde,
Hydropique , Madame Godard,
Madame la Butte, Omelette soufflée.
Potiron,
— ÊTRE ENCEINTE. Avoir avalé
le pépin, mangé des haricots,
Avoir le mou enflé, une maladie
de neuf mois, un polichinelle
dans le tiroir. Avoir sa bûche,
sa bulle, Bâtir sur le devant.
Être dans Cinfanlerie, Être mère
de son arrondissement. S'être
fait enfler le mou, gonfler le
ballon ou arrondir le globe,
V. Abdomen.
— MARI D'r\E FEMME EN-
CEINTE. Monsieur Godard,
— METTRE UNE FEMME EN-
CEINTE. Coller ou foutre un
gosse, un gluant, un môme, un
lard, un lardon, etc. (V. Enfant),
Emplir, Enceintrer, Enfler,
Gâter la taille^ Gonfler, Mettre
dans Vembarras,
ENC
— 191 —
ENO
<^ré bon Dieu, n'en v'Ià d'un cliopia !
Mam* refait son ovCletC toufflée :
Aile a core avalé V pépin.
A*t*troaT*bien qu'quaud aile est ^n/7^tf !...
Tn crois qu' c'e^t pas emmerdatif
D'entead* les goss* k lu prum'nado
Dir' : « Piç' dou'. v'ià 1' bulUm captif
-* El mdff«i«u Godard en ballade !
(lllKS.)
« — Viens-tu, Sophie?
— Où?
— Dans mon lit.
— Non, tu serais capable de me gâUr
la taille. »
(Zes Joyeuse té$ du régiment.)
« On 7 yoit ausT^i que le patriarche
Abraham, à Tàge de cent ans, mil
dans Cembarras sa pauvre servante
Agar qui n*en avait pas seize. »
(llecTOH FnATtcR.)
ENCEKSER. Fig. Pommader ou
Passer delà pommade. V. Flatter.
KNCHAIXER. Enguirlander,
Mettre le chapelet de Saint-Fran-
çoiSy le lacet, Mettre la boucle, la
double boucley Mettre d la crapau-
dine.
•( Les inculpés qu'on transfère et
qu'on fait voyager de brigade en
brigade sont enguirlandés deux à
deux : on leur met le chapelet de
Saint'Ifrançoia au poignet et la
chaîne, ou lacet, est fixée à la selle
des gendarmes d'escorte. »
« Quand le fagot fait trop la mauvaise
tète, on le condamne aux fers et on
lui met la boucle, qui enserre forte-
ment les poignets; ou même la
double boucle, qui emprisonne les
quatre membres et met le patient
aant Timpossibilité de se mou-
voir. »
« Aux pénitenciers militaires, on em-
ploie la crapaudine, ainsi nommée
parce qu'elle doonc Taspect du
crapaud au malheureux dont elle
rassemble, en les enchaînant, les
quatre extrémités. »
— ENCHAINER AU MOYEN
DES POUCETTES. Empou-
ceter,
ENCHANTER. Enfrayer.
ENCOMBRANT. En parlant des
personnes : V. Importun.
ENCOMBREMENT. Chantier \
ENCORE. Ce mot ne se traduit
qu'au moyen du largonji : En-
lorkès,Enlorkem, Enlorkic. V. Jar-
gon.
a V*là enlorkic la lonzesse du gon qui
radine. »
— IL Y EN A ENCORE. Il y a
du rabiot, de la rebiffe.
«t — Donne ton glasse, Mimile, ya du
rabiot, ù
« — Tu sais, ma vieille, si t'en
Rrattes pour les bochons faut
r dire : y aura d' la r'biffe. »
ENCOURAGEMENT. Hebectage.
(i Quand on est homme on doit savoir
c' qu'on veut fabriquer et on doit
pas avoir besoin du r*bectage de
quiconque. »
ENCOURAGER. Atouser % Chauf-
fer, Déta/fer, Rebecter,
a Ce gaillard-là manque d'estomac et
si vous ne le chauffez pas sérieu-
sement, il canera au moment psy-
chologique. >/
(DUDUS.)
« La Sardine avait les foies blancs,
fallait tout V temps que son frangin
r détaffe. »
« Toujours turbiner pour la diguo,
t'avoueras, ça vous r'becte pas! »
ENCRE. Lait à broder, Lait de la
vache noire.
<< Si tu manques de lait de la vache
noire, brodanche avec ton raisiné. »
— ENCRE D'IMPRIMERIE. L^i7
de cartaudier.
ENCRIER. Capine \
ENDETTÉ. Louvetier (arg. des
typographes).
ENDETTER (S'). Paver, Pavoiset\
V. Dette.
END
— in —
EN F
ENDOMMAGER. Arnaquer, Es-'
quintei\ V. Détériorer.
ENDORMI. Dans les bras de V or-
fèvre, Parti, Parti pour la gloire.
« Il est curieux de constater que le
Seuple adopte, sans les coinpren-
re souvent, aes néologismes, des
calembours, parfois môuie d'af-
freux à-peu-prës auxquels il donne
une extension exagérée ; c'est le cas
de la locution anglaise « ail right »
qu'il applique aux personnes dans
le sens de « joli » ; celui de être
dans les brns de Vorfevre qu'il em-
Sloie pour dire » endormi »» sans se
outer que orfèvre est mis ici pour :
Morphée. »
M — Mais le capitaine, harassé, était
déjà parti pour la gloire et ronflait
à poings fermés. »
{La Gaudriole.)
ENDORMIR (S'). Éteindre ses lam-
pions, Piquer son chien. Souffler
sur ses clairs, V. Dormir.
« V'ià la mère i\\i'éleint ses lampions,
faut la laisser s' bâcher. »
On voit déjà pointer le r'iuit ;
Souffle iu tes clairs, ma gi ronde !...
On peut pas contenter tout 1* monde :
Tas assez boulonné c'tte nuit.
(L. DE Bercy.)
— Lorsqu'une personne s'en-
dort avant de se mettre au
lit, on dit que Le marchand
de sable a passé ; c'est à peu
près la locution française :
Avoir du sable dans les yeux.
ÉNERGIE. Moelle, V. Courage.
ÉNERGIQUE. A poigne. V. Coura-
geux.
ÉNERGIQIJEMENT. A la dure,
Ifachar, lïautor, De rifle, V. Au-
torité.
ENFANT. Chenille, Chcnillon, Cra-
paud, Crapouillard, Crapoussin,
Echappé de bidet. Extrait, Pieu,
Gosse, Gosselard, Gosselin, Gosse-
mard, Gouillon, Goussepin ou
Goussepain, Graine, Graine de bout
de lit. Lardé, Lardon, Louba,
Loubé, Loupiot, Merdaille, Mer^
daillon. Mer deux, Mignard, Mio-
che, Mion, Mômaque, Môme, Ma-
michard, Mômignard, Morbac,
Morceau de salé, Mouchachou, mu-
chachou ou moutchachou (hispa-
nisme), Moucheron, Moufftet,
Nouné, Péchon ou Pichou (pro-
vençal), Pivaste, Salé, Trif aille,
Verminard, Vermine.
« Elle se rapprocha de son cuiras-
sier, mais la présence de la fillette
la gênait.
— Allons toi, chenille, va jouer, lui
dit-elle. »
« C'est près d'une école de Frères, et
on j a les oreilles cassées par les
braillements des crapouillards qui
jouent là-dedans. »
Quand ils n'ront grands, ils d'viendrout rosses.
Ils commettront des crim's atroces :
Us surin'ront les be-iui messieurs,
Le8i»auv's p'tïts fievx.
(Eocftiig HÉRoa.)
Roupill*, roupiir, mon p'tit salé.
Sans qu' tu t'arrêtes.
Au loin ton dab s'en est allô.
(la.)
On est gosse ; on n'a pas quinte an»,
On croit ses charmes séduisants.
(L. DE Bebcy.)
Il en tira le corps d'un chat : « Tiens, dit le go^se
Au troquet, tiens, voici de quoi faireun lapin. »
Puiii, il prit son petit couteau de goussepain.
Dépouilla le grefuer, et lui lit sa toilette.
(J. RicntriR.)
MomignarJs nus sans chemisettes.
(Id.)
Fonçons à ce mion folâtre
Notre palpitant !
(N. DE Gbanoval.)
Lardon 6celp, près d'un an
Je me confli dans mes urines!
Si je gueu'e : Ah ! tu nous bassines!
Puis ou ajoute : E»t-il méchant !
(I\ I'auxcttr.)
N' te tracass' pas, va... dors, mon gosse !
Dodo, mon chagrin... mon nouné.
La France est un pay<( d* négoce :
Tu sauras jamais l'y r'tuuruer.
(Jeba.^ Kicrcs.)
« J' te r répète, c'est tout c' qu*i' y a
d' rupin, ta p'tite salade en vers;
ENF
— 193 —
ENF
mais faut aut* chose que d* parler
des pauv'» mignards, des ioupioti
sans liquetie, des pauv^s lardés qu*a
à téter qu' leur pouce à cause que
leur daroone a nib de lait dans les
rondins et pas d' pognon pour en
aj'ter... >»
« ^- Approche ici, moucheronne,
qu'est-ce que tu sais faire ?
— Rien, monsieur.
— Eb bien, viens coucher avec moi,
}e t'apprendrai à travailler. »
{Les Joyeu^f'té-1 du réijinvial.)
« Voici en quelques traits fins et
tremblés, moins délicats, hélas, que
mes souvenirs, ce que c'est que ce
muchachou... Tandis que la femme
travaille, jacasse, va, vient, balaie,
reprise et tourne le couscous, l'en-
fant est la proie des miasmes... »
(G, D'Esi'Annfcs.)
« Péchon de Uuby est un pseudo-
nyme dont l'auteur lui-mrme donne
la traduction dans la •« Vie Gé-
néreuse » ; cela si^^nifio enfant
éveillé. »
((j».ob«;b'« Delfsali.i.)
— EXFAXT DE TIIOUPK. En-
fant de giberne,
» Ce général était fier de son liiimble
extraction et, quand il était en ins-
pection, il commençait souvent ses
phrases par ces mots : « Quand
mon père était Iroinpette-major »
ou : «< «Moi, messieurs, qui ne suis
qu'un enfant de giberne... »
— EXFANT DE FILLE. Enfant
de trente-six ftères, V. Bâtard.
— SIOTS U'AMITIË s'adressant
aux enfants. Bébé, Chaton^
Chérubin, Chienc/iien, Chou^
Chouchou, Coco, Crottailie,
Crottaillon, Crotte, Gueu.r-
ffueuxy Jésus, lAifiin, Loulou,
Poulet.
« Dors, mon bébé ; je suis ta mère... »
(0. Phadeu.)
« — El quel âge a ce joli chaton ? —
Quatre ans le mois prochain.
— Ce chérubin I mais c est un homme
déjà. »
« — Venez, mon chienchien, faire une
bise à son père. »
t( Ses condisciples lui faisaient un peu
grise mine parce qu'il était lechou-
chouj le préféré du père Antoine. »
(Bauda.)
M T'es-tu fait mal, mon coco"! Fais
voir ton doigt, mon poulet.,. Bah I
ce n'est rien ; va jouer. ^
Dorit. mon lapin.
Fais doilo, ma belV crotte eu suque !
On n'a pu4 d' pain
Ht, pour l'eu til(*r. Taul que j' truque.
lion, yen n'a pus
Mon crottaillon. houcle tes châsses,
Pionc' mou jvsus,
VùuT (|ue ta (lal)o aill' fair' sos passes.
(Ij. Dt liKRCY.)
EXFA\TEMK\T . Ahoulement ,
Dcbdcle. V. Accouchement.
EXFAXTEK. Mouler^ Pisser sa
côtelette, Pondre. \. Accoucher.
EXFKH. Four cha^id.
EXFEHMEH . Boucler, Serrer.
V. Emprisonner.
EXFLAMMEU. V. Allumer, Brû-
ler.
— rig. V. Enthousiasmer.
EXFLÉ. Blasé.
E\'FO\CEH. Persiuner.
— EXFOXCEIl lî.\E POIITE. La
mettre en dedans.
« Si tu ne la débrides pas, je vais
mettre la lourde en dedans. »>
— S'E\FO.\CER. S*tmpliUrer.
EXFOriR. Planquer. V. Cacher.
EXFREIXDUE. Manger la eon-
sii/ne ou le mot d'ordre.
EXFUIH (S*). Calter, Camper, Ca-
rapater, Cavaler, Ckier ou /ïas-
quer du poivre, C ramper, Crom-
per, Déraniller, Uccarrei', Défilerf
Défiler la parade, Défouraillery
Faire rhibi ou r h ibis, Faire yilles,
Faire ou se faire fadja, la débi-
nettr, la fuite, la levure, la paire ,
Faire pat atrot ou la patatrot, Fen-
dre son cquerre, Filer son cdble par
le bout (arg. des marins), Happer
13
EN F
— 104 —
ENG
le taillis *, Jouer la ou de la fille de
/'air, Jouer des compas, des flûtes,
des gambettes, des guibole$, des
pinces, des quilles, etc. Mettre les
voiles, Pi*endrela poudre d'escam-
pette, la tangente, ses cliques et
ses claques. Se barrer. Se carapa-
ter. Se cavaler. Se courir, Se
crarrtper, Se déguiser en cerf. Se
dé filer, S'épouffei', S'esbigner, S*es-
carpiner, S'espigner, S^espincer*,
S*évanouir, S'évaporer, Se fendre
Pergot, Se la briser, Se la casser.
Se la fracturer, Se la fi>e>% Se
lâcher du ballon. Se macaroner*,
Se tirer. Se tirer des flûtes, des
gambettes, des gambilles, des gui-
boles, des pattes, des pieds, des
pinces, des pincettes, des quilles.
Se trotter. Tirer sa coupe.
L:i liberté, la liberté :
Doyoez-moi du pain el des ailes,
Donnez-nuuii les plum's des oiselles.
Les patt's des clebs qu'on puiss' cnlter.
(Jbuax Rictcs.)
V'ià qu' ceuss'qui tienn'nt la queu'd'la poêle
Dans r midi vont s' carapater.
(Id.)
A Biribi c'est en Afrique
Où que r pus fort
Lst obliffé d' poser sa chique
El d' fair' le mort :
Où que r pus malin désc«père
De fair' cAiôï,
Car ou peut jamais s' fair In paire,
A Biribi.
(A. B.)
Le journal ajoutait ensuite
Une, pour dompter les relégués
Trop enclins à faire la fuite.
Ou dispose de moyens gais.
(I*. l'AiLLF.rrr.)
lu malin, on pénanl, l'empile ;
lu filou fait la pntatrot...
(Id.)
El lui soudain de happer le taillis *,
Laissant le pauvre sot dcdan<« le margouilli;».
((iB\;«l»V.\l .)
Ah ! si j'en dt'fnuraille.
Ma largue j'enliferai.
[Chamon de l'arfjot.)
Crompe, cro}»p>\ mercandière,
Car nous serions béquillé<(.
( ViDOCQ )
Après mon dernier barbotin.
J'ai flasque du poivre à la rousse.
(J. RiCHIPI.X.)
< Ça gueule comme des baleines
quaod on n'est pas là; mais sitôt
que ça vous aperçoit, ça se lire des
flûtes. )»
r crie!... 1' gueule!... Ah! mon cochon.
Faut entend' c' qu'i' Tait un' fanfare.
Mais quand faut s' fout un coup d' torchon,
Ya pus qu' nib : i' s' la caue, V * hnrre.
(Bli^dort.)
Au lieu de r'moueher les étoiles,
DécaniUeZy mettez les voiles'.
La reniflelte est par ici.
D.)
« — M'sieu a peut-être bien des
peines de cœur, sa bonne amie se
sera cavaléel »
(R. Maueroy.)
« — Tais-toi donc î c'est dégoûtant I
Elles sont toutes à la campagne,
elles se défilent toutes vers les
champs. »
(J. MAam.)
« r s'est fait l'adj'a pendant qu'on les
menait au poste. »
« La gonzesse est seule, le larbon
chème vient de s'esbigner. ».
(J. RiCHBPIX.)
« Un nommé Soudant, condamné à
huit ans de travaux forcés, avait,
lui aussi, le plu<« grand désir de
jouer de la fille de l'air. »>
(GOBOS.)
« — C'est de la police. Faites comme
vous voudrez ; moi, je me tire. »
(Id.)
« Si Savoncru s'avait tin^ les guibolles
la veille de nos noces, je serais
restée toute pareille à vous : ma
fleur d'oranger aux balayures et un
gosse pendu aux estomacs. >*
(Mahm.)
't Cet homme gueule comme un putois.
Je tne trottel »
(Ali'ho.nse Allais.)
— S'K.\FriR E.\ GMPORTAXT
L'ARitKXT dont on est comp-
table. Bari'fer la cn'SSf\ Manger
la f/renoui/ie.
EXGAGEMEXT au
Piété. Accrocha 'je.
Mont -de-
ENG
— 195 —
tNl
EXGAGEK. En parlant dune
affaire : Engayer, Emjrainer,
— EKGAGBIi Ai: MOXT-DE-
PIETÉ. Accrocher^ Clouer ^ En-
c louer, Mettre au clou. Sur-
clouer.
« Mon bogue est occroché pour deux
thunards et nia giletiùre est clouée
pour un ciguë. >»
— S'KNGAGKR l>A\S tWE
AFFAIRE. S'etnmanclter, S'en-
filer, S''engriyer^ S'engrainer,
« Il avait voulu rn emmancher dans
se? Hanches. »»
« II s'enfile dans une sale allairo. »»
« Je ne m'enf/nt/e \)f\s comme (;.i au
premier trayagr : faut rètîéchir
avîint d' s'enr/rainer. »
EXGEXDHEH. V. Accoucher,
Coller.
EXGOUGEH ;S\ Avoir des chuts,
des flumes.
E.VGRAISSEH. liàtirsur le devant,
Prendre du bide, du hidun, etc.
V. Abdomen.
EXGROSSEH. Kniler, Gonfler.
V. Enceinte
EXHAKDlli. \. Encourager.
— SEMlAliDIH. Se lanrer.
Mdis voil.i qu«> lu fliinJrin.
Avec le bon xio, se hinc^
Au pi^iiit ({u'a sa pétula(ic«;
l.a l»tflle doit mcUro tin frein.
(BHioi.i.rr.)
EIVIVREH. Bitnrer, lUindry, Hlin-
docker, Cimjlcv, Cinf/ter le blair,
le na!<e, le taase, le tuhard, le
tuhe, etc. , Cocarder, Cuire, (hiiter,
Culotter, Êmrrhcr, Émt'rillonner,
Empaffer, Empoivrer, Farder,
Foutre, flanquer ou coller la ou
une barbe, la ou une biture, le
casque, la casqwtte, la ou une
chique j la cinglée, la ou une cuite,
la ou une culotte, une nvicuhituri'
Uxru. des typoL'raphos;, la ou une
mufft^e, une paille, la ou une pis-
tache, Grimer, thisottcr. Mettre
dedans, Monter, .Mûrir, Paffer,
Piquer le blair, le naae, elc, Plei-
nifier, Poivrer, Poivroter, Salir le
blair, le nase, etc. Secouer, Taper
sur la boule, la cafetière, le cibou-
lot, le citron, le coco, la coloquinte,
le saladier, la sor bonne, etc.
V. Tête.
— S'EXIVUEIi. Tous lei» verbes ci-
dessus, à la forme réûc'chie,
sauf taper; plus : Charmer les
puces •, Faire cracher ses soU'
fi(tpcs. Prendre la barbe. In
biture, le casque, la casquette,
la cuilc^ la culotte, etc. S'ar-
rondir, Se clmrqer, S'embrouil-
Inrder^ S'humecter, Se mettre
j dans lu bleu, dans les brinde-
zinf/urs, dans les vignes. Se
mouiller, Se poisser. Se tuiler.
— S'EMVREU E.\ ALLANT
DE CABAHET E\ CABARET.
Etre de patrouille, Faire la pa-
trouille. Patrouiller.
Il faut <]u il ait un' nature
Pas or<liM «il", ri' corps-la,
Tous lo-; jours il se hitur»'..,
1 Bhioi.iet.)
Toi. tu doutais il(î nii ^chrit'li».
— Huaii»! j"«'tais plein, lu m appelais ivrofriu».
— Ou se filinda char un «l«.» sou cMf
llÙ.r.. LlMbHClFU.)
C'est nu [lotil \iu [las nn^ciianl
Mais, à la longue, il vuus hlimloche.
C'est ra«*ot*hynie, nirrcux, j«?suite,
Ça ne saurait u\ro au prand jour,
•."a se fl-nufif p;ir'"ui«« «/^'a cttil*>s,
V.l ça s'én^'iî en ilaule-( ourl
(K*«»i:l Ponchon.)
On va >'en fnnln' >//<<• biture.
I)oniiiv-nous votre vin clairet.
il'. iNlIl.tTTh.)
"abord, ej' suis ri>nd comme un disque
nï'orroitiiirai pii> pu"< que j' sui*.
"u'I pis j' m'en foU"-, moi. qu'esl-c" que j' risque?
(\ li.)
Si Ie« pro|i' à rien.
Nom d'un rliii.>n !
Ont l' droit d(» v' fiiqu'^r /' hliiirt^
Moi i|u'ai ti'ujour«» à faire,
Ni»m «le Dieu '.
y p«'U\ Inire un coup d" l»leu.
(J. lîiCHBm.;
ENI
— 196 —
ENN
Ah! le vaurieo. legueui,le sacripant!
r vient encor de m' tirer un' carotte :
J'y fout cent sous pour s'ach'ter un grimpant
Et le salaud s'est collé-z-un' culotU !
B«n.moi, en r>anch'. qu'ai besoin d'un chapeau,
J*m en vascomra* lui camoufler mon emplette...
J*rrai Toir mes crins pisqu'i* fait voir sa peau :
Au lieu d' galur' j'vas m' flanquer un' catquette.
(BLioORT.)
Toi, jamais tu u' tepa/fes-,
Mais tu grimes V marpaud
Et tu lui fais ses TalTes,
Son bogue et son crapaud.
(L. na Bercy.)
« Ce méchant reginglard n*a Tair de
rien, mais il vous iape sur la boute. »
« Quand les ouvrios pourront se
r'muer, respirer, voir clair et s'
laver chez eusses, i's n'iront pus
*' mûrir; i's rest'ront à la tôle. »»
« Ils s'avaient tous un peu cinglés; et
i's pètardaientji'sfsdient du foin. »
«( Tout se passait très gentiment, on
était gai; il ne fallait pas mainte-
nant se cacarder cochonnement si
Ton voulait respecter les dames. »
(E. Zola.)
« Radical convaincu, Taupin, fonc-
tionnaire, est consulté sur la valeur
du personnel du haut clergé.
chargé par son préfet de lui don-
ner son opinion sur l'évéque du
chef- lieu, il a envoyé à la préfec-
ture la note ci-dessous :
— Rien à dire de l'cvêque. Il se
tieut à sa place, il est bon travail-
leur et il ne se cuite pas. »
(Lk DuniB BuiTEux.)
«« — Vous voilà en train de vous cuire^
ricana le capitaine Fil- de-Fer en
voyant le lieutenant préparer sou
t bureau arabe »» ;... moi je suis
cuit. »
'( La gamine, que les bour<;^ognes
avaient déjà montée dès le milieu du
repas, s'embrouiliardait maintenant
au point de dire des bêtises. Et
Firmin prévoyait que, le Champagne
achevant de la mettre dans tes brin-
dezingueSj il se risquerait tout k
l'heure. »
(H. DoruîiT.)
n — Vous n'avez pas honte de vous
poivroter comme un débardeur? On
ne vous voyait pas vous émécher
ainsi tous les jours, quand vous
étiez chez Dularge. »
(HcaBERT.)
E\J¥^Ï] .Bâche, Éclairage, Éléments.
V. Jeu.
EXJOLEH. V. Amadouer.
ENJOLEUR. V. Séducteur.
EXJOLIVEMEXT. Camouflage.
« — Ainsi, ya la môme Jeanne, du
faubourg, qu'est grêlée comme eun*
poêle à marrons; mais a sait y faire
au camouflage et, la neuille, on n'y
voit qu' digue. »
E^JOhl\EH. Camoufler rFinocher.
« Quelle volupté c'était alors pour la
pauvre petite de finocher un cor-
sage ou un coqueluchon qu'elle
destinait à la promenade du lende-
main ! »
(Bauda.)
ExXLEVER. Emporter, Escaner.
« — Ya pas d'èmôsse, VemporCra» la
gonzcsse quand qu' tu voudras. »
EXXUl. (Embarras, (îène.) Canule,
Chierie, Deuil, Emmerdement, Em-
miellement , Emmouscaillement,
Encrottemenl, Faichiérance, Gau^
che, Haire*, Limonade, Marme-
lade, Mélasse, Merde, Mouscaille,
Mousse, Moutarde. V. Misère.
a C'est eun' vraie faichiérance de
viv' avec ce lard-là î »>
AU ! vrai, nom de Dieu! que ckierie
Cré miir raillions d'emtnoiiseaill'mentil
Fautquej' descend' par ce chien d' temps
Sarcher madame... ou ben, a crie.
(Blédurt.
« Ça n' va pas tout seul c'tte affaire-
là, ya du gauche à la clé. »
« Un jeune paysan, uaif et candide,
va consulter une somnambule
extra-lucide à qui il demande des
éclaircissements sur le sort qui lui
est réservé. La pythouisse de ré-
pondre :
— Mon pauvre garçon, vous resterez
dans la marmelade jusqu'à votre
âge mur.
ENN
Et après ?
Après? Vous y serez habitué.
(Hectom Fba.ncc.)
EXXUYEK. (Importuner.) Asti-
quer, Barbn\ Bassiner, Baucoter *,
Bluster, Canuler, Cavaler, Courir,
Emberquiner, Emboucaner, Em-
merder, Emmerlucher, Emmieller,
Emmouscailler , Emmoutarder ,
Empapaouler, Enchariboter, En->
crotter. Endormir, Enguigner,
Enquiquiner, Enrhumer *, Eiitor-
tiller. Faire chier, débowrer, dé-
bowrer des ronds de chapeau,
flaqtier, flasquer, naqucr du fia,
tarter, tartir, etc. (V. Chier),
Faire mal. Faire pmer des lames
de rasoir en travers, Faire suer.
Galoper, Giberner, Jamber, Lan-
ciner, Otolondrer*, Raser, Scier,
Scier le dos, Tanner, Taper sur le
système. Tenir la jambe. Trotter,
« r nous a barbés pendant plus d'une
plombe à nous jacter su' la poli-
tique. »
« Le truffard, m^mc intelligent, se
plie sans trop de rouspétance aux
exercices, gardes, travaux de pro-
preté... ça le canule dur, bon dieu !
mais enfin, ça lui parait la consé-
quence inévitable du métier. »
(Almanach du Père Peinard,)
« Quand les bas-bleus ne font pas de
pornographie par crainte de la cor-
rectionnelle, elles emberquinent les
populations. »
(lIicTûR Framci:.)
« C* que j^ m*emboucane dans c'tte
tdle! Ça m^ fait débourrer les boni-
ments qu' j'y entends. »
• Encore, s'y t' conduisaient au a Grand
Guignol» de Méténier Oscar, un
zîgue, ç'ui là, et qu'a été de la rousse
avec Goron, y aurait rien à dire...
Tu Vemmiilerais... moins et tu pour-
rflds faire un mich'ton calé. >-
(TaOBLOT.)
n Vous pensez si les gens de chez
nous sont en peine d'en trouver
de bonnes pour emmerlucher la
douane! »
(E. Brroirat.)
— 197 —
ENN
« — Vous rigolez ici. mais vous vous
empapaouterez au peloton de chasse,
je vous le garantis, tas de cosaques ! »
« On est venu pour lui faire plaisir,
mais il nous endort avec sa psycho-
logie, n
(Dt:BL'!«.)
« — Ah ! tu nous scies, tu nous fain
mal à rabâcher trenle-six mille fois
la même chose. »
{Le Petit Parisien.)
« — Quiens, tu m' cours, lu m' fais
suer, j'entends rien à la politique I...
Tout (M, ca m' car(del »
« — Dites-lui (jue je n'y suis pas!..
Il me tiendrait encore la jamhe
pendant une heure... merci! »
A caiis inc^m' quuod aile ost tout' xeule
Et v'l;"i pourquoi qu'a m* fait tart''r.
(A. B.)
«jii m' fait fîasquer ci' voir euii' pMa*:*p
Oui paHs' tous les «oirs & traxers.
(l».)
Ou prend des nua^rnièr' à quiaz).> an-i
Pis ou graudit san*»
(^u'on les peni»' :
Ainsi, moi, j'aim* ben rou|iill^r,
J' peux pas travailler,
<^a m'ummeide.
(Id.;
U'aut's enquiqninnt des cauas«ous
Su' des pist's, des ro'ncours hippiques.
Auteuil-Longohanips! c'est là qu'y sont
Tous les marluus d' la République!
(Jeban Rictus.)
— S'EXMTYER. Les verbes ci-
dessus, à la forme rcOéchie
plus les locutions : S'amuser
comme une croûte ou un croûton
derrière une armoire, une com-
mode, une malle, un piano,
comme un rat mort, Battre
morasse *, En avoir plein te cul,
le fignard, le figne, etc. En
avoir par-dessus les bretelles.
En avoir marre, marré, niffe,
niffé. En avoir son fade, son
pied, Saigner, Se crever. Se
faire chier, débourrer, fta-
quer, etc., Se faire des cheveuj-,
au sang. Se foire vieujc, Se
fendre t arche, Semnrrer(\Tou.),
Se ronger le eut à la vinai-
grette. Tirer sur sa longe,
Y. Asses.
ENN
— 108 —
ÉNO
— 11 arrive qu'on supprime la
finale de Chier ; ce qui
donne : Je me faiS'Ch\ tu
nous faiS'Ch\ ils nous font-
ch\ etc. qu'on articule :
FaichCy Fonche.
Surtout n'y fais pas d' boniments,
Pendaat qu' je m marre.
(A. B.)
« Il ne se doute pas des cheveux que
les infortuués se font. »
(J. RlCBKPIN.)
« Gaston, à qui toutes ces singeries
tapaient sur le système^ s'efTorçoit
à sourire; mais, au fond, il s^em*
bétait comme un rat mort. >*
{Im Gaudriole.)
'« — Vous avez assisté au dernier
spectacle des Esthètes?
— Ne m'en parlez pas. Je m'y suis
crevé. >'
— TU M'ENMUIES ou ÇA M'EN-
\L*IE. Ah! la barbe! Ah! la
jambe ! C'est classe ! Lâche-nous!
Lâche-moi le coude!
« — Encore tes histoires de mé-
nesses?... Ah I non, la jambe I «
« Ne r'biffe pas àm'jacter de c'ilanche-
là! Heinî dis-donc, c^st classe! »
« — Lâchez-nous le coude avec votre
politique... Lisez les assassinats,
c'est plus rigolo. »>
(E. Zola.)
EX^X'YEUX. La plupart des par-
ticipes présents, pris adjective-
ment, des verbes signifiant En-
nuyer; plus : Dassin, Bassinoire,
Canule, Cramponnant, Crevant,
Emmerdeur, Faichiérant, Foutant,
Guignolant, liasoir.
— S'appliquant principale-
ment aux personnes : Bar-
bier, Crampon, Endormeur,
Jambier, Lavement, Marqué à
la fesse, Meuble *, Outil, Pata-
gueule*. Purge, Raseur, Re-
mède. V. Importun.
L'un lui disait d'un Ion morose:
Je n* suis pas là, jeane importun;
)
I Voyez-vous pas ma porte cloic ?
L'autre disait : Vrai, quel bassin'.
(Raoul Ponchon.
Or donc, dès ce soir je m'insurge,
Car, vovez-Tous,
C'est un vrai remède, une purge
Que mon époux»
(BaiOI.LBT.)
Tour engraisser ces emmerdeurs^
Vive r gringal des sacré-cœurs !
(P. Paillbtte.)
« Excuse-moi, cher ami, je viens
d'être la proie d'un cruel raseur
qui m'a tenu par le bouton de mon
manteau durant vingt bonnes...
vingt mauvaises minutes plutôt. »
(Alphu?cse Allais.)
« Un marchand d'antiquités disait un
jour à Vivier :
— J'attends une pièce des plus
curieuses : la dernière bassinoire
de Louis XIV.
— Madame de Maintenon! s'écria
Vivier. »
(D^ GaftGOiBE.)
« — Nous ne serons plus obligés de
nous aimer en cachette.
— Une fois par quinzaine!
— ... Avec un luxe de précautions et
une richesse de trucs! C'est que ton
crampon de femme avait joliment
l'œil. »
(Michel Pmovlns.)
« — Eu i,sonmie, tout ça devient
rasant.
— Sûr!
— Le commerce se plaint. Les théâtres
ne font plus le sou... »
(POXTAILLAC.)
« Bref, ej' chine tout c' qu'est cava-
tant et débectant! Les orateurs
jambiers et leurs salades faichié"
ranteSf les cabots canules et les
pièces rasoirsj les iournaleux tan-
nanti et leurs flanches guignolants,
faut qu' tout y passe ! »
H — Je viens de subir un fameux
lavement.
— Qui donc?
— Ma belle-mère est restée plus d'une
heure ici. »
(Hectob Fka.ncb.)
ÉXORME. Bœuf.
« La petite, pour ses débuts à la
Scala, a remporté un succès bœuf »
ENO — 199 —
ÉXORMËMEXT. V. Beaucoup.
EXRAGÉ. Kngamè\ Ergame*.
EXRAGER. Groumer, Prouter, Re-
nander, Rcssauter, Tnber. V. Co-
lère.
— FAIRE KMIAGER. Faire
grimper ou monter. Mettre à
cran, à renuud, à ressaut, àtube.
ENRICHIR (S'). Faire son beurre.
Mettre du beurre dans ses épinards,
E3ÎROUÉ. Qui a un ou des chats
dans la gorge, une carotte dans le
plomb, un poireau dans le cornet.
Qui a bouffi*, du chat, Qui a une
voix de cassis-cognac ou une cra-
pulite.
EXROUEMEXT. Carotte dans le
plomb, Poireau dans le cornet.
•t Aile a pas pu pousser la sienne,
aile avait une carotte dans l' plomb. »
— K.^ROUKHEXT RÉSULTAIT
DE LIBATIONS OU de uoctam-
bulisme. Crapulite, Crapulite
niguc. Voix de cassis-cognac ou
de cassiS'Cogne, de sirop-cognac,
de sirop de gomme.
Et commo l'on dut, la veille.
Fumer, gueuler, pintcrtout à la ht'u.
On a. quand on se réveille,
La crapulite et la gueule do bois.
« De sa voix de cassis-cognac le vieil
adjudant reprit son habituelle
antienne en l'accompagnant d*un
juron bien senti. »
ENSEMBLE. Enciblc ou Ensible
(corrupt.).
ENSUITE. Alorsse, Aprùs ou sur
ce coup-là, ce coup de temps-là.
Pis (corrupt. de Puis).
• Su' c' coup d* temps^là, tous les
cabjis l'ont t'nu à Toeil. »
D'abord faut pus d' gouvernement,
Pis faut pus non pus d* République,
Pua d' Sénat et pusd' Parlement...
(A. B.)
ENTASSER. Fig. V. Économie.
E.NT
ENTEXDRE. Esgourder, hocher.
V. Écouter.
— Dans le sens de Com[»ren-
dre. Entrarer.
— s>:\TE\DRK. V. S'accorder.
EXTEHRKMKXT. Trimballage de
refroidis,
— ENTERREMENT DE PETIT
EXFANT. Êperlan.
— ASSISTER A U.\ EXTERRE-
.MEXT. Aller manger du pain
et du fromage, Aller faire sauter
un lapin.
«I — Pas (le blagues, dis donc, Julie,
fit le vieux en voyant la mine
affreusement tirée delà cartonnière.
Tu ne vas pas nous faire manger
du pain
as pas n
et au fro
mxngel »
(Bal'DA.)
EXTKRHKR. Envoyer ou mettre
dans le royaume des taupes. Faire
manger les pissenlits }yir la ra-
cine. Mettre au frais.
— ÊTRE ENTERRÉ. Faire pous-
ser les roses. Faire des vers ou
des nsficots, Fumer la terre.
« — Coco?... Le p'tit coco du Trône?...
V'Id pus d' trois marquets qu'i'
bouffe les pissenlits par la racine,
— Alors, i' fait des vers, ça doit y
aller; lui qu'aimait la goualante. *>
E\TÊTÉ. Tcte carrée, Tvte de
boche. Tête de pioche.
a C*est-y qu' tu m' prends pour un
menteur? Quiens, preuve que la
v'Ià ta permission... Sais-tu lire,
sacrée tête de boche**. »
(G. CuOBTILI!<B.)
EXTJÈTER (S'). Se mettre dans le
ciboulot, le citron, la sorbonne, le
toupet, etc. V. Tête.
c r s'avait mis dans /' citron d' pai
sortir; ya pas eu plan de 1' fair'
démurger. »
ENTHOUSIASME. Emballement,
« Quelque emballement de femme cu-
rieuse qui s'aveugle et sMIlusionne,
ENT
— 200 —
ENT
un de ces coups de cœur ardents,
irréfléchis qui sont souvent la der-
nière figure des cotillons de Thiver
et ont la durée d'un feu de paille. »
(COLOMBIME.)
ENTHOUSIASMER . Allumer ,
Chauffer^ Emballer.
«Il a passé pour avoir fait des
ravages dans le cœur des Pari-
siennes du meilleur monde, quel-
que peu névrosées et toujours
prêtes à s'emballer pour un excen-
triaue que la mode a mis en
vedette. »
(Maorice de Kébouam.)
ENTHOUSIASTE. JEmhallé,
« Nous nous rappelions le beau temps
de fièvre et de mirage où dans le
monde, toutes ou presque toutes,
emballées à fond de train, nous
avions pour ce soldat piaffeur des
yeux de Chimène. »
(Coi.OMniNE.)
ENTRAIXEU. Engayer, Engrai-
ner. V. Embaucher.
ENTRECHAT. Aile de pigeon.
«1 Et les voisines rigolaient ferme à
voir cette moucheronne de quatre
ans battre des ailes de pigeon et
faire le grand écart pour imiter sa
mère. »
(DUBOS.)
ENTRÉE. Encarrade.
« A mon encarrade chez V quart
f avais dans la tronche de m' mette
les arpions sous la quarante et d*
les donner tous ; mais j^ suis pas
Tache et j'ai battu niort. »
ENTREMETTEUR. /Im^assadeur,
Dariolet\ Éléphant, Marchand de
bidoche, de viande, Ogre,
« P. Joseph Le Roux dit dans son
Dictionnaire comique : « Ambassa-
deur d'amour, c'est une manière de
parler qui exprime honnêtement ce
qu'on appelle en terme libre un
Maquereau, un vendeur de chair
humaine. •» Puis il ajoute : « Cette
différence est cepenaant à remar-
quer qu'Ambassadeur se dit d'une
Eerâonne qui porte les poulets et
illets doux d'un grand seigneur à
sa maîtresse, comme Mercure por-
tait ceux de Jupiter, G. ceux du
maréchal de *' a Paris, et le duc
de *** ceux du Roi lors de ses
amours. Au contraire Maquereau,
c'est ordinairement quelque filou
qui fournit du gibier aux acadé-
mies d'amour, dites Bordels. »
— ENTREMETTEUR DE PÉ-
DÉRASTES. Rouspant ou
Rouspont.
ENTREMETTEUSE. Ambœfsa-
drice^ Dabe, daronne, doche ou
mère d*occase^ Entraîneuse, Lan-
ceuse, Maca^ Macca, Macsée, Mar-
chande^ fourgueuse, soliceuse ou
vendeuse de barbaque^ de bidoche,
de blanc, de poules, de viande y de
volaille (indistinct.), Mère maca^
Mère ogresse^ Ogresse, Rabatteuse.
Or, uo jour, la mère maca
Qui rabattait pour ces antiques,
1/aperçutet la relaqua.
Car, il Tallait à ses pratiques.
Des roomignardes sans nichons,
Des fillettes aux formes grêles,
Des mignonnes pâles et frêles.
Pour les amuser. Vieux cochons !
(A. B.)
Tu parl's d'avoir un' dab' d'oecase.
Un' mat»€ qu'amèu les poireaux?...
J'aim' mieux qu' lu raroèo' à la case!
Tu les Tras p't-ét' pas aussi gros
Ou'arec ta fourgueuse d' volaille;
Mais Vogress\ c'est pas ton ognon :
A t' Trait masser tout' la joumaille
Et kMulott'rait tout... not' pognon.
{L. DE Bbrct.)
« La vieille dame qui vous servit ce
soir de chaperon, entraîneuse d'ime
utilité reconnue et digne de notre
estime, vous expliquera dans l'inti-
mité, et non sans quelques anec-
doctes à Tappuif le mot et la
chose. »
[Kvj^t Maisehot.)
ENTREPRISE. V. Affaire.
ENTRER. Embarber, Emboîter,
Encarrer, Encasquer, Enquiller,
Entiffer, Entôler, Enturner,
« Au moment qu* yembarbe dans ta
piaule, y dégotte la Méloche en
ENT
— 201 —
ÉPÉ
train de s' faire téter la pAche par
le gas. »
On a bouclé la lourde :
Midi pour emhoUerl
Mézigue est pas falourde ;
Il va la débrider.
{yieille chanson argotique.)
Pour ta poir' je m'erapaume!
Et, tirant le loquet :
Eneanr', bonit la môme,
Tu seras mon maquet.
(Id.)
J'enquitle dans sa cambriole,
Loufa malura dondaine.
(Chanson de Vi'Iocq.)
Mais si. pour entôler en douce.
Tu vois que c'est trop durillon,
Avec Jacques d'une secousse
Entife dans la condition.
— ENTRER DA\S UNE AF-
FAIRE. Engrainei'j Être de la
binaise. V. Combinaison, Em-
baucher.
EXTRETEXEUH. V. Amant.
EXTRETEXIR une maîtresse, un
amant. Casaiiery Éclairer y Ra-
quer ^ etc. (V. Payer), Engrais-
ser, Protéger.
Sûr que non... i's peuv'nt tous crampser
Si n*ya qu' moi pour les engraitser.
J'en veux pus d'marlou!... ca tous croûte
Tout c' qu'on gagne et tout c qu'on gagn' pas...
(A. B.)
« — Le cercle de papa? On le con-
naît I Cest une petite rousse des
Fantaisies qu'il protège depuis
trois ans. »
{Le Diable boUeux.)
EXTRETEXUE. V. Prostituée.
EXTRETIEX. V. Conversation.
EXVOLER (S'). Cava/er, Secavaler,
Se tirei* des plumes, et presque
tous les verbes signifiant S'en-
fuir.
« Le môme avait laissé la porte dé-
bouclée et, quand la dabe est rentrée,
le fifl s^avait cavale de la roquette
à serins. »
EXVOYER . Balancer , Foncer.
V. Caen.
((
— ENVOYER PROMENER.
V. Promener.
ÉPAXCHER (S'). Déclaquer.
« — T'en as gros su' 1' cœur?...
Déclaque, ma vieille, ça t' fra du
bien. >•
ÉPARGXE, ÉPARGXER. V. Éco-
nomie.
ÉPAULE. Courbe, Endosse.
— LES ÉPAULES. Bascules, En-
tablement, Plaquantes. V. Dos.
» Tu parles, il a les pognes comme
des courbei d' morne; alors tu
piges quand il laisse tomber ça! »i
ÉPAILETTE. Patte,
Son rêve de tireur au grenadier
était de porter la palle verte de la
section hors-rang. »
— ÉPAVLETTES D'OFFICIER
SUPÉRIEUR. Graine d'épi-
nards.
— COXTRE-ÉPAULETTE. Ga-
lette, Patte de crapaud.
Noble galette, que ton nom
Soit immortel en notre histoire,
Qu'il soit embelli par la gloire
D'une brillante promotion.
( Chanson ni itita ire . )
Les musiciens d'infanterie, jus-
qu'en 1876, ont porté la patte de
crapaud jaune et rouge. »
ÉPÉE. Aiguille, Aiguille à tricoter,
Artie •, Astic *, Flambe, Fourchette,
Gandille *, Gaudille *, Guindrelle *,
Joyeuse, Lardoire, Paille de fer^
Spada ou Spade (hispanisme],
Tangente au point Q ou simpt.
Tangente (arg. des polytechni-
ciens).
« Vaiguille à tricoter a donné ferme
ces jours-ci; rien que pour cette
dernière semaine, l'Affaire a amené
entre journalistes cinq déjeuners à
la fourchette. »
(J. P.)
(( Le colon tira sa lardoire et fit son-
ner au drapeau. »
«
épe)
— 202 —
ÉPO
« — A toi-z-à moi la paille de ferl
s'écria le réserviste une fois en
garde.
— On ne cause pas sur le terrain I
gronda le maître d'armes. »
a Le bicorne sur Toreille, la tangente
battant la botte, notre conscrard,
fier commer Artaban, descendit le
bour Miche jusqu'au quai. »
— ÊPÉE-BAIONXETTE. Cure-
dents, Curette, Spatule, Spatule-
curette. V. Baïonoette.
ÉPERVIKK. (Pèche.) PrUon.
ÉPICIER. Cornichon, Épicemar,
Êpicemincef Épice-vinette*, Épine-
vinette *.
u Parait qu'on décore maint'nant les
épic'mars, les cabotins, les bistrots
et m^me les infirmiers et les infir-
mières. >)
ÉPIER. V. Guetter.
ÉP1LEP81E. Diguedigue, Embar-
bernent,
ÉPILEPTIQLE (FAUX). Batteur
de diguedigue, Sabouleux.
(i r flanche dans les quartiers rupes :
il est batteur de diguedigue. Ya tou-
jours un poteau avec sézigue qui
s'amène comme au hasard et qui
fait la manche quand el' trèpe est
nombreux. •>
ÉPIXARDS cuits. Bouse de vache,
Cataplasme,
ÉP1\E. Picon,
« — Prenez garde aux picons, dit la
fleuriste en me tendant les roses. »
ÉPIXGLE. Piquante^ Têtue.
Tenez, ma tante,
Vot' jupon est Tendu ;
Vlà-z-un* piquante
Pour qu'on n' vous voi' pas V cul.
{Refrain de caserne.)
ÉPOx\GE. Citrieme, Indiscrète.
ÉPOUSE. Associée^ Bergère, Boite
à chagrins, ^Bourgeoise, Choléra,
Crampon, Éponge (à-peu-près).
Gouvernement, Légitime, Largue,
Marque, Marquise, Panaris, Po^
tence. Scie, Tortue. V. Femme.
« — Pierre est un bon copain, arfir-
luait le contremaître ; mais c^est
embêtant qu'il vienne toujours avec
son f^^soczé^. Il devrait bien de temps
en temps laisser sa sc/6 à la maison.
— Sûr! appuya Eugène, si j'avais une
boîte à chagrins comme la sienne... »
Me v'Ià, I^ur', V éponge à Polyle.
C'est un beurr' comm' nous nous aimons,
Mon homme et moi nous somm's l'élite,
La fleur, la crèm' des buil's Chauroont.
(A. GiLL.)
C'est pas un' vi' qu' la cell' (jue j' mène :
J' bouff du pot au feu tout la s'maine !
J' m'en vas chan^r d' youvernement.
« Via Polyte qui s'amène avec son
crampon ; sûr que y aura du gauche
avant la fin de la journaille. »
« Il ne manquait jamais, quand le
vent soufflait dans les voiles et qu'il
y avait fort tangage, de battre la
charge sur la hure de sa légitime. »
{Les Propos du Commandeur.)
« Comme ce serait quasiment une
fête de famille, le mécanicien de-
manda la permission de venir avec
sa marquise, exceptionnellement. »
(II. DCPOXT.)
« J'arrive ; j' frappe ; ta potence vient
m'ouvrir et s' met à m'agoniser...
Si j'aurais un panaris comme çui-là,
j'aimVais mieux m' passer d' marque
toute la vie. »
ÉPOVSKn. Enli/ler*. V. Se ma-
rier.
— En parlant d'un noble qui
s'unit à une riche roturière :
Fumer ses tenues.
— En parlant d'un homme
qui s'unit à une fille mère,
a une veuve qui a un enfant :
Épouser ou prendre la vache
et le veau.
ÉPOUVANTER. V. Effrayer.
ÉPOUX. Êpoussetoir, Épouvan--
table, Homme, Légitime, Singe.
ÉPR
— 203 —
ESC
— Les femmes du peuple di-
sent en parlant de leurs
époux : Le mien, Le tien, Le
sicHy Le vôtre.
— ÉPOUX QUI SE LAISSE
ME^ER PAR SA FEMME.
Andiéy Badouille^ Chau/fe-la-
couche.
— ÉPOUX QUI S'OCCUPE DES
SOI\S DU MÉNAGE. Tâte-
poule.
— ÉPOUX SUR LE POINT
D'ÊTRE PÈRE. Monsieur Go-
dard,
m Huit jours après notre mariage,
mon homme découchait. »
{Le liadical.)
Et qui que j' dégott', nom d'un chien,
En allant mett' couler uol' liogo?
— Chez r ma8tro<|uet du cuia : le mien
Suçant la bleue avec ton singe !
t'/est un chau/f -la-couche, un' vrai' moule!
Et si c' godot-lâ d'vient godard,
Ya des cnanc's pour que Tobjet d'art
Qu' la mômièr' sortira du moule
Soye r portrait d' son cousin
Ou' ben celui d'un voisin.
(Blldoiit.)
u — Vous avez vu son épouvanlabie'!
C'est un vrai chauffe- la- couche;
elle ie mène par le bout du nez. »
ÉPRENDRE (S'j. Se chiper pour.
V. Aimer.
ÉPREUVE. V. Adversité.
— ÉPREUVE DIMPRIMERIE.
Suivant que l'Épreuve sort des
mains du compositeur ou de
celles du corrigeur après pre-
mière, seconde, voire troisième
correction, on dit que le cor-
recteur corrige en Une, en Deux,
en Trois, etc. L'Épreuve tirée
sur la mise en pages se nomme
Morasse.
ÉPROUVÉ. A/franchi, Franc.
« C*est Jean-Louis, un bon enfant;
sois tranquille, il est franc... J'en
réponds comme de moi. »
(M. Mabio kt L. Launay.)
ÉPURATION de personnel. Lessi-
vage, Lessive. V. Changement.
ÉQUIi»EME\T. Fourbi, Harnais
de grives, Saint-Frusquin. V. Vê-
tement.
f< — Vous allez me c rastiquer » tout
votre fourbi, commanda le double.
Je passerai À dix heures et tâchez
(|ue votre boutique soit installée...
et que ça brille ! »
ÉQUIVALENT. Kif, Kif-kif, Kif-
kif hourrico ou simpl. Bourrico.
Si tu veux <ic la gibelotte
Que rai:»-tu ? tu prends un lapin;
Comme tu fauches, saperlotte !
Le bU* pour to p<^trir du pain.
Eh bien, nour le veau à l'oseille,
Vois-tu, c eî»t Kif kif bourrico :
11 te faut d'abord d»» l'oseille
El puis, héla«'. tuer un veau.
(R. PoSCHOÎt.)
«< Au lycée où le conduisit la suite de
l'idylle de sa mère, ses camarades
l'appelèrent Chactas, sous prétexte
que Chactas et Ahasvérus, c'était
kif- kif. »
(E. La Jecnbise.)
ÉRECTIOX. Colique bdtonneusc
ou cornue, Godille (obscène).
— ÊTRE EN ÉRECTION. Avoir
des idées, Avoif le bambou, le
bâton, la canne, la gaule, la
tringle, la trique, le verre de
lampe (obscène), liander (id.),
liandocher (id.), Goder (id.),
Godiller (id.), L'avoir dur, du-
rillon, en Vair (id.). Etre en
appétit. Être dur, duHUon
(obscène). Porter ou présenter
les armes, Riocher (obscène),
Tendre (id.).
«'Oh! ma chère enfant, ajouta la ma-
trone, vous pouvez sans crainte
rester seule avec lui. Il y a belle
lurette que le vieux sapajou n'a
plus d'fdées. '>
{La Gaudriole.)
ERRER. V. Vagabonder.
ERREUR. Gaffe.
ESCALIER. Bricard\ Échelle,
Grimpant, Lève-pieds, Montant.
ESCAMOTAGE. Étouffage.
ESC — H
ESCAMOTER. Escaner, Etouffer,
Passer A l'as, au bleu. Se moucher
de {arg. des joueurs).
• Réaultatlundenii-milliandWau^^.*
(Ml
M.)
Etou/rti
IGk..
■ — Pourquoi, dem un lierez- voua, ilil-
on ïu cercle se moucher d'un louii
pour : voler vingt francs? Pourquoi
ca régime indirect? alors que ooui
disioni et dison» encore dans le
■ens de gagner ou de chaparder :
Je lui ai mouché see liilles... j'ai
tnoucki cent lOua à papa. — Pour-
quoi? Ouvrons l'étude de Cavaiilé ;
« Le» Flloulerie» du Jeu ■, nous y
liaoni ; - Lei garçons de jeu se
mouchent fréqueuiDient au tapis
vert, ce qui leur permet d'eacnnio-
ter ua ou deux louis dans leur rnou-
cboir. L'expression eat devenue
proverbiale. On dit d'un garçon
_.. ._ _ ._ .._ j^ quelque
est mouché
a foi, I
îipliw
ESCAMOTEl'R. Dragueur, Es.
ESCARGOT. Coquillard, Cornard
baveux. Légiste.
ESCLANDRE. V.Bndt, Scandale.
ESCROC. /lii/'«^'i (pourAigrerin),
Américain, Arrangeur, Baehotteur,
Befftur, BHe, Briseur, Carottier,
Chanteur, Charrieiir, Croc (aphé-
rèse), Uingueur, Dragueur, Dro-
guew, Empiteur, Emporleur, Em-
poutteur, En/ileur, Es (apoc.),
Estampeur, Faisan, Paisandier,
Paitant, Faiseur, Franc-bourgeois,
Fusain, Pusitleur, Grec, UaUre-
chanteur, Maitre de chant, Min-
geur, Monteur, ik cou ou. de coup.
Pratique. Rasta, Rastaquouère,
Rouspant ou Rousponi, Roustis-
seur, Soliceur de zif, Tombeur.
V. Commarc».
— MéGei-vous, iuaisia le baron,
méflez-vous ; ce« soi-diaant ban-
quiers nie font tout bonnement
I eHet d'babiles arrangeurs. ■
Les briieurs gont toua Auvergnats
et ae prétendent commerçants. Ils
s'enlendent pour inapirer la con-
flance à dea tabricants qu'ils trom-
pent pour une groase somme après
leur en aroirp&j'ë plusieurs petilei.
Les marchandiaea briséea sont re-
vendue; à 40 pour 100 de perle et
le produit de la brisure est p!ric#
(ViD.
Vempousteur eat un escroc, faisant
métier de vendre à des détaillants
de mauvais produits dont te pre-
mier depût a élé, pour les allécûer,
acheté par des compèrea, »
C'était un emporleur très exercé.
Sea victimes étaient les bijoutiers,
les orfèvres, les fourreurs en re-
nom, qui lui livraient des marchan-
dises de prix dans des appartementi
richement meublés qu il louait i ta
semaine, quelquefois même à ta
journée... II faisait passer le livreur
dans une autre pièce, où il le laîs-
aait seul en le priant d'atlenJre une
seconde le régfenient de sa facture;
puis il filait avei: son butin, h
(£a Cocarrf,.)
Le voleur s'extasie sur sa chance.
11 vient de trouver une bague ou
une épingle de prix. Il attend que
le badaud donne aon avis. Si ceTui-
ci dit : " H Faut porter cet objet
trouvé au prochain bureau de po-
lice >. l'homme a'eaquive aani rien
ajouter. Si le bon bourgeois ne dit
nen ou admire le bijou, le eharriew
(voleur à tour d'adresse) le tourne,
le retourne entre ses doigts, comme
embarrassé, et dit : a Je ne saurù
que faire de cela... elle vaut au
moins quarante francs, cette bague;
si j'en trouvais vingt francs, je la
céderais bien!... » Neuf fois sur dix,
le badaud tombe dans le piège; il
ESC
— 205 —
ESC
peDBc que rhomme ne sait pas la
vraie valeur du bijou, puisqu'il
évalue quarante Trancs ce qui vaut,
à vue d'oeil, et par le poids, soixante
ou guatre-vingts francs. Il lâche son
louis et le tour est joué. La bague,
3u<ind elle est estimée, vaut à peine
eux ou trois francs. »
(La yation )
« Un empileur aussi, celui là avec
son eau bénite de cour! un faisan-
dier qui vous arrache mille francs
ou cent sous pour décrocher la lune
et dont on ne revoit jamais un
(jfrelinl »
=< Et alors les cnfileurs^ les rasliis, les
roustisseurs et \e^ faisants iront
faire leur prévence en rambrouse. »
• Il n'a nit'^me pas la ressource de
dire qu'il arrive d'Amérique. Ce
n'est mAme pas un rdsiaquouève. »
(GKoncita OnNir.)
«t — Filou î r/ts/rt ! lapin! Parbleu! je
m'en étais doutée. Tu étais trop
malin au lit! Mais, voyez un peu, ça
se promène dans les bals, ra relu-
que les femmes, ça a des bagues
aux doigts, ça offre à souper. —
îi l'œil, je parie ! tu es sorti pour
parler au maître d'hôtel ! — Ça pro-
met des cinq louis, ça laisse sur la
cheminée des albums avec des
princes et des rois... et ça n'a pas
de quoi payer ses rhapeaux ! >»
(Catulle MFsnfe».)
a Quant a sou étymologie, ne nous
faut-il voir dans rouspant qu'uue
syncope de « rouspétant », parce
que l escroc qui fait chanter les
pédérastes joue l'indignation et
fait de la « rouspétance » ? ou doit-
on se rallier à l'opinion de M. L.
Larchey qui le fait dériver de
•c rousse » : police, parce qu'il se
pose en agent des mœurs pour
faire chanter ses victimes? Il est
difCfcile de se prononcer. »
(PUNEI.LI.)
H — Les anarchistes, fit le farouche
rond de cuir, les anarchistes sont
tous des pratiques et des estam-
peurxl Et ceux qui les soutiennent
ne valent pas mieux ! »
{/.a /ienaissnnCt'.)
ESCROQUER. .Bachottei\ Brisei-y
Charrier^ Emporter le morceau^
Estamper, Faire chanter, Fusiller,
Monter un arcat *, une drague,
Roustir, Tirer une dent, Tomber.
u Mais mézi&fue est un bath zigue
incapable d' faire chanter ses cor-
respondants. »
(TllUMLOT.)
«« — Avant que la destinée eût fait
de moi un escroc, j'étais un simple
fumiste. Disons qu'un escroc est
un fumiste inti'ressé, ou que la
fumisterie, c'est de rescro(|uerie à
blauc. Il n'y a pas de joie plus déli-
cate que celle de charrier les gens.
— Charriera
— Charrier ou promener eu bateau.
Je vais, tout à l'heure, promener un
jeune homme en bateau, mais non
pas k l'œil, el j'attends de lui un
copieux salaire... Au revoir, ma-
man. Le diner à sept heures? J'es-
père vous rapporter du dessert. »
(TaiSTAîi Bkr?(ard.)
« Ces gens qui, dès le début de leur
entreprise, font parade des plus
sérieuses références commerciales
et qui posent au négociant notable,
ne sont ordinairement ciue d'in-
fAmes fnsiUeurs écoulant à vil prix,
fusillant les denrées que leur a
acquises leur éphémère crédit. »
'< Vous êtes un naïf trop facile à
refaire et vous vous laisserez rous-
tir jiis(iu'à la mort. »
ESCROQUERIE. Arcat \ Brisure,
Charriage, Chou, Coup de fusil ou
de pistolet. Drague, Emportage,
Estampage, Estampe, Poulninte *,
Roustis!iure, Tombagc.
« La bande noire possède dans le
neuvième et dans le dixième arron-
dissement deux maisons spéciale-
ment affectées aux coups fie fusil.
Dans ces entrepôts de la tîibuste on
trouve tout : cas de soie, chrono-
mètres, vases de nuit, éventails,
galoches, ombrelles, pianos, rai-
siné, photographies obscènes, cly-
sopompes, diamants et bonnets ae
coton... c'est uncapharnaum indes-
criptible. '»
(Ho«iSR-(ÎKISjN.)
ESP
— 206 —
EST
ESPION. Capon, Casserole, Cuisi-
nier^ Fileur, Friquet, Gobe-mouche,
Macaron, Mireur, Mouton, Son-
deur. Roussi. V. Dénonciateur.
— L'Espion se désigne encore
par les termes qui signifient
Agent de police.
« — Ceux que j'attaque, ce sont ces
reporters sans vergogne qui ne
craiffnent pas d'aller parmi les cas-
seroles recueillir les cancans de
cuisine. »
(GORO.X.)
« J' n'offre pas ma confiance au pre-
mier venu et encore moius aux
roussis. «
(MACft.)
ESPIOXXAGE. Cuisine, Filature,
Macaronnaye, Planque, Sondage,
.^onde.
« La cuisitie a été longue : on m'a
tortillé, retourné. »
(RODOT.)
« Le souteneur qui fait la planque
Eour voir si sa femme travaille
ien. M
(Gonoj«.)
« Souvent la planque est compliquée
de filature. »
(lo.)
<c Le coup avîiit sûrement été monté
par l.'i bande des Espadrilles blan-
ches qui avait son (|uartier général
au Troue; on décida donc d'orga-
niser un S'tnd/rje sérieux de ce
côté, u
\f.a Cocai'ih'.)
ESIMCKWER. Caponnev, CuUiner,
Piler, Alacaronner, Moutonner, lie-
filer, Sonder.
« Le gendarme me laissa passer.
Mais craignant d'être filé, je me
dirigeai vers la demeure de mon
ancien patron. »
(Sotieu-Laiminx.)
Ma sœur est avec Kloi,
h»nt la S(Pur est avec moi.
l.' soir, «u" r UoulevarJ, ej' la rfilt*.*
A BoH'ville,
Comm' ça j' traga* pas mal de braise.
Mou beaa-fr^re en gagne autant,
Pisqu'i* r'/iV ma sœur Thérèse,
A Ménilmontant.
(A. b.)
— espionneu xuit et jour.
Coucher et lever la personne
qu'on espionne.
<i En réalité, le chef de la Sûreté écri-
vait — pour ses agents — l'ordre
suivant :
Ne partez pas. Ce que je vous dis
de faire est un truc. Regardez bien
l'individu que vous avez devant
vous. Il va sortir tout à l'heure. A
la porte de la Sûreté, désignez-le à
deux autres de vos collègues, de
ceux qu'il n'aura pas vus comme
vous. Filez'ie, couchoz'\e, levezAe
et ouvrez l'œil.
Les expressions de « lever »» et
de « coucher » s'emploient à la
Sûreté communément, pour indi-
quer que la surveillance doit s'é-
tendre la nuit et le jour, à la porte
des malfaiteurs qu'on file. »
{Le Journal.)
ESPKIT. V. Intelligence.
ESTIMER. Avoir à la bonne, En-
caisser, Gober. V. Aimer.
ESTOMAC. Battant, Bocal, BoUe
à (jaz. Boudin, Bréchet, Estonie
(apoc). Fanal, Fusil, Gave, Ga-
riot. Gazomètre, Gésier, Gève,
Place irarmes. Plomb, Sable*,
Tire -lire.
Si (yi'y reviendrait juste d' not' temps
Quoi doue qu'y s' foutrait dans 1' battant"^
(JlHAX RiCTCS.)
V'ià des poî^t's qui piuc'nt leur lyre
(Malgré qu'y n'aient rien dans 1' /iiti/),
V'ià les Parigots en di^lire
l'ass' qu'v pouss' trois l)rancli's de persil
(Id.)
Vou"j m' direi : C'est la Toison d*Or.
1,'u ordre royal qu'on accorde
A FV'lisque pour l'honorer...
fis ça \ tiendra chaud à c't homme
De s" mette un mouton su' Vfstome...
... hrôle d' nnniôr' de s' di^corer!...
(A. B.)
EST
— 207 —
ETE
Au cidre! aucitire! il Tait chauJ.
Va encore à 1' rave!
[)ii cidre il Ta ut
Plein la gave^
Ou cidre il faut
Plein r gariot.
(J. lllCHflM.N.)
Au cidre ! Au cidri)! il fait chaud,
J* m'emplis la ttr'lirc.
(lu.)
« On appelle les jambes des pincettes :
les bras, des allumettes; la figure,
une trompette; et restomac une
botte à gaz. >•
{Les Loculions vicini8''s.)
« Quand notre hongre n'avait rien
dans le faunl, la seule promesse
d'un bon déjeuner Taurait fait con-
sentiraux plus périlleuses besognes;
mais une fois le gésier gnrni, l)er-
nique ! plus d'homme. «
« — Passe-toi ça dans le bocal, fiston.
11 fait froid ce soir et il faut nous
capitonner la pince d'armes. »
— KSTOMAC FATI(;i'f:. Eslo-
mac en meringue.
« Un vieil homme qui avait tant hu
qu'il avait Veatomac en merinifue. »
f'HOYS\IA>S.)
- SE MKTTUK ^^UEL^IUE
CUOSK DANS L'ESTOMAC.
Se le coller dans C fu^il, sur la
conscience.
« En mi'me temp^(, il leur tendait à
chacun un morceau de pain. Et,
pensant que l'aîné, ({ui lui parais-
sait plus digne do sa conversation,
méritait quelqu»? encouragement
spécial et devait «''tre débarrassé
de toute hésitation à satisfaire son
appétit, il ajouta en lui donnant la
plus grosse part :
— Colle- toi çti dans le fusil. »
(Victor Hrr.u.)
« — Allons. c(dlc-foi ça sur la cons-
cience, lui dit la bonne femme en
lui tendant un bol de bouillon. »
J. Lanohf.)
ESTUOPIK. ^tropiat.
1 C'est un bistrot où qu' vont tous
les bombés, les béquil lards, les
berlus et les stropials et où qu'i's
s' rencar«lent les uns les autos sus
les coiustos où 1' trèpe est 1' pus
bnth. »
— FAUX ESTROPIÉ. Piètre.
« Quand son infirmité était feinte, le
malingreux devenait un piètre ; et
le piètre était toujours de mauvaise
roncontre. »»
KTABLK. Poiif les bôles bovines.
Cornière.
— Pour les ovines. Mornière.
KTABLISSKMKXT. Taule, Tôle.
V. Boutique.
KTAIX. Knime ou Écume de terre,
Lermon '.
ÉTALAIiK eu plein vent. Abat-
taue,
« L* liorgne envoyait dos salades à
tous les fourgues fju'avaient étalé
leur ahnttage jsu' l rade du boni'
Richard-Lenoir. »>
KTAMKR. Lermoncr\
KTAJIIEl'n. Êcumcur.
KTAT-M A J O l\ . Corps • de-pompe,
Les eau.r grasses, La graine d'épi-
nards, Les grosses légumes.
« A l'École de cavalerie de Saumur
et à l'École sp«'ciale <lo Saint-Cyr,
l'état-major est sunionim(S corps-
df-pompe par les éb'ves-officiers. »»
« Il avait cependant l'ospoir de faire
bientôt partie dos eau.r-grasse.'t et
de voir ain?i reculer sa limite
d'âge. »
ÉTÉ. ¥Aochc, Jaune.
nuan.l cVsl Vètoche on [mîuI, dans 1* jus
l'i«|inT de-» lroiich<»'«...
''Bi.M">iiT.)
ÉTELXDRK. Étrangler.
« — L'o-xtiuction dos frux rsl sonnée,
cria le caporal i|u'ou surnonimnit
le Pariiîot; étranglez la calbombe
et tâchez de la boucler, vous
autres. >.
« C'est une dette qu'il faut quo j'é-
trangle si je no veux pas avoir des
ennuis du coté du |)aterne!. >•
ÉTÉ
— 208 —
ÉTO
ÉTEXDRE. Affaler,
« L'hercule affala son tapis, aux
coins duquel il plaça ses poids et
ses haltères, jeta son paletot au
joueur d'orgue et commanda : « En
avant la musique! »
— S'ÉTENDRE. Affaler, étaler
sa barbaque, sa tidocfte, son
gnasse, sa viande,
« Il avait étalé sa viande, su^ V talus
des fortifs et i' ronflait à poings
fermés. »
ÉTIRER (S'). Allonger son veau.
« — V'ià le veau qui s'allonge, dit le
contre-coup, en voyant s'étirer
l'arpette; le cuir ne sera pas cher
cette année! »
ÉTOILE. Pileuse, Louchette, Lui-
sante, Luisarde. V. Ciel.
Moi. j'aim' ça, dormir dans les près ;
Le foin, c'est pus moelleux qu' la toile.
Et puis, dans les cieux azurés,
Souvent j'aperçois une étuile
Qui vient s' placer juste au-d'ssus ci' moi :
J'y dis bonsoir à la fileuse.
Et j' m'endors heureux comme un roi...
C'est r hon Dieu qui pay' la veilleuse.
(A. B.)
Mais quand il est nib de luisarde,
Quand le Mec des Mecs ne hasarde
Sur la tifçnc pa^ un clignot,
J'enquille chez un ligorgnot.
(L. de: Bcbcy.)
ÉTO.WAMMEXT. Épdtammcnt.
« C'était un type épatumment chic. »
(6'i/ nias.)
tTOWWT. Bleu, Bouf, Cala-
pultucux, Êgnafant, Égnaulant
ou Égnolant, Éj)astrot(Hlant, Épa-
tant, Êpatarou/lant, Épatoufflant,
Épaulant, Époilant, Ksbloquant,
Esbrouffant, Espatrouillant, Éva-
sant, Obélisfuily Tuant,
« — En auriez-vous ueur'?
— Carrément, l'abbé. Vne peur bleue. »
(H. LAvtt)A^J.j
« — Et vous ne trouvez pas êgnafant
qu'il ait le culofde venir, après ce
coup-là, me taper de vingt-cinq
louis ?
{L'Événement Parisien.)
a C'est égnaulant tout d' mc^me de
voir des gonciers comme çui-là qui
s' la coulent douce... »
« Et c' qu'i' y a iVépoilant, on n'a
pas rencontré trois vélos. »
« Un appartement épastrouillant, des
toilettes obéliscales I Et un train de
maison ! ma chère... C'est tuant
tout de môme. Quand je pense
Qu'il y a trois mois, elle logeait
dans un garno, boulevard de la Cha-
pelle! N
{Le Fin de siècle.)
« Ça semble espatrouillant, y a pour-
tant rien de bien malin. *'
{Le Père Peinard.)
ÉTOXXÉ. Abafointé, Abalobé.
Baba, Bleu, Epaté, et près-
Sue tous les participes passés
es verbes signifiant Étonner.
V. Ébahi.
— ÊTRE ÉTOX.NÉ. En baver.
En roter (on peut ajouter Des
rojids de chapeau'^, En être
comme une tomate. En être
mort, occis, tué. En être de là
ou de d'ià, comme un glaude,
comme une saucisse, comme une
tourte.
— Avec une pointe de dépit.
JVe vouloir plus vivre.
H — Vous m'en voyez tout bleu, moi
qui vous parle ! Je croyais à la
Sibérie. »
(É. Bemgerat.)
« Quand on y a dit qu'a le fsait cocu,
il en bavait; mais, alors, du coup
qu'il a su qu' c'était avec son fran-
gin, il eîi est resté comme vne sau-
cisse, i' n' voulait pus vivre ! »
ÉTO\\\EME\'T. Épatemeni, Sca-
rabombe*.
u Vépatement du bourgeois est en
France la condition «c sine (jua
non » de réussite d*un« évolution
artisti«iue. »
(K. BERiiBSAT.)
ÉTOWXEK. Aplomber, Égnaffer^
Êgnauler ou Égnoler, En boucher
un coin. Épater y Epasirouiller^
ÉTO
— 209 —
ETR
Épataroufler, Êpatouffler, Épau-
ler, ÉfioUeTf Esbloquet\ Espa-
irouillei\ Estomaquer^ Estomirer,
Occire, Scarabomher\ Tuer.
• J'avoue que le viol surtout m'eslo-
mire, comme tous les viols mili-
taires, du reste, dont la belle his-
toire de rhumanité nous a conservé
rtionorable mémoire. »
(K. Bebuihat.)
« A m' racontait un vanne qui va
i'égnauler. »
« Ravi, le gentleman, époUé, radieux!
Ma prodigieuse habileté le stupéfie. >»
(0. AuaiOL.)
Parait quej' suis dab! Ça inesblonu*'.
Va p'tit salo. & moi 1' salaud !
Ma rouchi' doit tmtt' la berloque.
(J. KiCIICPIM.)
Uq désir liltcrtin jamais n'entre en ma tête ;
Ma femme est pour mon cœur lu seule attraction.
Jesuis l'époux heureux. Heureux nedit pas béte.
Ah î ça l'en bouche un coin, vieux gousse !
Dit en riant le bel Alphonse.
(I*. Paillkttb.)
« Et le pauvre homme était occis
d'apprendre que sa femme le trom-
pait avec un gendarme. »
ÉTOURDI. Lanturté % Lanturlu.
ÉTRANGER. Hacheur de paille.
V. Parler.
ÉTRAXGLEMEXT. Estrangouil-
lade, Estrangouillemeuty Ficelage.
« Tu as exploité jusqu'à plus soif les
pauvres diables; le moment est
venu de dégorger une petiote part
de ce que tu leur as barboté... Les
conditions suivaient Vestrangouil-
lement des deux morceaux dé salé,
si le papa ne carmait pas. »
{Almanach du Père Peinard.)
ÉTRAXGLER. Chanier à la méca-
nique, Cherrer au kik, au kiki,
Dévisser le ciboulot, le citron^ le
coco, la poire, la t)'onche, etc.,
Donner le coup de pouce. Donner
un tour de cU, de cravate ou de
foulard, Estrangouillei*, Faire le
coup du Père François, Ficeler,
Seirer le gaviot, le kik, le kiki, le
sifflet, la vis, etc. V. Assassiner.
« — Si tu t' jambonues avec son
orgue, tu boiras ; il est dix fois pus
costo qu' toi. T'as qu'un coup :
cherve-ie au kik d'auto des deux
pognes ou ficeV-le avec ton blave ! »
« Il avait r flube de s' faire dévisser
la tvonche par les crèmes d' Saint-
Ouen. »
« Il est de la famille de cet autre
(qu'on a nommé député depuis);...
un jour on le pince en train de
boulTer un rat ; la queue lui sortait
de la gueule, longue d'une aune :
» T'as bouffé le rat, qu'on lui fait.
— Mui, un rat? pas vrai, men-
teurs ! » Qu'il braille, à moitié
estrangouiiié. »
( U Père Peinard.)
ÉTRAXGLEl^R. Ficeleur, Laceur.
ÉTROIT. En parlant d'un loge-
ment : En coup de fusiL
u Un logeuient en coup de fusil qui
semblait bâti pour une anguille, x
(Ë. Zola.)
— Homme aux idées étroites.
Epicier, Philistin. V. Arriéré.
phUistin;( de toute robe,
Economistes et cornards,
Dites! quel océan dt^robe
Le clnir lingot, parmi les nardi?
(Laukixt Tailhade.)
ÉTROX. Chique, Colombin, Foc-
tionnaire, Innocent, Orphelin,
P^che, Rondin, Sentinelle. V. Be-
soin.
« Moi j' vas jamais m' tremper 1' cul
à Asnit'res; tu risaues, en fsant
une pleine, de t'y faire les dents
avec un colombin. »
« —Sais-tu ce que c'est qu'une
guenon* enfant de dix-sept pères,
espion (ïorp?ielins de muraille?»
(Vadé.^
Soudain, bell'-maman, d' sa voix d crécelle
Dit : ■ Comm' on sent Tort ! »
EU" v'uait d* s'asseoir près d'un sentinelle.
(Eto. Lbmibciir.)
A dit qu'a u'aim' pas 1' boudin
iv c' que, quand c'est dans son as?iulte,
Ça y fait l'etret d'un rondin.
(BlAdort.
u
ÉTU
2iU
EVE
ÉTUDE de nolaire. Mare aux oies.
ETUDIAXT en inédecine. Calou-
quet, Enciutc de la Faculté.
— Dans les hôpitaux. Carabin.
— Celui qui remplace bénévo-
lenieut un externe. Ihnipiou
ou bcnërolc.
ÉTUI. Gonjc, Pilchc.
— ftTiri SIXKKT que les iii.il-
faitiMirs se carlient dans l'anus.
Dastrin;/uf, liriufiezinfjuc^JH'in.
« Le bastrinf/ue est un instrument
presque classi<|ue dans les prisons
et dans les l)a«rnes. C'est un élui
que le prisonnier carhe dans les
parties \os plus intimes de son
corps. M
((JonoN.)
u Le briiuleziiiffue* c^i uu étui en fer-
blanc d'un diamètre peu considé-
rable et de douze à quinze centi-
mètres de longueur, dans lequel
les voleurs renferment une lame
d'acier purifié, taillée en scie, et à
trois compartiments, qui leur sert
à couper les plus forts barreaux de
prison. Comment arrivent-ils à
soustraire cet instrument de déli-
vrance aux plus luinutieuses inves-
tigations des g«?oliers ? C'est ce
qu'il faut demander au docteur
Tardicu, qui a fait une étude spé-
ciale des maladies de la gaine natu-
relle de cet étui. »
(Alfiieii Dklvau.)
« Quand un fagiie (forçat) est supposé
posséder un plan un le ujet en
cellule et on lui administre um*
forte purgation, dont un gâfe ou un
contremaitre attend patiemment
les eilets. >.
'LiABu-C«u;uT«.ii>.)
— ÉTl'l A EMPnHIM'LS. Hoitc
à Vandore.
— ÉTl'l lUC BOUCIIKIi où le
garçon d'écliaudoir met ses
couteaux. Ihutirjue.
EU (du verbe Avoir). Évu (corrupl.
patoise).
't C'est dos biens qu'il a évui de ses
jjarents. »>
KV\. Les fi<i'<ses, Leurs g-tiasses^
Leurs ijniasses, Leurs ynièreSy Se-
ziëres. V. Lui.
ÉVADEH (S'\ Camper, Casser sa
/icelley Chahier, Uebullonner, /)e-
earrer. Faire cric y Lever le patu-
ron. Prendre Jacques Déloqe pour
avocat ou pour prociireury S'atta-
cher un Indoa, uiik casserole, une
(fa'nelU\ Sf criqwr, S' esbal tonner,
V. S'enfuir.
f'rimipt', oiN*»' la fuel'c !
Au baihautlier bouts : m Hrau ! <•
lit ren(|uille crampfr eeli*-!
Que tu ^rerbf ;i mise à cran.
JVl.tis |ia«j hurdii! ;
I' m'a di'gour.lie
Kf m'aurait r'Iruiili»'
Si j'avais f.iit cric.
Kt — c't'St pas d' la chiuf —
(^omrae une mai'hino
Je ma-îsj' et j' m'échine
i'our qu'il ait <lu fric.
(L. DE l5r«JY.)
Ouand tu à'ras di'b<illonn>'
Ou te inoutrera la iiotto,
La l)uurri«ia' qui t'a donDÔ.
(Id.)
ÉVAXOUIU (S';. Faire la carpe.
Tourner de Vudl.
É V A \ O U 1 8 S E M E X T? Digue-
dique. V. Syncope.
É V A S I () A . Car a le , Campaue ,
Crampe, Ihcairade, Dèrarre, D^-
carrement, Levure. V. Fuite.
ÉVEILLER. Débloquer les clairs.
— K VEILLER les soupçons.
liuf/oùter.
ÉVE\TAI«E. Trimard.
ÉVEXTEK. Fig. Brûler.
« Ces demandes étaient presque tou-
jours tardives et lorsque me
agents arrivaient, l'affaire étai
dej i hrûlëe. »
(0ouo^(.)
KVE
— 211
EXA
ÉVEXTKEH. Crever la paillasse.
Entrer ou rentrer tlans le bide^
dans le hidnti, dans le r/nm, dans
le lard, dans le rentre. V. Assas-
siner.
ÉVÈQUE. Hichot*, Grand bonnet,
Hur(^-Hazis *, Prune de M^n^ienr,
Hochet.
ÉVEUTUEK (8'). >V di'.carrasaer,
Se dè'jriinr.ner, Se dcinawher. Se
démancher le Ir^u fie balle, le trou
du ♦-•«/, Se dcinanlibuler, S'éjunu-
Vi>r, Se (jrouiller. Se iirouilb r ou
se ma'jner le cul, les /V.sse.s, b
fi'jne, le tal, le train, iMr. V. Se
dépêcher.
u Et le lualheiinuix [.ass-iit ses jour-
nées et une p;irtio de ses nuits â
se dt^carca>s'^r pi»ur jKtdux rir l'.-ui-
teur de tou:> ses ni.uix. •
a Et pendant (pic je reste là, t\w je
me dcmauclw le truu de bulle à
ga^rnei* de quoi lui f... a lumlVer,
monsieur court les assouiuioirs. »
«I — Allons, ea ne va pas? Émouve-
Ini pourtant à in linir cet ouvraj^c-
là pour midi... sinon, du balai! »
— s'ûvMurL'icu vaim«:mk.\t.
Envoyer (h's coups de pied aux
tuûHches.
ÉVIEH. Uricr (corrupt.).
« — Tu trouveras la castrole sur la
pierre du levier, u
ÉVITEH. Kn parlant des choses :
Carotter ou Coaillonmr leseirice.
Couper à, Eschèquer",
« C'est en vain que le fourrier l'at-
tendit au café; il avait eouil tonné
le service, préféi ant au rendez-vous
du st»us-otr. celui ([ue lui avait
donné sa moukère. »
« Les zouaves qui la veille fanfaron-
naient pour couper aux marches,
ont lancé polochons et couvertures
et ils s'habillent en braillant. »
(G. D'EsPARBtS.)
— ÉVI TEK LKS <:OHVÉES OU
le service, le travail conunun.
Fricoter, Tirer au cul, au flanc,
au tjrenodier.
<» — On ne vous voit jamais à l'exer-
lice; vous ne réfjondez p.is à l'appel
d'ciize heures. Nous fricotez? »
Von .1 ({ui luut la iiiHUvai>i' lètc
Au rr:j;imoiit ;
I -i tir' an m/, Va font la hèti'
Inutil'iiU'itt.
;a. h.)
.« Du coup, j' uj'ai dit : « Mon vieux
lapin, si V major s' met dans 1'
cibuulot d' t'y passer, aux rayons X,
i' verra bien <|u' l'as juste lape et
({u' tu veux tirrr au /lauc. Alorss<.',
i>n t' foutra à la malle pour quate
jours ((u'i' faudra qu' tu t'appuies
<'omme rabiot. »>
( Attentlu que 1' temps qu'i's pass'nt
à marner l' llini,'ot et à s'envoyer
la mouise du Iroubade dessale un
peu tous les tUibards qu'espéraient
iirrr au f/retiadier en s'enjupon-
nant connue des gonzeeses ! et qu'il
en ress' toujours un peu d' ceux-là
qui renquiir pas au truc ai)rès V
service. «
— CKLII ^>i:i ÉIVITI-: LK .SKIl-
VICI':. Fricoteur, Tireur au cul,
au flan, au grenadier,
« Pendant la retraite de .Moscou, ils
reparurent en f:rand nombre,
cantonnèrent aussi loin que pos-
sible tles horions, fricotant au lieu
de se battre. Ils étaient connus
sous le nom de Bataillon des fri-
colcurs. »
(E.-M. Di Sai.nt-IIil.viuk.)
M'a n dm ra? mille ^iliernc:)!
Tas «io tireurs au grenaitier !
Pas plutôt quitté les casenie^.
Ou'ils ri'cltimcnt lo brancardier'
(L. DE lÎF.UCY.)
— En parlant des personnes :
Chicr ou flasquer du poivre à.
Apr«>s mou <l(>rnier barhotio,
J'.ii flnsqnè du pDÎi.'re à la rous^.
(J. lllCHEl'IN.)
EXAGÉUER. Faire du pallas ou le
{jrand chiqiiet.
EXA
— 212 —
EXC
Fttut qae j' te d'mande encor qaéqa* chose.
Ça s'nit qu* t'aiirs toir an peu mes vieux .
Vat-7, dis. J' t'en pri\ ma p'tit' Rose,
Malgré qo t'es pas bien avec eux.
Je n^ sais rien de c* oui leur arrÎTe.^
Vrai, c'est nai pour fair' du pallas^
Mais J' Toudrais bien qu* moman m'écrite,
A Matas.
(A. B.)
EXALTATION. V. EnthousiaBme.
EXAMEN. Colle. V. Élève.
EXAMINATEUR. Colleur.
« Toutes les fabriques de « bachots »,
le triomphe de la fumisterie de
l^éducation moderne, ont leur
colleur. »
(Uktob FnANct.)
EXAMINER. V. Regarder.
EXCÉDENT. Rabiot.
a — Aboulez vos quarts, dit le cabot
à ses hommes, y a du rabiot au
cahoua. »
EXCELLENT. Aux pommes^ Aux
petits ognonSf Choknosoff, Chok-
nofft De derrière les fagots, Fari-
neuXf Hurepoix*. V Bon.
Ma fill\ pour nous dépoter
De la purée où nous sommes,
il te faudrait dégoter
Un lin micbeton aux pommes.
Et, monté sur ses ergots
Il tira de sa corbeille
Un vieux poroard en bouteille
De derrière les fagots.
(BaiOLLCT.)
EXCESSIF. Fort de café, de chico-
rée j de moka.
EXCESSIVEMENT . Salement .
V. Beaucoup.
EXCITER. Aguicher, Baucoter,
Paire grimper, Faire monter.
Faire monter à V échelle, Faire
mousser, Monter. V. Colère.
« Elle le savait jaloux, pointilleux et
susceptible en diable et elle pre-
nait un plaisir énorme, une sorte
de volniué à le monter quelquefois
hors des limites permises, à le faire
grimper, comme elle disait en s*es-
claffant. »
— EXCITEE LES SENS. Agui-
cher, Allumer^ Portei* à la peau.
« 11 appelle la femme de chambre...
et comme il la trouve jolie, il le
lui dit... très clairement, sous le
nez de sa femme... il a raison, du
reste, d*aguicher la petite femme
de chambre, car elle est diablement
jolie !...de8yeux!... et un sourire!...
et une façon de regarder à travers
les cilsl... et un tact dans la canail-
lerie! »
(SCAMP.)
«c Entre horizontales.
— Tu sais? ce vieux à favoris blancs
qui m'a fait Tautre soir une décla-
ration au Jardin de Paris?... Voici
deux fois que je dtne avec lui et il
ne s* allume pas.
— Méfie-toi, ma chère, il doit être
de la régie. »
(HacToa Fa^KOK.)
« Elle avait la passion des billets
doux et Tavait inondé de son style
pendant plus d'un an! Chose
étrange ! Cette femme ne Importait
pas à la peau, et il l'avait aimée
plus que toutes les précédentes. »
Moutbabos.)
EXCLAMATION. Criblage, Crible-
ment. V. Cri.
EXCREMENT. Confiture, Déflaque,
Factionnaire, Fumeron, Galipot,
Crardien, Guano, Innocent, Mar*
chandise. Marmelade, Moulure,
Mouscaille, Mousse, Moutarde,
Orphelin, Plus fine ou simpl. Fine,
Pruneau , Rondin , Sentinelle ,
Tarte. V. Étron.
Il veut m'inrnser dans la rousse.
(*ouranoi pas m' fair* bouffer d' la mousstî^
J aim roieuK éV dos.
(J. KlCHIPl>.)
« — Mais, nom de Dieu ! que je uic
dis, sur quoi ce que je marche...
Est-ce que la couine a dégueulé?...
Ou bien c*est-il du raisiné?... >' Je
me baisse, je t&te. C'en était !
— De la /î/ie?
EXC
— 213 —
EXT
— Non, du raieiné... et beaul et
rouge!... »
(Hector FaA!<CB.)
« Y a des tvpes qui pourraient écra-
ser 36.000 étroQSf pétrir la mous-
caille de leurs dix doigts... parce
qu'ils ne sentent rien, c'est-y uue
preuve que ça ne pue pas? •
Almanaêh du Père Peinard.)
Toor aToir un noyau d' c'rise,
r V roui' dans la marchandise.
Que cochon d'enfant !
(COLUKttCK..)
EXCUSER (S'). Hcngracier, S'a-
platir,
EXÉCRABLE . Rogate , Houpey
Roupie, V. MauTais.
EXECRER. V. Détester. ^,^_.^
EXÉCUTER. V. Fusiller, Gnillo-
tinar, Pendre.
EXÉCUTEUR. V. Bourreau.
EXHIBITION. Guignolarde (arg.
des forains).
— EXHIBITION TROMPEUSE.
Tombeau des pantoufles (id.).
•■ — Avec son gonsc de satou des
Batignolles habillé en sauvage, il
pourrait mettre sur son entre-sort :
u Au Tombeau des Pantoufles, «
EXPECTORATlOiX. V. Crachat.
EXPECTORER. Glavioter, iirail-
lonner, Molarder.
<■ Avec des raclements de gosier qui
rauquaient crapuleusement, il ra-
menait du fond de sa poitrine
quelque mucosité gluante et la lan-
çait en Pair d'un long jet sifflant,
comme s*il eût voulu a toutes leur
cracher à la face.
Mais cela ne le dépoétisait point,
même cela : et beaucoup, la nlupart,
pour tout aire absolument loUes de
lui, allaient jusqu'à trouver quil
molardait d*une façon chic. »
(J. RlCHlIM!!.)
joue^ en mouille, en pince, Qui sait
y faire,
il en qratV. Lui, sa feoinM, su flllo.
Tout V monde y touch* — c'est en famille.
(P. pAiu.rrTB.)
r sait y faire à c' Iruc-là
Et va pcrsonn* qui yen r'raontre.
EXPLIQUER. Ronir.
EXPLOIT. V. Action.
— EXPLOIT D'HUISSIER. Fa/fe
à douleur,
EXPLOITER. V. Abuser.
— EXPLOITER L\\E RELA-
TION. En Jouer,
« Depuis que son frère est ministre,
il en joue. >*
EXPLOITEUR. Affamcur.
(I Et r salaud d* patron, Vaffameur
ramasse tous ses faffes; pis, i' s*
barre comme un foireux. »
EXPOSITION. Rutte aux pègres.
— Porte monumentale de
rExposition de 1900. La Sa-
lamandre,
« Nous en avons un exemple sous les
yeux, avec cette affreuse «* Pari-
sienne » huchée sur la porte de
rExposition que la belle humeur de
la foule a si bien qualifiée de
Salamandre, »
(COLOUIA.)
EXPULSER. V. Chasser.
EXQUIS. V. EzceUent.
EXTASIER (S'). S*estomirei\
EXTORQUER. V. Escroquer,
Voler.
EXTRAORDINAIRE. V. luouî.
EXTRÊMEMENT. Salement.
V. Beaucoup.
« ^ Ah 1 mon vieux, nous avons
EXPERT, adj. Oui en gratte, en I *a/«menf rigolé ! »
EXTRÊME-ONCTION. Coup d'a-
éré. Graissage de bottes. Refaite de
■ Quand I' ratichon a n
son coup d'aci-é, il a
aique! Ca y avait
p^Uquâ pour
''donnù des
EXTRÉMITÉS (LES). Aballis
V. Bras, Jambe, Main, Pied.
Uaii J'conipNDili pti> qu'on 9' rasf'ln gucul
four Bigncr d' quoi j y foui' du pim.
El' (riïail... ('estrt qui noni eriie.
HCm- tci ceui qu'eiHei nifiii i>fiti).
Vlà porquoi dop j' m'sl ml» en ((i*'o..
FABIIICAMT. Mu'iuilkur. V. le
nums des divers ror|i< d'ùlal.
FABltlltlj'E. V. Atelier.
FABRIIJL'KR. Ha<iuill.;:
PACt:. V. Vwago.
FACE A FA<:K. Eu qua.antu.
. Une rois
doniii' ea
geura. ■■
cri qiiaianU. V %'
«ians les prnndps
(nr
FACIIEII.
A resxaut.
MeUvc-t <T(ii(,'i rcn
oml
- Ça m' mel
rombières
vouloir e
gironde. »
<i lube i|unini j' voi
nussi roU|iP* s" un'
user 1' iit.irida i
dp
— SB FACHER. Èlre o
mettre à rran, à renaud.
firOMiner, .Vousaei; Proiiter
Ur. V. Colère.
ctc
r///, Pm^ durillon.
n II ni' pouvait |ias dt'iiiurgcr en plein
leliiit, les .'/riipterj tie gdfe loi au'
raient di'tnciiiS des pruneaux, h
I AUAISEK. Chichh. ■
KAGOTKIt. I''ig. Bouti'iaer, Snlio-
FAinLKSSe. HoUa^^e
FAIBLIR. Fluni-bfr.
FAI
— 216 —
FAI
H ~ Dis donc, uion trac! Je suis ner-
veux, comme ça, avant, mais, sur
le terrain, je ne flancherai pas, tu
sais! »
(J. Marni.)
FA1E^XE. Agate^ Ferlingante \
FAILLI. Binellier.
FAILLIR. Fauter.
'< Elles se montraient impitoyables
pour la malheureuse, non parce
qu^elle avait faulé, mais parce
qu'elle n'avait pas eu Tesprit et
rhabileté ou la chance de cacher sa
faute. »
(Albert Cim.)
FAILLITE. Binelle.
— FAIRE FAILLITE. Melh^ la
clé sons la porlCj Montrer son
cul, Passer en liineUe^ Se dé-
culotter,
« — Beaucoup de faisants vivent en
famille ; frères, beaux- frères, oncles
et cousins exploitent souvent la
même entreprise, qui les nourrit,
eux et les leurs. Cette union a sa
raison d^étre en ce que la faillite
ou hinelle ne doit pas interrompre
la faisanderie. Lorsque le chef d ex-
ploitation, qui est toujours marié
sous le régime de la séparation,
aura mis la clé sotis la porte, ce sera
au nom de son épouse que s'ou-
vrira l'entreprise nouvelle; puis
quand elle sera binellière à son
tour, un parent prêtera son nom
au commerce; et, ainsi de suite,
jusqu'à ce que toute la famille ait
passé en lunette. »
« S'il y a des fonds, on s'arrange à
flaire face aux premières échéances
de façon à obtenir un crédit plus
consiaérable. Le lavage commence
alors, systématique, régulier; et
après le dernier coup de fusil, le
faiseur se déculotte, il montre son
cul, comme disent ces industriels,
et quand se présentent les créan-
ciers, il trouvent visage de... bois. »
FAIM. Pégrenne.
« Des viocs qui sont pus assez cos-
teaux pour faire des bouleaux
cotonneux et qui sont forcés] d
greffer et d' claquer d' pégrennelsi
i*s ont pas Tcoeur de s' mett' pilon. »
— AVOIR FAIM. Avoir la dent.
Avoir le battant ou Vestome dans
les gadinSj Claquer du bec ou
des dents. Danser devant le
buffet^ Déclarer, Faire balle,
ballon ou godard. Greffer,
Piler d'organe, Sauter à la per-
che. S'enlever, S'envoler, V. Af-
famer.
Y a des fois qu'ils sont moins gandins.
Et mézigu', qu'est tout 1' temps su* l' rade.
En r'monch' souvent qui batt'nt Testrade
Atec l'estom dan» le» gadin»,
(L. DB BncY.)
Pis, j' fai» godard, v'ik que j' m'enlève !
Depis r temps qu' je m' tap' su' 1' battant.
Tout d* mém', ça s'rait rien épatant
Si j* dégott'rais 1* gueul'ton qne j'rêTe!
(Id.)
Qu'un me nomme : alors plus de danses folles t
Adieu la bonrréeet les farandoles!...
Ce sera l>ien fait !
On pourra, d'un air décent et sévère.
Danser seulement, quand je serai maire.
Devant le buffet !
(Da5ibl.)
FAINÉANT. Bain-marie, Balo-
chard, Balocheur, Bon à nih, Ca»
leur, Cossard, Couleuvre, Dort^en-
chiant, Fatras, Faignant ou Fei-
gnant, Peignasse, Feignasson, Fié-
mard, Flème, Flemme, Hardi à la
soupe. Lézard, Loche, Loupeur,
Malade du pouce. Panade, Qui a
du sang de navet, les côtes en
long, du poil, une perruque dans
la main. Qui est venu au monde
un dimanche ou un lundi de paye^
Qui n'en fout pas une braque^
une datte, un clou, un coup, Qui
ne se foule pas ou ne se la foule
pas (s.-ent. Rate), Vachard.
Aassi j' laisse Y chic et les chars
Aux feignant» et anx galnpiers
Et j' suis le roi des Balochardt^
Des Balochard» qui ta-t-à pieds.
(J. R1CHBP15.)
Ces Messieurs!... leur faut des vacances!.».
Ça font rien pendant les sessions...
Ça Tient seul ment pas aui séances
YA ça s'oclroy' des permissions.
FAI
— 217 —
FAI
Ah : ces députés!... Tas d' feignastesl...
Et r budget?... Vous yavez rnaclé!...
L' budget!... ça r' garde pas ros gnasses...
... Hais quoi qn* j'ai donc' foutu d' ma clé?
(A. 6. Le* Souloloçue* d'Honoré Constant.)
Fini de faire les couleurreu !
Vais serrer la vis aux braillards !
Et faudra, durant les manœuvres,
Filer droit et doux, mes gaillards!
(L. DE BcacY.)
» Il n^aura pas besoiu d'arroser au-
jourd'hui, le flemmardl Oh! comme
jardinier, celui-ci, il est complet. »
(H. Lavidan.)
« — Oh ! celui-là, c'est autre chose,
ça a du talent, ça gagnerait ce que
ça voudrait — si ça voulait travail-
ler... — C'est un loupeur... — Un
bonhomme qui a un poil dans la
main. »
(Lebmina et Lt.vtQvr..)
t C'est eun' vraie hche^ eun' dort-en-
chiant : les brèmes et Y plumard!
en dehors de ça, a nen fout pas
un* àroquel »
FAI\ÉAXTER. Balocher, Battre
ou tirer sa flemme, BerlaudeVf
Brimhaller, Cagner, Caler y Cham-
boler, Chiersurla besogne , le bou-
leau ^ le turbin y Paire le lézard, la
loche y la vache. Faire son rond,
Feignassery Flânocher, Fldnottery
Flémery Flemmarder y Flemmery
Foutimassery Lézarder y Louper y Ne
pas en donner, en fiche ou en
foutre une broque, une broquillCy
un clou y un coup y une secousse,
Rester en tas. Se cristallisery Se
lesroulerySe graisser les balots, les
blossesy elc. (V. Sexe), Vnchotter,
La vrai' vérité
C'est qu' les Benoits toujours lichent
Et 8' graiss'nt les batots.
Vive eul' bataillon d' la guiche!
C'est nous qu'est les dos.
(J. RiCHBPIX.)
Puis, dans un' roulotte, on n* voit rien :
Tout d'vant vous fll' comme un rébus.
Pour louper, faut louper en chien.
L* chien n' mont' pas dans les omnibus.
(lo.)
Soopé des faiseurs de systèmes.
Des économiss's distingués.
Des fseurs de lois qui batt'nt la flemme !
(Jbhah Rictus.)
L'été V vas fJànocher quèqu'& mois
Dans les vill's d'eaux et sur les plages.
(A. B.)
Sébastien piss' sa conférence
Devant Matha qui la connaît ;
La Sacoch' fait son tour de France;
Moi j' me les roule à Courtenay.
(P. Paillxtti.)
« Ça va bien, mais j'ai pas le cœur à
travailler... Quant à ça, il fait un
riche temps pour tirer'sa flemme. »
(0. MiTi.^ini.)
M Quand ou lui reprochait sa fainéan-
tise : « Moi, disait il, j'ai dû venir
au monde un lundi de pave, c' qui
fait que je suis malade du pouce.
D'ailleurs, mon dab n'eu fichait pas
une secousse^ ma doche enfilait des
perles ; mon grand frangin chiait
sur le bouleau; en dehors de ma
frangine, qui ne flémait pas, elle, et
qui faisait croûter toute la tigne,
c'était à qui qui calerait le plus...
Comment qu'on veut que je fei-
gnasse pas? »
«i — A midi, c'est encore à vachotter
dans son plumard ! »
FAIXÉAXTISE. Cagne, Cosse^
Pldne, Flemme, Loupage, Loupe^
Maladie du pouce, Vezon.
« J' t'ai pas écrit, j'avais la cosse. »
Quand j'ai 1' vezon, aue j ai la cagne.
Nous uous barrons à la campagne.
(BLtUOHT.)
C'est nous qu'est les ch'valiers d' la loupe.
Pour ne lien fair' nous nous hâtons,
Sans penser à tremper not' soupe.
(J. RiCHCPIil.)
« — La flemme commence à te pren-
dre ; tu ne vas pas encore en ncher
lourd aujourd'hui ! »
FAIRE. Fabriquer, Fichery Foutre,
Fricottery Maquillei\ Vendre (arg.
théâtral).
« — Bonjour, Eh ben? Qu'est-ce
qu'on fabrique!
— Mais... on va à la messe, mon
enfant. »
(U. Lavedan.)
H Nous avons dans le quartier le
boulevard Richard-Lenoir, la place
de la Bastille et la gare de^Vin-
FAI
— 218 —
FAR
cennes... Mais là, rien à fricoter,
c'est plein de feiuiues, plus mé-
chantes les unes que les autres,
qui sont jalouses chaque fois
qu'elles en voient une nouvelle,
et qui seraient les premières à les
donner aux agents. >»
(0 MkTÉMEH.)
« — Et qu'est-ce qu'on vend, après
la répétition?
— Parbleu, on va prendre une vieille
verte. »
Vous «lilcs «|ue pour ce quil fiche
A la Chambre, c'est bien assez,
Qu'on lo fail cnrore trop riche;
Tai»oz-\ous, jeuue.s in?ens^H.
(RàOOL PONCHON.)
Bloi, dont la bourse est bien gArnie.
San!» rien /OM/r' j' riçol' n'importe où.
(r. Paili.btte.)
— Mi UIE.N
néanter.
FAlRK. V. Fai-
FAISAX. Coco, Fouetteiir.
« La chaise aux faisans, dits cocos,
exige l'emploi d'un tilet triangu-
laire tenu a chaque extrémité. >•
(Macé.)
FALSIFICATIOX. Arnaque, Ca-
mouflaije, Maquillage, Truquage.
« Il a poissé trois mois pour arnaque
de ses mesures. Les rats d' cave
s'étaient am'nés un jour qu'i' s'y
attendait pas et i's ont dégoté son
truquafje du premier coup. »
« Lorsqu'on n'a pas immédiatement
besoin du produit du coup de fusil,
on procède à un tnaquiUage de la
marchandise. »
— falsifu:atio.\ d'êcri-
TUUKS, d'actes, de titres. Bra-
sage.
FALSIFIER. Arnaquer, Camou-
fler^ Maquiller, Truquer,
« Tous les mastroquets camouflent
la bibine. »•
(Hf.ctou Francs.)
u Tout cela cependant était faux,
truqué dans les moindres détails. »
(Albxandkb (1ei>p).
J'ai fait par romblanc(>
(iironde iarpuecapo
SoifTant picton sans lance.
Pivois non maquillé.
(WiMFn, forçat, iHO.
— FALSIFIER DES PAPIERS,
Uraser des faffes,
FAMILLE. Smala (arabe).
« Depuis deux jours qu'il était arrivé
sur cette petite plage avec sa femme
enceinte, ses doux enfants, ses
bonnes, ses chiens, toute sa smala,
comme il disait, Jean-Louis roulait
de tristesse en tristesse. >»
(MArilICS MoNTf.r.LT.)
FAXÉ. Décati, Dt^uommé,
FAXEK (SE). Se décatir. Se dé-
gommer.
FAXFAROX. Crâneur, Crossrur,
Crosson, Frndard, Fort en gueule.
Mata (liispanisnfie), Pourfendeur
de zéphirs.
« Il croit en imposer en faisant le
fendard'l »
FAXTAISIE. Fantasia.
« — Faites demi-tour, commanda
sèchement le sergent de planton, et
allez vous mettre en tenue. Et si la
prochaine fois vous vous présentez
en fantasia avec des bottines et un
faux-col, je vous fais coucher à U
caisse! u
FAXTASSIX. Pantabosse. V. Soi
dat.
FARCE, subs. V. Plaisanterie.
— MAUVAISE FARCE. Pied (te
cochon.
« Tu m'as fait une vacherie; tu ver-
ras, quand nous serons devant le
trèpe, je te jouerai un pied de
cochon. »
FARCE, adj. V. Amusant.
FARCEUR. Fumiste,
a Celui qui m'aurait prédit ça quand
nous faisions notre partie au Pro-
cope, je l'aurais traité de fumiste de
FAU
— 210 —
FAT
la plus belle eau. Et [pourtant ça
y est. »»
iliui.AH MuNTFlL.)
F A H D . Badiucnii , Cunwuflaijej
Emaiihue, Maqui^ Maquillatjc,
Peinture, Plâtre,
« Ces pauvresîîos so fourrent, pour
boucher le^ ornirrcs que le temps a
creusées sur leur vis.i^'»^, des épais-
seurs (le fiiifiif/eon qu'un uictreur
évaluerait à cinq couches au mini-
mum. )•
« Cette fille est vraiment extraordi-
naire, elle arrive, à force d'extra-
va>rnnce de inaffui/lftf/eoido parure,
à la beauté d'un symbole, à une
j/randeur caricaturale. »
(Raitu nr LK Hrkiunne.)
C qu'ell's pcigii'at l-» m'u'uv, c't'st U'ur figure.
Le» d'uioi-ell's qui f«>ut iV l.i pnnturt*.
(I*. Mariniib.j
Ma Uririie n' s'ra plu« jrirouil»» ;
Je *crai vior aussi ;
Faudr.i, pour plain.' au mondi*.
(llinquaot, friisqu»^**, uuiqni.
I ViDoCy.)
La promiOre ft'mnu"
Qui toucha mon âin«>
Ëtail une dame
Très chic,
Reine de tli«Mtri>,
Sans chipiou. s:ins /i/dOc;,
Charmant l'idolâtre
Publie.
FARDÉ. liadiifeomvU ima'dU\ Ma-
quillé, Peint,
u Ces éphèbes sans ver^'ogne sortent
badiqeontK'Sy peints counne de
vieilles coquettes. »
« Vous t'aies déjà maquillée*. Il n'est
pourtant pas tard. »»
(J. >Iarm.)
— VIEILLE FK.HMK TROP
FAlinÉE. VieiiJ' tableau.
FARDEAU. V. Charge.
FARDER (SE). Faire sa façade. Se
badigeonner, Se camoufler., S'é-
maiiler, Se maquiller. Se plâtrer.
m — Taisez- vous, ma chère, la colo-
nelle se badif/eonne comme une
fille; on ne m'otera pas de l'idée
(|uVdlc .se fait émnillcv quand il y i
bal à la division. >'
FARI\'F^. Grenue j (irenu^e.
FATIGAIVT. Côtclard, Colon, Ct-
tonneux, Crernnt, Durillon, Es-
quint an t.
« — C'est eut' lard, ma vieill' branche,
d' s'appuyer tout' la rue d' Paris
avec un* chignole au ligne. C'est
pus durillon (lue d' ^'ratter du
pa[)ier dans un burlin^^ue. »
« C'est un turbin tout c' qu'y a d'
coton-, aussi il n'a pas voulu conti-
nuer un Hanche aussi crevant. ^>
rATIGlîK. Affolement, Esquinte-
ment, V(Uina(je.
a II s'allaissa terrassé par 1' affale-
mcnt et n'eut plus que la force de
dire : .McrdasI quel vannagel on
m'y repigj'ra à déiuénager les co-
[)afus en pleine canicule I »
« C'est parfois pour eux un dur
esquinte nient: ils s'y résignent ce-
pendant. »'
FATKit'É. OtV, Esquinté, Flapi,
Qui en a sa claque, son fade,
« Elle avait fait (luatre heures de
bécane, elle était crevée. »
« — Hon Dieu! s'écria-t-il, en ren-
trant, d'ici au champ de Navets,
aller et retour à pattes, ye?i ni mon
fnde\.,. >'
El lo pauvre vieux, tout /7a;)» ,
S'atTala sur la couverture.
FATIGUER. Crexicr, Esquinter,
Haffaler, Vanner,
« Ça vous crève, des métiers pa-
reils I )»
(iitl(itl.hl.)
«l'est comme Hercule aux pieds d'Omphale.
Mais il file un mauvais c<»ton
Qui vous lo vanne et lo raffaU
Kt le rend gaga, nous dit-on.
Kt cette gueule qui ^e«^ul'<^',
Le sot ne la lâcherait pomt.
.Même s'il y gagnait la quinte...
La quinte et quatorze et le point.
Rlkuori.)
FAU
— 220 —
FEM
FAUSSAIRE. Homme de lettres.
FAUSSE-COUCHE. V. ACCOU-
char.
FAUTE. Glissade.
« Dans la crainte que son tempéra-
ment ne rentratnàt à quelque
glissade, le conseiller avait ordonné
que « mademoiselle » ne sortit
jamais sans sa mère. *>
{L Événement Pariâien.)
FAUTEUIL. Viochard, Vieillot.
FAUTIF. Malade.
FAUX, adj. A Vestoc^ A l'estoryue,
Arnaqué, Brasé, Chiqué, Du côté
qu* c est pas vrai. Pour chiquei\
Pour la chique ou simpl. Pour,
Tarte, Tartelette, Toc.
« Tout ça, c*est des frangins à la
noix qui font du boniment pour la
chique. »
«c — Des amiuches, ça? — Pourl Des
aminches du côté qu* c'est pas vrail
Des bourriques! »
tt C^est même pas du doublé, c'est du
toc, ça vaut quinze sous. ••
— FAUSSE CLÉ. Carouble,
V. Clé.
— FAUX DEERIÈRE. Faux-Cul,
Polisson, Sous-lieutenant, Stra-
pontin.
— FAUX MOXNAYEUR. Motmi-
fleur, Morni fleur tarte.
— Celui qui se charge d'écou-
ler la monnaie fausse :
Fournaise.
« Le faux monnayeur est incorri-
L'ible. J'ai connu un garçon de café
faisant commerce de fausses pièces
de dix francs achetées deux francs
cinquante à un morni fleur; renvoyé
sur la plainte des consommateurs,
et craignant d'être arrêté comme
fournaise, il abandonna le tablier
et... fabriqua des jetons, qu*il écou-
lait dans les distnbuteurs automa-
tiques. La marchandise qu'il se
procurait ainsi était revendue par
sa maîtresse aux enfants en pro-
menade. » I
— FAUSSE NOUVELLE. V. Nou-
▼elle.
— FAUX PAPIER. Luque % Lu-
quel *.
— BIJOUTERIE FAUSSE. V.Bi-
joaterie.
FAUX, subs. Lauxfènie, Lof.
V. Jargon.
FAVORIS. (Barbe.) Bacchantes^
Côtelettes^ Nageoires.
— FAVORIS COURTS. Pattes,
Pattes de lapin
a Chouette le birbe aux bacchantes
savonnées! Avec sa crotte de pie,
j* vas acheter du flan à la Vrille,
ma gonzesse, et me payer un cra-
pulosl »
(DUBCT DB LiroicsT.)
u Jules Ferry était célèbre par ses
côtelettes. »
« Ce compa^on semblait avoir dé-
passé la soixantaine. De petits favo-
ris coupés en patte de lapin héris-
saient ses joues creuses ; au-dessus
d'une bouche en coup de sabre,
édentée, saillait un grand nez an-
glais, chevalin et droit. »
(Hdgcbs 1^ RODX.)
FEIXDRE. Battre comtois. Chiquer,
Chiquer contre,
FEIXTE. Chiqué, Chiquet,Coup de
chiqué.
<c II s'était fait porter malade pour
couper à Texercice^ mais l' major a
ben vu qu* c'était un- coup de
chiqué. »
FEMME. Bergère, Boîte à ramollir
(obscène), Cathau, Catho, Chauf-^
feuse de pieu, Crabesse, Digue^
Fébosse,Pée, Fesse, Flome, Ploume^
Flume, Fumelle, Galupe, Garce,
Gaupe^ Gerce, Gigolette, Gonzesse,
Gouine, Largue, Larque, Lemme-
fuche^ Lesb(mhe,Lésée^ Lésélemme,
Lésélemmefuche, Linge^ Manne»
FEM
— 221 —
FEM
quin. Marque, Marquise , Mékessey
Ménesse^ Méquesse, Mille *, Mis-
tonne, Moukère, Particulière, Qui
n'a pas de peau partout, Rombière,
Saucisse, Sœur, Toupie, Type^se,
V. Amante, Prostituée.
C*étdt un môme assex costeau
Mais il 'Uit avec ean' eathau
Uu'était blAche.
A. U.)
Faat-i' qa' nous soyons ^tô gnoUes
D' laisser marcher aux BatignoUes
Un' féboss' qu'est pas du quartier.
(Id.)
Ma mistonne est eun' chouott' ménessf,
Aile est gironde et bath au pieu,
C'est c' qu'on appelle eun' nch* gonsesse,
(Id.)
Et dir' qu'i's soog' à fair' du plat!...
Quand on les Tuit avec un linge
On s' dit : — SAr que c'tte gonzens-lÀ
Si a pond a va faire un singe!
(Id.)
Quelle que suil ta rive,
Quoi quil advienne, urrife,
Toujours tu nous échois.
Gerce de choix !
(IIaol'i. PonchoN.)
El nous avons des moukèret,
A relte heure dans P.iris,
Indigènes, rastaquouèrcs
Frofessionnelles, houris ;
Des noiraudes et des blanches
Qui, sous de joli.s dessous
Exhibent sur quatre planche»
Une voix de quatre sous.
(lo.)
L'une après l'autre — en camarade —
C'est rupin, mais 1' collage, bon dieu !
Toujours la m(^m' chauffeuse d' oieu !
M'en p.irlez pa.s ! Ça m rend malade!
(A. GiLL.)
« — Hé! dis donc, pige! c* qii'elle a
une poire, c'tte isœurAà.1 En v'ià
une qu'on prendra pas d' force! »
a Au cours de la rixe, Marius, pres-
que vainqueur, planta son couteau
ensanglanté dans la poitrine de
Léa, en lui disant : « Je vas les
crever tous, mais tu auras aussi ta
part, sale garce. »
Mac£.)
« — Alors, c'est vous qui avez re-
pêché cette particulière qui se
néyait? »
([«RRMiXA et Livtour.)
« Etcequelqu'un-là,c'estune/^it)ejr«e. »
(J. Rmuici.x.)
n Deux mots avaient sufû. Ces deux
mots étaient : Vos largues et votre
auhert, vos femmes et votre ar-
gent, le résumé de toutes les affec-*
tions vraies de Thommc. »
(Balzac)
— FEMME AMOUREUSE.C/ia//e,
Louve.
H Elle se rapprochait de lui mainte-
nant, faisait la chatte et lui prodi-
guait des épithètes caressantes. »
{Le Fin de ifiècle.)
— FEMME AUTORITAIRE.
Gendarme^ Madame Jordonne,
H Quand il sortait avec son gendarme^
M. Eust'be avait l'air d'un petit
garçon que sa ni^re conduit à
Pécole. >»
{L'Événement Parisien.)
« — Tu as porté la culotte avec ton
premier amant, mais avec moi tu
ne feras pas ta Madame Jordonne, »
— FE.MME BÊTE. Décasse, Co-
nasse.
« — Qu'est-ce qu'elle a encore cette
bécasse "1 Quand vous aurez fini de
me regarder en bayant, p;rande
bringue. >»
Ça m' Tait (lasquer d' voir eun' pctas!)e
Qui pass' tous les soirs au travers!
bon Dieu ! faut-i' qu* tu soy's connasie '.
(A. IJ.)
— FEMME DÉVERGONDÉE.
Roulure, Traînée. V. Prostituée.
tt C'est une pratique, une traînée ! Je
ne veux pas que mon fils reste plus
longtemps avec cette gourgandine 1 »
{Le Petit Parisien.)
— FEMME DU MONDE. Du-
ckesse, Gouzesse de la haute.
Rupine.
— FEMME ENCEINTE. Cûu-
leuvre, Ma'iame Godard, V. En-
ceinte.
— FEMME ENTRETENUE. Ca-
lège.
— FEMME FÉCONDE. Lapine,
Pondeuse.
FEM
«ÎOO
FEM
« C'est une lufine : un j;osse luus les
ans (|uan(l c'est pas deux; et ça se
;>l:iint (lètre niallieurcuse. >*
(^^7 Blas.)
l-.i pis tous les nus e'ost un iL'Osse.
•jué //O/i^/fut' : En v'Ià d'un né;:oce!
C'e<it épatant, a pun<l 1 a pond !
(A. Chu..)
— FICMMK iiRANDE. Ihingue.
— FK31.ME L'N PEU GI14>SSE.
Chaloupe.
- FE.n.MEGIiOSSE ET PETITE.
/V/, Pot à tahar.
- FEMME TIlOP (;R<>SSE.
F'y/e gras.
— I EMME IlO^WftTE. Pot-au-
feu.
*Jueltpj«foi«. prin ilo pailUrdisi',
il Se ((••bauclie l)ieu un peu,
M.tis, aprè< relte... gourmundi>e.
Il rc>ifntà 't.>ii pot-nn-fcn.
I EM.ME INSUPPORTABLE.
C l'Uni i-ou, Ldcemenf, Scie.
— FEMME LAIDE. Chenille, Che-
nHlo?i, Hepouasoir^ Houchie, To-
cass>', TocdSiOn.
Kl pi»ur prcduiro [>Iu.s d'effet
lilli* av.iit fait ••a camarade
D'un i<|:noMe bas d<> Imiret.
D'un chcnillon. d'une panade
Qui lui servait de repoussoir
Et «pii partageait le^ saluirof».
(IlECTun SoMiiKi:.)
«' Elle n'a ni l.iille, ni allure, et
résume, en sounne, le type de
femme nabote et courtaude (ju'on
dési^'iie partout, à Puris comme à
Marseille, du nom de locasson. »
{iv.kS I.ORItAlN.)
— FEM.ME MAIGRE. Galette,
Limande^ Plaurhc.
— FEMME MA LIIONS i>TE, com-
pafjne ou complice de malfai-
teur. Amazoncy Manque de ce*.
■ Les grecs ont des auxilii'drcs fémi-
nins nommes uinazones. »
(KuHI KT-IioUUI.N.)
— FEM3IE 31ÊCIIA\TE. Car-
can ^ Came,
— FEMME XOXCIIALAXTE.
Louffie.
— FEM.ME RÉCIDIVISTE. Ju-
ment de retour. V. Récidiviste.
— FEMME SALE. Bataca, Cul-
crolt(\ Torchon.
— FEMME VIEILLE, liibarde,
Bibasse^ Birbasse, Bilboquet^
CabaSy Dufjorne, Fée curabosse.
Lanterne, Bon mie chipotasse^
fripasse.
T'a* pa:< d' inoc. Ça, cost hath I Merci.
Tout d" nïrm', dis pas niort au persil.
Sanif lui, bonsoir la ba^u'uaud' ronde!
.Moi, j' suis hirhass', j'ai b'suin <!' lartou,
T'as donc un palpitant d' carton ?
nui «ju'a niasâ(^ pou' l' lont' au monde?
(J. KlCUEl>I>.)
Mais quand j' s'rai pus <]u'oun' \ieiir ronmfe,
Vn vieuv cbau^i^on, un vieux cabas,
Eun' dagonv toute endornïie.
Un p:»uv" bilboquet chipotas,
Eun' ff^ caraffossi', eun' lantfnw.
Eun' vioqu' que 1' blair crève 1" ni<?Dlon,
M;ilhoureus' raclure à l'fi'il terne,
(Jui qu* c'c>t qui m' foutra du brich'ton?
(li. UE libOCY.)
— FEMMES ;i)ES). Du linge.
— MOTS D'AMITIÉ S'ADRES-
SAAT A U-\E FEMME. B(^bé,
Bibichf\ Biche, Bichetfe, Bo-
bonm\ Chat, Chatte, Chaton,
Chirnchien, Chou, Chouchou,
Chouchoute, Choute, Coco. Co-
cotte, Crolaillf. Crotte, (rogosse,
(ios'it', Ji^sus, Lajiiii, Lapintau,
La/iinette, Loulou, Louloute^
Loup, Louve. Môme, Sirhette,
Sichon Sine, Si net te. Sinon,
Poule, Poulet, Pnupoufe, Bat,
Hatc, Bnton, Bave, Souris, etc.
« — Pauvre choWte ! Vions-tu avec
m(d ch<Tchcr ÉdouMr<l? »>
iJ. M.KHM.)
•« Des photographies de femnit^s dont
les dédicaces étaient infiniment
réjouissantes : A la petite rave
chérie de sa choute, Cllaudine Frai-
sier; A la meilleure des sauve-
teuses, la plus reconnaissante des
hibichons. Licite Maggy. »
(K. .NIai/fhuv.)
FEMME DE CHAMBRE. Cum-
brcline, Limogcrc.
FEMME DE LETTUES. Plumas-
siùvç.
FE.N
— 223 —
KÈT
V La nioiiie dVrriro so nnninJ au-
jourd'hui de fai'on ini|uiut.'iut<* et
gagne — ou plaint pord — une
partie du Jiotiu sexe. IIj'I.i?, ni>s
jtitanassiètY.^ «ont rar»'«» ijtji uiéri-
tent le litro d'crrivriin t;| !.« m.ijo-
rité apiKulieuilr.'i ti-ujciiis .i ce
genre que nos ptr»;s. -wvr un tan-
tinet deino<|u«.'rie.appflni'nt hhas-
hleu. V
FEXKTHK. i//'//v/v/e, Insipiclr^
Lanteruf'y lAÙxintc, Vdiitcvuc,
lîrid»' l.i '•tnd'i'n'-, iia l ''!l<-.
11 ijit IViclilii:
V<iut1r:iis-tu «luv nii''/iL-ii i^ck-
h lll-i l'Ml -.'■•ui-l i .'
' L. m lli m Y.i
ri-:H. Dt/r, Durin.
— ¥VA\S. (:..iiv. tinn.. M'irhnef,
Tiradt's.
\:t, quoi «lu'ori »;ii j.i-['iiu',
(/••*t un li 'liu li.iui'lict
l)>uf.' louuT- iji' tirml- s
J'iiur une i'ii;ol.uI»',
i'iiui' un irinfiicnt 11' Uliait.
( VlOuf 11.;
- TKIl A m:i>ASSMU. (h'n-
€ Cerl-iin? noms d(î mar»"hauds, de
fabricants, de s[n''oialistes passent
dans l'arunl et (pielifuelois dans le
fr:ini;ai-» pour d-si-jm-r les objits de
ni«*nic uatuic «pie ceux laliriipiés
ou manufacturas par ces spccia-
listfs, ces marchands, (-'est le cas
de « hénard -» l'our pantalon, de
« «k'pfoux » pour casi|uette, de
" fjcndurmc » pour fer «le blanchis-
seuse, de «• ^il)us ». pnur chapeau,
et de quantité d'autres. »
FEUMK, Mjbs. dnn'^ (iarnaffc,
Gcnuiffe,
FEUMEU. Uum:kv, liriikr.
<* V'ià r cipal qui vient houclcr la
lourde. »
« La tôle a éiv bridée par la l*réf»'C-
tancc. y
FEILMETl'KE. houchiue.
•« — All<z! siveuH'nt, le /wuclaf/i\
l'ouimaud i la patronui* au garçon
(jui bayait.
Puis auv clients : .Messieurs, on
lernu' ! il «t-I di-ux heures. •»
liniL'EliT.-
FKinillOK. (l'Una/irr, (]iivnafj'ic)\
O'irnti/h', iirniajit'i\ iv nuilh',
FEH0<:E. i'irnn\ Qtli »l Ir foh:
l'hiuiL V. Méchant.
« C'i'sl un ir«'n«'i«*r 'ju'ti /' /'^/e c/tuucl ;
quaihl r sort s»n liu;»nii', i' voit
rou^-e. "
FI:HIU<:AII:\T. Anion de Hictln^
aux ler^. Fiiicncc.
FEHKEIC. buniillrr, luuiiur.
— I 1:11111:11 l \ VoiUl.VT. liri-
'fer, Ltif/uir/an'lt'r.
FESSE. l)cini-luu*\ Miche.
— Li^:s Fi-:ssi-:s. Ahit/„ues, /.V
v:'f/f.<. Juim'.Ues^ Lt'a if'.'U.r soeurs.
M La iKrtite blanchisseuse, dos tourné
et se croyant seule, enlevait sa
chemise: mais j'eus beau écar-
I quiller les yeux, jr n'nperrus qu'une
demi -lune. »
« il Itimba à «:enou\ devant ces su-
I>erbes juinellcs. "
« Kt j' crie bravo à la ^^er<-e à la belle
^Mieul»'. au beau sourire, aux belles
uiirett«'s: â la lézée aux lilfes d'or,
aux rondins glori» ux, aux miches
relniudie». ••
J'aim' |):is !«'< r-escui* politiques :
Faux ruilicaux. las «i' iioni'ï.sour.s,
l-';drs v(»-* (li-^cours a mcx iI-:i't .nccu/"'»
Jo n' "(M.ti iainai> iJo \o« |ir.itii|Ui;!>.
(Vici'iu .M) '.si.)
FESSÉE. lioucL\ Wo{//s, Salade.
FESTLX. V. Repas.
FETE. }siH'v..} Iiomfjcjiiolt\ liiolle.
V. Débauche.
(( Exploites par les anciens, ils de-
viennent a leur tour des roués
dang'M'eux ; ils subissent des habi-
tudes : l'ivrognerie, la bombe. •
(G. d'IIspahoèb.)
FÊT
— 224 —
FIL
FÊTE FORAINE. Boule, Lègre,
Vogue (arg. lyonnais). V. Foire.
FÉTICHE. Mascotte.
« Il avait un tas de mascottes à sa
chaîne de montre, des porte-veine
de toutes sortes ; et il les plaçait à
côté de la bande, sur le tapis vert,
quand il était décidé à ponter. »
(La Nation.)
FEU. Brûlant, Ri/, n/fe, riffle, rifle
ou ru/e.
Après le pain el la piquette.
Toujours en quête.
Nous ons la gorge
fMus rouge qu'un brûlant de forge.
(J. RlCBEPIM.)
<f Donne-moi un peu d^ rif pour finir
mon mégot, »
— METTRE LE FEU. Coquer le
rifle. V. Aimable.
— FEU DE SALVE. On dit mron
déchire de la toile quand on
exécute sans précision et sans
ensemble un feu de salve au
commandement.
FÈVE DE MARAIS. Huître de
Varennes,
FIACRE. Chignole, Flatar *, Guim-
bardCj Roulant, Roulante, Rou-
lotte, Sapin, Tombereau. V. Voi-
ture.
« Ça ne l'aurait pas tué de m'envoyer
le coupé.
— Va chercher un sapin. »
(J. Mabni.)
« Une Urbaine, la roulante de la sta-
tion. »
(ÂLSXAKDRB HePP.)
— FI.\CRE A L'HEURE et qu'on
laisse vous attendre. Ver ron-
fleur.
« — Non, mon cher, je me sauve ; j*ai
un ver rongeur en bas et j'ai encore
trois visites à faire. »
{Gil Blat.)
FICELLE. Tortousine.
— FICELLE SERVANT 1>E TË-
a Le bidet est un moyen très ingé-
nieux qui sert aux prisonniers à
correspondre entre eux de toutes
les parties du b&timeot dans lequel
ils sont enfermés; une corde pas-
sée à travers les barreaux de leur
fenêtre et qu'ils font filer, suivant
le besoin, en avant ou en arriére,
porte une lettre et rapporte la ré-
ponse. »
(ViDOCQ.)
FIER, adj. Crâneur, Crosson^
V. Fanfaron.
FIÈREMENT. En crâneur, En
crosseur ou En crossant.
FIÈVRE. Douce ou Dousse, Trem-
blante, Tremblotle. V. Friuonner.
FIGUE. Douillette.
FIGURANT. Bobineur, Primant,
Porte-maillot.
« — ... Et depuis huit jours, moi, je
suis artiste!
— Artiste?
— Oui, bobineur au théâtre des Bati-
gnolles.
— Mince! fit Eugène. »
rOuDUT DE LAFOaiST.)
« Depuis qu'aile est avec un frimant
du Bobino, a s' figure qu'a pagnote
avec un ténor. »
V. Dansense.
FIGURANTS.
— FIGURANTE.
— GROUPE DE
Espalier.
FIGURE. Binette, Cafetière, Carafe,
Poire, Musette, Trompette, etc.
V. Tôte, Visage.
Ces bordeaux auxquels tu veux croire,
Explorateur des tours Eiffel,
N'abreuvent plus ma triste poire ;
Vichr me refuse du sel !
(LAuaEifT Tailhadc)
— FIGURES DU
CARTES. Y. Jeu.
JEU DE
FIL. LilloiSy Trimélé, Trimilet
FILASSE. Nivet, Miette.
FILER. Baudrouiller.
LÉGUAPIIE entre les détenus. ' ^ '
'Bidet. l FILET DE PÊCHE. Séchoir.
FIL
— 22o —
FLA
FILLE. Fumelle, GarçaUle^ Gosse,
Gosse Une, Môme, Pisseuse.
Vous conaaissex tous la Fanchotte
Oue j'aimais a\ant d'embarquer :
C'était ben la plus mignoonc-tte
bagarçnilles à reluquer
Entre la Vilaine et la Loire.
Verse à boire !
Entre Douarneaez et Hedon,
BuvoQs donc !
(Thkudobe BoTatL.)
Et T'Ià-l-y pas r'ito vieille noceuse
Qui vient sout'utr, mon Président,
Que fyai violenté iapisseiise...
Ah ! non !... vrai !... c'que c'est emmerdant!
Mais d*maudez-y donc qui qu'est i' père?
Personn* ne 1' sait, môm' p:is 1' bon Dieu.
Mais c'est cun* putain comm* sa mère!...
Sa fille!... :i sortait pas d' mon pieu.
(A. II.)
— FILLE (;iiossif:iiE, mal
tenue. Fittanse.
« — Ah! c'est (lu propre ! gronda le
père ; si encore tu avais pris quel-
que chose de présentable, mais un
souillon» une /iliasae^dont un trou-
pier ne voudrait pas!... »
(Bauda.)
— FILLE l>E MAUVAISE VIE.
V. Prostituée.
— VIEILLE
fraise.
FILLE. Vieille
FILLETTE. Gosse,Gosseline, Môme,
Mômicharde, Mômignarde, Mou-
nine, Pisseuse, Quille à Mayeux
ou sinipl. Quille (arg. des en-
fants) .
« L'enfant, une gosseline grandelette
dêjti (elle mesure un mètre vingt
de taille), est mai/^riotte de corpu-
lence et de physionomie souffre-
teuse. »
{(lANNEROM.)
«« — Envoie les petites,... qu'elles
abouleut les momicfiardes. »
(LocisB Michel.)
Elle a douze an», la pauvre môme.
Elle vend des fleurs chaque soir ;
Elle est p&le cumme un fantôme,
Ses grands yeu\ sont cercles de noir.
(P. Nagoub.)
FILOSELLE. Filsange, Filsangue.
FILOU. Fit (apoc), Fil de soie,
Philibert. V. Voleur.
FILOUTER. V. Voler.
FILOITERIE. V. Vol.
FILS. Dabicule, Fieu, Fiston.
M C'est r fiston du père Lév^que,
une vache comme lui. »
Qu'on oublie, en le parcourant,
La mère qui cherche, pleurant,
Son fieu qui n'est plus dans le rang!
{L. DR BRriCY.)
FliV, adj. V. Malicieux.
FL\, subs. Jusqu^à la (in : Jusqu^à
la gauche, Jusqiià plus soif. Jus-
qu'à perpète.
« — J'ai eu du sang-froid comme
j'en ai maintenant; et j'en aurai
Jusqu'à ta gauche ! »
{L'(issasgin PEOfiNBz.)
FINESSE. V. Malice.
FINIR. Âbsol. V. Achever.
— Dans le sens de donner le
liui à un ouvrage. Finocher.
FLAGRANT DÉLIT (EX). La ca-
melote dans le pied ou La camelote
en pogne.
— PREXDRE EN FLAGRANT
DÉLIT. Incommoder ^ Paumet*
marron ou Maronner^ Prendre
ou poisser sur le tas.
.Mais un juur, dans la ru' d' PrOTence,
J' me suis fait fair' marron sti' l' tat^
Et maint'nant j' tiro d' la prcvence,
A Maïas.
(A. B.)
FLAIR. Se traduit par Nez. V. ce
mot.
FLAMAND. Flamzik, Flamezique,
Ftandrin.
FLAMME. Riffaudante, Ruffante.
A la ruffante de ses mires,
lion palpitant s'a bourlingué...
Alors, quoi? moi, j'ai tout din^ué
Pour qu'a m' conserve ses sourires.
(L. DK Bbro.)
In
FLANELLE. Goulue,
FLANER. Balochery Berlaudev, Ca-
gner, Chamboler, Fldnottei\ Gal-
vauder. V. Aller, Fainéanter.
FLANERIE. V. Fainéantise, Pro-
menade.
FLANEUR. Asphalteur, Balochard,
Inspecteur des pavés, Gouapeur,
Loupeur. V. Fainéant.
FLASQUE. Gélatineux,
Maintenant, Toeil féroce et la bouche crispée,
Il récite dcTant riodulgence attroupée
Des Tieilles dames aux appas gélatineux.
(Lauhemt Tailhadb.)
FLATTER. Blandir, Cirer, Cou-
cher le poil. Enguirlander, Fia-
geolei\ Jeter de la pommade, Ld-
cher les bottes, le cul, Passer de ou
à la pommade, Passer la main dans
le dos ou sur le râbe. Peloter,
Pommadei', Rebonneter,
« T'auras he&u lui flevdHa pommade,
V march'ra pas ; i' n'aime pas qu'on
y passe la pagne su' V râbe, >»
« C'est parce qu'il ne rencontre pas
assez d' « écrivains », au sens indé-
pendant et probe du mot, que le
public méprise les journalistes.
Lécher les bottes est plus qu'une
vilenie... c'est une maladresse! »>
(SiVBRI.XE.)
<« 11 ne blaguait plus le sergent de
ville en 1 appelant Badingue, allait
jusqu'à lui concéder que l^mpereur
était un bon garçon... C'était visi-
ble, il le pelotait. »
(E. Zola.)
FLATTERIE. Cirage, Pelotage.
Pommade.
FLATTEUR. Flageoleur, Guirlan-
deur, Lèche-bottes, Lèche-cul, Pa-
quelin, Pommadeur.
tt Moi, j'aime uiieux un goncc qui m'
dit : merde carrément qu'un pom-
madeur qui manigance un flanche
pour vous prendre en vache. »
FLEGMATIQUE. Pisse-froid, Sa-
turnien.
— 226 — FOL
FLÉTRI. V. Fané.
FLÉTRIR. V. Se faner.
FLEUR. Fig. Crème, Gratin. V.
Choix.
FLEURET. Aiguille, Aiguille à tri-
coter. Paille de fer.
FLEUVE. Rub de lance.
Su' r rub de lance, ea famille.
On s* les roulait dans uu' coquille.
(Blédort.)
FLOT. Lansquin.
FLUTE. Rossignante.
FLUXION DENTAIRE. Chique.
FOIE. Le bileux.
FOIN. Pétard ou Ptllard.
Je me camoufle en pélican
J'ai du pellard à la tignasse.
(J. UiCHcri!*.)
FOIRE. Boule, Laigre ou Légre,
Vogue (arg. lyonnais).
Camaro de la petit' pègre.
Tiens les bons trucs sur la lègre...
(HoGisa-GaisoN.)
Bonne fourche, sur la boule
Koulc et boule par la foule ;
Descends en fouille en douceur.
Aux pallas du tionisseur.
— TRAVAILLER K.\ FOIRE
sans baraque ni voiture. Flam-
ber ou flancher en patque.
« Victor flanche en palque devant
chez Corvi avec de la pâte à rasoir. »
FOIRER. Flasquer, Fuser, Tarter,
Tartir. V. Chier.
FOIS. Trayage, Treillage, Trillage.
n Les curieux l'ont sucré d'un treize
qu'i' tire à Poisse. Au prochain
trayage, c'est la rMègue, sur. »
FOISON (A). V. Abondamment.
FOLIE. Araignée, Cafard, Charen-
tonnade. Coup de marteau, Démé-
nagement, Fêlure, Focardise, Han-
neton, Loufoqueiie, Maboulisme,
Marte lle)ie, Pavillonnage.
FON
— 227 —
FOR
<i — Vous n*en tirerez rien ce matin,
son araignée le travaille. »
{Le Cri du Peuple.)
<^ — Pour moi, fit la vieille, ce garçon-
là doit avoir une fêlure ; un homme
qui a toute sa raison ne fait pas de
ces blagues idiotes. »
« — Quant à toi, mon pauvre vieux,
si tu continues à t'absinther de la
sorte, c'est le maboiiiisme complet
avant deux ans. »
« _ Tu veux t'appuyer c'tte fran-
gine-là ? c'est d* la martelCrie ! »
« A la suite de l'exposé de ce hanne-
ton oui a produit le plus grand etfet,
uneaiscussion bruyante, raisonnée,
mais peu raisonnable, s'engage
entre les diverses parties de l ate-
lier. »
(D-.CBMnRi:-Ai.o:<MiR.)
— FOLIES. Cascades,
— FAIRE DES FOLIES. Casca-
der. Faire les cent^ les cenl dix-
neufy les qualité cenls coups.
<i — Vraiment, c'est bien qu'une fille
comme moi, qu'une garce comme
moi, qu'une rouleuse comme moi,
q^ui a faii les cent coups^ qui n'a
rien aimé de beau ni de bien (ah!
je me connais, allez, je sais ce que
je vaux !) puisse dire ça à cet igno-
ble journaliste... »
(Catulle MK>Dks.)
« Faites le diable à quatre, faites les
cent dix-neuf coups... vous aurez de
l'argent, et l'argent, dans notre
siècle, il n'y a que çn. »
(J. Pathicr.)
FOXCTIOXXAIRE. Budgétivore.
— FONCTIONNAIRE SÉVÈRE.
A poigne,
— FONCTIONNAIRE QUI CU-
MULE. Cumulard.
FONDS DE CAISSE. Grenouille.
a Le capitaine avait mangé la gre^
nouille du régiment et passé la
frontière, sans prévenir même son
épouse. »
(Bertel et Gilqdi.n.)
FOXTAIMER. Papa Robinet.
FORAIX. Foresque.
ft On a poissé la Saucisse et llabagas
en train de fabriquer la roulotte
d'un foresque à la fête du Trône. »
— FORAIN CHARGÉ DE L'AN-
NONCE dans les parades. Bonis-
sew\ Pasticheur, Poatigeur, Pas-
tijateur. V. Annonceur.
— FORAIN BOHÉMIEN. Manou-
cAe, Romanichel, Romani.
— ARTISTE FORAIN. Flambeur.
— ARTISTE FORAIN SANS EM-
PLOI. Foresque en rupture de
banque.
— GARÇON FORAIN, homme à
tout faire. Sègre. On dit égale-
ment Galoupe; mais ce terme
ne se prend qu'en mauvaise
part.
« — Je lui avais demandé de me
fournir un nègre, dit le dompteur;
il ne m'a fichu qu'un galoupe que
j'fiii dû sacquer le jour même. »
— MA RCHAND FORAIN. Ugrier
— SALTIMBANQUE FORAIN.
Caoutchouc, Mer il fiche,
— LE MONDE DES FORAINS.
Banque.
« Dans le monde de la Banque, le
mot « banquiste » n'a pas la signi-
fication que lui donne le vulgaire ;
on l'y emploie saus aucune idée de
mépris. »
tt II y a la grande et la petite banque.
Les directeurs de ménageries, de
grands théâtres, de cirques, les
propriétaires des étincelants ma-
nèges de cochons, de chevaux ou
de lapins de bois, etc., ceux, en un
mot, dont l'exploitation exige
d'importants capitaux forment la
gi-ande banque, sorte d'aristocratie
foraine. La petite banque est com-
posée de petits légriers, de bonis-
seurs, de camelots, de montreurs
de phénomènes, de merlifiches et de
manouches ou romanis \ encore
considère-t-on ces derniers comme
peu dignes d'appartenir à la corpo-
ration. »
FOR
— 228 —
FOR
— BARAQUE DE FORAIN.
Entre-sort. V. Baraque.
— BOUTIQUE DE MARCHAND
FORAIN. Landière.
^ MATÉRIEL DE FORAIN.
Satou.
— VOITURE DE FORAIN. Ca-
ravanct Roulotte.
« Je demandai ù voir Pezon.
— Oh! monsieur, me dit le garçon
de piste, il n'y a que la patronne
qui couche à la caravane. Mon-
sieur Adrien, le temps de la foire,
loge toujours à Thôtel. »
— installer un établissement
forain dans un lieu où ne se
tient aucune foire. Flamber,
flancher, turbiner eii ville
morte.
— Changer quotidiennement
de résidence avec une partie
du personnel et du matériel,
Taulre partie demeurant à
poste iixe. Flamber en excur^
sion.
FORÇAT. Bagnard, Cotret ou Cot-
leret, Fagot, Fague, Falourde,
Relingue.
« Pour donner plus de couleur locale
à son « Cabaret du Bagne », le colo-
nel Lisbonne a choisi une partie de
son personnel (du moins, rassure-
t-il) dans le monde des anciens
bagnards cju'il a l'espoir de rame-
ner ainsi dans la bonne voie. »
(G. Amvot.)
u 11 faut vous dire cjue les fagots
(c'est le nom familier des trans-
portés) possèdent un jardin im-
mense et le moyen de lui faire
beaucoup produire. »>
(Paiu. Bosnetain.)
« On y entendait des choses étranges,
burlesques, sinistres. Dans un coin,
deux anciens relingues y dévidaient
le vieux jars. »
(LOUISK MiCUtCL.)
— FORÇAT CONDAMNÉ A PER-
PÉTUITÉ. Fagot à perpête ou
à perle de vue.
« £t ca ne m'a pas fait tort, puisque
après avoir tiré dix berges, j'ai
obtenu ma grâce, quoique fagot à
perte de vue... »
(HtCTOR FlAKCB.)
— FORÇAT LIBÉRÉ. Fagot
affranchi.
« On a beau être un vieux fagot
affranchi, on sait ce qu'on doit au
beau sexe et à Tinnocence... »
(lu.;
— FORÇAT ÉVADÉ. Fagot en
campe ou en crampe.
— FORÇAT EMPLOYÉ COMMR
AUXILIAIRE. Payol ou Payot.
« Le payot distribue les vivres, fait la
paye et se charge ù juste prix de la
correspondance de ses camarades.
C'est & la fois un fourrier du bagne
et un écrivain public. >•
(Hector France.)
FORCE. CoUetin ou CoUin, Graisse
d'abattage. Huile de bras, de bi-
ceps, de coude, Moelle, Pagne.
« — Faut du collin, mon vieux lapin,
pour toucher à ce p'tit truc -là. »
Les beaux jours arriv^s.plus de jeu,plus de veille.
Embrasse en te le?ant ta Temme el ta bouteille,
Derrière ta charrue avec tes bœufs bien gras,.
Muuis-toi dans les champs (ie bonne Atti7«r/e6ra4.
(A.-L. Marqoiset.)
J'ai d' la potjne autant qu' du jaspin
;in<î qu' i'attige...
(L. Di BsacY.)
— DONNER DE LA FORCE à
une chose. Corser.
On peut gâ
oane ai
Hier çu
FOKCEPS. Fers.
« On a été obligé d'employer les fers
pour l'accoucner. »
FORCER. V. Crocheter, Enfoncer.
FORER. Bouliner, Griffer un ni-
vet \
FORÊT. Sabri, Satou, Salte.
V. Bois.
FORFANTERIE. Esbrouffe, For-
fante. V. Embarras.
FORGERON. Tape-dur.
FOR
— 229 —
FOU
FORNIQUER. Cogner. V. Colter.
Les femmes, de ce payt-là.
On peut les aimer jusque-là,
£irs sont dur's à la b sogne
En Bourgogne ;
Jl chaque pas, à chaque instant.
De tous les côtés on entend
Jean du Cogno qui cogne.
Eu Bourgogne.
(A. B.)
FORT, adj. Balouf\ Costeau, Costo,
D'attaque, Portiche, Gas, Homme,
Lapin, Mâle, Mec à la colle forte,
Moelleux, Poilu, Qui en a. Qui
est là.
M — Moi, je suis président du club
« Les dessalés », un club fin de
globe : rien que des poilus costos,
es gas qu'en ont. »
(l*. Paillktti.)
« — C'est pas qu*on ait le taf : on est
moelleux^ et on ne craint personne. »
(J. LouaAiN.)
I' m' caresMÏt, Tallait voir comme !
C'était un gas, c était un homme !
(Id.)
On n'a pat d' Desfoux et pas d' guiches
Mais ou e^t des màVa, des fortiches.
On en passe un coup quand i' faut.
(L. Di BcacY.)
fapa c'était un lapin
Qui s'app'lait J.-B. Chopin.
(A. B.)
— BOISSON, ALCOOL TRÈS
FORT. Carabiné,
« il se radoucit, alla lui-même cher-
cher une bouteille et deux verres
et me versa ce que nous appelions
une absinthe carahin^e. »
(II. FaANCE.)
FORT, subs. (Porteur.) Collet, Col-
tin, Coltineur.
« Entre temps, M. Hamard s'e.st
occupé à Marseille, où il passsiit,
du vol de 80 000 francs de diamants
commis, il y a trois ans, par un
nommé Ferray, coltineur occasion-
nel du port de la Joliette. »
{Le Quart d'œil.)
FORTIFICATIONS (LES). Les
forts, les fortifs, fortifes ou for-
tiffes.
« Du temps qu'on était môme, on
allait rigoler su' les forts avec les
gosselines qui canaient la classe et
on jouait à papa et maman entre
la porte d' Romainville et la celle
de fiagnolet, en pénards, dans les
fossés. «
« On fit défiler devant le noble lord
des récidivistes amenés de Poissy,
Melun et autres villégiatures, des
escarpes, raflés sur les fortifs, des
souteneurs et leurs protégées. »
(Jean Jul&icjc.)
Allons-nous-en I L'ombre est douce,
Le ciel est bleu ; sur la mousse
Poiyte mâche du veau.
Il convient que lu t'altifles
Pour humer, près des forti/fes.
Les encens du renoureau.
(LAL'RtNT TmLHADI.)
FORTIFIER. Corser.
— SE FORTIFIER. Forcir.
c< Cet enfant a bien forci depuis que
je ne l'ai vu. »
FORTUNE. Fortanche.
— BONNE FORTUNE. Bonne
fortanche.
FOSSE D'AISANCE. Tarte aux
cerises.
« Le père La Tinette s'était évanoui
dans la fosse, et sans un pompier
qu'a descendu le chercher, il aurait
confit dans la tarte aux cei^ises. »
FOU. Bihi, Bridoux, Coco fêlé. De
la tribu des Béni-Coco, Fêlé, Fo-
card, Hurlubier, Louf, Loufoc^
Loufoque, Louftingue, Maboul,
Maillet, Marteau, Pavillon, Pa-
rois, Ot/i a une araignée, un ca-
fard, un hanneton, un moustique
dans le plafond, dans la sor-
bonne, dans la soupière, etc.
(V. Tête), Qui a une fêlure, une
fissure t un grain, une mie de pain
dans la timballe. Qui a perdu la
boussole. Qui a passe par Cambrai,
Tingo, Toc- toc.
« Les pensionnaires de Bic^tre et
Tasile lui-même sont appelés bibis
et, par extension, on désigne ainsi
toute personne déséquilibrée ou
I simplement maniaque. »
FOU
— 230 —
FOU
H Gredin? Peut-être pas. Pitre» plutôt,
Sour le plaisir de se mettre en évi-
ence, de couler ses yeux dans le
coin, de faire des 0, des A, des U,
avec sa bouche élastique comme
du caoutchouc. Les uns disaient :
Il fait la béte... Les autres : Il a t<n
hanneton.., »
(HunuES Le Rovz.)
u C'est un loufoque^ ma vieille; un
loufoque. Il n'a pas Pair méchant. »
(Paul Adam.)
« On prétend qu'il ne sait pas ce
qu'il fait, qu'il est louf. •
(GOMOM.)
« Faut être bridoux, mailUty tingo,
focard pour croire à des flambeaux
pareils! »
— Pour sûr que la France est maboule^
La Chambre aussL.. c't érident :
L'aut' jour elle a perdu la boule
A l'élection du Président.
Kt l'on s'emballe et l'on s'en bouche
Des coins : « Hu' donc, eh ! socialo !
— Va don' dire i ta mèr' qu'a t* mouche !
— Panaroiste! — Possibilo! ■
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
Vous nue le cbaud soleil a teints,
Uurlnbiers dont les peaux bisettes
Resscmbleot i l'or des gratins.
(JeAK RiCHEPIN.)
Quéqu' tu viens fair'? T'es pas marteaut
D'où c'est qu' t'es v'nu ? D'en bas.d'en haut ?
(Jehan Rictus.)
— DE VENIR FOU OU ÊTRE FOU.
ÏM perdre^ Pavillonner. V. Dé-
raisonner.
FOUET. Avoine de bourrelier, Bau-
dru, Boî/is, Eventail à bourrique
(arg. des cochers), Salade, Tire-
branle,
« — Tiens, prends mon avoine, de
iourrelier^ dit le meneur de viande
en tendant son fouet à Firmin, et
caresse-lui les pattes. »
— FOUET DE CONDUCTEUR
MILITAIRE. Carabine.
FOUETTER. Bouiser, Senir une
avoine, un picotin,
FOUILLER. Arsonner*, Barboter,
Battre en ruine, Descendre en
fouille, en fouillotisef en valade,
Fourober*. V. Visite.
— SE FOUILLER DANS LES
NARINES. Décrocher ses ta-
bleauxy Nettoyer ses écuries,
S'apprêter à recevoir.
N Deux rapins causent ensemble.
L'un d'eux se fourre désespérément
les doigts dans le nez.
— Voyons, fait l'autre, c'est pas le
moment de décrocher tes tableaux
à la veille de l'ouverture du Salon, m
(H. FaAUd.)
FOUILLIS . Canelle , Grouillis-
grouillot, Pagaille ou Pagaye,
TribouiL V. Désordre.
FOULARD. Chiffomion, Épiploon
(arg. des écoles), Grain de brune.
Saute-cou, Terre-à-terre .
« Elle avait autour du cou un mé-
chant chiffomion de coton et ses
I)auvres chaussures déformées, écu-
ées et trouées laissaient voir ses
orteils qu'empourpraient les en-
gelures »
{La Lanterne.)
FOULE. Abadie\ Abadis \ Floue %
Fourmillante, Frémillante, Grouil-
lante, Meute, Moutonnaille, Tigne,
Tine, Trèpe, Trèple, Vade,
« r s* faufile dans la frémillante et
pis nib pour mette la pogne des-
sus, o
« Mais en arrivant su' la place d' la
République, ah ! c'tte tine ! Si t'avais
vu c' trêve, y en [avait jusque sur
les becs de gaz. »
M — Toute la vade grouillait autour
de moi. »
(0. Météniib.)
— CHARGER LA FOULE. Ser-
vir le trèpe ou le trèple.
V. Charger.
FOUR. Abbaye ru/fante \
FOURBE. V. Trompeur.
FOURCHETTE. Amore, Bête à
cornes, Piquette.
FOU
— 23J
FRA
FOUIL\EAU. Cosaque, Mendiant.
FOURNIMENT. Bardât, Fourbi.
V. Équipement.
FOURRIER. Gratte-papier, Ro-
gneur, Traine-paiUasse, Voleur
d'étiquettes.
« Le fourrier, serait-il le plus hon-
nête et le plus scrupuleux des
comptables, passe toujours aux
yeux des hommes pour un Trico-
teur qui fourre... dans sa poche
une partie de l'argent qui leur est
destiné, qui vend leurs denrées et
leur fait siinsi la vie plus dure;
aussi rappel lent-ils vogneur. »
« Dans la cavalerie, la sonnerie :
« Au fourrier • est interprétée : »
Au voleur d'étiquettes. »
— BRIGADIER-FOURRIER.
Brigue-fow'^ Tambour.
'« C'était une pièce toute en lon-
gueur, aux murs culottés de fumée
et dont une série de pancartes,
symétriquement appendues, rom-
pait seule la froide nudité : réper-
toires des hommes et des chevaux
de l'escadron, en belle ronde et en
deux couleurs, rehaussés çà et là
d accolades vigoureuses, d'accou-
plements de filets gras et maigres
où se sentait la main artiste du
tambour, o
(U. CoUBTBUIfl.)
FOURRURE (PORTER UNE).
Fournir Martin.
FOYER. Brtîlant. V. Feu.
FRAC. Queue de morue, Queue de
pie. Sifflet.
— FRAC >OIR. Sifflet d'ébéne.
FRACTURER. V. Crocheter, En-
foncer.
FRAIS. Frisquet. V. Froid.
— PERSONNE ENCORE FRAI-
CHE. Pas trop éf/ratignée.
FRANC, subs. (Monnaie.) Point.
V. Argent, Billet de banque, Or.
FRANCHEMENT. A la tête du
camp ou simpl. A la tête. V. Ef-
frontément, Monde.
FRAXC-MAÇOX. Frère-trois-
points,
« Grand remue-ménage hier, rue
Cadet, où les frèrés-trois-points
tenaient réunion dems la salle du
Grand-Orient. »
{Le Pilori.)
— FILS DE FRANC-MAÇON.
Louflon, Louveteau.
FRANC - MAÇONNERIE . Art-
royal (arg. des Francs-maçons).
FRAPPER. (Battre.) Amocher,
Asticoter les côtes, Attigei\ Bom-
ber, Botter le cul, le figne, etc.
fV. Derrière), BoucAonner, Bouffer
le blair, le nez, les tripes. Bouler^
Bikhei', Carder le cuir, la peau.
Caramboler, Casser la gueule,
Crever, Coller, détacher, laisser
tomber, mettre, passer, poser ou
prt^^er des beignes, des bochons,
des broques, des brocots, des châ-
taignes, un coup, des gnons, une
mandate, une pâtée, du perlot,
la pipe, la purge, la sauvette, du
tabac, des torgnoles. Dandiner *,
Daupher, Débarbouiller à la po-
tasse, Décrassei'y Dégraisser, Êm-
plâtrer. En mettre. En filer. En
passer. En prêter. Entrer ou ren-
trer dedans. Enlever le ballon, le
cul, le figne, les miches, etc.. Es-
quinter, Estuquer, Flauper, FlO"
per. Gratter, Jambonner, Maquil-
ler*, Moucher, Murer, Passer
(\. a.) à chausson, à la daube, à
la daudée, à Vemplâtre, à flaupe,
chez gnon, chez pain, chez perlot,
à ou chez ponce, à tabac, Piocher,
Poncer, Purger, Remuer le figne,
le panier à crottes, le tal, etc.
Repasser la chemise, la limace, la
lime, Rabotter Vendosse ou les en-
dosses, Rincer, Rondiner, Saler,
Saler la gueule, Servir, Servir à
boire. Souquer ^ Sucrer, Tambou-
FRA
— 232 —
FRI
rinei' la gueule, la paillasse, lu
Î)eau, Tamponner, Tanner le cuir,
e lard, la peau, le râbe, le râpe.
Tasser, Toucher, Torcher, Tra-
vailler le cuir, la peau, Tremper
une soupe, Trépigner, Tricoter les
côtes, Verser à boire,
— ÊTRE FRAPPÉ. Boire, Dan-
ser la malaisée, Écoper, Être à
la ringuée, Élrenner, La danser,
Passer (v. n.) à cnausson, à la
daube, à la daudée, etc. (V. plus
haut), Prendre, Prendre pour
son rhume. Prendre ou ramas-
ser la pipe, la pipette, la purge,
la sauvette, Ramasser, Recevoir,
Trinquer. V. Battre.
« C mec-Ià, un* neuille, i' s* fera bom^
ber ; y y en mettrai un coup dans la
noix f »
« Lui qui bûchait su' les marchands. »
(JlHAM KiCTUS.)
P», quand on a l'âge d'marcber.
C'est par noi-m^m* qu'i' faut flancher
ht fair' du pl&tre.
L'soir, ceux qui rapport'nt pas assez.
Quand ed' la croûte i's s' sont passés,
Pass'nt n l'emplâtre.
(L. DR BiRCY.)
J'ai pas l'flub' de lui pus qu'det autes
J'vas Vgrattef malgré qu'i soj' gas : '
Je r souque et j'y tricot' tes côtex..,
(Id.)
FRAUDE. V. Tromperie.
FRAUDER. En parlant du fisc :
Entôle}-, Pasquiner de la mal-
touse. V. Tromper.
FRAUDULEU8EMEXT. Sons la
table (Sirg. des faiseurs).
« L'acte de vente portait que la tran-
saction devait s opérer sur le prix
de douze unile cinq, mais Donelle
recevait sous la table un supplé-
ment de quinze cents francs. »
FRAYEl R. V. Peur.
FRELATER. V. Falsifier.
FRÉQUENTER. Pris en mauvaise
part. Donner daivi.
H Cette petite s'acoquine : elle donne
dans la culotte rouge. »
— FRÉQUENTER LES FILLES.
S' encotillonner OU S^enjuponner,
Gourgandiner,
C'est nous, pauvres mollusques.
Qui nous enjuponnons.
(H. RucccT.)
— FRÉQUENTER LES COMÉ-
DIENS. S*encabotiner.
— FRÉQUENTER LA BOHÈME.
S^embohémer,
FRÈRE. Tralin, Frangin, FraterneL
n Et après, si le lézéluquès te dé-
manffCftu pourras l'écnre au grand
Chariot, ton frangin qui sïait vieux
à Biribi. »
(TaoBLOT.)
« — Je comptais que mon fratei*nel
m'enverrait des pépettes pour les
manœuvres. »
« Donne V bonjour à la mt>re et aux
fralins. »
— FRÈRE DE LA DOCTRINE
CHRÉTIENNE. Coin, Corbeau,
Couac , Frangin , Ignoramus ,
Ignorantin.
« Et c'est r m^me tabac dans toutes
les écoles : chez les coins comme
dans les lycées. Moi qu'ai été en
classe chez les corbeaux, y t'en
parle savamment. »
JTais (i des ignoramus
Qui n'enseignent qu'uiemus.
FRIAND. Chat,
« Je la saveds chatte au possible ;
aussi avais-je préparé un petit goû-
ter tout de friandises légères et par-
fumées. »
FRIANDISE. Chatterie, GucHlav-
dise, Nanan.
« Du nanan dans toutes les cantines,
des belles Italiennes pour friser la
moustache aux vainqueurs, et après
un quart d'heure de repos, le che-
min de la gloire!. ..Halte!. ..front!...»
(Ka>tST CAFt^nc;
Et puisque, pour nos griserie^,
Le couvert est mis.
Qu'il me soit permi<(
D'en goûter jus<|u aux chaiteru's.
\\t. oa BtacT.
FRl — 233
FRICHE (TERRE EX). Peleux,
FRICOT. Frichti. V. Cuisine.
FUI
FRICTIONNER. Astiquer la
couenne j Briquer le cuir,
FRIPERIE. Fripe (apoc).
FRIPIER. Décrochez-moi ca,
FRIPON. V. Escroc, Voleur.
FRISER la chevelure. Bosseler le
tube.
FRISSON. Tremblottc.
FRISSONNER. Avoir la
blatte. V. Fièvre.
trem-
J'eoteads les os d'mes jamb's qui plaquent
Coat' les parois d'mon culbutant...
J'suis foutu, si j'ai la tremblotte.
(A. B.)
FROID. Chanin (arg. lyonnais),
Frichbi, Frimassardj Frioj Priot,
Frisbiy Frisco, Frisquet j Grie *,
Gi^elle % Gns \
o — r fait rien frichbi dans ta turne !
Fais du rif! »
Au nom du père et da (Ils.
Le ciel est blanc comme un Ivs,
\'\kVfrio!
l's verront Tanné' urochaioc
Ceux-là qu'ont rcul dans la laine ;
Ah ! si j'étais proprio!
J'pourrais payer d' la flanelle
A mon pauvre cul qui gèle:
Mais j<» q' suis pas proprio...
Vlà r frio!
(A. H.)
Mais ça fait rien... si qu'y reviendrait
ll'i
m
(Jbhar Rictds.)
Uuèau' nuit d' hi ver quand V frisquet semble
Fend' les pavés et les carreaux.
FROMAGE. Blême, Durème, From
(apoc), Promgi ou Promji, Fro-
meton, RèmCy Henaché.
« Ah ! a n'était pas diffe à engraisser :
dix de gringue et dix de fromji ; ça
fsait le pied. »
— FROMAGE IIE HOLLANDE.
Boussole de refroidi. Boussole
de singe. Tête de mort.
— FROMAGE GATE. Ambulant,
Qui marche tout seul.
— QUARTIER DE FROMAGE
DB BRIB. Côtelette de menui-
sier, de merlan, de vache, Entre-
côte de brodeuse, de lingere, ou
simpl. Côtelette de Briè.
« L'apprenti parisien, qui n'a souvent
3ue trois ou quatre sous pour son
éjeuner, se contente presque tou-
, ours d'un bout de saucisse ou de
)oudin ou encore d*un morceau de
romage qu'il baptise ironiquement
côtelette de Brie ou entrecôte de me-
nuisier. »
FRONT. Dessus, Inspiré, Marlou,
Plafond.
FRl CTl EUX. Juteux.
« li comptait sur une affaire juteuse
qui lui permettrait d'établir son
fils et de marier convenablement
Madeleine. »
(Le Fin de siècle.)
FRUSTRER. V. Duper, Escroquer.
— FRUSTRER LE FISC en falsi-
fiant les chiffres d'un acte. Pas-
ser sous la quarante, sous la
table. V. Frauduleusement.
FUIR. Ambier\Baudrouiller, Cal-
ter, Camper, Carapater, Cavaler,
Chabier, Cramper, Cromper, Déca-
niller, Décarrer, Défiler, Défiler la
parade, Défourailler, Démurger,
Dériper, Désan^er *, En jouer un
air, Épouser la fourcandière *,
Escaner, Faire chichi, chibis,
cric , criquette , gilles , Faire
ou se faire iadja, la débinette,
la fuite, la levure, la paire, Paire
patatrot. Fendre son équerrc, son
compas, Filir comme un dard,
comme un pet, comme un zèbre.
Filer son câble par le bout, Filer
son nœud. Foutre ou fichei^ le ou
son camp, Happer le taillis* , Jouer
à barres, Jouer du compas, des
flûtes, des fuseaux, des gambettes,
des guibolles, des pattes, des
pinces, des pincettes, Lever le pa-
turon. Mettre la clé sous la porte
ou la débouclante sous le paillas-
son, Mettre les voiles. Prendre la
FUÎ
— 234 —
FUM
tangente^ S'attacher un bidon , une
gamelle, Se barrer, Se carapater,
Se cavaler. Se courir, Se cramper,
Se criquer, Se débiner. Se tiéfilei',
Se déguiser en cerf, Se dévisser,
S'épouffer, S'esbigner, S'évaporei',
Se fendre Vergot, Se la briser, Se
lâcher du ballon. Se la casser^ Se
la fracturer, Se la tirer, Se maca-
ronner*, Se pousser de l'air , Se
sylphider. Se tirer, Se tirer des
pattes, des pieds, des flûtes, des
fuseaux, etc. Tirer sa crampe, sa
coupe, Tricoter, Tricoter des gam •
bettes, des guibolles, etc. V. Jambe,
S*éyader.
Ah ! èt'-toi d* là, tiens, prends ta course,
Débin\ cavale ou tu vas voir.
(JCHATI RiCTOS.)
Plus tard, la chance s'ensuivnnt.
S'il ne se fait chauffer avant
Ou ne s'esbigne.
Notre homme, par un coup savant,
Nous supprime le plus souveut...
Comble de guigne!
(BLtDORT.)
« Lapierre, voyant que ça devenait
vilain, juge qu'il est temps de jouer
des fuseaux. »
(Mabiu et Ladnay.)
« Ts vont chercher à se faire la débi
nette pour aller crever de faim en
Belgique ou chez les Angliches. »
— L'impératif se traduit, fré-
quenninent, par une des ex-
clamations suivantes :
Aaée! Acres! A Vescancl
Crès ! Creslo ! Cric ! Far ! Vad-
ja ! La tlébinette ! La levure ! La
paire! Vet! Vesse! ou par La
voiture est à la porte! La voi-
ture nous attend !
Mais i's m'ont jamais ceinturé
;liss' toujours enlr
|uand i's pass'nt...
Y'ià lespestailles!'
Ej* gliss' toujours entre les mailles
Et quand i's pass'nt... ej'crie : Aéré!
(A. B.)
« J' crie : à Vescane ! et je veux bau-
drouiiler mais j'avais un caillou et
j' m'affale. »
(Fti4x Kiuo.)
„ — CVe^^o! qu'i' m' fait, v'iâ ton da-
ron! »
Moi qu'avais pas esgourdé, j' bou-
geais pas. Alors i' m' fout une
poussée.
— Petl qu'i' me r'fait, cricl
Alorsse, j' vas pour déinper, mais
il *tait trop tard et V dab m'allonge
une sichnouffe... de première, n
« — Ho ! la paire ! ça sent la r'niffle ! »
n — La levurel vivement, 6arre-toi !
V'ià ta femme qui t' cherche. »
FUITE. Adfa, Cavale, Campage,
Campe, Crampe, Crompe, Décar^
rade, Décarre, Décarrement, Es-
cane, Vourcandière* , Levure, Paire,
Patatrot,
« Le barbaudier du castu est-il fran-
ci lion ? Se dit-il de [àfourcandière * ? »
{Le Jargon de V argot.)
FUMER. Bombarder, Bouffarder,
Brûlei', Faire du brouillard, Gril-
ler, Pétuner.
... De griller une cigarette
Dont le serpentin louTOjeor
S'envole comme une amourette
Vers le ciel... de lit... (vieui voyeur).
(Rt»ti«piar.E«.)
Quant à moi, je pétune
Et plutôt deux fois qu'une
Et du mutin au soir
rjgare et cigarette...
1^ pipe ne m'arrête,
Et sans croire déchoir.
(R. PoNcaoN.)
« Et quel plaisir, à la pause, de bouffar-
der un brin, de faire un peu de
brouillard pour tromper Tennui et
vous aider à rêvasser ! »
« Oh! vous brûlerez bien une demi-
pipe tout en causant sur le mail? »
« Pourvu qu' j'aie du perlot pour
bombardei*. »
— Comme complément, on
emploie fréquemment un
ou une (en sous-enlendant
pipe, cigarette ou cigare).
On a beaucoup remarqué que
M. Félix Faure s^était offert le plai-
sir d'en griller une. »
{Le Gaulois.)
«
FUM
— 235 —
FUS
FUMEUR. Bombardeur, Bouffard^
GriUeur.
— FUMEUR PAR OCCASION.
Fumailtony Fumeron.
« — Vous n'êtes qu'un fumaUlon^
Pabbé ! PcLrlez-moi de M. le vicaire
général; en voilà un bouffard. »
FUMIER. Bourrier.
FUMOIR. Bouffardière.
FUXICULAIRE. Ftim (apoc).
•< Comme je me trouvais en retard,
j'ai pris le funi pour mes deux
ronds. »
FURETER. Fouinasser, Fouiner.
« A force de fouiner^ il apprit que je
me permettais de recevoir des jour-
naux et en déduisit que ce ne pou-
vait être que moi Tauteur de tout
ce pétard. »
{La Sociale.)
FURETEUR. Fouille-merde, Foui-
nardy Fouinasson, Pénard, Son-
deur.
« Sacré fouilie-nierdel V faut qu'i'
fourre son sal' tubard partout ! »
» C'était un petit Méridional du mau-
vais Midi; chevelu, barbu, velu,
noir comme une taupe, bruissant
comme une cigale et fouinard com-
me un cent de Normands. »
« C'est un pénardf un sondeur ; il a
l'air de ne pas y toucher et il met
toujours le doigt su' V bath. »
FURIEUX. Funbard.
« A cette révélation, le chef de bureau
devint furibard et menaça de sa dé-
mission immédiate le porte-parole
du ministre. »
FUSIL. Bagaffre\ Baillaf\ Bdion
creuXy Bottoche, Chandelle, Clari-
nette, Femme, Flingue, Flingot,
Pitroux, Repoussant, Soufflant,
Tringle, Tube. V. Bois. En outre^
le Fusil se désigne parle nom de
rinvenleur : Chassepot, GraSy
Lebel, Remington, etc.
« Pour la deuxième fois de la jour-
née, voici Jean-Louis et Lapierre
placés entre deux rangées de ces
chandelles de Maubeuge, dont la
mèche sent la poudre a canon. »
(Mario et Ladhay.)
Tirer les rois!... C'est lacamarde
Uui devrait leur tirer les pieds ;
D'abord faudrait qu'on les canarde
Et qu'on t' les crèv tous comm' des pieds.
Un' deux !... quand on n'est pas des poires»
Qu'on est Français et Parigot,
On fait pas tant d' magn' et d'histoires :
On tir' les rois à coups d'flingot,
(A. B. Les Souloloques a Honoré Comtant.)
a On t' reveille, su' les ménuit eune
heure, et faut s' coller Tas de car-
reau su' r ràbe et décrocher sa cto*
rinelte. »
c Et aïe donc ! pan ! on leur-z-y fout
des coups d' flingue dans la peau. »
« Tout le monde dormait au corp»
de garde, les tringles au râtelier et
les sacs sur la planche. »
« Le troupier appelle son însiirepous-
santy soufflant, flingue ou flingot ;
mais le mot le plus répandu pour
désigner ce compagnon de tous les
instants, c'est : « ma femme. »
— FUSIL A DEUX COUPS. Re-
poussant à deux trillages ou
trayages. V. Coup.
— FUSIL DE BOUCHER. F/m.90/
(analogie).
FUSILIER DE DISCIPLINE.
Biribi, Camisard. V. Soldat.
FUSILIER MARIX. Chie-dans-
l'eau. V. Marin.
FUSILLER, V. Daillafei' \ Bailla-
quer *, Bayafer *, Canarder, Des-
cendre, Laver la tête avec du plomb.
« — Mais, criai-je à Préval, ils ne
sont pas armés...
— Bah !
^ Aucun ne riposte...
— C'est une tactique. Ils vont ripos-
ter tout à rheure. Tire donc !
Oa «D canarda ainsi une demi-dou-
— C'«itégtil,di3-]e, voilà re qui l'ap-
pelle SMaMiner tei gen?. >
(HkTo. F».»ci,1
■* Juieph Robert lortit ds la maison
comme un fou furieux, brandissant
son arme en criant :
— Il faut que j'en daeend» un '. •
(GWo.)
— 236 — FUY
— Voies de tait envers i
FUTÉ. Fouinard. V. FareUnr.
FUYARD. Baudrouillard.
G^CHEU. V. Abîmer.
GAI. Gaimar, Higolbocke, Rigolo.
GAIETÉ. Higolade, Riok.
GAIN. Affwe. V. Bénéfice.
GALANT, a<lj. Pompadour, lié
gence, Hkkelieu.
GALK. Charmante ', Frotte, Oratle,
Gratlouille, Grittiousc-, Mitre *,
Principauté '.
La charmante' y Tait gratter bien
desui
(Vit,
- T'ns doDc la fi-olte que tu t' grat-
GALÈRi:S. Bâchasses', Petite ma-
rine. V. Bagne, Travanx forcda.
GALERIE. V. Amphithéâtre.
GALÉRIEN. V. Forçat.
GAL
— 238 —
GAR
GALETTE. Platue.
GALOX. Gd/ac/ie*.
— GALON DE GRADE. BàtOfi,
Sardine,
m 11 espérait les sardines de caporal
pour le départ de la classe, mais son
ambition était de décrocher le bâton
de fourrier. »
— GALON EN CHEVRON. Ba-
raque^ Briague, Maison. V. Che-
vron.
OALOXXER. Galucher\ V. Cha-
peaa.
OALOP. Patatrot.
OALOPIX. Crapaud, Galapiat,
Gosse. V. Gamin.
«AJIIELLE. Galtause, Galtoze, Gai-
touze.
« — Qui est-ce qui ne bouffe pas sa
galtouze'l deuiaiida-t-il affamé en
reluquant les gamelles de rata. »
CrAMIX. Béni-mouffetard, Crapaud,
Fovyou , Galapiat , Gavroche ,
Gosse, Gouillon, Gouspin, Gousse-
pain, Gromiau, Môme, Mômichard,
Mômignard, Tili. V. Enfant.
Ben, moi, c't' existenc'-lù m'assomme !
J' voudrais posséder un chapeau,
l/csl vraiment temps d' dev'nirun homme.
J'en ai plein i'dos d'i^lre un crapaud.
(J. KlCHIPI!!.)
— Cîreni|)ille, la marmaille
Va venir manger tes seins,
In tas de mômes malsains
Qui gruuilleroul dans la paille
Sur tes bras pour traversins.
Elle dit: Vaille que \aille!
Je nourrirai mes poussins
D'aumônes ou do larcins.
(iD.)
CiAMlXE. Gosseline, Mômicharde,
Mômignarde, V. Fillette.
GAXT. Chaussette, Glovès, Mitoufle^
Mitouflet, Porte-poigne.
<« Le toui'lourou Raticbon, qui descen-
dait de garde, fit une toilette flam-
bante, s'astiqua du haut en bas, et
reluisant comme la visière immense
des képis du petit lieutenant Trou-
madames, sortit du quartier, ayant
fourré ses mains dans des chaus-
settes d*une immaculée blancheur. »
{La Baïonnette.)
GARAXTIE. Parade.
« II opérait en toute tranquillité, sans
craindre que la police ne l'inquiétât
auant à ses moyens d'existence.
^n camarade, qui tenait un com-
merce de vins en gros, lui servait
de parade, toujours prêt à assurer
qu^il l'employait comme courtier. »
GARÇOX. Ftetf , Fiston.
— JOLI GARÇON. Miroir à gon-
zesses, à putains, à poufiasses.
« C'est toujours un homme aimé pour
lui-même, un joli garçon, un mi-
roir à... ce que vous savez. Trop
beau pour rien faire, il est pareil
au lys de l'Écriture. »
(FraIVÇQIS COPPtE.)
— GARÇON DE CAFÉ. Loufiat.
« D'pis Taugmentation des alcools, on
raque la bleue deux ronds d' pus,
mais r loufiat s' gratte pour eul'
pourboire. »
— PREMIER GARÇON DE CAFÉ
Caporal.
— GARÇON QUI VERSE LES
CONSOM.MATIONS. Otnnibus,
Verseur.
— GARÇON CHARGÉ DE TIRER
LA BIÈRE. Pompier.
— GARÇON DE COURSES. Chas-
seur.
— GARÇON D'OFFICE. Officier.
— GARÇON CHARGÉ DE FAIRE
LE CAFÉ. Fournier.
— GARÇON DE VAISSELLE.
Plongeur.
« Le service des loufials diffère selon
les maisons où ils sont employés.
Il en est où le caporal ou premier
garçon ne s'occupe que des con-
sommateurs; dans d'autres, il tra-
vaille comme ses camarades et fait
le nettoyage avec eux. Les petits
GAR
— 230 —
GAR
établissements et les brasseries de
femmes de dernier ordre n'em-
Î ploient qu'un garçon, qui est à la
ois officier^ plongeur^ fowmier^
pompiei* et, au besoin, chasseur ;
c'est à-dire qu'il s'occupe de tenir
propres l'office, la vaisselle et la
verrerie, fabrique le café, tire la
bière et fait les courses des clients.
Dans les cafés bien tenus, les gar-
çons se contentent de prendre la
commande, d'apporter au client son
verre, les carafes, les journaux et
les allumettes, et de... recevoir l'ar-
gent; ils ont pour les servir Vom-
nibus qui verse les boissons froi-
des : sirops, vins et alcools, le
pompier qui tire la bière et le ver-
seur qui verse le café et le lait chaud ;
les autres boissons chaudes sont
toutes préparées par Yofficier. »
-^ GARÇON MARCHAND DE
VINS. Cnleur, Moucheron.
— GARÇON D'HOPITAL. Ra-
fiau,
— GARÇON D'HOTKL. Cam-
broux.
— GARÇON MAÇON. Lifforniau,
Limousin, Lipette.
<t ~ Et quels gens habitent ce taudis ?
— Un peu de toutes sortes. Des
mendiants, des vagabond?, des /i-
jetles, des ligorniaux. »
(L. Bako5.}
— GARÇON DE RECETTES. Dé-
graisseur^ Heteveur de pezoches,
— GARÇON DE RESTAURANT.
Loufint. V. ci-dessus.
— GARÇON SUPPLÉMEN-
TAIRE. Extm.
« On s'attendait à un fort supplé-
ment de clientèle et la patronne
avait demandé deux exlras. »
{La Nation.)
—PREMIER GARÇON BOULAN-
GER. Brigadier.
c La manutention était moins soi-
gnée, les clients se plaignaient que
le pain étdt moins bon ; on résolut
de changer de brigadier. »>
GARDE, subst. f. Chive.
— CRIER A LA GARDE. Ciibler
à la grive *. V. Crier.
— SUR SES GARDES. En gaffe.
V. Guetter.
« — Nous étions restés en gaffe afin
de donner l'éveil en cas n'alerte. »
(VlOOCQ.)
— SE METTRE EN GARDE. Se
mettre en quarante.
flt — Aliçne-toi, lui cria-t-il, si t*es
pas feignant. Allez ! mets-toi en
quarante \ un homme en vaut un
autre, pas vrai?
— Et tous les deux se mirent en gar-
de, le couteau au poing. »
— PRENDRE GARDE. Avec idée
de défi, de supériorité chez la
personne qui parle. Numéroter
ses abattis^ ses os (indistinct.).
u Je Tai engagé en le quittant de nu-
méroter ses os, car si la fantaisie
lui prend de s'évader et qu'il me
tombe sous la main, je le démoli-
rai. »
(BlACf.)
— SOLDAT DE GARDE. Grivier
de gâfe. V. Factionnaire.
— ÊTRE DE GARDE. Être de
guette.
GARDE, subst. m. Gâfe, Gaffe,
Gâfeur, Gdffier.
« Les gaffes ont la vie dure. Ils tom-
bent sur leurs pattes comme les
chats. »
(Claude.)
« r voulait lui passer du pognon,
mais y a pas eu plan, à cause des
gdffiers. »
a Pendant qu' Fréder postigeait, la
Sardine faisait le gâfe. »
— GARDE-CUIOURME. Artou-
pan. Cap, Come, Comité, Gâfe,
Marchand de lacets, Rien, Sous-
come, Sous-comite.
a Comme i' poussait du schproume,
les artoupans l'ont foutu au mitard
avec la ligotante de riûe. »
GAR
— 240 —
GAT
« La commission du ba^ne a sous ses
ordres, pour la surveillance des for-
çats, un grand nombre d'agents.
Ces divers agents sont divisés en
agents de police et de surveillance
inférieure et en gardes. Les pre-
miers sont les cornes ou comités^ au
nombre de trois ou quatre; les
argousins, trois; les xous-comeSj
dix-huit; sous-argousins, dix-huit ;
et les caps^ espèces de piqueurs pour
diriger les travaux. »
(MoRBAU Christophe.)
« Si jamais je manque à Tappel, fais
croire aux marchands de lacets que
j*ai piqué une tAte dans la grande
tasse. »
(BeRTBL et GlLQCIH.)
— LES GARDES-CHIOURMES
en général. La gdferie.
— TiARDE MUIVICIPAL. Cipal,
M Les prisonniers en question peu-
vent échanger entre eux les ren-
seignements les plus graves sans
(lue le brave cipal s'émeuve un seul
instant. »
(GOROH.)
— «iARDE A CHEVAL. Gdfe à
gaii.
— GARDE DE MJIT. Gdfe de
sorgue.
— GARDE DE POLICE. Tripot'.
GARDE-miBR. V. Besoins, Cabi-
net, Chier.
GARDEH. V. Conserver.
GARDIEX. Arioupan, Boye, Gdfe,
(irifpew'f Guette,
— GARDIE.X DE CIMETIÈRE,
DE L% MORGUE. Gâfe des
macchabées.
GARDIENNE DE SAINT-LA-
ZARE. Sonnette.
GARE! iiU. Acre! Acrée ! Acres!
Crès ! Cresto ! Dix-sept ! Hache !
Pet! Vesse ! yingt-deux!V, Atten-
tion, Pair, Patron.
GARER (SE). Se couver, Se yourer.
... Ej' m'étais min,
Pour m'goÈwer d* la lance et d' la puïe,
Dans l'encognur' d'eun' porl' cochère.
(Jehan Hictus.)
GARGOTE. Garyot.
Elle tenait un gargot
A Maisons-Lafiite,
Chez elle le cheminot
Trouvait table ot gîte.
(J. CiLttf.)
GARGOTIER. Boun-e-cuchons (ou
fait ordinairement précéder cette
expression deMonsinir, Madame,
Le père, La mère, suivant le sexe),
Garyot.
« On allait pour douze ronds se les
caler chez le père Bourre-cochons
avec UD bœuf, dix de gringue et un
d'ini-stroc. >»
<t Si le purotin est, par hasard, tombé
sur un bon frère qui Tenvoie se
faire pendre ailleurs, il en est
quitte pour recommencer chez le
gtirgot d'à-côté. »
{La Sociale.)
GARNI. (Logement.) Garno.
Kouilli'z-moi la ville toute.
Les hùtels et les garnot.
Il me faut, coûte que coûte,
Avant ce :<oir trois complot:».
(K. PONCHON.)
GARROTTER. ToWoase)". V.Gorde.
GASPILLAGE. Cuulaye, Gdchage.
«Il y a du coulage dans cette mai-
son. »
« Pourc|uoi ce gdchaget c'est la ruine
à bref délai. »»
GASPILLEUR. Dècheur, Mangeur,
Massaa^e, V. Dissipateur.
« On ne peut rien lui confier de déli-
cat, c'est un bousilleur, un vrai
massacre. »
GÂTER. En parlant d'un travail
manuel : Bousiller, Charcuter.
« Ma iille, ça ne peut pas continuer;
vous m'avez bousillé cet ouvrage
que c'en est désolant. »>
■ La baronne c»t pour ces enfants
une ïérilable maman gâteau. '
{Le Bndieal.)
GAUCHE, ftdj. V. Maladroit.
GAUCHE {A]. A cri, A ta manque.
« Quand le bonneleur veut faire con-
naître à un complioc où est la carte
gainante, il dit Vane ! CVil ou
Caisse ; Vane pour [n droite, Cri
pour la gauche et Caisse pour le
GAZ ASPUVXIAST. P/om 6 (arg.
des vidangeurs).
GAZOK. V. Herbe. Prairie.
GELER. Cliquer de friot. V. Froid.
GËNAKT. V. Importun.
GENDARME. Butai, Itrasse-caivée
[arg. maritime], Cagrw, Chardon-
neret, Chasse-coquin ou Chasse-
noble, Cognac, Cognard, Cogne,
Enfant de chœur de ta guitlotine,
Fauvette à tête noire, Gdfe, Qdffe,
Grij^e-Jésus, Gris-bteu, Guignot,
Hirondelle de griveoa depotence,
Hussard de l'Abbaye, de ta guillo-
tine, de la Veuve, Jaune ', Lapin
ou cabot ferré, Laune, Lévrier de
bourreau, Liège, Lousse ', Mai
coiffé. Marchand de lacets, Martin
roiiant' jPandofe, Passe-tacets, Po-
lichinelle, Pousse ', Rousse, Ra-
veau. Serin, Solliceur de lacets.
Tricorne.
« Chariot d'un cûtÉ, le sanglier de
l'autre, et lea marchands de lacets
derrit're, ce n'est déjà pas si réjouis-
sant d'aller faire des abreuvoirs à
mouches. •
(H.110 et L.D1.Ï.1
■ Les coquins, dans leur argot, appel-
lent lesoendaruies.7rippe-jMUj, mot
profond et qui n'a pas été inventé,
comme le pri^tend Francisque Mi-
chel. ■ pour faire accroire i^ue le»
gendarmes ne mettent la niein que
sur des inuocenis ■■, mais parcs
qu'ils arrt-tcnt mémo les innocenls
et qu'ils n'ont pas même épargna
Jésus; ce qui est bien différent. •
I Oui, c'est pour aujourd'hui, les hut-
sards de la veuve (autre nom, nom
terrible, de la mécanique) sont
commandés I
(Biu
Sans compter qu'on risqu'ra rien
d' faire accompagner la machine
par lea hirondelle) depotence, si on
veut p5s qu' les anarcbos viennent
Gendant I' voyage s'oITrir un' nuit
■s buis du bourreau, histoire de s'
mett' dans les leurs, de bois. •
Elle a une condition à Aubervillers,
sur le bord de la limonade, d'oui
qu'on voit venir de loin lea laune». •>
Alloi».... ta l'ioir. aaa lirindiBr,
Poflei-ïoinben... Akt... mine' d< pell*
Hfl' qae j' vien* d'yvo boucher an trou T..*
. mon er»! on pour un «a.
Surlaul 00 »Tei pu li gnolt
De itcba riubcrt taul de luil* :
Ensflrti |>H l«'/u'i"<il^. "" ''
CbarM te niooclicn »o> blaic.
Tu calleru au Ctaimp de Ntie'
Cogne doot l'œil me tanudo.
Pique dta de ui, i a. Clic, clic !
Je soie ie bon guaui qui tidt.
(l R,QH«.,S.)
— GENOAR.'HE HARITIIIE.
r dur. .
— CEKHARIIEHIB HONTËB.
Cognade à gait ou à gayel.
La coanade à oayel servait le trfipe
pour laisser abouler une roulotte. ■
GEN
— 242 —
GIF
GÊNE. Débine, Déche, V. Besoin.
— « Adieu, Pili... petite chienne... »
On s'était trouré dans la rae,
La nuit. Bile était accourue:
«- « Bmmène-moi, je serai tienne
(A Tait dit le bon petit chien),
Tu verras... je t'aimorai bien...
Veux-tu?... je ne suis à personne. »
J'avais adopté la mignonne.
Et, pendant quinze ans, chaque jour,
Elle fut la petite bêle
Qui TOUS attend et qui vous Tète,
Qui TOUS dit bonsoir et bonjour.
La petite bète qui lèche
La main... Ah ! les yeux, les bons yeux,
Toujours contents, toujours joyeux,
Les jours d'opulence ou de aèehe.
Hélas ! ces bons yeux que j'aimais,
Je ne les Terrai plus sourire...
Je les ai fermés pour jamais...
Et je pleure... Ça tous fait rire?
Vous les...
J'ai perdu mon bon petit chien,
Aussi ma douleur est extrême.
Hais, pour qu'il se repose bien,
Pour qu'il s'endorme doucement,
Je l'ai couché bien chaudement
Et je Tais l'^iterrer moi-même.
— « Adieu, Pili... bon petit chien, m
7 Dotembre 1897.
(A. B.)
GÊXER. V. Importuner.
GÉNÉRAL. Poireau (arg. de Saint-
Cyr).
GÉNÉREUX. Bon fieu ou simpl.
Fieu.
« — L* père Bonnard m'a refilé cent
sous... c'est un fieu. »
— ÊTRB GÉNÉREUX. Se fendre.
« — Et quand, par-dessus le marché,
nous aurons additionné le chemin
de fer, les étrennes aux domesti-
ques...
Si tu t'imagines que je vais me
fendre l »
(Michel Provims.)
GÉXIE MILITAIRE. Barbette
(arg. de Saint-Cyr).
GENIÈVRE. Geneviève (à-peu-
près), Schnick (germanisme).
V. Eau-de-vie.
GENOU. Coussinet.
GENTIL. V. Joli.
GENTILLESSE. Giroflerie \
GÉOGRAPHIE. Géo (apoc, arg.
des écoles), Gogo (arg. de Saint-
Cyr).
GEOLIER. Barbaudier, Comte de
Canton, de Caruche, de Castu,
DébrideuTy Déboucleur, Duc de
Guiche, Guichemard, V. Faite.
« On suit leurs pas, on cherche à
savoir où ils ont passé la nuit du
crime, et, si les présomptions
prennent de la consistance, on les
arrête aussitôt et on les conduit,
comme ils le disent en argot, au-
près du comte de Caruche. »
(Arua.\d Dcsartir.)
Lubre, il bonissait aax palombes :
« Vous grublez comme un guichemard, »
(J. HiCBCPLX.)
GESTE de défi ou de mépris. Ba-
sanCy Croupière, S'emploient
comme régime du verbe Tailler,
Que ce soit Jacques, Paul ou Pierre,
Qu'il poDse jaune, ronge ou bleu,
Nous nous en fichons, sacrebleu !
Et nous taillons une crounière
A tous tes pantins déTraîccis
Qui barbotent dans ce gâchis !
(L. DE Berct.)
« Le môme Tintin tailla une basane
au sergot et s'enfuit à toutes
jambes. »
GIBET. V. Potence.
GIFLE. AccoladCy Bdfe, Bâffre,
BoffettCy Cachetf Châtaigne, Cfiin-
freniau, Chisnouffe, Couleur, Da^
riole, Giffe (corrupt.), Gnolle,
Jaffe, Mandate, Mandole *, Pla-
mufe , Sischnouffe , Talmouse ,
Tarte. V. Claque, Coup.
El je m' fous ben de c' que V public
(Un tas d' gonc's qui vaut pas toîs gi/fes)
Peut dir' a ma façon de m' peigner.
(L. DE Bercy.)
GIF
— 243 —
GOR
GIFLER. Accoler, BâffeVy Bâ/frer,
Passer à bâfe. Laisser tomber ks
châtaignes , les mandales , etc .
V. ci-dessus.
Tais-toi. n'échauiïe pas Nicole,
Autrement, tien**, moi, je Vaccole...
— Toi, m'accolerl Ahl je te crains!
(Vadé.)
GIGOT. Cuisse de danseuse,
— MANGER DU GIGOT. Gigoter,
GILET. Bette ou care aux ciguës.
Camisole, Casimir, Croisant, Crois-
sant, Georget, Gilemont, Gilmont,
Gileton, Gilton, Lisette *.
« r ya décroché son bogard de sa
camisole, que l'aute ya vu qu' trin-
gue. »
« r m'avait déglingué mon gilmont
et ma iiquette. »
— GILET DE FLAATELLE. Li-
monade.
GIROUETTE. Tête et queue, Vol
au vent,
GLACE. V. Miroir.
GLOUTON. Bouffe-la-balle, Cheu-
lard, Chiqueur, Engoulevent, Gai-
faire. Gueulard, Mange- tout,
« Et notre bouffe-la-balle de Parigot
entama sa troisième gamelle. »
« Nos cheulards dormaient sous la
table au milieu d'une hécatombe de
flacons. »
« En un coin de la salle, à une table
séparée, s'emplissait d'un rata for-
tement alliacé un galfâtre à grosses
joues. »
{Les Propos du Commandeur.)
GLOUTONNERIE. Empiftage ou
Empifrement,
GOBELET. Gobette, Piolet,
GOBER. V. Avaler.
GOGUENARD.CAarrieur, Chineur,
y. Moqnear.
GOINFRE. V. Glouton.
GONORRHÉE. Chaude-lance,
Chaude-pisse, Cocotte, Coulante,
Gogotte, Réchauffante,
« — Si Ton nous fait mousser comme
ça, dit-il, j'irai chopper une chaude-
lance dans un caboulot et je fini-
rai mes vingt-huit jours à Tinfir-
merie. »
(c II n' pouvait pas marcher : il avait
la gogotte. »
« — La garce m'a fichu la réchauffante.
— Ça te tiendra chaud pour l'hiver. »
— GONORRHÉE CHRONIQUE.
Goutte militaire.
Ab ! ces deux vieillards me dégoûtent !
Je crois môme qu'ils ont la goutte
Afin taire
Bien qu'ils ne Paient jamais été.
(Albiet Gl4TI0IIY.)
GORGE . (Poitrine. ) Estomacs .
V. Sein.
GORGE. (Gosier.) Angoulême*,
Avaloir ou Avaloire, Carafe, Coco,
Corne, Cornet^ Cornemuse, Corri-
dor, Couloir, Creuse, Dalle, En-
tonnoir, Fanal, Fusil, Gargamelle,
Gargarousse, Gargoine, Gar-
gouanne, Gargouenne, Gargue,
Gave, Gavion, Gaviot, Goule, Kik,
Kiki, Lampas, Musette, Noque,
Pertuis, Plomb, Rue au pain,
Ruelle, Ruette% Siffle, Sifflet,
Tromblon, Tube,
a — Tiens, mon vieux frère, colle-
toi ça dans V avaloir, ça te donnera
du cœur au ventre. »
« — Hé I dis donc 1 Si on se réchauf-
fait le corridor avec un verre de
vieille, nous autres, hein ? »
(J. Maani.)
« Chaque fois qu'ils vont là-bas, ils
en reviennent avec chacun leur
litre d'eau-de-vie dans la garga-
rousse, »>
{J. RlCHEPIN.)
L* malin, ça chaufT la gargamelle^
C'est girond la soupe aux poireaux !
Avant d' m'attocher un' gamelle,
Ej' déjeune aux Arts Libéraux.
(A. B.)
GOR
— 244 —
GOU
« — Vous comprenez que c'te pré-
tention de me faire payer ses dettes
m^a semblé un peu violente. Je Tai
ctiipée délicatement par le kiki et
j'y ai demandé :
— Dis donc, est-ce que par hasard
tu m'aurais pris pour un pante? »
(Oscar UtriniER.)
« A bout de salive, les musiciens
s'étaient disséminés dans les cafés
d^alentour et s'y humectaient lar-
Sement le iampas pour se donner
es forces nouvelles, tandis que
des connaissances entrées avec eux
embouchaient leurs instruments et
s'efforçaient d'en tirer des notes. »
(Cauillb Lemoicnikb.)
a Tout ce qui passe par la gargoine
emplit le bauge. >*
(VlOOCQ.)
J'ai du sable à l'amygdale
Obé! obi buvons uu coup
Une, deux, trois, lonçtemps, beaucoup!
11 faut s'arroser la dalle
Du cou.
(J. RicaiPiM.)
Arrosons-nous
La noque,
La noquef
Arrosons- nous
La noque du cou.
{Refrain d'une vieille chanson du Berry.)
GORGÉE. Lampée,
« Une lampée de cognac par là-
dessus? »
GOSIER. V. Gorge.
GOUJAT. Bajafy Bécant, Ballot,
Cheval^ Cosaque^ Croquant^ Louf-
fiât ou Louflaty Mufy Muffe^ Muffie,
Mufle, Pignouf. V. Grossier.
« — Laissez ce bajaf^ il ne mérite pas
qu'on s'occupe de lui! »
« Des ballots qui se mettent À quatre
S OUF saler un gonce, y a-t-il moyen
e parler à ces gens-là? •
(J. LORRAIK.)
« Le dimanche, c'est le jour de sortie
des mufles. On ouvre les portes
toutes grandes et on les lâche. »
(U. Lavbdan.)
Mais les lapins, mais les bécants^
Ceux arec qui qu' ya pas d'affure,
Lei emmerdeurs et les croquants.
On les dégringole & la dure.
(A. B.)
Ah ! il y en a, il y en a, il y en a
Que c'est d' la fameu«' canaille !
Ah ! il y en a, il y en a, il y en a
Qu' ça sont des fameux louAais !
(POTHIY.)
GOULt. V. Glouton.
GOUPILLON. Balai à pot de
chambre,
« £t le dimanche, à la botte à messes,
i' tendait 1 balai à pot cT chamb^
aux vieilles rombières. »
GOURDIN. Matraque, Permission,
V. Assommoir.
« Vous dire pourquoi, j'en serais
bien en peine ; une poule volée à
un colon influent, un coup de ma-
Iraque appliqué par un Bédouin
ruiné sur la tête d'un juif voleur,
quelques centaines de mille francs
à faire passer dans la caisse d'un
fournisseur ami d'un ministre, et
pif, paf, boum, coups de fusil, obus,
fusées, coups de canon, coups de
sabre et finalement le feu aux gour-
bis, aux jardins et aux moissons. »
(Hector Feanci.)
GOURMAND. Bonne, rude ou sé-
rieuse fourchette t BHfeuVy Briffeur,
Chiqueur, Gobichonneur , Gueu-
lard.
« — Ah ! vous êtes une rude fourchette,
vous, monsieur le curé ; vous tien-
driez tête, j'en suis sûr, à monsieur
le percepteur! »
(DOBOS.)
a — Oh ! donc, je vas vous tambou-
riner le cuir un petit peu, moi,
Fanfan la Blague, le roi, le triom-
phateur des chanteurs et des gobi-
chonneurs, »
(A. LORBITI.)
« — Quel briffeur 1 quel chiqueurl ah I
toi, quand je te fais une ratatouille
à ton goût, tu fais plats nets ! •
(HlRBBET.)
« — Eh ! vous autres, tas de gueulards,
on fait de l'extra sans les amis?
Garçon, apporte un couvert en
plus. »
GOU — 245 —
GOURMAXDER. V. Admonester.
GOURMANDISE. Gueulardise,
GRA
a — Encore du macaroni ? ah ! non,
c'est de la gueulardise. Ta en a»
déjà eu trois fois. »
GOURMET. Bec fin, Fin bec, Fine
gueule. Gueulard,
« C'est une fine gueule, il aime les
bons morceaux.' »
GOUSSET. Botte à ciguës, Flaquet,
Radin.
« — J' comptais sur un bon pour-
boire, r fouille dans sa boite à
ciguës et m'en sort deux pélots. »
GOUT. Chic.
— AVOIR U3Î GOUT PRONONCÉ
POUR UNE CHOSE. Ne pas
chier dessus.
m
GOUTER, subs. Lunch.
GOUTER, V. Luncher.
— Dans le sens d'Apprécier :
Gober.
— Dans le sens de Déguster :
Y mettre un doigt.
GOUVERNANT. Classe-dirigeant
ou Classe-dirigeante, Dirigeant
(arg. politique).
« Les cravates d'un acteur, le petit
chien d'une actrice ; les dessous de
celle-ci, les manies de celui-là :
voilà ce qui occupe les cervelles
dirigeantes. »
(Rbqoix.)
Ohé ! puissants de mon derrière !
Ohé! les classes-dirigeants,
Quand fermera-t-on la fourrière?...
Tous les chiens sont de braves gens.
(A. B.)
GOUVERNEMENT. Gouvernance.
V. Dispense.
GOUVERXEUR. Pharos\ Ripau-
ti/er*.
GRABAT. V. Lit.
GRABUGE. Bruit dans Lander-
neau, Chahut, Chambard, Gnac,
Ognon, Oignon, Pet, Pétard, Be-
naud. Ressaut.
ft Mais si le gouvernement s'obstine
à maintenir son projet, il y aura du
bruit dans Landerneau. »
{La Nation.)
<( — Je ne veux pas me mêler de
cette affaire, il y a du gnac. »
(H. Framci.)
« Le comte Jaubert raconte que.
l'empereur Napoléon I«' rentrant
un jour aux Tuileries de très mau-
vaise humeur, le suisse dit tout bas
à son voisin : « 11 parait qu'il v a
de V oignon. • L'empereur, qui Pa-
vait entendu, se dirigea vers lui et
lui dit : <f Eh bieni oui, il y a de
Voignon\ » Le malheureux faillit
tomber à la renverse. »
(lo.)
GRACE. Redam.
— SIGi\fiR UN RECOURS EN
GRACE. Cfivaler au rebectage,
GRACIÉ. Éprouvé.
GRACIER. Se traduit de même
que Absoudre.
GRACIEUSETÉ. V. Amabilité.
GRACIEUX. V. Aimable, Beaa.
GRADÉ. Eaux grasses, Grosses lé^
g urnes. Légumes, Tête mobile.
V. Autorite.
— Gradés inférieurs :
— BRIGADIER. Cabot.
— BRIGADIER-FOURRIER, fin-
gue-four, Tambour.
— CAPORAL. Cab, Cabot, Cabj'i,
Martyr, Sou /fixant.
— CAPORAL-FOURRIER. Cabot-
foutrier.
— CAPORAL-CLAIROX. Cabot-
trompion.
— CAPORAL-TAMBOUR. Crtôo/-
tn^nn.
GRA
— 246 —
GRA
— CAPORAL D'INFIRMEEIE.
Cab à la tisane, Cab au copahu.
— MARÉCHAL DES LOGIS.
Margis,
— MARÉCHAL DES LOGIS-
FOURRIER. MargiS' fourrier,
— MARÉCHAL DES LOGIS-
CHEF. Chef, Double, Marchef.
— SERGENT. Pied-de-banc, Ser-
got, Serpied.
— SERGENT-MAJOR. Chef,
Double.
— SOUS-OFFICIER. Bos-off.,
Bazoff, Sous-off,
— TAMBOUR-MAJOR. Géant.
« Comme il revenait de permission
de vingt- quatre heures, le cabot-
fourrier lui rogna sa boule de son
en lui disant d^aller se plaindre au
chef s'il avait quelque chose à
réclamer. »
« — Dites donc, chef^ c'est-y à ce
que vous savez?...
Mais le double d'un geste impé-
rieux le fit taire. »
(G. COOETSUNI.)
« On jeta le marchef à terre, on
abtma l'agent, et Ton s'enfuit avec
armes et bagages, plus ivres que
jamais, et très fiers. »
(SiTBRI!fE.)
H. — Allez me chercher le margis de
semaine; et revenez à raa botte, au
galop de charge! m
a Pour fêter sa nomination au grade
de serpied^ la cantine avait été
décorée et la salle des pieds-de-banc
vit se réunir autour d'un apéritif
« à la hauteur » tous les sous-off' de
sa nouvelle compagnie. •
« Et les méchants tours tant de fois
joués aux bazofs^ ces bétes noires,
les omelettes topoçraphiques arro-
sées de vin blanc dans les auberges
de Bouviers et de Fontenay-le-
Fleury, les sorties sans permission,
le dimanche, où Ton se défilait au
retour, le cœur battant, devant le
'< ringard » appuyé sur sa canne. »
(Ukné MAiztnoY.)
« Le géant, ce jour- là, ne conduisit
pas à Técole ses trompions et ses
tapins. 11 était au lit cloué par la
fièvre. »
— Gradé intermédiaire : Ad-
jectif^ Adiupette, Chien de
quartier. V. Adjudant.
— Gradés supérieurs : V. Offi-
cier.
GRAIX. Grenu. V. Avoine, Blé.
— MAUVAIS GRAI^. Droue*.
GRAIVD. Asperge montée, Bras, Dé-
fendeur d'andouilles, Échalas,
Long comme un jour sans pain.
Toutes ces épithètes comportent
une idée de maigreur.
GRAND'MÈRE.Btr6e-da6e, Birbe-
dabuche, Birbe-daronne, Gramu-
che^ Grand^dabe, Grande daronne,
Grande doche,
« Or, ceux-là lui donnaient, entre
eux, un surnom encore mieux jus-
tifié que tous ses autres nom, pré-
noms ou sobriquet. Ils l'appelaient
Gramuche, ce qui signifie, en argot
de routiers, grand^mére. »
(J. RlCHIPin.)
GRAND MOXDE. La Haute, Le
High life (le peuple prononce
Ige lif). Le monde chic. Le monde
sélect. V. Aristocrate, Élégant.
GRANDS-PARENTS. Les vieux,
Les vices ou vioques.
GRAND-PÉRE. Birbe-dab, Birbe-
daron, Grand dab, Grand daron.
a Son qrand daron était bistrot à
côté d' chez V père TEmp^reur. »
GRAND' ROUTE. Grande tire.
Grande trime. Grand rub. Grand
trimard, Grand trime, Ruban de
tire, Rub de tire, Trimard.
a Les uns, les vétérans du trimard,
connaissent les bons parages. »
(C>. Malato.)
GRA
— 247 —
GRI
Loin du rub de tire, la neuille.
Sans le taffetas du gris-bleu,
Aquige en douce et que la cueille
Eu Ion milliard passe au bleu.
GRAXGE. Grenasse.
GRATIFICATION. Confiture,
Gants,
« Le patron avait promis de la confi-
ture pour le jour de l'an. »•
Méfiei-Tous des intrigants
Et surtout des femmes galantes
Qui vous demanderont des gants.
(A. Glationy.)
GRATIS. AuchàsseyPour ladigue,
la peau, la tringle^ etc. V. Rien.
C'est la grand' Juli' monte au châtie
Qui fait des queu' à son mecton.
(A. B.)
GRATTER. Graisser, Passer à la
frotte.
— SE GRATTER. Se chaffourer.
GRATUIT. V. Gratis.
GRAVIER. Caillasse, Carie \
GRAVURE . Luque * , Luquet * .
GREDIX. Frappe, Fripe, Galapiat,
Galvaudeux, Malfrein. V. Ca-
naille.
GREFFE, subs. m. Rustu.
GREFFIER. Rustique.
GRÊLÉ. Grenier à lentilles. Mor-
ceau de griiyèi'e, Moule à gaufres,
à pastilles, à pilules. Poêle à mar-
rons.
•— FEMME GRÊLÉE. Couturasse.
« — As-tu vu ce moule à pilules^ Toi
qui veux loger dans des petits trous
pas chers, voilà Toccasion. »
GRELOT. Bavard.
GRELOTTER. Avoir la trem-
blotte. V. Frissonner.
GRENELLE (QUARTIER DE).
VÊcole.
« On était descendu jusqu'à VÉcole
pour dégoter Blanc-partout qui
perche rue Croix-Nivert. »
GREXIER. Autan \ Roulon.
V. Bois.
GRENOUILLE. Sauteuse.
GRÈVE d'ouvriers. Mise-bas (arg.
des typographes).
GRIFFER. Graffigner, Grigner.
V. Égratigner.
GRILLOX. Cricn.
a Les cricris chantaient dans les
prés. »
GRIMACE. Grigne.
GRIMACER. Grigner.
GRIMACIER. Dans le sens de
Prétentieux. Gesseur.
GRIME. Camouflage, Maquillage.
• En réalité, les agents se montrent
assez réservés au sujet du camou-
flage, d'abord parce que chacun
d'eux a ses procédés particuliers
qu'il ne tient pas à ébruiter, en-
suite parce qu'ils font leurs trans-
formations d^instinct et qu'ils au-
raient toutes les peines du monde
à joindre la théorie à la pratique. »
(Guy Tomcl.)
GRIMER. Camoufler, Maquiller.
— SE GRIMER. S'amadouer, Se
maquiller, Se faire la tête ou
une iéte.
« 11 entra en scène avec seulement
un nuage de poudre sur la face ; il
n'avait pas pris le temps de se faire
la tête. »
GRIMPER. Gucher.
GRINCHEUX. V. Acariâtre.
GRINGALET. V. Ghétif.
GRIS. V. Ivre.
GRISER. V. Enivrer.
GRISETTE. Gigolette, Guinguette,
Trottin.
On rept>nse aux abandonntl'es
Oui restent seules dans l'oubli.
Aux gentils trottins sans famille
Qui s arrêtent dans leurs haillons
GRI
^ 248 —
GRO
Derant la boatique oui brille.
Gomme aux lampes les papillons.
(J. RiOELSPERGIR.)
GRIVOIS. Corsé, Décolleté.
« Elle préférait le ^and maigre dont
la VOIX était moins jolie, mais qui
avait un répertoire u beaucoup
plus corsé. »
tt La muse décolletée^ passe encore ;
mais, pour Dieu I gardez- vous de la
retrousser, surtout quand vous
l'avez laissée se crotter. »
GROG confectionné en fraude dans
les hôpitaux. Illico.
GROGNER. Arnauder, Bocotter,
Être à renaud ou at^naudf à res-
saut, à cran, à tube, Être comme
un crin. Être en rogne, Grincher,
Groumer, Grutier, Marronner,
Piffer, Renauder, Rogner, Ron-
chonner,
« — Vo faites pas d' mauvais sang,
patoisa le marchand, no sommes
ed' braves gens to les deusses, mais
faudrait pas groumer après. >»
(G. LixoHRiia.)
« Il est tout le temps- à marronner.
Quand vous en aurez un sourire, il
fera chaud. »
« Philippe commence à rogner.
— Petite punaise, souffle-t-il, ei tu ne
descends pas de là, je vas te des-
cendre. »
(Thibta.n Bernard.)
GROGXOX. Arnaud, Avertineux* ,
Bâton merdeux, Bougonneur, Cha-
rogneux, Chiynard, Crin y Gei-
gnard, Geigneur, Gourgousseur
(arg. des typographes), Renan-
dew'j Ressauteur, Ribassier, Ron-
chonneur, Ronchonnot.
« — Mon Dieu, quel crin que cette
petite! On ne peut pas faire une
observation a Mademoiselle sans
qu'elle ronchonne. »
{La Gaudriole.)
« Pleurard, geignard, hypocrite et
sale, on était certain de* le rencon-
trer vers les dix heures à la sortie
d*une église ou à la porte d'une
communauté. »
(Baoda.)
« — Comment c'est encore lui qui
gueule !... quel ressauteur \ on a
eau se dévisser le trou de balle
pour lui faire plaisir, il n'est
Jamais content. »
<i Toujours ronchonnoty mais au fond
pas mauvais diable, le capitaine
Fil-de-Fer. ».
GRONDER. V. Admonester.
GROOM. Chasseur, Tigre.V, Com-
missionnaire.
GROS. Brasset, Entripaillé, Fort-
en-mie, Gageard, Patapouf, Pe-
lutin, Truffier,
« — Malgré que tu soyes fort en mie^
y t'entrerai d'dans, gros patapouf \ »
— GROS ETCOVKT.Pot-à-tabac.
« C'était une petite bonne femme rou-
geaude et souriante, un tantinet pot-
à-tabac. »
{La Cocarde.)
GROSSESSE. Butte, Bosse, En-
goulevurCy Maladie de neuf mois.
V. Bnceinte.
GROSSIER. Bajaf, Ballot, Cheval,
Croquant, Emmargouillis *, En-
gueuleur^ Loufiat, Mastoc, Muf,
Pignouf. V. Gonjat.
« — Pour ces engneuleurs déconfits,
les juges du conseil de guerre ne
sont pas seulement des scélérats,
ce sont aussi des lâches. »
(H. KOCHFFOET.)
« Quand on ne sait pas s'effacer de-
vant une dame, monsieur, on n'est
(\}ï\xn pignouf \ >»
(Daubry.)
GROSSIÈRETÉ. Goujaterie,
Mufferie, Muflerie, Muflisme, Pi-
gnouferic.
« — Sais-tu, toi qui parles, inter-
rompt l'homme aux chausses déla-
brées, pourquoi on a fermé Saint-
Eustachn ?
GRO
— 249 —
GUE
Eh bien ! je vas te le dire. C'est à
force de leur avoir fait des mufleries.
D'abord, en rigolade, y en avait
qui venaient se laver dans les bé-
nitiers. Le curé ronchonnait, mais
laissait ouvert. Puis voilà un qui a
fait ses ordures dans un journal et
qu'a été le poser sur l'autel. »
(Guy Tomsl.)
GROTESQUE. Carnamly Chienlit,
Malagot,
« Voilà qui ameute, contre les chien-
lits du parlementarisme, tout ce
que U France a de graine de bon
sens. »
(SiVI&INE.)
« — Voyez-moi ce carnaval, si elle
est fagotée. >»
Ci n'entrez pas, hypocrites, bigots,
Vieui matagots, marmiteux, boursouflés.
(Rabelais.)
GROUPE. V. Figurant.
GRUYÈRE. Carrière à châsses.
GUENILLE. Frapouille, Fripouille,
Goupine,
GUENIPE. Guenille (corrupt.).
GUÉRIR. Blanchir, Rebecter,
« 11 est resté près d' six marquets au
Midi et i' n'était pas blanchi à sa
décarrade. »
« Eh ben, quoi, t'as bonne mine ! t'as
une gueule épatante î te v'iâ r^beclé
tout à fait. »
GUÉRISOX. Blanchissage, Rebec-
tage,
« Le major ne renvoyait les blennor-
ragiques dans leur compagnie
qu après complet blanchissage. »
GUERRE. Foigne*, Grive,
GUET. Gâfe, Gap", Planque, Saint-
Jean.
GUÊTRE. Feuilles de chou (arg.
militaire), Tirnole *.
— GUÊTRE Erv DRAP. Trique-
houze.
« Les « réservoirs » dont la chaus-
sure n'était pas en état de résister
à la marche touchèrent des godil-
lots et des feuilles de chou en cours
de service. »>
GUETTER. Aller à la retape, Faire
le gâfe, la planque, le Saint-
Jean, Gdfer, Gdffer, GâffiUer, Gâ-
filler, Remoucher, Se mettre ou
être en gdfe, en gaffe.
— Dans le sens de Guetter,
Regarder, le a de gaffe et de
ses dérivés est toujours ou-
vert.
« Il fallait faire gaffer un roulant
pour y planquer les paccins. »
(ViDOCQ.)
« Nous étions restés en gaffe pour
donner l'alarme. »
(Id.)
« Du temps qu'i's turbinaient la sur-
dine de la boutanche du lartonnier,
r mômignard faisait V gâfe. >»
Allons, alloDS, prends l' tablier,
Fous-toi su' r tas, sans sourciller,
L' patron commence à gàfiller.
(P. Paillette.)
GUETTEUR. Gâfe, Gaffe, Gâf-
fier, Gaffeur.
GUEULE . Goule . V. Bouche ,
Gorge.
Du cidre il Taut
Dans la goule...
(J. RiCHEPIN.)
GUEULER. V. Crier.
GUEUX. V. Mendiant, Misérable,
Prostituée, Vagabond, Vaurien,
Voleur. Gueux peut se traduire
par Mal frein, corrupt. de Mal-
frat qui est lui-iiu^rae une cor-
ruption orthographique de mal
fera; le Gueux étant toujours
supposé destiné à mal faire. Jean
lUcnepin, dans la ballade-pro-
logue de son admirable u Clian-
son des Gueux », nous fournit
un bouquet de pittoresques ex-
pressions :
GUI
— 250 —
GUI
Venez à moi, claquepatins.
Loqueteux, Joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs^ voyous, catins^
Et marmousets et marmousettes^
Tas do t raine-cul' les'housettes.
Race d'indépendants fou§^ueui l
Je suis du pays dont vous êtes :
Le poète est le Roi des Gueux.
Vous que le chaud soleil a teints,
Hurlubiers dont les peaux biseltes
Ressemblent à l'or des gratins,
Gouges au front plein de frisettes,
Mômignards nus sans chemisettes.
Vieux à l'œil cave, au nez rugueux,
Au menton en casse-noisettes,
Le poète est le Roi des Gueux.
(J. RicucpiN.)
GUICHETIER. Comte de Canton,
de Carruche, de Castu, Duc de
Guiche, Guichemar ou Guiche-
mard, Chat, Oncle. V. Geôlier.
GUIDER. Pistonner.
GUILLOTINE. Abbaye, Abbaye
de cinq-pierres y de Monte-à-re-
bours, a^ Monte- à-regret, de Saint-
Pierre, Bascule, Béquilleuse, Bute,
ButlCy Deux mâts. Faucheuse, La
femme à Chariot, La Veuve, La
veuve Rasibus, Le glaive, Loui-
sette *, Louison *, Marianne *,
Mère au bleu. Monde renversé,
Passe, Petite Louison *.
a Pisqu on veut pas supprimer V Ab-
baye, qu'on aye 1* courage d' Tins-
taller la où qil' tout' la tierce pour-
rait voir. M
« Rappelez-vous en effet le cri : « Bra-
vo, Lebiez I » saluant la cràoerie
avec laquelle ce credin gravissait
les degrés de VAobaye de Monte-à-
liegret, »
(Gaston Jollivet.)
« Entre les deux prisous, sur la place
plantée d'arbres, s'exécutent les
sentences capitales ; cinq dalles de
forme oblongue sont fixées entre les
pavés, pour permettre au bourreau
et à ses aides de dresser en équili-
bre le couperet de la ^'uillotine. En
style d'argot, les habitués de? pri-
sons dénomment ces cinq dalles :
« V Abbaye de cino-pierres. >>
(G. Mac*.)
« — Gomme ça, j'irai à la Butte sans
avoir eu Pauline. »
(GoaoN.)
(c Elle reçut le nom de guillotine, de
celui de son inventeur — ou plutôt
importateur — Guillotin. Mais le peu-
ple la baptisa Marianne* ^ de même
que le régime politique qui en fit un
si fréquent usage ; ou encore Loui-
sette*, Louison , du nom du doc-
teur Louis, qui en avait soumis le
projet à la Convention. »
A la passe si Ton t'accule,
ATant de cracher dans le son,
Dis : merde ! devant la bascule^
Et calanche en homme, en garçon.
L' pauv' gas pourra pus à c'tte heure
R' passer pour autrui
Car voilà qu* pour lui
Tout près d' sa dernier' demeure
Au haut de la montagne de Monte^à-Regret
La Faucheuse afm' son coup'ret.
(L. 01 BiBCY.)
GUILLOTINER. Basculer, Décol-
ler le bobéchon, la cafetière, le ci-
tron, le coco, la lampe, le marron,
la pomme, la poire, le saladier, la
soupière, la théièi^e, la tirelire, le
trognon, la tomate, la tronche. Di-
minuer d'un pied du côté de la tête.
Faucher , Raccourcir , Rogner ,
Trancher, Couper ou faire bâiller
le colas, le kik, le kiki, le sifflet, etc.
— ÊTRE GUILLOTINÉ. Baiser la
Veuve ou la femme à Chariot,
Coucher avec la Veuve, avec la
femme à Chariot, avec Loui-
sette*t avec Marianne*, Cracher
ou éternuer dans le sac, dans le
son y Être ci'avaté de rouge y Être
interrompu, Jouer à la main
chaude avec les soubrettes, à
Chariot, Mettre le nez à la /*e-
nétre. Voir le monde à l'envers.
a — Je te saignerai comme un poulet
et ta chevelure me servira de corde
pour me pendre, j'aime mieux
cela que de me foire basculer par
la Veuve. >*
(Macé.)
m J*ai vu raccourcir, si je m'en sou-
viens bien, un nommé Philippe,
assassin de filles, et Lemaire... »
(Gastoîi Jollivet.)
GUI — a
■ Od parle qu'on les Cra cracher dans
V ton h l'intérieur du ballon : pus
d' voyeurs pour ceux (|ui baiuront
la femme à Chariot I On les rognera
'i gigolcll
.•Tôi™T-
ii l'on me fait bdilU
a h> '* «1*1 «oo-,
'V.
•un la
Vcum;
.... »«.c
y
De
k:
on dit' que j'd ta
i-éttrna
r'daat V,
'a U Roqn
(A. B.)
T<Hlll«
s r^uitr
DUBil,
Ou
M
rait fu
fauchât
ad.«u,.
GUITARE. Guimbarde, Guimauve,
Jambon, Jambonneau, Palette.
• — Quand j' s'rai vioc, qu'i' dit,
j'irai avec ma guimbarde gratter du
Jambonneau dans les cours. »
HABILE. V. Adroit.
— ARTISTE, OUVRIER HA-
RILE. CaU, Ferré, Qui a du
méiier ou de la pattt.
* Il craignait d'en rencontrer de plus
eaiéi que lui dans cet atelier qu'il
{Le A
^"-)
■ Vous lavez que c'ett un bonhomme
très ferré dàn» la pirtie. »
• It se sert peu de la nature; mais
Ml ceuvres plaisent nêanmoms eux
«mateurs, car il a une patle étoii'
nanle. » _^^_^_
HABILLEMENT. Frus^uin. V.Vé-
Umsnt.
BABILLER. V. TôUr.
HABILLEUR. Fringueur, Frusqui-
newr.
HABILLEUSE de coulisses. Ca-
taoupeuse.
HABIT. V. Vètament.
HABITANT. Indigène
HABITATION. Se désigne par
les équivalents de Logement et
de Maison.
HABITER. Percher. V. Demenrer.
HABITUDE. Habilongue:
HABITUER A. lUettre à la coutt
de.
■ Petit à petit, a s'est mise à la coula
du truc en vojant faire les co-
HABLEUR. DépufeUur de femmet.
enceintes, de nourrices, Èpateur,
Eibrouffeur.
HACHIS. Ètron de cfiareuUer.
HAIE D'ÉPINES. Picouse.
HAIB. V. Détester.
HALEINE MAUVAISE (AVOIR
L'). Avoir aimlé ses pieds, Avoir
une chaise percée dans restomac,
Avoir une aent qui prend racine
dans le trou du cul,Casser, danser,
schlingoiter,sclitinguer,icklipoler,
polker, repousser, trouitter, trouit-
loter du bec, du corridor, du cou-
loir, du goulot, de la gueule, de
la dévorante, du saladier, du ti-
roir. Faire courant d'air avec le»
chiotles, Tuer ou asphyxier les
mouches à quinze pas, V. Pner.
i' TOUS souffler dans I' tubard. •
■ Et çui'là, c'est pas d' la chique,
alors; il a bien avalé se) pieds. «
■ Il cbantait une ineptie où il n'était
queslios que d'une femme à l'ba-
leioe Têtide qui tuait les mouches à
ijuinit pas. n
• — Boucle-la, mon vieux. Quand tu
jBspinei OD est obligé de te bou-
cher le blair; la fais courant d'air
avec les chiottei. »
« Sa frangine est gandine ; et ça fe-
rait tout k fait mon o^^non si a
n'avait pii un; dent qui y prend
racine dons le Irou du. »
BALLE. Talbine '.
HANGAR. Zingol [arg. de Saint-
Gyr).
HANNETON. Cage/on.
HARANGUE . Palta.'< , Vanne .
V. Dlacoors.
'. V. Abatta.
Frusques.
11 faut vraiment avoir du chien dont
le ventre pour enercer un pareil
EUe avût sur un éventaire une
douBÙne de hareaKS isurs et annon-
çait sa marchandise en criant ;
û Voyez mes beaux poulets de en-
IIARICOT. Bourre-coquin, Fayot,
Flûtiau, Musicien, Garde-nationat,
Pétard, Piano du pauvre, Sois-
sonné, Vesto.
J'elils gigïl» i'tgaaai.
Voi» rlici du jèiui qusUgrtce décore.
Uii>T0U9«1«biiD plui illendrÎHuU cicon
Couché, ,ur Se, ^v=r..
paut
•irre-coguin : V piano du
c'est un truc dont auquel
que]
— Un lardé aux pétards I et fade I
c'est pour un malade. "
HASAHD (AU ou PAR). Au finn,
Au flanc, A lurelure.
— T'aurais l'air de reuquiller là an
flanc et tu donn'i'ais ton avis en
douce. '
HAT
— 255 —
nop
HATER (SE). Se grouiller, Se ma-
gner y Se patiner. V. S'éTdrtuer.
HAUSSER. Taquer \
HAUT. Taq\
HAUTBOIS. Rossignol.
HAUT-DE-CHAUSSES. Forêt du
prois *.
HAUTEUR. Taquine \
HAVRE-SAC. As de carreau, Azoi\
m — Moi qui ai porté l'as de carreau,
disait-il aux officiers sous ses
ordres, je sais ce qu'est le troupier
et comment il faut le prendre. »
« — Vous avez été soldat?
— Pendaint vingt-cinq ans, fit-il, en
Afrique, au huitième de Tarme, et
malgré ma soixantaine, si je n'étais
Eas perclus de rhumatismes, croyez
ien que j'aurais repris Azor et le
flingot pour cogner sur les Prus-
siens, u
(Retié Maizeboy.)
HÉBÉTÉ. V. Ahuri.
HERBE. Cive.
HÉRISSEMENT. Hirenalk \
HEIUIAPIIRODITE . Bique et
bouc,
HÉSITER. Flancher, Lésiner,
« On ne sait jamais à quoi s^en tenir
avec elle : elle lésine en tout. »
s La vieille qui n'y voit pas se pen-
che. C'était le moment. Je dis à
Milo : Eh bieni vas-y donc !
H me répond : Zut! Je flanche\
J'ose pas !... »
{Le crime de la rue de Malte.)
HEURE. Crosse, Plombe,
« — V'ià deux crosses que je poirote.
J'en ai mon pied : je m' barre. »
« — Dégote à la piaule turbinante,
v'ià qu'il se décroche deux plombes
moins cinq broquilles. d
(0. Métémer.)
— DEMI-HEURE. Miîliche.
HEUREUX. Estasi. V. Chanceux.
HEURTER. Carambolei',
« Le mécanicien du tramway cornait
depuis une demi-heure ; et si le
sapin a été carambolé, c'est bien de
la faute du cocher qui n*a pas
voulu prendre sa droite. »
HIVER. Blanchetle ou Blanchouil"
lard, Hivio ou Hiviot, Homicide.
V. Bœuf.
« V'ià r blanchouillard. Ça va pas ête
rigolo d' la ûler. »
HOMME. Gas, Gonce, Goncier,
Gonse, Gonsier, Gonze, Mastic,
Mec, Type. V. Époux, IndiTidu.
HOMME D AFFAIRES. Cocantin
ou Coquantin, V. Agent.
HOMME DE LETTRES. Genofe-
lettre,
HOMME SAUVAGE exhibé dans
les foires. Gonce de satou (arg.
des forains). V. Exhibition.
HOXXÉTE. Se traduit par les
équivalents de Béte, Naïf.
HONTE. Venue.
— FAUSSE HONTE. Falconisme
ou Fauconisme (arg. boulevar-
dier). V. Cuisse.
HONTEUX. Couillon ou Coton,
Tarte,
« 11 restait là tout couillon d^ètre
surpris en semblable posture. »
« — Juste au moment où je me baisse
pour en donner une séance, un
taune me met la po^ne sur le rdbe.
Tu parles que j'étais tarte de me
faire choper si bêtement. »>
HOPITAL. Castille, Planque aux
attigf^s. Le prisonnier, en argot,
est un « malade » et la déten-
tion une « maladie »; il devait
donc arriver que l'hôpital et la
prison fussent désignés par les
HOR
— 256 —
UOT
mêmes expressions; exemples :
Costa, Castue, Hosto, Houslo^ Osto,
Ousteau, V. Prison.
« — Y a-t-il un castu dans cette
vergne? »
{Le Jargon.)
a N*empêche que V sors de boulotter
trois marques ^hosto. La môme a
été très bath ! A v'nait m' voir tous
les jeudis et tous les dimanches
avec des timinches et a m'apportait
du fric et des p'tites douceurs. »
— HOPITAL RICORD. (Ancien
hôpital du Midi.) La Casserole.
« 11 était sal'ment attigé; alors, i'
dit comme ça qu'il irait V lend'-
main à la cass'role. »
— HOPITAL DE LA MATER-
NITÉ. La Bourbe.
<c Enfin, elle alla Trapper à la porte
de la Maternité qui ne lui fut pas
ouverte : 11 n'y a plus de place à
la Bourbe, ma petite, lui dit un
interne, va voir à la clinique. »
(Michel Morphy.)
— HOPITAL SAINT-LOUIS. La
Frotte.
HORLOGE. Breloque, Guimbarde,
Piaule turbinante ; et, par exten-
sion, certains équivalents de
Cloche et de Montre, tels que :
Babillarde % Berzélius , Bogue ,
Brandillante, Tocante ou To-
quante. V. Henre.
„ — Quelle heure est-il?
— Je ne sais pas; la breloque de la
tôle est louf. »
« V'ià douze plombes qui se décro-
chent à la guimbarde de la piaule
du Meg des megs. »
« Le bogue de Tantonne bonissait
nègre. »
tt II y avait juste un pieu et une dos-
sière dans la carrée ; nib de cuvette^
nib de tocante, et une ventouse qui
ne bouclait pas. »
HORLOGER. Boguiste.
HORREUR. Hdvrc*.
HOSPICE. V. Hôpital.
HOSPITALITÉ DE XUIT
(ASILï: DE L'). La petite lampe
bleue (allusion à la couleur de
la lanterne).
« La petite lampe bleue \
Cest ainsi, en effet, qu'elle se
signale, sitôt la nuit close, quand
la clientèle arrive, toujours trop
nombreuse, hélas ! et quand les
portes de l'admirable auberge gra-
tuite se ferment forcément, pour
cause de pléthore. »
(Chaelcs Canitet.')
IIOSTIE. Auvergnat, Luron, Pain
à cachetei\ Polichinelle.
H Ça avale le luron tous les matins
et, le soir, ça fait des noces de
bâtons de chaises. »
(HCYSMANS.)
« L'union de deux jeunes gens doit
être formellement consacrée par
un homme habillé en femme qui
lève les mains sur des rondelles de
pains à cacheter en chantant trois
fois : Sanctusl Sanctus! Sanctusl •
(Eo. LlPELLETlGB.)
UOTEL GARNI. Bustingue\
GarnOf Tapis*.
Et les garno», puur la plupart,
Se trouvent débarrassés par
La rallc.
(BlAdobt.)
HOTELIER. Marchand de sommeil.
Taulier ou Tôlier.
Utt'i' gèl', qu'i' oeig', s'il a pas d' quoi
Pour casquer son propriétaire,
Dans la rue i' peut crever d* froid.
M Que qu' tu veux, c'est pas mon affaire,
QuT vous dit, j' suis marchand d' sommeil \
T'as pas d' pognon ! t'as rien i faire,
Tu peux t' les gratter au soleil... h
(P. PAiLLrrrE.)
Quoi (|u' t'as,Firmin?T'cs làqu' tu groaroe' ?..•
Tu fais eun' poir' de léxéton !
Ton tôlier veut pus t' faire à crou e?
Tu déclar's que tu fais ballon !...
(A. B.)
BOTTE. Bt}, Berry ou Berri, Bine,
Cabriolet, Cachemir, Kachmir ou
cachemire d'osier. Carquois, Co-
quille, Uotteriau ou Hotteriot,
Landau.
Un gnlt«-cul ob Tôt lu roH,
Chadga OB gouln t> létn rute
intneni m,^ Somiii.)
HOUPPELANDE. GdUuse.
-■ 11 devint le pâteux et son manteau,
!|ui deicecoait juaqu'ù la cbeville,
ut Appelé gâleute. •
[Caurriir de Vauffefai.)
HL'ILE. Ovale, Sang de poisson.
HUISSIER. Brotlancheur à la cym-
bale, tttLE maearOTu, à la plaque
(allusion aux panonceau.i), Ma-
caron, Heiiuin de terre. Tralne-
paitlasse. Vert de gris.
« Macaron, dnas le peuple, veut dire
huiaiier: duii l'argot des voleurs,
il veut dire traître. Il eit vrai qu'il
n'y & pas ^TiuiJe dilli^rence entre
lei deux. In voleur est traître eu
déonucnnt ses coiuplices : un buiiv-
lier esl traître vis-a-vis des mal-
heureux
(C».
•>■)
HUMEUR (MAUVAISE). Cran,
Renaud, Reaavt. V. Grognon.
- liTRE DE MAUVAISE HU-
MEUR. Avoir ton cran ou Ètri
à ernn, à renaud, i retiaul, | HYPOCRITE. Fumeron.
Anoir mangé de Foêtille, Avoir
ta ehique. Faire ton blair, eon
noie, Groumer, L'avoir à la
merde, sur fond de caca, Re-
nauder, Renautei; Rogner, Ta-
ber, \. Colère.
n bout de t'aonâe a l'autre, elle
rogne. •
1 — N'y dis rien, il l'a à ta merde
aujourd'hui.
— X\il noua l'avonj tur fond de eaea^
Alors, je ui' barre. ■
— Etre de BON^E humeur.
L'avoir à la joie, li la rigolade.
■I — Ne me cours pas, je d' l'ai pas
il la joie'. '
IIURLEHEi\T. V. Cri.
HURLER. V. Crier.
HUSSARD. Ventre-blanc.
HUTTE. Gourbi.
Le iOir on p«iH 1 ta tamilla,
Soui l« ffOMrbi...
Od pleun «car' quDil on roupille,
A Blrlbl.
(A. B.)
HVDROPBOBIE. Game.
ICI. Icicaillt, Icigo, Igo. V. Bonnet.
Iciaiittt tH ta théâl»
Du pstit Dirdint...
(fif,.l..v.u.)
El dire qoe ce rnuQe
Cs fgbritaDt di- l>uniB
Qu'il enioii) ieioo
De Chicgo....
(H. l-o-c-ol..)
IDENTIQUE. V, Analogue.
IDMT.EsIropiidecervelle.V.Bita.
— Par suite de dérèglements:
Gaga, Gdietu;.
Quel&ge peut-il avoir? Il doit être
vieux, Tieujt, et il a été minUtre,
ce brave marëcbBl? •
IDIOTISME. GMisme.
Itentrê dans moD cabinet, je
m'elToudrai sur un divan. J'étais la
proie du gdtiame. •
(A>.r»0M. A..t..B.)
IIVORA.VT. Crotîte, CroUton.
— QUI FAIT L'IG>OaA?(T. Qui
fait foismu.
a — Eb ! mon Dieu, ne faiUt donc
poa Cûiaiaa, vous savez très bien
de quoi it retourne, h
lL.r-;Séiig, y. V.Lai.
1 Comment qu'y va? -
■ Sfiig m'a donni; rencart pour six
plombes, a
ILLL'MIOlVNEIt (S'). Se movUrlê
IMA
— 560 —
IMP
bobéchon, le bourrichon, le cou,
le coupf le jobf la noix, le vert en
fleur.
« Le mariage? mais personne ne
veut de nous, ma chatte! Ne faut
pas nous monter le bournchon I Nous
n^avons pas le sou, et les hommes
de notre condition, les hommes
que nous pourrions épouser, petits
commerçants ou bureaucrates, n'ont
que faire de filles sans dot. »
(Albest ClH.)
c Instruisez les gens de fabrique et
d'usine, faites-en des petits avo-
cats, des raisonneurs, des bla-
gueurs, qu'est-ce qu'il adviendra?
C'est qu'à force de «* monter le coup,
ils se croiront des messieurs, ne
voudront plus travailler, et, dans
tous les cas, feront du fichu ou-
vrage. »
(Camille LEuon.MCft.)
IMAGE. Luque*, Luquet*.
IMAGINER (S*). Se coller, se fiche,
se foutre ou se mettre dans le
toupet, dans le trognon»
tt — Alors, tu te fiches dans le toupet
que ça peut durer longtemps comme
ça? »
IMBÉCILE. Fourneau, Poire,
V. Bote.
IMBÉCILLITÉ. Connerie, Cuterie.
V. Bêtise.
IMMOBILE. Cristallisé (arg. des
écoles).
IMMOBILISER (8'). Se cristal-
liser (id.).
IMPATIEIVTER (S'). Se manger,
se ronger le sang ou les sangs,
« — Ma chère, voilà une heure que
je me ronge les sangs à Tattendre. »
IMPÉRATRICE. Sobric^uet don né
à rimpératrice Eugénie, née de
Montijo : Badinguette, V. Napo-
léon.
IMPÉRIALE d'omnibus. Étagère,
Fauteuil de plafond, imper* (apoc).
« — J'ai trois ronds, j' vas m'offrir
un fauteuil de pin fond; ça vaut
mieux que d'aller à pinces'. »
— VOYAGEUR D'IMPÉRIALE.
Indigent.
« — Autrefois, me dit le cocher, avec
les indigents à trois sous on n'avait
Êas souvent Toccasion de blaguer,
lais aujourd'hui que le sexe monte
sur Vétagère, il y a quelquefois du
bon. »
IMPÉRIALISTE. V. Bonapar-
tiste.
LMPLORER. Chiarder (arg. des
polytechniciens).
IMPOLI. Muf, Pignouf, V. Gros-
sier.
IMPORTANT. Conséquent,
« C'est une maison très conséquente ;
il y a deux cents employés. »
IMPORTUN. Barbier, Bassin, Bas-
sinoire, Boulet, Canule, Collant,
Crampon, Jambier, iMvement,
Médecine, Baseur,
« J'en suis ravi, me voilà débarrassé
d'un Hre collant et d'un sinistre
raseur. »
(Tristan Bkb.nard.)
« Cet individu est un véritable boulet,
je l'ai toujours sur les talons. »
<« Quel barbier \ Il m'a tenu la jambe
un quart d'heure sous la pluie. »
« — En voilà un jambier avec sa po-
litique ! »
« Mélanie?... C'est pas une femme
c'est une jnedednel »
IMPORTUNER. Bassiner, Canuler,
Cavaler, Courir, Cramponner, Em-
boucaner, Emmerder, Fmmous-
cailler. Fendre Varche, Galoper,
Pistonner, Scier le dos, Taper sur
le système. Trotter,
« — Des quémandeurs qui vous
scient le aos toute la journée. Je
n'aime pas qu'on me lape sur te
système. »
IMP
261 —
INC
« — Tu me cours avec tes recomman-
datious ! »
« — Et pis, en v'Ià assez. Tu nous
trottes avec les boniments. »
— On dit à une personne qui
vous importune : La barbe !
Iji jambe ! A Chaillot ! Et
cœtera pantoufle ! Et ta sœur!
a — Encore vous, ah ! non, à Chail-
lot, »
« Une fille s'était empoignée avec son
amant, à la porte d^un bastringue,
rappelant sale mufle et cochon ma-
lade, tandis que l'amant répétait :
Et ta sœur! sans trouver autre
chose. »
(E. Zoi.A.)
« — Tu vas encore nous chanter
l'Amant d'Amanda ?... Ah ! la
jambe! »
IMPOSER. Colloquer.
H II m'a colloque son bonhomme et
j'ai été cramponné toute la jour-
née. »
(Demsai.li.)
IMPOSSIBLE, (('/est impossible.)
C'est gelé y C'est midi, C'est nib, Il
est midi sonné, Il ny a pas mèche
ou // ny a pas plan,
-< A quelle messe va-t-on?
— iMidi et demi.
— Oh ! pas mèche ! »>
(II. Lavldah.)
Ts ont tous des gueul' h la tian :
C'est des crois<^'S qui sont pas d' race.
Vrai !... c'e>it pas eux qu'est dc«i chiens d' chasse !
Mais pour leur nie(t\ y a pas plan.
(A. B.)
IMPOSTURE. V. Mensonge.
IMPRIMER. Cartaudt^r " ,
IMPRIMERIE. Cartaude*.
IMPRIMEUR. Cartaadicr \
IMPROVISTE. Prendre à Tim-
proviste : Pincer au demi-cercle,
Prendre sans vert,
« Lui qui se vantait qu'on ne le pren-
drait }îi\\\Q\s sans t'er^,il s'est laissé
pincer au demi-cercle. »>
IMPUISSANCE, morale ou phy-
sique. Gâtisme.
— RÉDUIRE A L'IMPUIS -
SANCE. Brider, Museler,
« — Ah ! vous vous imaginez que
vous en ferez toujours à votre
guise? — Non, mes gaillards, je
vous briderai ! »
« On espère que le ministère musel-
lera tous ces énergumènes. »
IMPUISSANT . Bande - à - Caise
(obscène), Crevé, Fichu, Fini,
Foutu, Gâteux, Jean qui ne peut,
Qui ne se sent plus pisser, Qui rate
Its femmes, Vidé, Zébi-mortos.
l's sont comm' ça des tas d* ri*<o<^.f,
Des outils, des ti'ott's, des jacquette»,
Des mai foutus, des «énervés
Monti^s su' des flùt' en cliquettes.
(A. B.)
« Los vidés, les finis, ceusses qui
marquent six plombes etdemie vont
s' sentir rajeunir. »
'< Si ça réussissait avec un des vieux
que tu supputes, c'est pets toi qui
aurais l'embêtement de devenir une
friandise pour le gâteux. »
(Michel Paori^is.)
« Marie-Thérèse, jetant sa plume : Ce
soir je ne peux plus, je suis vidée, »
(ID.)
«• — Il laut conduire le ratichon au
bouic, proposa le Parigot.
— Jl ne marchera pas, il joue le Jean
qui ne peut rapport à ses vœux,
dit le caporal.
— Hah! objecta l'ancien turco, quand
il sera entre deux belles moukères,
il ne restera pas longtemps zébi-
mortos; moi, je vous le dis! »
IIVAIVITIOX. V. Faim.
INCAPABLE. Mazette. V. Im-
puissant.
Mais ton nom courait leurs gazettes
Parmi ceux de quantcs mazeftes
Dont le nom me Tuit;
ils le célébraient après boire.
Et tu prenais pour de la gloire
Tout ce vilain bniit.
(Raoul Poî«chom.)
INC
— 262 —
IND
— INCAPABLE DE VOLER. In-
grat *.
INCARCÉRER. Boucler, Enchris-
ter. Serrer. V. Emprisonner.
INCENDIAIRE. Pétroleur, Riffau-
deur, La première de ces ex-
pressions s est spécialement ap-
pliquée aux partisans de la
Commune de i87i.
INCENDIE. RiffaudaU
INCENDIER. V. Brûler.
INCINÉRER. Crémer (du latin
Cremare).
On disait jadis « crémation », mais
crémation n'est plus de mode; bien
plus, on en blaf^uait; qui donc, à
moins d'une conviction bien tenace,
eût consenti à se faire crémer 'i »
(G. CoLLtT.)
INCONNU. Inconnoblé ou Inron-
îiobré,
INCONSTANT en amour. Cam-
ocur, Cœur d'artichaut f Paillasson.
V. Capricieux.
INCRÉDULE. Qui ne coupe pas,
Qui ne marche pas .
« — Pucelle!... alors tu crois qu'elle
est pucelle?... Ben, mon vieux, moi
je ne coupe pas. »
INCROYABLE. V. Inouï.
INCULPÉ. V. Accusé.
INDÉCEMMENT. A!essement\
INDÉCENT. Cochon,
a Et comme un des personnages d'une
fameuse comédie politique de Sar-
dou, elle ajoutait : J'appelle un co-
chon, cochon ! et si j'avais un mot
plus cochon que cochon, je me fe-
rais honneur de m'en servir. »
{Le Journal.)
INDÉCIS (ÊTRE). V. Hésiter.
INDÉFINIxMENT. Jusqu'à la gar-
de, Jusqu'à la gauche. \. Bout.
INDÉLICAT. Muff Mufle, Pignouf.
V. Grossier.
INDÉLICATESSE. Coc1u)nnerie,
Crasse, Pied de cochon, Saleté,
Saloperie, Vacherie,
« L^expression faire une crasse, dit
Francisque Sarcey, est très usitée
dans la langue familière des Pari-
siens parisiennants,gens de lettres,
artistes, boursiers, etc.
Crasse est un pseudonyme de mau-
vais procédé. Delvau ne mentionne
pas le mot dans son Dictionnaire de
tangue verte, mais Lucien Rigaud,
dans son Dictionnaire de Vargot
parisien, ne manque pas de le don-
ner. >•
(HiCTOIl Fra?(cb.)
« Mon directeur, me dit-il, m'a joué
un pied de cochon. »
(E. BP-ROtBAT.)
« Des gens qui ne vous font que des
cochonneries l »
'< Faites-leur du bien, ils vous répon-
dent par une saloperie. *>
« Si tu ne demandes pas d'argent à
un homme, tu peux être sûre qu'un
jour ou l'autre, il te fera quelque
saleté. M
INDEMNE. Blanc,
« Ceux dont le casier judiciaire est
vierge ou qu'une ordonnance de
non-lieu a renvoyés blancs ne sont
pas considérais comme suffisamment
dessalés. »
INDEMNITÉ accordée par un
client à une fille de maison de
tolérance en plus du prix con-
venu. Bas, Gants, V. Bénéfice.
tt — 11 a été très rosse avec moi et
ne m'a donné que cent sous de
bas. »
— INDEMNITÉ EN ARGENT
PRÉLEVÉE PAR UN SOUTE-
NEUR sur une maîtresse de
passage. Bon de viande j Cachet,
Numéro,
« — Les béguins, vois-tu, petite, ça
revient plus cher qu'un petit hom-
me attitré. Ainsi, Flora a raqué ce
IND
— 263 —
INO
mois-ci en cachets presque tout ce
qu'elle a gagné. »
« Depuis qu'il a lutté avec succès au
Casino de Paris, il touche chez ces
dames des numéros d'une livre à
une livre et demie. »
— INDEMNITÉ DE RETOUR
accordée par la ferme des Jeux
de Monte-Carlo aux joueurs
ruinés. Extrême-onction^ Viati-
que.
« Le malheureux était à fond de cale
et dut, pour rentrer à Paris, accep-
ter Vextréme-onction que lui offrit
le Casino. «
« — Baste! tente la chance. Et si tu
te décaves, tu as toujours \e viatique
qui te permettra de rejoindre tes
pénates. »
liVDÉPEIVDAiVT. Qui ne s embête
pas dans les feux de file,
« Il ne faut pas venir me raser avec
toutes vos conditions I Je veux être
libre d*agir à ma guise. D'ailleurs,
vous le savez, je ne nCembéte pas
dans tes feux de file : ma liberté
avant tout. >'
INDEX. (Mettre à Tindex.) JBoy-
cotter
— Action de mettre à l'index :
lioycottage. Ces expressions
viennent du nom ae Tlrlan-
dais Boycott.
«i D'autre part, tous les individus
soupçonnes de ne pas avoir pour
Milan les plus tendres sentiments
de reconnaissance et d'admiration
sont boycottés. Personne, sans dan-
ger, ne peut leur parler, entrer
chez eux, leur acheter ou leur ven-
dre quoi que ce soit. »
(Saissy.)
« Il existe, à l'heure actuelle, une
telle impulsion dans Tafflux des
adhésions, dans la fièvre des prépa-
ratifs, que le prétendu boycottage
dont parlent les journaux prête
plutôt à rire. »
(JOIMVILLI.)
liVDICATEUR de police. Casse-
role^ Mouton, Mouvette, V. Agent,
Dénonciateur.
— INDICATEUR DE VOLS. Cour
tier, Pilote,
INDIFFÉRENCE. Foutisme, Je-
nCen-foutisme ou Je-nCen-fichisime,
Menfichisme, Menfoutisme.
« Et le je-nî'en-foutisme de M. Mesu-
reur est la morale philosophique
de cette journée. »
(Ltf Pilori.)
« Et l'abandon de ce tout consisterait
dans un je-m'enfichisme absolu qui
me ferait négliger ce qui ne me
toucherait ni directement ni per-
sonnel lemeut. »
(G. Ohmkt.)
INDIFFÉRENT. Foutiste, Je-m'en-^
foutiste ou Je -m' en- fichiste, Men fi-
chiste, Menfoutiste,
Jen' marche jamais.Traoquiircomm' Baptiste;
J'envisage tout de l'œil le plus froid.
Droit est-ce une force ? Et Force est-ce ud droit ?
Qui vivra verra... Je sais/ m'en- foutiste,
(P. Paillette.)
INDIGENT. Purée, Piiroan.V. Mi-
sérable.
INDISCIPLINÉ. Forte tête, Tête
brûlée,
« Dans les régiments, les ouvriers pa-
risiens passent généralement pour
de fortes têtes et sont traités comme
tels. M
(HtcTOH Fra:«cr.)
INDIQUER. Donner rencard, Ren-
carder. V. Renseigner.
INDISCRET. Chambert, V. Cu-
rieux.
INDISCRÉTION. Commettre des
indiscrétions. Chamberter,
INDIVIDU. Pour le malfaiteur^
l'Individu est un imbécile et,
conséquemmenl, une dupe pos-
sible ; on le désigne donc sou-
vent par une des expressions
portées aux mots Béte et Dupe.
IND
— 264 —
IND
Le quidam se déuomme encore
Bougre, Camarade, Cave, Citoyen,
Client, Corps, Crabe, Demone*,
Frère, Frère mironton, Gas,
Gnasse, Gnère, Gniasse, Gnière,
Gonce, Goncier, Gonse, Gonsiei\
Gonze, Lancier, Lushtcru, Mar-
paud *, Marpaut *, Marpaux *, Mec,
Mèche, Meg \Mek, Messière *,Mé-
zière *, Moineau, Nière, Nom de
Dieu, Numéro, Oiseau, Pante,
Pantre^ Paroissien, Pékin, Type,
Zig, Zigue,
• Luc aurait voulu l'étouffer dans
Taccolade quMls se donnèrent. Mais
le bougre était vigoureux et ce fut
lui qui faillit perdre la vie dans
cette étreinte. »
(Armand Siltestrf.)
'< — Qui c'est ici, demanda-t-il, qui
veut trinquer de ses deux jours?
Y a des clients pour péter su* V
mastic? Ça va bien, 1' bureau est
ouvert ! j'écoute les réclamations. »
(G. COURTELIM.)
u — Qu*est-cc que c'est que ce ca-
marade-lkl demanda-t-il en dési-
gnant Pinçon nu. U y a tous les
jours ici des citoyens qu^on ne
connaît ni d'ftve ni (TAdam. Ça n'est
pas catholique ! »
'< — Tu r connais, c' mec-là?
— Non. Et toi?
— Moi non pus. »
« — Tu vois r frère mironton qu'est
là-bas dans 1' coinsto? C*est lui
qu'était hier avec le gnère qui nous
a jacté t'I-à l'heure aux Omnibus. »
« -- Nottj non, jamais j' n'encaiss'rai
c' noncier du gonfla,
— Qu'est-c' que vous dites?
— J' dis qu' noncier du gon ou gon-
cier c'est la mèm' chose, cspèc* de
poire ! »
« — Allume c* corps-li ! il en a une
fiole.
— C'est un numéro pas ordinaire. »
« — Qu'est-ce que c'est encore que
ce nom de DieuAé. qui demande une
{)ermission de huit jours? Allez me
e chercher, cet oiseau^ que je lui
demande s'il se f... du pape! »
« ^ Ah ! çà, Rascol, dit la belle fille
avec une soudaine familiarité, vous
n'allez pas embêter ce beau garçon
pour faire plaisir à tous ces pantes ! v
(GBOHliRS 0H5ET.)
« Et ce qu'il faut vous souhaiter plus
encore que de décrocher la timbale
au théâtre, c'est de ne pas être
épinglée à un de ces paroissiens-\ài, »
(H. Maixeboy.)
« Vers onze heures, je remontais [le
boulevard Haussmann ; un type
m'arrête. »>
(J. Harth.)
« — Voilà: l'autre jour, j'ai rencontré
trois zigs — j' connais pas leur
nom, parole d'honneur! »
(GORON.)
Et quand dehon ya du cognage
Soo orgue est là qui s' bat les flancs ;
Et tu veux que j* reste en mônnge
Avec un frèr* qu a les (oi's blanCH ?
(L. DB Bkrct.)
J'attrap* les deux oreilTs du gonce
Et pis Ty cogn' la tAl' au* i' grès.
Pas su i' pavé d' bois... ça s'enfonce.
(A. B.)
Et loin des goncier» charitables,
Des philanthrop's... des gas Rourois...
(JlHArt H ICTUS.)
C'est un tas de sales gniasses
Qui viennent fouiller chez vous
Vous prendre vos paperasses,
Mais qui vous laissent leurs poux..
(R.
POSCHON.)
Quelques-uns avaient disparu
Succombant do fatisiue
Et plus tard, un seul lustucru
Rcprésent:iit la Ligue.
(Id.)
Que au' j'y foutrai dans li trompette
A c' lancier-lk s'il vient vivant ?
(J. KlCHKIMrt.)
Je rembroque au coin du rifle
Un messière* qui pionçait...
(ViDOCQ.)
Quand i' nous arriv' qu'un mèche
S' met à nous r'Iuquer.
Qu'on voit qu'avec lui ya mèche
D' pouvoir se maquêr,
Faut qu' nou.n Payons corps et âme.
(Blkdobt.)
Même béart durant la trique.
Si ne conobles un marpaut *
Devant seziguc bonis peau :
Le gas peut être une bourrique.
INF
— 265 —
INI
INFANTERIE. Bi/fe, Bigorne [sivg.
militaire).
« 11 s'est engagé dans la bi/fe pour
trois berges. »
« Dans la bigorne, on n'a que soi à
panser. »
INFÉRIEUR comme valeur ou
qualité. A la manque, A la mie,
A la noix y De carton. V. Mauvais.
« — Ça, du bordeaux, allons donc! du
bordeaux d' Bercy, oui, du pive à
la manque l »
INFIDÈLE. C«wp<?Mr, Cœur tVarli-
chaul, Paillasse, Paillasson. V. Ca-
pricieux.
Paillasson^ quoi '. cœur d'artichaut.
C'est mon genre : nn' TeuiH' pour tout 1' monde :
Aa jour d'aajord'hui j' gob' la blonde,
Après d'main c'est la brun' qui m' faut.
(A. GiLi..)
INFIDÉLITÉ. Impair, Paille y Pail-
lon, Queue, Trait.
A l'instant il vient de me dire
Qu'il est vierge de tout contact ;
Qu'il ne saurait, pour au empire.
Faire un impair.
(P. Paillf.tte.)
« Il est forcé d'y foute des tartes : a
y fait au moins une paille ou deux
par semaine. »
Je t'aime bien — dit Musette inQJèle —
Chaque paillon de mon amour sans frein
Est un motif de cette Tillanelle
Dont nous chantons ensemble le refrain.
(P. Paillette.)
... Et non pus eun' fille ed' romance
Qui s'enverrait l'Hcrrul' du Nord
Ou, pour endormir ses souffrances,
M' Trait des queues avec un ténor.
(Jeha.?! Rictus.) .
J' t'ai pas fait d' traits, môme en pensée.
Aussi, tu r vois, mon gros trognon,
L' bon Dieu, i' m'a récompensée :
J'ai mis à gauch' des tas d' pogoon.
(L. 01 Bercy.)
INFIRME. Bcquillard, Malin-
greiix. Piètre, Stropiai. Ces
termes s'appliquent également
aux vrais et aux faux infirmes.
a On y trouvait aisément de tout :
des béquillards qui, la nuit venue,
courent comme des lapins ; des faux
culs -de -jatte, qui fourrent leurs
jambes ou ne sait où, et des aveu-
gles qui n'ont pas perdu la vue. >»
(Ch. MËRorvBL.)
INFIRMERIE. Paradis (arg. de
Saint-Cyr).
— INFIRMERIE DE BAGNE.
Fourlourde,
INFIRMIER. Comte de Castu %
Dindornier, Vise au trèfle,
— INFIRMIER MILITAIRE. i4r-
tilleur ou canonnier de la pièce
humide. Limonadier de posté*
rieurs, Put à tisane.
« — Ce sont les artilleurs de la pièce
humide, — soulignaient les voisins,
des frondeurs plus méchants. Et
sur nos fronts planait, non la
Gloire aux ailes largement dé-
ployées, aux gestes superbes, à
Tallure héroïque, mais la seringue
du matassin, la seringue de Mo-
lière... »
{Le Mot d'Ordre.)
« Il réussit, pour couper aux manœu-
vres, à s'embusquer parmi les pois
à tisane, grâce à ses connaissances
de potard. »
INGÉNIER (8'). Tirer des plans
sur la comète,
INGÉNIEUX. Marie, Marlou. V.
Malicieux.
INITIÉ aux pratiques désnon-
nétes. Affranchi, Dessalé, Franc.
— DEMI-INITIÉ. Demi-sel, Ger-
vais,
— NON INITIÉ. Plein de sel,
« Moi, je suis président du club « Les
Dessalés », un club fin d' globe ;
rien qu' des costos. »
(P. PAILtlTTE.)
Point de gervais en ta socc!
Fraye avec des affranchis-.
Le demi-sel comme assoce
N'engraioe que des chichis.
T'es pas dessalé', que j' te dis,
T'as trimardé tout la soirée
Et te v'ià cor' sans un radis.
C'est toujours el* di» ed' purée.
(A. B.)
INl
— 266 —
INS
INITIER au vice. Affranchir, Dé-
sargotery Dessaler, (V. ci-dessus).
INJURES ou Échange dMnjures.
Engueulade, Engueulage.EngueU'
lementy Escrache,
« Ces êtres lubriques sont dépassés
dans Part de Xengueulade par un
journal qui fleurit sur les rivages
de la blonde Albion. »
(C. BABBftBB.)
« Parfois il regarde en badaud soit
des lournauz ouverts à l'éventaire
des libroires, soit un embarras de
voitures provoquant un engueule-
ment de cochers. »
(P. POUBOT.)
m — Es^ourde, v'ià Mimile qu'est en
train d' p&isser sa lésée à Vescrache. »
IXJURIER. Abominer, Agoniser ,
(corrupt. de Agonir) , Agoniser de
sottises, Attraper, Baptiser, Ecor-
ner, Engueuler, Escracher.
« Elle passe son temps à Vagoniser, »
« Il lui a fichu son paquet après
ravoir agonisée de sottises. »
« Deux goujats s'attrapaient verte-
ment. »
« Il te l'a baptisé f je ne vous dis
que ça! »
' — Vieux camphrier, avec ta voix
enrhumée, t'as l'air de nous êcov'
ner. »
{Catéchisme jjoistard.)
«• Et à tous les guichets c'est V mt^me
flambeau ! Encore heureux quand
tu t' fais pas escracher, >>
Oui, sal' guenon, oui, v'Ià c' que j'ai!
Et j' la trouY* raide cl i" la trouv' dure :
Faut que j' me mette a l'iodure,
Paraît que j' suii^ ben arrangé !
Tiens, asseois-loi là, sal' pétasse.
Bonne à tout faire et propre & rien,
Er'garde-moi don' bien en face,
Que j* te dis' que fes-fun' peau d' chien..
Oue j' te dis' tes quat' mérités.
Uue j" Vengueulc et que j* t'abomine :
Canard boiteux, denré', termine !
Prends don' pas tes airs épatés.
Voiri' !... Choléra lans limace,
Outil d' besoin, chausson, trumeaa,
Er'garde-moi don' bien en face.
Que j' te dis' que t'es-t'un chameau.
Gadou* !... Fumier, poussier, torchon,
Chiffon d' pied, morceau d'chaussett's russes
Lanterne à poui, caserne à puces.
Gésier d' putois, vessi* d' cochon,
Rouchi', vezou, pncier, paillasse.
Viande à corbeau !... Viande à fourgon,
Er'garde-moi dou' bien en face,
Que j' te dis' que t'es-t'un wagon.
Salé gJVté !... Rognur* d'éUI,
Pompe à Richer, boite à pétrole.
Chair à bubon, chair à cassVole,
Chair à charcut'ri' d'hôpital.
Ragoût poivré !... Gibier malade.
Dépéch'-toi d' plaquer mézigo,
Et d' prendre 1' panier à sa'ade
Pour t'en aller à Saint-Lago.
(A. B.)
IIVIVOCEXT. Blanc, V. Acquitté.
IIVOl'I. De chien, des cinq cents
diables, du diable, d'enfer, du ton-
nerre de chien, du tonnen^e de Dieu,
du tonnei*re du diable, Eiffelesque,
Êpastrouillant , Épatarou/lant ,
Épatouflant, Épaulant, Esblo-
quant, Esbrouffant, EspatrouH-
tant, Obéliscal. V. Étonnant.
«i Mais voici que Thomme arr<?té ffiût
un vacarme du diable. »
IGOHON.)
« Je me suis donné un mal de chien
pour essaver d'arr(?ter Arton. »
(iD.)
« I/nrgot traduit « inouï » par des
adjectifs tirés du nom de monu-
ments célèbres par leur hauteur;
c'est ainsi que nous avons eu a py-
ramidal » — qui est actuellement
dans le langage courant. — o6e7f«ca/,
qui commence à se démoder, et
eiffelesque que détrônera le qualifi-
catif inspiré par la prochaine grande
merveille. »
INQUIÉTER (S'). Se cauchemar--
der,
« — Hein! est-elle assez canulante!
Il faut qu'elle se cauchemarde. *»
(B. Zola.)
IXSÉPARARLE. On dit d'amis
inséparables qu'ils sont Amis
INS
— 267 —
INS
comme cochons, Comme cul et che-
mise.
INSIGNE, subs. En France, les
membres du Parlement appel-
lent leur insigne Baromètre^
Sarce que sa forme se rapproche
e celle de cet instrument.
INSIGNIFIANT. V. Valeur.
INSINUANT. Fouinard,
« 11 voulait savoir, sans perdre une
minute, qui était ce Jean Palbiès,
d'où il venait, quels étaient ses
antécédents, se rendre compte de
son train de vie, et voir de près,
en entrant dans la place par un
stratagème digne de son habileté à
la fois audacieuse et foninarde, »
(Brrtei. et GiLQUiif.)
INSISTER. Appuyer sur la chan^
ter elle.
« — Vous ne jugez pas suffisante
votre admonestation? 11 faut que
vous appuyiez encore sur la chan-
terelle. »
INSOLENT. Insolpé.
INSOUCIANCE. Je-m'en-foutisme.
V. Indifférence.
— VIVRE DANS L'IXSOIT-
CIANCE. Se les chauffer au
soleil. Se les router ^ Se la couler^
Se la couler douce.
Eh ! merde ! Eh ! va comme j' te pousse •
Pisqu'oo peat pus en foule un conp
Bien force d' se la couler douce.
Pour qui qu'on crev'rait après tout ?
Pour Populmiche? Il est trop Teule,
F' veut rien savoir, cl' benêt :
Quand on V dessale, i' fait sa gueule.
Moi, j' mi les roule à Courteuay.
(P. Paillette.)
— TRAVAILLER AVEC INSOU-
CIANCE, sans goût. Foutimas-
ser. Foutre à la diable^ à la six-
guatre-deux, à la va-te-faire
fiche.
INSOUCIANT. Je-m'en-foutiste,
Pas Mieux ^ Sans secousse.
« QuT pleuve, ou qu'i' neige, ou
quT fasse beau, i' s*en fout, lui; i*
n*est pas biteux. »
« La politique, j' m*en occupe paa :
j' suis sans s' causse... et c'est bath! v
INSPECTEUR de police. Mouche,
V. Agent.
— Les inspecteurs chargés,
aux abattoirs, de visiter les
porcs s*appeilent Languil-
leurs ou Languilleux,
INSPECTION. Épluchaye.
« Le sous-ofT de planton procéda à
un minutieux épluchage. »
— INSPECTION DE LA GARDE.
Pompon (arg. de Saint-Cyr).
INSTANT. (C'est Tinstant.) Cest
le coup.
« — Vas-y, vieux, c'est le coup I »
INSTANTANÉMENT. Répondre
instantanément, sans bargui-
gner : Du tac au tac.
INSTITI:teuR . Marchand de
soupe.
« N'est pas marchand de soupe qui
veut. On exige certeûnes garanties
et des connaissances. Le chef d'ins-
titution a été nourri sur le giron
de rUuiversité. Il a fait ses huma-
nités; il est bachelier au moins,
officier d'Académie, quelquefois
chevalier de la Légion d*honneur.
H a débuté par iHre maître d'é-
tudes, comme Alphonse Karr,
Vallès et Daudet, ou même pro-
fesseur de septième, et s'il a entre-
pris le commerce des soupes uni-
versitaires, c'est souvent par
amour du métier. »
(Hectob Fbance.)
INSTITUTION. Bahut. V.GoUège,
École.
INSTRUCTION (ALLER A L').
Aller aux champs.
INSTRUIT. Calé.
« Il est très calé en histoire. »
INSTRUMENT de chiiiirgie.
Baume d'acier.
INS — 268 —
IXSrCCÈS. Navet, Veste. V. Échec.
INSULTE. V. Injures.
IXSULTER. V. Injurier.
INT
INSUPPORTABLE. V. En-
nuyeux, Importun.
INTELLIGExVCE. (Compréhen-
sion.) Comprenette, Gingin,
'« — Vous avez la comprenetle dirfi-
cile. »
<> II n'a pas pour deux liards de
gingin. »»
INTELLIGENT. Pour le malfai-
teur, on n'est intelligent qu*au-
tantqu*on est Malicieux et Rusé.
W ces mots.
INTERDICTION. Boucle, Bride.
« Pas moyen d'y faire, c'est la boucle :
tous les books seront expulsés du
turf. »
« Le bonnet, le quarante-huit, la
parfaite, la console, tout est scié;
c'est la bride sur tout. »
— INTERDICTION DE SÉJOUR.
Bdion, Cnnne^ Convalescence,
Surbine, Trique.
— CONDAMNÉ A L'INTERDIC-
TION, bâlonnisie, Canne, Tri-
card ou Triquard, Trique.
— Qui rompt son ban. Mton
rompu, Qui casse sa canne.
'< Tant que le condamné subit sa
f)eine d'incarcération, il est « raa-
ade » ; libéré, il est « guéri », à
moins qu'il n'ait à subir l'interdic-
tion de séjour, auquel cas il de-
meure « en convalescence » dans la
ville que lui désigne l'autorité.
Les criminels appellent encore
cela être en canne, en trique ou en
surbine, — ce qui signiGe surveil-
lance, — et ceux d'entre eux qui y
sont astreints deviennent cannes,
triques ou triquards. L'interdit qui
quitte sans autorisation le séjour
qui lui est assigné casse sa canne;
c'est un bdlon rompu. »>
« — Mais à propos, quelles gens
appelez-vous vieilles caimest
— Les repris de justice.
— Et les bâtons rompusl
— Les surveillés de la haute police
en rupture de ban. »
(Louis Barow.)
INTERDIRE. Boucler, Bnder.
« On dit qu'on va boucler la vente
des confetti. »
« Les jeux de hasard sont bridés. »
INTÉRESSANT. Se traduit ordi-
nairement par les équivalents
de Amusant, Beau.
INTÉRIEUR. V. Logement.
INTERLOQUÉ. V. Ahuri.
INTERNE. V. Élève.
INTERROGATOIRE. Escrache,
Messe du diable. Saignement de
nez.
INTERROGER. Cuisiner, Escra-
cher. Jabot ter, Poseï' une colle
(arg. de Saint-Cyr), Sonder ou
Passer à la sonde. V . Avouer.
En passant, le portier tous escrache;
J'étais fargué, niui« l'habit cachait tout.
Le jardinant, je frisais ma moustache;
Un peu d' toupet et je passe partout.
(H ALBERT.)
M II m^a passé à la sonde, mais je n*ai
rien voulu savoir. »
INTERROMPRE. Dans le sens
de Suspendre : Briser ou Faire
une brisure (arg. des typogra-
phes).
— Dans le sens de (louper la
parole : Couper la chique, la
musette.
« Laisse-uioi jacter; tu me coupes la
musette à chaque instant. »
— Pour interrompre un jeu,
une relation, une collabo-
ration ou une complicité,
Targotier dit qu7/ ne joue
INT
— 269
ITA
plus ou demande Pouce ! ou
encore qu'on lui Rende ses
billes.
IXTERRUPTIOrV. Brisure (arg.
des typographes), Entr^acte,
« Ses relations avec le vieux céladon
commençaient à lui peser; elle
avait besoin d'un tnlr^acle. »
INTIMIDER. Esbrou/fci-, Faire à
rinfluence.
« Il n'est pas facile à esbrouffer, »
« — Tas beau He costeau, tu n' me
/^ras pas à f influence. »
INTREPIDE. V. Courageux.
INTRODUCTEUR. Les Francs-
Maçons appellent Expert le di-
gnitaire qui introduit les visi-
teurs et vérifie leur qualité.
INTRODUIRE. Viler.
« — Fiie la débouclante dans
surdine. >*
la
— S'INTRODUIRE. Embarber,
Enquiller ou S'enquiller^ Se
filer.
ft C^est des gas qui se filent partout. »
yenquille dans la cambriole
Espérant de l'entifler.
(VlOOCQ.)
INUTILE. Comme des dattes, des
nèfles, des pommes.
« — Tout ce que tu diras et puis
dalle c'est kif... comme des pommes, vt
INVALIDE. Invalo.
« Quand j'étais enfant de troupe au
Gros-Caillou, vers 1860 à peu près,
j*ai entendu conter sur les invalos
quelques curieuses histoires. »
(J. KicHCPi:*.)
INVECTIVER. V. Injurier.
INVENDU. En parlant des publi-
cations : Bouillon.
« Les bouillons des suppléments
illustrés sont laissés à très bas prix
aux camelots qui les offrent en
prime avec le numéro du jour. »
— En parlant de marchandi-
ses diverses : Rossignol, Rat.
t< Elle n'arrive à habiller toute sa
nichée qu'en achetant des soldes et
des rossigno/s. »
INVITATION. Invite.
« H restait sourd à ses invites^ qu'elle
réitérait presque ostensiblement. >'
IRASCIBLE. Chevrotin (arg. des
typographes), Ciin, Croquet.
<i On ne peut lui causer ; c'est un
crin. »
•< En voilà un méchant croquelj il est
toujours en colère. »
IRRÉPROCHABLEMENT • Au
pouce, De première.
« Je tiens à ce que ce travail soit
fait au pouce. »
« Vous faites tout de première pour
faire plaisir au bon Dieu. »
(H. Lavedan.)
IRRIGATEUR. Pipe turque.
IRRITABLE. V. Irascible.
IRRITANT. Moustique.
ISOLER. Laisser mariner, Mettre à
ou sur l*isoloir. V. Conscience.
ISRAÉLITE. V. Juif.
ITALIEN. Italboche, Italyo, Maca-
roni.
« Viv' la Russie I Ts vont en faire un
tubard ceux d' la Triplice : les
Pruscos, les Italboches et les Autre-
chiens! j»
<c Fs s' cognent à coup d' lingue,
comme les Ilalgos. »
u Les Macaronis ont pris la piquette
avec Ménélik. »
— LA RENTE ITALIENNE. Le
Macaroni,
IVR
270 —
IVR
« Le 4 0/0 Brésilien descend à 62.10
et le Macaroni fléchit à 95.10. »
{Chronique financière.)
IVRE de boisson. Blinde^ Blindé,
Brindezingue, Bu, Chargé, Chi-
core, Chicoré ou de chicorey Cinglé ,
Complet f Cuit y Dans les brinde-
zingueSy les brouillards ou les
broussailles , En chérance *, En
patrouille, Fade, Gave, Gaviole,
Imbibe, Loivre, Loivrepême, Mûr,
Noir (arg. des lithographes),
Paf, Pafe, Pavois, Pion, Pivois,
Plein, Plein comme la bour-
rique à Robespierre, comme un
œuf, comme un Polonais, comme
un salaud, romme une vache,
Pochard, Poche, Poivre, Qui a
la barbe, la biture, la cinglée,
la cuite, la muffée, la secouée, le
nez sale, le nez de chien. Qui a
Marianne dans Vœil, Qui a sa bi-
ture, sa casquette, sa chique, sa
cocarde, sa cuite, sa culotte, sa
muffée, sa pistache, son affaire,
son aigrette, son casque, son com-
plet, son compte, Qui a son coup
de bouteille, de chasselas, de feu,
de groseille, de picton, de sirop ou
de soleil. Qui a pris ou qui a son
cran, sa dose, son épingle au col,
son fade, son grain, son jeune
homme, son panache, son pépin,
son plumet, son pompon. Qui en a
ou qui a quelque chose dans le
blair, le nez, la tasse, le tube, etc.,
dans le toupet. Qui en a ou en
tient une barbe, une biture, une
chique, une cinglée, une cuite, une
muffée, une pistache, une secouée,
un grain,jusquà la troisième ca-
pucine. Qui est dedans. Qui voit
en dedans, Raide, Raide comme la
Justice, comme tobélisque, comme
un piquet, Ripolin, Rond, Rond
comme une balle. Sas, Schlass,
Schlasse, Schlazig, Schlazik, S«-
coué. Verni,
— LÉGÈREMENT lVRE.^//?<mé,
Blindoche, Casquette, Éméché,
Ému, Lancé, Parti, Pompette,
— IVRE MORT. Asphyxié.
Ha ! nom de Dieu ! me v*là cinglé.
Oepis tanlM que j' me trimballe
C'est toi^oon moi qu* Tai régalé,
Et j'suis rond maii rond comme eun' balle.
Ça m' dèbarbouillVa 1' cœur et pis
U'abord ej' suis rond comme un disque,
J' m'arrondirai pas pus que i' suis.
Ha ! pisj' m'en fous, moi, qu est-c'que J'
risque:
Eun' demi' d' vieux... c'est pas de r'fus.
Dame, ej' suis raid' comm' l'obélisque.
Sûr, ej' me raidirai pas pus.
Hu ! pisj'm'en fuas, moi, qu'est-c'qnej'risqae?
Hu! nomdcDiou !... j' suis amoureux!
Mais ce soir, Cécit' fra la rosse :
Madam* ne Teut pas m' rende heureux
Quand j' suis p/ein... elle a peur d'un gosse...
(A. B.)
Et pis, mon p'tit loup, bois pas trop,
Tu sais qu' t'es teigne,
Et qu' quand t'as un p'tit coup d*
Tu fous la beigne.
(ID.)
Sirop
— Ben, mon vieux, t'en tiens un decuitel...
Tu t'es arrangé proprement.
Pis, d'main... t'auras 'cor' ta picuite...
T'iras 'cor' pas au Parlement?...
Mais, nom de Dieu ! d'main, ya pas Chambre.
J' me rapp'lais pus qu' tous ces raseurs,
Quand vient comm' ca la un d* décembre,
l's d'mand'ut la trèv des conBseurs.
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
Oui mais, c'tte dinde ! Ah ! mos enfants !
Fallait voir el' bouiiet d'évéquo!...
Dévéqu'? Qu'est-c' quej' dis ? D'archevêque,
Sur ses deux jpilons triomphants !
Ah ! saJigaud: Faut que j t'engueule :
C'est toi qu'as boulotte l croupion...
T'es ro>»</... t'es cui7... l'es soûl... t'es/x'on...
T'es plein d' trufT et tu pu's d' la gueule.
<Id.)
— Bonjour, Mossicu. Mon compliment..»
Tétais encor' dans tes brind'zingues,
Hier, en r'veuant d' l'enterr'ment...
T'as soifTé chez tous les mann'zingues.
Oui, j' me suis soûlé comme un veau...
J'étais plein... rond comme un' barrique!
Ah ! soûlaud, j' vois beo c' que tu veux :
"Tu veux r'commenciT la p'til' fête...
Malgré qu' tu soy's schlasse et d' chicor\
liond, cuitj saoul d' la veille et malade,
Tu voudrais p't' élrc aller encor
A l'enterr'ment d'un camarade.
Ah ! c'est épatant, c' qu'on boit,
Quand on a la gucul' de bois !
(lo.)
IVR
— 27i —
IVR
tt
T'en souviens-tu, j'avais une jaquette
\}m nous servait, en hiver, d'édredon?
Dans ce temps-là, j'étais souvent casquette,
Et tu m'app'Iais ton chéri, Ion trognon.
[Ltoy Rossignol.)
L'homme qui sait vivre
Ne s* montre jamais ivre ;
L' plus sage est un peu poch' seulement.
Rentrer avec AJarimin dans l'œil,
Ça n' s'rait pas drôle un Jour de deuil.
(h. Imbeb.)
Mais v'Ià-Ui' pas qu'un soir, Euslache,
Comme avec lui j'avais dansé
Et au' y avais eun' léger* pistache,
V s est un peu trop avancé...
(L. DK BencT.)
— Tu vois? Eh ben, ça, c'est mon
dab, un coup de chaise, une fois
qu'il était poivre. »
(J. Marmi.)
— Il est mûr, il est gave à rouler,
il a son fade', c'est 1' moment,
vas-y! »
Vs avaient tous un peu la cinplée\
i's pétardaient ! i's fsaient du fom !.. .
et i's nous ont passés à la bêche. »
Le plombier, que l'odeur moite des
seins blancs de Gervaise fait flam-
ber comme une torche, garde un
silence têtu, la tête basse et le front
barré, déjà bu, mais les mains far-
fouiUeuses singulièrement occu-
pées. »
(J. LORBAIM.)
La jeune mariée était particulière-
ment paffe^ comme on dit à Mont-
martre. »
(Armand Silvkst».)
m Trois soldats qui se tiennent par le
bras passent en roulant des bor-
dées. — Qui qu' c'est donc, vous
autres !... Vous vous èt's-t-i' fourré
un plumetL.. V fait crédit, 1'
bistro? ►»
(lIciiLLS Lx Ruox.)
« Hier soir, en rentrant, j'étais un
peu pavois et je me suis engueulé
avec ma bergère. »
IVRESSE de boisson. Souhgra-
phie, plus les expressions Barbe,
Biture, Cinglée, etc. V. les régi-
«
mes du verbe Avoir au mol
Ivre.
IVROGNE. Artilleur, Camphrier,
Cheulanl, Eponge, François, Ké-
nep, Lampe à mort, Marquant *,
Mouillard, Pochard, Poivreau,
Poivrot, Pompier, Bigolo, Val-
seur, Soulographe.
« — Ta mère est à la broche, le
diable la rôtit; entends-tu, vieux
camphrier, avec ta voix enrhumée. »
(Nouveau Catéchisme poissard,)
« On ne m'y repincera plus avec ce»
cheulards-làl »
(POLLOT.)
« — Vous n'avez pas vu mon éponge
de mari ? Je suis sûre qu'il va encore
boire toute sa paie. »
« — T'as du pognon ?
— Oui. J'ai fabriqué un kénep qui
pionçait sur un banc. >.
M C'est un lampe à mort, un pochard.
H vendrait le bon Dieu pour un
litre. »
« — J'ai choisi la chasse aux valseurs,
le barbottage des poivrots est facile,
à la portée des débutants, et mes
premiers essais réussirent à mer-
veille. »
(Macé.)
« Les soulographes qui se hasardent
passé minuit dans ces parages sont
radicalement dévalisés. »
— QUI ACCOMPAGNE LES
IVROGNES dans le but de les
voler. Ange-gardien.
« Les soirs de samedi de paie, Nénesse
se faisait ange-gardien et soulageait
les poches des rigolos qu'il recon-
duisait à domicile. »
— QUI DÉVALISE LES IVRO-
GNES. Grinche ou grinchisseur
au poivrier.
t Le grinche au poivrier opère sou-
vent seul ; dans ce cas, il choisit de
préférence les ivrognes endormi»
sur la voie publique. »
IVROGNERIE. Poeharderie, Po-
chardise, Soulographie.
< Ses habitudes de pochardist l'a-
vaient Tait cbatser de toutes les
2 — IVR
ce Le colonel aurait passa sur une
iuriaction loucbant^es choses du
service intérieur. Mais il se mon-
trait inflexible sur le chapitre de la
aoulographit. »
JACASSER. V. Bavarder.
J'AI. Gilre yaurJilre. V. Avoir.
• Le bourreau preste te dûi
couteau l'abal sourdement, le laiig
gicle jusqu'aux pieds des chGVBT-
dei gendarmes impassibles ... ui
tète roule dans le son... Justice «
faite. -
(La .\olio«.)
JALOL'X (ËTItE). Renaclei- û la
gerce.
JAUAIS. A Pdquei ou à ta Tiinilé.
Demain, Dimanche, Quand il tom-
bera lie la merde ou toute autre
formule indiquant un événe-
ment irréalisaole.
Tes cent tous, il te les rendra. .
demain ou... dimanche. »
— Aver, idée de niuqueiie ou
lie suitériorilé : Ckei qui?
Chez Uohi'che! Chr; Dache !
Chfi riuineau! Chez Plume-
palles!
.Moi faire du plat à c'ite gonzesse-
l.il.., Che: Uobèciie, aile est trop
toquarde. >■
■ Quand te ri
■roi-je'î
1 ta Trinité, .
JAMBE. Ambe', Bâton, Bâton
lie cliai-ie, Brancard, Couriière,
Crosse, Oambetle, Gamliille. Gigue,
Guibc, Guibole. Guibotte. Gnibon,
Guitonne, Merlin ', Patte, Quille,
Trimoire '.
18
JAM
— 274 —
JAR
— LES JAMBES. Compas, Che-
val à double semelle. Pinces,
Pincettes, Tréteaux, Le train
otize. Trotteuses.
— JAMBE GROSSE. Poteau.
— JAMBE LONGUE. Échasse,
Échalas.
— JAMBE MAIGRE. Cliquette,
Fil de fer, Flageolet, Flûte,
Fumeron. V. Impuissant.
— JAMBES ARQUÉES. Jambes
ou quilles en manches de veste.
— JAMBE BLi:SSÉE, ESTRO-
PIÉE. Bâton de are. Jambe de
laine, Patte folle.
— JAMBE DE BOIS. (Juibon de
satou, Pied de céleri, Pilon.
« T*as mal aux gambettes, mon vieux !
Sis-loi là ! »
(0. Métk.'vier.)
w Ce guillotiné qui porte sa tétc et
la secoue comme un chapeau chi-
nois, tandis que ses guibolles gani-
billent et qu'il fait la danse du
ventre avec des contorsions de
singe lubrique. »
(J. RlCHbPIN.)
« Le premier était un haut Normand,
à longue barbe blanche, encore
solide du torse et des bras, mais
quasi perclus des quilles. »
(lo.)
« T*es rien poivre! lu ne liens plus
sur tes fumerons. »
(Id.)
« Que diable ont donc tous ces mus-
cadins-là? s'écria-l-il d'une voix
sonore. Nos conscrits ferment le
compas au lieu de l'ouvrir, je crois ! »
(Balzac.)
« Bien que le pas gymnastique de
l'après-midi lui eût laissé quelque
fatigue dans les quilles, il se résolut
à se rendre chez sa mère par le
train onze. »
« Une grande et sèche Anglaise,
montée sur des échalas, étalait dans
un décolletage répugnant l'ossature
de sa poitrine. »
{Le Thé de miss Shrimpt.)
(t La petite popffiasse était assez
garnie en croupe, mais il ne fallait
pas regarder ses flûtes. »
{Lt'S Propos du Commandeur.)
« Les poteaux écartés, tout en cau-
sant au servent de ville, la haren-
gére satisfaisait debout ce besoin
que les bonnes femmes appellent
le petit. »
M On entendit le pas de Tinvalide
dont le pilon résonnait sur la dalle
du corridor. »
« Malgré qu'il ave un pied de céleri,
il cavale tout ae même. »
« Moi, dit Béquillard, je ne marche
pas dans ces flauches-là : avec ma
patte folle je n' pourrais pas m^ faire
la paire en cas de pétard. »
M es jam b's sont fai t's corn m' des trombones.
Oui, mais j' sais tirer (^ar* ià-d'ssous !)
La savate avec mes guibonnes
Comm' ceU's d'un canard eud' quinx' sous
(J. RlCHElMN.)
C'est la yV : faut porter 1* licou
Tant qu'on tient un peu su' ses pattes
Ht tant qu'on peut en Toute un coup.
(A. B.)
C^uel malhear que madam' Camus
Ait Icijamb' en manch' de veste !
[Scie populaire.)
JAMBOX. Chaasieiix.
JAKDLX. Jnfficr\ Verdousier.
M Les poteaux sont au vcrdousier
dans la canfouinetle à la manque. »
(Li:h]ii:<ia (t Lé\£qoe.)
J A UDIIV 1ER. .A rroscMrt/cvercioi/se,
Jaffin\
JAUGOX. Blesquietr, Ger\ Ger-
(jo7i*,Gier "fJaVyJarSyJobelin, Lar-
(jongi.
Vive r copin Aristide
Qu' cnlravo V Jars, qui 1* dévide
ht qui l'a toujours chanto !
(Bibi Chopin.)
Donc on va rouscailler bigorne,
On va s' payer du largouyi...
Jy, les garçons... jy... trois fois jy !
(A. B.^
— Le jargon des bouchers ou
largonji des loitcherstem^
ainsi nommé parce qu^il
JAR
— 275 —
JAR
est plus spécialement em-
ployé par le monde de la
Dourlierie, est d'une cons-
truction relativement facile ;
mais faut-il encore, pour
arriver à le parler et à
récrire, sans maladresse, en
connaître le mécanisme :
Formation kt orthographe. — Dans
les mots commenc^ant par une
consonne, cette consonne est
remplacée par un / et reportée à
la fin du mot avec une termi-
naison quelconque mais plus gé-
néralement en é, cm ou éme, j,
îc, ocy uc/ie :
V^ache : /achevé,
Boucher : /oucherbem.
Jargon : /argonji,
Monsieur : /onsieurmtc,
Fou : /ou foc,
Patron : /atronpwc/ic.
Si le mot commence par deux
consonnes, on les remplace
toutes deux par le / et on les
rejette à la lin du mot :
Blindé : /indébloc,
Cramper : ./ampercnc,
Chauner : /aufierchem,
Prince : /inceprc,
Truc : lucivèmc.
Quand la première lettre du
mot est un h ou une voyelle, la
transformation s'opère sur la ou
les consonnes commen(;ant la
seconde syllabe de ce mot :
Hardi : liar/idem.
Argent : ar/entg/c,
Espoir : es/oirpoc,
Entrain : en/aintr(?m,
Entresol : en/esoitroc.
Dans le cas où les deux pre-
mières syllabes commencent
chacune par un /t ou une voyelle,
on opère sur la troisième syllabe :
Aéré : aé/érem,
Ahuri : ahu/iroc.
Lorsque le mot commence par
un / ou par le réduplicatif r, re,
c'est sur la seconde syllabe que
se fait le changement d'articula-
tion :
Livret :
Lancer :
lied ire :
Kevoir :
Rentrer
li/etvrem,
lan/ercéme,
re/iredé,
re/oirvoc,
ren/erlrcm.
On transforme la troisième
syllabe lorsque le mot commence
par une voyelle ou un A, ou en-
core par le réduplicatif r, re et
que la seconde syllabe est com-
mandée par un / :
Hallebarde : halle/ardebem,
Éléphant : élé/antphoc,
Relancer : relan/ercémc.
Dans la transformation des
termes d'articulation monosylla-
bique, le / se change parfois en
lésel ou mieux lézeL Cette parti-
cularité peut s'appliquer aussi
à des polysyllabes, mais le cas
est rare :
Pou : /e^d/oupar/iie.
Sou : lésélousoc^
Parti : /éi(*/artipés.
Le radical demeure donc en
entier dans les mots jargonnés.
Pourtant, il est à cette règle
quelques ^exceptions :
Quand, par suite de la trans-
formation, le m nasal du radical
cesse d'être suivi de m, p, ou 6,
on le remplace par un n :
Emmanché : en/anchém ic,
Emporter : en/orterp^s,
Embar([ué : en/arquebem.
Lorsque le changement s'o-
Eère sur deux consonnes sem-
lables et de même articulation,
la première disparaît et la se-
conde est rejetée à la (In du
mot :
JAR
— 276 —
JAR
Affaire fera a/aîrefem et non
af/airefcm ;
Opposé fera o/osépem et non op/o-
sépem ;
Immense fera i/ensemtc et non
im/cnsemi>.
Mais si Tarticulation des deux
consonnes semblables est diffé-
rente, la transformation se fera
sur la seconde :
Accident : ac/identcem,
Occire : oc/irecem,
Ennuyé : en/uyénic.
Quand la lettre à rejeter est
un c dur ou un g dur, ou con-
serve son articulation devant la
terminaison ; on recourra donc,
s'il y a lieu, au A- ou au qu pour
le c :
Carton : /artonkic.
Écarté : é/artéqués;
et à Vu pour garder sa dureté
au g :
Garçon : /arçonguem,
Regarder : re/ardergués.
Si, au contraire, le c à dépla-
cer est doux, on y ajoutera au
besoin la cédille :
Citoyen : /itoyençoc ;
et le g doux deviendra ; devant
a, 0, u :
Gilet : /iletjao.
Gentil : /entiljoc.
Gibier : /ibierjwc/ie.
Quelquefois, l'orthographe du
radical est altérée en raison de
la prononciation :
Dix : l'wdré ou /idré.
Prince : /incepr^ — /inspr^,
Vingt : /ingtvé — /invc.
Prononciation. — Sauf le change-
gement de consonnance produit
par la substitution du /, le radi-
cal conserve son articulation :
Micmac : /icmacmucAe, pron. /ic-
msicmuche;
Tabac : /abactoc, pron. /abatoc;
Cuiller : /uillerkés, pron. /uillerkéç;
Bâiller : lâillerbem, pron. /àillébem ;
Civil : /ivilcem, pron. /ivilccm;
Fusil : /usilfoc, pron. /usi foc;
Albinos : al/inosbucAe, pron. al/i-
nosbwoAc ;
Dominos : /ominosdem, pron. /o-
minodem;
Paulus : /auluspfc, pron. /aulus-
pic ;
Perclus : /ercluspem, pron. /erclu-
pem,
A cette règle nous connais-
sons deux exceptions :
1°. — L'e de la première syl-
labe de Femme perd le son de a
pour prendre celui de e :
Femme : pron. /emmefuoAeau lieu
de /amefticAe.
2^. — Les terminaisons de
l'impératif du verbe Regarder
se cnangent toutes les trois en
in :
Regarde, regardons, regardez :
feront re/ardî/igo au lieu de re-
/ardego, re/ardonsgo, re/ardezgo.
— Ajoutons que souvent le
largonji des louchersbem
tronque les mots déformés
pour n'en garder que l'apo-
cope ou l'aphérèse, sur les-
quelles il greffe parfois de
nouveaux suffixes. 11 devient
alors très difficile de rétablir
l'origine, souvent argotique,
du radical qu'on a fait ainsi
disparaître en partie, si ce
n'est complètement. Dans
les exemples qui suivent le
radical perd son initiale :
Borgne (rad.)
lorgnehé
/orgne
/
Anus, as.
JAR
— 277 —
JAR
Chaumir (rad.)
/aumirchem
^auinir
Jaune (rad.)
/aunejem
/aune
i Perdre.
Gendarme.
Gendarmerie.
Marquise (rad.)
S?ïïëm«c/.e [Épouse, femme,
/arque
Pousse (rad.)
/oussepé
/ousse
Il dispai'ail presque complè-
tement dans les transformations
suivantes :
Copaille (rad.)
/opaillekem
/opaille
/op
/ope
Fou (rad.)
/oufoc
focard
Pédéraste.
Fou.
Enfin, il n'en reste plus trace
dans ces deux exemples :
Fou (rad.)
/oufoc
/ouf
louUingue
Tingo
Femme (rad.)
/emmef«c/ie
lézélemmeîuche
lézélemma
Lézé ou lésée
Lesbombe
Fou,
Femme.
— Le / n'est pas la seule con-
sonne qui serve à la défor-
mation des mots. On em-
ploie aussi le n, maïs plus
rarement. Dans ce cas, on
renorte à la lin du mot la
syllabe sur lacjuelle on a
opéré la déformation en la
faisant précéder de raxticle
contracté du, ce qui forme
une locution de trois mots :
Goncier : noncicr du.^on.V.Individa.
Plaquer : naquer du fia, V. Chier.
On peut d'ailleurs opérer de
la môme façon au moyen de 1»
lettre / :
Campagne : /am pagne du cam,
pron. can.
Je me camoufle en pélican,
J'ai du pellard à la tignasse,
Vive la lampagne du eaml
(i. RlCHEPR*.)
A peu près vers cette époque
Il fut deux ans interné
Dans des maisons de santé
Comme éminemment laufoquê» . . . ,
(R. POMCHOU.)
C'est la mouis', quoi? T'es à la cloche?...
Ton probloqu' l'a scié d' toii gai'tfks î ^
Pourtant, on dit qu' tu frioi* au Vroi^iB
Et qu' t'us euu' léxHemm' su* l' tas.
(A. B.) M.
Moi j' suis gonzesse d' loucherhème^
Un soir qu'a m' Pra trop UerckétAe
J'y fous mon ringt-deuiL dans Ja peau.
' (M
8atn' on met eun* m6roe ea quaraoto,
n bou(r pas tout comme un poireau ;
On la fringue ! Avec uu tarante
On y p<iye can* jupe au carreau.
(lo.)
— La locution du go se présente
souvent dans le largonji des
louchersbem sans autre but
que de rendre la phrase plus
obscure à Toreille des indis-
crets. AS'iu luvé le lonsieur'
mie du go? signifie : As-tu
vu le monsieur?
— Il existe encore d'autres
jargons : le Javanais^ qui se
forme en faisant précéder
chaque syllabe de l'articula-
tion av ou en l'y intercalant :
Entrer: atjentnu'er, »'■ î"
Jeudi : jareudavi,
Rouiiasse : prtioufaviasénrrf ; •
le jargon en dedgue qui fait
suivre chaque syllabe de dg dur,
en redoublant le son :
JAR
— 278 —
JEU
Enfîn : endguenrindguiiif
Chinois : chïdguixioïsdgoiSy
Punaise : ipudgunhidgaisedgue.
D'autres, enfin, en pi, en ro,etc.
surchargent simplement les syl-
labes d'un son convenu et tou-
jouï^ le môme :
Requin : repoquinpi ou reriquinio,
Léon : Lépionpi — Lévoonvo,
Pavé : papivépi — pavovéto.
Mais ces jargons sont trop
connus et trop enfantins pour
que nous nous y arrêtions da-
vantage.
JARRETIÈRE. Jamaffe, Ligot,
Tirante.
JAUiXE. Salin *.
JE. Bibi, Mézigy Ma 'pomme. Me-
zigOf Méziguef Mon gnasse. Mon
gniasse, Mon gniasse pâteux^ Mon
gniasse poiluy Mon gniêre, Mon
nière. Mon orgue. Ces expressions
commandent la troisième per-
sonne.
« Et faudra qu'on m^écoute : fjibi est
enfant du peuple ! »
« Mon orgue n'a pas Tair d'une
poire. »
« Si mon gniere avait pas la cosse. >•
Luysard eslampillait six plombes
Méziyo roulait le trimard.
(J. RiCHBPIN.)
Mon gniafse est bath : j'ai un chouett' moure,
La bouch'plusp'tit' que les calots,
L'esgourd' girond' comme ua' 0«tcnde.
(Id.)
Sur'ment qu* ça Trait pas mon afTaire!
Mon gnatse est bien trop délicat.
(P. PAILLBTTI.)
JÉSUITE. mndon\
JETER. Balancer^ Balanstiquer^
Envoyer à dingue. Envoyer din-
guer ou simpi. Dinguer.
« Il avait balancé le morlingue, mais
il avait conservé Taubert. »
« — Balanslique ton mégot avant
d'e m barber. »
« Ton portrait? y a longtemps que je
l'ai aingué. »
— JETER QUELQU'UN A L'EAU.
Le balancer ou le balansiiquer
dans le jtis, datis la flotte^ dans
la vase, Le dessaler.
« Après l'avoir arrangée tous les
trois, ils Tout balanstiquée datis V
jus. »
— JETER QUELQU'UN PAR
TERRE. V. Terrasser.
JETTATORE. Les joueurs su-
perstitieux nomment Comète la
pei-sonne qu'ils supposent con-
trarier leur chance.
JEU. Flanche, Flaubert, Flouant.
« Il tenait un flanche à la fête du
Trône. »
— Je ne sais pas
flaubert-\k. •»
y faire à ce
— JEU DE BACCARAT. Bac.
— JEU DE BILLARD. Boulettes,
Fj'otliîij Prairie.
« Il passe son temps à jouer aux
boulettes. »
« Je lui proposai une partie de frot^
tin. »
— JEU DE BILLES. Bloquette,
Cent-dix, Irlande.
« Il faisait l'école buissonnière, pré-
férant à l'arithmétique raisonnée le
calcul pratique du cent-dix ou de
la bloquette. »
« — Virlande n'est autre que le jeu
de cent-dix. »
— JEU DE BOUCHON. Gade,
Gadiche, Gadin, Galoche, Gue-
digne.
« C'est plus fort que de jouer à gade
avec des pains à cacheter dans la
neige. »
« Ils jouaient au yadin avec des
thunes. »
JEU
— 279
JEU
'< J'ai paumé dix ronds à la gadiche. »
« On flanchait à la galoche^ eu atten-
dant le soir. »
— JEU I>E BÉZIGUK. Ueguc.
— JEU DE CARTES. Brémps ou
Jeu (le Brèmes, Livre des quatre
rois. Le roi se dénomme Iw/,
Sa poire, Sézig, Son gnasse ; la
reine, Elle, Gonzesse^ Poule^
Punaise ou tout autre équivalent
de Femme; le valet, Larbin;
Tas, Borgne, Concierge, Lorgne,
Manillon, Nomhril ; le dix,
Chaîne d'ognons, Manilie; une
forte carte, Bœuf, Cheval, Elé-
phant-, une basse carte, Pouil-
leuse; au baccarat, le dix, le
roi, la reine et le valet sont
des Bûches. Le trèfle s'appelle
la Fouine, V Herbe à la vache ;
le Carreau, le Templier, les
Vitriers; le pique, Croque-inort,
M., Tunnel, Piche ; et le C(i.»ur,
Battant, Palpitant, Sanguin.
D'autre part, les grecs désignent
par une lettre cou venue chanue
sorte de cartes. La réunion aes
quatre lettres correspondant
aux quatre couleurs forme une
clé (|ui sert de mot de rallie-
ment. Robert-Houdin cite la
suivante : I,S,^t,V. ; VI indique
le cœur ; S, le trèfle ; M, le
Sique; et V, le carreau. Pour
emanderou annoncerdu cœur,
le grec dira un mot ou une
phrase commençant par / ; cette
f)hrase commencera par 5 pour
e trèfle; et ainsi de suite. Ma
montre retarde voudra dire :
Jouez pique. Vous ne trouvez
Îas quil fait froid'l signifiera :
ouez carreau. Sentez-vous le
courant d'air 1 indiquera qu'on
va jouer ou qu'on demande
trèfle.
« S'il y avait des brèmes, on pourrait
flancher. »
(ViDOCQ.)
— CARTE DÉCOUVERTE rapi-
dement pour aider la tricherie.
Carte à l'œil.
« Il est quelquefois nécessaire au grec
de connaître une carte dans le jeu.
Avec une prestesse extr^-me, il
ouvre, d'une seule main, à l'aide du
petit doigt, le jeu à l'endroit où se
trouve cette carte et, d'un coup
d'œil rapide, en prend connais-
sance. Ce mouvement, prompt
comme l'éclair, ne peut être aperçu
des joueurs, parce qu'il est fait en
gesticulant, et que le dos des cartes
est tourné de leur côté. C'est ce qui
s'appelle la carte à l'œil. »
(RonERT lIoDDIPt.)
— DE RM ÈRE CARTE DU PA-
QUET. Bergère.
— MARQUER, RISEAUTER LES
CARTES. Aiguiller, aquioer,
arnaquer, marquouser les oré-
7nes.
— CARTE MARQUÉE POUR
TRICHER. Aiguille, Mar-
quouse.
« S'il voit (lu'un pigeon se dispose à
lui tenir banco, il ne manquera pas
de le faire couper immédiatement
sous V ai gui lie, »
(CavaillI.)
— SUBSTITUER UNE CARTE,
UN JEU A UN AUTRE. Faire
le change^ le filage, la minerve,
Filer.
— PRÉPARER LA COUPE. Faire
le pont,
— REPLACER LES CARTES
dans l'ordre où elles étaient
avant la coupe. Faire sauter la
coupe, Faire le saut de coupe.
— MAJORER SON JEU pour
engager l'adversaire à tenir
un coup au-dessus de ses for-
ces. Bleuffer, bloffer ou bluffer
(anglicisme).
Je suis DU comme un sans chemise
Oui n'aurait pas de suspensoir,
Hélas ! et je manque de mise
Pour bloffer au « pocker ■ , le soir.
(Laubrnt Tailuade.)
— JEU DES TROIS CARTES.
Bonnet, Bonneteau, Bonneterie^
Flanche ou truc des trois brè-
mes, Lingt\ Lingerie, Mercerie.
« On emploie peu aujourd'hui le mot
bonneteau qui viendrait, — parait-
il, — de ce que le jeu qu'il désigne
JEU
— 280 —
JEU
sert à empiler les « bonnes tôtes ».
A cette expression trop répandue
on a d'abord substitué Tabréviatif
bonnett presque aussitôt changé en
bonneierie; puis, par analogie, on
s'est servi de lingerie, ^»w.7^. mer-
cerie, et l'on prévoit difficilement
où s'arrêtera la synonymie. N'a-
vons-nous pas entendu un bonne-
teur nous dire qu'il flanchait dans
la nouveauté \ w
« Le jeu de bonneteau, bien quMnsuf-
fisamment connu de la majorité
des Parisiens, mérite une plus lon-
gue et plus complète explication.
D'invention récente et très ré-
SandUf il se joue avec trois cartes :
eux rouges (carreau et cœur] et
une noire, par exemple, l'as de pi-
que; le booneteur, après avoir
montré les cartes au « client », les»
retourne, exécute quelques passes
et s'arrête.
11 s'agit alors d'indiquer où est la
noire. Toute l'habileté du boiine-
teur consiste «i faire croire aux
spectateurs qu'ils ne l'ont pas per-
due de vue un seul instnnt. »
(Authi'r Duimn.)
« Le jeu des trois brèmes, qui n'est
autre que le bonneteau, amène cha-
que jour des plaignants dans les
commissariats de police spéciaux
des grandes gares de Paris.
C'est surtout à la gare Saint-
Lazare que les victimes de ce genre
d'escroquerie viennent échouer en
plus grand nombre. »
(ID.)
— JEU DES TROIS COQUILLES
ou DES TIIOIS QUILLES. Di-
ribi, Birlibi, Hirlibibi^ Calot,
Callol, Cocunge,
« Le bonneteau n'est pas le seul jeu
tenu par les croui»iers de barrières.
Ils en ont une série d'autres dont le
fonctionnement ostensible est aussi
simple et dont le truc caché est
aussi dangereux.
Voici, par exemple, le calot, plus
terrible encore que le bonneteau.
11 se compose de trois quilles creu-
ses, sous l'une desquelles le teneur
place une petite boule appelée le
mouton.
C'est un peu le jeu des gobelets
et de la muscade; le teneur sMns-
talle : il met le mouton sur une pe-
tite table, et le recouvre d'une
quille :
- La boulette I dit-il, elle passe, la
boulette... la boulette... la bou-
lette... Et, en même temps, il chan-
ge les quilles de place, les faisant
passer tour à tour à droite, à gau-
che, au milieu, en les glissant sur
la table de telle sorte que la bou-
lette ne puisse sortir, il s'arrête :
- Un louis à oui désigne la quille où
se trouve la noulette! crie-t-il.
Un des « comtes >« montre un des
calots :
- Elle est là, répond-il.
. .. Le teneur soulève la quille, la
boulette n'y est pas.
. Farceur, dit un autre « comte », U
voici.
... Et il soulève le calot sous
lequel est le mouton.
- C'est bien simple, ajoute-t-il; vous
n'avez donc pas suivi le mouve-
ment du joueur ? la boulette est
toujours sous la même quille ; il y
a qu'à ne pas perdre la quille de
vue...
Bientôt le public s'en mêle; le jeu
chance. Le teneur pose la boulette
sur Ta table, la recouvre d'une
quille, fait passer les deux autres,
et tout en faisant ce double mou-
vement, il roule la boulette jusque
dans ses doigts, où elle reste ca-
chée, de façon qu'il n'y a plus de
boulette du tout. »
(iloi.icn-Gniso.N.)
— JEU DE TIIOIS DÉS. Juge de
paix, Masturbf, Zanzi, Zanzi-
f>ar.
Passez voir uu peu le juge de paix,
qu'on fasse un coup de zanzi. »
— JEU DE DOMIXOS..VaMwrin5.
— Le double blanc: Albinos,
Blanchinct, Pdlc, Pâlichon,
Pierrot.
— Le double as : Asinet.
— Le double quatre : Bazaine,
Caca.
— Le double cinq : Greffard.
— Le double six : Falourde^
Sùyrc.
JEU
— 281 —
JEU
— JKU DE LOTO. Les numéros
du loto prennent chez les
joueurs facétieux des appella-
tions comiques, telles que le
chapeau du commissaire^ 4 ; la
queue en l'air ou le goupillon,
6; la potence j la pipe, le crochet
du biffin, 7 ; la gourde, les lu-
nettes, 8; la queue en bas, 9;
mes jambes, \l, ma sœur Thé-
rèse, 13; l homme fort, 14; le
terme, 15; c'était neuf {se^i et
neuf), 16; vin sans eau, 20 ; les
deux cocottes, Tl ; les deux bos-
sus ou les deux boscos, 33 ; les
deux baraques, 44: bouci-boula,
69 ; la potence et le pendu, 7 1 ;
les deux gourdes, 88, etc.
— JEU DU LAMSQUEXET.Lan*-
que.
— JEUX DE HASARD. Les jeux
de hasard sont pour la plupart
machinés pour assurer le gain
au banquier; on les dénomme
alors trucs^ flanches truqués ou
flanches arnaqués. Ils sont nom-
breux ; voici les plus connus :
Le Bonneteau et la Cocange
ou Calot dont nous parlons
plus haut et qui sont plutôt
des jeux d'adresse.
La Parfaite ou Martin- Glaude
qui se joue avec un dé portant
ordinairement . nu lieu des
points habituels, les figures du
trèfle, du carreau, du pique et
du cœur, une ancre et un soleil,
une t^te de mort ou une tête
de diable ; ces figures sont re-
produites sur une table où le
joueur dépose sa mise, qu'on
lui quintuple, s'il parvient à
gagner.
Le liiscuit, qui se joue avec
trois dés.
Le Quarante-huit, sorte de
tourniquet assez voisin de la
roulette.
Le Mal au ventre, autre
tourniquet que le banquier ar-
rête au point qu'il veut.
L'A nglaise qui se joue avec des
pièces de monnaie à pile ou face.
La Passe, jeu de dés, où celui
qui n'a pas de quoi tenir le jeu
en inartingalant est fatalement
destiné à perdre.
Disons, en outre, que les
gens qui donnent à jouer la par-
faite et le bonneteau ou bonnet
opèrent fréquemment dans les
trains de banlieue et de ceinture
qui desservent les champs de
courses et s*ad ressent aux
joueurs que la chance a favo-
risés peu ou prou. Dans ce cas
spécial, leur jeu s'appelle iro-
niquement consolation,
» Tu ne t'aperçois donc pas, répondit
l'Avocat, que si Panpan ne touche
pas à la table, il s'y appuie? Avec
sa hanche, il pousse une tringle
glissée dans l'épaisseur du bois ; il
pèse sur le pivot, l'arrête à volonté.
— C'est même pour cela, conclut Pan-
pan, que la loterie s'appelle, entre
nous, le mal au ventre. »
(HUCUKS Lb Rûoz.)
Camaro de la petit' pègre,
Tiens le» bons trucs sur la lègre ;
La Par fa ileel le fjuaran te-huit ,
Le Mal au ventre et le Bitcuit,
(lIOGIER-GaiSOl*.)
— JEU A LA BOURSE. Boursi-
cotiérisme, Tripotage.
« Le boursicotier isme est l'art de jouer,
de parier, de spéculer en Bourse,
quelquefois sans argent, comme
sans probité; en d'autres termes, le
boursicotier isme est l'art de sur-
prendre habituellemeut le bien
d'autrui par un ensemble de moyens
non prévus par la loi ou insaisis-
sables à la justice. »
(LoiliDAN LAftCllEY.)
— ARGENT DU JEU. Éclairage,
Eléments.
— ARGENT GAGNÉ EN TRI-
CHANT AU JEU. Bonnet.
M Le « noble >» jeu de bonneteau, du
mot bonnet qui, en argot, signifie
« argent gagné en trichant au jeu »>,
vient de prendre, en ces derniers
temps, une extension si grande que
la police, et particulièrement la po-
lice des chemins de fer, s'en est
émue. »
(AiiTHcn Dupi5.)
~ ARGENT PERDU AU JEU.
Casquette.
JEU
— 282 —
JOL
— QUANTUM PRÉLEVÉ PAR
LE JEU. Cagnotte, Pot.
« Oh! la belle et bonne nourrice
qu'une cagnotte l »
(E. Lepbllktier.)
— MONTRER DE LA HAR-
DIESSE AU JKV. Avoir de Ves-
tomac.
<« Vous allez me raconter des histoires
de somnambule tout à l'heure. Ayez
donc de l'estomac, sacrebleul 11
s'agit de tenir le coup, et il en
vaut la peine. »>
((îeoii<;esOhnet )
— MAISON DE JEU. Uerlnn, Bre-
lan, Case, Claquedent, Claque-
dents, Planque à suif. V. Casino.
« On entend dire tout d'un coup que
le chef du cabinet du préfet de po-
lice était le protecteur attitré d'un
claqiie-den ts ae la dernière catégorie.
Il était en rapport avec des crou-
piers de bas étage; on l'avait vu
s'attabler avec eux et traiter, sans
la moindre gêne, ses petites atTai-
res. »
(Hogirr-Ghison.)
— MAISON DE JEU CLANDES-
TINE. Étouffe, Ètouffoir.
— TENANCIER DE MAISON DE
JEU. Ti'ipotier.
JEUX (A). V. Faim, Affamé.
JEl'XE, subs. m. Danse du bide.
Danse du ventre, V. Faim.
JEUXE, adj. V. Enfant.
JEl XE FILLE. V. Fille.
JEUXE HOMME. Gigolo.
Avecquc Ninette, un tondron,
Uu gigolo, d'apparence fort triste,
— Jeune et si grave, était-il donc
L'attaché de quelque iniuistre ? —
(FnANC- Nouais.)
JEÛXER. Rou/fer à Vos, Crever
d'organe, Crouler du zeph. Danser
devant le buffet. Danser la danse
du bide, la danse du ventre, Dé-
clarer, Déclarer ballon, Faireballe,
balle élastique, ballon, godard, la
danse du bide, la danse du ventre,
la tortue. Greffer, Jouer du fifre* ^
Lire la gazette *, Pégrennei*, Piler
d*organe. Rebondir, Sauter à la
perche. Se brosser. Se brosser le
ventre. Se caler ou s'envoyer des
cailloux, des cloques, des briques^
des jetons. Se seirer le ventre,
Serrer sa ceinture d'un a*an, Tor-
turer du vent, \oir défiler les dra-
gons*. V. Affamer.
« VMà deux jours que j' croûte que
du zeph. »
'« J'avais fait la balle élastique tout
mon soûl. »
(II. ROCHBFORT.)
« 11 déclarait depuis le matin. »
« Du temps qu' son orgue s'empâte
la gueule, sa bourgeoise s'envoye
des fions. »
Ton tôlier veut pus t' faire h croume ?
Tu déclar's que tu fais ballon!...
(A. B.)
r dcch' son fric avec des fesses.
Ht le lend'main, i" fait godard.
(Bl.AOOBT.)
» Avec les trois ronds que le singe
lui donnait pour déjeuner, le pauvre
apprenti .mutait à la perche les trois
(|uarts du temps. »
Que qu' y Y foutrai dans la trompette
A c' lancier-là, s'il vient vivant? ^
A moins qu'il sorte un jour que j* pète
Et qu'il veuille tortorer du t^ent.
(J. UlCBEPIN.)
— ON JEUNE. Cest la boucle.
C'est la ceinture, La ceinture
est accordée. Le drapeau noir
flotte sur la marmite.
JEUXESSE (LA). On désignait
autrefois la jeunesse romantique
du nom de Jcune-Vrance.
« Les romantiques se divisèrent en
Bousiogots et en Jeune- Frajice. Les
Jeune-France conservèrent long -
temps leurs pourpoints, leurs bar-
bes fourchues, leurs cheveux buis-
sonneux. >»
(Privât D'AneLEMONT.)
JOLI. Cannant (arg. lyonnais),
Chenu, Chenue, Chenus (àrg. lyon-
JON
— 283 —
JOU
nais). Coqjinxeir.) Coquet ^Fignole y
Ganàiriy ùerfle *, Giroble *, Girofle* ^
Girondf Jojo, V. Beau.
« As-tu vu la nouvelle gonzesse au
Frisé ? Aile est rien coq ! »
« — 11 est pourtant qandin, mon pa-
nier, insiste le gitane avec le plus
pur accent du faubourg Antoine ;
étrennez-uioi, Monsieur, ça vaut
une thune et à deux halles je vous
le laisse. »
(Jban LoanAiN.)
Alors aboula ilu sabri
Une fignole gosseliiie.
(J. lilCULPIN.)
Ma mistonDe ti\ eun* choueU' méoesse,
Aile est giro'ide et bath au pi<iu.
(A B.)
JOXC. Gei\ Geti\ Jet.
JOUE. Badiqoince^ Drniieoirey Gail-
larde, GiftU\ Jaflïe\ Pochette.
• Elle avait une paire de badigoinces
comme le derrière d'un pauvre
homme. »
JOUER. Flancher.
m A n'importe quelle heure, tu V dé-
gotes cnez T bistrot en train d' flan-
cher : au zanzi, aux brèmes ou au
f rot tin. »
— Dans le sens d'engager un
enjeu: Faire.
ce Qu'est-ce que nous faisons'! Je te
fais trois bocks à Técarté. »
— JOUKR LK BONXETEAU. En
)arlant de celui qui tient le jeu :
>e baisser.
« Nib de naves l Je me suis baissé
trois fois pour atfurer la digue. »
—JOUER AUX CARTES. Drémer,
Cartonner, Jardiner sur le tap
vert *, Maquiller les brèmes.
«t Ona brémé jusqu'à deux plombes. »
« — Du pétrole ! commanda le Merlan,
et des br/^mesl En maquillant les
brémesy on jaspine mieux ! »
(0. Mét^.nikr.)
Tout on cartonnant dans ton claque
Rabats un douillard à ta marque.
(HuGicfiGrtiso:*.)
i:
— JOUER CONTRE UN JOUEUR
IIIALCIIAX4:eu\. Jouer le ca-
davre.
— JOUER EX SE PLAÇAXT DE
FAÇOX A VOIR LA 1>0X\E«
ce qui permet de ne placer son
enjeu ciu'à coup sûr. Jouer le
point de vue.
— JOUER MAL ou PEU. Jouas-
ser.
— JOUER A LA BOURSE. Bour-
sicoter.
« En moins d'un an, il avait, à bour-
sicoter, dissipé son petit héritage. »»
— En mauvaise part : Tri-
poter.
— JOUER LA COMÉDIE. Flam-
bevy Vendre, Vendre sa salade.
« L'hiviot, i' fait V mac et, Tété, i'
fait les fêtes : i' flambe chez l)e-
lille. »
« Quand il a vendu sa salade, V va
r'trouver sa gerce à l'Américain. »
« Qu'est-ce qu'on vend chez Antoine?
Toujours a Les gaietés de l'Esca-
dron ? »
— JOUER DU PIAXO. Chatouil-
ler ou taquiner l'ivoire.
— JOUER DE LA CUITARE, de
la mandoline ou tout autre ins-
trument analogue. Gratter du
jambonnfau.
« Pendant qu' sa bergère pousse la
goualanle, sézig gratte du jambon-
neau. »
— JOUER DU VIOLON. l\acier.
— JOUER DU VIOLONCELLE,
de la contrebasse à cordes.
Scier C armoire.
— JOUER DE L'ORGUE DE
BARBARIE. Moudre, Moudre
du poivre, Tourner le moulin à
café ou le moulin à poivre.
JOUEUR. Flamboteur, Flancheur,
Ponte, Ponteur, Rifleur.
— ENSEMBLE DES JOUEURS.
La ponte.
JOU
— 284 —
JOU
— JOUEUR AUX CARTES, fîré-
mew\ Cartonnier, Cartonneur,
Maquilleur de brèmes.
« De tous les jeux, c'est le baccara
qui se prête le mieux aux tricheries ;
elles se comptent par milliers et
les Russes, — ces maîtres dans
l'art de corriger la déveine, — en
inventent tous les jours. Les Mar-
seillais et les Toulousains, ces re-
doutables cartonneurs.en apportent
chaque saison à Paris et les expé-
rimentent dans les casinos des sta-
tions balnéaires et theruiales. »
(ilooiEB GrISOM.)
— JOUEUR D'ORGUE DE BAR-
BARIE. Rémouleur de buffet.
— JOUEURS DE JEUX DE HA-
SARD. Ceux qui offrent les
jeux de hasard se nomment, en
général, flancheurs ; celui qui
tient le jeu de trois cartes ou
bonneteau s'appelle bonneteur;
celui qui présente le jeu de la
coquille ou des trois quilles est
le cocangeur. V. Jeu.
— JOUEUR DUPÉ ou A DUPER.
Pigeon.
— JOUEUR QUI A TOUT PER-
DU. Décavé ^ Plumé y llincé.
Tordu.
« Ce pauvre vicomte, le voilà encore
décavé^ plumé, rincé comme un
verre à bière. «
pourvus trop lard de con«eil» de famille,
Pri^tcntieux chercheurs de mariajrj's rêvos.
De la Concorde au Bois, ce sont les drcarès.
(Jkan I.ohhain.)
— ÉTAT DU JOUEUR RUIXÉ.
Décavage.
« Hier, il a ramnssé cent millo francs :
aujourd'hui, cVsl Va revanche de la
banque, c'est le décavagr. »
(llbCTUtt FUANCE.)
JOl'IR de quelque choife, deqtiel-
qu'un. S*appuger^ S'e/iroyer, S'or-
chcstrcry Se payer.
« Je me suis appuyé la ^'«mzesse. >•
« Elle voudrait ê'envoyer le gros lut-
taucheur. »>
« C^est un marie. Et s'il s'est payé la
vieille, c'est tout uniment pour
s'orchestrer de bons gueuletons. »
JOUR. Cran, Jorne, Luisant, Reluit.
« Je rouscaille tous les luisants au
grand havre de l'oraison. »
(Le Jargon de Vargot.)
« Depuis le reluit où j^ai gambillé
avec tézigue... »>
(ViDOCQ.)
— JOUR DE PAIE. Banque,
Sainte-Touche.
M 11 lui promit de lui donner un
acompte à la prochaine banque. »
c C'est aujourd'hui Sainte-Touche dans
les ministères ; le micheton don-
nera ce soir. »
— JOUR DE PUMTION. Nerf
(arg. militaire).
JOUKXAL. Babillard, Buhilleux^
Canard.
— Avec une idée de mépris :
Caneton j Feuille de chou, Tor-
chon, Torche-cul.
— L*en-tète d'un journal s'ap-
[»elle la manchette ; la partie
réservée à la rédaction pé-
riodique, le corps', le feuil-
leton en bas de la pa^e, le
rez-de-chaussée ; la partie où
paraissent les citations des
journaux adverses, le panier
aux or'tures ; les nouvelles
diverses, les chiens écrasés;
la dernière page, ordinaire-
ment occu|>ée par les an-
nonces, le mur; l'article de
Icle, premier -Paris, premier-
Bordeaux, etc., selon la ville
où parait le journal ; les
pa<;es, la une, la deux, la
trois, elc, et de même pour
les colonnes dans chaque
page. Les exemplaires expé-
diés un à un et sous bande
s'appellent les égrenés ; les
exemplaires invendus sont
des bouillons. V. Épreave.
JOU
— 285 —
JOU
« A l'approche des élections, on fonde
des canards de tous les côtés. »
« Il faut que le journaliste qui prétend
donner à sa production hÂtive et
spontanée la pérennité du livre ait
une forme. C'est le style qui fera
de sa feuille de chou une lame d'ai-
rain. »
(E. Lepelletieb.)
« La lettre de M. L..., du 23 janvier
1899, constate que M. P... a rédifçé
exprès pour lui, en anglais la
Shrase figurant dans la manchelte
u « Moniteur. »
(J. Pivor.)
tt Pourquoi le rez-de-chaussée serait-
il moins riche en horreurs que le
corj^s du journal? pourquoi y au-
rait-il des victimes et des coupables
dessus et non dessous ? »
(E. La Jeuneîjse.)
« Après s'être bien injuriés dans leurs
feuilles, s'être traités de gredins, de
crapules et d'escrocs, les folliculai-
res vont ensuite boire ensemble des
bocks, plaisantant de leur respectif
panier aux ordures. »
(Hkctor Frascb.)
« u se donne comme rédacteur à un
grand journal boulevardier où il
ne rédige que les chiens écrasés. »
(Dl'dds.)
« Certaines feuilles ne paraissent que
f)Our le mur et ne vivent que par
ui; il est de vieux journaux qui
n'existent que grâce aux annonces. »
« C'est là que vendeurs et vendeuses
de journaux viennent opérer leurs
tris, le matin, classer les paquets à
distribuer dans les kiosques l'après-
midi, rassembler leurs houillonSy le
tout en silence et avec calme, à
l'abri des tracasseries policières,
sinon des intempéries. »
(JoINVILI.E.)
— CRIErn I>E JOURNAUX. Ca-
melot^ Canardier.
« Au-dessus de tout le bruit, du rou-
lement des voitures, des grince-
ments des essieux, des galopades
des beaux chevaux rués dans le
travail comme des ouvriers coura-
geux, — au-dessus de tout, reten-
tissaient les cris des camelots du
crépuscule, l'annonce vociférée des
crimes de la basse pègre, des vols
de la haute, l'essor des derniers
scandales. »
(Gustave Gsffroy.)
JOURNALISTE. GHIfonneur de
babillard,
— En mauvaise part : Canar-
dier, Chieur d'encre^ Follicu-
laire ^ Journaleiix, Solliceur
de lo/'fitudcs *.
« Ne croyez point que le journal, qui
vous parait si expert en matière
d'escroqueries, soit à l'abri de sa
fraude I Non, quelque méfiant qu'il
puisse être, quelque mis en garde
qu'il soit contre l'adresse des filous,
le « chef d'échos » ou de « faits di-
vers », ou d'une rubrique quelcon-
que, est sans cesse visé par le ca-
nardier. »
(Hogicr-Gbiso».)
(. Le jourmileux dit quelquefois ce
qu'il pense, mais il pense rarement
ce qu'il dit. »
(Dr Grégoire.)
— JOURNALISTE PROLIXE.
Pisseur de copie.
— Lesjonrnalistes se désignent
d'après leurs fonctions : le
rédacteur en chef, le rèdac-
chcf ; celui qui dirige les
échos, chef échotier ; ses
sous-ordres sont les écho-
tiers ; le rédacteur de faits-
divers est reporter ou fait-
diversier ; ceux chargés des
courriers de théâtres se dé-
nomment courriéiistes ou
soiri^tes. Le journaliste qui
visite et interroge les per-
sonnages d'actualité est un
interviewer. Enfin celui qui
est rémunéré à tant la ligne
s'appelle lignard ou pêcheur
à la ligne.
« Indépendamment de la loge de Fau-
chery, il y a celle de la rédaction,
de la direction et de l'administration,
une baignoire pour son soiriste^ une
JOU
— 286 —
JUl
autre pour son échotiei\ quatre fau-
teuils pour ses reporters . »
(Paul Maualim.)
JOURNÉE. Clarence\ Journaille,
Udsantf Heluit. \, Jour.
Ia journaille, j' vas chez V bistrot
D.10S uu coiu afTulcr mon gnahsc.
(L. DB Bercy.)
JOYAUX. Brocants, Broquilles.
V. Bijoux.
JOYEUX. V. Gai.
JUGE. Chat'fowré, Enjuponnéy En-
toqué , Gerbier, Grif/non *, Justi-
ciardy Lustre *, Pilois-vain *, Ro6e-
noire.
« Ah! je la vois venir, toute la sé-
quelle des chats- fourrés, s*avançant
à pas de velours vers les plus no-
bles, les plus hardis d'entre nous —
jusqu'à ce que la griffe de fer
s'abatte sur la liberté pantelante,
sur la pensée meurtrie. »
(Sévebi>e.)
« Qui dit accusé, dit condamné, —
grâce à la racaille des marchands
d'Injustice : turellement, ceci ne
s'adresse qu'aux pauvres bougres,
car chacun sait que les enjuponnés
n'ont pas l'habitude de condamner
les richards. »
{Le Père Peinard.)
« Les gerbîers l'ont salé d'un treize au
second trayage. »
« L'expression robe-noire est chez les
argutiers un terme de mépris qui
désigne indistinctement le prêtre,
l'i'.vocat ou le juge correctionnel. »
«» Tiens, vous aussi, monsieur le pro-
cureur général, vous cherchez des
médaillés?
— C'est le goût de presque tous les
justiciards, »
(Balzac.)
— JVGE SIÊGE.WT. Endormi,
'ige,
CONSEILLER Jt'GR A LA
COUll. nobe-rouqe.
— PRfilSIDE.XT DE TlUBl'XAL,
D'ASSISES. Anatole^ Gâcheur,
Léon, Moqueur.
— Jl'GE l>IXSTïli:CTIOX. Allu-
mew\ Curieux, Fouinetle^ Go-
biUeur*^ Palpeur, Roué*.
« — J' vas y demander une faveur.
— Laquelle? fit le directeur.
— Avoir pour rigoler un compagnon
de cellule et j' mangerai le morceau
au curieuT. »
(Mac«.)
— JUGE DE PAIX. Accordeur,
Accordeur de flûtes, de vieltes,
Piquet, Sa7ic/to Pança*.
— JUGE CORROMPU. Condé
franc.
3ViiEMlL\'V.Gerbement,Mariage%
Sapement, Sucrage.
« D'ubord toi. Merlan, t'étais son po-
teau! Tu pnsseras en iapement
comme lui! »
(0. MiLT£.tiM.)
— Synonyme de bon sens :
Jinjin, Jugeotte,
« Il n'a pas pour deux liards dej'in-
jin. »
« Au lieu de dire, ce qui serait juste :
« Un Tel est une canaille, quoiuue
avocat! » la simpliste jugeotte aes
foules englobe la collectivité dans
l'abaissement d'un seul. »
(SftVtBINE.)
^ PASSER EX JUGEMEXT.
Aller aux champs.
JUGER. Gcrhcrt Lustrer, Saper.
« Dans le monde du crime, où l'éven-
tualité d'un nc(|uitlemeut ne sau-
rait être considérée sérieusement,
le jugement et la condamnation
vont de pair; aussi le malfaiteur
emploie-til les mêmes termes pour
exprimer ««juger »> et « condamner >* :
Gerber, Saper signifient également
conduire les débats et prononcer
une condamnation. »
JUIF. Baptisé au coupc-cigarc, au
sécateur, Hout-coupé, Circoncis,
Frisé, Guinal, Marchand de lor-
gnettes. Pied plat, Youdi, Youpe,
Youpi, Youpin, Youte, Youlre,Yte.
— JUIF ALGËRIEX. Deldinek,
JUl — 2
1 Les juifa;... Quiens. quand qu' j'en
reQCODt' UD, j' l'ogouîs tant que
}' peux et j'y dis toul'iles pus sal's
aniad's qui iti' passent dans I'
coco, J' l'appelle y-judi, uuupin,
i/oult, boul-coiipé, vilain fnié, sal'
guirtal, tôt' de boche, boulTeur de
paille, bout' de juir, barbe k gos,
pue laincrdc, sue la crasse, marque
mal. viande à morbaques, mer-
conti, (Mdiiiek, ei\ cietcra. u
• J'ai su qu' tuute la haute youpinerle,
auïsl ben le« bouts-cnuriùs qu' les
autes icar ya. pas qu' les youdis
qui sontjuirsi allait déjeuner dans
ctte tûle-!à. «
— MAUVAISE Jl'MBXT. 1
Chivi-e.
<c II avait demanilû à <''tre moali
dant les uiatiœuvves et on lui
collé une vieille chèvre qui av.
moins douie anni'es de se
dans rartiltei'ie. »
JL'RÉ. Hi'sileur opinant on Opineur
hésitant, Uarguillier de bour-
JL'STE, adv. Voir juste ; dire,
agii'juste ; Èlre dans la noie.
■ En a-l-il fait de* fredaines! en a-t-i)
Iroojpc; de pauvres filles! Mainte-
nant le voilà coco... t'«ï/ua(nWnii lu
[Lei ITopoi d« Cammaateur.)
KÉPI. Boston, Calot, Fetsi, Phécy.
« Le capitaine lui enfonça brusque-
ment son calot jusqu'aux oreilles.
— Est-ce que je porte mon phéci/
comme une tourte 7 gronda-l-il. <>
— KËPt TRÈS HAUT et à
grande visière. Saumur.
KILO, KILOGRAMME. Kit.
• Si t'aurais vu la gouïesse avec un
ai de farine su' la gueule; c' qu' a
LA. Ltibé, Lago.
• Bas les pognea! Laissez ça labé! ■
•'Radine un peu lago que J' te dise
LA-BAS. Labago.
« On se r'trouv'ra labago, cheî Itor-
• Il St partie des bûcheurs, une quin-
zaine d'exceptions -- de véritables
phénomÉDes ne manquant pas un
cours et prenant des notes, les riidi-
feant ensuite et blêmissant sur les
ouquins. g i
|P.blAl»,s.) I
LACET. TiVatif. 1
LACHE. Caneur, Coïon, Couillon, i .
Couyon, Feignant, Peignasse, Foie j
blanc, bleu ou tricolore, FiHleux, \
ni a le fuie ou les foies blancs,
ui n'a pas de poil ou de cAles
u cul (obscène) ou mieux Oui
— On désigne rréquemment
le lâche par les équivalents
de Femme, Pédéraste, Froa-
titnéa. V. ces mots.
- Tenez, voulei-vous que je vous
ise, exclama à ta Qn Béchu, vous
tes tous des colons. Eb bien !
irai, moi. — C'est bien, ça, Béchu,
Mais, aujourd'hui, on ne voit plus
que des foies blancs, par Hercule I
et le courage ressemble à la queue
du reau qui va en s'amincissant. ■
(J. R.c».P.».)
I' s' mettra pas pn face de moi,
c'est eune femme, eune coquine,
LAC
— 290 —
LAN
Alorj tu marches pas... fus 1' fliibc!...
Tiens, j' te vas dir' mon pauv' Ël»i,
Eh bien ! t'as l' trac de Nib de Tubr,
T'as peur qa'i* soy' pus costeau qu* toi.
Bon Dieu! quand on u'est pas un' tante,
On va d' l'avant... on cogu dans V tas...
Et tu restes là, comme un pante...
Tiens... t'es-l'un feignant... t'en as pas!
lA. B.)
LÂCHETÉ. V. Peur.
LAID. BUiichard ou Bléchard,
BlèchCy Gay*, Mochardy Moche^
Mouche^ Mouchique, Qui a de
beaux cheveux y Rogate^ Koupe,
Roupie, Toc, Tocard, Toquard,
— En parlant des personnes
seulement : Beau à la chan-
delle. Gueule, poire ou tronche
à caler les roues de corbillard,
à chier dessus, à la manque,
d la noix, à coucher dehors
avec un billet de logement, à
ramer des choux. Gueule de
raie, Gueule en coin de rue.
Moule à Gambe ou à Gambier,
Qui a bouffé du sinyc en nour-
rice, Remède à ou contie
Vamour, Riz de veau. Tête
de pipe, Tocusse, Tocasson.
« Et les ouvriers, en vidant à midi
une bonne bouteille, la trogne allu-
mée, les regards souriants, se
mo'juent des d«'jetL's, des blai-
chanù. »
(J. RlCHtPI,>.)
L' turbin, c'est bon pjur qui qu'est mouche.
A moi. il fait nib dans mes biots.
Avec un' frim' oonim' j'en :«i une
L'n mariol saii trouver d" î;i Ihuno.
(h..;.
C'était un' toun' [tas moucfiii^iie,
(jetait un giroud louiioau,
|/an'lerli<|ue, l'amlerliqu»^,
L'anJerliqu' de Laudenieau.
(A. (mu..)
Moi, j' m' ai t'uu toujours à l'écart.
Pis, quoi bt'coter? — Du torani!
Du roup'? des salop' ou des gouines ?
Tu \eux-t-y qu' j'embra->e un (lioard ?...
(L. Ul BkRCY.)
Pa'c' qu'il est rnoch' tu plaqu's Ion lard?
Qu' ça peut fout' qu'cun' fess' soy' rugate
Du moment qu'a rapport' du plate I...
Euu' girond' peut t laisser meulard...
L'est bOich'l... s-on uubcrt l'est-i', hlèche'i
^Id.)
V'ià r Quatorz' Juillet des asperges.
Des p'titg 07eaux et des hanu'tons,
Et les btéchard's, les veuv's, les vierges
A' z'ont mal au bout deii tétons.
(JcHAN Rictus.)
Ben, en peiotar', gna*z-ua troupeau
Kd' peint's qui gagn'nt la forte somme
A nous peina' pus toc que nous sommes.
(ro.)
Qu;iud on est bien bâti,beau corps et belle gueule
On est payé, choyé. Le tocard reste meule.
(P. Pailletts.)
Le lundi, no vous déplaise
Dans la glaise
Denys f*uech de ses doigts bûrs
Lui fit sa tête de pipe.
Prototype
De tons les Loubets futurs.
(R. POUCHO.N.)
— FEMME LAIDK qui en accom-
pagne une jolie. Repoussoir,
LA1\E. Molanche,
LAISSER. V. Abandonner.
LAISSEZ-PASSER. Coupe-file,
« Grâce à nos coupe- files, nous avons
pu assister» ce matin, à l'habille-
ment des figurantes et au départ
des chars. »
(JcAx LoanAi.N.)
LAIT. Coulant, Couliant*, Lolo.
Ku l'honueur de sa nourrice,
Poussons un cordial bravo !
C'hoisie par l'impéiatrice,
f*(>ur son lu»u lolo.
(Alphumsb Allais.)
LAITUE. Coulia7ile\
LAMBIX. Dort^en-chiant.
LA!IIPE. Luisante, Lampistroque,
« IMumons-nous, la gosse ; v'Ià la
lumpialroque qui fait couic. »
— LAMPE EI>ISO\. Couille à
conasse (arg. do Saint-Cyr).
LA.^IPIOX. Escargot,
LAXCIER. A Humeur de becs de gaz.
LANGAGE. Jaspin, V. Bavardage.
LAXGLE. liattant, Bavarde, Chiffe,
Chiffon rouge, Clapette, Copeau,
Diligence de Rome*, Fauhert,
LAN
-r- 291 —
LÈV
Gaffe j Grelot y Lavette, Menteuse y \
Platue, Rouscailleitej Sonnette ,
Tapette,
« Arrête un peu ton battant, on n'en-
tend que toi ! »
« Toi, interrompit Porthos, tu vas
remiser ta ciapette ou je te bâil-
lonne comme un chien galeux. »
(Mac6.)
« Il faut que son chiffon rouge aille
tout le temps; jamais vous n'avez
vu pareille jacasse. »
LAi\TER.\E. Brulotte, Lampis-
tron, Véronique.
— LA^'TER^'E SOURDE. Ban-
que, Lanque^ Lanquesse, Sow-
doche.
LAPL\. QuaC Pattes^ Trottin.
— LAPIN DE UAHEXXE. 60-
drioly Ouchetraque.
« Les autres braconniers pratiquent
la chasse aux lapins do garenne,
dits ouche traques ou qodriots, •
(Mac«.)
LARD. Speck, Roudtre *.
LARDÉ. lioitàtré \
LARMES. Jus de mirettes, Viaupes.
« — H est bien temps de chialer
maintenant, fit alors Beaujean,
haussant toujours les épaules ;
c'était avant qu'il fallait y aller du
jus de ?nirettesl »
(GOROM.)
LARROIV. Attrimeur\ V. Voleur.
LAS. V. Fatigué.
LASSITUDE. V. Fatigue.
LATRL\ES. V. Cabinet.
LAVExMENT. Bouitlon pointu,
Insinuation *.
Pi ends un bouillon pointu.
Ça t' rînc'ra les boyfiux d' la tète.
(P. I'aillkttk.)
LÉGISLATION MILITAIRE .
Chien jaune (arg. do Saint-Cyrj.
LÉGUMES. Barbillons de lieauce*,
Vestiges,
« On vous sert une galtose où quai'
vestiges s* battent eu duel. >*
— LÉGUMES
V. Haricot.
SECS. Vestos,
LENT. Dort-en-cfiiant^ Longin,
Lonyis, Saint-Longin.
« Ah ! le sacré longin, dorl-en-chiant \
on peut lui envoyer chercher la
Mort, on est sûr de vivre encore
un bon bout de temps. »
LENTILLES. Petit monde, Pièces,
Punaises.
M J'ai au' douze fléchardsl J^ vas tout
d' même m'envoyer un d'mi-stroc,
dix de gringue et un lardé aux
punaises. »
LÉSINERIE. Usinage.
LETTRE. Arcot\ Babillard, Ba-
billarde, Babille, Bavarde, Biffe-
ton, Lazagne, V. Caen.
« Il y a à craindre ([ue la petite 8*y
prenne maladroitement en trouvant
ta babitlarde... qu'elle n'ait attiré
l'attention soit des surveillantes,
soit de ses voisines en déployant le.
fafiot. »
(Kd. Lipelletibr.)
« Le matin où je veux avoir mes
huit jours, je lui apporte son cour-
rier dans une pelle a main ; et si ça
ne suffit pas, j'y dis ; Tiens, v'ià tes
bavardes, m
(PONTAILLAC.)
« Il l'a pigée au moment qu'a carait
un biff ton que 1' Frisé y avait
écrit. «
— LETTHE ÉCRITE lïE PRI-
SON dans le but d'extorquer de
l'argent à un naïf. Lettre de
Jérusalem.
LÈVRE. Babouine, Bade, Badi-
goince, Baiseuse, liuban.
« Essuyé donc ta gargue, t'as d' l'œuf
plein les babouines, »
« J' vas vous confectionner un fri-
chti qu' vous vous en lèch'rez les
badigoinces, »
LIA
— 292 —
LIT
LIAISOX ILLÉGITIME. CoI/age,
MacquagCj Mariage à la colle, à la
détrempe, de la main gauche, au
XXI*, Manda.
« Tu t' cours, parbleu ! à viv' comme
ça tout seul, ej' comprends I Prends
une gonzcsse : V macquage y a
ou' ça d' vrai !
— J'aim' mieux rester comme j' suis :
j'en gratt' pas pour le marida. »
(« — Me remettre avec une gonzesse !
ahl non, tu n* voudrais pas; j'en
ai soupe du collage. »
— LIAISON ENTRE DEUX
HOMMES. Mariage d'Afrique,
Petit ménage.
« Ces pédérastes se divisent en petits
ménages et les horribles couples
s'entendent, forment des bandes et
opèrent dans un rayon déterminé. »
(Mac£.)
« — Des copins? des copailles! un
mariage d'Afrique. »
— LIAISON ENTRE DEUX
FEMMES. Petit ménage.
c Et puis un tas de petits ménages,
Nina Popotte, Gratienne de Civry... »
(Rmtif di Là Brktonne.)
LIARD. Bredoche, Brobèche, Broc,
Broquille, Herpe *, Herplis *, Fai-
nin, Fifrelin. V. Billon.
LIBÉUATIOX. Décarrade, Décarre,
Dccanement.
Il vient (le revenir el pour sa décarrade
Il frous5ait de trouver avec un camarade
('elle qui s'était faite autrefois sou soutien.
(L. DE bcRcv.)
LIKÉRÉ. Affranchi.
« On a beau t'tre un vieux fagot
affranchi; on sait ce qu'on doit au
sexe. )•
(IlEcroR Fhance.)
— Qui sort de prison. Mignard
de la fille de l'air.
— LIBÉRÉ MILITAIRE qui
quitte le service au cours d'une
punition. Qui part la paille
an cul. i
« Vous verrez, dit l'adjudant, que ce
nom de dieu-là ne partira d*ici que
ia paille au cuL »
LIBERTIX. V. Débauché, PaU-
lard.
LIBRAIRE. Bahillandier, Babillar-
dier.
LIER. V. AtUcher.
LIEUTEXAIVT. Franc cagou\
LIÈVRE. Capucin,
« Les uns se livrent à la chasse aux
perdreaux, dits trinsmarts; les
autres pratiquent la chasse aux
lièvres, dits capucins. »
(MACt.)
LILLE, nom propre de ville. Li/-
lange,
LIME. Criarde, Doucette, Mordante,
Patte.
LIMOXADIER. V. Cabaretier.
LIMOUSIN. Ligomiau, Ligorgnot,
« J'ai soupe d' ton guinche ! eune
musette où ya qu' des Auverpins
et des Ligorgnotsl >*
LIX. Javard.
LliVGE BLAXC. Latif, Latiffe.
— LiMiE DE FEMME. Dessous.
« Nini-Pattc-en-l'air affirme que ses
dessous lui coûtent trois cents
francs. »
{Le Journal.)
— LïX<;e volé. Chemise de
conseiller *.
LIXGÈRE. Limaciùre.
LIQUEl'R. Pommade.
a r soigue sou estome : pas d* dur!
iV la pommade ! comme à eune
chatte... >»
LIRE. Babille
T.
LIT. Autel déplume, Bâche, Boite
à puces. Dodo, Flac, Flacul, Four-
nil, Halle aux draps. Peau huré*,
LIT
— 293 —
LIT
Pagetj Pagnes Pagnier, Pagnot,
Pagnotte, Pnjoty Paniery PiaUj
Pieu,Plumard,Plume,PortefeuUlef
PoussieTy Pucier, Sac.
H Voilà un amour de soubrette qui
doit joliment se tirer des pattes
pour courir l'aventure dans les
bastringues circonvoisins, quand sa
maîtresse est au dodo. »
{V. Maualin.)
M A deux heures et quart, ils rappli-
quaient au quartier et s'enfour-
naient dans leur plumard. »
(StVFMlRE.)
« C'est feignant comme une cou-
leuvre; ça resterait au pucier des
semaines entit-res. »
Avez- vous pu l'en croire à son scnnenl?
Ceux que l'oa fait sur un autal de plume
Sont aussitôt emportée par lo vent.
( MetUe chanson.)
Pour que ta ger^' fayo i\ la hounc
Cherr-là dur à coup" tl' p«imp' il.iiiM V fion I
Su' r tas, faut êl' \ach' coumi' perf»onne
Mais, au plum' touj»)uri durillon.
Ya des fois qu'i's font du potin,
l's japp', i's piss', i's font des magner...
Dam' les clebs i's ont pas des pagnes
Four plumer avec leur putain.
(A. B.)
Que quT va dir' mon proprio
Si j'y pay' pas son term' d'octobre?
Sûr r va m' vider. Je 1' conobre...
Et v'ià l'hiver... i' fait frio.
Viv la Russie!... Ah ! la sal' hi4c,
r va v'nir, avec sou huissier,
Pour me fair' saisir mon poussier...
(Id.)
« Quel feignant ! c'est tous les matins
la même chanson : impossible de
r tirer du pieu. •
— LIT CONJUGAL. Gigognard.
— LIT DE SANGLE. Chahutant,
Tremblant^ 'Irembleur.
LIT DE FORÇAT. Toliard,
— PIED DE LIT. Culasse (arg.
militaire).
— SE METTRE AU LIT. Mettre
sa viande dans le torchon^ Se
mettre sous ta bâche, Se pa^f no-
ter, Se pajoter, Se piausser. Se
pieuter, .Se plumarder. Se plu-
mer. V. Coucher.
M On s'a plumé dam un bon pajot
tout en laine. C'était bath! c'était
chaud!... »
«
» r vais pas m^ pieuter dam un tau-
dion pareil ! »
« Pis quoi? faire comme les ffonzesses
de claque : s' pagnoter à deux dans
r même paget'î Midi ! »
« Allez mettre votre viande dans V
torchon et fichez-Dous la paix. i>
LITHOGRAPHE, LITHOGRA -
PHIE. Litho.
LITRE. An, Bilboquety Boisseau,
Kil, Kile, Kilo, Litrée, Litroriy
Potée,
— DEMI-LITRE DE VIN. Chô-
lette, Chopinette, Chopotte,
— QUART DE LITRE DE VIN.
Demi'stroc.
— LITRE DE VIN ROUGE. Bet-
terave, Petit père noir.
n Les trois troubades prirent la veil-
leuse, la déposèrent sur le lit de
camp et dînèrent; le litre de ge-
nièvre circula et fut vidé en un
instant.
Un peu après la ronde du cabot
de garde, un nouveau kilo fut intro-
duit à la boite, puis un troisième.
Chacun le sien, nom de Dieu! On
est troubade ou on ne Test pas ! »
{Le Père Peinard.)
'< J^ parie une chôlelte que tu n^ me
boules pas ! n
« Allons, encore une chopottel la der-
nière! »
« Il est mûr avec un d'mi-stroc. »
« Une betVrave pour quatre ?... j'en
têt'rais deux à luoi tout seul ! »
EuGn.si j* voulais éV patron,
Mon vieux, j'aurais qu'un signe à faire.
Mais ça... ça n'est pas ton affaire...
A ta santé ! j' paye un litron.
(A. B.)
L 1 T T É R A T EUR. Gendelettrc
Pouacre *.
LIV
— 294 —
LOU
LIVRE, subs. f. Toise,
LIVRE, subs. m. Babillard, Ba-
bille, Babillcur,.
— LIVIIK DE MESSE. Piquei.
LIVRET. Bavard.
LOGE. Depuis le « geste » du ba-
ron de Christiani, la loge prési-
dentielle, au cbamp de courses
d'Auteuil, est surnommée la
Chapellerie,
« Tout Paris est là, astiqut'', attifé,
pomponné, parfumé, en tenue de
parade... Seule, la Chapellerie est
vide. La Chapellerie, c'est la loge
présidentielle. Le mot, lancé dans
un groupe, a fait le tour du pesage.
Il est d'un Parisien connu, s
(JoINYULK.)
LOGEME\T. Canichotte, Cani-
jatlCj Canijottc yCondice , Condisse,
Condition^ Logetiau^^icheyPiaide,
Piôle, Piolle \ Taule, Tôle, Toile*.
V. Dévaliser.
— En mauvaise part : Bahut,
Bocal, Boite, Canfouine.
u J'en ai ma claque et j'ai sou^é de ta
fiole pour ce matin, s'était-il ('crié.
D'abord, il faut que j'astique la
piaule. Il y a fête au château. »
(G. LoiSKAt.)
« J' conoble une tôle épatante à faire ;
jamais personne dans V log'teau
jusqu'à dix plombes. »
« Qui est-ce (|ui m'a fichu une pareille
canfouine I La salle à manger pas
balayée, le lit pas fait ! »
(Bauua. )
Quand qu'ail' rnppliqu' à la niche
Et qu" noussomm's poivrots,
Gare au bataillon d' la guiclic!
C'est uous qu'est les dos.
(J. HlCHEri!1.)
LOGER. V. Demeurer.
LOGEUR. Marchand de sommeil,
Tôlitr ou Taulier. V. Hôtelier.
LOGIS. V. Logement, Maison.
LOQUE. Perloque,
LORG\ER. Tiquer.
« Dieu, qu'il est beau! s'écriait An-
drée en tiquant le jeune premier. »
LORGIVOX. Bicyclette, Carreau,
Luca)me, Œil de rechange, Œil de
verre,
« C qu'il a l'air poireau avec sa Aicy-
clelle su' l'blair! »
« Fais donc attention I quoi ! tu m'
marches su' les arpions... on met
un carreau, quand on voit pas clair. »
a Si t'avais vu l' coup d^ châsses qu^i'
y a envoyé à travers ses lucar-
nes... »
« Attendez que je mette mes yeux de
rechange, dit le marchand en ajus-
tant son lorgnon. »
LOT. V. Affaire, Part.
LOTERIE. Millerie,
LOUANGER. Passer de la pom-
made. Pommader,
LOUCHE. En parlant des per-
sonnes : Guigne à gauche, Lou»
chon .
u On l'appelait guigne à gauche, à
cause u un oui qui n'était pas sur
le mt'me alignement que le voisin ;
mais qu'importait cet œil? Ce n'était
pas lui, mais ses appas rondelets
et fermes que le brisquart ne ces-
sait (le reluquer; il en louchait, m
(hi Jmjfusftés du Régiment.)
« Cet autre aux moustaches cirées,
au masque austère d'honnête hom-
me, a été préfet et il aime avec un
emportement de collégien qui en
serait à sa première passionnette
une essayeuse de chez Stout, un
iouchon qui s'appelle Séraphine et
a un nez retroussé comme par une
chiquenaude. 11 l'aime bêtement,
bestialement. »
(IIrmé Maizeuot.)
LOUCIIIER. .4ro/r un ail qui dit
mirde ou zut à Vautre, Avoir un
LOU
295 —
LUT
œil qui regarde la Bastille et
Vautre la Madeleine ou tous au-
tres points opposés.
« Quelle mignonne créature la petite
Adélaïde, dodue, ferme, gentille,
toujours rieuse et gaie avec se-^
f>etits nénets d'adolescente pointant
égèrement son corsage d'indienne,
ses cheveux ch&tains aux tresses
épaisses comme des câbles, ses
pieds de Cendrillon et ses gros
mollets!.. Mais voilà! elle avait un
feil qui disait zut à Vautre et Ton
ne pouvait vraiment l'admirer que
de aos ou de proHl. »
{La Propos du Commandeur.)
LOUER. Adiesser des louanges:
Passer de lapommade , Pommader .
LOUP. Prlouet\
LOUVE. Pelouettn*.
LUBIE. Foucade.
* J'ai eu la sottise de croire qu'elle
s'amendait, qu'elle me revenait
guérie de cette foucade avortée,
qu'elle m'aimait à nouveau passion-
nément, je me suis laissé prendre à
■es baisers, à ses cajoleries, à son
air inquiet et troublé et pour un
peu, parce qu'elle avait retrouvé le
chemin de notre ainioir, parce
qu'elle m'accordait des miettes de
la vie, parce qu'elle ne m'abandon-
nait plus, parce qu'elle était venue
quatre jours de suite, j'eusse em-
brassé ses genoux avec une contri-
tion parfaite. »
(CHAMPALIlCnT.)
LUBRIQUE (HOMME). Bouc, Co-
chon.
Etv'là pourquoi, six mois plus tard,
La renucle trouva Fluretlo,
Qui jouait avec uo moutard
Et de:i vieux, chez la proxénète.
C'est pas assez des ralichons !...
Ah! nom de Dieu! je n' suis pas ros^e,
Mais si c'était moi r pér' du gosse
i't Terraient ça. les vieux cocnon».
(A. B.)
LUGUBRE. Luhre \
LUI. Sa poire, Sa pomme, Sézière,
Sézig,Sézigo, Sezigue, Sézingard,
Sézingo, Son gnasse, Son gnère,
Son gniaase, Son gnière. Son nière.
Son orgue,
« Milot veut qu* j'aille à la fête avec
son orgue. »
« C'est comme l' radis noir qui dit ;
Abstinence ! Continence I... pour les
autes... Mais pour sézig, c*esi V bon
pive et les bath ménesses. »
c r veut pas qu'on chahute sa poire. >»
Oh ! c'est qu' chacun a sa chimère
Et qu' pus il c>t I)a5, 1' purotio,
Pu» qu'il infus' dans la misère
El pus qu' «0/1 gniasxee%i incertain.
(Jf.ha?( U ictus.)
LU\E. blafarde, Cafarde, Lentille,
Loucfionnc, Luisarde, Luisante,
Miche*, Moucharde, Pâlotte, Vaine
louchante *.
— LU.\E ROUUE. Cardinale.
— PLEINE LU.\E. Cymbale.
« L' bonhomme est épaté d' voir que
la Cafarde s'est pas décrochée pour
son gnasse. »
« Tiens, s'écria-l-il, ma tirelire ! avec
sa gargoine fendue jusqu'aux cli-
quettes, mes godets enfoncés et mon
blair miroitant la moucharde. »
(tàkct.)
Jusqu'à c' que la lilafarde a s' couche
Dans SUD plumard silencieux,
A mettra ses mains su' ma bouche
Et pis ses hécots plein mes yeux.
(Jbha!< Kictor.}
LUPAXAR. V. BordeL
LUTTE. Bouire, Luttanche. V. Ba-
taille.
LUTTER. (Faire assaut de Lutte.)
Luttancher, Tirer la boun'c. Cette
dernière expression s'emploie
quand la lutte doit être sérieuse;
il n'en est pas de inôine du mot
Luttancher qui est plutôt pris en
mauvaise part. V. Se battre.
« — Laisse-moi don' tranquille! à la
foire aux pains d'épice on lutte pas,
on tuttanche, et c'est sûrement pas
là qu' j'irais pour voir tirer la
bourre. »
LUTTEUR. Lultanckeur, Tombeur,
Gdle-pdle.
■ Y a p»a d'erreur! lu peux V mette
en fctce de loua les lullimcheuri du
Casino, i' les tooib'rnl »
LUXE. Trtt la la.
— 296 — LYC
Dn tqalpig' à Ira la la. ..
*^ ^ "^ {A. B.)
Lt-Xl'RIEUX. V. PaiUard.
LYCÉE. Bahut, BoiU. V. Ëcol«,
Ëlàre.
LYCÉEN. Potache. V. Élére.
"0
¥
MACIII\E. Di'canr.
— XACIII>'E A <:OL'l>RE. Cou-
« Quand qu' j'ni cnquilli' 'lan« ea cnn-
disse, il eiiiit en Irain li'arno'iuer
un nanchc pour la Ti'li: Je N'cuilly. n
■ Et que qu' vom i-umoii/lti cure
vous autres, là-bas, dnni 1' pelit
■ Il lui («odit une pine£e de tabac de
cantine.
— Tiens, lui dit-il, cnlle-loi cit dans
MAÇON. Eludimtdela ij
gorninu. Lipide, Mufle'.
(A. B )
— AI'PRKMTI HA^OSI. ChUit,
Vottiqeur.
— MAITUEUAÇOX./.iinoiMinOr.
MADAME. Farmide', Faraiidine',
Uame (corrupt.).
MADEMOISELLE. Faraudee ',
.Vam':eUe.
MAGASIN. V. Bonliqae.
MAGISTRAT. V. Juge, Ministère
public.
MAG
— 298 —
MAI
MAGXIFIQUE. Se traduit par
presque tous les équivalents de
Beau, précédés de Très.
MAIGRE. Maifj'ichon, Maiyrioty
Si'xuty Trdtisparent.
— VFAlSOySKMMGHK. Affiche,
Limnn'ie, Nih-de- graisse, Plan-
che, Planche à boHleillet, Plan-
che à pain, Sac d'os. Sardine^
Sa u vc-la -(fi'CL i^^se .
— FEMME MAIGRE. Punaise.
— I\IUVII>i: (;il.\M> ET MAI-
GUK. Fil de f"r, Volige.
« El la toute menue, la toute chélive,
— avec, déjà! dans ses yeux de ga-
mine, des appels de grande fille, —
inlerrogefiit à la porte «les cercles
les vieux messieurs que pouvait
tenter l'offre de sa maigrichoune pe-
tite personne. »
« Y en a des courts, y en a des
longs, des maigriots et des ronds,
des jeunes, des vieux, mais y en
n'a pas un d'é[)atant parmi tous nos
r'présentants. »»
« — Ah! pis, t'es trop gras I lu m* dé-
goûtes, cria la grande Irma.
— J' vois c' qu'il te faut, répliqua le
boucher, madauie n'aime que les
transparents; on lui servira Mer-
lati. »
{U Événement Parisien.)
« .Mi lot prcfrre quand c'est plat : ni
fesses, ni U''ton>-, comme la poupre
à Jeann'ton 1 Les grosses, c'est pas
son blot, il aime mieux plumer avec
une affiche. >»
'( (i'était maianl d' les entendre s'au-
bader. La Maria app'Iait < décile pot-
à-t'»bnc, nabote, six pouces de
quilles et le cul tout de suite, ton-
neau, poteau, paquet. Et l'aute y
répondait : Va donc eh! Sac d^os;
si j' s'rais miche, j' voudrais rien
Sas marcher avec toi; j'aurais pour
e m' couper, grande sauvette,
planche à jtain ;... (juand on t' met-
tra dans r trou, les asticots vont
rien faire une tir'lire : lUen à crou-
ler, qu'i' diront, su' c'ile volige-\î\,
en v'ià d'eune sardine ! d'eune sau-
ve-la-graisse \ c'est pas eune gerce î
c'est eune limande \ »
« Le Parigot avait surnommé le ca-
pitaine Ftl de fer à cause de sa mai-
greur extrême, et ce sobriquet avait
été adopté par tout le batailloD,
officiers compris. »
MAIGRIR. Chicr sa graisse, Être
en char Ire, Perdre son lard,
a Ah! i' n'est pus costeau comme
dans r temps ; au régiment, i's y
ont fait chier sa graisse. »
MXiy. Abattis, Agrafe, Arguemine\
Aiquemine\ Cuiller , Empoigne*,
Gliiiseme, Grappin, Grattante,
Louche, Luchc, Palette, Pattoche,
Pince, Pognc, Poigne, Porteuse,
Prenante, Veuve poignet (obs-
cène).
— MAIN GRANDE ET LARGE.
Battoir, Épaule de mouton.
« Ah ! çà, tu crois, vieux frère, que
nous nous sommes dérangés uni-
quement pour le plaisir de te ser-
rer la cuillère et de te dire ensuite :
A la revoyure ! »
(E. Lbpiu.itier.)
« J'ai gagné la belle, ricana l'açent en
posaut'le grappin au collet au faux
gentilhomme. »
(G. IIkhuebt.)
'« Kt j'ai applaudi, j' te dis qu' ça! Ts
ont donné, les haltoirs k bibi. >»
« Le diable m'enlève si je me sauve !
Les/)rt/e//e5etles paturons ligotés!»
(ViDOCQ.)
« Y en a qui prennent la mouise
comme ca, sans s'cousse, et qui
vont tendre la pogne pour pouvoir
croustiller. »>
Lo prince «tes journalistes
N'ouvfUistes
I)it, ou lui (ctitlanl la nialu :
— Il('-: je te serre la pince.
Mon cher princt^
(H. POKCHOJS.)
I.e >iujrt pour c«'nt «le la galette
AI>oiir-Ie à la coco Ictto :
Puis, dans la Uni: h» des larbin*,
S^me do«* sij^s ou de* rolins.
* (llouiEii-GnisoM.
MAI
— 209 —
MAI
Y faul que lurg' soit tn patoche,
Qu' ton palpitant u' soit |<as de roche ;
Et donner au pont' du nanao
Ko taillant une banque au flan !
(ID.)
HfAIHE. Condé, Petit condé, Pha-
ros \
— ADJOINT Ai: MAIRK. Demi-
cond'\
MAISOIV. Bahut, Baïtc\ Boite,
Cambuse, Case, Chézeou, Couès \
Coys\ Creux, Piaule, Piolet Piol-
le\ Taule, Tôle, Toile*.
« La petite bonne dénoua les cor-
dons de son tablier en assurant
qu'elle ne demeurerait pas une
heure de plus dans un semblable
bahut. »
(I*. DoMEHC.)
« 11 y avait aussi, c.i et là, quelques
anciens hôtels appartenant à des
familles seigneuriales et qui de-
vaient s'écarter, avec morgue, de
ces tavernes en fête, lesquelles re-
§ ardaient certainement à leur tour
u haut de leurs joyeux pignons le
sanhédrin des bicoques usées, des
ignobles cnmhuses où gisaient les
vo'eurs et les loqueteux. »
(Raitif db la Bretomik.)
« En me voyant dans sa piaule, elle
a piaillé. »
(Mac«.)
« Y a deux entrées à la lôle, une su'
r passage et l'autre su' la rue. »
— PETITE MAISON. Cassin, Vo-
lière.
« Il s'était fait construire, près du
moulin de Sannois, une volière où
nous allions passer la journée du
dimanche. »
(PlANILLI.)
— MAISON D'ARRÊT, DE COR-
RECTION, BIAISON CENTRA-
LE. V. Prison.
— MAISON DE CAMPAGNE. Ca-
hanon, Mazet. Ces termes sont
couramment employés dans le
Midi.
» MAISON DE JEU. V. Jeu.
— MAISON DE RENDEZ-VOUS
CLANDESTINS. Buen-reliro ,
Tour de Ses le.
«< Angèle Renard, modiste, rue de Ui-
chelicu, et proxénète, avait à Au-
teuil un Inten-reiiro où se rencon-
traient des femmes et des libertins
qui s'y livraient à de honteuses sa-
turnales. »
(NCMA GlI.I.Y.)
« A sa sortie de prison, il avait ins-
tallé, dans le quartier des Ternes,
une Tour de Nesle où fréquentèrent
bientôt tous les anciens clients de
son « bain de vapeur. »
(Les Tribunaux.)
— MAISON DE TOLÉRANCE.
V. Bordel.
— Il existe des maisons où
des souteneurs d'une cer-
taine catégorie possèdent
des logements ou des ate-
liers. Ils attirent là, sous un
prétexte quelconque , de
jeunes bonnes ou de petites
ouvrières qu'ils violentent
et qu'ils forcent à poser
pour la confection de pho-
tographies obscènes, ils ap-
pellent ces maisons, ces lo-
gements ou ateliers, Chd-
teau de la GaulCy de la Tron-
che, de Mondard ou de tout
autre terme significatif.
MAITRE. Dab, Baron, Grand dab,
Hers*, Marpaud\ Marpaut*, Mm-
vaux\ Marquant, idée, Meg\
V. Chef, Patron.
« V'Ià r dab du guinche qui boucle
SH lourde. »
(0. MtTÉKlSH.
« Et comme i' rouspétait, l' daron d
la tôle l'a vidé à coups d' pompe. >»
— .MAITRE D'ÉCOLE. V. Insti-
tuteur, Professeur.
— MAITRE ir \nMES. Marchand
de mort subite.
— MAITRE MAÇON. Umousi-
nier.
MAI
— 300 —
MAL
— MAITRE D'ÉTUDES. Chien,
Chien de collège, Chien de cour,
Pion .
a Le maître d'études!... Qui ne s'est
accusé d'injustice en se rappelant
les épithètes j3lus ou moins inju-
rieuses dont il avait çratiGé cet
argus impitoyable, depuis Tantique
dénomination de chien de cour, jus-
qu'à la moderne expression de
pion ? »>
MAITRESSE. Bergère, nionde,
Connaissanne, Fée, Franche largue,
Gerce, Gonzesse, Marque, Marque
franche*, Ménefise, Mlstonne, Objet,
Particulière. V. Amante.
— La maîtresse qui vil nnari-
lalenient avec son amant
se désigne aussi par les
équivalents de Épouse.
-- MAITRESSE D'ÉTIDIAXT.
Étudiante.
« Le père du futur docteur le menaçi
de lui couper les vivres s'il ne roui-
pait avec son étudiante. »
— AVOIR PLUSIEURS MAI-
TRESSES. Attff/er à deux, à
trois, à (jU'itre, à plusieurs^
Avoir attelage double, triple, etc.
— RENONCER AUX MAITRES-
SES. Dételer.
H (»ù «Hait le tt^mps où il nttf/ait à
qu'drel Qu'étaient devenues les an-
ciennes tendresses ? »
; Baiua.)
« On le rencontrait encore d.ins les
endroits où Ton j^'anuise, mais il
avait dételé depuis longtem[>s. »
— S'ATTRÏRIER FAUSSEMENT
UNE FEMME COMME .MAI-
TRESSE. Lifi mettre un écri-
teau.
— MAITRESSE QU'ON A ^V\T-
TÉE. Ancienne.
« Il y avait près de trois ans qu'il
n'avait pas revu son ancienne et il
ne la trouvait pas changée, n
{L'Evénement Parisien.)
— MAITRESSE D*HOTBL. Abé-
gueuse,
— MAITRESSE DE BORDBL.
Ahbesse, Maca, Macca, Madame,
Mère Maca, Maxée ou Macsée,
Vache, V. Entremetteuse.
« Pendant que Madame est en noce
avec le garçon, c'est la sous -mal-
tresse qui prend ou ne prend pas
soin de la maison. «
(MACft.)
— SOUS- MAITRESSE. Made-
moiselle, Sous-macsée, Sous-va-
che.
MAITIUSER. Avoir.
« Elle a voulu crâner avec lui comme
avec le grand Charles, mais il l'a
eue d'autor, de rifo et sans ho-
chons. B
MAL, subs. Bibi (arg. des enfants).
'I Maman, j'ai (fibi à mes bras. »
— DIRE DU MAL DE. V. Médire.
— SE DONNER DV MAL. V. S'é-
vertuer.
— MAL VÉ.NÉRIEN. V. Syphilis.
MAL, adv. A l'estoc, A l'e^torgue,
A la Pan, A la graisse, A la man-
chicuise, A la mangue, A la noLc^
A la secousse. On doit placer ces
locutions immédiatement après
le verbe ou le complément di-
rect :
'« Bonir à restorgue. »
« Turbiner à la flan. »
« Flancher à la manchico''se. »
« Faire le truc à /a mangue. »>
« Tu maquilles les brt^mesà la noix, »
a Kncore un truc foutu à la secoussel »
— En parlant des ou aux per-
sonnes, on emploie des for-
mules comparai ives, telles
que Comme une casserole.
Comme un cheval, Comme un
cul, un fiacre, un glande, une
gourde, une guérite, une
MAL
— 301 —
MAL
moulCf un paquet, Ufi pied,
une pochetée, un navet, un
sabot, une savate, une serin-
gue, etc. ou tout autre équi-
valent de Béte ou de Mala-
droit.
« Tu raisonnes comme une casse-
role. »
« Il joue du piano cymme un fiacre. »
« Il se tient à table comme une gué-
rite. »
« Elle peint comme une savate. »
« Vous chantez comme une seringue. »
— NI BIEN M MAL. Chouta
chou'ia.
« A votre santé, militaire; vous me
plaisez beaucoup.
— A la tienne! Toi aussi, tu sais,
tu es chou'ia chouïa^ comme disait
Corbineau, et si tu veux m'offrir ce
soir une hospitalité écossaise... »
(6'i7 Blas.)
MALADE. Atigê, Attigé, Four-
toure\ Landreux*.
— LÊGÈAEMEXT MALADE. Mal
fichu, Mal foutu.
— ÊTRE GAAl'EME.XT MA-
LADE. Aliser son cylindre^ Être
cuit^ fichu^ foutUj fricassé, frif,
fumé, rétamé^ rincé comme un
verre à bière, N'avoir jt/us d'huile
dans la lampe, S'affûter, Se dé-
col'er. Se dédire cher. Se dévis-
ser. Sentir le snpin. On désigne
également l'individu dangereu-
sement malade par les adjectifs
signifiant mort en les faisant
précéder de la locution A moi-
tié, tels que A moitié claqué,
A moitié crôni, A moitié re-
froidi, etc. V. Mourir.
« A filer tout V temps la compte, il a
chopé quéqu' chose de sale, uue
pneumonie, — qu'ont dit les cara-
Dins, — et il est à Thosto salement
attigé, à 7noilié crôni. >»
a J* sais pas quoi qu* j'ai, c' matin,
j' suis tout wfl/ foulu. »
« Et ta doche? — Ah, mon vieux, ça
sent l* sapin, a s' dévisse. »
— FAU.X MALADE. Franc mi-
tou*, Malingreux,
MALADIE. On dit d'une personne
atteinte de maladie grave qu'elle
a Attrapé, chipé, chopé, paumé
quelque chose de sale ou quelque
chose de pas propre. Ces locutions
n'impliquent pas absolument
l'idée de maladie vénérienne.
MALADRESSE. Brioche, Boulette,
Conerie, Gaffe, Impair.
« Ça m'aurait étonné qu' tu fasses
pas encore une conerie l T'avais
b'soin d' boi)ir ça d'vant ma louis ? »
« Il arrive souvent que les criminels
qui ont préparé leur coup avec le
plus d'habileté commettent des
impairs. »
(G0R0î«.)
A propos, dis doue à ton frère
l}e ne pas ni- ttre. en m'«*crlvant,
É''os, le gosse de Cylhèie.
Avec un h en commençant.
Alors, pour réparer la gaffe.
Il en met un dans le mot cœur !
Je crois qu'au jeu de l'orthographe
Il ne sort pas souvent vainqueur.
(J. RioELsreRCBR.)
— MALADRESSE DANS L'EXÉ-
CUTION D'LN TliAVAIL.Loî/jD.
« Le nombre incalculable de ses loups
obligea sa patronne à lui retenir
sur sa semaine le prix des étofifes
gâchées. »
— COMMETTRE LNE
DRESSE. Gaffer.
MALA-
« On va r'voir le Protocole gaffer en
sarrachant les chueux. »>
(Jehan Rictus.)
MALADROIT. Agriche \ Cosaque
(arg. militaire), Dégourdi (iron.),
Emmanché, Empaillé, Empoté,
Gaffeur, Garde national (arg. mi-
litaire), Manche, Mclasson, Sa-
bourin, plus les équivalents de
Béte.
« Allons, espèce d'empotél vous avez
l'air d'une andouille ! Avancez donc,
bougre de dégourdil... hurla au
MAL
— 302 —
MAL
jeune engagé le sous-off, eu guise
(l'eucoura^ement. »
[Les Joycusetés du liêyiment.)
«« Attendez un peu, je vais vous foire
mousser, tas de gardes nationaux !
cria le rapilaiue Fil-de-Fer, rouge
de coU^rc; ser'-major, mettez-moi
ces rosaques-\à au pas gymnastique
pendant vingt minutes... Ça leur
uppreodra a manœuvrer! »
Du malailroit ou du croquant
(juvrorh«> dit eu »e moquant :
« l^>uel manche ! «
(Bt.ÉOORT.)
MALADROITEMENT. V. Mal,
adv.
MALCIIAIVCE. Déreinc, Guitjne,
(inifjnon,
— POUTKR MALCIIA.XCE. En-
t/uignonner,
«1 il se lit qu'une génisse tomba ma-
lade à Saint-<'ric(|, pendant le séjour
du mendiant. Le fermier estima
(|ue (^uudebraque avait erif/uignonné
sa bête. »
{Le Livre l'upulaire.)
MALClIAXCErX. Dcicinnvd, En-
ijnifjnonnè^ Guijfund.
— PKRSONXK MALCIIAX-
CKUSK. his-de-veine.
<< Jamais je n'ai été aussi drrcinard
que ce soir, j'y laisse deux cent<
louis, dit-il rn quittant la salle des
» petits chevaux. »
« Vraiment, vous «"les (:nf/ui(/nij7uié<\
ma pauvre Claire; le baron ne
\iendra pas encore c»? snir. »
i;, b'-MKnc.)
i« (^osl un fnis-d'-reine : sa ^'«mzesse
y r.ùt des cpieues, son piobl<Mjue
la j'té et on vient de 1' ceinturer
pour vagabinidai.'e. »
MALE. Dans un sens indique :
M'itou,
MALE AISAIXT. V. Méchant.
MAIJ AITEIH. V. Assassin, Ban-
dit, Escroc, Voleur.
MALHEUR. V. Adversité, Misère.
MALHEUREUX, adj. Foulant,
Gui g notant, Guignonnant,
Nom de Dieu ! c'est foutant tout d' même
De n' jamais bouffer k tm faim !
(L. DE BkKCY.)
MALHEUREUX, subs. V. Misé-
rable.
MALICE. Atmaquc, Estoc, Estio \
Planche, Maarice, Marlouserie,
lioublardise.
« PrimOf et d'une, s'agit pas seule-
ment d'être r&blé, dans c'tte affaire-
là; faut être malin aussi, compre-
nez-vous? faut avoir de Varnague
et du ni, un tas de choses, quoi! »
(J. RicHBrix.)
« As pas peur! malj^ré toute sa mar-
louserie V n' me 1 mettra pas ! »
« Et je r proclame d*autant pus que
moi, Chopin (Bibi, pour les daaies\
j'ai été mouisard et coupé, fauché
comm' les blés, et que j' sais toutes
les ro iblardiies qu' faut empoyer
pour arriver à trouver uu peu
d'abri quand i' lanc/quine, un peu
d' chaleur quand i^ fait frisquet... •*
Faiseur, v.i-t'eii à la marmite
D' t mp« en tomps faire une visite ;
liitiouue tes lions camaroB.
CVsl un truc Jfs plu* rigolos.
" C'est uu /i^, ilir» U police.
Très h.itli et rempli de madnce... «•
(IImgiku-Giiisox.)
MALICIEUX, MALL\. A Vabri
(s. -eut. De la bêtise i, .4 la coule,
A la hauteur, A la redresse, A ta
roue, A la roulette, A la sonde,
Arcasirn*, Chariot, Chaud, D'af-
fût, Dt^la'vuillard, Ficelle, Maraud,
Madrin, Mftriol, Mariole, Slar toile,
Marie, Marlou, Marlou^ijer, Mer-
lousitr, yartjuois*, Pênard, Qui a
du fusain, Qtti a le truc. Qui la
comprend. Qui la connaît. Qui la
vannait dans les cidns. Qui la con-
noble, Qui la conobrc, Qui sait y
faire. Roublard, Saupicquet *,
Sondtur, Togue*, Truqueur.
« Tous les rouciiins sont à la coule,
uimeut les femuies et forment la
MAL
— 303 —
MAN
pépinière des voleurs et des assas-
sins. »
(Macé.)
« Lui qui passait pour un mec â la
r'dresse^ i* s'est fait empiler dans les
grands prix. >*
« r n* faut avec nous qu' des gas à la
roulette. »
« J'étais tout jeune soldat. Je n'étais
pas bien à ta knuLeur^ expiique-t-il
dans son langage militaire. »
(Gannerojc.;
« On a voulu lui monter un bateau,
mais lui, chaud^ n'a pas coupé dans
la pommade. »
« Nous avions sous la main un petit
Corse très intelligent et trùs dé-
brouUlard. »
((i. ThI^-UAUD.)
« Malin comme un singe. Ficellel et
drôle I II aurait fait rire des carafes. »
(J. Marm.)
« Le sergent s'approcha et, d«>posant
son falot à terre, il f^rogna : Hein,
mon vieux... tune fais plus le ma-
riolle à c't'heurc? Va, ton pain est
cuit. »
(MlCHE(. MuRFHY.)
(( Si ta gosse était plus marlousey a
mettrait du gruau â gauche. »
M Et pis, mon vieux, tu me fais l'effet
de la connaître dans les coins. »
(fJ. CotRTlLIN».)
« Ah! ben, mon salaud, t'es pas
marie d' te laisser enturer par un
panas, s
« J' suis sondeur et j' suis pénard.
y suis tout c' qu'i y a d' pénard :
j* suis d'une coopérative, quand
q' t'en fais partie on t' vend tout au
prix coûtant, -— pain, vin, du lard,
des haricots, tout l' truc! »
(P. l'AiLi.KrrE.)
MALINGRE. V. Avorton, Chôtif.
MALLE. Mademoiselle Manette,
Malouse, Position^ Savoyarde,
c Quand la bonniche s'est fait la
paire dans son pat'lin, aile avait au
moins deux sacs dans sa malousc. »
MALPROPRE. V. Abject.
MALTRAITER. V. Battre, Inju-
rier.
MAMAIV. Moman (corrupt.).
Quand j'étais p'iit ej' me rappelle
Quo r'était coiiim' ça clicr nioman...
Aujord'liui, forcé d' fair' flanelle...
V'ià porquoi que j' cherche un log'inenU
(A. B.)
MAMELLE. V. Sein.
MA^^DAT D'AMEXER. Faffe,
fa fia t ou faflard d'emballafjej Faffc
à piper.
MA\DOLlNE. Jambon y Jambon-
neaii.
« Quand sa poire est faucharés, i'
prend son jambonneau et i' va en
douner une séance chez les bistrots
à l'heure de la croûte. »
MAXGER. Affûter ses crochets, ses
crocSy ses meules, ses tabourets,
Babouiner , Becter^ Béquiller ,
Bouffer^ Boulotter, Boustif ailler ,
Briffer, Cacher, Casser, Chiquer,
Chowjner (arg. lyonnais), Cla-
bottcr, Claquer, Clcber, CUhotter,
Croustiller, Crouler, Débrider,
Débrider la mar(joulette. Effacer,
Paire le boudin, Friturer, Gammer,
Gousser*, Jouer des badigoinces,
des crochets, des crocs, des domi-
nos, des tabourets, Lipper", Mac-
quHler*y Mettre à la Caisi^e d'é-
paryne, Morfier, Morfigner, Mor-
ftlcr, Slorfiller, Ne pas laisser
enrouiller ses dents. Se bourrer le
fanal, le /lingot, le fusil, Se caler.
Se caler les amygdales, les ba-
bouines, les badigoinces, les joues.
Se calfater le bec. Se caresser
Vanyoult'ine \ Se charger le (lingot,
le fusil, Se les caler, Se recaler.
Se taper la téta, la tronche, etc.,
Tortiller, Tortiller du bec, Torto-
rer; plus, avec un complément:
Casser la gueule à, Dire deux mots
à. Estropier, Flanquer ou foutre
une claque, une gifle à, S'enfiler,
MAN
— 304 —
MAN
S'envoyer, Se coller, se flanquer
ou se foutre sur la conscience, Se
passer par le coco, par la gargue,
par la rue au pain, Torcher.
— MANGER GOULUMENT. Bouf-
fer à s'en faire crever^ à s'en
/aire éclater ou peter ie cylindre^
la sous-ventrière. Régaler son
cochon, S'enlripaillcrj S'en fou-
tre jusque-là.
— MANGER DU GIGOT, DU
JAMBON, DU LAPIN. Gigoter,
Jambonner, Lapiner.
-— MANGER LES RELIEFS d'un
précédent repas. Battre te gra-
vois.
— ALLER MANGER. Aller chez
Dri/ftnann, Passera briffe, Pas-
ser ou aller à gauche (arg. des
coniiuis de nouveautés).
— SE PRIVER DE MANGER.
V. Jeûner.
Il On l'a accompagné ju.««qu'à Pantin
et, après, on a été s'affûter les
crocs au « Uendez-vous du cime-
tière. »>
«« Quand on s'est am'né, il était près
d' trois plombes et y avait pus rien
à becter dans la piaule. •»
«• On m'a fichu au hloc. je bouffais
encore plu? mal. «
((ioUON.)
« On arrête les gens et on ne leur
fout même pas à bri/fer. »
(lu.)
C'«!«l «li'goAlanl... J'ai Irop inang<>...
J' |i<!ux yxi* sixinii^r... j'«>n suis malade I
d'e^t-i' l:i «iiii(k' ou la «alade ?
Sûr j'ai l'estiiuiaf dér.in>;<^.
Boujire «liî veau ! Faut que j' t'enguoule :
Veux-tu que j' le dise. Honoré,
Tas bnnlvtf*' comme uu gop'^t...
Tes plein d' IrulT el lu |n's d' la (gueule.
(A. b. Les SoulolotfUf't d' Honoré (^onstanl.)
« Des gens qui ne songent cpi'.'i bous-
tifaillfr dans les restaurants à la
mode! »
{La Henaissance.)
« Y avait juste dchiauer un gendarme
et cunc cofiette ae Brie. »
« Que qu'on rlahotle, c' soir ? Encore
du pot-au-feu I j'en ai soupe! »
ft Trois heures après la distribution,
il ne restait plus rien de son pain
de munition. 11 avait tout claqué. »
c Pus un rotin, pus rien à cléber et
nib de perlot ! ah I j'étais bath ! »
« La mère nous avait invités à crou-
ler. Mince qu'on s'est envoya quéqu*
chose I A cinq, on a effacé un orni-
chon d' six lives, eune oraMette de
douze œufs et eune platée d* patates,
que j' te dis qu' ça I »
ff Ah! ça non, par exemple! Si le
monde apportait leur manger et
leur boire, alors, moi, avec quoi
que Je me les caleraisi Avec des
briques? »»
(Al.PIIO.X8l AU.AW.)
« Les capitaines s'invitent à diner
par signaux appropriés à ce lan-
gage; on hisse a la corne de bri-
gantine un jambon, une dame-
jeanne, ce qui veut dire : — Je puis
vous recevoir: — sinon, le pavillon
en berne signifie : — J'ai du biscuit
et de la viande salée à votre ser-
vice; invitez-moi, j^absorberais vo-
lontiers quelque repas meilleur. —
On mas({ue donc le grand hunier;
puis on gamme, selon l'expression
consacrée, c'est-à-dire que les uns
vont visiter les autres. »
(Te (iuUMI NiHO-ToïKA.)
(( Quand le pain fut coupé, le boulan-
ger eucaissa le sou et Gavroche dit
aux deux enfants :
— M or filez. >'
(V. Hcco.)
Mai"* ça peul pa.s durer toujours,
Apr^H la {«aison des amour« :
(]'e>t la mi^l<lu^e el, l>en souvenl,
Faut a' IfS mit r a*fr du \eut...
Filer la comète et la cloche,
A la Hastochc.
(A. B.)
« Il fallait les voir jouer des bndi-
go'nices\ On sentait qu'il y avait
loiigtemps qu'ils faisaient ballon.
C'était plai.sir de les voir tortiller. »»
(« Ctille-toi ra dans le fusil, dit le gar-
dien en lui tendant un bol de soupe ;
quand tu te seras foutu ce cata-
plasme-là sur la conscience, ça ira
mieux. »
MAN
— 303
MAN
« — Eh! bien, mes enfants, je crois
qu'on lui a fichu une claque un peu
sérieuse, à mon gigot! Vous lui
avez dit deux moisi »
(G. Hrhbimt.)
« Le curé troque sa bénédiction et ses
chants baroques pour des poulardes,
des œufs, des primeurs et de quoi
s'empitfrer des mois durant à s'en
faire peter la sous-ventrière. »
{Le Pèi't' l'einard.)
Voa« éleschez tous, m'>s eofaol*.
N'e^t-ce poinl là do lYloquenc« ?
On oe saurait s'exprimer mieux.
Ht se mirenl. eu conséquence,
A béquiller, parelN aui liieuK
Saas phrase, saus parole «ntuc.
(K. Pu>CllO>J.)
Viens, mon vieux, c'est ma féti.*
J'ai un' Taim à tout dévor<>r
Vieas avec moi /' tapifr la tète :
J' te pare ù t-jrtorer !
(BLiooar.)
Mais ou déjeun'. brave ou\erior;
Allons, viv'meut .' va croustiller.
(P. iNlLl.BriE.)
MANGEUR, hèquillew. Bouffe w\
^ Boulotteur, Bou^itifailleuVy Croù-
teur^ Tort illeur,
« On r mettrait d'vant un bœuf, i' te
r torcherait tout entier ; c'est un
béquilleur de première. "
« Jamais j'ai vu un boustifailleur
comme çui-là, i' passerait sa vie à
tabe. »
« Il en a eune balle, ton bouffeur de
choucroute! »
« V'ià r friot, c'est pas richon pour
les fileurs, les pauvcs purées croû-
teurs d'arlequins. »
« Et tu sais, Clorinde, tu pourras
mettre les petits plats dans les
grands ; car le curé est un fameux
tortHleur. Je ne connais pas à
dix lieues à la ronde une pareille
fourchette. «
(£<i (rawiriole.)
MANIAQUE. Marqué à la fesse.
MANIE. Toquade.
c r va core nous goualer la Carma-
gnole; c'est sa toquade quaiTkd il est
8*coué. »
MANIÈRES. V. Embarras.
M \NOEUVHEU.Bari/er, Membrer,
Mousser, Pivoter. Ces expressions
appartiennent à Targol mili-
taire et comportent une idée de
fatigue, d'excès.
a Vous allez barder ce matin, mes
gaillards ! Ah ! vous vous plaignez
que le capitaine vous fait mousserl...
Je vais vous faire autrement pivo-
ter, moi ! Je vais vous faire mem-
brer jusqu'à la gauche, tas de
cosaques ! »
MANQUE. V. Absence.
MANQUÉ. Fichu, Flambé, Foutu,
Grille.
« Comme Bébert n'était pas admis à
ces parties, et qu'il recevait une
bourrade dùA (pi'il voulait tàter de
Lydie, il restait gêné, travaillé de
colère et de malaise, quand les deux
autres s'amusaient, ce dont ils ne
se gênaient nullement en sa pré-
sence. Aussi n'avait-il qu'une idée,
les effrayer, les déranger, en leur
criant qu'on les voyait. — C'est
foutu, V là un homme qui regarde ! »
(h. Zola.)
« Et ta fameuse combinaison finan-
cière? Ilein ! flambée, qrilléel je
t'avais averti : rien à faire sans les
juifs, w
MANQUER de quelque chose.
L'axoir à la manque.
« Limard, il est comme nous : il a du
pèze à la manque... il est meule. »
— MANQUER A UN ENGAGE-
MENT, à une promesse. Poser
un lapin. »
« Le grand plaisir de ces spécialistes
consiste à promettre monts et mer-
veilles aux femmes galantes et à
se retirer sans laisser aucune es-
pèce de rémunération. Cette façon
de se procurer du plaisir s'appelle :
po'ier un lapin. »
(MACi.)
— MANQUER UN VOL, une
affaire. Marronner u7i grinchis-
sage, une aff.
20
MAN
— 306 —
MAQ
— MANQUER LWK CLASSK. IM
COURS. Sécher {arg. desécoles].
MA\S (LE). La Mine,
MANTEAU. Rabat \ Tabar\
Temple*, Volant".
MAQl^EKEAU. Tenaiicier do
maison do lolorance. Monsieur,
Papùy SdcrUitain^ Tôlier.
« La permission de tenir une maison
de tolérance n'est accordée qu'«i 1 \
femme... Le mari, néanmoins, re-
présente dans rétablissement le^
principes d'ordre et d'autorité... Les
f pensionnaires l'appellent Monsieur \
es habitués, l'apa: et les amants
de ces dames, le Tôlier. »
— Ainaul d'uno proslituôo. Al-
plionsejiaiiiiu'-d'ins-lv-bcwre,
Barbt'. li((r(.eatt, liarbise. Bar-
bize, licnoit, Bouffciir de
bt(uv\ Broche, Brochemann,
Brochet, Casquette à pont,
C h an (le lier, C heve n n v ,
Chucnne, Costel, Dariolet *,
Dauphin, Ih^senmujeur, Dos,
Dos d'azur, Dos vert, EcailUK
Fiche, Fish, Goujon, Juenw,
Larromnrhe ou La^uercau-
mucfic (V. Jargon;, Mac,
Mawir.ur de blanc, Ma(juet,
Maquiiinon, Marie, Marlou,
Marlnapin, Marquant*, Mec,
Meublant, Servi (ai'fj^. niar-
soillais;, Pipi :id.\ Poisson,
Qui a du beurre dans le dns^
Qui vit dans le beurre et bs
fines herbes. Sentinelle.
— Quand il est joune ou
inoxporirnentô : Barbillon,
harbiset, Barbizet,Brorhelon,
Mac à la jnie, à la mie de
pain, Macrolin, Maquereau-
lin, Marloupatte, Marlvupiat,
Mecton , Mcquillon, Sous -
barbe. Sous-broche, Sous-
mac.
u Je vous ferai remarquer que, depuis
une dizaine d'années, les jolies pé-
cheresses théâtroles n'ont pas de
«(
chance avec ceux qu'elles se don-
nent pour seigneurs et maîtres. Ces
escrocs, ces souteneurs plus ou
moins titrés, les exploitent, les
volent... Le dernier protecteur d'ac-
trices qui a fait parler de lui est en
fuite : il peut passer pour le prince
des Alphonses. »
(Mac£.)
On est rangé maint'nant, on fraye
pus avec les barbes. »
D'nillcurs, au Point-du-Jour, plus
rien à faire, depuis que les barbeaux
de Montmartre et de Batignolles y
descendent le lundi y faire leur
poussière. »
(Jean Loarain.)
Six heures du matin, et c'est déjà
au bord du quai la promenade
indolente et flâneuse des neujis. »
Hd.)
Coxtcl est le nom que se donnent
entre eux les souteneurs dans leur
argot. »>
(GoROîH.)
J'arrêtai un individu qui répondait
au sobriquet de Leblanc et qui en
mangeait. »
(Id.)
C'est toul, repartit la femelle ter-
rible. Il y aura autre chose quand
tu donneras de l'argent. Je n'ai pas
envie de pourrir à vingt-huit ans
sur un fumier : et tu lie voudrais
pas que je te relile celui aue
d'autres peuvent me donner. Si y
me prenais un barbizel, ça serait
pas toi, mon p'tit! »
Entre miehé ou mnquet pas d'hési-
tation*. (Test du sang de marlou qui
coule dans nies veines et, j' te V
jure! dans la famille : lils, époux et
père; dans la soriété : conseiller,
député cl, qui .-ail? ministre... je
resterai marie jusqu'à la mort!... »
(P. Paiuettï.)
r. 'était la réunion d' tous les ôz-o-
chets d' Pantruche : y avait les
ch'vennes de Bell'ville," les lacro-
muches de la Viltouze, les gros fish
de l'École, jusi^u'aux sous-barbes
du Latin. >•
MAQ
— 307 —
MAR
Vous savez, la p'tît' oot»,
L' couplet d'à cMc,
C'est iV la colle «'t d' la cliierie.
La vrai' vérito
C'est qu' les lifwnts toujoam liclient
Et » eraiisul le» b.iluts.
Vive eul bataillon d' la guichc !
C'e^tnous qu'ont les dus.
(J. Uk.MKI'I?!..,
Quand on paie en inonuai' d' xiiige
Nous aut' mnrloupint.
Les sal's mioirions qu'a pas d' linge,
On les pas;»' chez paing:i.
(lu.)
Il aimait les femmes qu'on rince.
^avet mangeait pins qu'il n'atait.
Ce marlonpatte pâle et mince
Se nommait simplement Navet.
iId.)
Mon vieux frangin, je n' tois pus rien a t' dire.
Dis ben des clios's à t(»ui \v* ùarbillons.
Dis au durun qui' n'onbli' pas d' m'tVriie.
Dis à Fernand' qu'a u' me fa^s' pasd' [laillon^.
(A. H)
Mais j' t'en rous. f.iut c|u' Matlam' babille,
(/est des canoans, c'est d»*s polins :
C'est la femme à Jul's «{u'est euu' vrille,
Les sœurs à l'ierr' (|u'e^t cii!s putain:*,
C'e«t la grand' Jn!i' monte au cliassc
^)ui fait des (lueu's u son wccfun,..
(Id.)
— Oui... mais ça m' luit r'n<iquer du Ha
D'avoir l'air d'un mac à la mie...
Uuand on s' paye eunc analomic
Lt euu' gucul' comm' la ccU' que v'Ià.
(Id.)
J' suis foutu si j'ai la tremblotte,
J' sui^ pus daulier, j' »uis pus dauphin.
J' pea\ pas m' ^oigue^... «b ! c'({uej' grelotte !
C'est- i' U lièvre ou bon la faim ?
(Id.)
On leur fait l'articlie et les poches
Kt quand i's ruuspèl'nt en parlant,
^uand i's font du pet... gare aui broches!
(Id.)
Vive le ilac!
C'est su' terr' la seul' marchandise
Pour quoi que T orur d'un vrai barbize
bat son tic-tac.
(L. DE BcHCV.)
C'est tout d' mi>m' chouett' puur un' pierreuse
D'avoir un mec connu' cidui-Ià !
(A. (iiLL.)
— .M.A^rKREAU SOl'TKXAXT
i:.N rËliÊUASTK. llouspanl,
Houspont.
MAQUEKKLLE. Ahhcs^, Maca,
Macca, Macsée, Madame^ Maman,
Mère, MêreMaca, Vache. V. Entre-
metteuse, Maîtresse.
MAQrERKLI.ACiE. Commerce de
hidoche.
M\iii:iii\0\, Maquilleur de gails.
M AU A14>EK. Chaparder. V. Voler.
M AUAl DKl'K . Chapardeur.y.Yo-
leur.
MAUCIIAM). Chaud (aphér.) ,
Marcaudier\ Mercanti, SoUiceur.
Muse ! redis-moi les derniers revenus
De res jimne» hi'Tos, du haut des monts chenus,
(Jui.s.ins regret, laissant leur lyre au vestiaire
Viiiit croquer le m.irmotchez M. Blondetière,
(ihez If chitnd de cnyons nommé Bureau Mangio
Chez Chose.un « ieu\ eu nichez le savant Macbin.
R. l'oNCHO».)
— MARCIIAM) AMBULANT .
Chineur, ÊiouUtnl, Solliceur à la
J ogne.
« I' s'est aub.nlé avec un chineur qui
fourguait de^ tnpis (rAfrique et i'
y a foutu sacauiclotteen pagaille. »
M Un roulant est un chineur qui va
ollrir à doiutcile des étoffes à bas
prix. »
(Ma<:é.)
— .HARCIIAM) COLPORTEUR
(le c.-inip<'i^'ne. Margoulin, Ma-
rot lier.
« Tout le pul)Iir des tourlourous, des
garde-convois, (juelques niarf/ouliîis
venus là après diner, entonnait en
chœur l'immonde gaudriole, cla-
quant la mesure avec les paumes,
tambourinant sur les tables à coups
de poing, bourrant le sol de retom-
bées de talons. »
(Camilli Llmon:iiir.)
— MAUCIIAM» nK ME^'US OB-
JETS sur la voie publique. /!»'rti-
f/uée de trottoir, baveux. Came-
lot, Poslicheur, Postigcur, Posti-
Jateur,
•« Le camelot qui s'appelle un postija-
leur travaille sur une estrade en
boutique ou sur la voie publique...
Un autre camelot, c'est le haveux
qui arrive et déplie une table sur
laquelle il installe une boite pleine
MAR
— 308 —
MAR
de petits paquets ; c'est lui qui ; Chez le bistro, parmi les banca empoaacrés,
vend le savon à détacher... Le îa- \ '-* billard somuolcot et les garçons vaulrés.
veux au racolage est celui qui opère
le long des quais, il ne débite pas
de boniment. »
(<l. AllKKB.)
— MARCHAND I>E MARCHAN-
DISES EN SOLDE. Cumelotier,
« C'est dans les marchés hors bar-
rière, siirnonïuirs marchés pouil-
leux ou marchés niix puces, que le
caitirioticr écoule sa mnrchandise
défraîchie. Qu'il monte d'un éche-
lon et s'installe eu boutique au
mois ou mAme à la semaine, il de-
vient soldeur. »
— MARCHAND FORAIN. Fores-
quey Légrier. V. Forain.
— MARCHAND DE BRIC-A-
BRAC. Fourgatj Fourgue, Gui-
nal, Siolleur*.
<i 11 avait un alpngue qu'il avuit carme
trois points chez un fourgue. »
— MARCHAND DE CONTRE-
MARQUES de théâtre. Peau de
lapin. Marchand de bi /félons.
« Il a gagné beaucoup d'oseille comme
marchand de hi fêtons à l'Ambigu ;
et maint' nant il a une case à lui à
la cambrousc. »
— MARCHAND DE GIBIER AVA-
RIÉ. Ilouillier.
— MARCHAND DE LÉGUMES.
Cribleur ou Solliceur de ver-
do use.
— MARCHAND DE MARRONS.
Hirondelle d'hiver.
— MARCHAND DE NOUGAT.
Boum-boum. Cette expression
s'applique également aux mar-
chands de pistaches, de caca-
huett«,'s ou d'autres produits al-
gériens.
— 'MARCHAND DE PEAUX DE
LAPIN. Trôleur.
— MARCHAND DE VIN. Bintro,
Chand de vin. V. Gabaretier.
Trône la puceleUe aux gants de ÛIomîIIc.
(Lacremt Tailhadi.)
« D'ordinaire, dans les expéditions de
ce genre, les agents ont la ressource
classique du chand de vin, »
(GORON.)
MARCHANDER. Cameloter, Rdler.
M ARCII AADEUR. Râleur, Râleux.
« En v'ià d'eiine râleuse qui marchande
pour deux sous ! »
MARClIAXniSE. Camelote, Ca-
melotte.
Par votre inrùmc camelote
A bun marché, voyez la cote,
Vou!» estropiez notre goût.
(K. F*oî«cHOîi.)
— MARCHANDISE ACHETÉE
OU VENDUE A VIL PRIX. Coup
de fusil. Coup de pistolet,
— MARCHANDISE DÉFRAÎ-
CHIE. Rossignol.
— MAUVAISE MARCHANDISE.
Bifferie.
— MARCHANDISE I M A G I -
NAIRE. Zif.
MARCHE. Arlion de marcher.)
Antiife\
MARCHÉ. Boule, Fourmilion. V.
Foire .
« Des parrains ahoulés dans le burlin
du quart d'œil ont boni qu'ils re-
conobraîeut ma frime pour l'avoir
allumée sur la placarae du four-
millon au moment du grinchissage. •
( VlIMJCQ.)
MARCHER. hicr\ Broucr, Jouer
du Compas. V. Aller.
— MARCHER VITE. Allonger
sea compas, Carapaler, Cavalei\
Fendre son éguerre, Fourmiller*,
Fusiller le jdancher, Tricoter,
Tricoter des guiboles, des pincet-
tes, d*s (quilles, etc.
— MARCHER SUR LA ROUTE,
sur le chemin, dans la rue.
Battre Tantif, Trimarder,
MAR
— 309 —
MâR
Moi, j' travaiir pus, j'aim' pas 1' turbin.
J'ai vingt-huit ans, j' m'appelle llsèbe
El j' trimarJe.., et c'e*t rien chouetto,
Surtout l'été, quand la vi' coûte
F*resque rien... minr' qu'on est roslcau!
Ya du dos<erl tout i" long d' la route.
(A. H.)
— MARCHKR PIKDS KiTS. Aller
ou marcher sur te chrétien, sur
la chrétien lé.
M A R C II E i; R. Fourmitlonneiir \
V. Nomade.
M A R K G 11 A I. - DES - LOGIS.
V. Gradé.
MARÉCIIAL-FERRAXT. Bruss -
Ion*, Coquard*, l)anbeu)\ Sou-
flard.
MARI. V. Époux.
MARIAGE. Amndoua{jc\ Anii-
pauc", Antifli'mcnt\ Daulnage\
Enti/laffe", Enti/lemcnt*y Mavida^
Marida sérieud',
— Mais, Mos«ieu, disait la mariée
Qui paraissait très •*ontrariô(>.
Quand i' n'c>t pas dans c't' ntal-là.
r dit qu'i' H fout du marida,
Qu'i' veut rester concuhinairc,
Qu'i' veut pus s' meit' la curde au cou,
Bref, vous comprenez. Morisieu I' maire,
r veut h' maiicr qu' quand il est soû.
(A. B.)
— MAIlIAGl!: OlI ClIACl'X VIT
DE SOX COTE. Mariage à l'an-
glaise.
— maria<;k formé sous de
FACIIKIX Al'SPlCKS. Ma-
riage de mai.
MARIÉ, adj. Amadoiu:*, Daulné *,
Marida.
MARIER. Amadouer * y Anguer*,
Antiper\ Anlonner*, Entifler\
Marida .
— SE MARIER. Entrer dans la
confrérie, dans la confrérie de
Suint'Jospph, Se mettre la corde
au cou.
« On n'a pas d' besoin du ratirhf>n
f)Our se marida ! (.)n entrehxQïi sans
ui dans la confrérie I »»
Huit jours aprèâ la noc' rapplique.
Le marie, soûl comme uu' bourrique,
Chantait toujours : « Gai... niariuos-nous!
Gai... mettons-ntmi la corde au cou... »
(A. B.)
MARI\. Cachalot, Chie-dans-VeaUj
Col bleu. Col rondi Cul gou-
dronnèy Mathurin.
« 11 nfa fallu aussi plonger tout à
coup pour échapper aux requins,
qui venaient tlairer en moi un dé-
jeuner. . . Tu comprends que pour un
vieu.x cachalot comme moi, me jeter
dans ce canal, un simple ruisseau,
c'était une plaisanterie. »>
(E. LF.PELi.»rTiin.)
« J'ai passé une heure de ravisse-
ment au milieu des matelots qui
étaient chargés de cirer le plan-
cher, car ils avaient une amusemte
façon d'.iccomplir leur corvée : ils
couchaient les moins lestes dans
des couvertures et les traînaient
sur le parquet sous prétexte d'acti-
ver la besogne. Je dois dire que
leur (luartier-maftre trouvait ingé-
nieux le procédé, et il avait raison I
Parlez - moi des mathwins pour
agrémenter les corvées ! »
(Au<;u8TE Mahi.n.)
Quaud on crie : En avant la flotte!
Et qu'i' faut emporter 1' morceau...
l's n' flastqucMit pas dans leur culotte
Les Chi' dans teau I
(A. B.)
— M.\UI.N AGl^ERRI. Loup de
mer.
« Si les loups de mer sont superbes
sur leur navire, sur le dos d'un
cheval ils n'ont pas le môme pres-
tige. Leur assiette est médiocre. On
les voit exécuter sur la selle de
leur monture les m^^'mes mouve-
ments que le roulis et le tangage
les obligent à faire sur le pont au
vaisseau. »
(A. d'E.nnkry.)
DE CARRIÈRE.
— MARIN
Fayot.
« Le mathurin de l'État qui attend
sa retraite est baptisé fayot par ses
camarades, en allusion aux haricots
secs qui sont ordinairement <• durs
à cuire. »
(Pal'i. Labobie.)
MAR
— 310 —
MAR
— MARIN Çl I NAVIGl E PEU
OU ne navigue plus. Castor.
<( 11 faut une lon^^ie série de mau-
vaises fortunes et de vexations inté-
rieures pour que l'ofûcierde ujarine
()rcnne tout à fait iu navi^Mtion en
lorreur et mette son habileté à se
ranger dans la classe des castors.
L'on qualifie ainsi plaisamment celui
qui, une fois parvenu a saisir un
poste sédentaire, s'y cramponne d»? '.
toutes ses forces <*t i énonce pour'
jamais à TOcf^an. »
(G. DP LA Lt?(Dri.l.K.)
— MAUVAIS MARir^. (wuin.
— PARLER LE i.AN(;A(;E DES
MARI.NS. l'arler mathnrin.
Je ue »ui» pas »fi» l'ps \\v\\\ frrre» premier hriii
Oui liovant qu'ôlii' n •"»//i;*/«/t?/j/ jà mnlftiinn,
Au vontre «l«* k'iir ni^ro a[i|>roii:iiit rc langage,
Koulaul à <oii i'i)ij|is, |,iii:;ii.iiit :'i s«)ii taiigag<>.
MAlU\IICH.C^//v/;)<i^^ .l///r//j de in
Viertjc.
« Ce sont des c/ir-tpat'is ou tnaiins ih
la Vierge Marie, ainsi nommés parce
qu'ils ne ct>urcnt jamais aucun dan-
ger, race amphibie qui ne vit que
sur les canaux, m
(PllIVAT I>'A?Ï<.I.I WOM.^
MAUITAI.EMKXT. V. Liaison.
MAUMITK. Marmousr
set \ Ttimhouillc.
Mannoii-
MAK.\IITO\. lilauc-partont, rulte
sauce, Patrojitut, Vol-oii-r' nt.
On causa. intrij;iié. jp lui demandai
quelle était sa profession : " Cuisi-
nier », me rt'pondit-il. Mon admi-
ration baissa d'un cran. Je me
sentis même humili'' de mon peu
/le pénétration, ayant pris un f/âtc-
sauce pour un arti?te. «
iSi:itki.-IjVi ih>x.)
MARMOT. \'. Enfant.
MAItMOTTKU. Uumoner.
« l's n' pensent pas une broque des
prières (ju'i's ramonent. »>
MAItQI'K. Marcmise, MartjwnisCy
Taroque*.
n r fait des marcouses aux brèmes et
il enture V pantc à chaque coup. »
— MARQUE FAITE AVEC UKB
AIGUILLE aux cartes dans un
but tie tricherie. Airjui liage.
V. Jeu.
— MARQUE FAITE AVEC LES
DENTS. Morfillage.
— MARQUE FAITE E.\ COR-
\.\XTlecoin d'une carte. Cor-
nanche.
" Le bonneteur, pour • engrainer le
pante », corne légèrement la carte
gagnante, qui reste cornée tout le
temj)s du boniuu.'nt ;mais avec une
habileté extraordinaire, il fait passer
la corne ou comanche à une carie
perdante, au moment précis on il
pose le jeu. L'opération se fait
inversement au coup suivant et le
joueur naïf perd presque infailli-
blement. »
— SUPPLICE DE LA MARQUE.
tape .
.MARQUÉ. Supplicié. I RiUi\
.M.VitQl'KK. Marrouser^ Marquou-
scr, Taroqucr*.
» Quand il est r'venu de s' donner ca
avec Kusèbe, lirmin avait la gueule
t«)ute inn'roit.sde. »»
— MARQUER AVEC UNE Al-
CUILLK. MfjuiHer.
« Le banquier doit s'appliquer à ne
jamais faire [tasser sur les tableaux
les cartes ipi'il a uiffuillérs. ».
— MARQUER AVEC LES DENTS.
MorfiUer^ Murganer. V. Mordre.
— MARQUER DU.\E CORNE.
Cornaucfier.
— MARQUER D'UN COUP DE
T.\LO.\ le visage d'un adver-
saire terrassé. Estampiller, Met-
tie le cachot.
« J'y ai fait loucber les endiisses et
après j'y ai pt'St> V cichet su' la
gueule. Il était gandin avec sa couet-
che estawpilléel •>
I
MAR
— 311 —
MAU
— MARQUKR LE COMPTK DXN
CLIK\'T en le majorant. Mar-
quera la fovrchtdtc. Mettre des
queues aux zéros.
« Son ardoise uinrquait douze balles
mais on avait dû mettre des queues
aux zéi'o<\ du reste i' tôlier avait
l'habitude d'///«r^//er à /a /b///77tt»^/e,
comme on dit. »
MARKOX. (Cliàtaigiio.) Truffe de
savetier,
MARSEILLAIS Habitant de
Marseille.) liouill ibniSy Martigo.
« Parisiens ou HouUltihais (ce sobri-
quet qui a lo don d'exaspérer les
habitants de Marseille), le même
spectacle nous relient tous, char-
més, attentifs et émus. »
(J. LuiiRAIN.)
« En dehors des heures de travail,
les forçats se groupent pnr « pays »> ;
Pantinbis, Ciajjras, Mnrtif/oSy Ni-
gousses, etc., forment d*»s clans
distincts. »
(LiAhD-Cotnrois.)
MARSEILLE. Martiijiic.
MARTEAr. Balnnrf'ii, Chican\
FoUy Frère Frappart.
MASQl'E. Cache-nez, Cache-laid.
MASTl'RBATKLX. Aisi>nncmcnt,
Bataille des Jésuita^y Casse-pui-
tiine, Ciiï'i contre un, Veuir. Poi-
gnet [oh^cvnv.) ,
« Qui manustupro dedili sunt, casse-
poitrine appellantur. »
(|)r A. Tarihfi;.)
MASTURBER. .4.s7/7<aT(obsrène),
Branler (id.:, Faire à la main ou
à la pogne.
— s E .11 A s T r U B K n. Épouser
la Veuve Vo'ijucl ^ S\istiquer
obcène , Se fréifuenter, S'amu-
sfr tout scuf. Se coller une
douce, une portion, un rassis,
une sacousxe.
— Cliez rhomnie : S'amnsr.r
comme Chariot, Se balancer le
tionhomme (obscène) , Se faire
in'iUiiser le créateur > id.), Se I
faires'iutcrla cctrellCy Sepolir
la colonne (obscène), Jouer à
Chariot s'amuse, Jouer comme
lesjeitncs chats.
— Chez la femme : S'arsonner^
Se faire un doigt de cour.
MATELAS. Filasse, Galette, Mou-
ton, Serpentin.
MATER, V. V. Impuissance.
MATELOT. Chie-d ans-Veau, Ma-
thurin. \. Marin.
MATERMTÊ iLA). La Bourbe.
V. Hôpital.
MATllÉALVTIQUES. Math.
MATLX. Matrris\ Matois\
a Le condé de Nanterre et un quart
d'<iîil, suivis d'un Irèpe de cuisiniers,
sontaboulés ce matais* à ta taule. »♦
{Mêmoims dt' Vidocq.)
MAUBERT. (La place Maubcrtou
le quartier de la place Maubert.)
La Maub, La Mautert, La Moc-aux-
beaux, La Mocoho.
« On fait une sale gueule à la Maub
depis qu'on a descendu l* château ! >»
■i Totor de la Mocoho était rappliqué
avec toute sa tierce. »
MAUSSADE. V. Grognon.
MAUVAIS. A la graisse, A la
graisse d'oie, A la graisse de san-
sonnet, A la manchiroisc, A la
maîique, A la mie, A la noix, A la
radadame, A la rafradine, A la
rododome, A la secousse, Bléchard,
Blùche, l)roue\ Lof\ Lofât %
Loffc *, Lof fiât \ Mochard, Moche,
Mouche, Mouchviue, Moustique à
Vestorgue \ Uogate, Boupe, Bou-
pie, Schnock, Tarte, Tartelette,
Tartre, Toc, Tocard, Tocasse, To-
quard, Toquasse.
u Notre gouvernement joue de bon-
heur. 11 se trouve que le régicide —
à la manque — nommé Saison
refuse de répondre aux questions
qu'on lui pose. »
(IIf.>ri HociitFonT.
MAU
— 3i2 —
MÉG
« Vous m' bonirez tout c' que vous
voudrez, je i\ coupe pas dans vos
salades à la muncnicoisel et bibi a
les pieds attachés pour marcher
dans vos trucs à la noix ! »
u En voyant qu'on s' avait r'bocté la
Ciletlc et nu'zifçup, la Sauvette en-
voyait des vanes à la rododomc. »
« Que (\\i r'est que c' pive que lu
nous as foutu là ' il est rien moche î »
« r nous a fait faire un dîner à la
s*cou!t.se : tout c' (ju'y a d' roiipe.On
croûte mieux (ju' ça chez V Père La-
frite I »>
« J'ai jamais rien boutTc d'aussi 6/é-
nhard. n
« Éloi proutait après ses 1*2,50, ses
ribouis ([u'étaient si pallas ; parait
((u' c'est pu:î toc et pus rof/at^ qu'
les tartines à vin^t bourrues d'
chez 1' père Lenip'renr. »
« Le Parigot se plai^'nait de l'ordi-
naire : le cahouah était moucfiel la
mouise était torardc'. quant au
f;rin^'ue,(jn n'avait pas dû en briffer
d'aussi mochard pendant le siège. »»
Dans la plu* blàcft' des conditions
Toi l' laiil les plil's .s.ili«facUoii!i.
(P. rAlUKTTK.)
— DE MAUVAISK COMIITIO.X.
De carton.
«• Quand on s' maqueavec une^'onzesse
d' rnrton, connne a fait qu' des mi-
ches d' carton, a r'vient carton; tu
la r' trousses mal... et tu n* fais
jamais qu'un briK'hc à la manque. »
— ciiosi-: in: MAiv.iisK qiw-
LirÊ. lioupir, lioupie de sanso)i-
Uf't, Houpi''d'' sinffp, iioi/.sselette,
H n s t a ;/» p e , houstamponne,
Houstissure.
«» J' veux pus m' frus(pûner au car-
reau : on s' fait empiler par les
guinals qui n' vous r'Iilent (jued' la
rouss'lctte. >■
«« Tu crois faire eune b ith alTaire et
tu n'as ((uc d' la louslumpe. »
Ihmi' ! Ic'« maries d' la gou^oni.iurc
DoDn'ut ton? Ie<< rondins au <aiiit lieu.
lU pouv'nt fiai fair' d«> rouspf'taiico ;
Pai d'Autorit*^ smih I' bon bicu :
La Patrie et 1' Patron et 1' Père,
Ça s'rait pus qu* roupV d' soMonneL
Mais j'mod'mand' que q' ça peut bienm'faira
Moi j me les roule à Courtenay.
• P. Paiusttc.)
Moi, j'avais des rouMiiuurei,
Des rarcasses de poulet,
1)69 lavasses, des rinçures».
(K. Pouchoii.)
— MAUVAIS OUTIL, MAUVAIS
OUVRIER. Clou.
« 1/ patron y poussait une cérémone :
Vous m'avez foutu ça comme un
clou, qu'ï y disait. »
n CVst pas des outils qu* j'ai là, c*e8t
des clous \ »
— Le molClou s'emploie aussi
adjectivement pour qualifier
un ouvrage :
K On m'a dit qu' la pièce de TAmbigu
était tout d même moins clou qu*
celle qu'on avait vue Paul* soir. »
— MAUVAISE NOTE. Manquesse,
MAZ.VS, prison aujourd'hui dis-
parue. La Maz, Maz, Pré au dab
court -toujours, Taz, Tazas.
'< Mais v'Iià qu' ça s'est su un matin
par un gonce â la r'dre^se qu' avait
été plusieurs fois pensionnaire À
Taz, >)
M A une heure, on était tous en face
d' la «.'are de Lyon. La grande
lourde d' la Maz était débouclée. »
« Il a trouvé r truc pour démurger
d' Taza^ dans 1' temps; i' s* Pra
bien la l'aire de la Santochc. »
MÉCAMClEXde chemin de fer.
Postithm d'eau chaude.
AIKCII-VAIAIKXT. Eti vache, Sale-
muif.
'« Moi, j'affi'^ jamais en vache avec
quiconque oi j' veux pas qu'on s*
conduise snCmcnt avec moi. »
AlKCilAXCKTÉ. Saloperie, Va-
chtrie.
'C C'est un salaud, i' n" vous fait qu'
dcà vach'rie:f. "
MÉC
— 313 —
MÉL
MÉCHANT. Carne, Crème, Teigne,
Vache.
m Ton poteau, j' m'en goure; c'est
tout c* qu'y a iV crème. Il a fait des
salop'ries à tout 1' njonde. *>
Et pis, mon p'tit loup, hois pa^ trop,
Tu sais qu' t'es teifpie...
(A. n.)
— liais c'est que j' suis vnrh' <|uaiite j' cogne !
Reprit-il. Ah ! vinfrt nom de Dieu !
C que j' suis rentn' d' dans : la charogue !
Etc' soir, qu>st-c' qu'ail* vii iirciidre au pieu !
{V. I'aii.i.uth.)
MÈCHE. V. Cheveu, Coiffure.
MÈCHE. (Outil à forer.) .\rant-
courier.
MÉCONTENT, r/icn-otin (arj? .
des typographes .
— ÊTRE MfeCONTKXT. Faire
dix de gueule, L'aron- à Iti
ynerde. V. Humeur.
MÉDAILLE. Viii^tiUc. V. Décora-
tion.
MÉDECLX. Ipixa (arg. niilitairei,
Marchand de mort aubite. Mire,
Sonde,
M Si on vous faisait faire en rabiot
les jours de tleunne comme les
jours de malle, vous iriez un peu
moins souvent voir l'ipt'a/, mes-
sieurs les réservoirs î »
«< Puis, d'un ton d'inoui»''tude rrelle
qui, à la vOrité, cadrait assez mai
avec les mots prononces :
— Y a pas de marchand de mort
subite, par ici ?
— Vous dites'?
— Hé ! je réclame un uïédecin !... Faut
donc être de TAcadémie pour se
faire comprendre!... *>
(Lkhmina ol LbvAi^uk.)
MÉDIOCRE. Se traduit par les
équivalents de Mauvais.
MÉDIUE. Ca^i^vr du ancre, Dcyrai-
ner, Dè(jréncr, Mècauis'r; plus
les équivalents de Calomnier.
« En attendant l'heure de l'apéritif,
ces demoiselles s'amusent à casser
du sucre sur le compte des bonnes
petites camarades absentes. »
(P. DOMERC.)
« C'est un bon copin quand i' n'est
pas s'coué : mais quand il est mûr,
faut qu'i' dèyraine, c'est pus fort
que lui. »
« — En voilà assez'. Je l'ai dit que
le ne voulais pas ({ue tu mécanises
les camarades. »
MÉDISANCE. Débimuje. V. Ca-
lomnie.
« Le Journal d^a Oouconrt est une
i\c6 lectures les plus passionnantes
de ce temps. Il m'a tour à tour
charmé et énerv»'', séduit et irrité;
il a l'attrait d'un écrit satirique
contre les meilleurs de nos contem-
porains, ce qui tiatte la méchanceté
endormit' en nous ; bourré d'anec-
dotes, de bruits, de conversations,
il manque de valeur documentaire,
parce (|ue leur vision est étroite,
petite, menue, morcelée, troublée,
un fond de malveillance et de débi-
nage. >»
HIkmii Baoer.)
MÉDIS.VNT. V. Calomniateur.
MÉFAIT qui e.^t demeuré caché.
Cad'ivrc.
MÉFLINCE. (imrancc.
« J'ai toujours eu d* la govrance au
sujet de c' mec-là. »
MÉFIEK iSE.. Scyourer.
'( Moi, je r connais, V Julot; c'est un
gonce ((ui pense qu'à vous foire des
vach'ries ; tu devrais t'en gourer. »
— .HÉFIK-TOI. Mêphiato.
MÉGÈRE. Carcan, Carne, Drogue.
MEILLI'A'R. Ue derrière les fagots,
V. Excellent.
MÉLANGE. .Mèlimcto, Panaché.
Miiiiiteiinut, c o.nt t<iit(e une biMuic
yui — faiit:i!«i|UO melx-mi'lo —
Tiaiisfuruic soul.ilu le tableau
Où se iluiiso la sarabande
De tout le l'opulu.
(L. i)E Herc^.)
MÉL
— 314 —
M EN
« Les fêles de Montéliinar ont vécu
ce que vivent les biuipions et môme
les roses. Elles ont été, paralt-il,
charmantes. Un panaché de proto-
cotisme et d'intimité. De Purtillerie
et de l'attendrissement. >'
(ALE\AM>iti: iltri'.)
MÉUIDUAMR. Mélo.
« Les pièces dos théâtres à côté l^iu-
téressaient moins que les vieux
mélos de l'ancien boulevard du
Crime. »
(J. La:>oiie.)
MEI.OIV. Boulet à côtes, Boulet à
queue, Brodi^, Côtelard,
« Tout le long du chemin Thérèse
faisait des haltes dans le bois, elle
avait maujL?»* trop de brodé^ ça y
avait foutu la trouille. »
]I1R]I1U1U:S (LES). Abatis.
V. Bras, Extrémités, Jambe.
MEMintK VIHIL. V. Sexe.
MEME. (La mriiîo chose.) Kif\
Kif-kif, Kifliif, Hem au aesaon.
Le mâne rnup. Le jufhne ItambraUy
Le nuhne fhnirhe, Le iiunne tabac,
Le même tableau, Le mrme truc.
V. Analogue.
Ileuui inûlos! jurez : (^aramb.i !
Pous>o/. «los ah, m:ii-! dt^s ah, bah I
(y<î.sl toujours A' tiirine tabac.
(P. PAMMiTTrO
MÉ\AC;e. V. Liaison.
>'t' inar(/uf'r ou a'c maf^uer.
CMacuu '-un goût et srtii (l,t4].i,
J»iitr.»\' i»a- iiuii \ni< 1" muri«l;i.
Los ffinrn' ont hoau inappliT : « Chi'îri v,
A m'auroiil jamais pour mari.
Pourtaul. >'r (:«ll;iit «lUi» |* im' ynm/ue,
r*ar rapport à ma ilyiia>ilic',
Kj' priinirais un" hcr^j^r" «lo olaiiuc,
Pas un' pun:ii!»' «le sacristie.
(A. B. Les Soi(tolotfiu'i iVHimorô Constant.)
ME\1>IA\T. raiman\ Lartin\
Meudiffnl, Mendi[ioteui\ Millard",
Pilon, Trucheux, Tuneui\
« Avor l'ifrclle, au contraire, oa pre-
nait un air de pourboire à un
domestique, parfois d*aumône À un
mendigol, »
(J. RiCHRPIN.)
Les uns sont des caducs à barbe inculte et janoe.
Vieux pilon* de retour surpris, par les chemins,
Obsédant, de la rude ordure de leurs maint,
Le passant invoqué qui détournait TaumAne.
(pATiaKE BaaRicHOif.}
— MRXDIANT A DOMICILE OU
par lettre. Arcasse *, Arcassien *,
Pied-de-biche.
— MKNDIAXT SOI-DISAKT
MORDU par un chieu enragé
et qui demande de quoi faire
tin pèlerinage à Saint-Hubert.
Iluôin*, lluppin*.
— MENDIANT Ql'I CHANTE,
JOUE ou fait des tours devant
ou dans les établissements de
consommation et fait ensuite la
quête. Manchiste.
'< Mais vous avez un joli talent, dis-ie
au musicien en mettnnt mon obole
dans la coquille qu'il me tendait.
Pourquoi ne jouez-vous pas au
théâtre ?
— Monsieur, me répondit-il, je dois
vous avouer que je gagne plus
conmie manchiste qu'à racler dans
un orchestre; et puis... j'ai ma
liberté! »
— MENDIANT QUI SIMULE
UNE LXFlIt.MITÉ, une mala-
die. iV«/î/?yrew.r, Stropiatà C es-
toc ou h iesturque.
AIEM)lCrrÉ. Mendtgotene, Pilon-
îiaifc.
« .Mui, j' coupe pas dans la mendigo-
lerie et j'aime mieu-x donner une
thune à un poteau qu'est mouisnrd
(jue d' foute scunncnl deux flèches
à un pilon qui ni'arran«:e. »•
ME\I>IEU. Mler à la r/ms-s? avec
un fusil de toile (se dit des
mendiants à besace), Balander*,
liattnulcr\ Mendiijoter, Pilonner,
Tuner*.
ft Une vioque (jui vient d' calancher
avec soixante millets dans sa pail-
lasse, soixante sacs qu'aile avait
alTiirés en meudigolant à la lourde
des boites à messes. »
MÉN
— 315i —
MEN
Ej' pilonne, cj' doinand' des sous
A ceux qu'en n : \e* ceux q>i'est saouls
D' boire old' manger. los ceux qui rolrnt
Dans r nez des vieux comm' moi qui s' frottent
El' vente nu lieur ed' boulotlcr,
Merd'!... V'ià un sor},'ot.... Faut m' trotter....
Pourtant J' (:iU du tort à pcrsonue :
EJ' pilonne.
(A. B.)
MÉXILMOXTAXT. Mt'nilmuchc,
Mênilinonpn /i^n's .
« En rov'nnnt d' la .Ma7, on a\i
arrêté .lu ïrc'me pour l'apéro; pis,
on a r'nionté en soce à Ménilmon-
panais où qu'on a sucé un dergnier
glassc su' la chaussée. »
J'ni flasiqué du poivre à la rousse.
Elle ira de turuc eu garno,
De Mfnilmnnhe à Monrparnu,
Sans pouvciir remoucher mou ^niasse.
(J. ItiClIKIMN.)
MEXOTTES. Allimice!^, Bouclaoc
Bracelet, Briffe, Cabriolet, Cha-
pelet de Saitit -François, Ficelle,
Lac^t, UdOttante, Liijoite, Ma-
nille, Serrantey Serre-pogne.
u C qui V faisait I' plus prouter,
c'était d' penser que 1' laune allait
y passer les ul/iances pour traver-
ser i' patlin. »
« Et paisiblement, comme s'il cher-
chait son njoui'hoir, l'homuje de
police fouilla dans les basques de
sa redingote et en tira trois de ces
instruments (pi'on appelle, en argot,
des cabriolets.
— Des menottes î s'écriôrent-ils indi-
gnés. Vous voulez nous mettre les
menottes?. . >»
(IhcTua Fhancb.)
« ht chapelet de Snint- François est la
chaîne dont se servent les gen-
darmes déj>artementaux pour atta-
cher les prisonniers (^l'ils condui-
sent d'un lieu à un autre; c'est
aussi les menottes du policier pari-
sien baptisées bracelet^ lacet, ficelle
ou liffotte par les malfaiteurs. »
« Pour aller de ma pir^tole au cabinet
du juge, le garde de Paris, qui
devait voir on moi un malfaiteur
dangereux, m'avait passé au bras
le serre-pogne de fer qui me meur-
trissait la chair. »
ME\80\GE. Bateau, Battage, Bi-
chet, Bigornion, Blague, Canard,
Chique, Chiquet, Couleur, Cou-
leuvi'e, Dêvidage à restée ou à
rcstorgae, Doublage, Doublé, Em-
blème \ Vorgerie^ Franc* (iron.),
Joncherie*, Montage de bateau,
de cou ou de coup, Piau (arg. des
topographes), Picasse^ Picosse,
Vanne.
« Voua ne voyez donc pas que je vous
contenu bateau... .Monsieur Le Har-
deur n'a jamais rté [>ourmoi que le
j>lus excellent des parr.nnn. »
(U. Maizbruv.)
« Niin! tout ça, c'o-t du battage. Le
l>rince Victor ne marchera pas.
Nous non plus. "
(JOIKVILI.K.)
« Que vout-elles devenir, mes quatre
poules, dans les journaux améri-
cain^? En quels fantastiques c^/iarrfs
se seront-cMles changées? »
(j. HiCHEPIN.)
Si le soleil mange les couleurs, ma
chère Nini, mon rédacteur en chef
les avale difficilement. »
(L. UoSSIUNOI..)
« Quelles couleuvres ne m*a-t-elle pas
servie? pour arriver à découcher
une ou deux fois par moisi «•
(lUlDA.)
». Plu«^ieurs de me» correspondants
n'ont vu dans mon récit qu'une
zwanze, comme on dit en Belgique,
c'est-à-dire une plaisanterie, un
montage de coup. »>
(Ai.piio.NSB Allais.)
Il fait la charité? Chigiu' !
La maison est au coin du quai :
Ou u'y rend pas l'argent.
(P. Pau.lbttb.)
MEXSTUL'ES. Affaires, Anglais,
Bande sur Vaf fiche. Cardinal, Car-
dinales, Chemise, Choses, Confi-
ture, Coquelicots, Débarquement,
Débarquement dts Anglais, Dra-
]X!au de la Commune, Drapeau
rouge. Époques, Groseille, Fleurs
rouges, Histoires, Influences de la
Lune, Iniquités, Insulaires, Mate
semaine. Marque, M arque t. Mur-
— AVOin SES SIK\L
Casser In fii/ure ou la gueule
son charbonnier, à son porl'i:..
d'eau. Écraser îles lomafei. Être
à cheval. Faire reldclie. Faire
sasoci-ife, ilai-quer. Pleurer des
larmes de sana, Trarerser It
mer Ruugc, Votr écloi-e la ros
iviiije. Voir Sophie.
' La grosse Angélique rûsUln di
toutes se* forcea aux [i-iuérnires
entrepriscsde Tordent
Elle le gifla, IV^ralif^na, lui tordit
son \oa-^ nez, lui nrraclm une poi-
gnée des poils d'' sa barl»iclie, el ue
parvint d lui faire lArlier prise
<[u'en le mtnnçHnt d'appeler son
iiiaii. Il se relira lioiilcuxel confus,
mail |)ersu;ii)r- de la vertu de In
liifile. ({ui u'aviiil tout siiiipleniejil
■ Trois Jours elle uic Ijuuda, pui;
Dnaleuienl me lit risette.
— Kii bifn. i|uui'.' lui deJuandai-je...
C'est donc passe, cetto lubie de
l'autre soir 7
— Gros serin, riposta-[-cllc. Ce n'est
pas la lubie qui est pasat^e. Voua
n'avez doue pus romiiris que j'^i-rn-
suis des tomates'! ••
■M)
Un rêpnndit : - " Moi!,.. Moi 1...
M..i:.., .. Clara reprit : — u J'irais
bien, moi. f^ndeniciil, je n^' danse-
rai pas beaufinLp. Couimc cVst le
n Juillet, j'ai mis le drapeau muge.
— Tiens: m.>I ausni. lit nue bloii-
dîne de vin);! ani [nVIc de ehlorose. »
- i..'i |H>lile lui
L'fusa
J'éprouvais prf's d» 1
ui'nltpnd.iis pu". Klle
griffa, inc mordit. iCul
iasje. je la lâchai, ero
vertu ruroucbu. Xous
belle Julie
'nous sOpa-
rAmes furieux.. . Je aua depoîi
qu'elle avait ses ordinaii-es. ■
[Lu l-Topoi du Commandear.)
de l'argot léuiinio lieDinant qu'uiw
femme est i la période raenstruEile':
..._!_ .. cardinal, set moi$, sa
chemi
'taie
iniquités, ses choses, *t$ affaireM,sei
anglais. Quelques actricei disent
encore Avoir une baw/t sur
l-affiehe. •
{O'I
,«.)
SIENTElIt. Batteur, Blagueur,
Chiqtieur , Comte, Craquelin',
K r d' dit jamais la vérité; i^'eat ud
batteur, un chiqueur: si tu l'es-
gourdes, i' t'en pouss'ra jusaa'à
d'moin. des boniments de c'tte
soi-le-là. .
MKXTIR. Am-oeher un paletot.
Battre, Ilaltre eomtoit. Battre
contre, Btaijuer, Chiquer, Chiquer
balle. Ctùi/uer contre, DoubUr,
Eiiibif'mer ' , Embtémir', Caster
(fo cmblimn'. Plaquer', Monter
l'! 'oup ou le cou, un bateau, un
ME.\TO.\. Bun-inclle, liie/ionnet.
- (:<)\THE-MAlTnB HKNUI-
SIER. 'lorrtl.
.UÉi'RIS. V. Geste.
MÉP
— 317 —
MÉPRISABLE. Se traduit par
les équivalents de Abject. Laid,
Mauvais, selon les choses ou les
êtres qu'il qualifie.
MÉPRISER. V. Dédaigner.
MER. Fleuche, Grand r.owt-bouH-
/oii, Grande jatte ^ Grand prc^
Grand ruisseau. Grand salé.
Grande tasse, Lance à foison,
Marsouinc, Ogresse.
« Vous, mon garçon, «lit le nouvel
adjudant en s'adressant nu Parigot,
TOUS, vous avez une tirelire à îuler
casser des cailloux à Biribil... Et je
vous conseille de filer votre nœud
sans rouspéter, si vous ne voulez
pas un jour passer le grand ruis-
seau autrement que sur un bateau
de plaisance. »
Thalassës, r'c*l la (fr^ind'' iaxs»'.
La mer, quoi! Puluphlc^hoio,
Je le traduis avec au«brc
Par : qui vous polit les boyaux.
^K. PONCUON.)
MERCERIE. Coi'smclutric\
MERCIER. Cotsme \ Coesmclotier\
Coesmelotier hurè *, Mcrcelot \
MERCURE. Sirop de laromNre ou
de thermomètre.
MERCURIALE. V. Admonesta-
tion.
MERDE! int. Cambronne, Mordre,
Miel.
» — Moignasse, se soulevant sur une
fesse : Miell je suis encore assis
sur un lapin! »
<Micni:L Thivars.'
J'ai bâti des niaisous étap^e par étage;
J'ai TÎeiUi; j'ai souirort de la raim et du froid;
De meudier mou pain u'ayaut pus le courage,
\vee mon chat, jo crève <'n luou grenier ôtroit.
Je lègae ma charogne aux gcnsd(> la clinique,
Amoaporticrmapipi^i^t mon >ieux<lalzar bleu :
Et je OIS à Paris : Cambrunne pour ta clique !
;bABILLOT.)
Faut-il que vous soyi z
A ce point, pauvre»' pieds,
Des gourdes,
Des gourdes.
MES
Troj) de llcur*, trop de Heurs!
Quelles qu'en soient les couleurs,
Ah ! nwrilre!
Ah ! merdre!
;U. PoxcHO!!.)
— Subs. V. Excrément.
MKRE. lkibt\ Dahcsse, Dabuche,
baronne y boche, Maternelle, Vro-
nièrc *.
— JKl'\E SIÈRK. Dabichonne,
iJabucheftfi, Vnhuchonne.
a Raquedallc, c'était une vache; il
fsait cocii mon pt'ie, mais comme
pôze, i' foutait rfu' nib à hxdabnche. »
« Pendant qu»^ j' jactais avec la môme,
v'ià sa dabesse qui ranplique et qui
la r'condiiit à la lùle à coups d*
ribouis dans V lion. >•
« Sa maternelle venait le voir tous
les jeudis et lui laissait des frian-
dises qu'il i>arta«,'cait avec Hené. »
(J. Laïidkk.)
Allons, ma fili*. r«'>t temps d' briffer.
Au trur:... Quoi? Tu veu\ reiitiffer?
Gy ? l'a^ la p«in' d'iM' si gironde!
Alors, ta doc.h', tu la gi>b' pas ?
Faut qu'ail' turtor'. N'ib dans V cabas.
Qui qu'a mas>( pou' t' fout' au munde ?
(J. HiCMFPIN.)
Ma dab" m'a pondu*; y a icize uns
Dans la ru', par uu' nuit «T décembre.
(L. DK Hescy.)
MÉRIIIIOXAL. En parlant des
personnes : Muco.
« Bretons trapus et roux, mocos
souples et bruns à l'air avantageux
sont là, tripotant à pleines mains
les quartiers de bœuf... »
(J. LonRAi.f.)
MERVEILLEi:X. Chocnosof, Choc-
nosogiie. V. Beau.
MESSAGER. Matignon.
MESSE. Ancicle * tm Encycle \
MESURER (SE). Causer, Y faire.
« Ceux enfin avec qui il pouvadt cau-
ser, cï'taient bien les lutteurs, les
hercules et les gymnastes. »
(J. RtCHEPIN.)
\w ll<>i»r«
-<(«eï«.«qmm-r^p.<..l™il,..
D puormiil pai JF /iiirt.
.. p., .1 .ItrgBl...
i.n,(,"ll. ïnlm'.ii«rri.rj:
.1 .cul.. t»oojidniau.ler.
L) « in binlar:...
oul«ltHiun allonari Cm'lanl.]
iiKTiti-:.
Anrri-e,
Jetée.
MKTTitK. C-Uu
FUif/i'ei; Fvutr
Fkhe, Fklier,
. L^i prt-ti
Uiins la
•s^:si
i'eiit.'Uils yueuler
je la colle à l'a-
Lut dcx
" C'est-y qii' V
« Je lui ilrsignc entii
ficurs el, 31] bosoiii, je les /langue à
lu iiorle «'ils se iiioiitrciil i>iir trup
.. \<>Li> ck' Dieu! li'iii[><*'lii Iv rlief,
iguï ust-ce <iiii lu'ii eucurc /'ou'm le
cuiller d'uiilre» diai* eu tiruirî «
- Ah ! il n'y a plus <lii pUiee à l'in»-
tUul, rùiiuudit le |iatr<m. v\i Lieti,
/uiiiui-lo aux K<>);iie* et iIuudcz-uiiu
k riluui'iiE'flc des •> ?eM* juycux. "
MLl'ItLES. fî"is,
— mtri.Mit siis .itKViii.Ks .
Ilémèiiayer iiar ht i-l<cmiiiéf.
— LMrOltrKRrL.l.MtlCMTt.Vt:-
IIK.XT SliS MKIllLKS. Ilemr-
«••',<■•• •'! U'-loclieih: Lois. \. Dé-
méDager.
.\i(-:i:itTI(l':. Uuiii'ic lliih-.IiiiWun; ■■
liiilk, liefruidkiiiiMit. V. Assas-
sinat.
MKl'ItTItlKlt. tUikur, liulleur,
t:sciiri\c. y. Assassin.
.MKl'ItTItlIt. Jamlioiim-r. :lfi'iw.
V. Blesser. ,
8 — HIX
MIJAL'RÉE. Cho-kolte, Julie, So-
phie, Tiila.
— FAini! VX MIJ.IURËB. Fairt
ion aubépine, >a chochotle, ion
étroite. >a gueiiU, ta merde.
V. Bégueule.
'".j::;:;"^^
Si In curie Ki^nantc nccupe le mi-
lieu du jeu, le liunneleur provient
lu comte pnr le mot ■ mtise •
ou glisse dans son boniiueat
une phrase cutniiienc.iiit par :
()«-fi(-Cf... -
MII.ITAini'I.V. Soldat.
.UII.I.K. Un millet. S'oinitlojo pour
dûsl^iier le iiiimbre Mille, comme
[iiiur la somme do Mille l'i-ancs;
dtLiis ce diniiei'scnsoii dilaussî
.tlIVAl'IlKlt. So h-ailiiit or
ivinciit iiur les lurutinns
lianl l'aite sa Bégueule, f
jaurée.
.\li\i:i-:. V. Maigre.
.ill.M-:. V. Allure.
IIIMS'I'KIIK.
il guJr»,
(ji«'r.s,rqri
— I>il dit .
.luvl.iui-s
Xombrit'A
L-tc-i'ielle qu'il est .Umij-
MIN
— 319 —
MIS
Ceii presque tous des geus tros bieu,
Oa les appeir : Aes Alinistrnbles.
INous aui , on est des gens de rieo,
>os socialos, des misérahleii.)
Va font des megaes, des chichis,
Et, pour avoir un porlercuillr',
Ils nous foutraient bien dans 1' gacliis.
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
MIMSTÈRK PUBLIC. Avocat
bêcheur. Grosseur j Écorneurj Ecor-
ncuXj Faryueur,
« Le substitut se leva pour requérir.
Musqué, car c'est son véritable nom,
lui cria : « Toi, Vavocat-bêcheni\ tu
peux piailler à ton aise, je prépare
mon instrument. »
(Mack.)
« r s'en tir'ra avec cinq piges, si Y
Grosseur ne s' montre pas trop
vûche dans sou boniment. »
MIXUIT. yéyre. V. Horloge.
MI^XTE. hi'oquc, Uroriuille.
« Si c'était à moi qu'on fruit ça, j'
hésit'raiâ pas une hroque : j'irais
mette les pattes en l'air au bon-
homme ! »
« Il a été au moins cinq broquilles
avant d' pouvoir prende la parole. »
MIROIR. Miradou, Mirant, Mi-
rante, Miroitant, llcmbroquant.
Et, à c' moinont-là, le iuur vint
Et j' m'aperçus que rilomm' Divin
C'était moi que j' m'ôtais coWà
b'vantr miroitant ti'un niaichaudd' vin.
(Jkiian Hicius.)
MISE pauvre. Goupine \
MISÉRABLE. (Malheureux, Pau-
vre.) hourlin(jueur , Cascarct",
Claquepatin, béchard, Varidon,
Faridunneau, Ferlampi* r, Ferlan-
dier, Grclotteux, Malingreux, Mi-
séreux, Mistouficr, Mistoii/lard,
Miteux, Moui<ur(l, Pané, Plon-
geurj Pomniadin, Purée, Purotin,
Qui est à la comédie, à Vétanche,
à la faridon, à la faux. Qui est
dans le bœuf, dans la bouillasse,
la bouillie, la bourlingue, la con-
fiture, la débine, la dùche, la dé-
tosse*, les eaux-basses, la limo-
nade, la marmelade, la mélasse, la
merde, la mistouffe, la mistouf/le,
la mouscaille, lo mouise, la mousse,
la moutarde, la panade, la pane,
la panne, la pommade, la purée,
la scfitourbc, le troisième ou le
sixième dessous.
— MISÉIIADLK SANS DOMl-
CILK. Clochard, Fileur, Fileur
de t:oin'eli\ Qui est à la cloche.
Qui file ta cloche, la comHe, Qui
la refile^ Qui sorf/ttc à la paire,
liefileur de co)Ht)te.
— Le nombre de noms com-
posés ([ui désignent les mi-
sérables est considérable et
la littérature se joint aux
argoliers pour en forger
rha(iue jour de nouveaux.
En voici (luelques-uus: Bat-
la-dèche , Bat-le-pavé-sans-
bouffer. Bouffe -la -guigne.
Crève-la- faim, Fout-la-dèche,
Fout-la - faim , Gratte-pavé,
Satis - canijatte , Sans-gite ,
SanS'lc-rond , Sans-maison,
Sans-pain,Sans-pognon,Sans-
sorlots , Traîue-cul- les-hou-
sett es, Tra i n e-g uenille,
Traine-misrre, Ventre-creux,
Ventre-plat, etc. V-. Gueux.
« Tu peux donc pas dégoter un
flanche qui t' rapporte au moins la
croûte, qu'on t' voit toujours dans
la viouisel »
u Les fileurs, les fnridonnenux^ les
mouisards pourront bâchera rilôtel
du Tapis Vert. »
« Kn attendant, j' suis à la faridon,
r taulier m'a fermé la porte. »
« U a loué un local à Levîdlois-
Perret, acheté (juelques lits qui
seront atlectés aux [)Uis di^chards. »
(Cil. Maiato.)
tt Des sergents de ville se mettent à
quatre, à huit, à seize pour traîner
au poste un pauvre grclotteux. »
(A. GoULi.é.)
« Y a-t-il un quantum de cadavres à
atteindre pour que l'on songe aux
MIS
— 320 —
MOD
miséreux qui déambulent la nuit, le
long des rues, échouent dans les
f)ostes de police, la faim au ventre,
a rage au cœur, ou s'abattent sur
les bancs des promenades publiques
en exhalant leur dernier râle? »»
(Mkntoh.)
« QuH's économisent? Mais quoi donc
qui's mettraient à gauche, les
pauv' purées, i's n'ont rien! »
« Quand nous arrivâmes à la posada,
on ne voulut pas nous recevoir;
Taubergiste nous trouvait, comme
disait La Martinière, mon compa-
gnon de route, trop 7nileitx. »
(IIbctor Fkancr.)
« 11 est venu beaucoup de gens à
Tatelier, des paiiés^ des bohèmes,
des bat-le-pavé-sanS'bou/jfer. »
(G. Oii.Nrr.)
H Autour du billard et à travers la
fumée de cent fourneaux de pipes,
on distinguait, grouillant, braillant
et gesticulant, un tas de fainéants,
de crève-la-/aim, et aussi de petits
bourgeois venant régulièrement là
chaque soir pour y tenter la chance. »
(Louis Dahyl.)
La grande table
Aux »ur(i///i9 servait de pieu,
Très confortablo
Lit lie milieu.
\V. Pau.i.bttk.)
Voici le Imui troupeau d«*s filtturs de comète ;
Hétéroclite tas de Iremblauts déclassés,
Cordouuiei'if saus travail, calicots déplacés...
(PatEHNE HKltRlCllON.)
MISÈRE. BouUUisse , Bouillie ,
Bonrlinfjue, Con/iture^ DchincJ)è-
the, Détossc\ FaridoUyUmona'le,
Marmelade^ Mëlnsse, MerdCy Mis-
touffe , Mistouf/Ie , Mouscaille ,
Mouise^ Mousse, Moutarde, Vannde, \
Fane, Vanne, Pétrin, Pommade,
Pure, Purée, liafale, Schtourbc.
• Le paletot râpé abrite autant de j
souffrances que la blouse, mais il :
les montre moins apitoyantes. La
débine de remployé est sans issue, i
sans espoir. La redingote, cuirasse j
de détresse, supporte des assauts j
et cache des blessures secrètes et •
profo:jdes que ne connurent jamais
veste et bourijeron. »
(EuMONO LEPELLCTIhn.)
« La maladie était venue et avec elle
les jours noirs, les jours de dé-
chéance corporelle et de déche mo-
rale. Ils souffraient. Ils ne se plai-
gnaient pas. »
(J. CLAnETK.)
« Je me suis mise dans la panade
pour Taider. >»
(GuMOtl.)
a Quand il n'y a plus de son, les &nes
se battent, n'est-ce pas? Lantier
flairait la, panne; ca Texaspérait de
sentir la maison déjà mangée. »
(E. Zola.)
tt Mon cher ami, je suis bien f&ché,
mais ce n'est pas parce que tu m*as
prêté quelques louis autrefois,
quand j étais dans la purée, que je
suis forcé de faire jouer toutes tes
maîtresses dans toutes mes comé-
dies. »
(J. Mammi.)
« 11 faut que je fasse revenir une gui-
tare d'Espagne pour remplacer celle
que loiscnlourbe m'a fait lourguer. »
(A. LABoau.)
« Ici, c'est la mouise : les rupins te
font la paire ; on va bientôt s'en-
voyer des jetons. »
(iD.)
MOBILIER. Bois.
MODE. Manière d'être, de se con-
duire, de sevôtir, de parler selon
la mode: Snobisme.
— Personne qui afîecte celte
manière : Snob, Snobinette.
— deux qui sacrifient à la
mode nouvelle sont : Dans
le train. Du dernier bateau,
Modem styh, Nouveau jeu;
les réfractai res sont : De C au-
tre bateau, Vieux jeu.
— La dernière mode est Le
dernier ou Lr suprême chic^
Le dernier cri, La dei'nière
sirène. Le dernier vlan, Le
nouveau jeu. V. tilégant.
u Edouard Pailleron, ayant à parler
des prix de vertu, me Slisait : « Tant
pis ! Je vais faire crouler la voûte 1 >•
MOD
— 321 —
MOM
La Yoùte n'est pas même lézardée.
Elle t'habitue a tout. Elle entend
Bans stupéfaction et saus tressail-
lement tout ce qu'on lui fait ente ci-
dre. Elle est modem style aussi,
malgré ses grisailles, et le nouveau
jeu ne déplaît pas aux statues
austères qui décorent Tancienne
chapelle du collège des Quatre-Na-
tions. »
(J. Clabetii.)
« On retrouverait tous ces traits di-
vers dans ses livres. Après une
scène de snobisme ou un modèle
dUnconscience, un dialogue où icilo
conversation entre un frère et une
sœur parlant argot ferait douter de
la famille, on tourne une page, et
rironiste ausi^itôt amène û nos
yeux une larme en nous montrant
un père qui grisonne et un fils <|ui
grandit regardant passer un dra-
peau troué. »
(Id.)
« Dans la comédie de M. Maurice
Donnay, la petite snobinette peut se
moquer spirituelloment des raseurs
aui parlent et reparlent sans cesse
e la dépopulation de la France. H
n'en est pas moind vrai malheu-
reusement que c'est un fait comme
l'abaissement par ralcoolisme. »
(Id.)
« Je suis de Vautre bateau ! Je ne suis
pas un navet, uuc i)oire et je ne
veux pas être arrangé, même par
les grandes idées. »
(F*. Paillette.)
« J'assiste à ces cérémonies impecca-
blement ordonnées, du dernier cri,
du suprême genre. »
(\lexa>drk Hci>p.)
MODESTE. Pas féroce.
A'a ■' contentaient r jour lie leur noce
D'un' petit' tuiiett' pas fortune
Et d'un' jeannette «n stimilor,
A la Goutt'-d'Ur.
(A. B.)
MOI. Bibiy Mézicrc, Mcziq, Mézigo,
MéziguCj Mon gnasse, Mon gnère.
Mon gnUisse^ Mon gnicrey Ma
gueule. Mon orgiiCy Ma poire^ et la
plupart des équivalents de Tète,
précédés du possessif Mon ou Ma.
f< Faut pas chahuter avec Bibi ! »
<i On la fait pas avec mézig ! »
tt Que qu' vous Jactez core sur mon
gnèrel »
c'est pas qu' j'ay' peur cd' d' la grand' sorgue
J' m'en fou^i comme d' Coliu-Tampon;
— La fin du monde après mon orgue.
(A. B.)
J* fais la pi^e à Mossieu Léonce,
Et d' la et>rre à tir'>lurigot...
C'tte vi'-hi, Toid-tu, c'est un rôfe!...
Lus rvmm's \eurnl toutes d' méxigo.,»
y la r'K>\e.
(Id.)
— On se désigne encore per-
sonnellement dans le mon-
de argot ier par L'homme , La
femme, suivant le sexe.
«< Allez, ho I tout d' suite, venez
d'mander pardon à l'homme. »
« Vous Hes content quand vous faites
r'ssauter la femmes mais j*en ai
mare et, un jour, j^ vous plaquerai. »
MOINE. Barbichon, Burlut % Cha-
pan, Penaillon *, Trompeur *.
MOIS. MarqnOy Marqui\ MarqucU
« Y a plus d' six marques qu* j'ai pas
vu ma dube. »
(I Le morlingue du vieux, le bob en
jonc que tu as fourgué, l'autre mar-
quéy tout ça se retrouvera ! »
(0. Mfti«:<iBa.)
MOITIÉ. Mèche. V. Partage.
MOLLET. Jacquot.
a A s' camoufle en cyclissc pour que
tout r trcpe y voye \gs jacquots, »
MOME\T. C'est le moment: Cest
le coup.
— A ce moment- là: Sur ce
C'up de temps-là.
a Quiens, vMà justement U^'ène, ccsl
l coup d'y bonir c' qu'on t'a cassé
su* son orgue. *>
« Su' c' coup d' tempS'lùy v'ià les lau-
nes qui s'amènent. »
21
MON
— 322 —
MOiN
MOXDE. Maraille, Tigne, Tine,
Trèpe, Trèple, V. Foule.
« La maraille rappliquait de tous les
coins du patelin pour voir raccour-
cir le gonce. »
(11. Francs.)
a Ces bergères-là, on devrait leur-z-y
foute la fessée d'vant tout' la Une. »
«I Si t'aurais vu, dis donc, V irèpe ra-
dinait d' tous los cAtés; on n' tait
au moins deux m. lie. »
— DEVANT LE MONDE. A la
lêtCf A la tête du camp. »
« C* qui Ta surtout fait r'ssauter, V
Rouquin, c'est qu' sa largue y ait
envoyé ça à la tête du camp. »
— LE GRAND MONDE. La Haute,
Le High'Life.
« Et révénement d'une affaire, entre
les savates du Trône et les poings
de la Maub', demeurera toujours
incertain, car il est légitime que les
jolis sports, les mœurs athlétiques
et les jeux choisis appartiennent
aux messieurs de ta haute, »
(II. Bauu.)
« Il n'est pas rare de rencontrer des
Gis de famille, flétris par les vices,
qui traînent le nom de leurs ancê-
tres, en protégeant des prostituées
• ■ ' h-Ufe.
du high-hfe. »
(Macé.)
~ FEMME DU GRAND MONDE.
Belle madame.
w Les lutteurs sentent leur fruit, c'est
vrai, mais ça n'empêche pas les
belles madames d'en faire leurs
choux gras. »
^ LE MONDE DE LA GALAN-
TERIE. Bichcrief Verni-monde^
Quarl-de-monde.
On voit défiler, avec un frou-frou
de soie, la haute et la basse bicherie
en quête d'une proie, c quœrens
quem devoret. »
(Fréuaolt.)
« Dans ce qu'on appelle le demi-
monde^ il y a nombre de filles en
carte, véritables chevaliers d'indus-
trie de la jeunesse et de Tamour,
qui, bien en règle avec la préfecture,
mènent joyeuse vie pendant quinze
ans et éludent constamment la po-
lice correctionnelle. »
(Léo Taxil.)
MOIVrVi^VIË. Achetoirs , Aubert,
Braise, Carme, Croix*, Douille,
Flac, Galette, Qateau, Gruau, Me-
nouille, Monaille, Monouille, Mor-
nifle. Pèse, Pèze, Pojnon, Zozotte,
V. Argent.
^ FAUSSE MONNAIE. Carme à
l'estoc ou à Vestorgue, Motmifte
taille.
— FAUX-MONNAYEUR. V. Faox.
MOXOGLE. Carreau,
« r fait r Jacques avec son carreau
dans l'œil. •
MONSIEUR. Paraud\ V. Indi-
vidu.
MOXSTRE. Monstrico,
MONT-DE-PIÉTÉ. Bloc, Conser-
vatoire*, Clou, Gi^and guinal,
Horloger, Mont, Pi^gal, Pégale,
Plan, Planque, Ma tante.
« Il assura ù sa grand'mère que sa
montre était che? V horloger. Mais
la bonne vieille, qui comprenait ce
que ça voulait dire : Allons, grand
polisson, donne-m^en la reconnais-
sance; et tu auras ton oignon di-
manche, si tu viens en permission. »
« Tes boniments, tu peux les porter
au Pégale l Tu verras si on te prô-
t'ra d'ssus ! »
« Y en avait du trèpe aujourd'hui, au
Plan ; on voyait qu' c'était la veille
du terme. •»
« Quand j' mets quéqu^ chose au
Planque^ j' fourgue tout d' suite la
r'connaissauce pour avoir pus à
m'en occuper. »
— COMMISSIONNAIRE AU
MONT-DE-PIÊTÊ. Petit mont.
MONTER. Hautocher.
— JE MONTE. Scalaiê,
MON
— 323 —
MOQ
MONTPARNASSE. Mont par,
Montparno, Montper, Montper-
nasse, Montperno.
« Y avait la bande à Clochard-du-
Trône, dit Patle-rollc, celle à Bras-
d' Acier, ï tombe ur du Montpar... »
« r perchait là-bas, rue d' la Joie« à
Montper, avec ses vieux. »
Depuis que j' l'ai pusj' me fais vieux,
Et pendant qn'a m'atteml aux cieux.
J'rends quêqu's servir' à Caniii^ca^sc,
A Montpemasse.
(A. B.)
MONTRE. Arrondie, Babillarde \
Berzélius (arg. des écoliers), Bob,
Bobe, Bobino, Bog^ Boyard, Boyuc,
Cadichon*, Cadran» Couesu *, To-
cante, Toquante, Trotteuse.
— «ROSSE MONTRE. Bassinoire,
Oignon,
« A lui fauche son bobino avec la
gourmette et tout son gruau. »
« J'tire mon boguard : huit plombes I »
« Vb mettent toute leur ambition à
pouvoir, un jour, s'offrir une to-
cante et une bride en plate, pour
frimer au borgeois ; comme si suf-
fisait d'un bogue pour faire 1'
bonheur. »
« Puis, ayant regardé sa montre, un
oignon de Pautre siècle, [)areil à
auelque bonbouni<''redepn';8idente :
ouB avons encore trois minutes et
deiuie. »
(H. Maizeroy.)
— POSSESSEUR D'UNE MON-
TRE. Bogue.
MOQUER (SE). Acheter, Baucher,
Bêcher, Blaguer, Chariboter, Char-
rier, Chiner, G aussi lier*. Jardiner,
Mécaniser, Mener en bateau, Pas-
ser à la bêche, à la chine, au
charriage, Planchrr, Se fiche. Se
foutre, Se foutre du pape, du
peuple, de la république, S'en
battre lajn^unelle, la pupille, t or-
bite, S'en tamponner le coquillard.
Se payer la fiole, la guculCy la
poire, la tête de, Somer.
m N*ayez pas Tair de m'acheter ! s'écria
l'hercule; je n' suis pas disposé à
me laisser bêcher et je tape dans la
musette du premier qui m emra... ! »
« Les copins nous ont passés à la bê-
che à cause qu'on est rangé des
voitures. »
« Et puis, Manganèse peut blaguer,
lui qui apprit l'ocarina sur un mor-
ceau dTmmonthal... par économie. »
(Narcimi Liblau.)
« Vous étiez content qu'il fasse chou
blanc, vous vous foutiez de sa
poire. »
((îonoN.)
a Le protecteur d'une fille publique
en maison de tolérance peut carré-
ment se paytr la tête des agents
de police. »
(iD.)
u Dans trois semaines je serai à Paris.
Il répondit insolemment : Je m'en
fousl »>
(IloucEs Li Rooi.)
tt II n'y a pas, sous la calotte des
cieux, quelqu'un qui se bat la pu^
pille comme moi de l'nmour. »
(J. Mahni.)
H J'aime pas les gens qui charibotent
tout r temps ! »
— QUI SE MOQUE DE TOUT.
Je-m'eu-fouiisle. V. Insouciant.
— Ou dit de quelqu'un qui se
moque de vous qu' // vous la
fait à l'oseille ou qu'i/ vous la
fout belle,
— Pour se moquer de quel-
c{u'un qui lui fait une offre
inacceptable ou lui tient
des propos inopportuns, Tar-
gotier se servira d'une des
locutions suivantes : Ah!
quel temps! Allons, bon, voi^
là r orage ! Il pleut ! Il va pleu-
voir ! Quelle averse ! Quel
temps I Voilà que j'ai oublié
mon pépin !
MOQUERIE. Bêchage, Bêche, Bla-
gue, Charibotage, Charriage, Chi'
nage, Chine, Jardinage.
MOQ
— 324 —
MOR
« Nous vivons par la blaoue, par
rignorance, par routrccuidance... »
(G. FLAODEaT.)
Il ne supportait pas aisément le
chinage. Son grand plaisir était ce-
pendant de passer ses camarades
au charriage ; à propos de tout et
de rien sa moquerie s'exerçait,
acerbe. »
a La chine sur mon compte, disait le
Parigot, ça ra'est-z-égal ! Mais je ne
veux pas çiu'on fasse du jardinage
sur mes vieux ! »
MOQUEUR. Bêcheur, Blagueur,
Charrieur, Chineur^ Jardineur,
Jardinier.
MORALISER. Bérengériser (du
nom du sénateur Bérenger).
« Le Père La Pudeur, qui fonctionne
au bal de TÉIysée-Montmartre, bé-
rengérise les danseuses qui lèvent
la jnmbe à hauteur de l'œil sans
pantalon. »
(VlBluiTRB.)
MORALISTE. Bérenger, Bérenge-
riste, Père-la-Pudeur,
MORCEAU (PETIT). Lichette,
« C'est tout ce que vous nie donnez?
une lichette comme pour un oi-
seau! »
(Bauda.)
MORDRE. Habiner\ Happiner\
Morfiller, Morganer.
« r fallait r voir morfiller dans son
bout d' gringue! »
n Le négro avait été teigne avec lui.
Quand il avait vu quT n'était pas
r pus costo, il a morgané V biair
du Nantais et i' y en a enl'vé un
loubé. >
MORFONDRE (SE). V. Attendre.
MORGUE. V. Affectation.
— LA MORGUE. Roite aux dége-
lés^ aux refroidis. Musée de la
Camarde, Musée des crojiis, des
refroidis. V. Cadavre.
— APPAREIL FRIGORIFIQUE
DE LA MORGUE. Séchoir, Tt-
roir à macchabées,
MORIBOND. V. Malade.
MORPION. Morbac,
MORT, subs. m. V. Cadavre.
— Adj. V. Mourir.
— Subs. f . Cane, Crevaison^
Crève, Dégel,
« J' fais encore partie d'une aut'e so-
ciété', eb bien ! un coup qu' t'es vio-
aue, qu' t'as soixante ans, on t*
onne vingt sous par jour jusqu'à
ta crevaison, »
(P. Paillbttb.)
« Y a pas d'erreur, ma vieille, si tu
continues ce p'tit truc-là encore
seurment six marques, c'est la crève :
on t' conduit à Saint- Ouen 1 c'est V
dégel I
»
— LA MORT. La Blafarde^ La
Camarde, La Camuse, La Cane,
La Carline, La Cane *, La Coste,
La Guedouze*, La Guidouxe*,
La Macabre, La Sèche, Sophie-
Tourne-l'œil,
« La Blafarde peut venir, le diable
me flambe comme ces papiers si je
regrette la vie. »
(G. D'EsPAaifes.)
« J'étais salement attigé et i' s'en a
fallu qu' d'une broque que j' déripe
chez la Camuse. »
MORUE. Mouillante \
MORVE. Morviat, Morviau, Mor--
viot, V. Mucosité.
^ MORVE QUI PEND au nei
d'un enfant. Chandelle, Poids.
« En voilà un petit cochon 1 toujours
à reuiOer ! Tu ne peux pas moucher
ta chandelle au heu d être tout le
temps à remonter tes poids! »
(J. Laudrb.)
Mais, qiioi ! Ces reutrus sur leurs pieds
N' peuv'nt plus supporter leur gatiot,
MOT
Dans les Telnes d* ces estropiés
Au lieu d* sang il coul' du morviot.
(J. lllCHiriN.)
MOT. Ne pas dire mot : Ne bonir
que dalle, quenib, que niente^ que
peau, qnepouic, etc. (V. Rien), Ne
pas mouffeterj Ne pas piper,
« Il a écouté la remontrance sans
mouffeter. p
(H. Mautim.)
Aussitôt que la ténèbre
Vient dèdorer nos roteiux,
Ce gouvernement funèbre
S'occupe de nos complots.
Certes personne ne pipe
Non plus que s'il était mort
Uu que s'il fumait sa pipe...
(K. PONCHOW.)
MOU, adj. V. Faible, Fainéant.
MOUCHARD. V. Agent, Dénon-
ciateur, Espion.
MOUCHARDER. V. Espionner.
MOUCHETTES. Fauche-ardents %
Tranche-ardmts *.
MOUCHOIR. Aniterge *y Aspirant
denarineSy Blavardy Blave, Blavin,
Chiffon *, Fassolette , Pompier,
Quatre-coins, Tire-moelle, Tire-
jus,
« Mais r jour des Morts, faut tirer son
btave de sa fouille et faire V chiqué
d' s*éponger les châsses. »
« Et, comme le sous-oCT lui deman-
dait ce qu'il avait fait de son mou-
choir d'installage, le Parigot lui
expliqua que, sur deux aspirants de
narines que lui octroyait le gouver-
nement, s'il en distrayait un, il se
verrait obligé, guand l'autre serait
sale, de recourir au tire-moelle du
père Adam, chose qui lui semblait
peu digne d'un soldat français. »
MOUE (FAIRE LA). Faire la
gueule, le nez,
<i Ton père a fait la gueule, hein ? —
Oui, il a marronne. »
(J. Mabiu.)
MOUILLÉ. Uousé,
— 325 —
MOU
MOULIN. Torniquct.
MOURIR. Calancher, Caler, Caner,
Clamser, Claquer, Counir, Cràb-
ser^ Crampser, Cramseï', Crapser,
Crever, Cronir, Crounir, Déména-
ger, Déralinguer, Déteindre, Dé^
visser, Glisser ; plus d'innombra-
bles métaphores dont voici les
plusemployées : Au«/er legoujon,
Avaler sa cartouche, sa chique, sa
cuiller, sa fourchette, sa gaffe, sa
langue, Baiser la Camarde, la
Camuse, Boire le bouillon ou un
bouillon d'onze heures. Casser sa
canne, sa pipe, sa queue de billard,
Cracher son embouchure. Crever
son pneu, Déchirer son tablier,
Défiler la parade, Dégonfler sa
vessie, Déposer son bilan. Déposer
ou rendre son mandat. Descendre
la garde. Dévisser son billard.
Épouser la Camarde, Éteindre son
gaz. Être dégommé, exproprié,
reguisé, Faire le grand voyage.
Faire sa crève, sa crevaison, sa
malle, son paquet, sa valise, Fer-
mer son livre, son pirapluie. Filer
son câble par le bout, Foutre le
camp, Frapper au monument,
d^aisser ses bottes, Lâcher la per-
che, la rampe. Lâcher pied, La
gober. Passer Varme à gauche.
Perdre le goût du pain. Perdre
pied. Poser sa chique. Prendre la
secousse, Prendre mesure d'un pa^
letot de sapin. Recevoir son compte,
Remercier son boulanger. Remiser
son fiacre, son sapin, Renverser
son absinthe, son café, son maza-
gran, Sauter le pas, S'évanouir,
S'habiller de sapin. Se laisser
glisser, Sortir ou s'en aller les
pieds devant. Souffler sa calbombe,
sa camoufle, sa lampe. Tourner
de Vœil ; et enfm la plupart des
équivalents de S'en aller, Fnir.
« L'âme qui s'échappe du corps, le
paradis et les garnisons de là-haut,
après qu'on a claqué. »
(II. Lavbdak.)
MOU
— 326 —
MOU
« J' vas faire semblant d* d'ampser^
qu'a s* disait, Liane de Pougy, au
moins on parlYa d* moi I »
Et tu parles d* fraternité !...
Goinfre! cochoa! mangeur de truffes!
T'es on jouisseur... oui, t'es des mufles
Toi et puis tout' ta société...
Etj' les engueule... Et puisj' m'engueule...
Tieu9... j' voudrais mourir, à la (in...
Pendant que 1' peupe i' a'êo' de faim...
Moi J' suis plein a trulTet j' pu' d* la gueule.
(A. B. Les Souloloques (t f/onoré Constant.)
« Je r croyais fini, n, i, ni, crôniy
Bibi I »
M Que veux-tu, mon bonhomme,
q^uand on cane de pégrenne, on ne
ngole pas ! »
(Mabio it Ladnat.)
« —Comment I le colonel esidégommél
C'est pour ça qu'on est si joyeux I
C'était pourtant un brave homme. »
(IIectob Fbancb.)
« Tout c' trèpe-Ià crève de faim, à
preuve que y en a des tas qui devis-
sent, »
« Pauvre vieille, elle a dévissé son bil-
lard, comme vous savez, en reve-
nant des foires. »
{Les Propos du Commandeur.)
Mais, hélas ! c'est le destin,
^u'on soit riche ou purotin
Quand il faut tâcher la rampe.
On décampe,
Qu'on soit marquise ou pierreuse,
Qu'on soit noble, mac... ou mec...
On se r'trouve à la Chartreuse,
A Mériadcck.
(A. B.)
« Eh bien, reprit Hulot, qui possédait
éminemment l'art de parler la lan-
gue pittoresque du soldat, il ne faut
pas que de bons lapins comme
nous se laissent embêter par des
chouans... Vous allez, à vous qua-
tre, battre les deux côtés de cette
route. . . Tâchez de ne pas descendre
la garde J et éclairez -moi cela vive-
ment. »
(Balzac,)
« Le plus blackboulé, le plus inconnu
Eendant sa vie devient un grand
omme aussitôt qu'il a lâché la
perche, »
{Le Corsaire.)
Et pis, p't-ét* qu'à force d' chercher,
J' mettrai 1' doigt sur un' gross' légume
Qui ne m' laiss'ra pas calancher
Sur le bitume.
(L. DB Bebgy.)
Aurait fallu crapser en chœur
Tous les quatre, en frér's, en amis. -
[Mémoires de M, Goron,)
Il s'écria : « Je rais casser ma pipe! Était-ce
La peine d'amasser tant d'amère tristesse,
Et de déchaîner tant d'huissiers! »
(A. GLATicKr.)
Encore un que la mort fauche
Saus se lasser de faucher,
Un qui passt tarme à gauche.
Sans pourtant être gaucher.
(R. Po5CH0îl.)
— ÊTRE MORT.
« Voici un aperçu des diCTérentes
phrases que Ton peut employer
pour annoncer le décès de quel-
qu'un : Il est mort, il a rendu l'âme,
il est nettoyé^ il est rasibtts, il est
fuméy il est cuit, il est /rz/, il est
f'ricassé, il est ratiboisé^ il est occis,
il est crafiséj il a passé l'arme à
gauche, son compte est réglé, il a
avalé sa chique, il a passé le Slyx,
il est rincé, on l'a mis dans la botte
à dominos, il a débouclé sa valisey il
est cane, il a lâché la rampe, il a
cassé sa pipe, ii a fermé son vasistas,
il a démonté son chouberski, il a dé-
vissé son billard, il est claqué, il a
renversé sa chaufferette, il a dé-
boulonné sa colonne, il s'est laisse
glisser, il a tourné de l'œil, il a
fait la culbute, il est (^ans le
royaume des taupes, on vient de
lui offrir un paletot sans man-
ches, etc., etc. »
{Le Journal des Refroidis.)
C pauv' Perdreau, le y'ik fricassél
Vn si beau garçon, c'est uommage
Lui qu'avait tant d' fois caressé
La Poilue et la M6m' Fromage;
Car c'était un cœur d'artichaut...
Dir' qu'à présent il est en teri*e !
Hirn qu' d'y penser, moi, j'en ai chaud...
Ces fourbis-lù... ça vous allère...
Ah ! c'est épatant, c' qu'on boit,
Quand on a la gueul' de bois !
(A. B. Les Soulologues d'Honoré Constant.)
— MOURAIT. Qui a son compte
réglé, son linge lavé, ses carottes
cuites. Qui est au bout du rou-
MOU
— 327 —
MYS
Ifau^ Qui file un mauvais coton ^
Qui n'^a plus d'huile dans la
lampe. V. Agonie, V. Vieux.
« En entrant dans l'âge mûr, il était
usù déjà comme un vieillard. Ht
quMl fildt un mauvais coton et /ût
au bout de son roule^tu,c*esice que
lui avait dit en propres ternies sans
mâcher ses mots, 1 excellente et sé-
vère Mélanie, lorsqu'elle s'était ins-
tallée au chevet du peintre comme
garde-mnlade. Pour sa dernière ma-
ladie, bien sûr, pvnsait-elle, le pau-
vre diable (encore une des expres-
sions imagées chères à Mélanie!)
n'ayant plus beaucoup d'huile dans
sa lampp. »
(J. Kiciiipin.)
MOUSSE. Quand un verre de
bière est servi avec trop de
mousse, on dit qu'il a trop de
Faux col.
IMOUSTACIIK. Bacchantes, Hiron-
delles, Ombreuses. V. Barbe.
MOUTARDE. Ciment (arg. des
Francs-maçons), Navuce^ Rele-
vante.
MOUTARDIER. Dijonnitr.
MOUTOX. Laine, Morn^, Mortios.
MOYEN. (Procédé.) Ficelle, Truc.
Ces expressions comportent une
légère idée de malice ou de linas-
serie.
« On lui fait dire ce qu'on veut, au
législateur! Et puis, il y a des
trucs... des ficelles; je me prêterai
à ce qu'il faudra. »>
(MlCH».L PitOVIKS.;
— IL Y A MOYEN. !l y a Jeu, Il
y a mèche. Il y a plan. V. Im-
possible.
« Oh ! pour ce soir, mon vieux lapin,
il n'y a pa.v;)/ai, j'attends le baron. »•
{L'Événement Parisien.)
MUCOSITÉ nasale. Crapaud,
Loup, Loulou, Tableau.
« On disait que, lorsque le vieux cri-
tique se désintéressait de Paction»
son occupation principale était de
se tirer du nez les crapauds qui y
avaient séché. »
MULATRE. Fumeron, Zan.
MULET. Se désigne par les équi-
valents (le Ane ou de GhevaL
MUR. Duraille.
MURE. (Fruit.) .Meure.
J'irons huire à la brnnch' de houx
Uo pichet d' viu qui sont la meure.
(J. KlCUIPIH.)
MURMURER. V. Grogner.
MUSCLÉ. Costeau, Costo, Homme.
MYSTIFICATEUR. Fumiste, Le-
mv:e-Tcirieux, Monteur de ba-
teaux, Plancheur*.
« Sapeck était le roi des fumistes;
c'e^t Alphonse Allais qui lui a suc-
cédé. >'
« 11 y a beaucoup de Lemice-Terrieux
dont le meilleur passe-temps est de
faire marcher la police. »
(GOBON.)
H Ces infatigables monleu. s de hateaux
passaient une bonne partie de leurs
soirées à combiner les farces qu'ils
pourraient bien faire à leurs créan-
ciers, à leurs amis, à leurs parents. »
(J. Landbi.)
MYSTIFICATION. Bateau, Fu-
misterie, Scie, Sorte (arg. des
typographes).
a dette imagination burlesque, née
de la siuiililude des noms dans la
cervelle de Cartonet, fut le point de
départ d'un de ces bateaux dont
s'enor.:ueillissait notre joyeux ca-
marade. »
(Michel Cohday.)
« Un pétard faisait explosion, hier
matin, sous les roues d un tramway,
boulevard Magenta, en face de la
rue de Chabrol. Agents secrets et
g&rdiens de la paii le prfcipilent...
et consl&Ceat une foi* depms qu'il
•'uit d'une simple fumUttrie. ■
MYSTIFIER. CAarri«r,Faire aller,
Mener ou promener en Coteau,
Monter des bateaux, Monter une
scie. V. Se moqner.
NABOT. BaS'du-ciil. Foulriquet,
Luin-du-ciel, Luubal, Trois uu
iix pouces U' j'iinljes et le cul tout
de suite. V. Petit.
Eb dooce, on upprtiia n nuaar.
Ou fiollt, OD [iraud ûm doucli's
r luti IrciDp^... 1
NAGEUR. Flotteur.
NAÏF. Calino, Goilot, Gogo, Gogo-
bénit , Jean-jcan , Niyauiiinos.
V. Candide, Dupe.
Huiitinur G»vD. llDuiifUr Béait.
KAIN. V. Nabot.
NAITRE. Décarrer du crac (obs-
cène), Eh jeter un mr l'existence.
Mettre le blair à la fenêtre.
NAÏ
— 330 —
NET
naïvement. Bonifacement.
NAÏVETÉ. Calinotade.
NAPOLÉON. L'Ancien, L Autre,
Le Corse, Le Petit Caporal, Le
Tondu.
— N4POLÉON II. L'Aiglon.
— NAPOLÉON III. Badingue,
Badinguei.
NAPPE. Voile.
NARINE. V. FouiUer.
NATUREL, adj . (Sans aflfectation,
sans apprêt.) Nature. V. Nu.
« J' ffobe c' mec-là I i' fail pas d' chi-
chis pour vous bonir c' qu'il a su'
r cœur; i' voua sort ça d' rif, et
aïe donc III est nature I »
J*ai chaud ; j'étoufTe en mon corsage...
DégralTc-le-moi si tu peux...
Allons, dépôche-toi... sois sage...
Non., mon corset... attends un peu...
Tiens c'est fait ! Me voici nature.
Cher poète, suis-je à (on goût ?
(P. Paillette.)
NATURELLEMENT. Nature, Na-
turliche. V. Simplement.
NAVET. Barbillon de Xarenne*,
Naviot, Navarin, Olive de save-
tier.
NE, NE PA8, x\E PLUS. Pour
signifier Tabsence, le manque :
Nib de, Juste nib.
« Tu voulais pas qu' Taille avec les
aminches à la rigolade ; j'avais Juste
nib d'aubert ; et tu ui' conobles,
j'aime raquer mon fade. »
NÉANT. Nib. V. Rien.
NÉCESSITEUX. V. Misérable.
NÉGLIGER. Dans le sens de Faire
sans soin une chose : Saloper,
Savaler.
— Voyez-moi un peu ça, s'excla-
mait la première, vous croyez que
la cliente acceptera cette jupe-là?
Est-ce assez mal fichu, est-ce assez
savate l »
o Mais ses yeux se fatiguaient à la
lumière insuffisante de la petite
lampe fumeuse et, malgré elle, la
pauvre femme salopait ses derniè-
res douzaines de cravates, qu'il fal-
lait à tout prix le lendemain ma-
tin. >'
(G. Amyot.)
NÈGRE. Bamboula, Bâton de ré-
glisse, Bdton de zan, Beau blond.
Blond d'Egypte, Boule-à-pof-au-
feu. Boule de neige, Cirage^ Ciri*,
Double-six, MaUbUmchi, Minuit,
Moricaud, Peau-de-boudin, Satou,
Zan.
a Ce brave homme avait mis son cou-
teau dans les côtes de trop de chré-
tiens sans parler des mat-blanc his,
pour se faire une idée de nos scru-
pules. »
(HucL'BS Le Roux.)
« Comment qu' c'est qu'on célèbre la
Noël, au Pays de la Réglisse ? «
(ID.)
<« Avance ici. Bamboula^ fit le sergent
en s'adressant au nègre qui vendait
ses cacahuettes, offre ta marchan-
dise à ces dames I »
NÉGRESSE. Nymphe de Guinée.
<( Sa peau reluisait au soleil comme
un bronze ilorentiu. Elle était s^ge,
disait-on, n'ayant encore eu, mal-
gré ses dix-huit ans passés, qu'une
demi-douzaine d'amants à qui elle
restait fidèle jusqu'au lâchage fatal.
Un soir, je devins possesseur de
ses charmes. Mais je me lassai après
une semaine à cause de l'odeur pé-
nétrante de cette ni/mpftede Guinée. •»
{Les Propos du Commandeur.)
NEIGE. Mouches ou papillons d'hi-
ver.
NÉOPHYTE. Noyau.
NERF DE BOEUF. Canard sans
plume.
NET. (Propre.) Net comme torchet te.
S'emploie également pour signi-
fier Catégoriquement, Sèche-
ment.
NET
— 331 —
NIE
a C'est elle qui le faisait vivre, qui le
soignait tendrement, qui rétablis-
sait, chaque matin, dans son fau-
teuil, avec du linge blanc, yie^ comme
torc/ielte, et qui entretenait chez
lui rillusion d'être un bourgeois,
un homme établi. »
(François CoppAe.)
NETTOYAGE. Astiquage, Astique,
Fourbi, Mastic (arg. des garçons
limonadiers).
« Tâchez moyen de me faire un asti -
quage à la hauteur, que le capiston
en rote, mille vingt Dieux ! »
« Ça n'était pas celui-là qui s'abruti-
rait sur le fourbi, pour sûr î il lais-
sait bien tout aller de bric et de
broc ; et s'il n'y avait que son po-
gnon pour engraisser les marchands
d'encaustique et de tripoli, oh ben !
alors, ils pouvaiient crever. »
M 11 est trois heures quand on va se
coucher; et faut être là à huit,
pour faire le mastic, »
NEUF, adj. Batif, Batifon.
NEZ. Blair, Blaire, Blaireau, Bou-
teille, Cep, Chandelier, Décognoir
(arg. des typographes) , Nase,
Naze, Nazareth, Nazicot, Nazon-
nant, Os à moelle, Pif, Pinceau,
Piton, Pivase, Pivose, Poignard,
Renâclant, Reniflant, Tasse, Tas-
seau, Tournigue, Truffe, Tubard,
Tube.
y couch* quéauTois dans les fortifes ;
Mais on s'enrhum* du cerveau.
L' lead'main, on fait 1' cbat qui r'nifTe
Et P blair' coul' comme un ooz d' veau.
(J. RlCHEPl!<.)
Y a pas, faut attend* que ça r'biche.
Et, poure r'bicher, ça r'bicbVa :
Au jor d'auiord'hai, ie peup* s'en fiche ;
Mais c'est pVète d'mainqu'i'marcb'ra...
Est-c' qu'on sait c* qui nous pend au nase?
V sayait-i' Félisque? i' tannait!
Moi j* m'en fous : J* pèche au ter de vase,
En attendant, à Courteuay.
(P. Paillbtti.)
« Elle a un pif affreux et une peau à
plaques vertes, ta passion; une
peou à faire des porte-cartes avec.
Tu vois que je sais qui c^est. »
(J. Marri.)
Mais, bon Dieu ! t'es don* pus un homme?
Un garçon d'attaque.., un barbeau?
Fais don' du foin. . . fal s don' du schpromme,
Va don' crever Nib de Tasseau !
(A. B.)
D'abord, c' goncier-li, c'est un ronfTe,
Un salaud, eun' vache, un sagouin!
Et, si je r poiss* dan' un p'tit coin,
J'y foutrai mon poine su' la truffe!
(L. Di Bkbcy.)
— NEZ ÉPATÉ. Patate, Pied de
marmite.
— GRAND NEZ. Éteignoir, Quart
de brie, Trompe,
— NEZ LONG ET ROUGE. Au-
bergine, Vitelotte.
a Ah! pi t'aurais allumé c^ tubardl il
aurait fait la pige à la trompe du
Tonkinois. Aussi fallait entende les
loupiots, quand i* passait :
— Ahl c' quart de brie!
— Pige donc Vos à moelle du frère I
dix à' éteignoir!
— Hé, Gugusse, pas d' besoin d'ar-
moire à ^lace avec un piton comme
ça ! i' doit y carer ses limes.
«Dites donc, m'sieu, effacez donc
un peu vot' vit'lotte, que j' voye
l'heure à l'église. »
— NEZ RETROUSSÉ. Blair en
trompette, où il pleut dedans.
— NEZ ROUGE. Betterave, Nez
culotté. Qui a coûté cher à
mettre en couleur.
— PERSONNE QUI A LE NEZ
ROUGE. Qui a un blair à ne
pas sucer de la glace, comme la
lanterne du quart ou du bureau
de tabac.
NIAIS. V. Béte.
NIAISERIE. Loffitude. V. Bêtise.
NID. Chaudet.
NIER. Aller à Niort, Battre un
ban *, Battre Niort.
Va, lorsque t'es ballon, à Niort :
Si tu jaspinais t'aurais tort.
(HooicB-GaisoN.)
Si ta n'es pinglé sur le tas,
Bien qu'on te jacte d'indulgence,
Si les gerbiers n'ont conoblance.
Bats toujoars Niort, ne l'oarre pas.
NOB
NOBLE. V. Aristocrate.
NOBLESSE (LA). V. Aristocratie.
NOCE. Bombe, Riolle. V. Bom-
bance, Fête.
NOGER. y. Bambocher.
NOCEUR. Fêtard.
« Et de tout cela, que pense Aliette,
la délaissée? Elle est de fort mé-
chante humeur, vient au château
des Besants avec un cortège fan-
tasque de têtards etdefélaraes, fait
du scandale, ruine toutes les
chances d'Hubert à la députation. »
(Catdlle Mkmdss.}
NOCTAMBULE. (Viveur.) Va-
drouillard, VadrouiUeur.
— Sans domicile : Clochard,
Pileur, Fileur ou refileur de
comète, de cloche.
Et la pauvrette restera sous la
neige, aurant toute cette nuit de
liesse et de chienlit, pour offrir aux
vadvouilleurs et aux grues ses vio-
lettes frisées par le gel. »
(H. SOMBHB.)
Faut qu'alie aye euu' santé, ta largue !
Tu n'y l'aiss's môni* pas un fléchard :
Tout ton pogiiou l* pass' par la gargue,
T'es clochard.
— 332 —
NOM
«
Aussi t'es d' la r'vu'
(A. B.)
Miteux, gougnafiers ou poètes,
IMloQS, raeudi^ot:», purotaiu5,
Fileurs de cloches... de comètes.,']
Fils de ribauds, fîls de putains,
Manchots, aveugles, culs-dc-jatte,
Fripes, fripouilles et fripons,
Nou5 sommes les sans>canijatte...
C'est nous qui couchons sous les ponts.
(Id.)
NOCTAMBULER. Par plaisir :
Vadrouiller,
— Par nécessité : Filer ou re-
filer la cloche, la comète, La
refiler, Sorguer à la paire.
V. Coucher.
« — Huit jours de permission?...
Pour aller voir votre connais-
sance?...
— Non, mon capitaine.
— Qu'est-ce que vous foutrez de vos
nuits, alors?... Vous vadrouillerez^ •
NOGTAMBULISME. Vadrouille.
S'emploie aussi pour désigner
les gens qui pratiquent le noc-
tambulisine.
<i Depuis si longtemps que les règle-
ments Tobligeaient à se coucher de
bonne heure, il avait perdu le goût
de la vadrouille, i»
Allons, la Vadrouille^
Marchons tous au pas.
{Ronde de la Vadrouille.)
NOIR. Some.
— IL FAIT NOIR. // fait nègre,
NOISETTE, NOIX. Cassante, Pâté
d'ermite.
NOM. Bague*, Bagou*, Bagout",
Blase, Blaze, Brac*^ Centre.
Le nase
C'est 1' blaze
Du tirailleur algérien
Qui marche oien.
01
(A. B.)
« Pis, quand qu* t'auras g&ÛUé ma
Patarafe et r noble mon centre, tu
ras : « Tiens, c'est c' cochon d*
Bibi ! »
— FAUX NOM. Faux blase. Faux
centre et, par jeu de mots,Fau-
blas, Faussanie.
« Je prends la tôle sous faux blaze,
tu feras le turbin et on s'arrangera
pour le carme. »
(0. MiTimu.)
« On Tapp'lait Bidel, par'c' qu'il avait
cHé garçon de piste dans eune mé-
nag rie. Mais c'était un faux centre, »
— Personne dont on ne con-
naît pas le véritable nom.
M, Faublas.
« D'où venait-il? qui était-il? Per-
sonne ne savait rien de sa vie
passée ; il était fermé à tous, même
a SCS complices, qui le surnom-
maient entre eux : M. Faublas, n
NOMADE. Chemineau, ChemineuXy
Cheminot, Trimardeur.
NOM
— 333 —
NOU
« La mère Berland était une goule
qui avait usé deux maris et un
nombre inûui d'amants ramassés
parmi les mendiants et les chemi-
neaux. »
(GOROÎJ.)
J'allais à la ville voisine.
Car, par un cheminot, j'appris
Que ma fille uuique, eu gé»ine,
S'y meurt et m'appelle à grands cris.
(FaAMçoie CorpÉE.)
« Trimardew\ chemineau^ mais jamais
pilon — mettons presque jamais. »
(Ch. Malato.)
XOMBRIL. Boudiné.
NON. mb, Nisco, Nix. V. Refus.
« — Dis donc, Maréchal... ta con-
naissance!
Maréchal, dit Touraille, se re-
tourna :
— Ma pauvre petite Kreira! — fit-il.
— Ouij c'est vrail Si prés et si loin
d'elle a la foisi
— Tu corresponds toujours? — lui
demanda l'autre.
— Hum I... c'est difficile. D'autant
plus que Merlier me surveille.
— Je te crois. Il en pince joliment
pour la mouquère.
— Oh! pour lui, c'est comme des
dattes, niscol Rien de fait! »
(MiCUKL MoapHY.)
« — Et alors, vous n'êtes pas des
nôtres, ce soir? demanda le no-
taire.
— Nix, fit Tautre, Ma tante arrive de
Paris par 7.45; et le respect dû à la
famille m'interdit, pendant le séjour
de cette brave femme, la moindre
équipée. »
NOXCIIALAXT. V. Apathique,
Fainéant.
NON-LIEU. Bénéficier d'une or-
donnance de non-lieu : Décarrer
de belle.
NORMAND. JargoUier\ Jergol-
lier \
NORMANDIE . Jargolle * , Jcr-
golle *.
NOTAIRE. Brodancheur à la cym-
bale^ au macaron^ à la plaque, En-
ti/lcur à la plaque, Plaque doran-
chée (allusions aux panonceaux) ;
Inutile, Serard^.
NOTE (MAUVAISE). Manquesse.
— AVOIR UNE MAUVAISE NO-
TE. Piquer une Sèche (arg. de
Saint-Cyr).
NOTE A PAYER. Douloureuse.
a On arrive au bal de l'Opéra, tout
frais, tout mignon, tout pimpant,
bien brossé, plein d'illusions, et
l'on s'en retourne couvert de pous-
sière, harassé, avec sa blanchis-
seuse ou la fille de sa concierge au
bras, supercherie dont on ne s'aper-
çoit qu'au moment de la doulou-
reuse, et l'on rentre chez soi avec
cinq louis de moins dans son porte-
monnaie, quelc[uefois avec un œil
au beurre noir, un mal de tête
atroce, et, malgré cela, avec l'envie
de recommencer le samedi sui-
vant. M
(LtoN HoseioNOi..)
NOTE DE MUSIQUE. Fausse
note : Canard, Couac.
«I Le caporal clairon s'indignait qu'un
garçon qui lui paraissait dégourdi
ne pût pas sonner l'appel sans
fedre de couacs. »
NOURRICE. Abéqueuse*, Dabu-
che, Nounou,
M Soudain il avisa sur un banc une
petite nounou... Oh! mes enfants!
ce qu'elle était chouette! mille
baïonnettes! avec son petit tablier
blanc bien plissé, son grand bonnet
et sa robe noire qui moulait d'une
façon avantageuse les rondeurs de
la poitrine... et des rondeurs, oh 1
là là!... »
[La Baïonnette.)
NOURRIR. Abèquer\ On emploie
le verbe Foutre suivi d*un com-
plément signifiant Aliments ,
Nourriture.
NOU
— 334 —
NUI
« Quand il avait pas d' quoi crouter
c'est moi qui y foutait la pâtée...
aujourd'hui il n' s'en rappelle pus. »
— SB NOURRIR. V. Manger.
NOURRITURE. Becquetance, Bec-
tance, Bomtifaitle, Briffe, Crous-
tille, Croûte, Frigousse, Morfe*,
Plue*. V. Cuisine.
« l's s' demandent comment qu'i's s*
démerd'rout pour trouver la roufle
et la bectance, »
« Tous les sans-fortune ne sont-iU
Ïtas obligés de se louer pour iacroi^-
illef »
(P. Paillkttb.)
a De quoi te plains-tu? demanda le
Parigot. Le gouvernement te fiche
des harnais épatants et un pardeusse
comme n'en aura jamais le maire
de ton patelin ; tu as le plumard et
la croûte assurés ; sans compter que
tu peux te ballader avec uu flingot
sur l'épaule, sons port d^arme et
même en temps prohibé I »
^ MAUVAISE NOURRITURE.
Ragougnasse.
— BONNE NOURRITURE. Ché-
rance.
— NOURRITURE DES PRI-
SONS. Halion de ta liamée *.
— NE GAGNER QUE SA NOUR-
RITURE. Faire juste la croûte.
Ne faire que le biscuit^ que le
bœuf.
« Dans cette nouvelle place, il était
employé au pair et n'avait même
plus les petits pourboires quUl ré-
coltait chez son ancien patron.
— Sale boite, disait -il, on ne fait que
le biscuit! n
— PRIVÉ DE
V. Faim.
NOURRITURE.
« Je ne turbine pas souvent, mon
vieux La Gaule... c^est pas de m«
faute... les singes sont trop rosses...
Eh bien! quoi qu'il faut faire?
— T'affrancbir comme nouziergues. •
(E. LiPSLLCTin.)
« — Nous allons voir el' feu d'arti-
fice, viens-tu avec nouzaillest »
XOUVEAU-NÉ. V. Enfant.
NOUVELLE, subs. Fausse nou-
velle : Canard,
«
3
NOUS. Nousailles, Nouzière, Nou-
ziergue, Nouzig, Nouzigo, Nou-
zigues.
On sait en quoi consiste le canard
et quelle est sa fabrication. Il en est
ui se sont vendus à des milliers
'exemplaires, tels « Le Serpent de
la rue Lacepède » et « L'Assassinat
de Rochefort. »
(G. ACKI^R.)
NOUVELLE-CALÉDONIE. Là-
bas, La Nouvelle. V. Bagne.
« Les uns voudraient que la « Nouvelle »
rendue à la colonisation libre, les
forçats fussent enrégimentés en
brigades volantes. »
(E. BncnAT.)
NOUVELLISTE. V. Journaliste.
NOVICE. Noyau. V. Apprenti.
NOYÉ. Bouffi, Dessalé, Flotteur
(iron.).
NOYEK, subs. Cassant.
NOYER, V. Dessaler, Faire flotter.
Oïl dit également Balancer ou
balanstiquer dans le bouillon,
dans la flotte, dans le jus, etc.
V. Eau.
— SE NOYER. Boire à la grande
tasse^ Se dessaler^ Se faire
flotter.
NU. A poils. Nature. V. Naturel.
Où se cachent les effigies
Oui, sur des écus variés,
Constatent les pathologies
Des potentats avariés ?
Où les Républiques augustes
Mais à poils, inscrivant des lois
Sur l'or des louis d'or, très justes
Quand arrivent les Ans de mois ?
(Laubcitt Tailiadb.)
NUIT. Ili-unetle, Seuiite, Notlle,
Sortie, SoT'jue.
> Ce tait, à la neuilU, on s' trauv'ra
derrière I' Père Lachaise et od «'ex-
pliquera, k
Qui pagaolt nt t k torgui
El pour loua IM frir'i miraotoDi
Omiertir-nlklm marque.
^
OBÉIR. \Marcker.
« — Tn marchtraiê, loi, *i on U
commaiid&it de canarder lei vrâ-
Tlites ?
— Hui... Je ne aali pai, . . Je tirerai*
peut-être... en l'air. ■
OBÈSE. Bidonnant, BirdoutUard.
OBÉSITÉ. V. Abdomen.
OBSCÈNE. Cochon.
• Comme elle le piquait de littérature,
elle Teuilletalt les auteurs à la mode,
afin d'en pouvoir cauier le cas
échéant, mais ne lisait complète-
ment un Duvraga qu'après s'être
nisuri'e, auprès des camarades, qu'il
contenait des passage» ■ corAonj.
«sage» ■ cm
1j. i««
OBSCÉNITÉ. CocAonnm*.
• A la musique, le dimanche, sur le
mail, ils se promenaient, bru des-
sus bras liesious, en frères, «t Ils
mettaient tout leur esprit i inven-
ter des eochonneriei, qu'ils se débi-
taient à haute «olx en passant près
des groupe» déjeunes filles. ■
<c Ce ne sont pas seulement les vieux
noceurs, — que la fSte, trop long-
temps men^e, a obligés A dételer
et que IniBient Impmssents tous
les éliiirs connus, — qui se pas-
sionnent pour les spectacles eroti-
ques et assistent dans des lupanara
ou des • bains >> spéciaux i des
saturnales saphico-socratiques; la
elienlète de voyeuri se compose
aussi de Jeunes gens et de Jeunes
femmes du demi-monde et même
du rral monde. ■
OBSÉDER. V. Agacer.
OBSERVATEUR. Sondeur.
OBS
— 338 —
ŒIL
« C'était un sondeur qui connaissait
son Paris sur le boul du doigt. »
OBSERVATION (SE PLACER
EN). Paire la planque. Se mettre
en planque. V. Espionnage.
OBSERVER. Allumer, Remouchei%
Sonder, V. Guetter, Regarder.
OBSTACLE. V. Embarras.
OCCASION. Chopin, Flaubert, Oc-
case, Tuile (iron.). V. Aubaine.
— ATTENDRE PATIEMMENT
L'OCCASION. Laisser pisser le
mouton ou le mérinos.
« Quand le lion, avant de sauter sur
sa proie, s'aplatit et rase le sol,
celui qui ne le verrait qu'ainsi con-
clurait que cet animal est un taifeur,
qu'il se feiit petit pour s'eiTâcer et
se cacher...
11 n'en est rien, pourtant!
Donc, que les écœurements de
l'heure présente ne nous découra-
gent pas : faisons notre turbin de
propagande, éparpillons les idées
aux quatre vents et laissons pisser
le mouton. »
{Père Peinard.)
OCTROI (COMMIS D). Gabelou,
Landier *.
c Pendant le siège de Paris les f/abe-
tous étaient armés et montaient la
Sarde concurremment avec les sol-
ats. M
(Sctter-Laumax**.)
OCTROYER. V. Donner.
ODEUR. Goût.
« — Ça sent un drôle de .70?^/ quand
on entre ici, fit la petite blanchis-
seuse ; c'est une odeur comme à
l'église.
— Cest un peu de cascarilie que j'ai
fait brûler; le parfum ne vous en
déplaît pas? >»
(Bauoa.)
— MAUVAISE ODEUR. Cornagc,
Embuement, Danse,
— ODEUR QUI S'EXUALE DES
CHAUSSURES, des bas ou
chaussettes des gens malpro
près. Essence 'de facteur, de
chaussettes, Protoxyde de gen-
darmium.
«Au retour des marches, le règle-
ment exige qu'on tienne les fenêtres
et les portes fermées pendant que
les hommes changent de linge. On
leur évite ainsi rhumes et bronchi-
tes ; mais on les astreint à respirer
pendant une heure les miasmes
que dégage le protoxyde de gendar-
mium. »
— RESPIRER UNE MAUVAISE
ODEUR. En prendre plus avec
son nez qu'avec une pelle. En
prendre une prise.
OEIL. Ardent, Châsse, Châssis, Clair,
Clignât, Clignotant, Coquillard,
Godet, Lampion, Lanterne, Lou~
chant, Luan*, Lucarne, Mire, Mi-
rette, Quinquet, Reluit, Vitre,
Avoo'-le, va... t'es impuissant,
Tu clos tes chdsMCMf t'es sans scrunales,
Kt tu protèg's du mém' sanfr-froia
L' sommeil des Bons et des Crapules.
(Jkha:* Rictus.)
Tes clignotants soot fatiguas !
(b.)
a — Eh ben ! quand vous serez là, à
écarquiller vos coquillards 1 »
{Gil Blas.)
Si j* te Tois fair' l'œil en lir'lire
A ton perruquier du bon Ion,
Irma, i' suis l&clié de te 1' dire,
Foi d'homme, j' te crèvo un lampion t
(Chanson populaire.)
V'ià feu ma doch' qui radin' subito.
Môm' qu'elle ai ait encor peint ses mirettes,
f>oudré sou blair et rougi son museau.
(WiLLY.)
T'es là des heur's que tu l'admires I
A t* coller du roug' su' la peau
i.t du bleu tout autour des miret^
T'as quasiment l'air d'uu drapeau.
(L. DE Beect.)
Or, comm* j'avais d' jolis guinouets^
Aux bonshommes que la uoc' déplume
On m'oiiviiva tend' des bouquet:»
Sur le bitume.
(Id.)
a C'est comme Polyte, il a beau s' les
laver avec de l'eau de rose, il a tou-
I jours les godets bordés d^ jambon. »
ŒIL
— 339 —
OFF
— OEIL MITEUX. Cireux, Se dit
également de la personne at-
teinte de mite.
— OEIL NOIR. Pruneau.
— OEIL ROND. Boule de loto, Ca-
lot,
A Panlin, mince de potin !
Oq t connait ma gargarou'^se,
Ma noie, mon pir qui relrousse,
Mes calots de mec au eraliu.
(J. KiCHEriM.)
— OEIL POCHÉ. Cocambo, Coq,
Coquard ou Cocard, Œil au
beurre noir, à la coque, Tape-à-
Vœil.
« Il aperçut Bibi-Ia-6rillade qui lisait
ég^alement Tarfiche. Bibi avait un
œil au beuiTe noir, quelques coups
de poing attrapés la veille. »
(Emile Zola.)
^ DESSILLER LES YEUX. Net-
toyer les lucarnes.
« La petite soubrette fit tant qu'elle
nettoya les lucarnes du baron et lui
fit voir clair comme le jour qu'il
était archi-cocu. »
{Let Propoi du Commandeur.)
— OEIL EXERCÉ, attentif. Œil
américain.
« Le vieux commandant s'apercevait
bien que son sacripant de neveu tour-
nait autour des jupes de Mariette et
semblait humer les parfums « sui
generis » autant que champêtres
qui s'en exhaloieut comme on hume
ceux d^une rose, il voyait approcher
le moment de la décisive culbute,
aussi se promettait-il d^avoir Vœil
américain, c'est-à-dire d'ouvrir l'œil
et le bon. »
{Les Propos du Commcmdeur,)
— OEIL LARMOYANT. Œil ma-
récageux,
— OEIL LANGOUREUX. Œil sur
le plat, en tirelire.
— OEIL LOUCHE. V. Louche.
— OEIL DONT LES PAUPIÈRES
SONT ROUGES. Œil bordé
d'anchois, de jambon, de rosbif.
ŒIL MALSAIN, constamment
uidlade. Œilgogotte,
— OEIL PETIT. Châsse en trou
de p..., en trou de pipe,
— Qui qu'a les mirett*8 gogottes ?
— (Test Chaplolte.
— Qui les a bordé's d'anchois ?
— C'est François.
— Qui qu'a les chàss's en trous <f pipe ?
-;- C'est Philippe.
— Qui qu'a toujours un eoqucwd ?
— C'est Bernard.
{TieiUeseie.)
— OUVRIR L'OEIL. Allumer ses
clairs, ses lampions, Éca» quitter
ses châsses.
— OUVREZ L'OEIL ? Deux sur
dixl (arg. des employés de
bazar).
« Les employés de bazar se prévien-
nent entre eux en annonçant :
« Deux sur dix ! » ce qui signifie :
« Ouvrez vos deux yeux sur les dix
doigts du client. »
OEILLADE. Appel, Coup de châsse^
Coup de mire^ Gingine*.
— LANCER DES OEILLADES.
Faire des appels, Envoyer des
coups de châsse, Ginginer*,
« Tu parles que, si Cécile avait frimé-
la sœur en train de m' faire des
appels, j'y aurais pas coupé d'une
cérémone et qu' 1 aute aurait pris
quéqu' chose pour ses coups d'
châsse, M
OEUF. Avergot, Coco (arg. des
enfants).
OFFICIAiXT. Prêtre officiant :
Babillard, Jaseur.
OFFICIER. Off, Officetnar.
« Tous les o/fs étaient réunis autour
du colon qui s'échauffait et leur
Sarlait certainement du scandale
e la veille. »
— OFFICIER D'ÉTAT-MAJOR,
Topo,
— OFFICIER DE PLACE. As de
carreau *, Vert de gris.
« Le revers rouge que portaient
autrefois les officiers de place
OFF
— 340 —
OR
quand ils étaient de visite de poste
les avait fait surnommer as de car-
reau*. »
— OFFICIER SUPÉRIEUR OU
GÉNÉRAL. Grosse légume ou
simpl. Légume, Poireau. V. Au-
torité.
— OFFICIER COMMANDANT
L'ÉCOLE DE SAINT - CYR.
Tout cuit.
— OFFICIER D'ADMINISTRA-
TION. Chien vert.
— OFFICIER QUI NA PAS VU
LE FEU. Capiston de mar-
mites.
— OFFICIER EN BOURGEOIS.
Marchand de marrons.
^ VIEIL OFFICIER. Culotte de
peau, Ramolloty Ronchonneau.
^ OFFICIER DE GENDARME-
RIE. Rouant*y Rouen*,
— OFFICIER DE MARINE.
V. Marin.
— OFFICIER DE PAIX. Rricul,
Cabestan, Cierge* , Gr.ind Meu-
don*.
— OFFICIER DE JUSTICE. Sa-
cre.
OFFRIR. Se fendre de. V. Donner.
« Elle s'était enfuie comme uue nym-
phe farouche surprise derrière les
saules, criant en un tumulte de por-
tes refermées : « Dites à monsei-
gneur de m'attendre, Je ne suis
pas encore habillée. » Et elle avait
reparu aussitôt, radieuse, les che-
veux relevés en poigntl^e au-dessus
de la nuque, souriant, avec, autour
de ses cuisses fuselées, blanches
autant que des Truits savoureux où
l'on voudrait mordre et étnncher sa
soif, des jarretières de valenciennes.
Et TAltesse avait été si sensible à
cette marque de déféren*^e qu'elle
se fendit , le lendemain, d'uu triple
collier de merveilleuses perles dans
les cent cinquante mille. »
(R. Maizehot.)
— OFFRIR A BOIRE. V. Boire.
OIE. Angauche,Angluce,Anglus$e^
Becfigue de cordonnier,
OIGNON. Olivet, Pleurant.
OISEAU. Bécant, Beccant^ Insecte^
Porte-plumCf Volant.
Et dans l^s branch's et sa' les toita
Ces vach's de h^canti batirolent
£t gueul'nt pus Tort aue des putois.
(Jeiah Rictos.)
Et mézig, parmi le greaa
Ayant rivanché la fràiiue,
Dit : « Volants, vous eoualez chenu. *
(J. RicHBpnf.)
OLIVE. Nisette*.
OMNIBUS. Aie-Aie, Balte à sar-
dines, Bonbonnière à filous *, Bus,
Face à face, Four banal *, Omni-
croche. Roulotte à trépe. V. Impé-
riale.
« On a pris V bus pour nos trois flè-
ches. »
ONANISME. V. Masturbation,
Masturber.
ONCLE. Frangin-dab, Tonton (arg.
des enfants).
ONGLE. Avoir les ongles sales :
Avoir les ongles en deuil ou Por^
ter le deuil.
OPPOSITION mise sur des va-
leurs de bourse. Cognage.
— VALEURS FRAPPÉES D'OP-
POSITION. Faffes ou fafs
cognés.
« Moi, j' sVais cambri, j' tarderais
aue r plate et V jonc ; et dans V taf
u cognage, y balancerais toutes les
imagés dans V rif. »
Pour qu'on pnume nib sous ton toit
Des fafs cognés défargue-toi :
A moins qu'à Londres tu les fourgues,
Tu n'eu tirerais pas deui bourgues.
OR, subs. Jognardy Jonc, Orient*,
On dit encore Bath par opposition
à Toc. V. Beau, Faux.
Avant un marque, i' s'rai fringue :
Frusqué d' premier , bridé, bogue,
OR
— 341 —
ORB
Avec dnjognard plein mes fouillei :
aiirrai, panouif
(L. DB Berct.)
Et j' vous emmoascaiirrai, panouilles !
Bi
«c Après avoir refroidi la vieille, ils
n ont trouvé dans l'armoire qu'un
peu de blanquette avec un bon en
fonc qui valait pas deux ciguës. »
— PIÈCE D'OR. Bonnet jaune*,
Douton^ Jaunei.
M — Je demande le change de mon
billet. L'employé le prend, fait cla-
quer le papier, le passe à la lumière
en le regardant par transparence —
et m'allonge mes dix souverains
en or.
— Superbe!
— A ce point, je feiillis pousser un
cri de joie, lleureusement, je pus
me retenir. Je ramassai les jaunets
sans me presser... et puis je m'en
allai le plus tranquillement du
monde. »
(I.EnMiNA et LftvfguK.)
— Pour désigner la valeur des
monnaies d*or, on se sert
des expressions suivantes :
— 1000 FRANCS. Fifhj (angli-
cisme, arg. des bookmakers);
— 800 FRANCS. Un poney (id.);
— 100 FRANCS. Une livre, un
mètre j une pile ;
— i$0 FRANCS. U?ie deini-livre,
une demi-pile;
Lorsque le chiffre 50 s'ajoute
à une quantité indiquée par
mètres, on l'énonce comme
en français ; exemple :
450 francs, quatre mètres
cinquante ;
— 40 FRANCS. Deux ciguës, deux
cigardsy deux sigards, deux
si gués ;
— 30 FRANCS. Un ciguë et
demi ;
— 20 FRANCS. Un cigue, un
cigardt un sigard, un sigue; on
disait autrefois si galle * ;
— 10 FRANCS. Une bouge, une
pistole ;
— » FRANCS. Un dollar.
Quelques fantaisistes appel-
lent CEuf sur le plut la somme de
15 ou de 25 francs présentée sous
la forme d'une pièce de 5 francs
en argent recouverte de la pièce
d'or.
'( Bref, le Courtemiche en Question
avec des magnéres tout à lait à la
mode, aborde 1* mec à la renconte
su' r rade, et i* y présente dix
ciguës conte deux laffes d'une
pile. M
Nôu.4 on ^crit l'argot des ligues,
Des Ribi, des Kloi Constant
Qui la r'ièv' û Ménilraontant
Et qui ;i'ea vont poissAut des cigutê.
(A. B.)
« On tourne autour de toutes les
combinaisons, on se fait tous les
prix, on se donne tous les nomsl
On fmit par en arriver, dans la
façon de se rabattre une pistole ou
de se proposer cent sous, à une
sorte de pathétique, et le coup
d'œil, à ce moment-là, est vrai-
ment grandiose et grouillaut. »
(Haorici Talmbyb.)
L' principal est de s' laisser vivre,
Sans emAbse, ot de s' fair' do lard
Kt, qu'un la r'truu^s' d'oun' demi-livre.
D'un ciyard ou mono' d'un dfAlew,
Du moment qu'on a la bectance
Et des gonzcss's qui s' mett' à g'noux.
On crie : <« A bas la préfectance !
El viv'nt nus berger' ! Et viv' nous ! »
(L. DB Bercy.)
ORDOXxXAIVCE de médecin. Con-
tremarque pour le Père-Lachaisê
ou tout autre cimetière.
ORDURE. Cochonnerie. V. Obscé-
nité.
ORDRES. V. Décoration.
OREILLE. Anse\ Cliquette, Es-
couille*, Escoute, Écoutille, ES"
gourde, Esgourne*, Esgouveme*^
Loche, Oche *, Scouane.
« — Y es-tu, ma petite pouliotte, y
es-tu? As-tu bien ouvert tes écow'
tilles ? M
(J. RiCHBPUf.)
ORE
— 342 —
OUY
Dans Tot* loche entrez les conseils
D'un vieux roumard, un d' vos pareils.
(HoGiBa-GusoN.)
I<es pèlerins
Ont pris le train,
Le train de P&ques :
De l'eau de Lourdes plein leurs gourdes,
Des bons conseils plein les esgourdes^
Et du pain bis dans leur bissac.
(FaAMC'NouAi!!.)
— <;rande oreille. Feuille
de chou, Plat à barbe,
OREILLER. Polochon, Cette
expression signifie aussi et plus
spécialement Traversin.
ORFÈVRE. Joncher, Orphelin.
ORGUE. Comiflant.
ORGUEIL. Piaf, Pose, V. Embar-
ras.
ORGUEILLEUX. Poseur, V. Em-
barras.
ORIGINAL. Se traduit par les
équivalents d'Amasant.
ORTEIL. Hancot, V. Pied.
OS vendu au prix de la viande.
Réjouissance,
OSÉ. (Hardi.) Qui a du culot, Qui
n'a pas de puces. Qui n'a pas la
trouille. Qui n'a pas chié la honte,
« — Eh ben I mon cochon, Vas pas
de puces de venir dire que c'est moi
qui t'ai chauffé ton c{uartl Plus
souvent que je voudrais boire à la
même auge que toi I »
OSTENTATIOX. V. Affectation.
OU? Interrogation dans un sens
de moquerie, d'ironie ou de re-
fus. Chez Bobèche? Chez hache?
Chez Plumeau? Chez qui? \, Com-
ment.
OUBLIER. Manger la consigne, le
mot d'ordre,
m — Alors, c'est entendu, nous vous
attendons lundi, pour tirer les
rois. Allons, adieu; et surtout ne
mangez pas la consigne! »
(J. LàNDai.)
OUI. Gi, Gigot, Go, Gy, Jaspin", Ji,
Jy.
Gy, mon chéri, oui, gjr, mon homme.
Tout mon fricot c'est pour ti pomme...
Gj, t'en aiires
Tant qu'ren voudras
Du beau pognon qu'est dans mon bas.
— L'affirmation, rapprobation
se traduisent souvent par des
périphrases comme : Je te
crois ! Je f écoute! Tu parles!
Tu causes ! Un peu, mon ne-
veu, etc.
« — Mon ami, lui dit le jeune homme,
puisque tu me gobes tant ({ue ça,
veux-tu me rendre un service?
— Mince alors!.,. Vous par lez l.., »>
(Lbamiha et LtvtQuBi)
OUTIL. Ensemble des outils d*un
ouvrier : Bibelot, Biblot, Clous,
— Ensemble des outils d'un
malfaiteur : Agobilles, Alê-
nes ou Halènes, Bataclan,
Cadets,
« Deibler, maintenant, veut avoir ses
clous auprès de sa piaule. >>
« Ne pouvant supposer que je saisis-
sais leur langage, il parlaient argot
à côté de moi :
— Moi, disait le plus petit, je ne
monte pas en Pair sans cadets;
trouve aes halènes et je marche. »
— OUTILS DE
Baume d'acier.
CHIRURGIEN.
OUVERT. Débouclé, Débridé.
V. Ouvrir.
OUVERTEMEXT. A la tête, A la
tête du camp. V. Effrontément.
OUVRAGE. V. Travail.
OUVREUR DE PORTIÈRES.
Déboucleur de roulantes.
OUVRIER. Bouleau, Boulot, Prolo,
Turbin,
— Par ironie, on altère l'or-
thographe d'Ouvrier dont
on fait Ouvarrier, Ouierre-
rier, Oveirier, etc.
343 — OUV
MAUVAIS OtIVHIBR. Caltur
— BON OirVRIER. Boulonneur,
Cotletineui; Coltineur, Masseur,
Turbiieur,
— Un joftof ! repéta le contre-coop,
un sabot qui commence sa lemaine
le mardi et qui ne ficbe rien de
bon!... li ne lera paa long feuJ >
Les petUa maina gagnent leur vie
en cousaut les uni aux autrei dei
lés de blanc, de rouge, de bien. •
ifiirodie argotique.)
m
PAILLARD. Baiseur, Bandeur,
Chaud de la pince. Chauffeur, Co-
ckon. De l'abbaye de Longchamps',
De l'abbaye des Dames ', Fouail-
leur ', Fourrageur, Fourreur, Fott-
tailleur'. Fauteur, Godeur, Got-
teur ', Gou-jnot, Homme à femmes,
àpassions.Juponnier, larcotlier',
Largottier *, Marcheur, Planteur,
Porté sur l'article, liiiard ', R
cailleur, Bosse larcot des Flan-
dres), Soudrillard', Tendeur.
V. DégniBer. Ces expressions
sont obscènes, à l'exception ' ~
quelques-unes qui sunl couran-
tes en littératui-e cl en journa-
lisme.
- Mais ainsi ne vonlaieiil-ils pas agir,
eui, les casac-cŒurs, restés int:-
bronlablement paillngsonBetrAatJtJj
rie la pince, certes, aussi, et restés
en mSme temps, chneun ù 9ara<;on,
le bel bomine dont la philosophie
voué à l'enlretiea de l'hoii
11', i'.ium..)
Jac(|ues Était ce qu'on appelle a
Pari» un homme à femmes, itiaii
saus la sottise de Leil&Ire qui s'at-
tache gi^Déraleiuent à cette Aèrù-
miDatiou. »
(Félicii, CK.ir..U..)
C'était le plus grand juponnier que
j'aie jamais connu. Sans cesse en
chasse, dans le rhamp des Tauvettes,
ayant l'art de plaire el celui de s'y
§ rendre, il rerentdl rarement bre-
ouille. ■>
{Le» Prùpot du Commandeur,)
Le petit vicomte, nouvellement ma-
PAI
— 346 —
PAN
rié, a présenté sa jeune femme au
vievx marcheur^ son oncle.
— Eh bien! vous plait-elle? demande-
t-il.
— Si elle me plaît? répond le vieux
marcheur y tous mes compliments 1
Je Ten souhaite beaucoup comme
ça... »
(£0 Journal.)
« Et la gamine demeurait pensive
devant le dessin de Forain, se de-
mandant de quoi avait bien pu rire
sa tante et ce qu'il pouvait y avoir
de drôle dans ce dessin d'une vieille
servante, apportant le petit déjeu-
ner à un couple couché, et cette
légende : « Le chocolat du Plan-
teur, »
(P. DOMBRC.)
PAILLASSE. Bardannière (arg.
lyonnais), Plumard. V. Lit.
PAILLE. FertangCy Fertillante,
FertillCy Frétille, Pelouse, Plume
de Bcauce, Plume de trois pieds.
PAIX. Artie\ .\rtif\ Arton\
Bricheton, Briffe, Briqnolety Car-
me" y GiHngale, Gringuey Lartie^
Lartif, Lartille, Larton^ Pierre à
affûter.
« J*ai faim ! qu'on me donne au moins
du bricheton. »
(Gonoii.)
« — Un coup do jus, mon vieux
birbe, et une croûte de brignolet. »
(HUYSMANB.)
« Ben moi j' trouv' que c'est schbeb!
Et quoique j' gob' pas beaucoup les
robins et tout c' qu'i's appell'nt la
Justice, f dis que l' Ma(?naucl (tu sais,
r président du tribunal ed' Château-
Thierry qu'avait renvoyé blanch'
la bonn* femm' qu'avait grinchi un
gringu^ pour son m6me« tout der-
gnièr'ment ?) j* dis que 1' Magnaud
est un homme. »
Tout d' môm', dis pas niort au persil.
Sans lui, bonsoir la bagu'naud' ronde!
Moi. j* suis birbass', j'ai b'soin d' larton.
T'as Jonc un palpitant d' carton?
Qui qu'a massé pou' t' font' nu monde?
(J. RicHEPi:*.}
« — Hé! p'tit Louis, passe-moi la
piei*re à affûter, dit, en tirant son
couteau, le loucherbème. J*ai une
dent ce matin à croûter un sergot. »
— PAIN BLANC. Artie de Meur
tan*, Chotet, larton savonné^
Mousseline.
Je lui jaspine ea bigorne
Qu'as-tu donc à roorfiller?
J'ai du ch'nu pivois saus lance
Lonra, malura dondaine,
Et du larton savonné
Lonfa, malura dondé.
{Chanson argotique.)
— PAIN BIS. Bissard, Brutal.
— PETIT PAIN. Meurt-de-faim.
— PAIN DE QUATRE LIVRES.
Maçon.
— PAIN DE TROUPE. Boule,
Boule-de-son.
« ~ Qui c*e8t qui s'a core endormi
su' ma boule*î fit-il en se rétablis-
sant sur la planche à pain. Si jamais
je le choppe, j'j montrerai la dix-
septième, à çui-là! vingt Dieux! »
— RATION DE PAIN DU PRI-
SONNIER. Demi-boule.
PAIN DE SUCRE. Enfant de
chœur *.
PALAIS. Dalle. V. Boire.
PALAIS DE JUSTICE, à Paris.
La Cigogne.
Je monte à la Cigogne,
On me gerbe à la grotte
Au tap et pour dii ans.
{Vieille chanson argotique.)
PALETOT. Alpague, Alzingue.
« Des salauds, avec des falzards tout
neufs et un alpague du bon tail-
leur. «»
(TaUBLOT.)
— PERSONNE VÊTUE D*UN
PALETOT. Fracassé.
PALIER. Paron.
PANIER. Pagne.
PANONCEAU. Cymbale, Macaron.
PANSE. V. Abdomen.
PAN
— 347 —
PAP
PANTALON. Bénard, Culbuiant,
Culbute^ Dalzar, Êtuiy Falzar,
Palzard, Fendard, Fouitenardy
Fourreau, Foutanard, Grimpant,
Montant y Pantalzar, Phalzar,
Porte-trèfle * , Seiroucl, Tuyaux,
« Avec une def à dix-neuf ronds, un
bénard à pattes d'un thunard et un
bourgeron d'un tarante, le v*Ià
harnaché. »
Avec le cul sur an coussin
On n'a pas 1' plaisir épatant
D' détacher auprès d'un roussin
Un' pastiir dans son cnlhutniU.
(J. RiCHBPIA.)
Elle roucoule, elle flûte
Devant les gens stupéfaits.
Et tout ça dans sa cxilbutf^.
Et ça ne sent pas mauvais.
(Raoul Poncbo!<.)
Cbercir*la, poivrot!... Tu déblatères
Pour de quui ? Que qu' lu vcui prouver ?...
Tu gueul's coot' les parlementaires,
C'est-i' ça qui t'Ia Tra r'trouver
Ta bon Dieu d' clé !... In clé d' ta lourde...
Fouiir ton gilet... fouill' ton falzarl
Espèc' de veau !... bougre de gourde!...
... C que l'aurais perdu', par hasard?
(A. B. Let Soulohquei d'Honoré Constant.)
Ave€ mon chat, je crève en un grenier étroit.
Je lègue ma charogne aux gens d*' la clinique,
A mon portier ma pipe et mon vieux dalxar bleu ;
El je dis à Paris : Cambronne pour ta clique!
(BARBn.l.OT.)
Heschaussett's? C'est pus qu' des mitaines,
Ma reguingote a fait d' la peine
Et mon phalzar, y m' fait du tort.
(Jehan Rictus.)
J'en connais des las... des peinards,
Oui s' font casquer par leur lesbombe
Des trottinett' et des fouU'nards^
Au lieur que moi faut que j' me bombe,
Et que j' m'en aill', clopi, dopant,
Avec mes ribouis en panlouPe.
Pendant que 1' vent du Nord i' souPe
Par les trous du cul d' mon grimpant.
(A. B.)
« Par analogie le pantalon s'appelle
encore grimpant, montant^ tuyaux^
étuij fendard ou fourreau. >»
— PANTALON
Jupon.
DE ZOUAVE.
— PANTALON LAROE DES
OFFICIERS D'AFRIQUE. Flot-
tard.
c Le lieutenant portait le pantalon
collant, mais le capiston avait con-
servé d'Algérie Inabitude du flot-
tard, M
— PANTALON D'OUVRIER •
Colle.
« ... Les complets de drap ont rem-
placé la cotte de velours sur les
reins du dernier nervi. »
(JCAK LoRBAni.)
— CEINTURE DE PANTALON.
Grand col.
— Les prudes, qui ont aussi
leur argot, appellent le pan-
talon Inexpessible,
PAPE. Franc Razis*, Patron ou le
Daby le Daron de la Ratiche,
PAPERASSE. V. Papier.
PAPERASSER. Fafioter.
PAPERASSIER. Fafioteur.
PAPETIER. Fafioteur^ Papelar-
dier.
PAPIER. Fafe, Faffe, Fafiot, Faf-
fioty Mince, Papelard,
(( Mais Boule-de-Neige mâchait tou-
jours le papier pour faciliter son
passage dans Tcstomac. Alors
Oiseau-Mouche lui pince le nez de
maniùre à couper la respiration et
lui dit :
— Maintenant, beau matamore, il
faut cracher le fafioty c'est indi-
gesl^B.
Et le papier, repoussé, se pro-
jeta sur le sol. »
(G. Uacé.)
« Le papelard, c^est le papier sous
toutes ses formes : journaux, com-
plaintes, indicateurs des rues de
Paris, canards, etc. »
(G. ACKER.)
— PAPIERS D'IDENTITÉ.
V. Acte.
— FAUX PAPIERS. Faffes à l'es-
toc, à l'eslorgue, sous faublas,
Luques *, Luquels *.
— PAPIER TIMBRÉ. Chiffarde,
Papier à douleur.
PAQ
— 348 —
PAR
— PAPIER A CIGARETTES.
Fafe à griller, à rouloter. Se
dit aussi simpl. Fafe,
PAQUET. Baluchon, Paquemont,
Pacsin*, Pacson.
<( — Mais eafia, mon petit homme,
suppliait-elle, qu*as-tu à me repro-
cher?
— Tu le sais bien... Et puis,... en
voilà assez! j'en ai soupe!... Fais
ton pacson et fous-moi le camp ! »
(A. Labosie.)
M — Oui, oui. nous la connaissons,
celle-là! Venu à Paris sans le sou,
en sabots, et avec deux chemises
dans un baluchon ! C'est la légende
de tous les goujats millionnaires. »
— PAQUET D'OBJETS VOLÉS.
Cadets,
« Quand on Ta cerclé, 1' Frisé était
core fargué d' tous ses cadets ».
PARADE de foire. Postiche, Pas-
tige. V. Annonce.
— FAIRE LA PARADE. Flam-
ber, Postichet\ Postiger.
« Pauvre Tabarin, tandis qu'il flambe,
Isabelle le cocafie. »
« Le public est nombreux pendant
qu'on postiche; mais quand il faut
y aller de son pognon, il se barre. »
PARADER. V. Embarras.
PARADIS. Paradouze . Cette
expression sert fréquemment à
désigner un lieu de plaisir.
PARAPLUIE. Landau à baleines,
Paralance, Pépin, Riflard, Ro-
binson.
Muni d'un immense p^pin.
Le bas et cauteleux Kodin,
Parfait jésuite.
Frac buutoQué jusqu'au menton,
Allonge un énorme piton
En pomme cuite.
{Chanson du Père Lunette.)
— PARAPLUIE DE COTOX
dont se servent certains fo-
rains ou marchands ambulants
pour abriter leur marchandise.
Mauve,
« Le mauve est toujours en coton
rouge ou vert. »
{Phytiologie du Parapluie.)
PARASITE. (Pique-assiette.) Oui
chasse au plat. Qui cherche la
gueulée,
PARBLEU ! Tu parles!
« — Tu leur donnes du pourboire, à
ces braves gens, sous forme de
kilomètres en moins.
— Ils eùment mieux cela.
— Et toi, aussi?
— Tu pat les ! »
(Alphonse Allais.)
PARDESSUS. Pardeusse,
— PARDESSUS TRÈS LONG.
Gâteuse,
M Et, dans V fond, je m' gonflais d*
pouvoir plaquer ma bâche, ma def
a la noix; d* chanstiquer mon fal-
zard à la Bénard conte un fendant
à la mode ; de m' coller su* 1* lard,
au lieur d'un rideau, un alpague un
peu gandin et un pardeusse a Tan-
glaise. »
PAREIL. V. Analogue, ÉquiTa-
lent.
PAREXTS. Les vieux.
• A quinze berges, a plaquait ses
vieux pour faire la bombe. »
PARESSE. V. Fainéantise.
PARESSER. Vachotter, plus les
équivalents de Fainéanter.
Comment que ça se fait que tu
t'amènes à des heures pareilles, toi
qui vachettes, le matin, dans ton
pieu, jusqu'à des midi passé?... »
(Michel raoTL<«t.)
u
PARESSEUX. V. Fainéant.
PARFAIT. V. Excellent.
PARFAITEMENT. Au pouce.
Aux pommes, Aux petits oignons.
Aux petites oignes, Chiquement,
Chouettemcnt, Dans les grandsprix.
De première, Salement (iron.).
PAR
— 349 —
PAR
a Je lui ai servi ca aux pommes! Ça
valait l'os I 1* n^a pas d^maDdé son
reste! »
« — Vous savez, elle est cocasse votre
chausonet vous l'avez détaillée aur
petits oignonsl »
(Edgar Monteil.)
a — Un maigre aux choux et chouel-
lemeni fade! »
a — Tu aurais pu t'en payer de le
rouler dans les grands prix. »
(J. MAnni.)
— Sous forme affirmative.
V. Oui.
PARIA. Esponion \
PARIEUR. Backer (anglicisme),
Bettingmann {\d.)f Donneury Piel-
der (anglicisme).
PARIS. Pamplnche\ Pantin, Pan-
truchCf Parouart *.
Et rar la bascule à Chariot,
H a payé, sans dire uu mot :
A la Roquette, an beau matin.
Il a fait voir, à ceux d' Pantin,
Comment saTait mourir un broche
De la Bastoche !
(A. R.)
Et Toilà!... Mince d' chopin!...
Faut vraiment être guenucho
Pour venir chercher son pain
A Pantruehe.
PARISIEN . Pantinois, Pantru-
chardf Paniruchieny Pangot.
« C^est pas un cambrousien comme
toi, un panas, qui viendra faire le
poil à un Pantruchard couimc
sézig. »
Lm fortifs... mais c'est In ballade
Des Pantinois, où chaau' lundi
Les laborieux, en rigolade.
Vont respirer l'air cd' Bondy
En admirant la l>€ir natur*'...
Et s'allonger sur le gazon.
Sous la Tumé' des Irnins d' ceinture
Uui leur obscurcit l'horizon.
(A. R.)
« — Ça vous ferait rien que je me
faufile sur le siège?
- Si mon cocher veut.
— Lui, un Parigot,.. Pas de danger
qu'il refuse!... Pas vrai, Ten-
flammé? »
(LEauTNA et LÉviQci.)
PARLEMENT. Aquarium. V. Dé-
puté.
PARLER. Dévider. V. Causer,
Jargon.
— PARLER UAE LANGUE
ÉTRANGÈRE. Hacher de la
paille. Otle expression s'ap-
f)Iique plus sp(^cialement à la
angue allemande.
PARLOIR de prison. Boîte aux
singesy Vrle*.
PAROISSE. Paroufle*.
PAROLE. V. Éloquence.
— SUR PAROLE, isur le verbe.
PART. Fade. V. Écot.
PARTAGE. Décarpillementy Fa-
dayCy Palmuchage.
— GARDER LA PLUS GROSSE
PART du partage. Faire grifton
ou soldai.
— CONSERVER POUR SOI ce
qui était destiné au partage.
Faire l'esgavdy l'esque.
— PARTAGE PAR MOITIÉ.
EstuCy Estuque.
PARTAGER. Aller chez Paldès,
Décarpillery Estuquer^ Fader, Fat-
mucher, Stuquer.
Ouand un gas te frime à flancher
Va chez Faldèt avec sézigue :
"Tu l'empaumes avec un ciguo
Et tu l'empèrhes de cracher.
« On a fade le barbotin au cabaret
du père Lerouge. »
« A preuve que les frèr's- j' t'agriche
ont pris toute la tierce avant qu'ils
ay'nt eu V temps d' falmucher. »
— PARTAGER UXE CONSOM-
MATION. Faire un bras.
« Quand on n'avait pas l'argent suf-
fisant pour renouveler entière-
ment la tournée d'absinthe, la
moitié seulement des camarades
PAR
— 350 —
demandait une seconde consom-
mation, — carabinée, cette fois, —
et faisait un bras avec Taiitre
moitié. Tout le monde ainsi rebu-
vait et les frais étaient moindres. »
(G. Amyot.)
— On dit, et ces expressions
sont aujourd'liui couranles,
Faire le bon ou le mauvais
fourner pour Partager, en
se réservant la meilleure
part ou la moindre.
PARTIE jouée par deux filous et
une dupe. Galiote, Gaye,
PARTIES GÉNITALES. V. Sexe.
PARTIR. DécambuteVj Dcmorpio-
ner. V. S'en aller.
PARTISAN. On désigne, dans les
différents argots artistique, po-
litique et littéraire, les partisans
d'un homme, d'une école, d'un
système, en ajoutant au nom de
ce système, de cette école, de
cet iïomme une terminaison en
ardy dlrCy ien, iste, etc.
u Une reprise presque sacrée que
celle de ce soir et qui a le caractère
d'une manifestation : manifestation
aussi curieuse dans son genre que
la première au Nouveau-Théâtre de
« Tristan et Iscult >»; après les Wag né-
riens quand même, les 0/jfenbachistes
irréductibles, la «< Belle Hélène »,
MeilhacetHalévv,î^chneideretSilly,
la distribution àe la première. Gre-
nier dans Calchas, Ménélas Kopp et
Couderc Agamemnon, et dans Par-
thénis et Lœéna, les deux courti-
sanes de Nauplies, Amélie Latour
et je ne sais quelle autre grande
impure d'alors ! »
(Jia:< Lorrain.)
« Quand je débutai dans le journa-
lisme, j'avais un ami très remar-
quable, alors avocat, depuis jour-
naliste, et stendhalien en diable, à
l'heure où j'étais un hugolâlre for-
cené. »
(Jui.ES CLAnin°iK.)
Kofin, TOUS qui votez,
Uni voulez des d<!^putés
PAS
Quand même,
Quand môme;
Qui lisez ces placards
Opportunaux, radieards,
Fumisles,
Fumistes...
(R. PoxcHOjr.)
« Des bourgeois, jusqu'ici modérés,
se découvrent une àme de tortion-
naires ; d'anciens révolutionnaires
sont devenus assieliaubeuristes ; les
anarchistes soutiennent un gouver-
nement; les sceptiques se pas-
sionnent pour une idée, les enthou-
siastes se fichent de tout; des ^ens
sont poursuivis pour des opinions
qu'ils n'ont pas et d'autres les pour-
suivent au nom d'idées qu'ils n'ont
plus; la France est divisée en deux
camps : les traqués et les détra-
qués... Mais les derniers sont les
plus nombreux. »
(Jeàr Goudeui.)
PARVEXIR. Dans le sens d'Arri-
ver à une situation : Grimper,
h Bien que sorti des rangs, le capi-
taine b'iUde-fer avait grimpé rapine-
ment, gi-&ce à ses campagnes colo-
niales. »
— QUI CHERCHE A PARVENIR
par tous les moyens. Arriviste,
« Et Vat*rivisie qui n'arrive pas devient
rapidement le surmené dont un fait
divers nous a dit, l'autre matin, la
tragique histoire... Béroalde de
Verviile ajouterait facilement, au-
jourd'hui, un chapitre narquois à
son « Moyen de parvenir. »
(Jules Clahetic.)
— QUI XE PARVIENT PAS OU
n'est pas parvenu. Raté. V. Dé-
classé.
PAS, négation. Lâpuche (V. Jar-
gon), Mb.
a — As-tu du perlot?
— J'en ai 7iib. »
PASSAXT, subs. Pacant\ Pac-
cani*.
PASSE - PARTOUT. Bouton ,
Froufrou. V. Clé.
PAS
— 351 —
PAY
PASSEPORT. Escrache, Faflard,
Luque * , Lxiquet * , Passecrick ,
Passecrique.
— MONTRER SON PASSEPORT.
Escracher.
PASSER. Pastiquev,
« r s'est fait poisser à pasliquer de la
morniQe tarte. »
PASSER (SE). Dans lesensd Être
privé : Se bomber. Se brosser. Se
gauler. Se gratter. Se taper. V. Se
Priver.
PASSION. Pépin sérieux. V. Ca-
price.
PASSIONNER (SE). V. Aimer.
PÂTÉ. Parfond. V. Église.
PATISSIER. Dariùleur. Cette ex-
pression se prend en mauvaise
part; on sait que la dariole est
une sorte de ilan très ordinaire.
— OUVRIER PATISSIER. Four-
7iali>l^.
PATIENCE (PRENDRE). Laisser
pisser le mouton, le mérinos.
V. Occasion.
PATRIMOINE . Sain t-frusquin .
PATRON. Bauce\ Bausse\ Bonn*,
Dab, Duron, Galeux, Uers *, Man-
che, Marpau *, Mec, Meq *, Pâte,
Pilier, Singe. V. Chef, Maitre.
« Comme i' f'sait du rebecca et qu i*
disait qu'on dVrait déclarer la grevé,
l' galeux y a foutu son sac. »
— VXTKOySE.Baucercsse *, Daus-
seresse*, Bosseresse*, Dabesse, Da-
buche, baronne, Grélesse, Guenon,
Singesse, Tronne.
« J'ai profilé que la singesse est allée
au cimetière pour venir voir com-
ment va mon amoureux, dit-elle au
sous-officier, et puis aussi pour vous
demander de lui faire passer ce
petit paquet-là. »
«i Mais les éclats de rire s'éteignirent
subitement. L'apprentie, qu'on avait
placée en observation, venait de
s'écrier : « Paix, paix ! Y'Ià la tronne
qui s'amène ! »
(A. Larorie.)
— FILS DE PATRONS. Dabe-
muchCy Dabicule.
« Un affreux marmot, le dabicule,
tyran de la maison, qu'on eût aimé
écraser comme une punaise» pous-
j^it des cris de paon. »
[Les Propos du Commandeur.)
— VOILA LE PATRON !Dtx-tftfiD^'
Vingt-deux!
« De tous côtés on entendait crier :
n Dix-sept ! » pendant que le gros
Frisé faisait le tour de ses rota-
tives. »
« — Vingt-deux ! cria l'arpette.
Et tout rentra dans le silence. »
PATROUILLE. Patraque*, Sime.
PATURAGE. Civard.
PAUPIÈRE. Store.
« V'ià la mère qui baisse ses stores, V
marchand d' sable est passé. Faut
aller s' plumer ! »
— PAUPIÈRES ENFLAMMÉES,
ROUGES. Anchois, Jambon, Ros-
bif. V. ŒU.
— PAUPIÈRE INFÉRIEURE
FRIPPÉE. Porte-monnaie, Va-
lise.
« 11 avait à peine la quarantaine \
mais la patte d'oie et les valises qui
lui marquaient les yeux, naguère
très beaux, lui donnaient l'aspect
d'un homme de cinquante ans. »
PAUVRE. V. Misérable.
PAUVRETÉ. V. Misère.
PAVÉ. Diamant, Diurne.
PAYE. Banque, Sainte-Touche.
PAYEMENT. Arrosage, Billan-
chage. Petit cadeau (arg. des
filles). V. Acompte.
« Je veux bien être aimable avec toi ;
mais, tu sais, il faut me faire mon
petit cadeau, n
PAY
— 352 —
PAY
PAYER. Aller au refil^ Allumer,
Banquer, Billancer, BHlancher, BU-
1er, Braiser, Carmery Casquer, Cra-
cher, Cracher au bassinet, Danser,
Dérondiner *, DouiUer, Écluirei*,
Illuminer, Raquer, Se dé f arguer,
Se fendre, Y aUe\* de; plus les
veroes Aligner, Allonger, Décher,
Défiler, Fiisi/ter avec, comme ré-
gime direct, un des équivalents
d*Ârgent monnayé.
« On Tengraine dix ronds par dix
ronds et, quand 1* mec fait la l'vure.
il a banque ses deux pièces, i»
c Trubl* allonger du carme à une
dame, mince, alors ! »
(Trddlot.)
Tu fais pas crédit aux Tahriques :
Faut l* carmer au>sitAt 1' turbin.
(P. Paili.bttb.)
« Et ce n'est pas fini. Je guigne la fa-
mille Beaunarnais pour la reprise,
fmis la famille Talleyrand, ensuite
es .Murât, d'autres encore. Il n'y a
Sue les d'Orléans sur qui mon in-
ustrie se brise. Ils ne casquenl pas
pour le th(''âtre. u
(E. BiaoERÀT.)
« C'était peu ; mais heureusement que
le gouvernement, sur les fonds
secrets, m'en a aligné, avec reçu,
cent mille autres pour tomber Na-
poléon, dont rOmbre était aussi du
complot. »
(Id.)
« Les associés tolèrent cet » amant
de cœur » en se disant qu'un jour
viendra où ils seront peut-être
obligés de remplir Temploi, emploi
utile, reconnu par eux, el cjui con-
siste à organiser les parties de dé-
bauche, à faire la chasse aux loges
de théâtre, à racoler des jeunes
gens naïfs et riches pour les attirer,
les conduire, les faire danser chez
la maîtresse commune et, à l'occa-
sion, les ruiner par le jeu. »
(0. Mict.)
« Les attractions de l'Exposition
c'est des trucs pour faire défiler
r pognon des gourdes. »
« Au moral pour vous conseiller, vous
diriger, enrayer un béguin et sur-
tout faire douHler l'ennemi. »
(J. MAam.)
a — Ah! mademoiselle! La mère de
Monsieur vient de couper le gaz A
Monsieur...
— Couper le gaz?
— Eh bien! oui; elle a fermé le
compteur ; elle n'éclaire plus, quoi ! »
(H. Latbdar.)
Uq s' disait : C'est des marloupins
Qui s'amus' à trouer leur linge.
Ou ben des poseurs de lapins
Qui veul'nt raqtier en monnai' d* singe.
A moins que ça soy' des rieax salauds...
Des vieiH's vadrouilles d' noctambules...
Des Tieui cochoos... des saligauds !
Eb ben ! non... c'était Mossieu Jules.
(A. B.)
— PAYER LES POTS CASSÉS.
Gober la sauce.
H C'est toujours Jacques Bonhomme
qui gobe la sauce. »
— NE PAS PAYER, pat faveur
spéciale, une chose oue paie le
commun des mortels. Passer
devant la glace.
« Ce n'était pas que le scrupule
rétouffàt ; mais il savait que le colon
ne plaisantait pas sur ce chapitre-
là et arrachait nn pitoyablement les
sardines des gradés suspects d'al-
phonsisme. Il se contentait donc de
passer devant la glace au grand 6
et ne percevait, comme rémunéra-
tion de ses caresses, qu'un paquet
de tabac fin tous les aeux jours. »
— .\'ÊTRE PAS PAYÉ. Passer à
Vas, à gauche. Cette métaphore
s'emploie également pour dire
Ne pas payer.
Ra meneur, donne de ton claque
Au pigeon une contremarque,
Fais-Ic nettoyer chiquement
Four afluror'ton cinq pour cent.
Si, par ha«ar<i, le grec qui 1' fauche
Voulait lo fair' passer à gauche.
Dis : « Si tu m Tai» passer à l'as,
y te bidonn', tu poi!«s ras Maxas. »
(l!oGiEa-Gaiso?c.)
— PARTIR SANS PAYER, Faire
le faut, Faire pouf ou un pouf^
Fuser,
PAY
— 353 —
PÉD
— On dit en parlant d'un
créancier qu'on ne veut pas
payer : Il peut y mettre deux
P. ou P, P.
PAYEUR. Carmeur, Casqueur.
Écout'-raoi bien, m.i p'tit' Julie,
J' sais pas jaloux d' lou Tieux easqueur.
Je sais qa* tu m' gob's à la folie
A preav que J' suis ton amant d' cœur...
(EuG. LsMBaaia.)
PAYS. Paclin , Pacquelin , Pate-
lin, Terrant*.
« Après avoir passé deux mois chez
ma grand'mère, dans un petit pate-
lin des Hautes-Alpes, je suis arrivé
ici. »
(GoaoN.)
PAYSAGE. Peinture de paysage :
Plat d'épinards,
PAYSAN . Betterave , Bicanat .
y. Campagnard.
PEAU. Basane, Couenne, Cuir, Étui,
Pelette.
« Il était sur sa machine, au milieu
des flammes qui lui rôtissaient I'
cuir, »
« C'est bon!... Tu sais que je t'ai
dans Vétui, et tu voulais te payer
ma fiole! Mais ouvre l'œil et le
bon! 1»
(E. LCPBLLETISR.)
Et maintenant n'allex pas croire
Qae doit nous rester la victoire :
Car, à moins que ces gaillards-là
Ne soient pinces à la douaue
Ils se feront avec nos couennes
De riches babils de gala.
(R. POMCHON.)
— Les ouvriers gantiers ap-
pellent Jubile la peau qu'ils
économisent sur leur coupe
et qu'ils s approprient. V. Bé-
néfice.
PÊCHER à la ligne. Ferrer, Ta-
quiner le goujon, Vablette, le gar-
don, etc.
PÉDANT, PÉDANTE. Poseur, Po-
seuse. V. Embarras.
a Oh ! ce qu'elle est poseuse^ cette Jo-
siane! »
(J. Mahiii.)
« C^est tout simplement un poseur, et
rien de plus. »
(J. RiCHBPlil.)
PÉDÉRASTE. Bichon, Bique et
bouc, Boye, Brodeuse, Casse-poi-
trine, Chevalier de la rosette.
Chatte, Chienne, Chochotte, Col-
leur de timbres-poste, Copaille,
Coquine, Cordonnier de campagne,
Coi'veltey Cousine, Emile, Em-
manché, Emposeur, Emproseur,
Encloué, En fifre, Fellateur, Viotte,
Frégate , Germiny , Gosselin ,
Homme modiste, Honteux, Jésus,
Lapin, Lope, Magneuse,Magnusse,
Mam'zelleDibi, Mignon, Mignonne,
Peaufin, Peaufine, Pédé, Pédéro,
Pénélope, Popographe, Qui che-
vauche à r antique, Qui donne de
Vognon, du rond, du petit, Qui
en donne. Qui en est, Qui donne
des coups de tête dans les mar-
ronniei'S, Qui ramasse des marrons
ou des épingles, Qui sait se baisser,
se retourner. Qui s'en fait jetei\
Sernette, Sonnette, Tante, Tapette,
Tata, Tuileur, Vivette, Zouavette,
et la plupart des équivalents de
Prostituée. .
Ce monde de marions, de pantres,
Où pas un être n'e&t heureux;
Où tant de cœurs, où tant de Tenires,
Où tant de cerveaux sonnent creux ;
Ce monde de pédés, de chattes.
(P. Paillkttb.)
11 l'a rois dans ses bois. Un savant professeur
l<ui donne des leçons. Comme anli -féministe
Far sa tante amoureuse il est déjà quelqu'un :
L*obscur manouirrier devient membre-oculiste.
11 mangeait, l'an dernier,les miettes d'un raquin ,
L'ancien mec à la mie a des jaunets eu pile,
Bien rringué.bien meublé : Le beau lit de milieu.
Ses désirs sont des lois pour le ricil imbécile.
Imbécile, f ai tort, cette lope est bon fieu;
C'est la riche copaille éclairant bien les danses.
(ID.)
« Cyclistes, crevant de santé dans des
maillots chiffrés, des maillots de
soie comme des copailles, les mol-
lets nus... I*
(Jean Lobrain.)
23
PÉD
— 354 —
PBI
« A raquait d'un cAlé, comme coquine ;
ça y rev'nait d' Taute, comme bar-
beau. »
« Son petit Jéstu^ reconnu malade,
est à Viufirmcrie de la Santé. Tous
deux ont tiré profit de l'imprudence
commise par un père de famille qui
a lié conversation avec ledit Jésus
dans les latrines des Halles. •
(G. llAci.)
« Et tous sont instruits. L*un d^eux
est licencié en droit et surnommé
par les pédérastes de profession :
« Cordonnier de campagne », parce
qu'il travaille pour hommes et pour
femmes. »
(ID.)
« À côté de ces vulgaires sodomites,
et en dehors de ceux qu'ils exploi-
tent, existent des associations de
dépravés... Connus sous la désigna-
tion d'hommes- modistes f ils se re-
crutent dans le haut commerce
« spécial » à tout ce qui a rapport
à la coquetterie fémiuinc. »
(Id.)
« Mme Le Corbeiller, allumée par ses
désirs monstrueux, fouillait Paris,
depuis les magasins, les boudoirs
et les riches salons jusqu'aux bou-
ges, depuis les appartements dis-
crets des proxémHesjus(iu'aux mai-
sons de tolérance et aux antres des
tatas et des lesbiennes. »
(Dl-hl't de LAroRrsT.)
Jacquet, ignornot la prntique
O'Ilippocrate v\ du Galien,
Chevauchait, un jour, à l'antique
Margot quo chacua coauait bieu.
« 11 avait des manières étroites et
précieuses, il se parfumait comme
une femme et «Hait toujours cosmé-
ticjué ainsi qu'un jeune marié.
D'anciens troupiers d'Afrique, qui
lui supposaient des habiluacs con-
tre nature, l'appelaient zouavette ; et
cela le faisait inotlablement sou-
rire. »
A Biribi, c'est là qu'on rûlo
On râle en rut,
La nuit on entend hurler 1' mâle
Cju'aurail pas cru
Qu'un jour i' s'rait forcé d' connaître
Mamzvir Hibi,
Car tût ou tard i* Taul en élr^f
A biribi.
■ A. B.)
J'en ai eu deui : deux saligands,
DeuK tant'i^ deax Ûlouf, deux fagolf.
Deux Tach's, deux cocboos, deux tapetttt.
(lo.)
J'am'rais ben moi aussi, mon Guleu,
Avec les gas qui sout an sac
(Sans pour ça m* fair' mignoruM oo mac)
Vivre en donxelle et en Jojeax.
(JbHAN KiCTCft.)
« — Ah ça, et Caillé, il en est aussi?
— Mais oui, il est chevalier de la ro-
sette, comme on dit. >•
(AC«L-STB VlTO.)
— LIEU DE RÉUNION DE PÉ-
DÉRASTES. Canapé.
— LE MONDE DES PÉDÉ-
RASTES. L'oignon^ Le rond,
La rosette.
—AVOIR DES RAPPORTS AVEC
UN PÉDÉRASTE. L'empétar-
dery Lencaldossery Lenfifrtr,
Ventaler, etc. Toutes ces expres-
sions sont de la plus basse obs-
cénité.
PEIG\E. Râteau, Ratichon \
« Les fi leurs invétérés ont toujours
sur eux un morceau de savon et un
râteau, parfois même un bout de
miroir. »
PEIGXER. Mtisseï' le gazon, la
hure.
PEIXDRE. Faire de mauvaise
peinture : CruiHonner.
— Peindre avec trop de fini :
Blaireau ter.
PEIXE. \'. Chagrin, Difficnlté.
— ÇA VAUT LA PEINE. Ça vaut
le coup, le jus, l'oignon, Vos, te
pognon.
« Sans char, mon vieux, j' m'en aurais
voulu d' pas avoir été voir ça!
Vrai î ja valait V coup ! »
PEIXER. V. Trayailler.
PEIXTRE. Barbouilleur.
— PEINTRE EN BATIMENT. i?a-
layeur,
— APPRENTI PEINTRE. Mar-
cussin.
PEI
— 355 —
PBR
PELXTLRE. V. Peindre.
PÊLE-MÊLE. V. Désordre.
PÈLERIN. Coquillard.
« Deux tables plus loin, un coquitlard^
avec son costume complet de pèle-
rin, épclait la complainte de Samte-
Reine. »
(V. Hir.0.)
PELOTON DE PLMTIOX. Bal,
Danse, Peloton de chasse.
« Allez I en place pour le bal ! cria
l'adjudant, et allez me chercher le
sergent de semaine de la 3« du 2.
iroas lui direz qu'il vienne com-
mander le peloton de chasse. »
PENDRE. Agrafer, Angner\ Bé-
quiller*, Grupper*, Mettre au
haie* y au rung*, Vendcnger*,
PENDU. Duc*, Évéqite de cam-
pagne*, des champs*, Fourdu*,
Grup ', Qui bénit avec ses pieds.
Qui garde les moutons à la lune.
Par jeu de mots, on dit encore
Gambilleur de tortouse et Qui
meurt du haut mal.
« Un des susdits sera ceste année
faict esvèquc des champs, donnant
la bénédiction avec les pieds aux
passans. »
^Kaielais.)
PENDULE. Berloque, Breloque.
V. Horloge.
PÉNÉTRER. Embarber,Enquiller.
V. Entrer.
PÉNIBLE (C'EST). Dureté! ou
Cest dureté.
« Entendre des trucs comme ça et
n' pouvoir rien boniri Dureté! »
PENSER. Sorbonner.
PExXSION, PENSIONNAT.
Bahut, Boîte, Maldine*. V. Col-
lège, École.
— PEXSIO^r BOURGEOISE.
V. Restaurant.
— Revenu annuel ou mensuel.
Flotte (arg. des étudiants).
PERCEPTEUR. Dégraisseur.
PERCER. Bouliner. V. Trouer.
PERCHE. Bavault *.
PERCHOIR. Juc *, Guche.
PERDRE . Chaumir * , Laumir *
(V. Jargon), Paumaquer, Paumer.
« Alorsse, tu t'impatientes et tu va*
à un aute guichet où qu'y a un
gonce qui n'en fout pa* eun' broque
et qu'est en train d^ lire su' V Jor^
nal des Courses V canasson su' qui
qu'i' va mette un' thune (quT pau-
in'ra, comme de jusse). »
— PERDRE AU JEU OU dans
une spéculation. Boire, Boire la
goutte, La danser. Passer au
gabant, Prendre une culotte. Se
faire enfiler.
« Celui-là était un brave homme de
cultivateur qui avait hérité quel-
ques biens de son père et qu'a-
vaient promptement mis à sec de
maladroites spéculations. Il avait
bu la goutte avec le Panama et
s'était vu dans l'obligation de tra-
vailler pour autrui... »
« Après ravoir dansé d'une vingtaine
de louiSf le vicomte ouitta le cercle
et gagna à pied la demeure de la
chanteuse. »
(P. DOMBIC.)
« J'ai eu beau y faire l' ser, il a tout
d' même voulu essayer du bonnet
et i' s'est fait enfiler d' deux pièces. »
PERDREAU. Trinsmart.
« Les braconniers n'ont pas tous la
même aptitude ; beaucoup sont spé-
cialistes. Les uns se livrent à la
chasse aux perdreaux, dits irins-
marts; aux perdrix, dites gallines,
et aux faisans, dits cocos. >i
(G. MAci.)
PERDRIX. GalUne. V. Perdreau.
PERDU. (Ruiné.) De l'f, Enflaqué,
Esgourd, Fumé, Lessivé, Nettoyé,
Rincé.
PÈRE. Dab, Daron, Paternel, Pro-
met*.
• V canait tout 1' temps la classe et
PÉR
— 356 —
PET
son dah y filait des pâtées à chaque
coup. »
« C'était sa dabe qui marnait pour
toute la taulée, 1' daron s' piquait
r tube et n'en foutait pas une
datte. »
PÉRIODE de punition, de service
militaire. Temps.
— ACCOMPLIR UNE PÉRIODE
de punition, de service. Faire
son temps, Tirer.
« Sa maîtresse, une petite carton-
niëre, qu'il avait eue sage, lui avait
f promis de l'attendre et il devait
'épouser lorsqu'il aurait fini son
temps. »
« Elle vient de tirer six marqués
pour dégringolage. »
(0. M<iTÉ5iEa.)
« Ayant trois jours de prison à faire,
ils se font écrouer avant cinq
heures du soir, apros avoir copieu-
sement déjouné. C'est un premier
jour de tiré. »
(G. MACt.)
PERMIS, Franc.
« — Je veux bien aller croustiller
chez ta frangine, mais si le pet est
fr€inc. M
PERMISSIOX. Cùndéy Franc
condé. V. Autorisation.
PERMETTRE. V. Autoriser.
PERPÉTUITÉ (A). A perpète, A
perte de vue, A lioquc, Pour Vaf,
V. Forçat.
PERRUQUE. Boubane\ Eri-
geante*, Gazon, Panoufle*, Bé-
chauffante.
« La patronne de la tôle était une
vieille maca d'au moins soixante
piges qu'avait d^ faux crochets, d'
faux rondins et un' réchauffante en
poil de carotte. »]
PERRUQUIER. Perruquemar.
V. Coiffeur.
PERSONNAGE , PERSONNE .
V. Individu.
PERTE. V. Perdre.
— PERTE SÉMINALE. PauSie
couche (obscène).
PERVERSION. Affranchissement,
Dessalage, Dessalement.
PERVERTIR. Affranchir, Dessa-
ler. V. Initier.
PESER. (Avoir du poids.) Barder.
« Et avec ça, su' les endosses, un as
de carreau qui bardait dans les
seize kilos. »
PET. Cloque, Haricot, Navet, Pas-
tille, Perle, Prout. V. PanUlon.
Vesse.
" Un jeune amoureux va rendre visite
à sa timide fiancée. Il entend sur
le palier au-dessus de sa tête, la
porte de l'appartement qu'elle habite
s'ouvrir, puis une flatuosité sonore,
puis la voix harmonieuse de la
chérie qui dit : « Premier navet l »
Seconde flatuosité: « Scconénavetl »
dit la voix. Troisième flatuosité :
<i Troisième navet! » Et ainsi de
suite jusqu'à la demi-douzaine. Dé-
fi[oùté de cette harpe éolienne, il
fait un mouvement pour fuir. La
demoiselle se penche et l'aperçoit :
« Quoi! Monsieur, c'est vous? Vous
étiez donc là? demande<t-elle. rouge
comme une pivoine.
— Oui, Mademoiselle, depuis votre
premier navet. »
(Hectur France.)
PETER. Avoir la peau trop courte,
Cloquei\ Fuser, Lâcher le gaz, une
perte, une tubéreuse, Laisseï* tom-
ber quelque chose. Ouvrir sa casso-
lette, sa tabatière, Roter duns sa
chemise, Se lâcher. Semer des pois.
— PETER LONGUEMENT. Dé-
chirer de la toile.
n Cette petite était vive et gentille,
dodue et faite au tour, et je l'eusse
volontiers gardée comme amie.
Mais, quoique bonne à orner un lit,
comme disait Unbclais, elle le par-
fumait trop. Elle ne faisait ^ue
lâcher en dormant une succession
de tubéreuses et un chapelet de
PÉT
— 357 —
PU
pastilles n'avant rien de commun
avec celles du sérail. »
(Let Joyexuetés du régiment.)
M — Et tu crois que c'est pas emmiel-
lant de coucher avec un type comme
ça! Le bougre de salaud ne fait
toute la nuit que déchirer sa toile.
Tu penses si ça danse dans la
piaule. »
{Les Propos du Commandeur.)
PÉTEUR. Cloqueur, Gazier.
PETIT. En parlant des gens : Bas
du culy Bout de cut^ Fond de bain^
Loin du ciel, Six pouces de jambes
et le cul tout de stiit€f et les équi-
valents d'ÂTorton, de Ghétif.
PÉTITION écrite. Babillard, Ba-
biUarde, Babille, V. Placet.
PEU. Pas bezef, Pas chei\ Pas
rhérot, Pas gras, Pas lourd.
V. Beaucoup.
— CHOSE DE PEU DE VALEUR,
de peu d'importance. Machi-
nette. V. Valenr.
PEUPLE. Populmiche, Populo.
V. Refuser.
« C'étaient des camarades de misère,
des poteaux, du populo comme lui. »
(J. RlCUKPIX.)
PEUU. Flemme, Flubard, Flubc,
Fluxion, Frousse, Pétasse, Taf,
Taffetas*, Trac, Venette, Vcsse.
— A VOIR PEUR. Avoir la cf liasse,
la flemme, le flubard, le flube,
les foi^s, les foies blancs, bleus
ou tricolores, la frousse, la pé-
tasse, le taf, le taffetas*, la
trouille, la vesse, Caner, Ca-
poner, Chier dans sa chemise,
•dnnt sa culotte, dans son grim-
pant, Fluber, Foirer, Frousscr,
Serrer les fesses, les miches,
Taffer, Traquer, Vcsser.
« Vidocq prit la parole : En voilà des
fainéants I s'écria-t-il ; si vous avez
tous la flemme, je vais y aller, moi,
chez votre négociante. Je ne vous
demande qu'une chose, c'est de me
donoer son adresse. «
(M. Mauo et L. Lao^ay.)
Alors, tu marches pas... t'as V flube,
(A. B.)
Toi que j* croyais un chouette, un m&le
Mais, nom de Dieu !... fas donc V foi' blanc f
(lo.)
J'ai Tait chibis. Vataxs la froitête.
(J. K1CHBP1.X.)
'< r se r'présente pas aux élections
parce qu'il a la pétasse de n^ pas
et' renommé. »
(DcCHt5l.)
«< Comment, tu veux que Je te recon-
duise I Vas donc la trouillet »
« rai pas V taf, mais j'ose pas. »
La pauvrette, prise de frousse.
Arpente en long le boulevard
Telle une autruche dans la brousse
Fuyant devant le léopard.
(J. KCOELBPIBGIR.)
PEUREUX. Froussard, Taffeur.
V. Capon.
PHARMACIEN. Pharmacot, Po-
tard.
Claudicator ayant découvert qu'il existe
Des comtesses ailleurs qu'aux romans de Baliic,
A chaussé des gants paille et revêtu le frac :
Ou le prendrait,tant il est beau, pour un dentiste.
Jadis potard, expert à triturer des bols,
Il rêvait, dédaignant le nom d'apothicaire,
A des in-folios connus d'Upsat au Caire...
(Laurbkt Tailhaob.)
PHOTOGRAPHE, PHOTOGRA-
PHIE. Photo.
— PHOTOGRAPHIE OBSCÈNE.
Polka.
PIIYSIOXOMIE. V. Visage.
PIAXO. Armoire, Buffet, Commode.
— MAUV.\1S PIANO. Bahut,
Chaudron.
« Tu ne te figures pas que je voudrais,
pour un cachet de dix francs, m'at-
tabler devant la commode toute une
après-midi et toute une soirée. »
(A. MA^toci.)
« Au-dessus de chez moi, un atelier
de couturières où cinq « silen-
cieuses i font un vacarme du diable
du matin au soir; au-dessous, un
professeur de piano qui ne cesse de
taper sur son chaudron; en face,
PIC
— 358 —
PIN
une usine à vapeur. Comme vous
voyez, le calme parfait. »
— JOUER DU PIANO. Caresser
ou taquiner Civoire,
PIC. Picon \
PIE. GnacCf Margot.
Chouetr, mon pMît gam, v'Ià qu'i' lanc'qiiinc,
Si ça fait rentrer le;* inargots
Au bois, c'est pas moi qu' ça taquine :
Ça fait sortir les escargots.
(A. B.)
PIÈCE DE MOXXAIE. V. Ar-
gent, Billon, Or.
PIÈCE DE THÉÂTRE. Ours.
— PIÈCE QUI N'A PAS
SUCCÈS. Four.
DE
« — C'est une pièce charmante faite
pour votre théâtre.
— C'est bien ce que je pensais : Pre-
nez mon oursl »
(J. Dlflot.)
«c Comme cet auteur dramatique qui,
au lendemain d^un échec, déclinait
l'honneur d'être Tinventcur des
fours au théâtre, et s'en proclamait
simplement le propagateur, ils se
rappelleront qu'avant eux, des
artistes qui eurent un certain talent
et qui par la suite finirent par
acquérir quelque notoriété, furent
aussi des recalés. »»
(I'ali. BoXIIOMMB.)
PIED. Arpion^ Courricrf Gadin,
Haricot, Harpion, Inconstant ^
AlaHlochon, Main courante, Vattr^
Paturon, Portant, Soubassement,
Tr'tlin, Trot tiy noie. Ces deux
derniers mois s'appliquent éga-
lement à la chaussure.
Prt^s dos thoâtres, clans le» p^arcs,
Entre les or pions «les sergols
C'est moi que j' cueill' les bouts d' cigares.
(J. KiCHKIMN.)
Princes, gens d' la haut*, tas d' mich'tons.
Vous nous croyez des carmagnoles.
C'f'Sil pas vrai, houx comm' de» moutons,
Du cabochard aux trottitjaoles.
(In.)
« Rigoler? Quand j'ai l'estome dans
les gadins'. »
« On m'a trop serré les haricots^ c*est
embêtant de marcher ainsi. »
(G0W)5.)
u Ah ! tu es venu passer quarante-
huit heures à Trouville et ta veux
rentrer chez toi? Eh bien! mon
garçon, tu vas nous payer deux
louis pour te ramener. Tu refuses ?
Eh bien, rentre à pattes si le cœur
t'en dit. »
(Alphokbb Alla».)
J' Tas pas pus loin, mon tts chancelle.
fAes paturons, y sont trop Us,
Cependant tout vit, éclat', roisselie.
Ça sent It vierge cl les lilas.
(JiHAN Rictus.)
PIÈGE. Aman-e, Pont.
— TENDRE UX PIÈGE. Monter
le vert en fleur. Poser un gluau,
— TOMBER DANS UN PIÈGE.
Farcher ou faucher dans le
pont, Vaner, et les équivalents
de Croire.
« C'est un naïf, un simple, un bon
qui se refuse à croire au mal et
tombe sottement dans tous les ponts
qu'on lui tend. »
(Dl'Bcs.)
PIEHRE. Duraillc, Dure, Miche de
Saint-Etienne.
PIERRERIE. Duraille.
PIÉTÉ. Pondieuscric.
o D'abord, pou r moi, leur 6o7ic/ieM«V/>,
c'est du chi«iué. «•
PILORI. Tap *. V. Palais de Jus-
tice.
PIMBKGIIK. V. Bégueule.
PI\CE. Les malfaiteurs ont une
quantité de termes pour dési-
gner la pince avec laquelle ils
pratiquent refTraction. Voici les
plus employés : Bihi, Biribi, C«-
det, Charlotte, Dauffe, Dauphin,
Domheur, Frère Jacques, Jacques,
Jacobin, L'enfant, Monseigneur,
Monsieur un f(7, Pied de biche,
Plunif, Sur de pomme. Rigolo.
V. Déyaliser.
PIN
— 359 —
PLA
« Il est à remarquer que les cambrio-
leurs baptisent fréquemment des
mêmes noms Toutil nécessaire à la
reproduction et celui qui sert à
fracturer les portes. C'est ainsi qu'ils
disent pour désigner ces deux
choses : mon jacaues, frère Jacques^
monsieur un tet^ Venfant^ cadet^
bibi, mon suoe de pomme, char-
lotte, etc. >•
« Arrive la nuit. Avec les boânes
dispositions de la population ac-
tuelle, avec cette armée, sans cesse
croissante, de rôdeurs de nuit, sou-
teneurs, caroublcurs, casseurs de
portes, vagabonds, ivrognes, poi-
vriers et escarpes, qui se répand
dans Paris, cherchant fortune à la
force du monseigneur ou à la pointe
du surin, il n'est pas prudent de
laisser sortir seul un gardien en
uniforme. On est donc obligé de les
faire circuler par deux. >»
(I1UGIIH-(J|IIS0II.)
PIiXGRE. Dur à la détente.
V. Âyare.
« Porter leurs missives, leur procu-
rer des amants, leur trouver des
fonds lorsqu'elles en manquent, et,
au besoin, jouer le rôle d'amant
platonique quand le vieux devient
aur à ia détente : voilà leur mis-
sion officielle;... leur escroquer de
l'argent, voilà leur but caché. »
ll!ui.iEa-GRi8o7(.)
PIXTE. Goupline\
PIOCHE. Prussienne, Tôtuc.
PIPE, limiffarde, Brûlot, Chiffhrde,
Gode! le. I/hommo du peuple
baj)lise souvent sa pipe duii
prénom féminin : le plus usité
est Joséphine.
« Assey<*z-vous et bourrez vos bouf-
fardes l »
(K. BEBr.EitAr.)
PIQUE. 'Cartes.) Croquemort, M.,
Tunnel, Fiche. V. Jeu.
PIQUE-ASSIETTE. V. Parasite.
PIQUETTE. liriolet% Ginglard,
Ginyict, Picolo, Pisse en l'air, Be-
ginylard.
« r nous a fichu une bouteille d'un
p'tiot ginglard qu'était pas piqué
des astibloques. »
« C'était un petit picolo pas fort en
degré mais bigrement nerveux, un
de ces petits vins de piase-en-l'air
qui vous rendent aimables auprès
du beau sexe. »
(A. Labobie.)
PISSER. V. Uriner.
PISTE. V. Suivre.
PISTOLET. Iiagafc\ Burette^Cru-
cifix. Crucifix à ressort, Manda-
let*, Pétouse*, Pied de cochon,
Pitroux, Soufflant.
PITUITE. Flume. V. Crachat.
PLACE Pl'BLIQUE, Placarde.
V. Marché.
— PLACE DE LA BASTILLE,
à Paris. La Bastoche.
Il était né près du canal,
Par là... dans l' quartier d* rArsenal,
Sa maman, qu'avait pas d' mari,
l/appclait son petit Ilenri...
Mais on rappelait la Filoclie,
A la Ii<ut(tchc.
— PLACE MAUBERT. La Maube.
V. Quartier.
— PLACE OIT SE FONT LES
EXÉCUTIONS CAPITALES.
La Plaine Bouge.
— ciiangeh ï}EVLACE. Cambuter,
Décamfiuter.
PLACIER. V. Caser, Mettre.
PLACET. Babillard.
Ma larji^ae part pour Versailles ;
Aux pieds de Sa Majesté,
Kir lui ronce uu babillard
l'our me fair' défouruiller.
(V. Hugo.)
PLAFOXD. Plaquet.
Travaillant d'ordinaire
[a sorgue dans l'aotin,
Dans mainte et mainte affaire
Faisant très boa chopin.
Ma gente camUriotle
Redoublé* de cara'Iotte
De la dalle au flaquet.
( Vieille ehamon d'argot.
PLA
PLAGIAIRE. Démarquew\
PLAGIER. Démarquer^ Démarquer
du linge d'autruL
PLAIDER. Blanchir, Lessiver,
V. ÀTOCàt.
PLAIDOYER. Blanchissage, Les-
sive, Médecine, Purgation.
<t CoIIez-moi cinquante bal les et je vous
coque une médecine flambante. »
(VlDOCQ.)
PLAIE. Abreuvoir à mouches, Cor-
huche *.
PLAIGNANT. Péttur.
PLAINDRE (SE). Se traduit, se-
lon le'cas, par quelques équiva-
lents de Grogner ou de Pleurer
(V. ces mots). Les typographes
disent Gourgousser et appellent
Qourgousseur celui qui se plaint
constamment.
« De mémoire de compositeur, per-
sonne n*a vu le gourgousseur satis-
fait. Son caractère morose et gron-
deur fait le vide autour de lui
mieux que ne le ferait une machine
pneumatique. »
(E. bOUTMY.)
PLAIRE. Botter, Chanter, Chaus-
ser, Ganter, Taper dans Fa'iL
Que Touloz-vous, ù ce moment,
Il me bottait, cet homme,
Et ]e le bottai mZ-moment.
C'était bien juste, eu somme.
(R. PoNCHON.)
« Elles vous chantent à vous, ces
grandes nefs gothiques transfor-
mées en écoles pour petits protes-
tants, des bancs a la place de l'autel,
plus de vitraux dans les ogives et
partant le vide et le froid d'une
église sans culte? »
(Jkan Lorrain.)
« Elle avait d'emblée lapé dans Vœil
du baron qui lui avait aussitôt offert
son cœur agrémenté du petit hôtel,
du coupé et de la paire de steppers
traditionnels. »
(DOVEPC.)
— On dit d'une chose ou
— 360 —
PLA
d'une personne qui plail :
Cest mon numéro, Cest ma
pointure. Je rencaisse.
M Cette petite femme-là avec ses
grandes mirettes et son bec rose
est tout à fait ma pointw^, »
« Ce gonce-là, avec son châsse à la
manque, j*ai jamais ^uVencaisser. *
PLAISANT. Coq, Coquet, Gandin,
Pallas. V. Beau.
PLAISANTER. Blaguer, Chiquer,
Chiquer balle. Chiquer contre,
Couillonner, Couyomier, Piocher,
Piocher, Plancher, Rigoler.
« On n' sait jamais quand i' parle
sérieusement, faut toujours qu*r
chique, i\u''ï dise des blagues. >
ce — Permission de huit jours! répé-
tait le capitaine ! Permission de
huit jours!... Ah ça! mais... Est-ce
que vous coui7/onnêz, mon lascar? »
Est-ce qae tu riqolct,
mon cousin Nicole,
Va, retourne à l'école.
(R. POMCBO.I.)
— EX PLAISANTANT, POUR
PLAISANTER, TU PLAISAN-
TES ! Pourl Pour bêcher. Pour
chiquer. Pour la chique.
<t Coupe pas ! (^est pour bêcher que
j' t'ai dit ça. »
« C'est pas pour chiquer, mais Tes
rien veinard! »
a Si c|u* ça s'rait seurment pour de
vrai, niais c'est pour la chique. »
a Que qu' tu dis? I' la r'trousse du
ciguë avec une rouchie pareille?
Pour! »
PLAISANTERIE. Chiqué, Chi-
quel, Couillonnadc, Couyonnade,
Floche, Fumisterie, Sorte (arg.
des typographes). V. Mystifica-
tion.*
Le Mariage : CouiUonnadê!
l'eut-on trouver rien de plus fade ?
(Mouron qui ne plait qu'aux »erins.)
L'amour libre est loi de ISnture,
Tout autre est mensonge, imposture.
(I'. Faillbtte.)
PLA
— 361 —
PLU
— CELA N'EST PAS U.\E PLAI-
SANTERIE. Cesi pas de la
bêche. Sans char,
« Ah! tu sais, vieux, sans chat\
c'était tout d' même une chique
ballade, j' te V jure. »
On rigol' comm' des oaistitis ;
L* peupe il en t d' la réjouissance :
L' bœuf gras est rétabli eu France,
Toat i' monde ea roang' des coofetti !
Les déguisés i' sont nombreux ;
Y en a des chsrs et d' la musique :
V'Iè V Triomph' de la République!
C'eiC pas d' la bêche ^ on s' sent heureux.
(P. Pailletth.)
PLAISIR. Rigolade. V. Amuse-
ment.
PLAXCHE. Garant*.
— PLA.\CHE A ASTIQUER.
Sarah (arg. de Saint-Cyr).
PLAT, subs. Butre, Crolle \ Crosle \
PLAT, adj. En parlant des per-
sonnes : Affiche, Limande, Pu-
naise. V. Maigre.
PLEUR. Viaupe.
PLEURER. Baver des clignots.
Chanter, Chasser des reluits *,
Chier des châsses, Chialcr, Chigner,
Chouigner, Couiner, Plaquer des
calots. Gicler des mirettes. Lâcher
les écluses, Pisseï' de l'œil, de la
mirette, des châsses, Beniquer,
Viauper, Y aller de sa larme,
lerver*\ et quelques équivalents
de PleuToir. On ajoute parfois
à ces expressions le comparatif
Comme une Wallacc.
« Pleur<Î8 donc bien et chiés bien
(les yeux, vous en pisserés moins. »
(BÉnOALOB DB VeHVILI E.)
— Ahî ah! dit 1* Frisé, te v'ià morte!
Rt r grand niqu'douV s' mit à pleurer.
Oh! oh! qu'il ehialait, faut qu' j'emporte
Vt\ I)out d' souTenir pour Tadorer.
Kt prenant la cotte et les bas.
Il est parti Ift-bas, là-bas.
(J. RiCHEPin.)
« Hé! les gars, venez jlonc voir Néné
Archeoeaud, il est saoul, il en
couine l »
« — Alors, la v*là qui se met à
chigner :
— Je vas te dire la vt^rité... Cesi que
j'ai pas mangé depuis avant-hier.
Du coup, je Tai l&chée, et j'ai
sorti ma pièce de vingt ronds... Je
voyais bien qu'elle ' ne mentait
pas... Elle pissait de Vœil avec trop
de conviction...
— Si c'est ça, que je lui dis, v'ià
de quoi aller bouffer... »
(0 MétAmer.)
— 07i PLEURE, ON VA PLEU-
RER. Y a de Voignon,
« Chaque fois que le p^re rentre
saoul, y a de C oignon à la piaule. »
PLEi:R>flCIIEUR. Chialeur, Gei-
gnard, Geigneur.
PLEUVOIR. Lancequiner , Lan-
guincr, Lansquiner, Vaser, Vasi-
ner.
Quand c'est donc que je pourrai m* dire :
— Ma vieiir. ça y est, tu vas t' plumer!
Si c'est THiver... p lét' qu'v Tra chaud.
Si c'est l'Klé... p'téf qu'y Tra tendre,
Mais qu'y lansquine ou qu'y fass' beau.
Mon guieu, comme y fra bon d* s'étendre !
(Jbhar RicTra.)
Sans but,... san^ savoir, faut aller
Môm' auand i* vasin' tout' la ueuille.
Si tu t arrêtes d' ravaler.
Comm' fllcur, la r'uillelt' te rucilie.
(L. DB Bbhcy.)
PLOMB. Doucine*, Doussin*, Gras-
double, Limousine, Mastar, ^oir.
« Le gras-double, c'est le plomb qu'on
arrache aux chéneaux et aux gout-
tières, les tuyaux qu'on brise, les
bouton» de porte qu'on scie, les
ferrures qu'on détache,... tout le
métal de construction qu'on vole
s'appelle du gras-double, n
(E. LEPCI.I.BTIRa.)
— TUYAU DE VLOMB. Saucisson.
PLOMBER. Doussiner \
PLOXGEOX. Faire un plongeon
malgré soi : Faire une passade.
PLUIE. Bouillon de chien. Lance,
Lancequine, Lansquine. V. £aa.
PLU
— 362 —
POI
« Depuis ce temps, j'ai plus de goiU
à rien ; j'ai fait que poiroter sous leâ
lansquines en battant mon quart. »
(LoflSF. MiCHFL.)
PLl'ME. Barbue^ Rame, Volante,
Vol-an-vcnt,
— PLUME A ÉCRIRE. Bon-bec,
Brodeuse, Courante, Griffante^
Griffonnante.
« Son biirton commençait comme ça :
J' mets \h. g ri /far de à'ia pcgne pour
vous broder qu' mon gnière est
guéri d'puis deux plombes. »
M Comme le juge d'instruction lui
montrait la traite qui avait motivé
sou arrostnlion :
— Quoi? lui dit-il, c*est-il moi qui ai pu
fabriquer ce llanche-là; j'ai jamais
su tenir une brodeuse de ma vie. »
(J. UVY.)
PNEl MATIQUE. Pneu,
POCHE. liaa-eiLsc, Hlnquenaudc,
Balade, Balladt\ Uouchon, Fabe,
Pelouse *, Filonsc \ Fouille, Fouil-
louse. Four chaud', Glochette*,
Grande, Gueularde, Larron *, Pro-
fonde, Prophète, Vaone, Wayue-
naude, Vtdade, Valladc,
Tout il' mt^m', di^ pa^ niort au persil;
Saus lui, luMisoir la haifunaud' ronde.
(J. HiCIIElM.N.)
« Alors on a monté au Rochouart et
on est entré dans un* UM que la
porte est comme une é<?lise. Ça
s'appelle?... J' me rappel!' pus!...
Atteu(l.s, faut que j' j:âlille su' 1'
jirospcrtus cq' j'ai là dans ma va-
que... »
« Plus d'nubert ncstoit en fnuiUouse. »
(lUl'hLVIS.)
« r prend sa rallon^re qu'il avait
toute ouverte dans 3ix fouille et m'en
passe un coup, w
« Un peu de monnaie, quoi I trois,
quat francs! histoire de ne pas
bal Ire les chemins sans seulement
un lauvre pélaud dans suprofouih. »
— POCHE SKCUKTE. Finetle,
a Le grec a dans son habit, au dos
de son pantalon, une ou plusieurs
petites poches dites fmettfs, daus
lesquelles sont placés les Jeux quUl
doit substituer à ceux de la maison. •
(RODERT-HoUDCf.)
— LMndividu sans le sou, pour
indiquer que ses poches sont
vides, dit que Les doublures
se touchent,
POÊLE, subs. m. Goulu, Gueulard,
« Allons, quoi ! mets du lusquin dans
r ffueulard ! »
POÊLE, subs. f. Mcruchè,
POÊLOX. Méruchon,
POÈTE. Poigre*, Poite.
POIGXARD. Bon-dieu, Flambart,
Flambcrt et les équivalents de
Couteau.
P0H;\ARDER. Figuer\ Fiquer %
Linyuer, Suriner.
POIL. lirigeant*, Brigant\ Fil.
V. Barbe, Cheveu.
« — A moi, mon vieux, on me V met
pas : j'ai trop d' fil dans la trousse. »
— POIL AU PUBIS. Paquet de
maryland, de cinquante, de
quatre-vingts, de tabac. Sapeur.
« — Aile a d'jà des moustaches à
seize berges. A doit avoir quéqu'
chose comme sapeur', mince de
paquet d' ciuquanleX *
— POIL SIR LA POITRINE.
Dessus r/tf malle.
— POIL SOUS LES BRAS.
Lapin.
« Le réfîisseur se mit en colère :
— Au lieu de chercher à épater le?
copines avec vos boucnons de
carafe et vos toilettes de cinquante
louis, vous feriez mi^ux de peigner
vos lapins et de vous brosser les
crocs. M
POIHE. Prnte.
— POIRE criTE. Crotte d*ennHe,
POIIŒ D'AXGOISSE. Pircnallc.
POLS. Roulant,
POISOX. liaume de porte en terre,
Boucon^ Mauvais caf*}. Poivre,
POI
— 363 —
POM
« A voulait pas aller à Pliospice pa'c*
qu^a s* figurait qu' les carabins,
quand i's pouvaient pas vous gué-
rir, vous donnaient le baume de
porte en terre^ pour vous expédier
plus vite. M
POISSOX. Caillé, Cayer, Flottant,
Kageoiry ?ioujony Pitmeur.
POITRINE. Ciiirnssc, Devant de
gilet, Plastron. V. Sein.
POIVRE. Avoine de curé, Fortin,
Fretin, Relevant, Sable jaune.
« D'attaque et d'aplomb, il était, mal-
gré la cinquantaine voisine, vigou-
reux et vert-galant, toujours prêt
à faire bonne chère aux dames,
sans avoir besoin à' avoine de curé. »
(lIsuTon KnAMce.)
« — Un peu de relevant^mon cousin?
demanda la bouchère en lui ten-
dant le poivre.
— Oh I pas encore, cousine î on est
encore solide au poste ! »
(Herbert.)
POIVRIÈRE. Fortiniére.
POLICE. Arguche *, Arnac, Ar-
nache, Arnade, Arnaque (ces qua-
tre dernières expressions sont la
contraction de La Renâcle), Ar-
nif (contraction de La Renifle),
Bigorne, Casserole, Ces mess. Ces
messieurs, Louche, Lousse * (V. Jar-
gon), Marmite, Mouche, Pousse \
Raclette, Raille, Rapporteuse, Re-
nâcle, Renaclette, Renaque, Re-
nifle, Reniflctte, Rousse, Volante.
V. Malice.
— Qi:i APPARTIENT A LA PO-
LICE. Qui en est, Qui est de la
boUe, de la boutique, du coin du
quai (pour Pans seulement),
de la grande maison, de la mai-
son, de la rue de Jérusalem (pour
Paris), de la tôle. V. Agent.
« Acres, vMà VArnaque, fit l'Oncle
tout à coup. »
(0. MfTiMER.)
Je Tai aim^e autant qu' j'ai pu,
Biais j'ai pus pu lor^^ue j'ai su
Qu'a m' trompait, avec Anatole...
Ça dWait arriTer, t6t ou tard,
<'>ar Analol' c'est un mouchard...
La marmite ai m' ben la eass'roUe,
A B.itignolles.
(A. B.)
C'est les rous$in«, quoi !... ces mesiieun
Qui voi'nt tout, d' Pile à la barrière,
Comm' celui-là qu'avait deux yeux
L'un par devant, l'autr' par derrière.
(lo.)
« Il jeta un coup d'œil circulaire dans
le bouge et, voyant dans un coin
deux physionomies qui ne lui
étaient pas familières, il fit demi-
tour en disant : « Ça sent la mou-
che, icigo. »
M Tâche de pas te faire poisser, y a
deux jours que la renaclette te
r'file. »
Car, dans ce coin de Bordeiux,
On rencontre des badauds
Qui \ont manger leur galette.
En cachette ;
Kt, pendant qu'on les détrousse,
Plus d'un m.'trlou... plus d'un grec.
Se fait chaufTcr par fa rousse
A Ueriadeck.
(A. B.)
— BRIGADIER DE POLICE.
Doubfe.
— SOUS - BRIGADIER. Sous-
verge.
— OFFICIER DE PAIX. V. Offi-
cier.
— COMMISSAIRE DE POLICE.
Quart, Quart d'œil.
— VOILA LA POLICE! Lorsque,
dans un établissement public,
des uialfaiteurs veulent s'aver-
tir à haute voix de l'arrivée de
gens dt; police, ils disent : Le
train va partir, La voilure est
à la porte. Notre voiture nous
attend, Passez-moi le Larousse,
Voyez cela dans le dictionnaire
ou toute autre phrase du môme
sens.
POLICIER. V. Agent.
POLTHOX. V. Capon, Lâche.
POMME DE TEHRE. Cartofk,
Cartouche, Crompire, Krompire,
I Patate, Truffe.
PO M
— 364 —
POS
n — Et VOUS Ift. numéro deux, vous
n'avez rien à réclamer? demanda
l'officier.
— Je ne réclame rien, mon capitaine;
seulement je vous dirai que fa soupe
est un peu maigre. On nous fait
tous les soirs éplucher deux sacs de
patates^ et le lendemain, on trouve
juste dans sa gamelle deux krom-
pires qui se battent en duel. »
« — Encore des cartoflca I fit Jean en
voyant qu'on servait encore du
ragoût. J'en ai soupe ! »
(II. Si>xnnE.)
« Avec la croustille du ballon, y a pas
d' quoi faire la noce : Des 'vestos
ou des truffes tous les jours, sauf
er dimanche et 1' jeudi où qu'on
vous fout un boutd' barbaiiue qu'un
clebs en voudrait pas. »
POMPIER. Grenadier du rifle. Vi-
dangeur,
POHi:. Rossignol à ylamls, V. Co-
chon.
POHTK. Discrùte, Encarde, Fen-
dante, Guimltardr \ Lourde^ Ys *.
'< On avait combiné 1' truc dans c'tte
tôle-là à cause (ju'i' y a deux encar-
des et qu'on peut démurger sans
que r lourdier vous r'mourhe. »>
(O. lliT£.Min.)
— MGTTRK \ L\ PORTE. Ba-
lancer^ Vider. V. Chasser.
Tu vas balancer V parU^ment...
r r.iut <-i<«-(aiiiir la buuiiqup...
Piii*, (aut vifler V p>uvernomcQt,
l'iiur itottoycr la Hépulilique...
Tu n' tra\uiirrj» piN puur la poau,
Km l.ii>anl un p'tit (i«>u\ «ii^iiMulire...
C:<r. t.utt (|u' yaura d' la iiuTtl' dans I' pot,
Blou vieuv.tM puora tlau- la chambre.
(A. b. Lt'/t Suiilfilotjut'S d'Honoré Constant.'
VOliTEF MX, Awjr dr urèip \ Col-
tin, Ctdtinrur, i.'olletin. Ctdhti-
neur, Mignon de port \ V. Fort.
POHTEI i:riLLE. Ployant, Vorie-
la'iue *, Purlcinincr.
— POKTEFEl'ILLE T.AIVM. .Urt-
'i Pour olTrir deux francs à un misé-
reux (jui vuus rapporte avec sim-
plicité un pareil mateias, il faut
pratiquer, a une dose véritable-
ment surprenante, cette opinion
féodale du riche que tout lui est dû. >•
(Alcxahdre Hcpr.)
PORTE-MOXXAIE. Artichaut ,
Artiche, Morlingue, Porte-me-
nouille, Vorte-monaille, Porte-
morni/le, V. Anglais.
J'ai pus qu' la peau danH mon morlingue :
Pas mt^me d' quoi pour deux ronds d' grtngac !
Ceux qui m' «oieut avec ma bell' fringae
Doiv'nl pas s' douter que T fais liallon.
(L. DB Biacr.)
PORTEUR D'EAU. Cribleur de
lance *.
PORTIER. V. Concierge.
PORTRAIT. Photo (apoc. de Pho-
tographie), Mouchard.
— PORTRAIT-CHARGE. i?me//^.
POSER. V. Mettre.
POSITIOX. Avoir une position
éh^véc, lucrative : Être dans les
eaux grasses, dans les légumes.
V. Autorité.
POSSÉDER. ltrer\ LUrer\
— POSSÉDER ClIARI^ELLB-
MEXT. S'appuf/er, ^ S'envoyer,
S'orchestrer. V. Jouir.
« VIA une gonzesse que je m'nppuie-
rais bien... mais faudrait trop de
po^^non pour me Venvoyer. »
POSSIRILITÉ . Mi'che , Plan .
V. Impossible.
'« — Je veux hion te payer à déjeuner,
au besoin t'avancer le louis pour
taider «à te sortir de la pouillerie,
passaj^iTo, je rcspêre; je t'offre
mrme l'hospitalité, pour ces huit
jours (|uo mon amie doit rester ab-
sente ; mais parler pt»ur toi au pa-
tron, pour ça, vois-tu, mon vieux,
pas plan î » *
(J. Likxoat.)
POSTE DE POLICE. Clou, Lam-
pion rowjc. Planque à flics, à ser-
gols; et la plus grande partie
POS
— 365 —
POU
des termes signifiant Prison.
V. ce mot.
« Mais une fois dans la planque à
sergotSf ï s'a mis à faire une mu-
sique des cinq cent^ dinbes, si
bien qu'i' s'a fait poncer dans les
grands prix. »
POSTE AUX CHEVAUX. Vcloze.
POSTICHE . Paquet postiche
dans les magasins. Anglais,
POSTILLOX. Vélo,
POT. Mainnouset *, Turin,
— POT-AU-FEU. Marmouset*,
Ri/fauir.
— POT A BOISSON. Crupaull %
Goupin , Goupine, Gouplin* ,
Goupline*j Gour^ Gruppelin.
— POT A BRAISE qu'emploient
les commères eu guise de
chaufTerette. Gueux.
« Accroupie près d'un gueux sur les
cendres duquel une cafetière ron-
ronne. »
(P. Mahalin.)
— POT DE CHAMBRE. JuU$,
Thomas, Thomas grosses lèvres.
POTEXCE. Abbaye de Monte-à-Re-
gret *, Béquille *, Credo *, Pour-
dolle*, Giffle\ Hallegrup *, Jam-
be-en-Vair *, La Montjoye *, La
Veuve* j Montagne de Géant*,
Sans-feuille, Turterie*,
— CORDON DE POTENCE (en
cuir). Baudrouse*,
POTIRON. Boule jaune,
POU. Coquillon, Espagnol, Gau, Go,
Got, Grenadier, Habitant, Loca-
taire, Loupac, Loupaque, Loti-
pale (V. Jargon), Mie de pain à
roulettes, Pègos^e, Picanti,
— Au pluriel : Garni'^on.
« La petite bohémienne était gentille
à croquer et pas du tout farouche,
seulement je m^aperçus qu^elle avait
la tête pleine de coguillons, »
{Les Propos du Commandeur.)
« Dans les villages et les faubourgs
arriérés des grandes villes, il ne
manque pas de femmes, igiiorantes
autant que malpropres, qui préten-
dent que des grenadiers sur la tête
d'un enfant entretiennent la santé ! »
(UECTon Frahcb.)
Quand il a «(ouci de soq teint,
i'ar un merlan le purotin
Se fait gratter pour un rotin
Le long dt^s berges ;
Et, par les matins de bcaa temps,
S'iU deviennent inquiétants,
Il peut noyer ses habilants
Le Ung dci> berges.
(L. DE blBCT.).
C'est un métier d' purotin,
Faut Irimarder dans Pantin
En savates,
Faut chiner pour attraper
Des loupa^u' ou pour chopper
Des miir pattes :
Dame, on nng pas dans V benjoin,
A Saint-Oucn.
(A. B.)
« — Nom de Dieu! fit-il en retournant
les draps du malheureux bleu;
mais vous avez des locataires, mon
garçon! Voulez faire concurrence
au commandant d'armes?... Vous
avez une garnison \.„ Ser'-major,
vous me commanderez quatre hom-
mes de corvée qui iront, avec leur
brosse de chiendent, me décrasser
ce lascar-là à Tabrcuvoir et me le
débarrasser de sespégosses...FÀ vous
le ferez coucher quatre jours à la
malle, qu'on ait le temps de chan-
ger sa fourniture. »
« J'aim'rais mieux filer la cloche que
d' plumer dans une tôle pareille;
j'aurais 1' flube d*y poisser des
morbaques et des gos. »
POUCETTES. Alliance, Pouce-
rcau, V. Menottes.
— METTRE LES POUCETTES.
Empoucer.
POUDRE DE RIZ. Farine, Plâtre.
V. Fard.
« Ces gonces-là, leur faut des gonzes-
ses avec des diames, des dentelles
et tout le tralala; et la pus belle
des bergères leur-z-y dit qu' nib, si
a n'a pas un kil de farine su* V tro-
gnon. »
POU
POUDRER de poudre de riz. Su-
crer la tarte.
« Vous vous arrangerez chez une som-
nambule... On se trotte à Neuilly...
La Uave surenchérit.
— Que lui disiez-vous, espèce de dé-
bauchoir?... La môme est plus cra-
moisie que le blair à Victoria... Dé-
pt^che-toi d'aller suci^r ta tarte^
petite... »
(K. Maizmoy.)
POUILLEI'X. Loxipel, Véijossier.
H On dit tous les biffms pégossiers ;
c'est là une calomnie. J*ai vu des
intérieurs de chilTonniers Tort bien
tenus, où le plancher était lavé, les
meubles époussetés, les ustensiles
brillants. »
POIXAIX. G(tltron.
POULAILLER. Ornière.
POULE. Jiccante, lieoiuatUe, Es ta-
ble j Kstafe, Esta [le y Estaphk\ Or-
nie y Sive *.
it Ou a britTé une oniie qu'il avait
poissée à Bagnolet, chez un cul-
terreux, n
POULET. Bécanty Becquanty Orni'
chon, Oi'nion,
POUMOiXS (LES). La ilouhlarç,
Le mou .
POUPÉE, répde (arg. des enfants).
POUR. (Afin iW.) ïliatoire 'le.
M Histoire de rij:olcr, ou y avait mis
d' l'uvointî de curé dans sa vi-
nasse. M
POURBOIRE. Camionnauey Drin-
ijuellCy Puurlichcj Pour soif.
« — Et il n'y a rien peur le camion-
nngej dit Maxime eu rendant la
monnaie. »
POURPOLXT. Georyet \
POURSUIVI par la police. Qui a
tes pieds dans le dos, dans les tn-
dossesy dans le râbcV. Recherché.
— 366 — PBÉ
POURSUIVRE. Foutre la chasse.
a Pour détourner l'attention du pu-
blic d'un tas de tripotages finan-
ciers et de compromissions politi-
ques, on fout ta châtie aux liber-
taires. »
(La Renaiuanee.)
POURVOI. V. Cassation.
POURVOIR (SE). Id.
POUSSER. Boulery Drossir^ Esba-
lancei'^t
PRAIRIE, PRÉ. Fenouscy FUause,
Mouchoir à bœufs y Paladier*, Pe-
lardy Pelardier.
— PRÊ FAUCHÉ. Pelé.
PRÉCAUTIO\. Ganle à carreau.
— PREXDBK DES PAÊCAU-
TlOXS. Épargner le poitou*^
Se garder à carreau.
« Armand Marast était de ceux qui
ont Part de se faire des amis d^un
jour, quoiqu'il gardât toujours une
pointe dMmpertinence. 11 appelait
ça se garder à can^au. »
(Alufc?(E iiuOMAYE.)
PRÊCHER. Égruger.
PRÊCHEUR, Babillard, Jaseur.
PRÉCIEUX. (Objet de prix.)
Bath.
u C'est une goyo à la mode, a porte
que du buth\ »
PRÉDICATEUR. Zéruart\
PRÉFECTURE. Préfectancc
u Tiens, v'iû qu'on le fourre dans une
voiture... Ça ne va pas traîner :
En route pour la Préfectance. »
(LlliUlNA CtLBVÊQrC.)
— LA PBËFKCTL'RB DE PO-
LICE. La Hotte, La Boutique,
Lf! Bord de Veau, La Cuisine, La
Curieuse, La tlrande Maison, La
Judt'e, La Tô/e, Le Coin du Quai.
V. Conciergerie, Police.
PRÉFET DE IMUJCE. Dab des
renifleurSy Baron de la Raille y
PRÉ
— 367 —
PRÉ
Grand condé. Mec do. la Rousse^
Fatrorif iVre la Renifletie, V. Po-
lice.
« Vous voulez me cuisiner, dit-il, c'est
comme des dattes, vous ne saurez
que nib ; el si ic jacte, ça ne sera
que devant le Vairon. Si'je casse le
morceau, je veux que ça me rap-
porte des douceurs; et c'est pas
vous, simple quart dVcil, qui pouvez
me les faire avoir. »
PRÉMÉDITATIOiX. A VArnac, à
V Arnaque.
PREMIER. Prcti.
« Quand on jouait à courir, j'étais
toujours le preu. »
— OUI AllRIl'E PREMIER.
A lui ie pom/jont Qui décroche
le saucinson, le Jambon^ la tim-
bale^ Qui lient la corde.
Lorsque se pr«'>scQlc un jupoo,
Même si quoiqu'un d'autre ferre.
Lui seul Tient à bout lio l'aiTaire :
C'est toujours à lui le pompon.
(DLioOMT.)
« T'as beau te dihiiancher 1' fl^'dé,
t'as pas beau jeu; 1' Kouqum est
plus mariolle que toi. C'est lui qui
décrocKra C jambon, •♦
— LE PREMIER CLIENT. £/ren-
/le, Qui élrenne.
£n rô-iant autour des tables
A la porte des cafés,
Elle dit des mots aimables
Aux messicur.H bien attifes.
— La cuquiou e^t drjj belle !
— Ça ue peut que mal tourner!
— Bons mos^iieurs, roarrourc-t-ello.
Vous devriez m'tUr^nner.
(Clovis IICGUES.)
PRENDRE. Chauffer, Cherrer.
V. Attraper, Saisir, Voler.
PRÉOCCl PATIOX obsédante .
Cauchemar. V. Ennui.
PRÉOCCUPER (SE) outre me-
sure. Se cauchemar derj Se faire
du sang,
« Ne vous cauchemardtfz donc pas
Jour si peu, allez, ma pauvre dame,
e ne comprends pas qu'on se fasse
du sang pour un hoiume. »
PRÉPAIL\TIO]V. Cuisine. V. Pré-
parer.
PRÉPARER. Amarrer, Arnaquer,
Maquiller^ Mijoter. V. Arranger.
PRÉPARER UNE AFF.\IRE.
Être dessHSf Marcher dessus.
— PRÉPARER UX JOURNAL
au point de vue de la rédaction
et de la mise en pages. Faire
la cuisine ou Cuisiner.
« Enseigne-t-on le journalisme comme
on enseigne la cuisine? Le mot est
courant dans le métier : la cuisine
du journal. Mais c'est la confection
même du nuiuéro dont il 8*agit ici.
Je ne méprise pas ce point parti-
culier : la cuisine du journal, c'est
sa vie môme. Il est des Vatel et des
Carême, des gens de génie dans
l'art de cuisiner une gazette. Ceux-
là ne sont pas toujours les plus
glorifiés, ils sont souvent les plus
utiles. »
(Jules Clakitie.)
—Ces expressions s*appliquent
également au théâtre, aux
institutions et aux pratiques
qu*emploient les gens de
police j)our préparer les
aveux d un inculpé.
a Auguste Germain qui nous montra
d'aoord avec une verve si causti-
que le guignol des planches, qui
nous initia aux recettes de la cui-
sine théâtrale, qui blagua dans une
suite de dialogues à l'emporte-pièce,
savoureux, poivrés, exquis comme
du Donnay ou du Capus du meilleur
cru, les filles vouées au maillot et
aux couplets sur Toseillc... »
(Re?ik Maixeiioy.)
On Tole, on riole, on assassine ;
C'est tr^s rigolu la cuinine
De l'onlre sociul pervers.
([*. l'AILI.BTTE.)
« Pendant les sept premiers jours de
ma détention, j'étais amené tous
les jours à la Sûreté. Là, on me cui*
sinait. »
(RODOT.)
— PRÉPARER UN OUVRAGE,
un travail. Labourer*.
PRÉ
— 368 —
PRâ
— PRÉPARER UN MAUVAIS
TOl'R à quelqu'un. Lui faire
frire des œufs.
— PRÉPARER UN VOL, un cri-
me. Agricher le grelot, Arra-
cher dû chie?identt emmailloter^
engraisser ou nournr un mar-
mot, un môme, un poupard.
PRÉPUCE. Cabochon de rubis. Ca-
lotte, Casquette, Chapeau,
Mon p'tit frère est très convenable :
Quand il entre, il At* son chapeau.
(Vieille chanson.)
PRÈS DE. (Auprès.) Jouste*,
Juxte *.
PRÉSERVATIF, subs. Armure
d'ÉroSj Capote, Capote anglaise. Ci-
garette, Chapeau, Noisette, Ruban.
« Un général retraité a conservé toute
une série d^équipements militaires.
Un jour, il montrait à d'aimables
visiteuses ses vêtements de grande
et petite tenue qu'il porte encore
avec orç^ueil, en non-activité, après
les avoir promenés sur tous les
champs de natoille de son temps.
Les jolies curieuses s'extasiaient :
— Ohî s écria l'une, que d'uniformes I
que de shakos ! que de capotes !
— Vous en avez pour votre vie,
ajouta la belle curieuse.
Le général la regarda un peu sur-
pris :
— Ma foi, madame, je n'osais pas
vous le dire. »
(Hector France.)
« Daiuc Coignet avoua au président
des assises qu'en femu)e prudente
elle avait dans son chiffonnier une
provision de ces confections de
mode anglaise que débitent à Paris
des frères de nom italien, confec-
tions que le xviiie siècle fragonar-
desquc appelait Armures uEros,
carquois légers où il conserve ses
flèches et que notre siècle, plus
terre à terre, appelle les waler-
proofs de l'amour. L'infortuné Cour-
tial était encore revêtu de cette
cuirasse imperméable quand il reçut
le coup fatal. Seule avec son ca-
davre, sa complice s'empressa de I
lui retirer cette pièce 4 conviction,
qui ne figura pas aux débats. »
{Gil Bios.)
PRÉSIDENT. Francpilois*, Grand
mec, Grand meg \ V. Colonel.
— . PRÉSIDENT D'ASSISES.
Anatole, Léon.
— PRÉSIDENT DE LA RÉPU-
BLIQUE. Guignol.
PRESSER [SE). Se décarcasser. Se
démancher. Se démancher le trou
du cul, Se grouiller, Se grouiller
ou se magner le cul, le fidcre, le
figne, le fion, le tal, le train, etc.
ou simpl. Se magner, Se patiner.
V. S'empresser.
H Aussi vous voyant tout turlupiné
pour les histoires qu^on raconte
sur votre père, je me suis décar^
cassé, j'ai cherché, j'ai trouvé. »
(Lbbmixa et Lévéqui.)
Allons, paiine-toi, mon viens ;
Fi fine et Sarah toutes belles
Nous attendent sur le ponton.
Quai du Louvre. Lies hirondelles
Nous conduiront au Bas-MeudoQ.
(P. Pauxettb.)
Allez, ho! dar'dar'! magn''toi l* figne
Si tu veux t'en v'nir avec nou9.
Ou sans quoi, tu sais, on s'esbigne...
(Blédort.)
PRÊT, adj. V. Précaution.
PRÊTE-\OM. Mannequin (exten-
sion du mot français}.
PRÉTEXTIELX. V. Embarras.
PRÊTRE. Calotin, Coin, Coincoin,
Corbeau, Emblémeur*, Enseigne de
cimetière, Fusain, Goussé-razis*,
Marcassin, Moule à antiennes,
Oremus, Radis-noir, Ratichon,
Rase (apoc. de Rasé), Razis, Ro-
chet, Sac à charbon. Sanglier,
Taupe, Vobiscum. V. Confesseur,
Officiant.
T'as fini!.... d' la viande à cor6«aiix!
C'est vrai qu'i'ssunt gnn, qu'i's sont beaui,
Qu'i's ont d' l'atout, qu'i's parlent bien,
Qu'i's ont des gonzess's ponre rien.
PRE
— 369 —
PRI
Eh ben! chacun son goût, moi, j' raque.
Un', deux,... par ici la sortie...
Et j'aim' mieux les bergër's de claque
Que les punaisas de sacristie.
(A. B. Les Soulologue* d^ Honoré Constant.)
« — Moi j'aim' pas rencontrer un
marcassin : les radis-noirs et les
oremus ça porte malheur, aussi
quand j*en trouve un su' mon che-
min j'touche du fer pour quT m*ar-
rive rien d'sale daosla journaille. »
i[ Nous autres paysans, ouvriers et
citadins, nous avons voté tout de
même pour Thomme qui avait mis
les princes à la porte et les vobis-
cum au régiment. »
(Georges Thiébadd.)
« Le sanglier a voulu lui faire em-
brasser la croix avant de calancber,
mais il n'a pas marché. »
Il est en colère, 1' bon Dieu!
Pourtant i' n' fait pas d' politique...
Hais, d'après ces bons ratichonSy
V croit qu* nous somm's tous des cochons
Depis qu'on est en république.
(A. B.)
« Un radis noir ! Ça porte malheur 1
— Quand on voit un sac à charbon^
. faut toucher du bois et du fer. »
PREUVE qu'on tient d'une faute,
d'un délit ou d'un crime commis
par autrui et qui est demeuré
secret. Cadavi^e.
PRÉVEIVTIOX. Plan de couillé,
Prévence. V. Flagrant délit.
PRIER. Bigoter, Jaser.
— PRIER AU PIED DE SON
LIT. Bouffer sa paillasse,
PRIÈRE. Jasante.
P1U\CE. Franc-ripois*y Linspré
(V. Jargon).
PRIXTEMPS. Honnête.
PRIS. V. Arrêter, Découvert.
PRIkSE de tabac. Chouine, Pin-
cée de ciment, de grézillon.
PRISER. Fanfouiner.
PRISEUR. Panfouineur.
PRISON. Abbaye des sots bordels \
Balf Balançoire^ Ballon, Bignouf,
Bloc, Blouse, Botte, Boite aux
cailloux, aux fayots, Bonde, Bou-
cle, Cage, Campagne, Canton, Ca-
ruche, Carruche, Cartuche *, Case,
Castu, Castuc, Castue^ Château de
r Ombre, Collège, Complouse, Ga-
ruche. Gerbe, Hôpital, Hosteau,
Hosto, Housteau, Housto, Jetard,
Loir, Lycée, Pension, Plan, Plan-
que, Schtard, Séminaire, Tas de
pierres. Tirelire, Trou, Tune*,
Tuneçon *.
— En argot militaire : Botte,
Came, urosse, Gi'osse lourde,
Grosse tôle, Lourde, Malle,
Mazaro, Ours, Tôle. V. Em-
prisonner, Hôpital.
« Au coin du boulevard, il rencontra
deux gardiens qui emmenaient une
fille.
— Tiens, la Momignarde! Toujours
les mêmes, alors 1 Y a nas quatre
jours qu^elle sort du ballon. »
(Oscar MtTÉ.*<iiB.)
v< Et pis tous ces gonciers-là, qui
gueulent dans les métingues qu'i*
faut casser la gueule à ceusses qui
pensent pas comme eusses, qui^s
soient de n^importe quelle opignon,
j' te les foutrais tous au bignouf. »
« Et tout de suite la danse commen-
çait, la manne céleste des nuits de
boite et des basses corvées. »
(G. COUBTBLIHB.)
« — Vous savez, me dit le commis-
saire de police, c^est la cinquième
contravention que Ton vous dresse ;
à la sixième, c'est la boucle. »
« Pauvre Chariot!... en v'ià un qu'a
d* la guignai... c' qu'il en a bouffé,
d' la case ! »
Disciple de la bande noire,
Pour bien te caler l'aTaloire,
Dans la complouse do Poissy,
T'en tressais... J'en tressais aussi.
{Chamon recueillie par
HooiEB-GaifON.)
24
PRI
— 370 —
PRI
« Mes romplices alors sont dans le
bal^ tant mieux, nous irons tous
nous laver les pieds à la Nouvelle. »
(G. Macé.)
«f — Le juge a rintentlon d'en termi-
ner avec vous cette semaine.
— Ce n'est pas moi qui lui faciliterai
sa tÂche, il a beau me laisser en
marinade dans ma cage^ personne
ne connaîtra mon passé. Mes po-
teaux mêmes Tignorent. »
« — Est-elle aussi en fuite?
— Non, elle m'écrit de sa campagne ;
c^est ainsi qu'elle et ses pareilles
désignent la maison d^arrêt et de
correction de Saint-Lazare. »
(Id.)
A présent qa* me v'ià dans les planguet.
(A. B.)
... J'en étais louf!.... Alors ej' pique
Ma course au boul'Tard Sébasto
Où que j' lomb' dans les bras d'un fliquc
Oui voulatl m* conduire h Vhostol...
(Id.)
J' fais quoi que j' peux. J' vous dirais ben
Pourquoi c'est que j' suis pns d* la haute.
J' l'avais môm* dit à m'sieu Rich'pin.
Mais faut croir' que ^ doit pas s dire,
Puisque pour s'èt' fait mon écho,
On l'a fourré dans la tir' lire
Avec les pègres d' Pélago.
(J. RiCHBfl.'t.)
— ÊTRE EN PRISON. Pincer ou
jouer de la harpe.
— MAISON CENTRALE. Les
bondes, Centrouse^ Dure^ Motte,
— LA CONCIERGERIE. La Ci-
gogne, La Tour, La Tour poin-
tue; on disait jadis La Lorcefé
pour : La Force (V. Jargon).
~ MAZAS. La Maz, Maz, Taz,
Tazas.
— LA SANTÉ. La Santoche.
— SAINTE-PÉLAGIE. Pélague,
Pela go,
— LA ROQUETTE. La Grande,
La Rotonde.
— LA PETITE ROQUETTE.
La Petite.
— NAXTERRE. Asile des rosières
ou des pucelles.
— LE CHBRCHE-MIOI. Le
Grand Mataro.
— POiSSr. La Poisse.
^ SAINT-LAZARE. La Résur-
rectioUf La Lorcefé des poni/fes^
Lazare^ Saint-Lag, Saint-Lago^
Saint-Lague.
— PRISON MILITAIRE OU
MARITIME DE PORT DE
MER. Pontaniou (arg. des ma-
rins; du nom de Pontaniou,
lieu voisin de Brest,oÙ8e trouve
une prison maritime).
PRISONNIER. Ballonné, Bloqué,
Bouclé, Cantonnier, Cojfré, Col-
lardé*, Collégien, Enflaqué, En-
christc, Enchtibé, EnfouraiUé,
Malade, Remisé, Serré. \. Empri-
sonner.
— PRISONNIER LIRÊRÊ. Guéri.
V. Libéré, Pluma.
PRIVER (SE). (Manquer.) Se
bomber. Se brosser, Se brosser le
ventre. Se cloquer. Se fouiller. Se
gauler^ Se gratter, Se taper.
V. Bottine.
Quant i vous, c'est classé
Vous vous èles tous brosté
Le ventre.
(R. PoTICHOM.)
— ÊTRE PRIVÉ DE NOURRI-
TURE. Mêmes termes que ci-
dessus, plus : Danser devant le
buffet, Se caler des briques (on
ajoute parfois : à la sauce
caillou). S* envoyer des cloques,
des jetons. Se taper sur le bide^
sur le bidon, sur la lan*eme.
Tirer la langucV, Faim, Jeûner.
— ÊTRE PRIVÉ DE DOMICILE.
Être à la cloche, à la comète.
Filer la cloche, la comète, La.
S ter, La refiler, V. Domicile,
[isérable.
— ÊTRE PRIVÉ DE TOUT. J^/rr
à la faridon. Être faridonneau.
PRIX. Vendre à vil prix des mar-
chandises achetées à crédit et
qu*on n*a pas payées : Faire un
coup de fusil, un coup de pistolet y
Fusiller, V. Commerce.
PRO
— 37i —
PRO
PROCÉDURE. Promoncerie.
PROCÈS. PromonL
PROCUREUR GÉNÉRAL. Dab
de la Cigogne, Z&uinois ", V. Mi-
nistère piii)lic.
PRODIGUE. V. Dépensier.
PROFESSEUR. Pendu, grand ou
petit pendu (arg. de Saint-Cyr),
Syntax,
— PROFESSEUR D'ADMINIS-
TRATION MILITAIRE. Chien
vert (arg. de Saint-Cyr).
— PROFESSEUR DE LÉGIS-
LATION MILITAIRE. Chien
jaune (id.).
— PROFESSEUR DE GÉOGRA-
PHIE. Gogo (id.).
— PROFESSEUR DE TOPO-
GRAPHIE. Tapir (id.).
PROFESSION. Se traduit par les
é(^uivaients de Travail et d'Af-
faire.
— En parlant d'une personne
qui exerce la même profes-
sion que soi-même : H est
du bâtiment.
PROFIT. V. Bénéfice.
— QUI NE SAIT PAS TIRER
PROFIT D'UNE AUBAINE,
D'UNE SITUATION. A la mie.
« Ce gonce-là, c'est un broche à la
mie. »
— TIRER PROFIT D'UNE
CHOSE. La faire belle.
PROJET. Martin*.
PROJECTILE . Dragée, Prune,
Pruneau. V. Balle.
PROLÉTAIRE. Prolo.
L'Auto-Moblot
C'est assurément V blot
Du joyeux rigoio
Qui fait d' l'épate,
Hais c'est pas 1' blot
Du malheureux prolo
Ni du bon populo
Qui marche à patte.
(A. B.)
PROMENADE. Balade, Ballade.
Va, mon vieux, pouss'-toi d' la ballade
En attendant 1' jour d'aujord'hui ;
Va donc, ya qu* quand on est malade
Qu'on a besoin d' pioncer la nuit.
(A. B.)
— PROMENADE DANS LES
PRISONS. Balade, Dévidage.
PROMENER. Balader, Ballader.
De son métier, i' faisait rien,
Dans r jour i' balladait son chien,
La nuit i' rinçait la cavelte,
A la Villelte.
(b.)
— SE PROMENER en donnant
le bras à deux autres personnes.
Faire le panier à deux anses.
Faire sandwich.
~- ENVOYER PROMENER. Bar-
rei\ Dinguer, Envoyer à la
balançoire, à Chaillot^ à Dache^
à la comédie, à la oouUle, à
l'ours, au bain, au Banc, aux
chiottes, aux gogues, aux pelotes.
Envoyer baigner, bouler, chier
(on ajoute parfois : oit tu mets
ton pain), dinguer, se faire
daupher, se faire enfiler par les
Grecs, faire fiche, faire foutre,
faire lanlaire, pisser, rebondir,
Rp fouler à Bondy, Scier.
a Un docteur très distingué est appelé
par Baudelot, sérieusement indis-
posé :
— Je crois, docteur, que j^ai la mala*
die à la mode.
— Parbleu I la dengue ; c'est ridicule,
tous mes malades ont la dengue,
maintenant.
— Et... le remède... a la dengue?
Le docteur, impatienté :
— Venvoyer dinguer... voilà tout! »
{Rouge et Noir.)
r parait qu' yaTait du turbin
C'iui d'aTant pouvait pas y faire
r s' s'rait fait envoyer au bain.
(A. B.)
Aussi, vois-tu, ma pauv' Alice,
Malgré qui' soy' joli garçon.
Puisque ton homme est d* la police
r faut r quitter comme un chausson...
Qu'i' foute l'camp... qu'il aille d Daehe...
Qu'il aiir plaoquer ou quT voudra...
(Id.;
« Elle me rend la vie impossible, j'ai
PRO
— 372 —
PRO
bonne envie de tout envoyer faire
fiche, »
(J. Haini.>
« Et M. Le Bargy n*est pas content,
et il brandit sa démission comme
une menace ! Laissez partir Tircis :
qu'il aille se faire lanlaire et goûter
sur d'autres tréteaux l'ombre et le
frais. "
(Henry Baccb.)
PROMEXEUR. Baladeur, Balla-
(leur.
PROMU. En argot militaire, on
dit de Toflicier promu à l'an-
cienneté qu'il Passe Vannuaire
sous le bras.
PROiXOXCER MAL. Bafouiller,
Hacher de la paille. V. Bredouil-
ler, Parler.
PROPOS en )*air. Foutaise.
— A PROPOS. A pic.
PROPRE-A-RIEX. V. Fainéant.
PROPRIÉTAIRE. M. Vautour,
Piauleur, Probloque, Propvio, Tô-
lier. V. Hôtelier.
Et ATsieu Vautour, mon probloque
Qui s'imagin' — le louToque! —
Boulotter lout mon poguon!
(L. DK BsacY.)
« Le père Paslor, c'est mon proprio.
Ils ont tous, comme cela, dans le
pays, des noms bucoliques. »
(Sévebini.)
« — Oui, me v* là «i la cloche : parce
que j'y dois deux semaines Vtôlier
m*a refusé la clé de ma carrée. »
PROSPÉRER. Boulotter, Paire
son beurre.
m — Ben, ça va bien, à c' que j' vois?
— Dame, oui, ça boulotte. »
« C*est des gens pas délicats, mais
comme ils ont fait leur beurre dans
le commerce, on les salue quand
ils passent. »
PROSPÉRITÉ. Veine.
PROSTITUÉE. Les expressions
dont se sert l'argotier pour dé-
signer les marchandes d'amour
sont très nombreuses; nous
avons cherché à les classer par
groupe, mais ce classement n*a
rien d'absolument définitif.
En parlant de la fille qu'il
exploite, le maquereau dit : Ma
bergère, Ma fesse. Ma gerce, Ma
gironde, Ma gonzesse, Ma laisée.
Ma lampe, Mon lard, Ma largue
(on disait autrefois Larguepé*,
Larguepré", Largue*), Ma lesbombe,
Ma lésée, Ma lézée, Mon linge. Ma
louis, Ma louis XV, Ma maifnile.
Ma marmotte, Ma marque. Ma
marquise. Ma ménesse, Ma môme.
Ma ponante. Ma pone, Ma poneUe,
Ma ponif, Ma poniffe. Ma ponisse.
Ma poule. Ma pouliche ; ou toute
autre expression équivalant à
Amante, Épouse ou Femme.
• — Avec une idée de mépris,
il appelle les autres prosti-
tuées Asticot, Boite à vérole.
Boudin, Bourdon, Brancard,
Cagne, Catau, Catkau, Cato,
Chameau, Chamelle, Chaus-
son. Choléra, Coco, Colibri,
Colis, Cricri, Cricri ravageur.
Gadoue, Gibe, Giberne, Gibier,
Gothon, Goton,Gouge, Gouine,
Grenouille, Guenippe, Gue-
non, Guenuche, Lièvre, Mar-
got. Morceau, Morceau de
cochon ou de salé. Morue,
Paillasse à hommes soûls,
Paillasson, Peau de chien.
Peau de cochon, Pétasse, Poi-
son, Poivrière, Pompe funèbre.
Pou, Porliony Poujîasse, Pou-
pée^ Punaise, Ragoût, Baquin,
Rat dégoût, Rat mort, Rou-
bion, Roue hie. Roulure, Sang-
suCn Sansonnet, Saucisse^
Taupe, Têtard, Torchon, Tor-
tue, Toupie, Tréteau, Vache,
Veau, Veau mort-né, Vessie,
Vezon, Voirie, Volaille, Vo-
leuse de santé.
La jeune fille qui commence à
se prostituer est la Gigolette, la
Mectine, la Puce (apoc. ironique
de Pucelle), ia Rivette ; elles filles
soumises l'appellent méprisam-
inent Conasse, jusqu'au jour où
elle a son inscription à la police.
En possession de sa carte, elle
devient Assermentée, Biémée, En-
cartée, En Mme, Numérotée.
La racoleuse est baptisée Ara-
bulante. Araignée de pissotifre, de
trottoir, Asphalletae, Batteuse
(t'antif, Bilumeme, Boulevardiére,
Demoiselle de bitume, de trottoir
ou du bitume, du trottoir, Fleur
de macadam, de rade, Gon^esse
qui bat t'antif, ton quart, qui fait
le boulevard, la place, te rade, la
retape, te tas, le trimnrd, te trbt-
toir, le truc, te vague, qui fait son
persil, qui la ou persil, qui va en
chercher, qui descend, qui sort, i
Marclteusc, Marneuse, Persitleuse, I
Pierreuse, Radeuse, Rameneme,
Retapeuse, Tasseuse, Trimardeuse,
Trotteuse.
Quand elle ne quitte pas le
seuil de sa maison pour guetter
le client, elle Pail la lourde ou
la porte; si elle l'appelle de sa
fenêtre, elle est Fenétriére ou
Fait la fenêtre, la quitourne ; au
bal, c'est la Leveuse, t'Altumewe.
La Tille qui prend sa clientèle
parmi les troupiers se nomme
Brique, Femme à soldats, Femme
sauvage. Giberne, Marie-Mange-
mon-Prét, Paillasse à soldats. Pail-
lasse de corps de garde, Rempar-
l.a prostituée qui rocole le
long des berges est une Ponton-
niéie; celle qui « fait » le bois de
Boulogne s'appelle Boulonnaise ;
celle qui cherche pratique en
chemin de fer ou en omnibus
Fait te pigeon voya'jeta;
Celle qui dévalise ses clientii,
est Barboteuse , Dêgrtngoleuse ,
Fourclielte, Terriniére.
Les gens qui font la traite des
prostituées les nomment Colis,
Gibier.
La fillede maison de tolérance
est Femme de mation, en maison,
Gonzesse en tôle ou de tâle, de ou
en claque, en clac. Dans le « tra-
vail » par couple l'une est la
Doubleuse de l'autre.
II est des prostituées qui se li-
vrent dans leurs pratiques à cer-
taines spécialités, selon lesquel-
les elles se dénomment Age-
nouillée, Ulanchisieuse de tuyatix
de pipe, Daussiére,Dauphiére,Do-
fiére, Dosse, Dossiire, Magneuse,
Mailresse de piano. Puce travail-
leuse, etc.
En prenant de l'élégance, la
fille devient Apéritive, Belle mi-
nette. Belle de nuit. Belle petite.
Biche, Brcdaslreet, CascadeuM,
Chiffonnée, Cocodetle, Cocotte, Cre-
vette, Dégrafée, Pille de marbre,
Frûteme , Horiiontale , impure ,
Instantanée, Lionne, Loto,Lorette,
Madeleine. Manon, Momentanée,
Nymphe, Odtitisque, Petite dame.
Prétresse Je Venus , Soupeuse,
Tendresse. Au summum, cesl la
Caoutchoutée, la llemi-mondaine.
La prostituée occasionnelle,
bourgeoise ou femme du monde,
se nomme Demi'Caitor.
Lorsqu 'apparaisse ht les rides
et les cheveux blancs, la prosti-
tuée s'entend appeler Vieille
garde. Vieille lanterne. Vieille
paillasse. Vieux posse-lacel. Vieille
pieuvre ; c'est alors qu'elle ensei-
gne son art aux débutantes et
devient Lanceuse el Professeur.
V. Entremetteuse.
Le monde bourgeois dit d'une
fille que c'est une Créature, une
farceuse, une Garçonnière, une
Gueuse, une ilouquelte, une Rou-
leuse, une Roulure, une Traînée.
PRO
374 —
PRO
Enfin, on dit encore ou on a
dil d'une manière générale pour
désigner les marchandes d'a-
mour : Abbaye de s*offreà tous %
Almanach des 2o006 adresses*,
André *, Arthurine *, Atloucheusef
Autel de besoin, Bagasse *, Ba-
leine *, Biche d'Alger, Boucanière,
Bourre de soie, Cabrioleuse, Calège,
Cambrouse *, Camelotte, Campe-
roux*, Carpe, Casserole*, Chau-
dière à boudins blancs. Cité
d'amour, Couillère*, Curé de cam-
pagne *, Descente de lit *, Dessalée ^
Digue, Dromadaire, Fille à partie.
Fille à passe, Flibocheuse*, Fuu-
tinette, ualupe, Galvaudeuse, Gau-
pe, Génisse^ Goualeusc*, Goule,
Grue, Herbiére*, Jacqueline*, Li-
mace *, Lipéte *, Lipette *, Lou-
dière. Louve, Madame ou Made-
moiselle de Montrelout, Marie-
Calèche (arg. algérien), Marguine-
ton *, Mectonne^ Méquesse, Morue
dessalée. Omnibus, Outil de be-
soin. Panthère*, Pantume *, Panu-
che*, Passade, Poutronne*, Qui
fait la petite chapelle. Qui soulage
l'humanité souffrante, Rouscail-
leuse, Hutière*, Tapeuse de tal.
Trouille % Truqueuse, Tinbineuse,
Vadrouille, Veilleuse.
« Je l'ai traitée comme elle le méri-
tait. Je l'ai appelée feignante, cité
d'amour, chenille, machine à plai-
sir. «•
(G. M*cÉ.)
D'où quo {'deviens?... D'où don'quej'sors?
J'étais d'iJans el me v'Iù dehors !...
Ej' suis encor' plein comme un œuf.
Parbleu ! j* deviens du grand Dix-neuf :
Chacun son goût... M' les faut d'attaque*
Et m' faut aussi la garantie...
Moi j'ai m* mieux les bfrrgèr's de claqne
Que les punais't de sacristie.
(A. B. Les Soulohques d'Honoré Constant.)
Comme i's sont presque tous au sac,
Ya de* bergers qui les y r'joignent :
Des bath gonsest t qu'ont l'estomac
De s' les payer pendant qu'i's s' soignent!
I's sont vides comm' des lapins,
Ya pus ou' nib et c'est d' la foutaise,
Mais i's lont encor' des chopins
Avec leur pèze.
(A. B.)
Aussi, faut profiter d' l'occase
Pour crever la gueule à ton lard
Et bouffer 1' blair à Nib-de-Naie.
(lo.)
Vous me r'direx : — Mon vieux cochon.
Quand on veut qn'eun' marmott' turbine,
Faut pat qu'aile ay* l'air d'un torchon
Ni qu a soy' trop dans la débine.
Et pis après je m* fais là paire
Et j' prends eun' gonxesse en maison.
(ID.)
Et pour fair' chanter la pratique.
Elle fut vite au diapason.
Puis elle entra dans un' maison
Où de suite elle eut son diplôme,
Ma môme.
(Id.)
Four six rond^. au Château-Houge,
On sorpuail avec sa gouge,
^ * A la plac' Maubert.
(Id.)
On choisit tout le long du bois
Car ya que d' la grenouilV de choix !
Et ya mèm' des gonzess's de rois ! !
Au bois d' Boulogne.
Et tout ça vient fuir' son persil,
Au bois d' Boulogne.
(lo.)
J' viens encore d' chopper la môme
Qui marche à côté d' moi... Sacré
Chameau ! ... p'tit reau ... chaqu' fois j' la paume
A fair' des clients pour lentré I
Sal' chaudron, sal calorifi^rc!...
Sal' fourneau, paillasse à homm's saouls '.
[lu.)
Grande, élancé', came, d'attaque,
Le poing dur et bien attaché,
Ferme et rûblo', sous la casaque,
Eir faisait la chasse au michet
A coups d' marlenu ou d' 9iirre d' pomme,
Et, souvent, la batteus' d'antifs.
Comme un mâle, abattait son homme :
C'était la Terreur des Fortifs.
(Id.)
Madame Scapiglione
Bonapartiste lionne
Qui se coiffait de bouquets
Kt qui fournit aux caquets
Est, dit-on, encor vivante.
(KonERT DK MOTESQCIOU.)
Les quarts de mondaine el les qrues
En automobile iront faire leur persil.
(EvG. Lbuchc.ier.)
Ce sont les raquins
Les petits boudins
Qui font la catin, n' »ucbanl pas faire autr' chose.
PRO
— 37»j —
PRO
Moi, j'ai besoin qu* ma Louis tarbine.
Sans ça j' tire encore un con|té
A la Max ! Gare à la surbine !
J' deviens grinch' quand j'ai pas mangé.
(J. RlCHEPITt.)
Si j'ai pas I' rond, mon surin bouge.
Or, quand la pouffiace a truqué,
Chez moi son l>eurre eit pomaqué ;
Mieux vaut bouiïer du blanc qu' du rouge.
. ..• ••••••••••
Si j'ai pas 1' rond, mon ^urin bouge.
C'est pourauoi qu' la gouine a truqué,
Pour qu' Bibi soit pas pomaqué.
Mieux Taut boufTer du blanc qu' du rouge.
(Id.)
Car, c* soir, vraiment, j' peux pus m' conl'n'r
J'éclate! Ya trop d' joie, trop d' morues
Ya trop d' rigolos dans les rues.
Des bandes d' rouchi's et d' poivrots
Des candidats au copahu.
(JciUM Rictus.)
« Trois jeunes gens en habit noir
s'empressent et galanlisent autour
de ce spectre ou de cette volaille.
Les soupeuses de Paris, ah ! le beau
livre à faire ; mais on y perdrait
sa santé, toute son énergie, et il
faudrait tabler sur vingt-cinq louis
par soir. »
(Jba.^ LOBBAIX.)
« La mère Berland était une goule qui
avait usé deux maris. >»
(GOBO.X.)
« Ainsi, si c'est V tour du G.
— Alorsse?
— Alorsse. Quand i' fait du foin, i'
l'appelle gonzesse^ gei'ce, garce, go-
thon, gafvaudeuse, gueuse, gre-
nouille^ grue^ galupe^ gaupe^ gouine^
gouge y guenon^ guenippey gale, ga-
doue, eq cœtera.
C'tte s*maine-ci, c'est V P qui
marche. Et dis donc, j' le V jure, i'
marchait cher. Si t'aurai* entendu
c'tte sérénade !
r l'app'lnit peau, péteuse^ putain,
punaise, poufiasse, portion^ pam-
pine, passe-lacet, pierreuse d'occase,
paillasse à grivetons, paillasson,
plume au chAsse, poupée d' quat*
reisch, ponette à la noix, passe à tra-
vers, propre à rien, poni/fe de car-
ton, pou, pied, paquet, poire, poi-
reau, peau de chien, pantrouillarde,
pétrousquine, pochetée, pointue,
prouteuse, pousseuse de zeph, pé-
• tardière, pieuvre^ poisseuse, poison.
pignouffesse, panade, purée, poi-
vrote, pet d* lapin. •
« Eh beni aprén? faudrait-y pas que
j' casse les jambes à ma nête pour
deux sales roulures, n
(J. MAam.)
<c Elle crie partout que j'ai enlevé
l'institutrice de sa fille, que je suis
un misérable, une crapule, que je
vais la ruiner certainement avec
toi, que tu as des instincts de co'
cotte.,, »
(îo.)
Chauds, les marrons, chauds! La vieille ra</eu««
Dont l'appel sonne comme un glas
Et qui bat son quart, tristement hideuse,
Par la gelée et le verglas...
(L. DE BCRCT.)
« Les ca7'pes de ces messieurs, turbi-
neuses d'amour, rôdeuses de bitume,
splendeurs fleuries d'Opéra, noc-
tambules des cabinets particuliers,
demi' castors, marquises complai-
santes, toutes sont égales au pied
de l'autel du grand samt Alphonse.
Celle qui donne cent louis et celle
qui donne cent sous les ont ga-
gnés du môme travail. »
(Fin de Siècle.)
« Filles aimables, prétresses de Vénus,
vierges folies , horizontales de
grande marque, apéritives et belles
minettes, écoutez l'histoire suivante :
La doyenne des femmes galantes
de Paris, celle qui s'était appelée la
Du Harlay. l'amie de la Guimard,
la maîtresse de Barras, du beau Bar-
ras, vient de mourir à l'hôpital de
Pontarlier.
Elle était née en 1780. Le vice et
la misère en avaient fait un être
repoussant. »
{Gil Bios.)
m Néanmoins, il s'exhalait de toute sa
personne ce léger parfum de la
lemme galante, ce je ne sais quoi
provocant qui fait qu'un Parisien
expérimenté reconnaît aussitôt, ce
que nos pères appelaient une co-
cotte, et ce aue l'argot du jour ap-
pelle une belle petite. »
(Edouard Docan.)
Dire que j'aime cette gueuse \...
Elle a seiie ans, la malheureuse.
Et des yeux noirs comme l'enfer.
PRO
— 376 —
PRO
Deux yeux de froide charmeresse,
Où iaroais pitié ni tendresse
N'aflameroDt le moindre éclair.
(AnDEÉ GlLL.)
« Fille de petits brocanteurs juifs,
elle avait rambition et la ténacité
des femmes de sa race ; jetée à seize
ans sur les planches aux figurations
et aux féeries, elle avait vite eu
honte de ce métier de grue, »
(HbNMT BiOER.)
« Elle le laissa partir, sûre qu^il re-
viendrait. Mais il la bouda pendant
trois jours. Alors elle craignit
d*avoir été trop loin, redouta la ri-
valité des tapées de guenuches qui
n'auraient pas demandé mieux que
de lui manger son homme dans la
main, et elle lui rendit un peu de
sa personne, pour le tenir en ha-
leine. »
(Camilli LiMOKKISn.)
« Je regardais Tautre jour, au Con-
cours hippique, la petite barrière
qui nous sépare — nous autres fem-
mes du monde — de cet être bizarre,
exécrable, étonnant et... nécessaire
que Ton a, suivant les époques,
appelé lionne^ cocotte, hétaïre, bette
petite, tendresse^ horizontale, mo-
mentanée, mouquelte ou chiffonnée,
afin de n'omettre aucune catégorie
de cette vaste corporation. »
(COLOMDI.^E.)
« Un soir, elle descendit poussée par
la faim... Quinze jours plus tard,
elle était une habituée de Mabille,
et faisait rager d'envie les persH-
teuses célèbres qu'elle éblouissait
par un luxe princier. Elle devint,
glus tard, une grande dame, et renia
lara et Pomaré, qui furent, avec
elle, les étoiles du chahut ! »
(Ch. Viruaitri.)
c Au Casino, les dames ne viennent
point toutes pour s'amuser. 11 y a,
parmi elles, une catégorie de fem-
mes qu'on a flagellées de l'épithète
de teveuses. Pour celles-ci, le Ibal est
un prolongement du trottoir.
La leveuse a l'instinct du chien de
chasse; elle en possède le flair,
pour suivre la piste de l'homme
chic, provincial ou étranger, et le
lever suivant son expression cyné-
gétique. »
{Cfs Dames du Casino, 1862.)
— RECEVOIR DE L'ARGENT
D'LTîE PROSTITUÉE. Atler
aux épinards, En bouffer. En
manger, Lqretever, La retrousser,
PROSTITUTION. Dans Target
des filles, ce genre de commerce
s*appelle Travail ; elles le dési-
gnent donc par tout synonyme
argotique de ce mot. On dit
encore : Bizne&s (corru()i. du mot
anglais Business), Persil^ Truc,
PROTECTEUR. Piston, Piston-
neur,
PROTECTION. Piston, Pistonnage
ou Coup de Piston.
n Cependant, malgré qu'il fût bien
noté, Toupinel craignait qu'unpasse-
droit, un coup de piston en laveur
d'un autre ne lui fit longtemps
encore marquer le pas. m
(AUGUSTK ARDY.)
PROTÉGER. Pistonner.
PROTÊT. Papier à douleur. Celle
expression s'emploie pour toute
espèce de papier timbré, de fac-
ture, de note à payer.
PROVENCE. Les artistes et les
écrivains qui exaltent la Pro-
vence, sa langue et ses coutumes
se nomment Félibres (dont le fé-
minin est Félibi^esse) ; leur asso-
ciation forme le Félibrige ; leur
fête est la Félibrejade; les néo-
phytes et les enfants s*appellent
Félibrions.
Strophes, montez a^ec les sèves !
Effayez-Tous, nids et berceaux !
C est toujours dans le tenaps des rêves
Que les Félibres vont à Sceaux.
(Clovis Hoglbs.)
Hais, n't^tant rien que félihresse...
(LtOlITINC GoiaA>D.)
« La félibrejade ne commença que le
lundi. »
(Hector Fhamck.)
« Je pus entendre quelques conver-
sations, qui me convainquirent que
s'il y a des réactionnaires dans le
PRO
— 377
PUE
félibrige, comme dans toute société,
il s'y trouve aussi des républicains,
et de toutes nuances. »
PROVIDENCE. La Haute \
« La Haute* faquige en chenastre
santé. »
{Le Jargon.)
PROVINCE (LA). La Vironne,
PROVOQUER. Chercher du rogne
ou des rogneSy Jeter le caleçon^ le
gant.
«c J*y disais rien. Pourquoi qu'il est
v'nu m' chercher du rogne ?... 11 est
attigé, c'est pain béniti »
PROXÉNÈTE. V. Entremetteur,
Entremetteuse.
PRUDE. V. Bégueule.
PRUDEMMENT. En douce. En
pénard, En sondeur, V. Discrè-
tement.
PRUDENCE. Penardise.
PRUDENT. Pénard,
T'asp'l-tH' tort de quitter 1' boulot
n'insinuait c' pénard de Trublot.
(I*. PAiLtrm.)
PRUD HOMMES (APPELER
AUX). Envoyer un bouquet ou un
bouquet de fleurs (allusion au
marché aux fleurs situé près du
Tribunal de commerce, a Paris.
PRUNE. Davone.
PRUSSIEN. Pruscot et les équi-
valents d'Allemand.
Pl^VNTEUR. Cornage, Cafignon,
Danse.
« Le cafignon est Todeur nauséabonde
qui se dégage des pieds ou des
chaussures malpropres. On appelait
autrefois cafignon une sorte d^es-
carpin que portaient les gens du
peuple. 9
PUBÈRE. En parlant des filles :
Catherine. V. Menstrnes.
« Pleure pas, Maria, on Ven acljëtera,
un drapeau, comme à nous autres.
Seulement, faut attendre encore un
on ou deux, vois-tu... Tu seras Ca-
therine à ton tour, va !... >»
(HaRCIL pRtVOtT.)
PUBLIC, subs. Pingouin\ Poitou \
Trèpe. V. Foule.
PI BLICATION. Papelard. V. Pa-
pier.
PUCE. Espagnole, Négresse y Pi-
quante , PiquantinCt SanguinCy
Sauterelle, Sauteuse,
PUCELAGE. V. Virginité.
PUCELLE. V. Vierge.
PUER. Boucaner, Chasser, Chelin-
guer, Chelingoter, Chelipoter, Co-
cotier, Corner^ Danser, Embouca-
neryFoisonneryFoissonner,Flouser,
Fouetter, Fouillotter, Gaiouillei',
Gogotter, Moiter, Plomber, Polker,
Himuer, Renifler, Repousser, Sau-
tt r, Schlinguer, Schlingoter, Schli-
poter, Taper, Trouiller, Trouillo-
ter, Vezouiller, V. Haleine.
Depuif quelque temps, par la Tille,
On voit passer à chaque instaut,
Sa Majesté l'automobile
Grinçant, trëpidant, sur&autant;
Ça souffle, ça ronfle, ça fume,
Ça fouette au nex des Pantinois,
Car ça pue autant que 1* bitume
Quand on répare V pavé d* boi?.
(A. B.
Moi, pour les expulser sans bruit.
Je les larome entre mes lèvres.
Mais, sachant qu'ils sentent leur fruit,
Afin que nul ne me soufiçonne.
Je dis, avant : Dieu ! ouelle odeur !
Fuis j'agis ; lors, quand ça foistonne.
Je plane, étant le délateur.
(P. Paillkttb.)
Et d* Montmertre à l'av'nu* du Maine...
Ça trouillot\ du côté d* Pantin !
(JiHAN Rictus.)
J* conch' quéqu'fois sous des voilures
Mais ou attrap'du cambouis.
J' veux pas ch'linguer la peiutnre
Quand j suc' la pomme à ma Louis.
(J. RiCHBPIN.)
Comme un ord champirnoo tu plombes.
(ID.)
PUI
~ 37{
■ Ell« (Jeaoïie d'Arc) devait avoir.
DOD le roseau que les »cu1plures
nous uioQtrent, mais une épée pe-
sante, de trente livres, Euspendue
à snn poing paysan. Aucune étoffe
de aoie : la bure den moines, llien
des parFum: oui amollissent; em-
portée à grands galops fous, l'sis-
selle ruisselante soui ses rouges
bras tournoyants, elle devait cmbou-
caner, puer l'action, rouler autour
d'elle l'épaisse odeur eaivrnnle
d'un sexe vierge et des luililalres
fatigues.
(Gbi
t..)
chic... l'embétanl est qu'il puait
des goussets et des arpions ; bret il
{La Jaytuiilpi du Béi)mi»l.)
> — Oh! la lai ça gazouillr, dit Clé-
mence en se bouchant le nez. •
(E. ZotA.)
(1 — Bon sang! ça schlipote ici, fit le
double : Caporal de chambrée,
faites ouvrir les fenêtres.
— Chef, crut devoir Taire observer le
Parigot, c'est le Breton qui nioif;
Eonme ça. 11 n'est pas comme la
chansoD qui dit ; i J'ai un pied qui
remue •. il remHe des deux, lui, et
sérieueementl ■
vezouille trop ! "
PUITS. Goulu.
PL'NAISE. Bardime (arg. lyon-
nais). Bouton de pieu, Lentille.
PL'NIR. Coller (arg. des écoliei-s
et des militaires).
PUT
- Il avait été collé pour quatre Jours
et eela tombait juste au marnent
où son jjalfmet venait le chercher
pour ré mariage de la cousine
Annette. »
PUNITION. Colle {arg. des écoles).
Les prisonniers appellent ftanc-
eaiTeau la punition qui les oblige
à coucher au cachot sans cou-
chetle.
— Le troupier ^ui se fait infli-
ger une punition dit au il Se
fait mntriculer ou qu on lui
Pi'end son matricule.
PUnGER une contlam nation.
Payer, Raquer; plus Tirer avec
un complément direct. V. Pé-
lioda.
■< Mais r Frisé est affranchi, il est
tout c' qu' y a d' dessalé : il a dijà
Sané trois fuis pour batt'rie et une
)is pour dégriogolage. »
{V. E(toniBC\ Régaiir tel a:
r Tous les l'^re-la-Pudeur, tous les
Bértnr)er du Sénat n'empêcheront
pas la pou9s<<e des sèves. •
PUTAIN. V. Prostituée.
QUAND. Interrogatir et dans un
sens ironique : Chei Bobèche,
Chei Dache, Clies Plumeau, Chez
qui. V. Comment.
QUANTITÉ (GRANDE). Chiée,
Flambée, Flaupée, Ftoppée. Foui-
titude, Frictie, Polie. Piaulée,
Tapée. V. Abondance.
— La grande quantité s'in-
dique encore par Cinq de.
Dix df, Quinîe de, locutions
auî s'emploient également
ans le sens ironique,
V. Rire.
> Tuliais c' qu'a tait auiord'huiî A
faitjr truc. Et y en a des flambées
qui. «ont comme elle. >
• Et la remellc portait daus ses bras
et traînait à aes jupes des feicties
de n
aille. •
(J. B«:.
- Et c'est poui
jours-oi, H pli
Uou Marché,
jeta, parmi
r dérobé, ces
I comptoirs du
mllilude d'ob-
'flacon d'odeur, qu'elle viendra
l'asseoir, jeudi proclaiu, aur les
bancs des prËveous de la buitièma
chambre correctionnelle. »
(JOIKVIU...)
" ' (A.'b.)
•• Ciii; de conerie et quime de Qube.
t^ niec-là sera jamais mon raac. »
QUART D'IIKURE. Méchitlon.
QUARTIER. En argot Tarlicle
précède souvent le nom du quar-
lier. On dit ; Le Ouiilon, L'Ecole,
Le Sainl-Geoiges, Le Rockouarl
(contraction de Rochechouarl),
Le Montpar (apoc. de Montpar-
nasse), Le Javel, etc.
— Le quartier des Arts-el-
Méliers se dénomme Le
Sébasto; le quartier Saint-
Victor, La Maub, la Uaube,
La Maubert, La ifoe-aux-
beaux, La Mocobo ; le quar-
tier du Gros-Caillou, La
Caillasse ou La Caille; le
quartier du faubourg Mont-
martre. Le Faubourrj; le
Îuartier de l'Hôpital aaint-
ouls, L< Canal: le quartier
de la Hoquette, La Rotonde;
celui de aainte-Harguerite,
Sainte-Margot ou Le Fau-
bourg Antoine; la Bastille,
La [tastoche; la Salpi^trière,
L'Hôpital; le quartier de ta
Santé, La Sanloche; celui de
Saint-Lamberl.Id Yaugire;
Gi'enelle, L'École ; Mont-
martre, àlonlmerte, Sont-
nterlre, ou La Butte ; la
Villetle, La Villouze; le
quartier d'Amérique, Les
Cairiérei; celui du Pont-<ie-
Flandre, Les Abattoirs; Bel-
leville, La Courtanche, La
Cowloche ou La Courlille ;
et MénJImontant, Mênilmu-
ehe ou Menilinonpannais. On
appelle le quartier des Éco-
le» Le Latin; les étudiants
dirent Le Quartier et le reste
de Paris dit Le Quartier
Latin. Enfin, certains quar-
tiers se subdivisent en ilôts
qui prennent le nom d'une
voie ou d'un monument
leur appartenant ; c'est ainsi
qu'on dit Les Princes. La
Maubuée, Le Brcda, le Lion
pour désigner la parlio du
quartier où se trouvent le
fassage des Princes, la rue
laubuée, la me Bréda, le
Lion de Bcirorl. i
— OUA
• Les pour étaient d' la soce^ excepté,
bien enlendu, cell's qui sont à
Saint-Lago, à, t'hoito, ou qui tur-
bin' en tûle. Tn parl'a d'euue
équipe l Ou niait au moins deux
ceots. Et rien qu' ta crème!
ï avait la bande à Clocbard-t/u-
rrdn«. dit Patt' Folie;
Celle à Toto-la-Qoche, d' Vau-
CelJe'â Chariot l' Frisa des Ternet,
dit la Béll' Tripière;
Celle à Bras d'Acier, 1' tombeur
du Montpar;
Cell' dei Deft Btancbes d' Dillan-
court conduit' par Gususie l' mari-
nier, surnommé le Boi du coup
d' tronche;
Celle a Clémence-la-Vache, d' la
Bastoche, rien qu' des gerc'i qui
font les cas tu' I' rad' pour ta des-
cente eniouille;
Ceir des Étrangleurs ed' la Gare
avec Milot, dit Caout'cliouc ;
Ceir du Mnrqui«, dit 1' Rouquin
d' l'École, rien qu' des Cambris;
Celle H Nei-Cossë d' CEntrepût,
dit Cyrano ;
Celle ADardilloa, dit Ferreur, dit
t'Emporteur, dit La Canne, dit
Verre de Lampe, de Ménitmuche ;
Celle à Flnuiboleau, dit La Moui-
che, un' copniir qui tait les viocs
pour le coup du chantage, d' la
Vittouzt;
Celle au Mat'iot du Latin, dit Bri-
scter, dit 1' Costa d' ta liauphine;
Celle à Cartouche du Stbofto;
Ceir des Monte-en -l'air ed' Mont-
marlp avec l'ancienne équipe d'
la Galette;
Celle à Nil)-d'Esgourd', la Terreur
des UravUlien ;
Les Pégriots, du Tempe;
Les Chauffeurs, ed' Saint-Ouen;
Les Fourches, d' Neuillj;
La Liiifî'rie, d' Clichy;
La Brfni', du Point-du-Jour; et
des las d'aut't que j' me rappelt'
Itref, tout' la Tierce. •
i< Ils sont couimc ça toute une bande,
opËrant ilu Juveiaux Moulineaux et
dont la spécialité est de • faire les
verdouiiers. «
i;L~ATIlE de jeu de cartes, ar-
moire d glace.
QUOTE-PART. Fade. V. ParUge.
QUÉMANDEUR. Cogneur, PUon-
iMwr, Sonneur, Tapeur. V. Em-
pnmtenr, llendiant.
QUENELLE. P..e d'enfant mort
(arg, de Sainl-Cyr).
QUERELLE. V. Dispute.
QUÊTE. Uancke.
QUÊTER. Faire la manche.
QUÊTEUR. Wanchiste.
QUEUE. FestiUante, Frélillanle.
— QUEUE A LONGS POILS.
QUINTE. Au piquet, la quinte, le
quatorze et le ^int s'appellent,
pour certains joueurs, la CAar-
fiif complu te.
QUITTANCE. Défargue. V. Ac-
quit.
QUITTER. V. Abandonner.
#
RABACHEUR. Glas.
RABATTEUR. (
Gnare, Guertard.
RABOT. Criminel.
RACCOMMODAGE. Rebouisage.
RACCOMMODER. Rebouiser.
RACCROCHER. En parlant des
niles : Bitllrc te trimar, wn quart.
Bitumer, Faire le bizness, la
place, le raccroc, la retape, le tri-
mar, le trotloir, le true, Faire son
persil, Persitler, Tasser, Truquer;
TraEailier et ses synonymes
argotiques : Boulotater, Marner,
Masser, Turôiner,
La metlre en quarante, ''^mr le
raile. sur le lai, tf tremplin,
le trimar. V. PrOStituéa.
Mnia cette canaille lui a Tait croire
que je la trompais avec une autre
aui truque sur le boulevard dei
atigaollei.
(Co..
— Et tu ne lùra p\ut1
- Tu ne voudrais pas, ma chère,
dit-elle presque froissée. Le baron
m'entretient assez chiquement pour
que je n'aie plus besoin de Taire du
inichél... Et toi, ma pauvre Flora,
a]outa-t-elle en se radoucissant, tu
tors toujourB7... pour engraisier
ton Charlesî,.
(Doii
Ils supputent mentalement les gros
gains que réaliseraient Poil-aux-
Pattes et l'Anguille en dressant cet
petits anges et les mellanl sur le
RAG
— 384 —
RM
o Et le jour, la nuit, le long des
bitumeSf des deux côtés de la Seine,
elle travaillait^ battant son quart,
le quart sinistre, le quart des
pauvres femelles, ce quart des
damnées en vie qui manque à l'En-
fer du Dante. >»
(DUBUT DB LaFORKST.)
Quao' on met eun' môme en quarante.
On boufT pas tout comme un poireau ;
On la fringae !... Avec un laraute
On y paye eun' jupe au Carreau.
(A. B.)
Aile avait pus ses dix-huit ans.
Air 'tait pus jeune d'puis longtemps.
Mais a faisait encor' la place
A Montpcrnaise.
(ID.)
Embrass' pour moi ma p'tit'femm' la Fernande
Qui fait la retape au coin d' Tav'nu' d' Clichy ;
Dis-y que j' Taime et dis-y qu'a m'attende
Encor' quèqu' temps et j' vas et* affranchi.
(ÏD.)
C'est naturel au'y soit feignant,
Pauvr' chat, 1 turbin c'est pas sa sphère,
Moi, j' m'en rattrape en persillant ;
J' me ballad', quand y pleut j' me mouille,
Y m'attend tranquili'ment au lit
Et quand j'y rapporte la douille,
Ah ! faut voir comme il est poli.
(A. GlLL.)
Tous les soirs, j' detcends au boul'vard
Ma marmit' pour qu'aile y turbine;
Et du temps qu' la mAm fait son quart,
Je m' ûl' du schnick par la trombine.
(L. DK Bbrcy.)
« Ils étaient en train de dresser la
?:onzesse avant de l'envoyer battre
e trimary lorsque les roussins, les
vaches survinrent et coupèrent
court à l'idylle. »
(Aldirt Cim.)
« — Depuis combien de temps mènes-
tu cette vie-là?
— Y a bientôt deux ans que / fais
le truc.
— Tu n'as donc plus ni père ni mère?
— J'ai jjas connu ma mère, parait
qu* c était une chouette roulure ;
quant à mon p'pa, il aimait trop
les bons coups, ça fuit qu'il est à
l'hôpital des lous! »
(HBNav Baubb.)
« Près de la Porte Maillot, on ramasse
une vieille femme de soixante-trois
ans; elle n^a jamais couché dans un
lit depuis vingt ans; le Bois est à
elle et, à son Age, elle y fait le
trottoir; pire encore, elle a des
clients. »
{Gil BloM.)
Yen a des tas, yen a d' partout :
De la Bourgogne et du Poitou,
De Nanterre et de Montretout,
El d' la Gascogne ;
De Pantin, de Montmorency,
De là, d'où, d'ailleurs et d'ici.
Et tont ça vient fair' son persil
Au î>oi8 d' Boulogne.
(A. B.)
RACCROCnEUSE. V. Prosti-
tuée.
RACHETER. Défourauer, Déplan-
quer. S'emploie plus spéciale-
ment pour un nantissement.
« J'ai déplanqué les reconnaissances
à la dabe. »
RACHITIQUE. V. Avorton.
RACLÉE. V. Coup.
RACOLAGE. V. Prostitution.
RACOLER. V. Raccrocher.
RACOLEUSE. V. Prostituée.
RACOXTER. Se traduit de même
que Dire.
RADIS. mffauU\ Riffort.
RADOTER. Déconnei\
RADOTEUR. Se traduit par les
équivalents de Béte, précédés
du qualificatif Vieux.
RAFFOLER. V. Aimer.
RAGE. (Hydrophobie.) Game,
RAGER. V. Colère.
RAI DE de caractère. Pétesec,
V. Sévère.
RAIDEUR. V. Affectation.
RAILLER. V. Se moquer.
RAILLERIE. V. Moquerie.
RAILLEUR. V. Moqueur.
RAISIX. Calvin \ Clavin \
RAI
— 385 —
REC
RAISONNEMENT. Pour: Écoute « Je ne peux pas sortir comme ça
\. Je
mon raisonnement, on dit cou-
ramment dans le peuple : J* te
vas dire une bonne chose, V. Ar-
gumant.
RAMASSER. Ramastiquei\
« Une gonzesse qu^il a ramattiquée
dans Ta rue, qu'il a harnachée, et à
qui il a foutu la tôle et la croustille,
et qui y fait des vachVies I V d*vrait
l'empl&trer! »
RAME. Bois, Pelky Plume (arg.
des canotiers).
RAMER. Appuyer sur le bout de
bois.
— Les canotiers disent Endu-
rer pour s^Arréter de ramer.
V. âanoter.
RAMONEUR. Ramona^ Hirondelle
d'hiver.
« Ça sent la brume et les frimas : les
hirondeiles (Vhiver font entendre
par les rues leur cri sinistrement
monotone. »
(Badda.)
RANGER (SE). Fig. Acheter une
conduite, Dételer, Remiser, Se
ranger des voitures. V. S'Assagir.
RAPACE (Pris substantivement).
Corbeau, Vautour.
RAPIDEMENT . Quoniam bon
train.
RAPIÈRE. V. Épée.
RAPINE. V. Vol.
RAPINER. V. Voler.
RAPPELER une chose. Recorder^
Rencarder. Signifient également
Renseigner. V. ce mot.
RASER. Gratter, Racler, Ratisser.
H — Tiens, v'ià dix ronds, va te faire
gratter la couenne et mets-toi sur
ton trente et un, tu nous retrouve-
ras chez la mère Lapoire à Charen-
ton. «
avec une barbe de trois jours,
vous demande un quart d'heure,
juste le temps de me faire ratisser',
et je suis à vous. »
(c Ce pauvre bougre avait toujours du
linge douteux, des vêtements tachés
et ne devait se racler que tous les
huit jours. »
(A. Ladobii.)
RASOIR. Grattoir, Gratou, Racloir.
« J'étais rupin dans ma p'iure neuve
et j' m'étais fait donner un sérieux
coup d' racloir : j'avais l'air d'eune
rosière l »
RASSEMBLEMENT. V. Foole.
RAT. Croquant, Gaspard, Treton,
Trottant, Trotteur. V. Bois.
RATTRAPER. Baiser, Rebaiser,
Rechoper, Repaumer, Repiger.
V. Arrêter.
« Mon cochon, si j' te r'paume, tu m'
paieras çal »
« — Puisque vous m'avez repigé, je
sais que je vais chopper huit et
sept; mais bouclez bien la malle, si
vous voulez m'y retrouver demain. »
RAVAUDER. Rapiotcr.
RAVISSANT. V. Beau.
REBIFFER. V. Regimber.
REBUT. V. Invendu.
RECEL. Lieu de recel : Fouraillis,
Moulin. V. Boutique.
Quand tu tiens le barbotin.
Ne sois jamais trop galfàtre :
De ce qui n'est jonc ou pifttre
Te défargues au moulin.
RECELEUR. Careur, Carreur, Gros-
seur, Fourgat, Fourgue, Franc de
maison*. Meunier, Ogre. V. Ca-
baretier.
— RECELEUSE. Careuse, Car-
reuse. Crasseuse, Fourchue, Four^
gâte, Meunière, Ogresse.
25
REC
— 386 —
RÉC
« La fourgate est à deux pas. Sitôt
servi, sitôt bloqui 1 Et je te garantis
qu'il y a gras. » —:-z:r:fi
(Uabio et Lauxay.)
RECETTE (GARÇOX DE). Dé-
grameur, Releveur de pezoehes,
RECEVOIR. V. Coup.
RÉCHAUFFER. Défigei\
RECUERCUÉ par la police. Quia
les pieds dans le dos, dans le rdbe,
dans les reins.
« — Je te le ferai rendre, moi, ton
morUngue!
— Je suis volé! je suis volé I répétait
le vieux inconscient.
— Va donc ! puisque je te le ferai
rendre ! je jaspinerai au quart. Ils
auront tous les pieds dans le dos,
demain ; as pas peur. »
(0. MitrÉNiia.)
RÉCIDIVE. Chevron, Ravignole,
Revenez-y,
RÉCIDIVISTE. Bois dur. Cheval
de retour, Chevronné, Étamé.
— La femme récidiviste est
Jument de retour.
« La Préfecture de police compte
aujourd'hui une collection de plus
de quatre-vingt mille tètes de cri-
minels, et, à chaque instant, cette
collection sert aussi bien en pro-
vince qu'à Paris à reconstituer
rideutité de dangereux chevaux de
retour^ ({ui, sans elle, protesteraient
de ri m maculée blancheur de leur
casier judiciaire. »
(Hooini-GRieox.)
« La réforme consisterait surtout à
séparer, dans cet asile, les vieilles
juments de retour d'avec les pouli-
ches de départ, car elles y étaient
mêlées jusqu'au saphisme. »
(E. Bbrcbrat.)
RÉCLAME. Battage , Boniment ,
Pallas. Ces expressions sont em-
ployées en mauvaise part.
— On a appelé Hommes-sand-
wich les malheureux qui se
promenaient naguère avec
un placard-réclame sur le
ventre et un sur le dos à la
queue leu-leu par les rues et
les boulevards.
RÉCLUSION. Les bondes. V. Pri-
son.
RÉCLUSIONXAIRE. Coaeref, Co-
tret. Palourde, Fagot, Pagne.
V. Récidiviste, Forçat.
« Les repris de justice se subdivisent
en margotins, cotreis, falourdes et
fagots, s'il faut en croire le « Roi des
grecs», mélodrame deBelotjouéen
mars 1883. Le point de départ de
toutes ces subdivisions ne doit pas
être cherché ailleurs que dans fa-
got, M
(LORtDAX LaROHBT.)
RECOMMANDER. Pistonner.
RECOMMENCER. Rebiffer, Repi-
quer, Repiquer au truc, au t€LS.
« J^en ai mare de tes salades! Boucle-
la! Et si tu r'biff'ea, j' te cass' la
gueule! »
J'ai beau y coller des chàtainee
A r' pique au tas toas les sam'dis.
(A. GlLL.)
~ ÇA RECOMMENCE \ Y a de la
rebiffe !
« Quoi? c'est pas fini, vos chichis?
Y a de la r*biff'e1 *
RÉCONCILIATION. Rebectage,
Rebonnctage.
« Aile a voulu m' faire au r*beciage,
mais j^ les ai nick'lés : j' marche
Eas. C'est barré, et bien barré!...
e r'bonn'tage, nibé ! »
RÉCONCILIER. Rapapilloter, Ra-
miter, Rebccter, Reoonneter.
« — Bah ! c'est une querelle qui ne
durera pas ; ils se ropapilloterant sur
Toreiller. >»
(J. Lakdbi.)
« On a voulu les r^becter, mais l' Rou-
2uin voulait rien savoir. U a même
it à Firmin qu^un jour ou Tante,
il aurait sa peau. »
« C'est tocard de s' bouffer Y blair
RÉG
— 387
REF
entrç poteaux!... fVbonnUez-yoïxa,
quoi, en aminches! »
RÉCONFORTER. Rehecler, Re-
quinquer. V. Guérir.
— SE RÉCONFORTER AU
MOYEN D'ALIMENTS. Se
souder.
RECONNAITRE. neconohle)\ Re-
conobrery Hembroquer, Renobler.
V. Abaisser.
« Alors quoi? tu me r nobles pas? —
Bibi^Bibi d' la Courtiilel »
« Ah! j' vous r'conobrel toujours les
mêmes, vaches et cochons! >»
RECOURS. V. Grâce.
RECRUE. V. Conscrit.
RECULER. Mêmes termes que
pour Hésiter.
REDINGOTE. RedinguCy Regottey
Reguingottey Requimpetle.
Pour nfTurer la boDQ* gal'touze
A dégringolait 1' poivrio.
Faisant la redingue et la blouse,
Le bourgeois, comme l'oumo.
(A. B.)
T'as pus d' grimpant... l'as pus d' liqaelte,
Tes lapp'-la-bou baill'nt de douleur,
Et pour c' qui est d' ta requimpette
Aile est taillé' dans du maihear !
(Jbhan Rigtos.)
REDRESSER (SE). V. Embarras.
REFAIRE une chose. RemaquUler.
REFAIT. (Berné.) Chocolat, De la
revue, V. Dupé.
Parbleu I ^ Trait son mare an Car...
Tandis qu nous... nous terions <t Ut r'oue.
Lui... i' raisonne à son point d' rae
Et dans l'intérêt d' ion baiar.
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Conêtant,)
RÉFLEXION. V. Conscience.
RÉFORME. Dans Targot militaire
et adminislratif, être mis en
réforme se traduit par : Avoir
l'oreille fendue,
<i Sa balle de 1870 le faisait souffrir
et il craignait qu'on ne lui fendit
C oreille pour les fréquentes absences
que nécessitaient ses douleurs. »
REFUS. Les formules de refus
sont nombreuses en argot ; voici
les plus employées : A Chaillot !
A Dache! A Vours ! Ah ! mince !
Barca! Bas ta! C'est comme des
dattes! C'est comme des nèfles!
C'est comme des pommes ! C'est que
f chie! C'est que j' crache! C'est
que f me mouche ! C'est que f pè-
te ! C'est que f tousse ! Chez Bobè-
che ! Chez Dache ! Chez Plumeau !
Chez qui ! De la merde ! De l'anis,
Des allumettes! Des mouchettes!
Des navets ! Des nèfles ! Des panais !
Des panais, Rosalie! Des petites
nèfles ! Des petits radis ! Des plis !
Des pliSj Fanny ! Des radûi ! Des
tomates! Du flan! Gniente! Il est
midi, midi sonné ! Il pleut ! hfaca-
che! Mes blosses ! Mes burnes! Mes
c.Ues! Mes deux! Midi! Mince!
Mon nœud ! Mon œil ! Mon paf!
Mon zeub ! Nada ! ISib ! Nibé ! Ni-
bergue! Niberle! Niente ! Peau!
Peau de balle ! Peau de balle et balai
de crin ! Peau de nœud ! Peau de
zébi ! Plus souvent ! Quel temps !
Tu t'en ferais crever! Tu fen fe-
rais éclater le cylindre, peter la
sous-ventrière ! Tu peux te bomber,
te cloquer, te fouiller, te gauler,
te gratter ! 7,ut !'
REFUSER. Ne pas marchei\ Ne
vouloir rien savoir; et presque
tous les équivalents de Envoyer
promener. Y. Promener.
c II eut un mouvement de révolte et
asséna un coup de poing sur la
table.
— Ah! et puis quoi, après tout! Je
ne suis pas un Yoleur, je marche
pas\ »
(0. MâTtmn.)
Poar qui qu'on a' crev'rait après toat ?
Pour Popnlmiehe ! Il est trop Tealt.
1' vêut rien fonotr, el bénét :
Suand on V dessale, i' fait aa gaeale.
oi J* me les roule à Coorteaay.
(P. PaiLLrm.)
— REFUSER A UN CONCOURS,
à un examen, à une élection.
REG — 388 —
REG
Blackbouler^ Bouler^ Coller^ Re-
culei\ Requilier, Retoquer,
a 11 pourrait bien se faire que Maxence
de Tournecourt fût blackboulé au
Cercle des Truffes. »
(Pompon.)
<i — Il a du talent, c'est incontes-
table, n'est-ce pas ? Eb bien I tu ver-
ras qu'il sera encore boulé au pro-
cbaiu Salon. »
(P. DvrftUMB.)
M Les bons Montmartrois croyaient à
une épidémie d'immigrants, expul-
sés car leurs propriétaires, et qui
venaient cbercner asile et protec-
tion sous un ciel plus clément.
Or, tous ces « déménagés *>
n'étaient autres que les recaiés des
salons de peinture, qui, la mort
dans l'àme, faisaient reprendre à
leurs toiles le chemin de l'atelier. »
(Padl Bo.'«homuk.)
« Ils l'ont requillé avec perte et fra-
cas. M
« Mais l'année où je fus retoqué au
baccalauréat, mes vacances furent
particulièrement pénibles. »
(Maouci Donnât.)
REGAGNER. Raffurer {affurei' de
nouveau).
« J'avais paumé une thune mais j'ai
ra/furé deux escales. »
RÉGALER. (Offrir à boire.) Rin-
cci\ V. Boire.
— SE RÉGALER. Se pourlécher^
Se pourlécher les babines, les
baboumes,
(( Je vais vous faire un frichti que
vous vous en pourlécherez les ba-
bouines, »
REGARDER. Aboryncr % Allumer^
Allumer son gaz, ses clairs y ses
mires, Bailloqucrj Balancer ses
châsses, Dorgner, En jeter un
coup, une représentation, une
séance ou simpl. En jeter un ou
une, Escracher*, Pioler, Frimer,
Gdfer, Gâffiller, Lner *, Miroiter,
Mordre, Mouchailler, Piger, Re-
bouiner, Rebouiser^ Reluquer,
Rcmbroquer, Remoucher, Zieuter.
a Allume \ V'ià les sergots qui radi-
nent, va y avoir du gauche. »
« — Mais t'as don' jamais flambé dans
la pantomime?... voyons, esgourd*
un peu et tâche d'entraver, c'est pas
difficile :
T'es-t'en seigneur. Tu déboucles
la lourde... t'en jett* un dans la
piaule... tu vois qu' nib, tu ren-
3uilles. La môme radine : t'y fais
es p'tits pains ; son dab rapplique,
i' t'en laisse tomber un su' la tron-
che... toi, tu tomb's su' ï foiron, tu
ramasses ta viande et tu trottes l »
« J'en risque un par le trou d' la sur-
dine et j'en jette une séance dans la
condition, pour zieuter c' qu'i's fa-
briquent tous les deux. »
« Qu'est-ce que vous avez à me fioler
comme ça ? On dirait que vous ne
me connaissez pas . »
(J. Mabni.)
«« A m' répond : Si tu veux, mon
homme, mais un peu pus loin... c^u'
si i' passe des pedzoqilles, au'i's
puiss'nt pas nous frimer d^ la
route. »
n Quand a pass' su' 1' rade, les aut's
ffonzesses disent : « Mords donc, la
femme à Bibi, c'est pus Cécile
Constant, c'est Marne Crosson !...
Ça fait chapeau, maint'nant ! ça sort
pus en tiffes! »
c Pi^e donc le mec ! c' qu'i' fait eune
poire I »
Four metlre un paale en charida,
Rebouine bien 1' caillou qu'il a.
(HOGIBB-GillSON.)
• Et! ie t'y prends à reluquer le co-
auillage, monsieur le Parisien ; et
ire que vous eu écrirez encore du
mal, et de la moule et de l'oursin,
une fois de retour dans votre Pa-
riss. »
(Jea.x LoaAAiN.)
R*mouchez-moï un peu c larbin
Sous sa fourrure ed coiaque.
Comme i' pu bon l'eau d' Lubin !
(J. RiCHEPUf.)
REGIMBER. Ressauter, Se rehec-
quer. Se rebéquer; et presque
tous les équivalenisde Se mettre
en colère. V. Colore.
RÉG
389 —
REL
RÉGISSEUR. Amandier fleuri,
Amendier.
REGRËTTARLE. Foutant,Renau-
dant,
« C'est r^nnudanl tout d' même de
s'éte foutu tant d* bouleau pour nib
de nib. »
RÉGULIÈREMEXT. Au pouce.
« N'ayant encore, après deux ans de
présence un corps, encouru aucune
punition ni essuyé la moindre ré-
primande, faisant son service ou
pouce, il est noté comme un trou-
. pier modèle. »
RÉHABILITATION. Blanchis -
sage, Rebectage, Rebéquage,
RÉHABILITER. Blanchir, Rebé-
quer,
« 11 est des faisants qui, après binelle,
font les plus grands sacrifices pour
obtenir leur concordat et qui, une
fois rebéqués^ arrivent à se servir
de leurs anciens créanciers comme
références, dans le but de monter
de nouvelles et considérables escro-
queries. »
REIXE. Dabesse, Dabuche, Fran-
che ripe*, Mékesse, Mi^quesse.
u 11 ne s'attendait pas à trouver la
fille du Rougon à Paris, amoureuse
maîtresse d'un chef d'escarues dont
il avait été le compagnon ae capti-
vité à rtle Royale. Cette mystérieuse
D'chimba était là, devant lui; et
une bande de scélérats l'appelait :
la i>\eC'Mékesse des grinches. »
(BbBTEL et GiLQChX.)
RELXS. Râbe, ftd;«e. V. Dos.
RÉITÉRER. V. Recommencer.
REJET d'un projet de loi, d'une
proposition. Entendement (arg.
politique).
REJETER. V. Jeter.
— REJETER UN PROJET, une
proposition, une poursuite. En'
terrer.
« Les précédentes commissions
avalent enterré le projet de loi
sur les accidents du travail. »
{La Lanterne.)
RÉJOUI. Arve\ V. Gai.
RÉJOUISSANCE. Arvant\
RELATION amoui'euse. Couche-
rie, Passade, Passe. V. Accouple-
ment, Coït.
« On la dit intelligente. Moi, elle
m'assomme : elle ne m'a jamais
entretenue que de ses coucheries. »
(J. LlXDHE.)
« Pour désigner cette courte flambée
des sens, plus sérieuse que les
vulgaires coucheries j moins inté-
ressante que les folies de tète, les
professionnels ont trouvé ce nom,
jovial comme un nom libertin,
sinistre comme un coup de lance :
une passade. »
(WiLLY.)
Non, Trai... cei chos's-là ça m' dépasse '
Faut-i' au'eao' gonxess' soy' paquet
D' prendre an franc cinquant pour eun' passe
Quand a peut d'mander larant'quet...
(A. B.)
RELÉGATION. Bain de pieds,
Grotte, Relègue, Relingue. V. Ba-
gne.
Si, pour cnturer les bons pieds.
Tu brasses faiïe^ à Testorgue
Sois pénard ; ou c'est pour ton orgue
La centrouse ou le bain de pieds.
« — Tu comprends, disait William,
je ne marcne plus dans ces expé-
ditions-là ; si j étais poissé mainte-
nant, ça serait la relègue. Je me
range : je suis commissionnaire en
marchandises. »
RELÉGUÉ. Relingue. V. Argot.
RELIGIEUSE, subs. Caneuse du
Meg des megs *, Femme à Jésus.
— RELIGIEUSE DE SAINT-
VINCENT - DE - PAIX. Gri-
saille.
RELIGIEUX, subs. Chapon,
Rase. V. Prôtre.
RELIGIEUX (OBJETS). Bon-
dieuseries.
RËM
— 390 —
HEN
REMANIER. Dans Targ. des typo-
paraphes : Aller en Germanie (je
remanie).
REMETTRE. V. Donner.
— SE uemetthe. V. Récon-
forter.
REMORDS. Regoiit.
Je vivais sans disgrâce,
Sans regout ni morace,
Sans tar et sans regret.
( Vieille chanson argotique.)
REMORQUEUR. L'enrhumé.
« r pleuvra demain, on entend
Venrhumé d'ici. »
REMOUDRE. Radicrer.
REMOULEUR. Radicreur,
REMPLAÇANT. Mannequin. On
appelait le remplaçant militaire
Cochon vendu*.
RENCONTRER quelgu un. Tom-
ber en frime avec. V. Regarder.
RENDEZ-VOUS. Rencard, Ren-
dèvcy Rendez. V. Renseigner,
Vaurien.
a La gonzesse lui a donné rencard
pour jeudi. »
« 11 eat arrivé en retard au rendève. »
« On avait rendez pour une plombe
devant la gare de Lyon. »
RENDRE. Refiquer (arg. des fo-
rains). V. Restituer.
« Comme le client faisait du cham-
bard à la porte de l'cntre-sorl, la
Torpille lui refiqua son pognon. »
— RENDRE LA PAREILLE.
Faire au même.
« C'est core eune vacherie du Rou-
quin, mais je V frai au même : i'
n'y perdra rien ! »
RENFORCER. V. Fortifier.
RENGAGÉ (SOLDAT). Rempilé.
RENGAGER (SE). Rebiffer, Rem-
piler y Repiquer, Vendre son ce-
chon.
« 11 avait repiqué pour cinq ans dans
Tespoir d'entrer à Saumur et d'y
décrocher Tépaulette. »
RENGAINE. Guitare.
« — Résumons, fit le président, vous
parlez trop, et nullement à votre
avantage. Les promesses que vous
avez faites à l'accusée étaient donc
mensongères?
— Oh ! mensonges forcés ! Ça se pro-
met toujours.le mariage. S'il fallait
épouser toutes les femmes aux-
quelles on chante cette guitare, on
serait pins polygame qu'un Turc! »
(Gazette des Tribunaux.)
RENGORGER (SE). V. Embar-
ras.
RENIFLER. Remonter ses poids,
RENOM, RENOMMÉE. Préparer
la renommée d'une personne ou
d'une chose, c'est la Lancer;
Topération se nomme Lance-
ment, Langage; et celui qui s'y
évertue est un Lanceur.
— La Lanceuse est ordinaire-
ment une vieille prostituée
qui met son expénence au
service des commençantes.
M Elle se remémorait souvent, aux
mornes réveils, l'époque joyeuse
où on l'avait lancée. »
(J. KiCHKPIK.)
a Les petites bonnes femmes le sa-
vaient sans le sou, aussi ne lui
réclamaient-elles jamais la rému-
nération de leurs faveurs. C'est
qu'il avait la réputation de con-
naître des diplomates et d'être un
lanceur de premier ordre. »
{La Gaudriole.)
<i II voulait qu'elle s'occupât du lan-
gage de son nouveau volume. Elle
connaissait assez de monde, que
diable I et si elle l'aimait tant soit
f)eu, ça ne lui était pas difficile de
e faire mousser î >•
(U. SOMBRB.)
— Personnage dont la renom-
mée dépasse celle de tous
les autres : Le lion du jour.
REiN
— 391 —
REP
RENONCER. V. Abandonner.
— REXOXCBR A L'AMOUR.
Dëtcltr^ Remiser^ Se ranger des
voilures. V. S'assagir.
— On dit en parlant des fem-
mes : Retourner son éventail.
RENSEIGNEMENT. Record, Ren-
cardy Tube, Tuyau,
« Si tu vois La Volige, donne-lui le
record pour qu'i' ne s' goure pas. »
« Ça valait juste dalle, V rencard que
tu nras donné. L^ mec a démurgé
d* puis deux longes. »
H Un matin Cartonet, qui épluchait
les faits-divers en mangeant des
radis, releva triomphalement la
tôte :
— Tuyau^ messieurs ! J'apprends par
le journal que notre camarade
Giraud, ici présent, a tué hier, à
Paris, une vieille dame très riche. »
(Michel Corday.)
RENSEIGNER. Recorder, Rencar-
der (cette dernière expression
signifie également Donner ren-
dez-vous), Tuyauter,
M Si tu nous avais mieux r'cordés, on
s' s'rait pas fait poisser comme des
glaudes! >«
tt Tu la connais, toi, c'tte sœur-là?
Rencarde-vioi sur son orgue. »
RENTE. Rabiage.
RENTIER. Chanoine, Rembale.
RENTRER. Rembarber, Renquiller,
Rentiffer, V. Entrer.
» — H est trois plombes, t^embarbons^
on verra ça dinain. »
H — Allez, ho ! renquille à la piaule,
hurlait le marlou hors de lui. »
(H. SOMBBK.)
« J' peux pas renliffer chez les vieux,
gu a disait, mon dab me pass'rait
à ponce. »
— RENTRER CHEZ SOI. Se
tôler.
9 Moi, j* vous plaque; je m* M/«, j'ai
envie d' pioncer. »
RENVERSER. V. Abattre.
RENVOI. Balançage, Balancement,
Balayage, Blackboulage, Bour-
lingue, Dégommade, Dégommage,
Dévoiement, Sacage, Sacquage,
Sciarje.
— RENVOI EN MASSE. Lessive.
V. Changement.
RENVOYER. Balanstiquer,
V. Chasser, Promener.
Nom do Dieu! Si j' m'appMais Félisque,
J' te leur eo fouirais du gâteau !...
Car, enOu, bon Dieu ! qu'est-c' qu'i' risque?
lin' traraill'rait pas pour la peau
S^i' les balaustiquait d' l'assiette...
Car, tant qu' yaura du beurr' dans 1' pot,
Co% goncVlà mang'ront d' la galette.
(A. B. Les Soutoloques d'Honoré Constant.)
RÉPARER. Rebouisei\
RÉPARTIE. V. Saillie.
REPAS. Boulotlage, Coup de figure,
Gobelottage, Gueulée, Lampie *,
Morfe *, Récarelure, Refaite *, Ta-
page de tête, de tronche, Tortore.
Dans l'argot des employés de
nouveautés, on dit Gauche,
V. Nourriture.
M On s'a envoyé un boulotlage sérieux
à u Mon château » avec du cacheté
de première. »
« Après un bon tapage de tête chez
Michoud, on est monté à la Galette. >*
— REPAS COPIEUX. Lucullus.
REPASSEUR. Radicreur.
REPASSEUSE. Branleuse de gen-
darme, V. Blanchisaenae.
RÉPÉTER (SE). Pincei* toujours
la même guitare, V. Rengaine.
RÉPONSE. Se traduit par les
équivalents de Discours : Boni-
ment, Salade, Vanne,
REPOS. Le troupier appelle le re-
pos Marche par le flanc,
REPOSER (SE) Battre ou tirer sa
flemme. V. Fainéanter.
REP
— 392 —
RES
REPRÉSENTER. Frimer, La don-
ner, La jeter, La souffler, Mar-
quer,
« Il avait voulu frimer au rupin : il
avait un tuyau d' poêle et des ver-
nis, un gilet blanc et un alpague
mastic. Mais si Saurais vu c quV
la soufflait mal là-d'ssous I >«
c — S'agit pas que dVa donner, faut
avoir de l'os, et c'est souvent
ceuss's qui font l'pus d'chichis qui
foutent r moins d pourboire. »
« C* que tu ia jettes mal avec tes
guiches ! »
(GOEOR.)
« Ils avaient vu rentrer madame X...
avec quatre individus qui avaient
de mauvaises figures et qui mar-
quaient mal. :•
(iD.)
RÉPRIMANDE. V. ÂdmonesU-
tion.
RÉPRIMANDER. V. Admones-
ter.
— JE VAIS LE RÉPRIMANDER.
Je vais lui conter quelque chose,
lui dire deux mots.
REPROCHE. V. Admonestation.
REPU. Gave, Gavé.
RÉPUBLIQUE (LA). La Marianne,
ou simpl. Marianne, La Princesse.
— Les partisans de la monar-
chie disent La gueuse.
Sûr qu'il a eu raison ï Sarricn,
D' nous envoyer tous en vacances...
Qu'est c' qu'on foulait U Paris?... Rien,
On bâillait à tout's les séances,
On s'emmerdait à valider,
On perdait son temps, sa jeunesse!...
r vaut-y pas mieux s' ballader,
Aux frais d' la princesse ?
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
« Elle est plus maligne que notre
pauvre Marianne, cette forte Eglise
apostolique et romaine qui implante
l'un de ses représentants partout où
il y a un certain nombre drames
réunies. Elle ne laisse pas le moin-
dre troupeau d'ouailles sans bercer.
Aussi, vous voyez comme elle tient
le monde! »
(E. BtBGEIIAT.)
« Brusquement, une génération s^est
levée, qui n& s^enivre que de bocks
idéaux, ne connaît d'autre maîtresse
que la Marianne; et en elle revivent
les sentiments généreux, les soucis
odtiers, les nobles abnégations des
jeunesses de 1830 et 1869, dont le
souvenir est si justement légen-
daire. »
(JotiBPU Cabagcbl.)
« La gueuse a la vie dure, et M. de
Cassagnac lui-même confesse qu^elle
a trompé jusqu'à présent les espé-
rances de ses ennemis. »
{Le Voltaire.)
RÉPUGNANCE. V. Dégoût.
RÉPUGNANT. V. Abject.
RÉPUTATION. V. Renom.
REQUÉRIR. En parlant du mi-
nistère public : Crosser, Farguer.
« L'avocat-bêcheur l'a crosse cher. V
r farguait tant qu'i' pouvait; et
r pauv' vieux a poissé la passe. »
REQUÊTE. Étourdissement. V. Sol-
liciter.
RÉQUISITOIRE. Crachoir, Crosse,
Fièvre .
— RÉQUISITOIRE IMPITOYA-
BLE. Redoublement de fièvre.
RÉSERVISTE. Réservoir.
„ _ Ahl messieurs les réservoirs, dit
l'adjudant, on va vous faire mousser
un peu pour vous débarrasser de
vos bedons qui ne sont jamais à
l'alignement I »
RESPIRER fortement. Racler
(contraction de Renâcler).
RESSEMBLANT. Tout chié.
« C'est r portrait d' son parrain, tout
chiél »
RESSORT de montre taillé en
scie dont se servent les prison-
RES
niers pour scier leurs barreaux.
Pivert,
RESTAURANT. Gargot, Maldine%
Mangeoire y Planque à tortorer.
Ces expressions se prennent or-
dinairement en mauvaise part.
« J^y ai fait avoir à croume à mon
g argot. »
<• J' commence à avoir sérieusement
la dent. Conobres-tu une planque à
tortorer dans c' coinsto-la? »
RESTAURATEUR. Empoison-
neur, Empoisonneur patenté. Fri-
pier.
« Faut ben manger chez Vempoison-
neur quand ou ne peut pas faire
sa frigousse à la maison. »
RESTES. (Déchets.) On nomme
Quiqui les déchets d'os et de
viande des restaurants dont on
se sert pour faire du bouillon
gras. V. Rogatons.
RESTITUER. Aller au refit, Heco-
quer, Refiler.
« r faudra qu'il aille au r'fil de mon
bogard !... Je Y donnerai putôt chez
r quart I... Kt pourtant j suis pas
bourrique! »»
«• Allons, va, rfile-Xm son palet et
qu'i' n' nous coure pus ! »
« r n' veut pas me r'coquer mes har-
nais tant que j*y aurai cas carmé
les sept balles que j' dois pour la
carrée. >»
RESTITUTION. Refit, Ristorne.
RETARDATAIRE . Qui arrive
comme le marquis de C.Ueverte
(obscène).
RETORS. V. Malicieux.
RETOURNER. Dans le sens de
Revenir. Aller à Tours.
a J'ai manq^ué de me faire chauffer
aux courtmes ; je ne peux pas aller
à Tours avant trois marques . u
RETRAITER. Fendre Voreille.
V. Réforme.
— 393 — REV
RETROUVER. Repérir.
RÉUNION. V. Assemblée.
RÉUSSI. Envoyé, Tapé. V. Bien.
RÉUSSIR. La faire belle. Mettre
ou tapei' diins le mille, Y avoir
la main, l'oignon, Vos,
a Quand tu as fait ta théorie sur les
femmes qui entretiennent des
gigolos, tu as mis dans le mille. Oh !
lu étais inspirée ce soir ! On t'au-
rait fait un scénario, tu n^aurais
pas mieux conduit ton dialogue. »
(GtoanES Gumit.)
« Toi, mon vieux, pour les tours de
lézélon, on peut dire que tu y as
l'ognon î ^>
REVANCIIER (SE). Faire ou re-
faire au même. V. Rendre.
RÉVEILLON, houdinage. Fête du
Boudin, Se dit spécialement pour
le réveillon de Noël.
RÉVÉLER. V. Dénoncer.
REVENIR . Rabouter , Radinei',
Rappliquer. V. Arriver.
RÉVERBÈRE. Glacier j)eïuh«*,
Gladère pendue *, Glacis pendu *,
Incommode, Mouchard à bec,
Pendu glacé.
REVÊTIR. Enflaquer.
REVOIR (AU). A la revoyure,
V. Main.
RÉVOLTE, RÉVOLUTION. iMê-
mes termes que pour Boulever-
sement.
REVOLVER. Azorj Basset, Bec de
cane, Crucifix à Tesbrouffe, Re-
poussant, Rigolo, Soufflant. On
dit aussi pour le revolver de po-
che : Blavin, Mouchoir, Permis-
sion de minuit, Pipe,
tt II l'a m'nacé d' son rigolo, comme
si, entre garçons, c'était avec Azor
sous r blair qu*on doive s'espli-
quer. »
RHU
— 39^ —
RIE
♦< — Vous De craignez pas de rentrer
au milieu de la nuit par des voies
aussi désertes?
— Oh! répondit-il en montrant son
revolver, nwn bec de cane est là
pour un coup. >»
(A. Laborik.)
« Ne touche pas à ma mère ou je te
brûle la gueule avec mon rigolo, »
(OOROH.)
RIIUM. Verre de rhum. Pape,
RIBOTE. V. lYresse.
— RIBOTE BRUYANTE. Saint-
GUnglin.
« En v'ià un pétard! Ts sont tous
blindés dans la tôle : c'est la Saint-
Glinglin I »
RICHE. Braisé, Braiseux, Calé,
Douillard, Galetteux, Huré *, Mil-
lour, Milordf Moussu, Plein, Plein
d'aubert. Plein de pognon, Quia le
matelas, le sac. Qui est à l*as, au
fric, au fricot, au pèze, au po-
gnon, au sac. Ri/fard, Rupin, Sa-
qué. On peut encore désigner le
riche par un synonyme dlndi-
vida suivi d'un mol signifiant
Argent : Gonce au pognon. Mec à
sonnettes, etc.
— PERSONNE TRÈS RICHE.
Gonce à coffiot, à matelas.
Ceux-là, y gazn'nt cinq c<gs par mois
Et veurnt la faire aux g:is tiraiiés.
(Jeha!« Rictus.)
(Juand on n'est pas braiseux d' naissance,
Four viv' laut ben truquer un peu...
(A. B.)
« Toutes, tant que vous êtes, les
douillavdes comme les purées, vous
devez avoir vos peines. »
(Trdblot.)
'( — Si je me colle jamais, disait
Flora, je me fiche que le bonhomme
soit beau; pourvu qu'il soit galet-
teiix et solide au poste, je me
moque du reste. >»
(P. DoMcac.)
« 11 a mis r doigt sur une bergère
épatante qu'a un baron et qu'est
pleine d\iubert. »
« J* suis plein; ma marquise m*a r'filé
une livre, j' vas en profiter pour
m'offrir un complet. »
« Ce peintre était un homme effrayant,
un homme comme il y en a çeu ; il
n'avait pas le respect des million-
naires et les traitait comme des
laquais... 11 travaillait de chic, mais
d'un chic si renseigné ! N'importe,
l'homme au sac était vexé de cette
soi-disant négligence; il trouvait
que Tartiste allait trop vite. »
(SdAURICB M0!*t60UT.)
Le plus stupide de ralTaire,
C'est que nul n'a le cœur content :
Gras rupin, maigre prolétaire,
Sur leur sort gémissent autant.
(P. PXILLBTTI.)
RICHESSE. V. Aisance.
RIDE. Marche du palais. Se dit
seulement des rides frontales.
RIDÉ. Marqué, Dans Targot bou-
levardier, on dit Fanoche, Fano-
ché en parlant d'une personne
que commencent à envahir les
rides.
« — Ben, elle n'a pas embelli, tou-
jours 1
— Ohl elle est iolie!
— Ça dépend des goûts!... elle est
déjà vieillotte, fanochée... »»
(Gyp.)
RIDEAU. Coqneret, Discret, Gueu-
sard, Vilquet,
RIEN. Dalle, Digue, Flotière*,
Flou*, Floutière*, Gniente, Gninte^
La digue. Lape, La peau, La poix,
La tringle, La tringue, Sada, Nib,
Nibergue, Niberte, fiente. Peau,
Peau de balle, Peau de balle et
balai de crin. Peau de nœud. Peau
de paf, Peau de zeb, de zébi, de
zeub, Pouic, Poitou, Poix, Quel-
poique, Tringle, Tringlette, Trin-
(jue, Zif*. On fait souvent précé-
der ces mois de Juste ou de Que.
Moi, j'embrasse rien ni personne I
J'embrass* gninle et pouic, dalle et peau l
Ht J'ai beau m' fouiller la sorbonne,
J'ai pas r souv'nir que su'd' la peau
J'ay' Jamais collé m^9 babouines.
(L. DB BlRCT.)
RIE
— 39o —
RIR
A'(6 daus r bidon et nib su' 1' râpe,
Et dans ma valad\ juste lape !
(ID.)
Mais D«au de balle et balai de crin !
Qui donc pourrait leur serrer le frein,
Aux deux marions prenant du terrain
Pour leur escrime a coups de surin?
(J. RiC8EPI.>.)
C'est tout d' roôm ' chouette d' s'embarquer
Dans les roulottes d' premier' classe,
Quand on a peau d' balle k raquer...
Dame, à présent, j' voyage au cbAsse :
J'ai ma carte d' circulation,
Je m' fais traîner en grand' vitesse
Jusqu'à n'import' quelle station,
Aux frais d' la princesse.
(A. B. Les Souloloqwi» d^llonoré Constant.)
a C'est bath, c* que t'envoyes su' ton
affiche. Mais, vois-tu. mon vieux,
tu y es i)as ; tu conobics qu' digue
à la politique ; et les mecs que c'est
je métier d'en faire, d' la politique,
i' doiv'nt pas avoir el' flube de ton
gnasse. »
« — Moi je v^se... je cherche quelque
chose de mieux. Je cherche, mon
cher, une balle... une petite balle
qui ne laisserait de ceux qu'elle
atteint rien... rien... rien!...
— Et vous pourriez appeler cette
balle la balle Nib-Nih I »
(0. MiaoKAD.)
Allons, y a trop longtemps qu'où t' gourre !
Vieux populo, soupe cett' fois.
Dis au politicard qu'i' t' courre
Sur l'haricot avec ses lois !
Dis-lui : J'ai mare d' la pestaille,
Frocards, Jugeurs el autr' fourbis
Du mém' tonneau, qui font ripaille,
Quand moi que j' tnm' j'ai peau d* sébil
{Le Père Peinard.)
« C'est un crosseur l Si tu Técoutes, i'
t' dira qu'il a des trucs épatants pour
affurer du péze ; et il affure juste
Iringlelte. »
'< Si a raque pas, a peut s' gauler : j*
marche pas pour la tringue, »
Ne flanche pas si t'es pavois
Tu n'alTurerais que la poix.
(UooiKn>GEi8oii.)
— ÇA NE SERT A aiE.\. Cesl
comme des dattes, comme des
pommes, Cest midi, Jl est midi
sonné, V. Inutile.
- ÇA XE VAUT RIE.\. Cest de
la gnognotte, de la roupie, de
la roussetette, V. Valeur.
— A A1E.\. A cherche (arg. des
joueurs).
« — Où en sommes-nous de la partie ?
— Cinquante- trois à cherche. »
— XE RIEN FAIRE. N'en pas
fiche, n'en pas foutre une broque,
une hroquille, un coup, une *e-
cousse. V. Fainéanter.
— XE RIEN Bome. Boire de Ven-
cre. V. Boire.
— NE RIEN MANGER. V. Faim.
— NE RIEN AVOIR. V. Se
Priver.
RIPOSTEU. Redouiller.
— RIPOSTER COUP POUR
COUP. Riposter du lac au tac.
RIRE, subs. Hiyofade. V. Amuse-
ment.
I RIRE, V. Esganacer *, Richonner,
Rigoler J Se bidonner. Se boler. Se
boyauter, Se boyoter, Se cintret*,
Se crever, Se déguiser en tirebou-
chon, S^en payer ou en prendre
un bol, une bosse, un plat, une
tranche, Se fêler. Se gondoler. Se
gonfler, Se gonfler le mou, Se ma^
rer, Se piler, Se poiler. Se rouler.
Se tirebouchonner. Se tordre. Se
tordre comme une baleine. V. S'a-
muser.
c Peut-être ai-je le rire facile, mais
je suis forcé d'avouer que quand
on m*a conté celle-là, avec les
expressions exactes, je me suis
absolument gondolé, cintré, tire-
bouchonné. »
(P. Pailmrts.)
« Dites-leur qu'ils ont volé l'État :
ils se tordront. L'État, c'est eux,
d*abord, et les douaniers sont faits
pour exciter les honnêtes gens à la
contrebande. »
(E. BiaanAT.)
« Ah I la sœur, qu*est-c' qu'a prenait :
cinq d'engueulade et dix de gnonn I
Et i' y en disait ! et i' y en con-
tait I... Ah I mon vieux ! tu t' s'rais
gonflé \ n
RIS
— 396 —
ROU
« JMa connais ta romance des plom-
bés. On la chantait à l'hosto, pen-
dant la promenade. On s^poilaitl.,, »
« Ohl oui, j* sais bien, J* peux cre-
ver 1 Tu t'en fous, toi, tu t* mares,
Ven prends un bot: ça t' touche pas. »
RISIBLE. V. Amusant.
RIXE. V. Bataille.
ROBE. Impossible , Sei'pillière ,
Traineuse,
— BELLE AOBE. Mordante.
— ROBE DE CHAMBRE. Douil-
Iffttey Gâteuse.
ROGHEGIIOUART. Rochouart .
V. Quartier.
ROGATONS. Arlequin, Bijoux.
Sans penser ù tremper nut' soupe,
N'importe où nous nous ompûtons
D'arlequins^ d* briffe et d' rogatons.
(J. UlCHEPI.'*.)
Mais i' n*est pas embarrassé^ pour
SCS deuxbourgues.i' s'envoye eune
platée d' bijoux ou qu'y a des fois
un r'pas complet : rôti, poisson et
légumes. »
— marciia:md de rogatons.
Bijoutier.
ROI. Dab, MeCf Meg*^ Franc Ri-
pault*, Grand dab^ Grand mec.
V. Jeu.
RÔLE INSIGNIFIANT. Panne
(arg. théâtral).
« Une panne? Je n'ai jamais très bien
compris le sens de ce mot-là. J'ai
toujours cru — suis-je assez sot ! —
qu'au théâtre il y avait de petits
artistes et non pas de petits rôles.
Je me souviens d'un acteur, dont
le nom m'échappe en ce moment,
2ui n'avait que quelques lignes à
ire dans la Mort du aucd'Enghien^
de M. Hennique. Il eut, en dépit
de cette panne^ un triomphe le soir
de la première représentation. »
(l'iBRRB WOLFF.)
— (^ette expression s'applique
également aux acteurs à qui
on distribue ces rôles, à
cause de leur manque de
talent.
Dans les coulisset, d'un pas lent,
EU's se promèn'nt en somnolant.
Les panneM.
Ou bien eil's dorm'nt ou bien encor
EU's regard'nt poser le décor,
Les pannes,
EU's attend'nt, en croqnant l marmot.
L'occasion de placer leur mot.
Les pannes...
(Geobgks Bcna.)
ROMPRE. V. Abandonner, Ban.
RONFLEMENT. Comage.
RONFLER. Corner^ Jouer de Par-
gue.
a Y a pas moyen de roupiller ici,
grognait le Pari^ot. Ils sont deux
pétrousquins qui jouent de l'orgue
toute la nuit. Demain, Je mets leurs
pieux en bascule. »
ROQUET. V. Chien.
ROQUETTE (LA GRANDE).
La GrandCy La Rotonde.
— LA PETITE ROQUETTE. La
Petite.
ROSSE subs. V. Cheval.
ROT. Soupir de Bacchus.
ROTER. Avoir une fuite de gaz
dans Vestomac.
ROTONDITÉS CHARNUES. Pe-
lotage. V. Sein.
« Moi, j'edme les femmes où qu*i' y a
du pilotage... de quoi s'occuper I »»
ROUE. (Supplice aboli.) Garuche *,
Lune à douze quartiers*.
ROUÉ. Potence, Roumard* .
« — Vous ne lui en remontrerez pas,
c'est une vraie potence. »
ROUEN. Amélie.
ROUENNERIE. Arnellerie.
ROUGE, subs. Maquif Maquis.
V. Fard.
ROU
ROUGE, adj. Vei^noisé.
ROUGIR. Avoir un coup de fard.
Faire cuire son homard, Farguer,
Piquer son fard, Piquer un soML
« Il s'amusait à la regarder dans les
yeux, pour lui ftdre piquer son fard. »
(Bauda.)
« Cette péronnelle piquait des soleils
à la moindre allusion ; et elle fai-
sait, en catimini, la fête avec un
abbé et deux officiers. »
(J. Lahdkb.)
ROULADE. Cocotte, Fignolade,
Gargarisme. V. Chanter.
ROULER. Bouler. V. Tomber.
ROULIER. Roulotin.
ROUSSE. Rouquine. V. Roux.
ROUSSEUR. Taches de rous-
seur : Son.
— VISAGE TACHÉ DE ROUS-
SEUR. Boule de son, Plat de
lentilles.
«( — La gosseline est assez gironde,
dommage qu'elle ait un plat de len-
tilles.
— Bah ! ca lui passera quand elle aura
vu le foup! »
{Le» Joyeusetés du régiment.)
ROUTE. Antif, Antiffe, Pileuse,
Poivrière, Poudrée, Bub, Ruban,
Tirou, THmar, Trimard, Trime,
— LA GRAND' ROUTE. Le grand
trimar.
Au nom de% chemioeui. d' la rille,
Coureurs de ru*M, batteurs à'antif»^
Qui sont (les centaia's et des mille...
Faut pas démolir les fortifs !
{k. B.)
« Les uns, les vétérans du trimard,
connaissent les bons parages. »
(Cu. Halato.)
« La route, la route longuei intermi-
nable, c'est le rub, le ruban. Le
fleuve est le rub de lance; la voie
ferrée des chemins de fer, le rub
de riffle. »
ROUX. Rouquin. S'emploie adjec-
tivement et substantivement.
— 397 —
RUS
r n* faisait pas sa sociétô
Ou génr de la liberté,
r n'était pas républicain,
11 était Tami du Bouquin
Et le p'tit bomme à la Héloche,
A la Bastoche.
(A. B.)
« On dit qu* les rouquines sont ou
toutes bonnes ou toutes mauvaises ;
ben, moi j'en conoble une qu'est
entrelardée. »
— CHEVEUX ROUX. Poil de
brique. Poil de carotte. V. Barbe.
RUBAX. V. Décoration.
RUE. Se traduit de même façon
que Route ; mais on emploie de
Ç référence les équivalents de
tottoir.
— L'argot boulevardier em-
prunte le mot anglais Street :
Auber Street, Bréda street.
RUIXÉ. Blanc, Chocolat, Coupé,
Fauché, Fleur.
RUINER. Faire chocolat. Faire
fleur. Faucher à blanc, Mettre
dans la mélasse, dam la merde,
la mouise, etc., Rincer.
— SE RUINER. Aller à Rouen ou
à Roanne, Faire le plongeon.
Piquer une télé. Tomber dànsli
dèche, la mélasse, la merde, etc.
(V. Misôre).
RUISSEAU. Barant, Doué.
n ... Les battoirs des lavandières,
agenouillées au bord du doué, se
mêlent au bruit berceur de la mer
qui monte ou redescend. »
(AiiDBt Thidiiit.)
RUPTURE. V. Abandon.
RUSE. Dric, Estoc, Finoterie, Ma-
nicle, Roublardise. V. Malice.
« Pour le truc, le dric, le fil, le r'fil,
le flair, le blaire, à lui la pose. »
(J. KiGaipiN.)
RUSÉ. Capon*, Fouinard, Fouine^
Fouineur, Gerôme*, Mariol, Ma-
riolle, Marie, Marlou, Pointu*,
Serpent, Truqueur. V. Malicieux.
RUSER. Caponner', Roublarder,
Truquer. V. Tromper.
■ — Il n'y a pas à roublardtr ftvec
nous, vous savez bien, lui dil
rauds que vous. ••
• Mais dt'iâ les couleurs pâlissent ;
oD çorle de l'humanité, d'une seule
famille... Mé&ancel Eo l'bonneur
de cette famille-lé, on l'apprête à
SABBAT. V. Samedi.
SABOT, i Escarpin de Limoutin,
Eidop, Etclot, Soulier en cuir de
brouette.
■ r m'a m'aé dans un guinche de
Ligornlaux où qu'7 en avait la moi'
tié qui ts(>tuent dea ricloa avec
leurs ribouu en cuir de broutltê, <■
SABOTIER. Esclopi, Esctolier.
SABBE. Flambant, Flambarii, Fou-
ckon, Gandilte ', Jaequelint,
Planche '. V. BoU, Ëpée.
n On fouirait dons la flotte touB les
flingoli, tous les brutals, tous les
coupe-choux, les latlea, les bancatt,
\et rigolos, tout's les arme«, et les
obus, et les boulets, les cartouches
et la poudre. On s" servirait des ca-
sernes pour loger tes purolins et
les nieurs de comète a qui qu'on
distribuerait Im liti et les coUTer-
turei des gribiers. 1
■ — Et le premier qui rDuspèle, fit le
coquillard au comble delà colère.
Je lui r&is faire counaissance avec
Jacqueline !
Et dans un geste de dé& it porta
la main i la garde de son sabre.
— Babre...maialgauai lia te Parisien. s
_ SABRE D'ARTILLBHIB. Ban-
cal.
— SABBE DIX FANTERIB (arme
réformée depuli 1868). Bon
Dieu, Briquemonl. Briqu4t, Côte
de bœaf. Coupe-chou.
- SAC UE FANTAS8IS. Armoire
à poil, Al de earitau, A:or,
V. Banvuc.
SAG
— 400 —
SAL
— METTAE EN SAG. Enflacquer,
Enflaquer.
SAGE. V. S'assagir.
SAGE-FEMME. Débdcleuse, Dé-
balleuse de petits salés j Madame
Guette-au-troUf Madame Manicon
obscène), Madame Tire-le -monde,
Mômeusey Mômière, Tate-minette,
Tire-mômes, Tire-monde, Tire-
pousse.
M Ugénie s*est fait une bosse au ven-
tre, tant pis pour ellel Dans neuf
mois, ça regardera Madame Guette-
au-trouy mais pas moi. »
(0. MiTtHIBR.)
SAILLIE. (Répartie.) Coupure,
Pépin, Salade.
« Bien envoyée, la coupure t Tu y as
bouclé I* bec. >»
« Qu'est-c' que c*est que V pépin qu'
tu nous sors là? »
SAINT-CYR. V. École.
SAIIVT-CYRIEX. V. Élôve.
SAINT-DENIS. Saint-Denailles.
SAINT-ÉTIENNE (HABITANT
DE). Gaga, Gagace^ Gagat.
— Parler le patois stéphanois :
Par Ici' gaga.
SAINT-LAZARE. V. Prison.
SAINTE - MARGUERITE
(QUARTIER DE), à Paris.
Sainte-Margot.
SAINTE-PÉLAGIE. V. Prison.
SAINT-SACREMENT. Porc-cpic.
SAISIR. Agripper, Cheirer, En-
christcr. V. Attraper.
« Il est costeau, pour Tavoir faudra
y foute un coup d' tronche dans 1'
bide et V cherrer aux gambettes. »
SALE. V. Abject.
— PERSONNE QUI A DU LINGE
SALE. Qui porte le deuil de sa
blanchisseuse.
« Elle n*est pas mal et ça ferait ma
foi une cnarmante compagne si
elle n'avait rhorrible tort de porter
trop souvent le deuil de sa blanc/tis-
seuse. •
SALIÈRE. Muronière \
SALIVE. V. Crachat.
SALLE DE POLICE. Austo,Bloc,
Boite, Caisse, Clou, Hosto, Hostio,
Jetar, Lourde, Malle, Matatane,
Mazaro, Osto, Ostio, Ours, Ouste,
Ousto. V. Prison.
» COUCHER A LA SALLE DE
POLICE. Monter le cheval de
l'adjudant.
« — C'est bien, prenez votre couver-
ture et descendez à la lourde I
— .Mais, chef, je vous jure que ce
n'est pas moi.
— Bien, pas d'observations I Vous ré-
clamerez demain au rapport. Capo-
ral BéJ[u, conduisez-moi ce lascar- là
à la boite I »
« — En voilà assez, faut en finir, tout
le peloton couchera à la malle ce
soir. »
(U. CoUKTELl.'fe.)
Quand il punit, môme guitare ;
On connaît bien son numéro :
C'est un gaillard qu'est pas avare
Des jours de clou, de mazaro.
Avec lui la dose est meilleure.
Et quand les autres, sans discours,
Aligneraient quarante-huit heures..
Le doubl* vous colle quatre jours.
(GaiOLKT.)
« L'adjudant m^a fait monter son che-
val durant une huitaine pour avoir
oublié pendant vingt-quatre heures
le cheuiio de la caserne; et il a le
trot sec ! je vous en réponds... Je
ne sais avec quel sapin ils font
aujourd'hui les lits cle camp des
salles de police, mais j'aimerais
autant coucher sur un lit de plume
rembourré de noyaux de pècnes. »
(Ch. Dubois de Ge5?cc9.)
SALLE DE SPECTACLE. Le
Flouant \
SALSIFIS. Doigts de mort.
SALTIMBANQUE. V. Forain.
SAM
— 401 —
SCA
— MATÉRIEL DE SALTIMBABÎ-
QITE. Drague^ Drague de Sa-
touy Satou.
SAMEDI. (Le jour du Sabbat.)
Schaveusse, V. Synagogue.
SANDWICH. Enterrement.
« Leur spécialité consistait à vendre
pour <^ux sous UD morceau de
pain dons lequel elles mettaient un
morceau de gras -double rôti dans
la poêle ; les plus riches allaient
jusqu'à trois sous; alors, pour ce
grix, ils avaient une saucisse plate,
'ans le langage du boulevard, cela
s*appelait un enterrement de pre-
mière classe. »
(Ch. Virmaitbs.)
SANG. Raisinéy Bouge, Rouquin,
Vermois *.
« D'un bon renfoncement j*y ai aplati
le pif. Le raisiné a coulé, et le
môme est allé se bassiner dans la
Seine. »
(Trublot.)
Et r lend'main V sergot trouv' du rouge
A MoDt rouge.
(A. B.)
SANGLOTER. Se traduit de
même que Pleurer.
SANGSUE. Goujon d'hôpital.
SANS-FAÇON. A la flan.
SANTÉ. Santoche, Santu.
— PRISON DE LA SANTÉ. La
Sufitoche.
— A TA SANTÉ. Cric croc!
SAOUL. V. Ivre.
SAPHISME. V. Tribadisme.
SATIN. Douce. V. Soie.
SATIRE. V. Critique.
SATYRE. V. Lubrique.
SAUCISSE. Bifteck de pané.
SAUT. V. Cabriole.
SAUTER. Paire des galipettes, Gam-
biller, Gigoter. V. Danser.
SAUTE -RUISSEAU. V. Ap-
prenti.
SAUVER (SE). V. S'Enfuir, Fuir.
SAVANT. Calé, Ferré, Ferré sur
toutes les coutures. V. Instruit.
SAVATE. Cambrure, Galette, Traî-
narde,
SAVETIER. Bijoutier sur le genou,
Bouify Chirurgien en vieux. Chou-
flic, Chouflique, Gniaf, Graveur en
cuir ou sur le (jenou, Mastiqueur,
Ribouis, Riboul, Sabrenas, Sa6re-
not, Schouflick. V. Cordonnier.
« Ces dessins, ces abominables — et
superbes ! — dessins du a Père
Pemard », ébauchés au gros trait,
à la manière d'affiches, et d^iine
tonalité si puissante, en dépit du
manque de couleur, savez-vous de
3ui ils sont? De galvaudeux, sans
oute, de bohèmes, de ratés, de
vieux gredins ayant noyé dans Tab-
sinthe leur talent de jadis — ou de
gniafs en mal d'esthétique?
Ouitchel mes maîtres, vous
croyez ça?
lu sont l'œuvre d'ibels, de Félix
Pizano, de Luce, de toute cette
jeune et vaillante phalange d'ar-
tistes classés, acclamés déjà, qui
s'en viennent derrière l'illustrateur
de Paris, le maître Chéret I »
(StrEni?iB.)
SAVOIR . Conobler , Conobrer.
V. Connaître.
— SAVOIR UNE LANGUE. Dévi-
der, Entraver. V. Causer, Com-
prendra, Jargon.
SAVON. Glissant.
SAVOYARD. Jean de la suie, Mar-
mottier, Raclette, Rapiat. Ces
épithètes s'appliquaientplus spé-
cialement aux ramoneurs ambu-
lants et n*ont plus guère cours
aujourd'hui.
SCANDALE. BaroiiA Boucan, Cha-
banais. Pétard, Raffut. V. Bruit.
(• Moins d'ailleurs elles useront d^u-
26
SCÈ
— 402 —
SÉD
trance et de boucan, plus sûrement
elles frapperont. »
(Alixandab Hipp.)
« G^est un procès qui fera du pétard
dans Landerneau. »
SCÈNE de théâtre. LapeUe, Le
plateau f Les planches,
« Nom d'un chien, hurla le régisseur,
je ne veux personne sur le plateau
pendant que l'on plante le décor,
personne que les machinistes. »
(G. Amyot.)
Son ambition était de monter sur
les planches ; c'était pour elle le seul
mo^en de trouver un « monsieur »
séneuY. »
(F. DOMBBC.)
SCIE. Bastringue f Cr tarde ^ Mor^
dante,
SCIER ses fers ou des barreaux
de prison. Jouer du violon.
SCULPTEUR. Sculptier.
SÉBASTOPOL (BOULEVARD).
Le Sébasto. V. Quartier.
G'étail r garçon 1* pus cotteao
D' la Bastocbe au Sébasto.
(A. B.)
SEC. Neuillon. V. Maigre.
« Neuillon est le sobriquet donné aux
personnes maigres qui n'ont que la
peau sur les os et sont en Quelque
sorte le neuillon ou noyau de Têtre
humain. »
(CouTi jAUBEar.)
SECOND. Seu, Seg (arg. des en-
fants).
SECOUER. Bluster *, Chahuter.
SECOURS. V. Aumône.
— APPELER AU SECOURS.
Gueuler à la chienlit, au charron,
au vinaigre, Y. Appeler, Crier.
« Une femme de mœurs légères cau-
sait du scandale, Tautre nuit, vers
une heure du matin, rue Lebouis,
lorsque deux agents surgirent et
l'arrêtèrent.
— Au « charron !» Au « charron ! »
se mit à crier la ûlle.
Aussitôt, uue demi-douzaine de
souteneurs accoururent de toutes
S arts et se ruèrent sur les gardiens
e la paix, qu'ils frappèrent à coups
de couteau. »
{Le Journal.)
SECRET, mhs.Cadavre. V. Méfait.
— ÊTRE AU SECRET. Être
quasi-mort.
— ÉCRITURE SECRÈTE. V.Écri-
ture.
SECRÉTAIRE.Secrétaire decom-
missariat de police : Cabot, cador
ou chien de commissaire^ de gt/ort,
de quart d'œil. On donne égale-
ment ces noms au garçon du
commissariat.
a Le chien du commissaire a de mul-
tiples besognes. 11 en avait une ja-
dis, que les arroseurs municipaux
lui épargnent maintenant. En été,
il parcourait les rues de son quar-
tier en agitant une petite sonnette,
pour avertir les concierges et les
boutiquiers que le moment était
venu d'arroser devant leur maison. »
(GOKOIV.)
ce C'est pas pa^ c* que j'ai b&ché avec
el' caaor du quart que j' suis une
bourrique. D^abord, il a raqué, tout
comme un au te. m
— SECRÉTAIRE DE RÉDAC-
TION d'un journal. Cuisinier.
V. Préparer.
SÉDUCTEUR. Cass€<œury Déni-
cheur de fauvettes, Emporteur,
Enleveur, Ferreur, Flamangel *.
« Qu'est au iuste Max de Simiers? Dn
coBur tendre ou un casse-cœur f Un
vieux polisson sentimental ou un
brave homme ? »
(L&ON>BRIHAno 0BaO85l.)
« Grand dénicheur de fauvettes, il
allait gaiement à travers la vie,
vidant les bouteilles et emplissant
les filles. »
(HccTOB Frakci.)
cf C'est un emportetir de première ;
toutes les gonzesses qui* veut, i*
les a I »
« 1' pourra jamais conserver une
SÉD
— 403 —
SEl
gonzesse ; il est trop [erreur et trop
paillasson. »
— SÉIIUCTEUA DE LA FEMME
D'AUTftUI. Grilleur, Grillot.
« C'est des gonces qui sont jamais
marida, à cause qui s' contentent
des bergiTes des aules : c'est des
griilots, »
SÉDUCTIOX. Entiflagc.
— ESSAI DE SËDLGTION. Ap-
pel. V. Courtiser.
SÉDUIRE. Emporter, Faire, Faire
un emportage. Ferrer, Lever,
Y. Conquête, Courtiser.
« On s'est donné ça avec Eusébe
pour la Méloche, rapport que j'a-
vais guinché avec elle à la Galette
et que j' Pavais emportée. »
tt Dans un théâtre, le comique fait
plus de femmes que le jeune pre-
mier. »
(ADBBLIBIf SCBOLL.)
« Un homme qui lève dans un bal une
demoiselle affamée ayant la langue
bien pendue, c^est une chose qui
se voit communément et qui ne
mérite pas d'être racontée. >»
(TniODOBB DE Bamvilli.)
SÉDUISANT. S^exprime de la
même fa(;on que Beau.
— PERSONNE SÉDUISANTE.
Dans un sens erotique : Go-
bant, Qui porte à la peau,
tt II est des femmes qui quoique jolies
ne portent pas à la peau, tandis
que des laides font commettre des
folies. »
(HicTOR Frahci.)
« La petite bourgeoise était gobante
en diable, mais, voil& le hic, sur-
veillée comme jamais ne le fut le
jardin des Hespérides. »
{Le» Propoi du Commandeur.)
SEIX. Boite à lait ou au lait^ Cale-
basse, Lola, Moussu, Mouzu, iVéné,
Nichon, Nini, Pelote, Reposoir,
Rondelet, Rondin, Tété,
— LESSEl?iS, Avant-cœur, Avant-
scène, Avant-poste, Avant-main,
Bossoirs, Bossoirs iC avant. Esto-
macs, Étal, Étalage, Gardes^
côtes, Oranges.
— SEINS MENUS. Lentilles, Man-
darines, Œufs sur le plat.
— SEINS MENUS ET FERMES.
Minets, Titis,
— SElNSOPULENTS.Bo/jr/c^ar-
gole. De ça. Des oranges sur
C étagère, Du monde au balcon,
Du pelotage, Quelqu^un,
— SEINS FLASQUES. Baquet de
gélatine ou Baquet de colle.
Blagues à tabac. Cuirs à rasoir.
Gélatine, Gibasse, Pendants, Té-
tarasses, Tétasses, Tripaille, Tri-
pes. Ces expressions s'em-
ploient également pour Poi-
trine.
« Le directeur d^un théâtre des bou-
levards reçoit l'autre jour, de
Mme Ilortense B..., connue pour
l'opulence de ses charmes, le billet
suivant :
« Cher ami,
• « Pouvez-vous mettre ce soir à ma
disposition vos deux avant-scènes ? »
Le directeur répondit tout de
suite :
« Oui, à charge de revanche. »
(HeCTOB FBAnCE.)
« Alors, comme on n'était qu' nous
deux^ Cécile, histoir' de donner d'
Tair a ses lolos, a dégrafé son cor-
set. »»
Certaias nichons, faits en forme de poire,
Ont un boulon de roue pour tétin ;
D'autres sont ronds arec des tons d'iroire,
On des reflets de soie ou de salin :
D'autres encore, aussi doux que la plnme,
Sont les coussins des ébats folichons.
Enfla, Messieurs, il faudrait un rolume
Pour détailler les grâces des nicAonf .
(Bcs. LutaciER.)
« Il la prit sur ses genoux et passant
doucement la main sur ses seins,
il lui dit : — Oh I les bonnes peti-
tes pelotes \ n
{Les Propos du Commandeur.)
c J* te r répèf, c'est tout c' qu'y a d'
rupin, ta pUit* salade en vers; mais
faut aut' chos' que d* parler des
f)auv*s mijgnards, des loupiots sans
iquette, (&s pauv's lardés qu'ont à
téter qu* leur pouce à caus* que
leur daronne a nib de lait dans les
SEL
rondins et pas d' pognon pour en
aj'ler. »
« C'est la belle-sœur de notre hôte,
j'espère qu'elle en a des bossoirs ;
c^est gras comme une pelote, rond
comme une bouée... aussi est-ce
un plaisir. >»
(àf ABIO ET LaU.'IAT.)
m — Pensez que ses estomacs dégou-
linent !... que ça eu est dégoûtant! »
(J. MAK.M.)
Mignarde, amoureuse, replète,
Le néné ferme et rondelet,
Tout eu sa personne me plait
— Hormis son goût pour la toilette.
(AeMAMD SlLVEflTRB.)
« Les sœurs Souris, dont l'aînée avait
été surnommée la Heine des Amazo-
nes, eu égard à certaine opération
chirurgicale qui lui avait enlevé
une des oranges de soji étagère, »
(Paul Mahaun.)
« — N^allez pas me dire qu^une femme
qui n'a que deux œu/'s sur le plat
posés sur la place d'armes peut
avoir une fluxion vraisemblable à
une personne avantagée comme la
commandante. »
(Cb. Lbkot.)
« — Moi, je n'ai pas peur de me met-
tre à poil dans la loge, disait la
commère. Je n'ai pas les lentilles
de la petite Serly ni les blagues à
tabac de mam'zelle Rolande; mes
bols de garqotte, à moi, ça se tient
et c'est du bath ! »
SEL. Maron*, Morgane*, Muron *,
Sable blanc ou simpl. Sable.
8EJIIAIIVE. Quart de marque, de
marquet, V. Mois.
semblable;. V. Analogue.
SEMELLE USÉE. Feuilleté,
Galette feuilletée,
« Ça fait d' l'épate, ça crosse et ça n'a
qu' du feuiltté en fait d' pompes. »
SÉXAT. Cambuse aux déplumes.
SEXTEXCE. Flambeau, Vanne et
presque tous les équivalents du
mot Discoors.
— 404 — SER
SEXTIXELLE. V. Factionnaire.
SÉPARATIOX. V. Divorce.
SÉPARER (SE). V. Divorcer.
SEPT. Le Crochet du chiffonnier*, La
Potence (arg. des joueurs).
SEPTIÈME. Seyme.
SERGEXT. Pied-de-banc, Serpied,
V. Gradé.
SERGEXT-MAJOR. Double.
V. Gradé.
SERGEXT DE VILLE. Cierge,
Flique, Sergot, V. Agent.
SERGEXT DU GUET. Affurard \
SERIXGUE. Insinuante.
SERMEXT. Salbin.
— PRÊTER SERMENT. Sulbiner.
SERRURE. Bouclette, Serrante,
Surdine. V. Ouvrir.
tt Pas plan d* rembarder, la bouclette
est bridée. *»
« La Méloche avait gardé la débou-
clante, mais aile a été d' la r'vue.
J'ai fait chanstiquer la serrante. «•
SERRURERIE. Brugei'ie.
SERRURIER . Bruge, Gaffeur,
Gouffeur, Tape-dur.
SERVAXTE. (Femme de cham-
bre.) Cambreline, Cambrouse*,
Cambrousse *.
SERVI une seconde fois. Ressucée.
SERVICE MILITAIRE. Temps.
— FAIRE SON SERVICE. Faire
ou tirer son temps.
SERVIR. (Être domestique.) Cam-
brouser*.
-- Fournir, vendre des mar-
chandises : Arranger (arg.
des marchands).
« — Achetez-moi quelque chose au-
jourd'hui, je vous arrangerai bien. •
SERVITEUR. ComôroïKT", Larbin,
Lapin de corridor, de couloir.
V. Valet.
• Jéricho serrait les points. s'îdJu-
riant de la helle faf.on, stupéfait dt'
ae trouver si btle de ne noavoir
lui, Parigot dfi la bonne êcole.faire
la pige i un sntc Inpinde corrido
Ktl«
(J. H»
SEl'L. Suisse. Ne s'enipluie que
dans la locution Faire suisse.
Agir isoKment.
a Tant ee paurliVhcnt à achever lea
victimes ijuc l'on peut bien me
pardonner de fitire auUie dans le
sens de la clémence et mfjue de la
candeur.
(Sh»i
SÉVÈRE. A chccai (sur les règle-
menls, sur les principes, etc.),
P^(c-sfe, llifîe, Rofse.
■ — L» sou s -lieutenant I 11 sort à
peine de Salnt-Cyr. Quand il est
arrivé au corps, l'autre mois, 11
frappait pour entrer chez le double
et lui disait : " Monsieur > ; main-
tenant, c'est un pële-tec qui ne
S unit jamais lea bomuies, maja
ani|ue les gradua dedans, à propos
de bottes. ■
— SE MO.NTREn SËVARE en-
veia quelqu'un. Lui serrer la vii.
SEXE. Bataclan, Bazar, Boutique,
Cas, Histoire.
— SEXB I>E L'HOMME. — La
verge : Andouitle, Asperçe, Asli-
eot. Aveugle. Hiblol,ltiblotco, Bi-
billt,llisioquelle,Billf.lHcouarl,
Bragueiiiari , Bogue, Bout, Bro-
gue,Bro<j'irlle, tihibie, Cholelte,
CItouai-t', Colonne, Courtaud,
C'-urle.CréiiUur,Cyclope,Dard,
Dardiilon, Doiql tans ongle, Fé-
lix, Ferdinand, Gaule, iioupil-
SEX
lt>n,Guiguille,Jacqves,LaU!/e' ,
L'enfant, Lipos, Lii'Otpeme.
Nœud, Os à moelle. Foulard.
Faf. Fanais, Perche, Vêtit frire,
l'Iiilidor, Fine, Pipoi, Foireau.
Quiqtielle. Bingaid, Touloire',
Tringle, Triguebille, Troisième
Jambe. Vil, Zeb, Zéhi, Zébrt,
Zeub. — Les testicules: Antil-
les, AllilUs. Baladeuses. Bal-
loches, lialoehes, Baiota,BastoU.
Bislouilte. B/osses, Burnes, Bre-
loques, Couilles, Couillons, La
Îmgeproys', Olives, Pendantes.
'endelogues. Felils ognons. Bou-
bignoles, Roupetles, Bouleaux,
Boustons, Témoins.— L'ensem-
ble : Le paquet. V. Prépuce.
— Poorquai Uire
u,j- fi
|l>. Piiumi.)
])èa l'dge de cinq ans, la petite
Sophie s'amusait à montrer son
histoire aux polissons de son
quartier. •
(Let Profoi du Commùndeur.)
■j «ob* IB'c'llllO )'».lil
Un làblosea
entre avec sa femme
dans un snlou. Les invités présents
se mettent ;i rire, en s'aiœrrevant
que son pantalon est entre-bflillÉ et
laisse passer un bout de chemise.
Sa femme s'en aperçoit aussi, et,
pour le lui faire remarquera demi-
eiprits sublils la clef de
t'aulre nom porto par In Mère aux
pouiltarUs sur les registres de l'ins-
cription m arîtime,lcs susdits esprits
eubtils sont dUmcnt avertis que le
vocable In bisloaitle signifie, en
vieux patois normand, le complé-
ment naturel de la biatogueite... -
(j. Ru.;,,,,.)
SEX
— 406 —
SIL
servantin de Mirebeau, lui promit
un habit, en condition qu'il le pas-
sast oultre Peau à la cabre morte sus
sesespaules. Car c'estaitunpuissaut
ribault. Le pacte fust accordé.
Frère Couscoil se trousse jusques
aux couUles^ et charge à son doz,
comme un beau petit sainct Chris-
tophle, le dict suppliant Dodin. »
(Rabbla».)
— SEXK DE LA FEMME. Abri-
cot^ Abricot fendu, Harbarol,
Harbii, Bénitier^ Bijou, BHou,
Bis, Boite à grime, Boite à ou-
vrage, Bonbonnière, Bonnet à
poil. Brèche, Bréviaire (Vamow^
Breiinfjot, Buisson ardent, Cage^
Calendrier, Catibistrij , Calibre,
Cailibstri, Casemate, Cha-
pelle, Chapelle ardente^ Chaf,
Chaudron t Cheminée, Chi fou-
Une, Chripsimen, Citadelle, Co-
pier, Cloître, Coiffe, Coin, Con,
Conassr, Concau, Connin, Co-
(fuillf', Coupde satire. Crac, Crac-
dale. Craquette. Crevasse, Creu-
set, Dc.Écuelle, Enfer, Enclume,
Évier, Fendu, Fente^ Feuille de
saw/e, Figue, Fournaise, Four-
neau, (irippart, Grippette, Huî-
tre, Landie*, Lapin, Moniche^
Motte, Mouniche, Panan, Para-
dis, Borne, Sapeur, Schjwk, Ta-
bernacle, Tirelire, V. Clitoris.
'< — Alors, marquis, lui disait la
Salvia, vous donnez dans les petits
I[)ieds sales? On m'a parlé de cela
a l'Opéra. Il parait nu'ellc est très
jolie de corps et qu'elle a une jambe
parfaite... Soyez franc, dans com-
bien de temps allez-vous me lâcher
tout à fait et jusqu'à quel âge laissez-
vous mûrir ce petit abricofi »
(EdGAB M05TIIL.)
« Pour faire petite chapelle, elles
troussent leurs jupons, présentant
à la flamme leurs jambes, colonnes
du tabernacle qui est au fond. »
(11. Fbamcb.)
Prix de beauté de Spa, brune, bon caraclôre !
Ao harem aurait fnit le bonheur d'un pachn ;
Aime le$ animaux félins, tigre ou panthère.
Et po<isêde. dit-on, un fort beau petit rhati
{Le Diable Boiteux.)
Je crois bien que notre grand vicaire
Aura mis le doigt au bénitier.
BftBAXGER.^
Depuis longtemps de la oonzelle
Il avait pris ville et faubourgs,
Mais elle défendait toujours
Avec vigueur la citadelle.
^PlBOli.)
Voyez ce muguet troosse-cotte
Oui voudrait nous manier la mot tel
Oui, c'est pour lui qu'on cuit cheu moi I
Quien, l'abbé, v'ià toujours pour toi...
EU i(VADt.)
SHAKO. Blockhaus % [Boisseau *,
Capsule *.
SIFFLER, pour appeler. Hisser.
— En argot de théâtre. Égayer,
Emboiter, Sif/îer azor.
— ÊTEE SIFFLÉ. Boire ta
goutte.
— ON VA SIFFLER. li y a des
bossus dans la salle,
SIGNAL. Accenty Arce, Arçon,
Duce, Dusse, Duse, Duze, Grippe,
Ser, Serre, Sert,
« Les argotiers se préviennent qu'il
y a danger en crachant d'une cer*
taine façon ; c'est ce qu'ils appellent
Vaccent, »
« Si c'étaient des amis de Pantin, je
pourrais me faire reconnaître, mais
des pantes nouvellement affranchis,
des paysans qui font leurs pre-
mières armes, j'aurais beau faire
l'arfon. •
(VtDOCQ.)
Sans ser ni duu'. il faut savoir
Chenuement faire le miroir.
(IIocikr-Grisox)
Voyez-vous le Fèr* de l'Eglise
Dire au moribond : T'es au bout?
' Monte au Ciel! D' là-haut tu m' Trns V serre-,
Va fnir' le Jacque au Faradis!
Mui j'aim' mieux rester ^ur la Terre,
(P. pAiLLtm.)
SIGNALEMENT. Camoufle.
SIGNATURE. Babille, Firme.
SIGNE. V. Signal.
— FAIRE SIGNE. Arçonner,
SIGNER. Taroquer\
SILENCE ! excl. V. Se Taire.
SIM
SIMPLE. V. Naif.
SIMPLEMENT. A la bonne flan-
quette (corrupt. de Franquette),
A la flan, Au flan, V. Naturelle-
ment.
SIMULATION. Frimage, Frime.
SIMULER. Chiquer balle ou contre,
Frimer, La faire à ou au,\. Riche.
« On voit des arpettes, des bouts
d' culs, — à qui qu'on presserait
r tube qu'il en sortirait core du
lait, — qui s' mettent des guiches et
veulent frimer au barbe. »
'< Quand on a enterré sa vioque, i'
chiquait contre. V n*a pas voulu
chialler. »
SIXGE. Bouzou.
SIPHILIS. V. Syphilis.
SIX de jeu de cartes. Hue de
Rivoli.
SOBRIQUET. Centre à Vestoc ou
à Vestorgue, Sobre. V. Nom.
•• D'puis qu'il est décarré d' la Poisse,
Firuiin a chanstiqué d' sobre. On
rappelle La Canne, d
SOCIÉTÉ. Soce.
Bonsoir la soc...^ mon Tieux Alphonse,
r vaut p't-ét' mieux qu' ça soy' la fin ;
Ici -bas, quoiqu' j'étais ? un gonce...
Lu-baut j' s'rai p'I-él' un séraphin.
(A. B.)
SODOMITE. V. Pédéraste.
SOEUR. Frdline, Frangine.
■ Quand qa' j'étais gossUine
J'enTiais ma frdline
Qui l'sait sa maline.
(L. DB BBRcy.)
« C'est la première fois qu' ça arrive
d'puis qu'Eloi est avec ma frangine. »
— Religieuse. Bibine^Frangine^
Grisaille , Grise , Pampine,
Surfine.
a Et à la fin, on sait pus si ça vaut
mieux qu'y ay* des frangines ou des
laïques dans les hospices. »
— 407 — SOL
SOI. Se traduit de même que Loi.
SOIE. Douce, Lyonnaise.
SOIF (AVOIR). Avoir la pépie, le
foie sec, une éponge dans le gosier,
Cracher blanc, Cracher du coton,
de la ouate, des jnèces de dix sous.
a Dis donc, vieux, tu bananes d'un
kil? J'ai U7ie de ces pépies i... »
M r fait une chaleur à cracher des
pièces de dix soiis. »
SOIG\É. V. Excellent.
— SOIGNÉ DANS SA TENUE.
Bahut é (arg. de Saint-Cyr),
Fichu ou foutu au pouce.
V. Élégant.
SOIR (LE). A la neuille.
SOL. V. Terre.
SOLDAT. Déguisé, Pifeilin, Fifre-
lin, Poignard, Gi'ébier, Grévier,
Gribier, Griffe ton, Gnfton, Gri-
veton , Grtviet* , Marionnette ,
Poupée, Rouf fier*. Supin*, Trou-
bade, Troubadour, Troufion, Truf-
fard, Truffier,
— LES SOLDATS. La culotte
rouge. V. Armée.
— Les soldats ont, selon
Tarme et le corps auxquels
ils appartiennent, des dési-
gnations argotiques spé-
ciales; en voici le détail,
quant à Targot militaire :
— INFANTERIE en général :
Court à patte, Marche à tetre.
Méfiant, Romain*;
— INFANTERIE DE LIGNE :
Biffin, Bigorneau, Carapata.
Carapatin, Couvre-bidon, Cul
rouge, Dumanet, Êcrevisse de
rempart, Fantaboche, Fanta^
bosse, Fiflot, Lignard, Mille^
pattes, Piou, Pioupiou, Pousse
caillou. Saute sur place. Tour-
lourou;
— INFANTERIE DE MARINE :
Basané, Gardien de bananes
Marsouin;
SOL
— 408 —
SOL
- INFANTERIE LÉGÈRE DA-
FRIQUE : Bat. (fAf., Joyeux,
Zéphir;
- CHASSEURS A PIED : Bouf-
feur de kilomètres. Casse-car-
reaux, Chasse-pattes, Vitrier;
- ZOUAVES : Chacal, Chacail,
Zouzou;
- TIRAILLEURS ALGÉRIENS :
Bicot, Moricaud, Nase, Naze,
Turco;
- POMPIERS : Grenadier du
rifle. Vidangeur;
' COMPAGNIES DE DISCI-
PLINE : Biribi, Camisard:
- DISCIPLINAIRES COLO-
NIAUX ; Coco;
- TRAVAUX PUBLICS : Tête de
veau;
- CAVALERIE en général :
Cavalo, Crottin, Fourche à fa-
ner. Talon;
- CUIRASSIERS : Gros frère,
Gros loto. Gros père. Chaudron-
nier, Coquillard;
- DRAGONS ; Citrouillard, Ci-
trouille;
- LANCIERS : Allumeur de becs
de gaz;
- CHASSEURS A CHEVAL :
Chassemar:
- CHASSEURS D'AFRIQUE :
Chass. d'Af, Chasse-marée;
- HUSSARDS : Ventre blanc;
- SPAHIS: Margouillat, Homard;
- AUriïjhEtilE: Arti flot, Bronze ;
- ARTILLEUR A CHEVAL :
Flambant, Mulet de polygone ;
-ARTILLERIE DE MARINE :
Bigor;
- TRAIN DES ÉQUIPAGES :
Cambouis, Hussard à quatre
roues, Mulet, Boyal Cambouis,
Tringlot;
- GÉNIE : Barbette, Terrassier;
-GARDE MUNICIPALE : Cipal;
-ADMINISTRATION: C/jie>i vert,
Biz-pain-selj Mitron:
- LÉGISLATION : Chien jaune;
— INFIRMIERS : Artilleur ou
canonnier de la pièce humide.
Pot à tisane, Tireur à genoux.
V. Infirmier;
— GENDARMERIE : Urasse-car-
rée. Guignol, Laune, Polichi-
nelle, Tournevis.\, Gendarme;
— SOLDAT DE 2» CLASSE : Bibi
de 2^ classe, de 5« bourrée,
simple bibi, Officier de guérite ;
— SOLDAT DE l^e CLASSE :
Bibi de y* bourrée, de /•"• classe.
Ficelle rouge;
— SOLDAT EMPLOYÉ, qui
évite la manœuvre et les cor-
vées : Embusqué, Fricoteur,
Tireur au cul, au flan, au afre-
nadier; ces expressions oési-
gnent aussi le troupier qui
cherche, par quelque moyen
que ce soit, à faire moins de
service que ses camarades;
— SOLDAT MAL TENU : Soldat
du Maroc, toujours prêt, jamais
propre. Soldat du Pape;
— SOLDAT INDISCIPLINÉ :
Forte tête;
— SOLDAT DÉSERTEUR:
Franc- filew\ Narquois* ;
— VIEUX SOLDAT: Vieux pom-
pon, Vieille shabraque;
— SOLDAT MALADROIT : Co-
saque, Garde national, Paquet
de couenne, Pompier.
« — Il fallait ouïr le vieux débagou-
1er. Ah! nom de Dieu! c'est Jean-
neton oui en a entendu de belles!
Sa vieille peau^'aune comme le nu^-
nage du capitame a pris la couleur
d'une culotte de fiflol. »
(Hbctob Fraîscb.)
Le bigor, sur terre et sur l'onde,
ST...icir pas mal des quat'z'olémeots ;
Il s'cmbarqu' pour le nouveau monde.
Idais il n'eu revient pas souvent.
Sans souci d'Ia couleur des Glles,
Il aime aux Ind's, tout comme aux Antilles;
Et voilà, oui, voilà, voilà !
Oui, voilà le bigor frauçais!
{Chanson de l'École polytechnique.)
a Le conducteur, qui comprend Uni-
portance de sa position et apprécie
SOL
— 409 —
SOL
ses vingt sous de paye à leur juste
valeur, fait résonner fièrement ses
éperons devant le servant, qu'il
traite avec dédain de grivier, de
marche à terre et de carapala. Le
servant, mortifié dans sa dignité
d'homme, répond au conJucteur en
rappelant crottin. Et Thonneur sauf,
chacun demeure dans ses limites
respectives. »
(A. JOODERT.)
V — Moi, j'ai jamais servi aux tiffins;
je suis pas un 113* couvre-bidon; je
suis zouave. »
(G. D'EdPAKDi».)
lignard! bleu soldat de Franco
A l'œil ferme, nu cipur \irandier,
Troubade, fils du greuadicr,
Pousse- caillou de l 'espérance,
Coq des blés vermeils et des sei^çles,
Soane l'appel des bataillons,
Arme (on erg:ot d'aiguillons,
Vole vers le Rhin! sus aux aigles!
Hardi, biffin ! boucle ta hotte,
Grctchen prépare ton fricot,
Mets une aile à ton godillot,
Loge une unie sous ta capote.
(lo.)
« 11 avait deux métrés, une i^oignée
d'épis sous le nez, l'air terrible, et
il avait gardé du métier sa calotte
de chass d'Ar ; une tuile, un fez
piqué tout uroit sur ses cheveux
comme une ^Taude rose. »
(lo.)
Il arrive parfois
Que la buurse est bien plate.
On n'est pas des bourgeois
Quand on est mille-patte.
(X.)
Pour notre drapeau
Hxposant sa peau.
Le marsouin est notre espérance.
Car c'est au marsouin
Qu'incombe le soin
De porter au loin
Les trois couleurs de notre France.
(Blédurt.)
« — Voyez-vous, affirma le gros capi-
taine Chavoye, — ce colosse dont la
cuirasse ressemble à une guérite
dans laquelle on pourrait donner
des rendez-vous secrets, — vous
direz tout ce que vous voudrez,
mais il n'y a encore que les coguit-
lards,.. »
(Pompon.)
J' t'écris deux mots et j' profite d' l'occase
Pour t'eQToyer le refrain des Bat. tVAf.
(A. B.j
Le nase.
C'est r blaze
Du tirailleur algérien.
Qui marche bien !
(iD.)
M Et le fricoteur — espèce précieuse,
en cam pagne — prit au café en grains
dans le sac que portait le gros S...,
mon compagnon, Técrasa avec la
crosse de son fusil, pendant que
d'autres enlevaient les cercles d'une
barrique pour faire du feu. »
(Sottbr-Lal'majjn.)
u 11 est incorporé aux compagnies de
discipline comme forte tête, indis-
cipliné, brebi:^ galeuse, individu
intraitable, donnant le mauvais
exemple. Aucun tribunal civil ou
militaire ne l'a flétri, les folios de
punitions de son livret matricule
sont noirs, mais son casier judi-
ciaire est blanc. Pas un malfaiteur,
un irrégulier. »
(Gborgks Daribn.)
Los petits vitriers — c'est ainsi qu'on les nomme
Ont mis leur baïonnette au bout de leur Tusil.
(Paul DiaouLtOR.)
« J'ai VU de bons bougres de soldats
traînant la semelle sur les trottoirs,
sac au dos et le ventre vide, à la
recherche des riz- pain-sel qui
avaient le toupet de leur refuser
des vivres. «
(A« Père Duchêne.)
« Ça représente le tsar qui passe en
chignole avec Alexandra et Félisque,
traînés par des arti flots. »
« Et il fallait entendre les quolibets,
à l'arrivée au point de concentra-
tion!
— Ohé ! les bigorneaux, les saute-sur-
place ! Les casse-carreaux vous ont
fait le poil!
— Pige donc les bouffeurs de kilo-
mètres! Ils font les mariole.«; mais
ce qu'on va les faire mousser ! Et
faudra les ramener dans les ba-
gnoles des tringlots!
— Tiens, voilà lés cavalos... fié les
gros frères! les citrouiliards, les
chassemars! la botte à coco avant
d' penser à la galtose ! *>
SOL
— 410 —
SOU
SOLDE. V. Vente.
SOLDER. V. Vendre.
SOLEIL. Beau blond, Bourguignon,
Huré couchant*, Jean Bourgui-
gnon, Le Glorieux, Le Grand Lu-
mignon, Luis *, Luisant, Luisard,
Luysard.
J*ai toujours aimé V bourguignon,
V m sourit cbaqu' fois qu'i' s'allume ;
J' voudrais pas avoir le guignon
D' m'en aller par un jour de brume.
Uuand on s^est connu V teint vermeil,
JKiant, chantant, vidant son verre,
On aim' ben un rayon d* soleil...
I^e jour oùiqu'ou vous porte en terre.
(A. B.)
Tous les matins, au point du jour,
C'est Jean Bourguignon qui m' réveille ;
1' m* fait des blagu', i'm' dit bonjour,
1' m' piqu' le nez, i' m' chaufT l'oreille,
r m' brûl' la eueule, c' cochon-là,
r s' promèn' dans ma barbe d' fauve,
r m' Tout plein les yeux de c' qu'il a,
r m'éblouit dans mon alcôve.
(ID.)
Avec ça r Glorieux m' roussit 1' crâne
Ht éclaire, comm' par calcul,
Mes nipp's couleur de pissat d'âne
Les trous d' mes coud's et ceux d' mon cul !
(Jbham Rictus.)
Luysard estampillait six plombes.
Mézigo roulait le trimard.
(J. RiCHEPIM.)
SOLIDE. V. Fort.
SOLLICITER. Cogner, Étourdir.
V. Requête.
SOLLICITEUR. Cogneur, Étour-
disaeur, Pied- de biche, V. Qué-
mandeur.
SOMMEIL, nonjle, V. Dormir.
En naissant, eux ont eu leur route
Toute tracée : ils sont certains
l)'n%oir ot la ronfle et la croûte
A leur guise... Aous, purolins
Il nous faut Hier la comète. ..
(L. DB BlRCY.)
SOMME, subs. f. Une pièce de,,.
V. Argent, Billet, Billon, Or.
« il gagne ainsi une pièce de cinq a
six ou même de six à sept, mais on
peut y trouver de quoi vivre. »
Maubice Talmeyr.)
SOXXER. Crocher, Crosser, Dan-
diller, Nochei*, Plomber, Se dé-
crocher, Se détacher. Taquiner ou
tirer le dandillon.
V'ià déjà ménuit qni plombe
Et j' suis pas encoB rentré.
(BiJooaT.)
et Dégote à la piaule turbinante, v'ià
«..ni «^ ^j^^^^t.^ ''eux plomber •
(0. UtTÉMlSK.)
quil se décroche deux plombes. »
I.Méi
c A c' moment-là, cinq plombes cros^
saient et V père La R'toume débri-
dait sa lourde. »
Entends-tu, Valentin?
Ça s détache
A Saint-Eastaclie...
Entends-tu, Valentin?
Il est deux heur'f du matin.
(A. B.)
SOXNETTE. Brandillante, Brin-
queballe. Criarde, Dandillante,
Dandillon, V. Cloche.
SONNEUR. Crosseur.
SOPHA. Flâneuse, Foutoir (obs-
cène).
SORCIER. Gueunard, Gueunaud^
Renifleur.
SORTIE. Dêcambutage, Décarrade,
Décairage, Décarre, Décarrement.
a Le soir de sa décarrade de Saint-
Lazare, son homme l'attendait à
la porte. »
SORTIR. Décambuter, Décarrer.
V. S en aller.
SOT. V. Bête.
SOTTISE. V. Bêtise.
SOU. V. Billon.
— SANS LE sou. V. Misérable*
SOUCI (SANS). V. Insouciant.
SOUDEUR. Plommeur \
SOUFFLER. Haloter.
SOUFFLET. V. Claque, Gifle.
sou
— 411 —
SOU
— Ustensile, outil. Bisard,
Halot, Halotin.
SOl'FFRE-DOULEUR. Dabot,
Egayé, Plastron,
SOUFFRETEUX. V. Faible, Mi-
sérable.
SOUFFRIR. Malingrer,
SOUHAITER. Le peuple prononce
Souhater,
«( On vous la souhate bonne et heu-
reuse. »
SOUL. V. Ivre.
SOULARD. V. Ivrogne.
SOULIER. CocOy Crocji, Croque-
noty Escafignoriy Flacon, Frappe à
terre, Gadin, Gladiateur, Godille,
Godillot, Grêlon, Grole, Grolon,
Main courante, Paf, Paff, Paffe,
Panard, Passant *, Passe, Passif,
Philosophe, Pompe, Ribouis, lii-
dot, Higadin, Rigodon, Ripaton,
Sorlot, Tartine, Trottin, Trottinet.
— SOULIER VERNI. Luisant,
Vprno.
— SOULIER nOCCASlON. Deux
fois neuf, Dix-huit, Empereur,
Fafiot.
— GRAND SOULIER. Auverpin-
che, Bateau, Boite à violon.
Écrase-merde, Mamois, Péniche,
Sac de voyage.
— BIAUVAIS SOULIER. Bot/eati,
Feuilleté, Galette, Philosophe,
Reniflant, Riflard.
~ SOULIER A RURAN. Bichon.
a Mais, mille pétards! allez donc
faire avaler à un jeune bougre, pas
tout à fait idiot, qu'il doit cirer la
semelle de ses croguenots^i »
{Le Père Peinard.)
« — Ça cocotte rien dans la carrée,
fit Robinet qui rentrait de permis-
sion de théâtre. C'est encore ce co-
chon de Breton I je vas lui mettre
ses flacons dans les gogues. »
c 11 couchait à la rédaction, sous pré-
texte de donner un cou{) de main
au « départ » ; il mangeait avec les
quelques sous que lui valaient les
Ï petites courses que nous lui faisions
aire ; quant à son entretien, les
rédacteurs y pourvoyaient en lui
abandonnant leurs vieilles groles,
leurs galurins et leurs vêtements
esquintés dans les réunions. »
(J. PUNELLI.)
« Hélas ! Tétat de choses a bien peu
changé.
Quant au ministre, il se soucie
de tout ça comme de sa première
paire de godillots. »
(Camillb Dreyfus.)
Créa vingt bons dieux!... J'ai la gueul'^èque!
Si J* pouvais hoir' comme mes panards !...
Euas' i's barboU'nt comm' des canards...
Sdais, moi, l'eau... J' peux pas faire avecque...
(L. DB Bue Y.)
Et mes passifs, déjà Teufit de semelle,
M'ont aujourd'hui planté là tout à Tait.
{Chanson du routeur.)
u Ahl les frères! Si que j* serais V
Governcment, j^ te les recevrais à
coups d^ pompe dans V train ! »
« — Toi! T'aurais mieux fait de ne
pas ouvrir la gargoine ! T'as rien à
toi sur le dos..., pas même tes j^i»
bouisl »
(0. Mété.mir.)
« A m'a payé des bath riclots : des
vernos a 12,50. J' la soufQe avec ça l •>
L'Amour, y gonfle tous les cœurs,
D'après 1' chichi des chroniqueurs.
Quand c'est qu'y m* gonflera la panse?
Quand c'est qu'y m' foutra eun' pelure,
Euo' liquette, un tub*. dos sorlotsl
(jEBAiv Rictus.)
u — Quand partons-nous?
— Demain, après-midi.
— Pourquoi pas le matin ?
— Parce que j'ai pas de souliers.
— Diable !
— MJ.O ne te tourmente pas. J'ai mon
affaire.
— Loin d'ici?
~ Avenue du Bois. Le cocher d*un
comte qui me donne ses vieux 6a-
teaux. »
(HuGCBi Le Roox.)
Mon meilleur copain, c'est Bouroîte,
C'est lai qui m'explique un peu tout.
sou
Y m'apprend i fair' d'mi tour... oite!
Et la pos' da soldat sans 1' soa.
Pourtant, des Tois, y m' Tait des niches
Y vers* l'eau dans mon culbutant,
Ou ben d' la soup' dans mes péniches...
C'est malheureux d' trinquer tout l' temps.
(Ta. AiLLADD.)
Viv* la gaité ! J'ai pas d' chaussettes;
Mes rigadins Tout des risettes...
(J. RlCHEPL'V.)
Mous somm's dans c' goût-là toute eun* troupe
Des lapius droits comm' des bâtons,
Avec un rideau sur la croupe,
Un grimpant et des ripatons...
(ID.)
SOUMETTRE (SE). Démorganer,
Rengracier.
« Les détenus se levèrent.
Le voleur de profession s'em-
pressa de dire à Furet : « Je te
présente le terrible et le Chef de la
Sûreté, renr/racie ou gaussille. «
(0. MAct.)
SOI PÇOX. Huile. V. Doute.
— ËVEILLEU LES SOUPÇONS.
Faire du ragoût, V. Dénoncer.
SOUPE. Bouillante, Jaffe\ Laffe\
Ménestre *, Mouillante, Mouise,
— SOUPE ÉPAISSE. Cataplasme.
— SOUPE MAIGRE. Aveuglp, La-
vasse.
— L'argotier qui a mangé une
bonne soupe dit qu'il a L'es-
tomac ou le gilet doublé de
flanelle.
« J'y ai connu la mislouffe : quand
j'étais à la cloche, — oh ! autrefois !
— que j' savais pa* où plumer et
que j' déclarais avec pouic dans 1'
bide, j' descendais aux Halles; j'y
trouvais d'autes mouisards comme
mon gnasse sous les pavillons et,
quand la r'naque v'nait pas nous
ratisser, on risquait eun' corvée
pour tois ou «juaf ronds et après
on allait s'enfiler un ou deux bols
de bouillante. Et on r'biffait si on
était pas trop moisi k faire une
aute corvée. Et la neuille s' passait
comme ça. »
« — Tiens, voilà Pourvoir qui rap-
plique vers la section, dit le ser-
— 412 — SPO
genl. r vient goûter la mo«i«e, je
parie. *
SOUPER, subs. Re faite de Sorgue\
SOUPIÈRE. Marmouse*, Marmou-
set*.
SOURCIL. Cerclé,
SOURD. Dingo.
« T'esgourdes pas? T'es donc dingol »
SOURIS. Croquante, Trottante,
Trotteuse.
SOURNOIS. Lime sourde.
SOUS-MAITRESSE de lupanar.
Mademoiselle, Sous-macsée, Sous-
vache,
SOUS-OFFICIER. Basof, Bazof,
SouS'Off, V. Gradé.
SOUS-ORDRE. Sous-verge,
SOUSTRAIRE. V. Voler.
SOUTANE. Serpillière à ratichon.
SOUTENEUR. V. Prostituée, Ma-
quereau.
SOUVENIR (SE) de quelqu'un.
Retenir son matricule, son numéro.
S'emploie avec une idée de me-
nace, de représailie.
« Vous, mon bonhomme, je retiendrai
votre numéro. »
SPAHI. V. Soldat.
SPÉCULATEUR. V. Bourse.
SPÉCULUM. Dab d'argent,
SPERME. Foutre (obscène).
— Certaines prostituées spé-
cialistes disent Fumée.
SPOLIATEUR. Spélican \ V. Vo-
leur.
SPORT. La langue sportive em-
prunte à l'anglais la plus grande
partie de ses expressions ; c'est
un argot spécial qu'il faudrait
traiter à part, ce qui n'est pas
notre but. Nous citerons néan-
SPO
— 413 —
SPO
moins quelques exemples qui
donneront une idée de l'impor-
tance prise en France par 1 an-
glomanie dans le langage.
Les personnes que passionnent
les sports sont des sportsmen
ou des sportswomen, suivant le
sexe. Le concours sportif est un
match ; qui le gagne tient un re-
cord. Celui qui donne à parier
est un bookmaker et, par abré-
viation un booL Une voiture est
un caby un coach, un mait^ etc.,
selon sa forme et son usage.
Une course de chevaux s'appelle
Steepkj Handicap, etc.
Nos anciens jeux de paume, de
mail et de baretle s'anglicisent
en laïun-tennis, crockel, foot-balL
Une association devient un club,
ses membres des clubmen ; on
est du Rowing-cluby du Touring-
cltibf du Yachting-club y du Racing-
club, etc., etc.
Le sport vélocipédique, Tauto-
mobilisme et Tathlétisme for-
ment des associations qui se bap-
tisent de noms, composés ae
termes anglais ou français, et
Î)arfois tellement longs qu'on ne
es énonce que par leurs initia-
les : T. CF., (7. V. F., U.S. F.
S. A y signiiient Touring-club de
France, Union vélocipédique fran-
çaise. Union de^ sociétés françaises
de sports athlétiques. On va môme
jusqu'à appeler les membres de
ces sociétés par les initiales
d'icelles; on dit les Uvéfistes, les
Técéfistes. Lisez : les membres
de 117. V.F., du T. C. P.
L'espagnol a aussi acquis droit
de cite avec les courses de tau-
reaux, dont les amateurs sont
des aficionados. Le lieu de la
course est une plaza; la course
elle-même, une corrida ; ceux qui
s'y livrent sont laspada, les pica-
dores, les toreros, etc.
M Six heures du soir, la dernière réu-
nion d'Auteuil ; à la sortie des
courses... un grouillement de pa-
rieurs, de bookmakers et de sports^
men bon marché foisonne devant
la gare et dans la rue d'Âuteuil. »
(Jkas Lomain.)
« Dimanche 20 mai. — Grand Steeple
d'Auteuil. Y eut-il jamais modes
plus délicieuses et mettant plus en
valeur la beauté de la femme?... »
(lo.)
« Nous avions déjà la Vénus Noire,
voici l'Apollon nègre, et en vérité
c'est à désespérer de nous-mêmes,
quand on songe que malgré les
entraînements variés, les football,
les polo, les records en tout genre,
nous ne semblons plus à la hau-
teur. »
(Albxaxdm Hepp.)
C Le jouvenceau qui s'attache au bac-
cara aime croire par ce fait à sa
ressemblance morale avec les club-
men enviés. »
(Pacl Aoam.^
« On ne s'est qu^assez peu diverti au
match entre le cheval et Tautomo-
bile. »
(Catulle Mendèi.)
M II serait plus juste d'appeler la jour-
née d'hier : Journée des coachs ou
des guides, puisque la curiosité du
public va vers ces derniers refuges
de l'élégance qui, dans vingt ans,
seront, comme la berline, des sou-
venirs de famille à Tusage des re-
mises de châteaux. »
(J08Z.)
« Nous empruntons à notre confrère
« Tous les Sports », organe ofiiciel
de VU. S. F. S. A., l'information
suivante : Au premier jour va naî-
tre un nouveau cercle ultra-select à
qui nous sommes heureux de sou-
haiter la bienvenue... »
(Recordmaïi.)
« La commission est avisée en outre
a n'en vue de faciliter la solution
es questions relatives à la Fédéra-
tion américaine, la réunion du con-
seil de VI. C. A., qui devait avoir
lieu le 20 janvier prochain, à Paris,
est remise au samedi 17 février.
Le délégué de la N. W. U. auprès
de r/. C ^. sera désormais M. S. Le-
STA
— 414 —
SUE
gers de Veeckens, d'Amsterdam,
au lieu de M. Massis. »
(b.)
« Dans les comptes rendus que don-
nent les journaux de vélocipédie, il
est souvent question des técéfistes.
Les técéfistes ont fait ceci, ont dé-
cidé cela... »
(POHTAILLAC)
« Incessamment, une des salles d'au-
dience du tribunal de police cor-
rectionnelle va servir ae plaza à
nos aficionados et anti-<z/?cio7tae/o9
parisiens. »
(JOIXTILLB.)
STALLE. Box.
^ La caissière assiste de son box à
toutes ces scènes risquées, lubri-
ques, sans paraître s'émouvoir. "
(La Nation,)
STATUE. Navet.
c Malaval était en train de donner le
dernier coup de ûon à son navet
qu'il devait envoyer au Salon le
lendemain. »
(G. Amyot.)
STÉPHAXOIS. Gaga. V. Mar-
seillais.
STIMULER. Remonter la pendule.
V. Encourager.
STRASS. Caillou^ Diame à C estoc
ou à Vestorgue. V. Bijouterie^
Diamant.
STRATAGÈME. V. Ruse.
STUPÉFACTIOX. Babification,
Épatement. V. Êtonnement.
« Quoi que vous puissiez penser de
ceci et quel que soit votre degré de
babi fi cation à cette surprenante
nouvelle, — je vous dirai que c'est
en savourant parallèlement une
chope d'excellente bière double et
la joie d'avoir recouvré mon pépin
que j'ai recueilli la non moins sur-
prenante histoire. »
(Geobgb Acbiol.)
STUPÉFAIT. V. Étonné.
STUPÉFIER. V. Étonner.
STUPIDE. V. Bête.
STUPIDITÉ. V. Bêtise.
STYLE . Écriture.
« Le sujet, dis-je, aurait eu, comme
invention, à peine de quoi suffire
à l'un des cinq cents contes que
publient, chac|ue année, les écri-
vains coutumiers des journaux lit-
téraires ; et,quantàlVcrt7ure, comme
on dit, elle est si dénuée de tout
éclat, de toute gr&ce, de toute trou-
vaille, et, en même temps, de toute
correction — cette ressource, pour-
tant, des médiocres — que Ton
s'étonne enûn qu'il ait été possible,
nième à l'auteur de la « Mort de
Hoche », d'écrire aussi extraordi-
nairement mal. »
(CaTULLB UBMDfcs.)
SURIR. En parlant d'une condam-
nation. V. Pnrger.
— En parlant de mauvais trai-
tements. V. Battre, Coup.
SURSISTAI^GE. V. Nourriture.
SUCCÈS. En parlant d'une pièce
de théâtre, on dit Faire le maxi-
mum. Cette expression s*appli<{ue
également à 1 acteur, à Tauleur,
à toute chose ou à toute personne
2ui attire une grande afQuence
e public.
a La salle des assises était comble.
Un de nos conTrèrcs a pu dire dans
la langue spéciale aux gens de
théÀtre :
u — Rouvray fait plus que le maxi-
mum. »
(Lkbmina bt Lbtèqvb.)
SUER abondamment. Cuire dans
son jus.
SUFFISANCE , SUFFISANT .
V. Embarras.
~ C'EST SUFFISANT. Ceslcloste
ou simp. Classe.
SUEURdes pieds. Essence de chaus^
settes. Essence de gendarme^ Gen*
darmiure de botassium^ Protoxyde
de gendarmium. V. Odeur.
SUI
— 415 —
SUS
SUICIDER (SE). Se traduit par
ceux des équivalents d'Assas-
siner qui peuvent prendre la
forme réfléchie : S'apaiser, S'ar-
ranger, Se faire passer le goût du
pain, etc.
SUISSE d'église. Chasse -coquins.
SUIVRE Quelqu'un. Filer, Mettre
ou prenare en filature. Refiler,
Regonser. V. Espionner.
(( Aucune épouse n'est plus respec-
tueuse de la correspondance de son
mari; jamais l'idée ne me viendrait
de filer Paul, ou de questionner un
domestique. »
(Marciu PRirOST.)
« Nous l'avons mis en filature, comme
on dit en argot de police, depuis sa
sortie de la caserne de la Cité jus-
qu'à l'heure de sa rentrée au domi-
cile conjugal. »
{Le Cri du Peuple.)
SUPERBE, adj. V. Beau.
SUPÉRIEUR. V. Gradé.
— DE QUALITÉ SUPÉRIEURE.
De detTîère les fagots. De pre-
mière, Qui n'est pas dans' une
musette, dans un sac, Qui n*est
Î)as au coin du quai» V. Ezcel-
ent.
« On nous a foutu un gueul'ton qui
n*étaitpas dans une musette avec du
pivois de première et du cahouah
de derrière les fagots. »
SUPÉRIEUREMENT. V. Parfai-
tement.
SUPPLÉMENT. Rabiot. V. Béné-
fice.
« Il passait au conseil pour se faire
ajouter quelques années de rabiot
régulièrement, comme chez le bar-
bier, pour se faire raccourcir le
poil. On eût dit des économies
qu'il aurait eu plaisir à glisser dans
une tirelire. »
(Hooun Lt Roux.)
SUPPLIQUE. V. Placet, Requête.
SUPPRESSION. Nettoyage.
V. Abolir.
SUPPRIMER. Faire rasibus. Net-
toyer. V. Abolir.
SUR. Dans le sens d'Éprouvé :
Affranchi, Dessalé, Franc. V. Ini-
tié.
SURANNÉ. V. Arriéré.
SURCROÎT. Comblance \
SÛRETÉ. (La police de Sûre-
té.) La Sdretaille ou Sur taille.
V. Agent.
« Les gonces de la Surtaille sont
v'nus pour le pingler. Mais il avait
démurgé pendant la neuille. »
SURNOM. V. Nom, Sobriquet.
SURPRENDRE. V. Étonner.
— ÊTRE SURPRIS. Être comme
deux ronds d' flan.
Ci Quand ou y a dit que sa fille était
maquée avec La Filoche, aile en
était comm' deux ronds d" flan. »
SURPRISE. Tableau! V. Étonne-
ment.
Zinguer tout seul, c'e»! pas moa blot !
De quoi? Joseph el' niachiiil.<se,
Un homme d' théàte, on artissCf
Boir' tout seul?... Oh la la! tableaul
(A. GiLL.)
SURPASSER. Dégoter.
«Il est pus malin qu'toi, c* gonce-là...
hein? i' t* dégote, »
SURVEILLANCE. V. Espion-
nage^ Interdiction.
SURVEILLANT. V. Garde, Gar-
dien.
— SURVEILLANT AUX EXA-
MENS ÉCRITS DU BACCA-
LAURÉAT. Tangente.
SURVEILLÉ. V. InterdicUon.
SURVEILLER. Y. Espionner,
Guetter.
SUSPECT d'allure. Marque-mal.
m Du moment qu'on marche, on a ré-
ponse à tout, tt Où allez-vous? —
A Vemecourt. — D'où venez- vous?
sus
— 416 —
SYP
— De la Garcnne-sous-Bois. » On
vient toujours de quelque part pour
aller quelque part. La police n'en
demande pas davantage, et même
si on marque mal^ elle pense en
elle-mAme : « C'est bon. Qu'ils
aillent se faire pendre dans le dé-
partement d'à coté. »
(II. Lavcoa:v.)
SUSPEXDRE. Faire une brisure
(arg. des typographes). V. Ar-
rêter.
— SUSPENDRE SESPAIE-
ME\TS. Sauter. V. Faillite.
SUSPEX80IR. SerrecoM///6S (obs-
cène).
SYXAGOGUE. Choule (de Talle-
mand Schull).
« Comme i's sont youtes, i's bouclent
leur boutanche l* samedi. C'est sclia-
veusse, i's vont à la choule, »
SYNCOPE. Diguedigue.
— TOMBEIl EN SYNCOPE. Bat-
tre la diguedigue^ Faire la carpe^
Tomber en diguedigue.
X J^ peux pus la m'ner au théâte, a
tombe en diguedigue à chaque coup
que r traité fait un sale machin. »
a — Dis donc, Mélie? Lui qu'eiimait
tant à t^t' dehors, combien qui doit
et' privé, pauvr' chéri... En beni
quoi que tas à présent... v'ià qu'
tu fais ta carpe, tu restes en route...
voyons, arrive!
— J' sais pas, mais j' sens mon cœur
qui s'en va ; j'ai pas tant seulement
la force d' mett' un pied devant
l'aut'. »
(IIlCNnY MuNMER.)
— .MENDIANT QUI SIMULE LA
SYNCOPE pour apitoyer les
passants. Batteur de diguedigue,
SYNDIQUÉ {\0^). Sarrasin (arg.
des typographes).
SYNONY'ME, adj. Synagogue
(S'emploie également pour La
même chose).
SYPHILIS. Aristoffe\ Daude,
Bonde, Cocotte, Coup de pi^id de
Vénus, Gros lot, Ifle*, Lazzi,
Lazziloffe*, iSazi, Plomb, Poivre,
Puceron, Quinte et quatorze (on
ajoute parfois : et le point),
Schtouille, On emploie aussi Cas-
tapiane, qui désigne un mal vé-
nérien quelconque.
« — Paye-moi, ou je gueule!
— Si tu gueules, j'envoie chercher un
agent, et Saint-Lazare est au bout
de ta promenade.
— Je SUIS contente tout de môme.
— De Quoi?
— De t avoir f... la ca5/apiane,muûe! »
(Ddout dk Lafobkst.)
« — Au surplus, tu sais, moi je ni*en
fiche I S'il y a des femmes assez
déshéritées de la nature pour être
ragoùtées de ton cuir, grand bien
leur fasse ! ça les regarde I quant à
toi, mon vieux, à ton aise : libre à
toi de te faire fader, quinte^ qua-
torze, la capote et le point ; ce n'est
pas moi qui te soignerai, bien sûr 1 »
(U. COURTIUMB.)
« — Ça m' s'rait égal qu'i' m* fas^e
des queues, qu'a disait. Ça que j*
crains seul'ment, c'est qu'il m'
radine un beau jour avec la
schlouil/e : toutes les gonzesses de
par ici ont 1' nazi. »
— COMMUNIQUER LA SYPHI-
LIS. Atranger^ Atliger^ Plom^
bcr, Poivrer. V. Injurier.
— ÊTRE ATTEINT DE SYPHI-
LIS. Mômes verbes que ci-
dessus à la forme passive.
« Déjà, malgré ses apparences de
bonheur et de sauté, la jeune Répu-
blique était plombée, comme on dit
au régiment d'un camarade que
Vénus a blessé, et la feuille de réac-
tion ù opposer au journal officiel
du gouvernement aurait pu pro-
P rement s'appeler le Mercure de
rance. »
(Maubicb Do.f.fAY.) .
— TRAITEMENT DE LA SYPHI-
LIS. Casserole.
— Être traité. Passer à la casse^
raie.
SYPHILITIQUE. Atligé, Plombé,
Poivré. V. Injurier.
TABAC à fumer. Caporal, Foin,
Perte, Perlot, Sainl-dab , Saint-
Dome, Saint-Père, Trè{U, Tréfoin,
Tuffre.
> C (|u'i' y a d' pus durillon, dons 1'
trou, c'est d'été sans foin. Qunnd
ej' grille pas, j' suis malade. »
J'uni d' U Hup' du rif, eun' lihic
Ëtdiir<rfo( ' -
IJuu R
Poil, tn
I triagai....
atrifti
■ Ça ; coûte pas cbérot i booib&rder.
i' tape tout <' temps sur l' mint-dab
des copains. «
— TABAC A PKISEU. Cimtnt,
Poussier, Poussier de molle»,
Schno/f, Sinade, Terreau.
En i' fournnl du ponMifc d' molU
— CUIQUB DE TABAC. Pruneau.
■ Il retira le pruneau qu'il avait dans
la bouche^ le plaça soiRiieusemeat
dans le pli de son béret et pénâtr&
dans l'église. >•
[HUBUT.)
TABATIÈBE . Conasse , Fanfe,
Panfière, Panfouine, Punue, Faufe,
Fauffe, Fausse, Fauve, Fon/'e,
Fondre, Tréfotmnière, Tréfouim.
TABLE. Garante, Quarante,
— Les francs-maçons appel-
lent Autel la table où se
place le vénérable.
■> Reste pas avec la calbombe à ta
main. Mets-la tus la carante. »
TAB
— 418 —
TAI
— SB METTRE A TABLE. Se
mettre les pieds, les arpions
sous la quarante, Se taper la
tête. Cette dernière expression
comporte une idée de boire ou
de manger.
a Mets-toi les arpions sous la qua-
rante et écris ça que j' vas t' dire. »
— TABLE DE NUIT. Tabernacle,
a — r commence à m' courir, c*
môme-là, à chiaiier comme ça. Si
V continue, j* vas V fout* dans V
tabeimacle, »
TABLEAU. Mauvais tableau,
Commerce de mauvais tableaux :
GraffagnadCy Grafignade.
TABLIER. Bannette.
•TABOURET. Sans dos,
TAFIA. Taco.
TAILLEUR. Bœuf, Emmailloteur,
FringueuTy Frusquineur, Gobe-
pruneSy Pique-pou, Pique-prunes.
— MAITRE TAILLEUR. Grêle.
— APPRENTI. Tartare.
— TAILLEUR AMBULANT. Hi-
rondelle.
« J*ai été chez 1' fringueur pour me
faire faire un fourreau. »
CI Ils ne nous exploiteront plus, ces
grêles. »
((i. MAci.)
TAIRE (SE). Affaler son grelot,
Boucler sa malle, Fermei* sa boite,
sa malle, son plomb, La boucler,
La fermer. Mettre les volets, Ne
plus bonir que lape, que niente,
que peau, quepouic, etc. (V. Rien),
Ne plus rouvrir. Poser sa chique
et faire le mort, Rengracier, Taire
sa gueule, sa jappe, son bec, Y
mettre un bouchon.
a — Allons, en v'ià assez, boucle ta
malle ou j'te mûre. »
Quand il est trop exubérant.
Sur sa femme il bat la mesure,
Mais celle-ci de sa chaussure
Lui riposte dans !e cadran,
En lui disant, toujours benoîte :
u L'heure a sonné, ferme ta boite. »
(Alfred Mabquisbt.)
A Biribi, c'est en Afrique
Où que r pus fort
Est oblige d' poser sa chigue
Et d* fair' le mort.
(A. B.)
— FAIRE TAIRE, Clouer ou
river le bec, Muselei\
— Avec idée d'Étonner. Couper
la chique, En boucher un coin
ou simpl. La couper. En
boucher un.
« D^une réplique aussi simple que
brève il lui cloua le bec... à la façon
de Cambronne commandant le aer-
nier carré. »
(Anoai Matot.)
M Hein ! cette verve, ça te la coupe !
Mais il faut avoir vécu ces années-
là pour en comprendre toute la
beauté amère et symbolique. »
(0. MiBBBAV.)
— TAIS-TOI, TAISEZ-VOUS î
Boucle! Boucle-la! Bouclez!
Ferme ça (on peut ajouter : ou
je saute dedans!) Il pleut. Il va
pleuvoir, La clôture! Les volets!
Quelle averse! Quel temps!
Rideau! Ta bouche! Ta bouche.
Bébé! Ta bouche, Bébé, Cauras
une frite ou une tripe! Ta
gueule! Ta malle! Ton plomb!
Un bouchon! Voilà qu'il pleut!
Voilà qu'il va pleuvoir! V. Chut !
o — Il faut se mettre & leur place,
aussi, c'est bien difflcile. Le moyen
de dire à sa belle -mère, à sa
maman : « En voilà assez ! Ne chan-
tez plusl Fermez ça! Rideau! Clô-
ture! M Soyez juste, ils ne peuvent
pas, »
(J. Makmi.)
« — Remarques-tu comme tout y
gagne : la vue, Thygiène et la mora-
lité?... carie m'occupe aussi de la
moralité... llemarques-tu?...
Baruch qui n'était pas patient
éclata :
— Je remarque que tu me rases... U
est de bien bonne heure pour être
saoul; et tu n as rien bu... ta bouche,
TAL
— 419 —
TEl
donc! Fet*me ça ou je saute de-
dans! B
(M. MONTÊGDT.)
« — Et quand est-ce que nous cou-
chons ensemble? demanda le bleu
résolument.
— Allons bon, voilà ou'il pleul^ ré-
pondit Maria en contemplant le ciel
uniformément bleu.
— Mais non, il ne pleut pas.
— Je te dis qu'i7 pleut^ tu ne com-
£ rends donc pas? Boucle-la. quoi!
ïets les volets plutôt que ae dire
des sonneries. »
INCIDENT D'AUDIENCE
Un jour, en correclionnelle,
Mossieu le Président du Font
Demande commenl on l'appelle
A l'accusé qui ne répond.
Alors, le Prt^sident, oonhomme.
Reprend : — Voyons, Bibi la Peau,
Dites-nous comment l'on vous nomme*
l'accosé :
— Ta gueule^ eh reau !
Le Président eut un sourire...
C'était un réjoui bontenips,
Très amateur du mot pour rire.
Très gai, malgré ses soixante ans :
— Ah ! vraiment ! — dit-il, — elle est forte î
Mais qu'avez-vous donc dans la peau
Pour TOUS exprimer de la sorte?
l'accuse :
— Ta gueulCj eh veau !
Du bout du banc de la défense,
L'avocat, maître Gagneriea
Criait, réclamait l'indulgence,
Hurlait : — Messieurs, comprenez bien :
Mon client a perdu la tête.
C'est an pauvre bougre... un fourneau...
Il est insolent, mais boonète !
l'accusé :
— Ta gueule, eh veau !
Lors, se lovant, le ministère
Public dit à Bibi la Peau :
— Je vous conseille de vous taire,
Car, c'est vous qui faites le veau...
Et, malgré vos airs de bravache.
On va \otia mettre A la raison :
{Au tribunal.)
Je requiers deux ans de prison...
L*ACCUSt :
Ta gueule, eh vache !
(A. B.)
TALENT. Avoir du talent: Sa-
voir y faire, V. Adroit.
TALOCHE. V. Qaque.
TALON. Pomme de terre.
TAMBOUR. (Instrument.)
Bruyant,
— Instrumentiste. Tape à mort,
Tapin,
TAMIS. Abour,
TANTE. Frangine-dabuche.
TANT PIS. Campi.
TAPAGE. V. Bruit.
TAPAGEUR. V. Bruyant.
TAPE. V. Coup.
TAPER. V. Frapper.
TAPIS. Étouffant, Taplard.
TAQUINER. V. Agacer.
TARD. C'est trop lard : Cest midi !
C'est midi cinq, midi sonné, midi
passé !
a Amène desbirbes ou desaminches.
On fera des poids ce soir. Pour
l'heure nib de turbin. C'est midi cinq.
Et vivent les mufles I »
(GioacBS LoifKAc.)
« _ Oui, oui, ça va bien, ça va bien !
Seulement, pour me m'uer en ba-
teau, c*est macache et midi sonné.
Tu t'es levé trop tard, mon colon. »
(G. COUHTBUKE.)
TATOUAGE. Fleur rfe bagne ou
de veuve.
« Il a été reconobré à cause des fleurs
de bagne qu'il avait su' ses pla-
quantes. »
TATOUER. Brodancher la couenne,
le cuir.
TAUDIS. V. Logement.
TAVERNE. V. Cabaret.
TAVERNIER. V. Cabaretier.
TEIGNE. Calabre, Calotte.
TEIGNEUX. Calot, Callot.
TËM
— 420 —
TÊT
Les callots sont teigneux, véritables
ou contrefaits. »
{Le Jargon de Fargot.)
TÉMOIGNAGE. Parrainage.
— Le témoignage à charge
s'appelle Fargue; celui à
décharge, Dé fargue. Le faux
témoignage est une Bouca-
nade.
TÉMOIN. Parrain, Roubleur.
V. Marché.
— TÉMOIN FEMME. Alatraine.
~ TÉMOIN A DÉCHARGE. Bon-
nisseur de la bat h, de la batU,
Défargueur, Parrain dalihque*.
— TÉMOIN A CHARGE. Far-
gueur.
« En gerberie, défrimousse les far-
gueurs. »
(Hogibr-Gbiso.i.)
— FAUX TÉMOIN. Mal rasé, Mal
sucré.
— CORROMPRE UN TÉMOIN.
Coquer la boucanade.
TEMPS. Boitard, Esquine.
TENACE. V. Importun.
TENDRE un piège. Poser un gluau.
TENUE. V. Allure.
TERRAIN en friche. Peleux.
TERRASSER. Balancer, Balans-
tiquer, Bouler, Dinyucr, Envoyer
à dam, à dame, à dingue, à t/o-
mino, à Vas, à plat, à valdingue.
Mettre les pattes en Vair, Tomber,
V. ALattre.
— TERRASSER EN SAISIS-
SANT PAR LES JAMBES.
Cherrcr aux badines, Fabriquer
aux baguettes. Faire aux pattes.
— TERRASSER D'UNE POUS-
SÉE DANS LA POITRINE en
m(}me temps qu'on écrase d'un
coup de talon les orteils de
Tadversaire ou de la victime.
Faire les cors.
— TERRASSER D'UN COUP
DE TÊTE DANS L'ESTOMAC.
Faire le coup du bélier.
« Alors, i' m' cherre aux badines en
m' filant sa tronche dans 1' bide et
m*envoye à domino. »
« J* l'ai juré! c' gonce-là, j'y mettrai
les paie en l'air. V n'y coup'rapas I »
«< — A preuve que moi, l'Asticot,
j* connais quéqu'un qui vous tom-
bera quand vous voudrez. »
(J. RiCHBPm.)
TERRE (LA). La Base, La Basse,
La Dure, La Produisante, Le
plancher des vaches. Le royaume
des taupes, Le sapin des cornants.
Maman.
« Le matin, il s'éveillait brisé d'avoir
dormi sur la dure... mais la galté
persistait, le service était moins
pénible, et la ville plus proche. »
(Paul UoHXiTAtN.)
TERRINE. Geigneux.
« — Je me fabrique un peigne avec
les branches du balai, je taille mon
crayon avec les dents, je brosse
mes effets avec la main, l'eau da
geigneux me sert de miroir et, à
défaut de mouchoir, mes...
— C'est compris... »
(G. Macé.)
TERRITORIALE (SOLDAT DE
L'ARMÉE). Pantouflard.
TESTICULE. V. Sexe.
TETE. Les équivalents argotiques
de ce mot peuvent s'appliquer
les uns au cerveau» les autres au
visage, et quelaues-uns aux
deux. La tête et le cerveau se
désignent également par Boîte
au sel, Boulon (arg. des plom-
biers), Bourriche, Boutrichon,
Boussole, Cabèce, Cabèche, Cabo-
chard, Caboche, Cabochon, Cais-
son, Ciboulard, Ciboule, Citrouil-
lard, Citrouille. Cocarde, Coco,
Coloquinte, Godiveau, Sorbonne,
Urne. Le visage et la tète se dé-
nomment indifféremment Balle,
Betterave, Binette, Bobe, Bobé^
TET
— 421 —
TET
choriy BobinassCy Bobinot^ Bouil-
lottCf Boule, Burette, Caillou, Ca-
patrat, Carafe, Carafon, Cible,
Couache, Couèche , Couetche, Fiole,
Fiolle, Lampe, Marron, Musette,
Poêlon, Poire, Pomme, Potiron,
Queiche, Saladier, Siphon, Sou-
pière, Tasse, Terrine, Tesson, Té-
terre, Théière, Tirelire, Tomate,
Tournante, Trombine, Trompette,
Enfin on indiquera le visage, la
cervelle ou la tête indistincte-
ment par Bobine, Cafetière, Cale^
basse, Cib, Ciboulo, Ciboulot, Ci-
tron, Schnasse, Toupie, Tourte,
Trognon et Tronche.
— On a dit autrefois Bai-
gneuse *, Baptrme *, Béguin *,
Combktte*, MichaudW. Vi-
sage, Chauve.
« 11 a un moustique dans la boîte au
sel, une écrevisse dans le godiveau,n
[Les Locutions vicicuies,)
« On se paiera la bobine de ces
vaches de la Sûreté. »
(GOKOSI.)
Tirer IcB rois!... En république,
Ce^ trucs-lù d'vraient et' défendus,
Pour moi les rots c'est tout d' la clique,
I^s royalist's c'est des vendus;
Ces fourbis-Ià ça m' rend malade
Ça m'entre pas daus 1' ciboulo
Ou' les rois boiv' à la régainde
Pendant qu'on h' tap' chez 1' populo.
(A. B. Les Souloloques d'Honoré Constant.)
Ou cabochard aux trotlignoles.
(J. UlCBEPIlf.)
» Fumier sanglant à la première
image, laquelle représente la ffuil-
lotine d'où saute une tronche dans
un jet de pourpre. »
(lo.)
Vous pouvez être un grand savant,
Aussi grand qu'on se l'imagine.
Avoir noirci fort et souvent
Votre papier de plombagine,
Mettre votre esprit en gésine
Pour TOUS bourrer le cabochon.
Vous ne serez qu'une aubergine
Si vous n'avez pas ru Poncnon.
(b.)
« Après des démarches sans fin,
M. Prudhomme découvre enfin,
pour son fils, Phéritière rêvée.
— M bis je n'en veux i)as, fait celui-ci,
Elle a une trop vilaine /loire...
— Ce sera une poire pour la soif,
répond le père gravement. »
fJoiNVILLC.)
» Nib avait dit à voix basse à ses
acolytes, parodiant, sans le con-
naître, le mot do César recomman-
dant à ses soldats de frapper au
visage :
— Escarpez à la capalrat, vieux
fiasses !... (Tapez à la tête, vieux
frères.)
Ses compagnons, suivant ce con-
seil, s'etTorçaient d'atteindre le
comte à la tète avec leurs bouteilles
et leurs verres lancés à toute vo-
lée. »
(EoMOiXo Lepelletier.)
« Et puis là, entre nous, nous n^en
sommes plus à nous monter le
bounichon, je suppose. »
(RiYUonD Ze<«t.j
tt On dit, en effet, des insanes et
loufoQues qu'ils ont » un haoneton
dons la cafetière. » Mais c'est une
simple métaphore, il me semble... >•
(GRoar.B Al'Biol.)
<« — J'ai touché le mille puisque
voilà un chef auquel je puis parler.
— Vous suffit-il?
— Pas encore, je préfère la sorbonne
du Président de la République. »
(ID.)
'( Un vieux, empaqueté comme un
oignon en hiver, fait boire une
fille à l'air ingénu, malgré tout.
— La Mionette, encore un verre!
Elle, de sa bouche sur laquelle
Par^ot est triste, répond :
— Oui, encore, toujours 1 p'tôt'e que
je te trouverai moins enrenardant,
quand lavinette m'aura enchevêtré
la bobinasse. »
(LoDiBB Michel.)
« Partout germent les riches idées ;
partout poussent les bons bougres I
Oui. partout, même en Vendée —
ce département oui, avec trois ou
quatre autres de la Bretagne, avait
la réputation d'être tant et plus
sous la coupe des curés. Il n'en est
rien, foutre I — les Vendéens et les
chouans sont de vieux souvenirs —
et la calotte et le roy peuvent se
TÊT
— 422 —
TIN
«
fouiller : pas plus qu*à ceux d'ail-
leurs, ils ne monteront le bohéchon, »
{Le Père Peinard.)
Crois- le bieu, ton aflaire est claire,
II en sera queassi-quemi;
Ta fiole est d'un patibulaire...
conspirateur, mon ami !...
(R. PONCBOM.)
— Je ne sais pas comment on lui
a moché la coloquinte^ mais il est
maboul. »
(M. Mabio et L. Laumay.)
Eh ben!... sT s' fout pas d' ma /iV/ire,
r faut qu'i' soy* pas dégoûté
Celui-là qui m'a fait élire :
El Président il' mon comité!...
Un' deux!... Tu peux 1' rayer d' ta liste;
Il est cor' pus vacti* que tu crois :
Toi député, toi socialiste,
r t'invite à tirer les rois !...
(A. B. Lei Souloloques d'Honoré Constant.)
<t — On m'appelle Jéricho — à cause
que j'ai une drôle de trompette et
que mon galoubet s'entend de
loin. »
(Lkrmina et LtTfiQOE.)
Rappliuue un peu sous V bec de gaz
Allonftno! quoi, fais voir ta nomm«.
(A. GiLL.)
T'as tell'ment r'Olé la comète
Qu'on la croirait cor su' ton front;
T'as du blanc d' billard su* la tète
IT'as comme eune Etoil' su' 1' citron!
(JlHAN RiCTOS.)
V'ià qu' ça rao r'prend, gn'a pas d'oiïcnse
J' voudrais comm' dans ma p tite enfance
Coller mon cih su' deux nénés.
(Id.)
« Prenant le temps comme il vien-
dra, ils éviteront les grands arbres
quand il y aura de l'orage à la clé,
ils se tasseront sous les buissons
lorsqu'il pleuvra, et se foutront le
ventre à l'ombre quand le soleil
tapera trop dur sur les cocardes. »
{Âlmana^h du Père Peinard.)
« Tu parles, l' frère, quand il a em-
barbé avec la schnasse arnaquée,
qu*est-c' qu'il a pris pour son
rhume. On n'te Ta pas agoni, non,
menteur!
— Ahl c'tte terrine!... Ben, mon
vieux, t'en as une téterreî... T'en
fais, une carafe!... Allume donc,
c'tte lampe!... Mords-moi c' sala-
dier!... Ah! le Costeau, que couet-
che !...0ù donc qu'on t'a salé com nie
ça la théière ?... Qu'est-c' qu*on t'a
mis su' la tomate?... Non, ois donc,
sans char, avec une betVrave comme
ça, t'es sûr d'avoir ed' Tembau au
Musée des crônisl... Ahl tout d*
même! que citrouillard!
Et r fait est qu'il avait une sou-
pière pas ordinaire. »
« Ces gonces-là s* mettent dans V
coco qu'eune fois qu'i's auront tout
paumé, i's n'auront pus qu'à s' faire
sauter 1' caisson. »
— TÊTE BÊCHE. Bout-ci bout-là^
Soixante-neuf (obscène).
TÉTER. Donner à téter : Donner
la goutte, la gamelle.
TETOX. V. Sein.
THÉÂTRE. Mireloque, Miseloque.
Se dit également des gens de
théâtre.
Croire que l'on a du génie,
Et même en avoir, et pourtant
Rester de la race honnie
Que, Jusqu'en nos jours, va fouettant
L'envie ou le rire insultant
Du bourgeois faisant l'Archiloque
Contre ceux qui l'amusent tant,
Voilà, c'est ça la miseloque,
(J. RicHcrm.
TIIÉATRICULE. Bodinière.
« Certaines de ces petites bonnes fem-
mes, amies de cabots ou de gende-
lettres, qui les ont fait occasionnel-
lement se produire dans les bodi-
nières ou dans les bottes à musique
de Montmartre, finissent par se
ûgurer qu'elles ont du talent et en
veulent à l'Administrateur des
Français de ne les avoir point
encore découvertes et engagées. »
THÉORIE. (Éludes et instruc-
tions théoriques.) Pompe (arg.
de SaintCyr).
Vous qui, dans l'espoir de Saint-Cyr,
r&Iissex sur vos noirs bou(|uins,
Puissicz-vous ne pas réussir :
C'est le vœu de vos grands anciens.
Si vous connaissiez les liorreurs
De la • pompe » et du • bataillon »,
Vous préréreriez les douceurs
De la vi' que les fumist's ont.
TIXETTE. V. Cabinet.
TIR
— 423 —
TOU
TIR. Champ de tir : Stand (angli-
cisme).
TIREUR. (Escrimeur.) Lame.
» Joseph Renaud est considéré comme
une des premières lames de Paris. »
(La IVation.)
TIROIR. Floquet, Floquot *, Rade,
Radeau y Radvi.
TISSERAND. Batousier,
TISSEUR. Canut (arg. lyonnais).
TITUBER. Avoir du vent dans les
voiles, une brique dans son chapeau.
On dit en voyant un homme ivre
qui titube : A moi les murs et les
piliers.
« Les fumées de l'alcool lui montaient
à la tiHe et sa démarche devenait
incertaine.
— Fichtre ! dit-iï, j'ai du vent dans les
voiles et les lumières commencent
à tourner. Je ne rentrerai pas sans
avoir fait encore quelque sottise. »
(Bavoa.)
TOI. Ta poire y Ta pomme y Tézière,
TéziQy TézigOy Tézigue, TéziSy Ton
gnassey Ton gnère. Ton gnière.
Ton gniassey Ton orgue.
« Je ne veux plus sortir avec téziçy ça
fait toujours du tocard. »
« Tu peux ferrer, que j' me disais ;
c'est du fricot qui cuit pas pour ton
gnasse. »
TOILE. Balouse.
TOILETTE. Avoir de la toilette :
Avoir du lingCy Être bien dans son
linge.
TOISON. Flogie\
TOLÉRANCE. V. Autorisation.
— M.ilSON DE TOLÉRANCE.
V. Bordel.
TOMBER. Aller à damy à dame, à
dinguCy à dominOy à Vas, à plat.
Avoir des motSy une affaire, une
discussion avec V asphalte y le bi-
tume y le macadamy le pavé ou le
trottoir y Camboler*, Caramboler,
Défourailler*, Dégoûter y Dégouli-
ner y Étaler sa barbaque, sa bidoche,
sa marchandise, sa viandCy Quim-
per^y Ramasser un bouchon, une
gadCy une gadichCy un gadiny une
pellCy S'aff'alery S'allonger, S'as-
seoir, S'étalery Se fiche ou se
foutre la gueule en bas, par terre,
sur le culy Se peler. Se plaquer. Se
répandre. V. S'abattre.
u Nez à part, Fernande a raison. Il
est trop long, son blair. 11 lui dé-
gotdine dans la bouche. »
(J. Hakni.)
— TOMBER DAKS UN PIÈGE.
Vaner.
« Le mec a vnné et nous l'avons fait
d'un ciguë. »
TOiXKIXOIS. Pain d'épice. Ce
qualificatif s'étend à tous les
nommes de race jaune.
TONNEAU. Cerclé.
— TONNEAU DE VIDANGE. An-
derliquey Botte d'échantillons^
Bonbonnière.
TONNELET de marchand de coco.
Câlin.
TONNELIER. Tourne-autour.
TONNERRE. Bruant.
TOPOGRAPHIE. Tapir (arg. de
Saint-Cyr), Topo.
TOQUÉ. V. Fou.
TORCHON. Cachemire.
TORTURE. (Supplice aboli.) Four
chaud*.
TOUCHER à une chose. Y mettre
un doigt.
En pocbe juste deux francs. Soit!
Ponr toucher la terre promise
C'est une bien modeste mise
(A peine pour y mettre un doigt).
(P. PAILLim.)
— TOUCHER DE L^ARGENT
V. Argent, Prostituée.
TOULON. Lontou, Louton.
— 424 —
TOU
TOUPIE. Touparde.
TOUR. Mauvais tour, vilain tour.
V. Mystification.
— A TON TOUR, à mon tour.
A toiy à moi la pose.
TOURAINE. Turquie.
TOURANGEAU. Turc,
TOURMEIVT. V. Ennui. I
TOURMENTER. V. Agacer, En-
nuyer.
TOURNURE. V. Allure.
TOURS. Turcan,
TOUT. Toutime \
TRACAS. V. Ennui.
TKACASSER. V. Ennuyer.
TRAHIR. Bidonner, Judasserj£S-
siver, Macaroner, Renarder, V. Dé-
noncer, Malice.
TRAHISON. Coup de chien, Ju-
dassenCf Macaronage.
TRAIN. (Chemin de fer.) Dur, Rou-
lant vif,
— PRENDRE LE TRAIN SANS
BILLET ou en ne payant qu'une
infime partie du prix du par-
cours. Brûler le dur,
« Caserio brûla le dur de Saint-
Ëtienne à Lyon. »
TRAINER. V. Fainéanter.
TRAITRE. Proisseur *, Froisseux*,
Proliant \ Prollaux *, Macaron,
Soûlasse; et généralement tous
les termes qui servent à dési-
gner l'agent de police. V. Dénon-
ciateur.
Dans le nez toujours tu auras
Macarons et cabestans.
{Commandements des voleurs.)
« Cet homme qui criait si fort contre
ceux que les gens de sa sorte nom-
ment des macarons s'est, un des
premiers, mis à table. »
{Mémoires de Vidocq,)
TRA
I TRAMER. V. Préparer
TRAMWAY. Tram.
TRANQUILLE. Bc, Béard, S*em-
Eloie presque toujours avec
aisser.
« Touchez pas, laissez ça bé. »
« Vous n' voyez donc pas qu* vous V
cavalez ? Laissez-le un peu béard. »
~ ÊTRE TRANQUILLE, sans
ennui. Être à Vabri^ paré, Etre
péna ni, Ne pas se faire de mousse.
« 11 est pinard dans son p'tit truc, T
s' fait pas d* mousse. »
— TIENS-TOI TRANQUILLE.
Ne Voccupe pas de la dèche!
Chie dans les draps, Voccupe
pas du pot de chambre l
« Va pas fourrer ton blair dsins c'
truc-là l Chie dans les draps, Voc-
cupe pas du pot d' chambre ; laisse-
les s' démerder tous les deux. >»
TRANQUILLEMENT. V. Douce-
ment.
TRANSPORTER. Brouer*, Trans-
bahuter.
Les réservistes furent transbahutés
en chemin de fer jusqu'à Mon-
targis. »
TRAVAIL. Dans le sens d'Occupa-
tion, Besogne : Beq (arg. des gra-
veurs), Bizness, Bouleau, Boulon \
Boulot, Business, Flaubert, Truc,
Turbin,
— Action de travailler : Bas-
timage*, Boulonnage, Grat-
tage, Starnagc, Massage,
Masse, Tas. Dans le monde
du crime el de la prostitu-
tion , ces termes s'appliquent
au « travail » spécial des
malfaiteurs et des filles et
deviennent parfois les équi-
valents du mot commerce.
u Elle était girondc et Tadorait; il
en proûta pour In mettre sur le
bizness. C'est ainsi qu'on désigne
dans Targot de ces messieurs le
TRA
— 425 —
TRA
travail dont le sexe dit faible les
engraisse. »
(H. SOUDBE.)
Jett' ton mégot, brave ouTorier ;
Allons, c'est assez vadrouiller.
Viv'ment ! on rentre a l'atéicr.
Patin' ! renOlo 1' tablier ;
Au tas! turbia' sans sourciller,
L' patron r'commeDce à gâliller.
(P. Paillette.)
Des biffins d'mandèr'nt à m'érver
Et me baptisèr'ot « Bitumette ».
Au turbin y voulais pas m' crever;
Mais faut bien qu'un iour on s'y mette.
(L. DE Bebct.)
« Voilà comment Pauline faisait son
(rue... »
(GOBOM.)
« Faire les bagots en pisteur ou
s'envoyer des corvées aux halles,
c'est un boulonnage trop costeau
pour sézig. »
« Le mamage toute la vie jusqu'à
c[u*on n'en puisse pus ! Tant pis si
t y crèves. »
— TRAVAIL PÉNIBLE. CoUin,
Coltinage, Côtelard^ Coton. Ce
dernier mot s'emploie égale-
ment au figuré.
« L' coUinage^ c'est pas son blot : il
est v*nu au monde un lundi d^
paye! »
« C'est un colon tout d^ même que
d' faire manœuvrer c'tte soce-là. »
— TRAVAIL PRESSÉ. Foulage.
— TRAVAIL FAIT POUR SOI
sur le temps payé par le patron
ou avec la matière dérobée à
l'atelier. Perruque.
— EXÉCUTER UN TRAVAIL
dans les conditions sus-énon-
cées. Faire perruque.
— PETITS TRAVAUX DIVERS.
BihelotagCy Biblotage, Bricolage^
Bncole.
« On sait pas c' qu'i* fabrique. V s'oc-
cupe à (les bibeiotages de bric et d'
broc. >»
« Grâce à son travail — lequel con-
sistait le plus souvent en bricoles ^^
il eut presque constamment de
quoi se nourrir et se vôtir. »
(Plob O'Squabb.)
TRAVAILLER. An'acher son co-
peau, Bossery Boulonner, Biicher,
Buriner, En donner ou en foutre
un coup, une séance, une secousse ,
Goupiner, Gratter, Maillocher,
Marner, Masser, Porter les armes,
Se mettre ou se foutre sur le tas,
Souquei' (arg. des marins), S'y
coller, Tauper *, Turbiner.
Quand on a bossé tout* sa s'roaine,
S'il fait beau, 1' dimanche, on emmène
A la campap:n' tout' sa smala
Et l'on s'envoyc un p'tit gala.
(HaiOLLET.)
a — La largue est fine, et quegoupine-
t-ellc ?
— Elle est établie, elle gère une
maison. »
(Balzac.)
« Même quand ej' gratte toute la jour-
nal lie, faut corè V soir que ça soye
mézig qui 5'y colle : si j veux
croùter, faut que j' fasse la fripe. »
M' faut du l)Oulot, m'en faut encor.
J'tcux 6ou/on;}er jusqu'à la mort.
(P. Paillette.)
Viv'ment! ça sonn', brave ouverier,
A la cloeh' de ton atéier.
Allons, allons, prends 1' tablier!
Fous-toi tu* V tas, sans sourciller.
(ID.)
Eb! merde! Ek! va comme j' te pousse !
Puisqu'on peut pus en foute un coup
Bien forcé d' se la couler douce.
(lo.)
Masse, méprise
Le vil métal !
Le capital,
S'il te maîtrise.
Te laisse toujours Thôpital.
(L. DE BcncT.)
Car c'est le temps où l'on combine
Les grandes manœuvres d'hiver,
Le temps où Cupidon turbine
Et s'escrime le nez en l'air.
(J. Redblspbboeb.)
J'veux pus marner. J' veux viv' ma vie...
Et tout d* suite... et pas dans dix ans !
(Jbham Rictus.)
— En argot militaire, on dit :
Membrer, Mousser, Pomper.
V. Manœuvrer.
TRA
— 426 —
TRA
— TRAVAILLER A FORCE.
Chiader (&Tg. de» écoles;, Chier
dur, Colletiner, Coltiner, En
abattre, Être dam son dur,
Gâcher serré, Se démancher.
Se démancher le trou du cul. Se
fouler la rate. Se la fouler,
V. S'évertuer.
« — Est-ce que tu vas me proposer
de colletiner sur le port oe la Vil-
lette ?
— Non.
— Sur le port de Bercy ?
— Non.
Colo essaya de deviner.
— Ne cherche pas, reprit Vidocq,
ie t'offre de faire partie de la po-
lice. »
(Mario et Lau-xav.)
u Le compositeur est aux pièces, il
n'est rétribué qu'en proportion de
sa t&che, et son gam dépend de
son assiduité. Ordinairement, lors-
qu'il a des dettes, il travaille quel-
3ue temps avec ardeur et sans se
«ranger ; c'est ce qu'il appelle être
dans son dur, »
(J. Ladimir.)
— TRAVAILLER SANS SOIN.
Bousiller, Foutimasser, Travail-
ler à la six-qualre-deux, à la
va te faire fiche ou foutre,
«< Regardez-moi cet ouvrage, comme
c'est bousillé. Voilà deux mètres de
soie de perdus. »»
« — Êtes- vous satisfait de votre
nouvel ouvrier?
— Oui et non. Il travaille à la
six-quatre-deux. C'est un foutimas-
sier. »
— TRAVAILLER A DE MENUES
CHOSES. Bibelolcr, Bibloter,
Bricoler.
'» — Et de quoi vit-il?
— On ne sait pas exactement. Il
f)arait qu'il trouve à bibeloter chez
'un, chez l'autre. »
{La Nation.)
« Léon l'avait pris chez lui, en copain
et, aûn qu'il ne fût pas froissé de
cette hospitalité, on s'arrangeait à
lui donner à bricoler. >♦
(Ain>»t Mayot.)
— TRAVAILLER AU-DESSOUS
DU TARIF. Turbiner à l'index,
— TRAVAILLER LE MOINS
POSSIBLE. Tirer au cul^ au
flanc, au grenadier, V. Enter.
— TRAVAILLER CÉRÉBRALE-
MENT. Potasser.
TRAVAILLEUR. Bouleau, Bou-
lonneur. Boulot, Bûcheur, Goupi-
ncur, Masseur, turbin, Turhineur.
Femme, aa cœur exploité,
Sant droits, taos liberté,
Roule ta bosse !
Quand lasse tu seras,
Pour unir, ta prendras
Bon poireau d'homme.
Et sa pomme,
— Un boulot, —
Fera ton blot.
(P. Paillkttb.)
« Pour tout dire, les risques d'assas-
sinat font partie du métier de roi,
comme les risques de mer du mé-
tier de marin . Quand nous voyons
tomber un ouvrier d'un échafaudage,
nous constatons que les accidents
de ce genre constituent le plus clair
des rentes des travailleurs. Les
coups de feu ou de couteau com-
posent également les rentes des
têtes couronnées, avec cette diffé-
rence essentielle que celles-ci ont,
comme compensation, des listes
civiles de dix, quinze ou vingt mil-
lions, tandis que les bons turoineurs
à la semaine ou à la journée n*ont
»as toujours deux sous de graine
le lin a appliquer sur leurs bles-
sures. »
(IlENai RoCHBFOaT.)
s:
« A présent qu'on n*est pus barbeau,
qu'on est un turbin sérieux, un
masseur de première et qu'on s*
fout d' Taubert des gonzesses, les
gros d' là-haut vous méprisent. >»
TRAVAUX FORCÉS. Entraverse,
Le Dur, Les Durs, Le Grand Pré,
La Grotte, Le Pré, Les Travcs.
V. Bagne, Palais de justice.
« — Cn gars, le daron!... Il tire huit
longes de dur. »
(Hcr.cF.s Li Roi'x.)
TRA
— 427 —
TRI
'< L* Morquis, lui, a ramassé dix ans
d' traves; mais, i' trouv'ra core V
moyen d' faire patatrot. »
— TRAVAUX FORCÉS ATEMPS.
Chambre des députés,
— A VIE. Chambre des pairs.
TRAVAUX PUBLICS. (Péniten-
cier militaire.) Les Têtes de veau,
Traves,
•« On Ta envo3'é pour cinq berges aux
têtes de veau et, quand i* décarr'ra,
il aura encore deux longes à tirer
aux Bat-d'Af. »
TRAVERS (DE). De traviole.
Et si quelqu'un a l'air
De nous r'gardcr d*traoioie
Nous mettons sabre au clair
Four pas qu'on s' pajr' not' Gole.
(Bl^oort.)
TltWERSIX. Polochon, Le mili-
taire qui sert dans la cavalerie
dit Fantassin et les troupiers,
en général, appellent leur tra-
versin Ma femme.
TRÈFLE. (Cartes.) Herbe à la
vache, V. Jeu.
TREIZE. Point de Judas, Thérèse
(arg. des joueurs).
TREMBLER. Avoir la tremblotte,
V. Frissonner.
TRENTE. Lentré (V. Jargon).
TRÈS. Rien, Salement,
« T'as vu sa gerce? Aile est nenbath ! »
i II est salement muffe, ton social. »
TRÉSOR GACUÉ ou enfoui. Ro-
magnor, Romagnon *.
TRIAGE. Trique (arg. des chiffon-
niers).
TRIBADE. Ange, Chipetle^ Éplu-
cheuse de lentilles, Gamahuche,
Gougnotte, Gousse, Lesbienne, Ma-
gnuce, Manieuse, Minettière, Puce
travailleuse. Vrille,
« — Vous aviez un ange ?
— Un amour qui s'appelait Suze
Flavigny.
— Et on s'écrivait dans les diction-
naires, on se piquait le doigt pour
signer avec son sang, on se béco-
tait derrière les arbres du jardin,
on se retrouvait au dortoir, dès que
la surveillante était endormie. »
(R. MAutnoY.)
« — En voilà une éplucheuse de len-
tilles ! Adresse-toi à Grosses-Lèvres
ou ù la Poubelle ou à d'autres grues
qui mangent de ce pain-là... Moi,
c'est pas mon genre ! »
(DunuT D% Latorkst.)
a Surtout, fais-la casquer d'autorl...
elle doit avoir le sac, la magnuce, »
(ÏD.)
Vers nous l'homme a beau tendre
Ses bras noirs et musclés,
Nous préférons le tendre
Et la couleur des blés.
Sainte mère des vrilles^
Ayez pitié de nous :
Accordez à vos filles
Les plaisirs les plus doux.
(A. B.)
« Les personnes qui ont vu les cho-
ses de près sont unanimes à décla-
rer que, dans les lupanars de la
f)Ius naute classe, Tespéce des mar-
ous jouant le rôle d'amants des
pensionnaires est totalement incon-
nue, et que toutes les tilles, sans
exception, sont des tribades; c'est
le nom qu'on donne aux femmes
qui se signalent par cette passion
contre nature ; on dit aussi gou-
gnottesj mais en style familier. »
(Lio Taxil.)
— LE MONDE DES TRIBADES.
Vail, La gousserie, Lesbos,
« Il Tavait dégotée à 1* « Oasis », une
tôle où y a que de la gousserie. On
voit là-dedaas des gonzesses qui
sont macs, d'autres qui sont miche-
tons; mais toutes pour Vail, •
— PRATIQUES DES TRI BADES.
Mimij Minette,
— Se livrer à ces pratiques.
Descendre, Descendre au café
des deux colonnes, à la cave,
à la crémerie, Paire mimi ou
minette. Manger ou bouffer de
TRI
— 428 —
TRI
Vail. Ces expressions sont
obscènes.
TRIBADISME. Ai7, Gougnottagey
Gousserie, Lesbianisme.
TRIBUNAL. Comptoir.
« Et r gerbier, derrière son comptoir,
voulait le faire à l'iiillueiice ; mais
l'aute s'a pas émotionné. »
— DEVANT LE TRIBUNAL. De-
vaut la glace,
« Et devant la glace, elle l'a chargé. »
(0. MÉTi.M».)
TRICHER. Carer, Frimoucher \
Frimousser *, Joncher *, Lésiner
ou Léziner ; plus Amacher, Ar-
naquer. Arranger et quelques
équivalents de Jouer: Cartonner ,
Flancher, Maquiller les brèmes.
V. Jeu, Jouer.
— Les enfants disent Chicaner
et à certains jeux : Manger
du lard.
« Ceux-là sont plus mariolles; au
lieu d' risquer de s' faire poisser
comme cauibris ou coDime fourches,
i's vont cavcr dans les cercles. Ça
risque moins et ça rapporte plus. »
« Tu chicanes l Je ne joue plus! »
— TRICnER EN FAISANT
VOIR LES CARTES à un com-
père. Faire le miroir. V. Signal.
— TRICHER PAR SUBSTITU-
TION DE CARTES, par saut
«le coupe ou toute autre super-
cherie exigeant une grande ha-
bileté digitale. Jouer de la harpe.
— TRICHER PÉNIBLEMENT.
rairc suer la Madeleine.
— TRICHER AU CABARET avec
des joueurs de rencontre. Fa/re
/e paysan.
— TRICHER AU BILLARD. Ba-
chotler.
— GAGNER BEAUCOUP EN TRI-
CHANT. Faire de la graisse, du
suif.
TRICHERIE. Biscuit, Lésine, Lé-
zine, Madrouillage, Maquillage,
Suiff Sui/fage. Quelques genres
de tricherie ont une dénomina-
tion spéciale comme Aiguillage,
Change, Coup du chandelier,
Êtouffage, Filage, Marcouse ou
Marquouse, Neuf de campagne,
Pont, Poucetle, Séquence du co^
lonel, etc. V. Jeu.
« Méfiez-vous d'un hanquier qui,
après avoir pris une poignée de
cartes pour servir les tableaux, se
démène, fouille dans ses poches,
prend son porte -billets, son mou-
choir, son étui à cigares, assujettit
sa chaise, se penche vers ses voi-
sins, parle au croupier en se pen-
chant sur la table, fait une récla-
mation bruyante, se querelle avec
un ponte, froisse les cartes, se
plaignant de leur mauvaise qualité,
demande du feu en se tournant un
peu de côté, etc., etc. Tout ce ma-
nège est pour dérouter Tattention
et opérer le change de la poignée
de cartes qu'il tient dans la main,
afin de les remplacer par d'autres
cartes qu'il a sur lui et qui sont
« séquencées. »
(Hociin-GniK)5.)
Après douze neufs de campagne
Prudemment fais doue charleraagne.
(Id.)
n Désirait-on aussi faire sortir d*un
cercle soit un croupier, qui exagé-
rait Vélou/f âge, soit un commissaire
des jeux qui se refusait à desservir
son patron, le « X1X« Siècle « était
là pour raconter l'histoire de la vie
puiliqueetprivée de ces individus.»»
{Le Journal.)
« — Moi, je connais tous les jeux! ré-
pondit Mon Oncle. ..j'enseigne même
a ceux qui aiment a cartonner tous
les movens de défense possible
contre les trucs, sui/Tages et bis-
cuits des philosophes les plus émé-
rites... A votre disposition, mon-
sieur!... »
(Ed. Lbpelleticr.)
« — Croyez-vous qu'on n'y puisse pas
tricher ?
— On triche partout. 11 y a tant de
manières de tricher. Depuis l'enfan-
tine poucetle et le naïf coup du
chandelier jusqu'au filage du neuf
de campagne. »
(G«OB<.r«* OH:<rr.)
TRI
— 429 —
TRO
« Moi, je ne vous perdais pas de
rœil, et je vous ai vu sortir vos
cartes, qui étaient dans la poche
droite de votre pantalon. Et vous
aviez préparé la séquence du colo-
nel... Je lai reconnue à Tintermil-
tence des coups... »
(ID.)
TRICHEUR. i4/j)tou, Cave, Cousiriy
Franguetliei% Fnmousseur *, Grais-
seuvy Grec, Maquilleur, Officier
de tango ou de topo, Philo, Phi-
losophe,
— Dans Targot des enfants :
Chicaneur,
n Les joueurs à qui Ton signale un
grec vous regardent avec incrédu-
lité et semblent vous dire : « Vous
croyez ?... » Si vous insistez, ils
vous demandent des preuves tou-
jours difficiles à fournir... On vous
parle de diffamation, alors vous
vous taisez... Souvent même on
vous prie de vous taire sur uu
ton qui n'admet pas de réplique...
c'est que l'on craint que vous n^em-
péchiez la partie... que vous ne
troubliez le jeu... à moins d'une
très grande uialadresse des grecs
et philosophes qui se contentent de
n^opérer qu'à des intervalles rai-
sonnables et seulement lorsqu*il y
a un coup... »
(EDMOND LlPILLSTlIB.)
— TRICHEUR QUI MARQUE
LES CARTES OU 86 sert de
cartes marquées. Aiguilleur,
Marcouseur^ Marcousier.
— TRICHEUR AU BILLARD. Ba-
choUeur, Béte, Emporteur.
« Le bachotleur est chargé du rôle de
compère dans une partie de billard
à quatre. 11 régie la partie, tient
les enjeux ou naches, et paraît
couvrir la dupe de sa protection.
Les deux autres ^recs sont IVm-
porteur, chargé de lier conversation,
et la bêle, qui fait exprés de perdre
au début pour Tallécner. »
(VlOOCQ.)
— LE MONDE DESTRICHEURS.
La Graisse, La Grèce.
TRICHEUSE. Amazone.
TRIER. Triquer (arg. des chiffon-
niers).
TRIXQUER. Marquer le coup.
TRIPOT. Casse-gueule, Claque,
Claque-dents, Claquedent, Étouffe^
« Et, par là-dessus, des difficultés à
son cercle, un convenable claque-
dents, fréquenté par des rasta-
quouùres et des grecs, mais bien
tenu, et dont, la veille, le commis-
saire des jeux lui avait fait inter-
dire l'entrée jusqu'à nouvel ordre,
sous prétexte qu'il ne jouait pas
assez gros. Plus de tripot et pas de
position sociale : que devenir? »
(Paui. Alexis.)
TRIQUE. V. Assommoir, Bâton.
TRISTE. V. Ennuyer.
TRISTESSE. V. Ennui.
TROMPER. Affûter, Afluer \
Ajober, Amarrer, Aquiger, Ania-
cher, Arnaquer, Arranger, Baiser ^
Bluffer, Canarder, Cuver, Char-
rier, Emblémer *, Empaler, Em-
paumer. Empiler, Encoffier, En-
filer, Enfoncei\ Engailler, En-
gayer, Entôler, Enturer, Estam-
pei*. Paire, Faire aller, Faire 6o;i-
nard. Fiche, ficher, foun'er, foutre
dedans, Frouer *, Gourei', Jobar-
dei*. Joncher *, La faire, La faire
à l'oseille, Le mettre^ Mené)' en
bateau. Monter le bobéchon, le
bourrichony le cou, le coup, Monter
un bateau, un chiqué. Passer en
lunette, Raguiser, Roustir; plus
les équivalents de Mentir : Bat-
tre. Battre comtois, Battre contre,
Battre job, Chiquer, Chiquer balle
ou contre.
— TROMPER EN NE TENANT
PAS SA PROMESSE. Poser un
lapin.
— TROMPER UN CLIENT. Faire
un caillou. Les maquignons di-
sent Masquer pour tromper
l'acheteur sur la qualité de la
béte mise en vente et dont ils
ont soigneusement masqué les
tares.
TRO
— 430 —
TRO
- TROMPER AVEC HABILETÉ.
Monter un gandin. Les juifs
disent : Râler le goye,
« Tout ça c'est des histoires pour
affûter V prolétaire. On Vamarre
avec des promesses ; et quand ces
messieurs tiennent la queue d' la
poMe, nous autes, on s tape, w
Aimé pAr le Jupon, acclamé par la Blouse
i)es bords de BcUeville au lac de la Viltouse ;
Faisant carmer le Zist eu enturant le Zest ;
Quoique sans cheval noir, c'était le bel Ernest.
(P. ('aillitti.)
AUoDS, viv'mont, va crousililler :
T'as une heur' pour discutailler,
Lir' tOQ journal et t' Tair' payer,
Au zanzib', le coup d' l'élricr
Chez r bistro q' tu veui engaïUer.
(lo.)
tt Ce n'est pas à moi que tu monteras
le coup sur tes capacités I »
(Adolpui Mkykk.)
« Ah, si le populo se doutait combien
on lui monte le job ! »
{Le Père Peinard.)
tt S'il quitte fréquemment son ou-
vrage, c'est pour régaler un ami;
sll passe aes journées entières
entre les cartes et la bouteille, c'est
pour ne pas se séparer de ses amis ;
s'il met toute son attention à diri-
ger une queue de billard, c'est
pour enfoncer un ami. »
(JOLKS LkOIMia.)
— Vas-tu t' taire, vas-tu t' taire,
Cell'-là faudrait pas m' la fairCt
As-tu fini tes façons?
CoU'-là, nous la connaissons.
( Vieille chanson.)
Si rien nV»t prôt, cVsl votre faute,
bel amiral qui parlez tant!
Vous avez compté sans %otrc hôte,
C'est un détail très important ;
Votre couliunce eut falult<\
Un peu plus d'actes! muins do mots !
Vous iHibsez toml)er notre flotte,
Mais vous nous montez des bateatix.
((iniNGoiac.)
c Mon garçon, je ne sais pas encore
le coup que tu as voulu me monter^
mais certainement tu m'as tendu
un piège. »
(GORON.)
tt Le baron avait été fichu dedans j si
j'ose m'cxprimer ainsi, par son chi-
miste, un nommé D... »
(Alpho!<8b Allais.
« Vous avez sauvé la France qu'ils
ont perdue, relevé aux yeux de
l'Europe entière la République qu^ils
voulaient encore une fois foutre
dedans. »
{Le Père Duehêne.)
Que, stigmatisant la canaille,
Pour Populo — fait et refait —
Qui de l'affre sent la tenaille
A danter devant le buffet,
L'Idée atUque le Méfait...
(L. Di Bebcy.
« Certes, elle se souvenait bien d'avoir
souvent entendu la mère Gardette
tonner contre la société et déclarer
que, par le temps qui court, il ne
falhdt, pour arriver à quelque
chose, se laisser arrêter par aucun
S réjugé, le monde étant composé
'exploiteurs qui ne perdaient ja-
mais une occasion de fourrer de-
dans leurs contemporains. »
(Oscar MiTtxiKa.)
— SB TROMPER. Donner à gau-
che^ Embarder (arg. maritime).
Être sous le lit^ Se fiche, se
ficher, se foutre dedans j Se
gourer, V. Bal.
« Mais m'avais foutu dedans au lieu
d' prendre 1' bus de Vincennes,
j'avais pris çui d' Passy. •
— TROMPER UK MARI, UNE
ÉPOUSE. V. Infidélité.
TROMPERIE. Arcavot \ Amache,
Arrangeage, Arrangement, Ba-
teau, Char, Charriage, Charida,
Chiqué, Chiquet, Droguerie, Em-
pile, Enfilade, Enfilage, Enturage,
Enture, Estampage, Estampe, Jon-
cherie *, Madrouillage, Roustis-
sure. V. Artifice, Mensonge.
«
Il a voulu m' monter 1' cou, mais
j'ai senti Varrangeage et j'ai pas
marché. »
Très évidemment, dans la masse,
On peut tomber sur du chiqué :
Vous me direx qu'à pile ou face
L'enjeu forcément est risqué.
(J. RcDBLSI'iacXll.)
C'est pas malin... Tu vas an gonce.
Tu y dis: « T'as eun' gueul' qui m' plaît,
Viens-tu chez moi, mon p'iit Alphonse? >*
— r dit : « Non. » — Mais c'est dn chiquet.
(A. B.)
TRO
— 431 —
TYP
« L* pognon, i^ continuera à aller dans
la caisse de la Juiverie et dans les
vagues d' ceusses d' la Grande Es-
tampe. M
TROMPEUR, subs. Arrangeur,
beffeur, Chnrrieur, Chiqxieury
Drogueurj Empileur^ Enfileur,
Enfonceury Estampeur^ Faiseur,
Gourgouran*,Goureur,Joncheur*,
Maquilleur, Mareux, Monteur de
bateaux, de coups, Pipon, Planteur,
Truqueur. Toutes ces expressions
sont synonymes de Dupenr.
tt Et r salaud d^ borgeois, Vestampeur,
Talfameur s' barre comme un foi-
reux, comme eune lope. »
« J'avais, ne voulant pas être reconnu,
assisté de loin à la scène rapide de
l'enlèvement non prévu par cet
audacieux faiseur. »
(G. MAci.)
C'est un simple monteur de coups
Sous un aspect fort grave.
(K. Poncho:*.)
Cré tas d' mufTtons, va, tas d* Iruquettri...
A' m' ruin*. vol' tentative hardie
C'est du chiqué, d* la comédie.
(Jkhar Rictus.)
TROMPEUR, adj. D aspect trom-
peur : Mauvais teint.
TROXC d'église. Berlu.
TROP. Se traduit de même qu'As-
sez. On dit quand on a trop d'une
chose : Classe, Cest classe, TTen
jetez plus ! on peut ajouter : La
cour est pleine.
TROQUER. Biguer.
TROTTOIR. Rade, Tas, Tremplin,
Truc (arg. des filles).
c J'ai poireauté deux plombes su' l*
rade à attendre madame, et tu vou-
drais que j* soye À la rigolade ? »
« Du temps que sa gerce est su*
V tremplin, i flanche aux brames
chez V bistrot. »»
« — La Maria?... aile est malade,
v'ià près de huit jours qu*on ne Ta
pas vue sur le truc. »
TROU. Bigard, Boue, Mvet.
— TROU DU SOUFFLEUR. Ca-
pot.
TROUBLE. V. Bruit.
TROUBLER. Chamberter.
TROUER. Bigarder, Caler des bou-
lins, Filer un nivel.
TROUPE. Grive. V. Armée.
TROUPIER. V. Soldat.
TROUVAILLE. Dégottage.
TROUVER. Bégotter. V. Décou-
vrir.
X V'ià nuinze jours que j' trime pour
chercher du bouleau et j' peux
rien dégotter. »
TUER. Déqommei*, Descendre, Re-
bâtir*. V. Assassiner, Village.
Napoléon, c' vieux grognard,
D' ces jeux où l'oa se aéffomme^
Enqueuqn's mots résumait l'art.
{Vieille chanson.)
TUILE. Faïence.
TUMULTE. V. Bruit.
TUYAU. Bar de tire. Lance. Les
détenus nomment Parloir le
tuyau de la tinette de leur cellule,
parce qu'ils s'en servent pour
communiquer avec les autres
prisonniers.
« A peine les positions étaient-elles
prises, que la grosse voix de Por-
thos résonna et nous entendîmes
très distinctement cette phrase :
«c Le système de communication
que j'emploie est connu des voleurs,
qui en usent : ou le nomme dans
1 argot spécial de Mazas : Le par-
loir, n
(G. UkCÈ.)
TYPOGRAPHE. Typo.
m Je me sens tout guilleret : le prin-
temps, sans doute... ou bien la
lecture de l'article d'Anatole France,
dont la prose académique, gr&ce aux
afTolantes coquilles des typos, est
devenue complètement idiote... »
(WiLLt.)
TYP - ♦;
— TVPUGRAPUB QUI TRA-
VAILLE A LA LIliNB, à U
compnsitioD couraote. Bout'
leur, Lignard,
— TYPOGRAPHE QUI FAIT
DE LA COUPOSITIOX ET
DE LA CORRECTION'. Am-
phibie.
— TYPOGRAPHE REMPLA-
ÇANT, Homme de boia. C'est
seconde le metteur ei
a pages
— TYPOGRAPHE SON 8YS-
UIQUË. Sarrasin.
— TYPOGRAPHE SAKS OU-
VRAGE, pareaseuï. Cateur.
— TYPOGR.\PHB ASSIDU.
Ogre.
1 — TYP
différentes ; immobile! comme des
termes devant leurs caises, il*
éloignent Jusqu'à l'ombre de la
dissipation : ili vivent de peu; et
leur ardeur pour la besogne leur a
fait donner le nom d'o^ret par leurs
confrères, qui les méprisent. ■
TYPOGRAPHIE. Typo.
m 11 avait lâché la typo pour le r
portage. »
— Faire une faute : Aller à
Saint-Jacques.
— Compter les lignes compo-
sées pour faire la mise en
pages : Foire la pige.
^
ULCEItE. Corbuche'. V. Plaia.
— ULCÈRK FACTICE. Corbuche
lof.
ULCÉREUX. Croùlelevé, Croùtele-
• Uui, certes, je lui en veux, à ce
mi»érable eroûUUvé, roi de» croû-
teteveitx, à cet énerveur de mes
espoirs les plus nerveux, à ce sale
vieillard luoiveui, à cet isaoble
'eillnrd baveux, certes, certes, je
lui e
IJ. Rkui
UNION. V. Concubinage, Hsriage.
UNIR (S'). V. Harior.
URINE. Chasiure', Lance'.
URI>ER. Arroier Us pissenlilt.
Changer son poisson ou ses olives
d'eau, Ecluser.Fairedupetit, Faire
pleurer son aveuijle, Gâter ou gâ-
cher de l'eau. Lâcher les écluses.
Lâcher un fil, un filet, une goutte.
Lancer, Lancequiner, Lansquiner,
Lascailler ', Pencher de l'eau, Pleu-
rer, Qaimper ta lance', Tenir le
cochon de son pire par la queue
(obscène).
— En parlant dea chiens : Sc-
ringuer.
B Tandis que la petite était en train
de lâcher Ui écluseï, jupes trous-
Hées, bien à. l'aiae, se croyant seule,
te vieux la guignait par la lucarne. •
[Lei Propoê Uu Commanifur.)
USÉ. Se Iraduit, au propre, par
les équivalents de Laid, Man-
USURIER. Carcagaot, Chancre,
Crocodile, Gobseck, Ogre, Oncle.
usu
oAintiàlt mille bicitc
u Oncle lymbolife l'usure comme,
dans le langage populaire, ma
■ UntG signifie le piH sur g«ge. ■
VACARME. Boucan, Bouzin.
. llatTitone, Musique, Pétard,
Schpromme, Sdiptoum. V. Brait.
VACHE. Coi-nante, Comaude, Ua-
man (arg. des bouviers).
VAGABOND. Batteur d'antif,
Blècke ; Escargot, Givemeur ",
Gouapeur, Gouépeur, Hurlubier,
Routeur, Trépeligour, TrôUur.
On dit encore Cambrousier, Cke-
mineau, Ckemineux, Cheminot,
mais ces termes s'appliquent
Elus spécialement aux vaga-
onds qui séjournent peu dans
les villes et leur préfèrent la
çrand'route. Au nombre de ces
derniers sont les Uerligaudien
et les Meriiflches qui sont un peu
saltimbanques. Le vagabond de
nuit est le Fileur ou le refleur
de cloche, de comète, le Clochard;
s'il a l'habitude de coucher sous
les ponts, c'est l'Hirondelle de
pont. Enfin, ceux qui vivent de
la nourriture que distribue
rCEuvre des Fourneaux écono-
miques sont baptisés, à cause
de cela, Fourneaux. V. Misé-
rable.
Au Don in cAemintux d' U tIIIc.
fiche. Mon père était merliganditr. ■
(I. R,CK.nN.)
I Petits chemintaux d'Espagne pous-
sés k la Troolitre, péle-méle, avec
les vieux et les jeune*, par la faim,
la misère et la peur :
VAG
— 436 —
VAL
Bébés de cinq à six ans, roulant
de beaux yeux sauvages, ayant
déjà un bAton, une besace comme
les grandes personnes (je cite Loti)
et cneminant tout seuls et sachant
dire : « Ave Maria Purissima! »
avec une révérence. »»
(JKA5 LOBRAlIf.)
Tout ce qu'on boit et tout ce que ron mange.
Et la réculte et la boaue vendange,
Pour qui donc pousse tout cela?
Pour le cheminot qui passe par là?
Diiit Dominus, au premier cheminot :
Allez, mangez,
Prenez, buvez !...
Dizit Dominus, Domino
Meo!
(A. B.)
'< 11 mit d'abord de nombreux agents
dans les localités de Charenton et
de Saint-Maurice, les uns camou-
flés en ouvriers travailleurs, les
autres en paisibles pécheurs à la
ligne, d'autres encore en flâneurs,
enfin d'autres en gouèpeurs finis,
quant au costume, m
M Car ils sont doux, les errants,
les fifeurs de comète^ les pauvres
gas sans ouvrage ou que hante la
mauie de dormir, libres, sous les
cieux profonds. •»
(Jacquillm.)
VAGABOXDER. Bribauder % Don-
lier du vague, Giverner *, Gouaper,
V. Flâner, Fainéanter.
Toujours gouaper,
Jamais ma«<>er.
Sur le bouCvard à la rTiler...
{Chanson des gouapeurs.)
— VAGABONDER DE NUIT.
Filer la cloche ^ la comète^ La
filer ^ La refiler, V. Noctam-
buler.
VAGOX ou WAGOX. Les malfai-
teurs appellent Coffre-fort le
vagon cellulaire des chemins de
fer.
VAGUE, subs. f. Baleine,
VAILLAXT. V. Brave.
VAIX. (Chose vaine.) Chichi,
Tous ces chichis et tout* o'tte joie
Ça fait penser à ces bourgeois
Qui r'çoiv'nt un rasta à la manque.
(JUAM RlCTDB.)
VAINCRE. DcgoUer, Tomber.
V. Terrasser.
VAIXCU. Chocolat. Cette ex{ires-
sion signifie aussi Ruiné, vaincu
au jeu.
Avec un douillard chocolat
Pais-le broder s'il n'en a pas.
(El06IKR-GRia05.)
'c Je r cherre aux pinces, en y filant
ma tronche dans 1* bide; et il est
chocolat, »
VAISSELLE. Perlingante.
VALET. Lapin de couloir , de cor-
ridor y Larbin, Torchepot, Va-
doux, Va-trop, Vide-pot-de-cham-
bre (Pot de chambre peut se
remplacer par un de ses équiva-
lents). V. Serviteur.
Ah ! ah ! personn' ne sait c' qu'il fiche
Depuis qu'il roui' par les grands ch'mias.
Oh : oh ! p't'-étr' qu'il est merlifiche.
Va-trop d' chartier, ou tend>la-main.
(J. RlCHIPlM.)
— VALET DE FERME. Cam-
broux*y Goujat,
— VALET D'AUBERGE. ^i7-
loget,
— VALET D'ÉCURIE. Lad
(anglicisme).
« Le lad est la bonne à tout faire
d'une écurie de courses. C'est géné-
ralement un apprenti jockey, mais
son tipprentissage est terrible. »
(P. Lafpon.)
— Au jeu de cartes. Dômes-'
tique, Galuchet, Larbin sa-
vonné. Massepain, MUloget.
VALETAILLE. Larbinerie.
« — La larbinerie de la villa, conti-
nua-t-il, se compose de quatre : la
soubrette,qui est amoureuse comme
une chatte, qui a deux ou trois
galants dans le pays, et qui ne
manque jamais d'aller sous d*autres
VAL
— 437 —
VAU
toits, aussitôt que ses maîtres sont
absents ; la vieille cuisinière, sourde
à ne pas entendre tirer le canon,
couchée dés huit heures et demie,
f»as gênante, au pis-aller, vite bàil-
onnée ; le cocher-jardinier, un soû-
laud, que mon homme, le valet de
chambre, emmènera au cabaret et
empoivrera à rouler sous la ban-
quette, sans dirOculté... »
(Bertil et GiLQCix.)
VALEUR. De peu de valeur : De
carton, De fer-blanc, De mon cul,
De mon derrière. De mes fesses,
— On dit de choses sans va-
leur que c'est de la Came-
lotte, de la Chiasse, de la Fi-
chaise, de la Foutaise, de la
Gnognotte, de la Merde, de
la Merde en bâton, de la Pe-
tite bière, de la Rinçure de
cuvette, de la Roupie, de la
Roupie de sansonnet ou de
singe, de la Rousselette,
de la Roustampe ou Rous-
tampomme, de la Roustissure,
de la Saint Jean. On em-
ploie également quelques
équivalents de Rien. V. Mau-
vais.
« Alice. — Crois-tu qu'il ait des mo-
nacos?
Maria. — Oui, il a l'air cossu.
Alicb. — 11 n est pas de carton,
enfui. M
{Ces dames du Casino.)
L'idéal qu'aotan Ton réra,
Réalisé devient infime ;
Un autre écI6t qui le supprime;
Puis, l'espoir d un plus légitime.
Foutaise est tout ce qui a'eo va !
(L. DB BtacY.)
Maisj'i'aim'comm' ça... c'est mes ognons!
Et tout r reste il est d' la gnognotte.
(Jehah Rictus.)
•
Entre nous, vois-tu, mon bonhomme.
Tous tes serments, loui's tes prières.
Tous tes pleurs, c'est d' la roustampomme.
(BLtDOaT.)
— C'est-y q* t'es bétc ou q' tu t'affaisses,
Sacré journaliste ef mes fesses *!
Combien qu'on t' les pai' les chicliis
Q* tu fais aux lecteurs avachis ?
(P. Paillette.)
Un', deux, ça yost... me v'ià nommé,
Vrai, j' peux diV' que j'en ai d' la veine :
Uon adversaire est dégommé
Et moi j' suis député d' la Seine.
Aussi, mon vieux, à ta santé,
Tu peux t' foute d' la cantinière,
Aujourd'hui, c'est pas d' la p'tit' bière*
Entrez donc, Hossieu 1' dépoté.
Car, enfin, t'es représentant;
T'es un législateur, un membre,
Tes Mossieu 1' député Constant,
T'as ta plac* marquée à la Chambre.
Tu vas t' trouver en société
Avec Jaurès, à la buvette,
C'est pas d' la rinçur de cuvptte...
Entres donc, Mossieu 1' député.
Tiras aux diners k Félix,
Tiras aux bals des ministères,
Chez Mossieu Z et Mossieu X,
Et chez tous les parlementaires.
Partout tu vas et' invité,
Va falloir te payer du linge,
Mou vieux, c'est pas d' la roupi' d' singe...
Entrez donc, Mossieu 1' député.
Mais, pour ce soir, en attendant
Ou' j'aiir fair' du plat dans la. haut* soce
Et boulotte r chez 1 président,
J' vas m'envof er un' petit' nooe
Chez la maman Félicité
Qui va dire à la gross' Charlotte :
— Honoré!... Cest pas d* la cam'lotte...
Entrez donc, Mossieu 1' député.
(A. 6. Les Souioloques d^Honoré Constant.)
— VALEUR DE BANQUE OU de
commerce. Les voleurs appel-
lent Faffes cognés les valeurs
frappées d'opposition.
VALISE. Valtrouse.
VANTARD, VANTARDISE.
y. Fanfaron, Embarras.
VANTER. V. Flatter.
— SE VANTER. Se donner des
coups de pied (iron.).
VAUGIRARD. La Vaugire ou L«-
vaugire.
« A rÉcole, au Javel et à La Vaugire,
c'était la reine; les gonzesses et
même les gas pouvaient pas y faire
avec elle. »
VAURIEN. Prape, Fripouille, Ga-
lapiat , Galvaudeux , Gouêpe ,
Gouépeur. V. Canaille.
VEA
— 438 —
YEN
« Je Tai mise en apprentissage chez
ma belle -sœur. Ça été encore pire.
Un beau jour elle a disparu avec
uu galvaudeux. »
(0. M£TÉ!<I».)
I!o soir UQ gouépeur en ribote
Tombe en frime atec un vuleur.
(ViDOCQ.)
VEAU. Cornichon^ Meulardy Meu-
g lard,
VÉGÉTER. Battre la dèche, Ca-
lamlriner. V. Gène.
VEILLER. V. Guetter.
VEINE. (Les veines.) Vermichels,
Vermicelles,
V ÉLOC I PÈDE. A llonge-gambetteSy
Bécane j Vélo,
— VÉLOCIPÈDE A DEUX
PLACES. Tandem.
— A TA OIS. Tri pie t te.
— \ QUATRE. Quadruplelle.
— A CIXQ. Quintupletle, etc.
Quand nous roulons, dans la campagne,
Montés sur le cheval de fer,
En tandem, avec ma compagne.
Nous fendons Tair...
L'air de France que nous aimons.
El l'on se crève... el l'on se vauno...
Et l'on en prend à pleins poumons
Sur la bécane.
(A. B.)
— VÉLOCIPÈDE A PÉTROLE.
Pétrolelle.
•« Au lieu des besicles énormes dont
ils s'all'ublent, que ne choisissent-
ils donc des loups vénitiens, les
chaulleurs, sur \eurspétrolettes !... »
(JULKS ClAULTIB.)
VÉLOCIPÉDIE. Cyclisme.
VÉLOCIPÉDISTE . Bicycliste,
Cyclemarij Cycleaoman (femme).
Cycliste, Pèdard, Pcdalard, Velo-
tcmariy Velocewoman (femme).
V. Sport.
Le liicyctislP est le roi de la route,
Sur sa b^tcaue il fuit comme r<^clHir,
Comme l'oiseau qui, tous l'immense \ot\tp,
S'éluncc au large et disparaît dans l'air.
(A. B.)
» Nous descendions la jolie vallée de
risle, lorsqu'un cycliste ven&nt en
sens inverse et avec une vitesse
in.^olente, ne put éviter une vache
qui traversait la route, et il cul-
buta. »
(llAOaiCB DoiVHAY.)
« Tout ce monde de gais et robustes
pédards s'amuse hygiéniqueoient,
boit et mange de même. »
(TiBtxmcc.)
VE^'DR£. Bazardei\ Déboulonnet\
Fourguer, Laver^ Lessiver, Solir *.
« Bazarder le don de FEmpereur I Je
Tai déposé à la porte. »
(G. D'EsrARBts.)
tt L'agent Girodot devait jouer le
rôle d'un voleur parisien chargé
§ar ses camarades de laver le pro-
uit de plusieurs vols. »
(G0R05.)
« Deux jours après le départ du pa-
ternel, le complet neuf était lessivé
à la « Trompette de Jéricho. >*
(DOBOt.)
M — Dans le square nous avons trouvé
un type que je ne connais pas qui
a dit à Martin : « Tu sais, mon
vieux, c'est pour ce soir » et qui
lui a remis un couteau à virole en
disant : » S'il y a des litres, tu
me les donneras, je les ferai four-
guer à Londres. »
[Le crime de la rue Pierre- Lf roux.)
— VENDRE A VIL PRIX. Bra^
der, Fusiller,
— VENDRE SUR LA VOIE
PUBLIQUE. Cameloter.
— VENDRE. (Trahir.) Bidonner,
Donner, Lessiver, Macaroner.
V. Dénoncer, Malice.
VEXGEAXCE. Faide.
VENIR. V. Arriver.
VÉXÉRIEIV. V. Gonorhéa, Sy-
philis.
VEXT. Bisac\ Bisan% Bisart*,
Bizart*, Bizouart *, Brisant^
Grie\ Grielle\ Gris, Zeph, lif.
YEN
— 439
VER
'< C soir-là, il f'sait justement un
zepfi à décorner tous les cocus de
France et de Navarre. »
— VENT D'ORAGE. Ruffle,
— VENT D'EST. Ostac.
— VENT DU SUD. Cornemu-
seux.
— VENT DU NORD-OUEST.
Mistrilto^ Misiro.
VENTE. Four gage, Lavage , Lessi-
vage, Lessive.
« Oh ! le lavage n'avait pas été long :
un brocanteur avait acheté le tout
pour quinze francs. »
VEJVTRE. Bauge *, Berdouille,
Bide, Bidon y Globe, Lanterne,
Tambour, V. Abdomen.
VÉREUX. Fig. Enfoncier, Se dit
d'un office,d une banque : Crédit
en/bncie)*, jeu de mots sur crédit
foncier.
VÉRITÉ. Dire la vérité : Aller à
crosse, V. Avouer.
VÉNUS. La Baronne du Bardant,
VERGE. V. Sexe.
VERMICELLE. Asticots.
VERMINE. Habitants, V. Pou.
VÉROLE. V. Syphilis.
VERRE à boire. Glace, Glacis,
Glasse, Gobe, Gobeson, Gobette,
Guindal, Tasse.
— VERRE A PIED. Entonnoir à
patte,
— VERRE EN FORME DE
GLOBE. Ballon.
Emplissez mon glass' qu'est TÎde
Pour que j' me TenUr dans 1' bide
A sa sauté!
a Mais Alcide en s'espliquant avec
Faut' avait pris la pipe : il avait la
gueule en sang. Çui qu^avait fait les
arm^ avec lui, qu'est un bon fieu
dans r fond, 1' conduit chez T phar-
macien, après i' y paye eun' tasse ;
guis i's sont rentrés, bras dessus
ras dessous, à Charonne. »
— VERRE DE VIN. Absinthe de
vidangeur^ Bavaroise de cocher,
Coup de blanc ou de bleu (selon
que le vin est blanc ou rouge).
— VERRE DE VIN APRÈS LA
SOUPE. Coup du médecin.
— VERRE DE LA CONTE-
NANCE D'UN QUART DE LI-
TRE. Doinbe, Demw^roc.V.De-
mi-setier.
Quand j' siffle un canon,
Nom de nom !
C'est pas pour Taire V pantre :
C'est qu* j'ai plus d' cœur au ventre
Nom de Dieu !
Après un coup cT bleu.
(J. R1CHBP15.)
— VERRE DE BIÈRE d'un demi-
litre : Demi^ Distingué; — d'un
tiers de litre : Ambulant; —
d'un quart de litre : Bock ; —
plus petit : Galopin,
c — Maxime, foutez-moi un çalopin a
la table de ce poivreau-Ia, que je
trinque avec sa bergère. ■
-— VERRE D^EAU-DE-VIE. Bour-
geron, Chifferlinde, Coup de
Janle, Veilleuse,
« — Allons! assez causé... mère la
Nippe, il faut filer... il va y avoir
du tabac ici... emmène la môme
dare dare, tu sais ce qui a été
convenu...
— Oui, mon fils, dit la vieille, docile
et respectueuse, mais laisse-moi
lamper encore un coup déjante,.,
— Une autre fois ! répondit Nib d'un
ton qui ne permettait pas de ré-
f>lique... allons! ouste! décerni-
ons!... M
(BoMOKD Lepellstieb.)
VERROU. Boudin.
VERSAILLES. Versigot.
— Pendant la Commune, les
Parisiens appelaient Ver-
sailleux le gouvernement et
les soldais cantonnés à Ver-
sailles.
VEa
— 440 —
VÊT
Quand arrivèrent les Venailleux,
C'est eir-mém' qui commanda 1* feu...
Elle est tombé', la gueule ouverte,
A Montroerte !
VERSER. En parlant d'une voi-
ture : Prendre la route de Ver-
sailles ou le boulevard de la Cul-
bute,
« Arrivé au pont d*Austerlitz, v^à V
bourdon qu'i* s'emballe et la chi-
gnole cjui chahute si teU'ment qu'
Je m' dis à part moi : « mon vieux
libi, si ça continue, ou va prendt^
la route de Versailles ! »
VERSEUSE. (Ustensile.) Verse
(arg. des garçons limonadiers).
« — Chargez la verse pour deux
mazas à l'as ! >>
VESSE. Cloque, Louffe, Perle,
Rôdeuse, V. Pet.
* J'aime mieux enfller des perles que
de les sentir tomber. »
VESSER, Cloquer, Laminei\ bouf-
fer.
« r louffe chez lui sans s'égnauler et
quand ça tcouiilotte, i' dit qu' c'est
son clebs qu'a cloqué, •
... — Moi, dit Madeleine,
Chez mes parents j* lei ^^ais r'monter;
Mais ça m donuait mauvaise haleine
Maint'nant j' les sors sans m'épater.
Avec ou sans bruit faut les prendre :
Quelquefois c'est un souTile, un rien ;
Mais Edouard n'aim' pas les entendre.
Je les lamine quand il vient.
(P. Faillitte.)
VESSIE. Enflée.
« La vessie ou Venflée d'eau d'af fut
pressée jusqu'à la dernière goutte. »>
(ViDOCQ.)
VESTE. Li>/re*.
— VESTE DE GAliÇON DE
CAFÉ. Hase-pet, liondin. Cette
dernière expression s'applique
également a la veste turque,
comme la portent les zouaves.
« Le loufiat, souvent élégant, nu-téte
à l'heure du service, devient hor-
rible dès qu'il abandonne le rondin
et le tablier pour reprendre le pa-
letot et le chapeau bourgeois:. »
VÊTEMENT. Étui. Figues.
Fringue, Froque^" , Frusques, Har-
nais, Pelure, Saint-Frusquin. Par
extension, ce dernier terme s'ap-
plique à Tensemble de ce qu'on
possède.
« T'aurais vu si j'étais gandin avec
mon nouvel étui ; on aurait dit d'un
gentleman ridél »
« La petite çonzesse a de fignoles
figues I Pas besoin de dire avec quel
instrument elle les a gagnées. »
En mil huit cent quatre-vingt-dix
Comme an temps des décors étrusques.
La femme éprise d'Amadis
Aime à porter de belles frusques.
(Th^odoee de Banville.)
« En un tour de main, elles vous auront
forcé d'essayer un habillement com-
plet, du galurin aux ripatons, en
passant par le culbutant, qui est le
pantalon, et par la limace qui est la
chemise. Puis après que vous leur
aurez payé quinze fraocs une pe-
lure ou paletot qu'elles vous fai-
saient cent cinquante... »
(Pacl Mahalix.)
Et comm' leur fallait, cependant.
Pour s' mett' ouèqu' chos' suus la dent,
Qu'i* s' procurnt de la galette.
r bultèr'ot un pétrousquin
Et lui ûr'nt son saint- frusguin.
(BltOOET.)
— VÊTEMENT D'OCCASION.
Décrochez-moi ça.
— VÊTEMENT BIZARBE, OU râ-
pé, Goupine*,
VÉTÉRAX. Briscard, Brisquard,
Vieille barbe, Vieille brisque.
V. Chevronné.
VÉTÉRIIVAIRE. Artiste.
VÉTILLE. V. BagatoUe.
VÊTIR. Enflaquer *, Frinyuer,
Frusquei-, Frusquiner, Harnacher,
Et faudrait que j'me r'paye un mec
Que je r fringu', que j' yempâte 1' bec
Quand ej fais pas pour ma croustille?
(A. B.)
<c Quelquefois des snobs passent, jo-
lis, précieux... et si bien frusques \ *>
(StvBmtnK.)
VIA
— 441 —
VIE
« C'est pas pa*c' qu'on n'a, pour
s'harnacher^ qu'un rideau et un
bénard en vMours qu'on sVait pas
un brave homme comme quiconque ;
pas vrai? »
— VÊTU. Orti.
« — En voilà une de gironde et de
bien ortie. »
(DOBUT DR LaFOBE^T.)
— VÊTU DE NEUF. Recoqué, Re-
coquinché, Refringué^ Refrus-
que.
c Un jeune freluqueux, assis entre
deux gonzesses recoquinchée8,y bo-
nissait le neu filin. »
(Louise Michel.)
— MAL VÊTU. Fichu comme qua-
tre sous^ Goupiné *.
— VÊTU CHAUDEMENT. Merri-
flauté*.
VIANDE . Barbaque, Barbèque^
Barbi *, Ridoche, Carnet Crie *,
Crigne *, Criynole *, Criole *,
CrioUe *, Harnois *, Niorie.
« Farouche, il appelait la viande ava-
riée « de la barbaque ». Quand les
vivres ne lui plaisaient pas, il les
refusait véhémentement. »
(G. d'ëspabbès.)
« Et quand il avait la bidoche dans la
gargue, i' sortait son brich'ton et
mordait à même. »
« 11 a vagabondé par les rues : à re-
luquer les pains dorés des boulan-
gers, la belle came des bouchers,
toutes les machines qui se bouffent
aux étals des restaurants, il lui ve-
nait des envies de Toutre le grappin
dessus... »
{Père Peinard.)
— BOULETTES
Attignofes.
DE VIANDE.
De rOdéon pensif aux tristes Batignolles
Nous iroDB. Telle va la comète oui luit !
Chez le maslroquet gras qui venu des atiignoles
Nous boirons le vinduux qui fait pisser la nuit.
(J. RlCHEPIN.)
— MAUVAISE VIANDE. Bifteck
à Macqunrtj Pampine^ Sous-pied.
VIATIQUE. V. Extrême-onction.
VIDAXGEUR. Bernateur, Berna-
lier, Confiturier^ Fifi.
Vidangeant dans un* famille
Qui comptait des mass's d'aïeux.
Il aperçut la jeun' fille
Qu'allait justement aux lieux.
A l'instant, il s'éprit d'elle;
Il revint, il lui parin...
Le fifi plut à la belle :
Un même feu les brûla!
(AitDRÉ GiLL.)
VIDER. En parlant d'un plat,
d'une assiette, etc.: Nettoyer,
Toixhei\
— En parlant d'une bouteille,
d'une tasse, d'un verre :
Rincer.
— Ces expressions peuvent
s'appliquer également à la
bourse, à la poche, à une
caisse.
VIE. Aff, Lignante*, Vioqtie.
VIEILLARD. Birbe, Birbon, Boni-
card, Bonique, Rombier, Vioc.
— VIEILLE FEMME. Birbnsse,
Vioque.
— VIEILLARD GATEUX. Gaga.
M<ii, j' suis birbass', j'ai bsoin d' lartou
T'as donc un palpitant d' carton?
Qui qu'a massé pou' t' fout' au monde ?
(J. RiCHEPIN.)
1' 8* fit ballader lot rognons,
Du bois d' Boulogne au Panthéon,
Dans r corbillard des misérables,
Enguirlandé d' B^ni-BoufT-Tout
Et d' birbet à barb's vénérables.
(JauÀR Rictus.)
tt Vois-tu, ûston, quand on est vioque
et qu'on n'a pus V rond, vaudrait
mieux cronir. »
VIEILLERIE. Birbasserie.
VIEILLIR. Aller en rabattant,
Avoir de la barbe, des chevrons,
Être à r horizon, Se décartonner.
Se décatir. Se décaver. Se faisan-
der. V. Changer.
VIERGE. (Jeune fille.) Pleur de
mai. Fleur de mari, Mascotte.
V. Virginité.
VIE
— 442 —
VIN
- Jeune homme. Coquehin,
Mascot; on dit également
Mascotte.
« Si les mascottes portent bonheur,
les mascots portent malheur ; et la
Prédominance du désastre dans
humanité provient sans doute de
cette circonstance que, contraire-
ment à Topinioii généralement ad-
mise, ceux-ci sont plus nombreux
que celles-h. »
(('atl'ii.k Menons.)
« — Et dire que je mourrai sans avoir
le pucelage de quçl(|u*un I Ça serait
mon r^ve de trouver un débutant !
Je le payerais môme, si je savais
en rencontrer un !
— VMà ton allaire, dit un volontaire,
le brigadier... c'est une mascottel
— C'est vrai? lit Blondinette en me
saisissant par le cou.
— Il est fou! répondis-je en haussant
les épaules, mais je me scutais
roupir jus(|u'aux j'eux.
— Ecoute, mascotte ou non, ça ne
fait rien, montons! »
(0<CAH MtTtNIIR.)
VIERGK (LA^. Ddvonne du Mec
des Mtcs, Daronne du Grand
U(hre\ V. Village.
VIEIW, VIEILLE. Vioc, Vioqur,
V. Mort, Vieillard.
— On (lit d'une personne très
vieille ou qui va mourir
(jumelle a Chic plus de la
moitié de sa merde.
VIGXE. Bois tordu, Calvi{/ne\Cal-
line*, Clavin\ Clavine*, Tortil-
lante,
VIGXEROiV. Calain % Calvin \
Claviyi*, Clavineur*, Jean Uaisin.
VIGOUHEUX. D'attaque, V. Fort.
M Couponu marchait de l'air esbrouffeur
d'un citoyen qui est d'attaque. •
(K. ZuLA.)
VILAIX. V. Laid.
VILEME. V. Indélicatesse.
VILLAGE. Villois,
« Si tu consens à nous laisser rebâ-
tir le ratichon et sa larbiue, nous
irons pioncer dans le sabri du ru-
pin de ton villois^ à cinquante patu-
rons de la chique de la daronne du
mec des mecs. »
(ViDOCQ.)
VILLE. Vergne,
Sur la placarde de vergne
Lonfa malara dondaine.
Il nous faudrait gambillcr,
Lonfa malura dondé !
VILLETTE (LA). La Viltouse.
V. Quartier.
VIX. Bluchet ', Fil en double \ Jus,
Pichenet, Picton^ Pihonnis ', Piot *,
Pive, Pivots y Pivre, Sirop, Torttt,
Vinasse.
« — Allons, gas, ne soyons donc pas
si grand enfant. Il n'est point de
chagrin qui n'ait sa fin... Tiens,
viens prendre un coup de pichenet ! . . .
Ça te remettra. »
(H. SOXDRE.)
•' Un coup de picton par-ci par-là, ça
ne fait pas do mal ! >*
«( — Un verre de j)ivois ?
Il versait le vin.
Les coudes sur la table, il par-
lait alors d'abondance... s
(G. D'EspABBÈfl.)
(c Et j' m'explique comme on dit dans
les réufirnons : D'abord, quoi qu'il
aime, l peupc ? El' pive. — Quoi
qu'i' boit ? Du raide. — Porquoi ?
Pa'c' que quand qu'i* veut s'enGler
un d'mi-stier, faut tout d^ suite
qu'i' y aille d' ses quat' ronds,
tandis que pour deux bourgues,
dans les bars, il a un verr' d'eau
d'af, et pour trois pélots on y sert
eun' bleue. »»
Au«9i. bon Dieu ! c' qu'on en a pfis !
Chacun a payé sa tournée
Airant d' nous rentrera Paris...
Et, pour terminer la journée,
Ou est all^ d' zinc eo bistro,
Pompier d' la vinasse et d' la bi^re,
A la santé de c' pauv' Perdreau
Ouest resté U-bns... au cim'lière...
Ali ! c'est épatant, c' qu'on boit,
Quand on a la |;ueur de bois .'
(A. B. Lf.s Souloloques d'Honoré Constant.)
— VIX ROUGK. Bleu, Pivoût de
IxOUffmont.
VIN
— 443 —
VIS
— VIN ROUGE LÉGER. Petit
bleu^ Picolo,
Du picolo l
V'ià mon lolo ;
J'en boi:) quand j'ai mal à la této..«
(A. B.)
— VIN BLANC. Pivois savonné.
— VIN BLANC NOUVEAU, iî/a/l-
quette, Macadam.
(1 Chez nous, c'est sous le noir et bas
plafond d'un bouge que les voyous
blafards, couleur tôte de veau, font
la vendange. Ils ont pour vin doux
et nouveau le liquide appelé maca-
dam^ une boue jaunâtre fade. »
(Jkan Richkpi.'v.)
« Et moi qui ne bois guère que de Teau,
à peine un peu de blanquette^ j'ad-
luire le côté patriarcal et esthétique
de la scène; je pense que nos pères,
ainsi, se réjouissaient autour de la
bonne bouteille... »
(SavaRm.)
— VIN AIGRELET. Briotel\ Gin-
g lard, Jinglard^ Regingiard, He-
(jinglot.
» 11 nous servit un petit reginglard
ben gentil à rœil, ben mignon au
goût, mais qui se faisait sentir
quand on n'y prenait garde. »
L' vieux m'a dit : « Pour la circonstance,
u Buvons c' jinglard à ta santé. .. «
(JcLEs CélAs.)
— VIN ORDINAIRE. Omnibus,
Vin du broc^ Pive au Kil.
— VIN EN BOUTEILLES. Ca-
cheté.
— BOUTEILLE DE VIN VIEUN.
Houillarde. Y. Bouteille.
— SALADIER DE VIN ROUGE.
Sang de bœuf. Vin à la fran^
çaise.
— SALADIER DE VIN BLANC.
Marquise.
— VIN DE CHAMPAGN . Cham-
pe. Coco épiieptique.
VINAIGRE. Pivots citron.
VINGT. Lingtvéf Linvé, Linve.
V. Jargon.
VINGT-DEUX. Les deux cocottes.
VIOLEMUIENT. D'achar, D'auto,
D'autor, D'esbrouffe, De vif. De
riffe, De rifle. V. Autorité.
VIOLENTER, VIOLER. Cambrio-
ler^ Embardcr, Embauder *, Pes-
ciller à la dure*yRipei* ou Tigner
ou Tiquer d'esbrouffe, d'auto, d'à-
char, de rif, de rifle. V. Abuser.
VIOLON. Frémillon, Prémion.
VIOLONCELLE. Armoire.
VIRGINITÉ. Capital, Coquillage,
Coquille, Fleur, Primeur.
Tu possèdes, mignonne, un gentil capital;
Ne prends pas un caisbierpour gérer ta fortune.
—AVOIR SA VIRGINITÉ. Vavoir
encore.
— PERDRE SA VIRGINITÉ.
Casser sa cruche, son sabot, Voir
le loup. Voir le loup }>eter sur
la pierre de bois, Y avoir passé.
Le coin d'un bois, Therbe nouvelle,
l'n mouvement, le moindre mot,
l'o rien fait broncher une belle,
Un rien lui ccuse son sabot.
(PiGAULT-LtDBCN.)
« H ne faut pas, quand on est si liées
ensemble, que Tune possède ce que
l'autre a perdu, que celle-ci ait vu
le loup, des bandes de loups, tandis
que celle-là en est encore à se de-
mander quel est cet animal et com-
ment il a la queue faite. »
(Albert Cm.)
VIS. Manivelle.
VISAGE. Balle, Betterave, Binette,
Bobe, Bobèchon, Bobinasse, Bobine,
Bobinot, Bouillotte, Burette, Cafe-
tière, Caillou, Caire*, Capatrat,
Carafe, Carafon, Cible, Ciboulard,
Ciboulot, Citron,Couache, Couèche,
Fiole, Frime, Giffle*, Glutouse*,
Gueule, Hure, Lampe, Michaud *,
Moure (provençal), Musette, Poê-
lon, Poire, Pomme, Potiron, Quet-
che. Saladier, Terrine, Tesson,
Téteire, Théière, Tirelire, Trogne,
Trognon, Trombine, Trompette,
Tronche. V. Tête.
VIS
— 444 —
VIV
Et j' soutiens qa* les gens vraiment taies
C'est ceuss que pour laver leurs ballet
Il leurs en faut cinque d' Bully.
(J. RiCHKPIX.)
Mongniaaseestbath : j'ai un chouelt' motire
La bouch' plus p'tit' que les calots,
L'esgourd' çiron T comme une Ostende.
Aussi j' m'ai dit : Vivons d' not' Tiande !
J'aim* mieux et' dos.
(ïo.)
« Oh! mon vieux, allume la bouillotte
du frère. Ah! c' po^/on!... Tu vois
la bergère qui s' réveille avec ça
su' son polochon, c' qu'a doit en
faire eune burette \ »
La cible trouéf*, à coups d' lingue,
Par les caress's de ses mectons.
En leur barbotant leur morlingue
A' s' vengeait sur les beaux raicli'tons.
(A. B)
D-'s tir au flgnon
J* suis toute' qu'y a d' nature :
J' me coir pas d' peinture
Ni d' plût' su* r trognon...
(L. DB BncY.)
— VISAGE ANTIPATHIQUE.
Gueule en coin de rue^ Gueule
à chier dessus.
— VISAGE COUPEROSÉ, tumé-
fié. Abcès.
— VISAGE GRÊLÉ. Écumoire,
l^oéle à mnrrons.
— VISAGE GROTESQUE. Marron
sculpté.
— VISAGE RENFROGNÉ.
(irinte*.
— VISAGE TACHÉ DE ROUS-
SEUR. Boule de son,
— VISAGE BÉTE. Se traduit par
Gueule de suivi d'un des équi-
valents de Bote, Naïf.
— VISAGE PLAT. Gueule de
raie.
— VISAGE AGRÉABLE. Balle
(l'amour.
— Don que tu sors ? Y a plus
• î'un an qu'on a reluqué ta balle
d'amour] »
(DUBUT DB LirOBEST.)
VISER. Frimer, Mordre, Niner*.
VISIERE. Abat-jour, Abat-reluit,
Biscope, Viscope. On se sert aussi
<i
de ces mots pour désigner les
coiffuresàgrande visière, comme
lacasquette ou leképi.V.ZoaaTe.
VISITE. Visite sanitaire des pros-
tituées: Montretout,
— Subir cette visite : Cramper
avec le dab d*argerU (allusion
au spéculum).
— VISITE POLICIÈRE. Descente.
« L' gros Julot 8*a fait cercler un
Jour que y avait une descente dans
son garno. »
— VISITE DES PRISONNIERS,
au greffe. Barbote^ Fouille, Fou-
robe *, Buine. Ces expressions
s'appliquent également aux vi-
sites faites par les portiers des
hôpitaux et de certaines manu-
factures.
« — A l'entrée, le lourdier vous
passe à la barbote, y a moyen de
rien passer ; excepté des oranges
et des biscuits. »
« Les malfaiteurs appellent la ruine
cette fouille qu'on opère sur eux à
leur arrivée en prison et qui les dé-
munit de leur argent. »
— VISITE DE SANTÉ des mili-
taires. Bévue des pafs, des
pipos, etc. (obscène). .
VITE ! Acres, Crès, Dare dare. Far,
Farre,
Acrêsl Acres \ V'ià l'arnaque!
Dépéchoos-uoos d'cavaler,
Julot va nous emballer!...
Pourtant mon homme est d'attaqae«
Mais quand ya par trop d*flic&rds
Vaut mieui filer en peinards.
VITRE, VITRINE. Bocal, Boucard,
Bouterne,
a J'aimerais mieux faire suer le chêne
sur le grand trimor que d'écorner
les boucards. »
(VlDOCO.)
VITRIOL. Bouillon gras. Allusion
au bol dont se servent ordinai-
rement les vitrioleuses.
VIVEMENT. V. Vite.
VIV
— 445 —
VOI
VIVEUR. V. Noceur.
VIVRE TRANQUILLEMENT .
Se la couler douce, Se les rouler.
VIVRES. V. Aliments.
VOILA ! int. Boum !
Partout, les rarçons de cafés,
Serriette au nras et bien coifTi's,
Lorsque les clients assoiffés,
Frappant sur le marbre des tables,
Commandent un bock sans faux* col
Ou quelque absinthe ou quelque alcool
Répondent tous, eu u/, en 5o/,
* Avec des voix épouvantables :
Boum !
( BLioORT. )
VOILETTE. Rideau,
« Quand on a des mirettes comm' ca
on n' se met pas un rideau su^ la
gueule. »
VOIR. V. Apercevoir, Regarder.
— QUI VOIT TOUT. Qui a l'œil
américain. V. Œil.
VOITURE . Bagnole , Chignole ,
Guimbarde, Roulante, Roulotte,
Voite,
Mais un broch'ton qu'avait vu V truc
S'accrocha dcrriêr' la chignole
Et quand j'en sortis — bonjour Luc ! —
Fallut y r filer ma pislole.
(L. DB Bcacv.)
« — C*est que j'en ai assez des dis-
iractioos du château! des prome-
nades dans la guimbarde au père La
Vrille. »
(Michel Provitis.)
« — Non, mais je pense à Cocotte,
qu*a pas volé son picotin...
~ Tu lui colleras double tournée
quand on rappliquera... Mais tu
comprends que si je te demande ta
roulante^ c^est qu'il s'agit de notre
jeune bourgeois. »
(LrRUIXA et LBTtQUB.)
« Tu parles qu'on n'avait pas l' sanç
de r'^rimper du Lion d' Béfort a
Beirville, à pinces à trois plombes
du matin. Alors, Cécile s'est fendue
à* uhq* roulotte, »
^ VOITURE PUBLIQUE, omni-
bus, boîte à canaille, à sardines,
Bus, Dalège, Omnicroche.
— IMPÉRIALE D'OMMBUS.
Étagère, Fauteuil de plafond,
n Le bon peuple qui travaille, qui
peine, qui bûche; les ouvrières de
tous corps d'état, « petites mains »
très lasses, petits pieds chaussés
dur; les employées, les institutrices
fantées de filosellc noire; Tinfime
ourgeoisie, si voisine de l'artisan
que l'on ne saurait distinguer, tels
sont les assidus de la boîte à ca-
naille, »
(SiVBBINE.)
Quand je sors ma ménagère
Et qu' j'ai pas beaucoup d' quibus.
Pour i>iK ronds uous prenons 1' but
Et grimpons sur V étagère.
(BaiOLLKT.)
— VOITURE LÉGÈRE. Gig.
— VOITURE CELLULAIRE. Ca-
lèche du préfet, Panier^ Panier
à salade. Omnibus de la préfec-
tance, de la préfecture, Omni-
bus à pègre.
Et faisant maint et maint détour
Le panier conduit à la tour,
La rafle.
(L. DE Bebcy.)
— VOITURE DE PLACE. Sapin,
V. Fiacre.
A c'tte époqu*-là, c'était 1' bon temps
La Mélocho avait dix-huit ans,
Et la Filoche était rupin ;
Il allait, des fois, en sapin.
Il avait du jonc dans sa poche,
A la Bastocbe.
(A. B.)
— VOITURE PRISE A L'HEURE
et qui atteud le client à la
porte. Ver rongeur, V. Fiacre.
~ VOITURE DE FORAIN, de
saltimbanque. Caravane, Marin-
gotte, Roulotte,
« Son rêve était de faire le tour de
France en caravane, s'arrêtant où
il lui plairait. »
(A:<DBft IIayot.)
« Sur la place du bourç, les trois
roulottes des acteurs forains s*étaient
rangées le long des marronniers. »
(A. Thbubibt.)
« Déjà les maringottes étaient signa-
lées sur les routes; Tune après
Tautre, au pas d^une maigre carne
VOl
~ 446 —
tirant sur Tattelle, elles escaladaient
la dure montée qui menait à la
place, avec leurs petits hublots ten-
dus de rideaux rouges. »
(Càmillb LcMûiiMKa.)
— VOITURE DE MARCHAND
AMBULANT. Baladeuse,
a Dès trois heures du matin, il des-
cendait aux Halles avec sa bala-
deuse pour procéder à Tachât des
légumes ou des Heurs, w
\Ol\,Gaîoubet, Gueule. W.Chmter.
tt C'est un des bons comiques du
concert ; avec ça, il a de la gueule
comme un baryton. »
— ÉRAILLEMENT DE LA VOIX.
Crapulite , Crapulile aiguë,
V. Enrouement.
VOL. Barbot, Barbotlage, Coup de
ni6, Dégringolage, Doublage^ Dou-
blé, Entrôliement. *, Étouffage, Fu-
sillage^Goupinagey Grillage, Grin-
chissage , Grinche , Grinchage ,
Joncherie^y Macainsme, Hatissage,
Secouage.
« Fs étaient partis à trois pour Taire
un coup d' nib au Point du Jour
chez un troquet qu^était à la noce
de son n'veu. J'ai pas voulu mar-
cher dans la binaise : j'ai jamais
été pour le dégringolage. »
« Ou le mit à la cour des adultes.
Un bandit à figure sinistre l'iu-
tcrpella :
— Pourquoiqu't'esfait, toi? Pour
chiquerie ou pour grinche ?
Et comme il ne répondait pas :
— T'as pas une bouillotte à din-
guer un flic ; t'as dû faire Vélouffage
d'un raorlingue, hein?... d'un bb-
gard?... Tu n'entraves pas?... Mon-
sieur est étranger, sans doute. »
tt 11 y avait à peine deux jours qu'il
était sorti de prison qu'on le repin-
Sait pour ratissage d'une pehsse
ans un café. »
— Le vol étant un Travail ou
une Affaire pour le malfai-
teur, celui-ci emploie ces
deux mots et leurs syno-
VOL
nymes argotiques (Kiur le
désigner; d'ailleurs il est à
remarquer que le voleur de
f profession emploie très peu
e mot Vol ; il remplace
ordinairement cette expres-
sion par le mot Coup.
— VOL PAR UN BIJOUTIER.
Broquillage, Vol au forage, à
la graisse.
» Le broquillage est un vol commis
par certains bijoutiers, qui rem-
placent par du strass ou des pierres
rausses les diamants ou pierres
fines qui leur ont été confiés. »
(Hgctob Fmakcs.)
a Le vol au forage ou à la graisse
consiste à creuser les bijoux pour
en enlever Tor et le remplacer par
du plomb, en laissant les marques
du poinçon. »
(RiGACD.)
^ VOL A LA BONNE AVEN-
TURE. Vol à la bonne fortan-
che\ il est pratiqué par les sor-
ciers, les bohémiens et les
somnambules.
— VOL AU CHANGE DE MON-
NAIE. Philippe, Bendé, Ren-
dem, Rendémi, Rendez-moi.
« Les dupes du rendent sont nom-
breuses à Paris et plus encore en
province. »
(G. HACi.)
~ VOL COMMERCIAL. Brisure,
Faisanderie. V. Gommercef
Escroc.
— VOL PAR COMMIS OU comp-
table. Affure, Fourbi, Fricot-
tage. Rabiot, Tripotage, V. Bé-
néfice.
— VOL PAR CORRESPON-
DANCE. Araire d'Espagne, Ar*
cal *, Vol a l'enterrement, au
trésor caché, Lettre de Jéi^usa-
le m,
« Je vois ce que c'est, vous venez
pour une affaire dCEspagne, le vol
a Venterremenl ». (C'est ainsi que
les voleurs appellent, daus leur
VOL
— 447 —
VOL
argot, l'escroquerie du trésor en-
terré en Espagne.)
« Pour vous éviter la peine de lire
votre lettre, disais-je ensuite à mon
visiteur, je vais vous dire textuel-
lement ce qu'il y a dedans.
Puis je sonnais et je demandais :
« Le dossier enterrement espa-
gnol. M On ne pouvait mi^me me
Papiîorter tout entier; il eût fallu
plusieurs hommes pour cela, tant
il était volumineux.
La plupart du temps, le visiteur
me laissait sa lettre en me remer-
ciant de l'avoir ainsi éclairé sur
l'escroquerie dont il aurait pu ôtre
victime ; mais l'espoir du gain a de
telles séductions sur une foule
d'âmes qu'il y avait des gens qui
remportaient leurs lettres tout en
me remerciant; ceux-là, invaria-
blement, devenaient les victimes
du vol au trésor caché.
Ce qu'il y a de plus curieux dans
ce genre d'escroquerie, c'est que
les voleurs qui l'organisent ne se
contentent pas, quand ils trouvent
une bonne tête, des 4 ou 500 francs
demandés dans la lettre.
Ils répondent après ce premier
envoi, aes pourparlers s'enf^agent,
une correspondance suivie est
échangée, on fait comprendre à la
victime qu'il faut encore un peu
d'argent.
Enfin, on annonce au bon gogo
que le grand jour est arrivé; il
part pour l'Espagne, où il doit re-
cevoir le plan détaillé du terrain,
et le décamètre qui servira à le
mesurer, afin de retrouver exacte-
ment la place où il faut faire les
fouilles pour retrouver le trésor.
Un complice vient mystérieuse-
meut au-devant du voyageur et le
conduit jusqu'à la porte de la pri-
son où le naïf attend le cœur plein
d'espoir.
Une heure se passe, le complice
sort en tenant à la main une liasse
de papiers.
llest tout simplement entré dans
la prison pour la visiter, pour par-
ler au directeur ou à un gardien,
et, naturellement, il avait dans sa
poche, en venant, les fameux plans
qu'il tient à la main en sortant.
Ces plans, bien entendu, le com-
plice ne les livre que contre le
versement d'une somme impor-
tante qui va quelquefois jusqu'à
10 000 francs.
Notre homme revient en France,
gagne l'endroit indiqué^ et la nuit
venue se met au travail, fouillant
avec courage la plaine ou le ravin
marqué sur le plau.
Inutile de dire qu'il ne trouve
rien ; et quand il veut faire recher-
cher par la police espagnole le
comphce (fui l a mené à la prison,
celui-ci a pris la poudre d'escam-
pette. »
(GOROM.)
« Monter un arcat *, c'est écrire de
prisoQ et demander une avance sur
un trésor enfoui dont on promet de
révéler la place. La lettre qui sert
à monter 1 arcat * s'appelle lettre de
Jérusalem parce qu'on l'écrit sous
les verrous de la Préfecture. Vidocq
assure qu'eu l'an VI, il arriva de
cette façon plus de 15000 francs à
la prison de Bicêtre. »
(L. Lakchey.)
— VOL PAR LA DEVANTURE
des boutiques. Vol au boulon^
Vol à l'écornage.
tt Le vol au boulon se pratique à
l'aide d'un crochet que l'on intro-
duit dans les trous de boulon d'une
devanture pour attirer des étoffes
Srécieuses et spécialement des
entelles.
Si l'opération se fait par le coin
d^une glace qu'on a préalablement
« écornée avec un diamant de
vitrier, elle prend le nom d'écor-
nage. »
— VOL SUR LES DORMEURS,
LES IVROGNES. ChatouUlage,
Vol au kénepy au poivriet\
« — Et toi, Petit-Louis, avec ta pe-
lure que t'as faite à la Maube! Et
toi, la terreur, avec ton grimpant
que t'as grinché au poivriei\ »
(0. MiTtniBB.)
— VOL A L'ÉCHANGE. Char,
Charida, Charriage, Vol à Vamé-
ricaine, Vol au pot,
« Il exï^e deux compères : celui qui
fait I Américain, un faux étranger
VOL — 4
qui »e dil Américain, Brésltien et,
depuis i|uelqiie temps, Mexicain;
î» celui <iui lui sert de leveur ou de
jardinier. Le leveur lie conversa-
tion avec tous les naifs qui parus-
sent porter iiueique argent. Puis
on rencontre l'Américain, qui leur
propose d'Édianser une forte
somme en or contre une moindre
aoiiime d'argent. La dupe accepte
et voit bientôt les charrituri l'éfoi-
gner en lui laissant, contre la
tomme (]u'il débourse, des
— VOL PAS EFFRACTION.
Carouhlage, Ciuaaiie, Catiage
de parle. Cassement, Eaqainte,
Fricfrac, Monte-en-Vair.
jacter d'vant des bourriques et
d' vous Taire poisser. »
■ Les romanichels Français sont plu-
sieurs milliers... Ils pratiquent le
vol à Vesbrou/fe, le vol à la lire,
dit aussi à la fourckelle ; ils tirent
aucAa'', pratiquent lV/)in.7lr(fe,cIc.>
{L-BcUir.)
— VOL DAXS LES HABITA-
TIONS. Cambriolage, Vol au
bonjour. Vol à la corbeille de
1 — VOL
I II serait donc trie juste que lei
propriétaires, faiseur! d'éconamief,
paient pour les cambriolage* com-
mii dans leur maisons de groa
dommages-intérêts, i
[«.g
,..)
Le chevalier d'industrie dont te
vol au bonjour est la spécialïti
monte de bonne heure dans un
hûtel garni, où on laisse voloatîers
les clés sur les portes, trappe an
hasard à l'une de celles-ci, entre
s'il n'entend pas de réponse, et,
firoQtant du sommeil du locataire,
ait main basse sur tout ce iiui est
à sa portée, quitte à lui dire, s'il
se réveille : • Bonjour, monsieur;
est-ce ici que demeure M. "* î »
(DrLi
D.)
: Ce fut ce Jeanolle de Veineuse qui
inaugura le uol à la corbeille de
mariage, c'est-à-dire la soustrac-
tion de bijoux dans les expositioni
qu'il est maintenant d'usage ds
faire les jours de signature da
contrat. ■
(Co™.)
— VOL DANS LES MAGASINS.
Enguillage, Voi à la dilournt,
à la mitaine, au kangourou, à
une v»]'icté de vol à la détourne
pratiquée dans les grands maga-
sins par des rcmuies pour enlever
des dentelles ou des objet? faciles
à diisiraulcr, VËtue d une robe
longue, chaussée de souliers large*
et de bas coupés laissant les doigta
de pied libres, la voleuse, en exa-
minant des dentelles, en fait tom-
ber à terre qu'elle ramasse avec un
pied déchaussé et glisae dans le
soulier. Ce voi demande une cer-
taine dextérité.
(H.C
--■)
Le vol au kangouro consiste &
engtouljr les dentelles ou les cou-
pons volés aux étalages dans une
vasle poche diisimulée bous la
robe. "
— VOL SOUS HEXACE DE
SCAXDALE. Chant, Chantage,
Chanson.
— VOL SUK LES PASSANTS,
ea les fouillant. Coup île four-
che ou dr f'turchetlt. Vol à la
tire.
r On l'oppelnil le Vicomte pt il l'Olnit
authcnlii|iieiiienl. JolO hors des
cerHes nii il a'iitnit fnit iiré?enter.,.
I Les BKcnti i|ul composent relie
brignde vont à In finr, dnni les
rues de Paris, llairniit U^ voleur '•
la lire Ou le ïoleiir h IVIiilaiic. »
{<■ "■)
— Kn les boiisnilanl. Vol à
rcibrou/fr-
" L'Allemand est un excellent lircut
à ienbroiiffe. genre de vol trfs nu-
cicn, consistant a bousculer vio-
Icmuient une peri>onnc, et a proli-
ter de son lihuriasement pour lui
enlever son porte- monnaie. "
(G. H.ct.)
— Kn IcB ûlranglanl il moîlii-
el (luelquefois tnul à fait.
Charriage à tu màcaniqiie.,
Coup {lu père Frnnrois, <lii-
roUa'je.
• Le charriage à la mécaniqut <iiig<'
dfux complices. Le premier jellc
son uioucnoir au cou it'un passant,
et, tenant les detx\ bouts, se re-
loiiroe vivementdefaçonàappnyc]*
la victime sur son dos : tandis qu'i I
la tient soulevi^e cti moitié *lran-
vlée, le second la fouille et la ài\n-
lise. On ['appelle aussi le rou/> du
Père François. Il était, il y a i|uel'
3ues anni^es, fort commun à iLon-
res, et les banditfi qui le prati-
quaient étnienl désignés sous l«
nom (l'êlTangleurn. MnU. à la suit<.'
do nombreux forfaits île ce genri-,
les magistrats, imlrpendammenl
des travaux forces, cundaumi>rent
les étrangleurs à recevoir un cer-
tain nouibre de coups d'un fouet
appelé « chat i neuf queues ■,
feme si terrible et si redoutée que
industrie des étrangleurs ceiiBri
isi tVj 1 1 et prcm iëres appi i -
— VOL »K PEL' D'IMPOa-
TAXCE. Chipe -, Vol à la
— RlïlTMn LE PRODUIT D'tIN
VUI. COMMIS EN COMMUN,
en vue du partnge. Aller au
ilécar/iillemenC , Décarpiller ,
Faire le décarpilicmenl.
VOLAILLE. Dcu.i; -paltt», Insecte,
Orniclion. Ornie, Pique- en- leD'e,
Volant. \. Ponle.
VOLER. AfliicAcr, A'jrinehtr ' ,
Agripper. A lier chez lîrinche-
tnann, Aquigrr, Atlrimer' , Barbo-
ter, Barliotler, Chauffer, Crochet;
Dégringoler, linliourer' , DeibouT'
ser ', Doubler, Effaroucher. Em-
pluchcr. Eteindre. Etouffer, £fa-
porerjFabriiiuer.fairejFairefiter,
Paire un nib, Faucher, Piler, Fri-
ser, Fusiller, Oou^ncr, GrefJLr ',
Griffer. Griller, Grincher, Grin-
chir. Joncher \ Lever, Malriculer
(arg. mililoit-e), iVeffo.ver, Pégrer,
t'esniguer, l'incei; Piper, Poisser,
Pollir', Raboter, Ratiboiser, Ra-
(is,w, Rifler, Rincer, Roustir, Se
casser le poignet sur..., Secouer,
S'enduitnir sur.... Se trouver mal
sur.... Soulever, Vendanger',
Vendengrr ' ; plus quel ques équi-
valents de TraTsiller: Boulonner,
VOL
— 450 —
VOL
Marner, Masser, Turbiner , de Tri-
cher et d'Escamoter. V. ces mois.
« L*un de ces visiteurs occultes,
Tabbé X..., avait m<*iiie profité de
la circonstance pour barboter deux
livres obscènes, illustrés de galantes
images inspirées par le péché peu
mortel dont il aime tant a absoudre
ses clientes de prédilection. »
(Maxime Bouchero?i.)
\]a soir qu'il avait i>as man^é,
Qa'i' lAdait comme un curage ;
Il a, pour barboWr V quihu.i,
D'un couducteur den Umnibus,
Crev^ I» panse et la »acociiO|
A la Uasloclic.
(A. W.)
« Nos pères ne connaissaient pas le
récidiviste, plaie de nos grandes
villes. De leur temps, la première
fois qu'on prenait un particulier à
dégringoler un pante, on lui cassait
les bras et les jnmbes et on le lais-
sait expirer, les membres entre-
lacés, clans les jantes d'une roue
de cabriolet, supplice d'une inutile
atrocité, mais (|ui ne permettait
pas la récidive. »
(Aliifbt Ror.AT.)
« Sa spécialité était ù'éle.indre Tar-
f^enterie dans les restaurants et
es hôtels du littoral. •
" 1/ soir, ils ont fait la bombe avec
l'aubert de deux moriingues (ju'i's
avaient effarouchés au champ d'
courses. »
« H lançait de vastes affaires sur le
mnrcliè, comme la Caisse d'Algérie,
et il ne dédaignait pas de vulgaires
lilouterits. Ses opérations se trou-
vaient ainsi embrasser tous les
cercles de la vie de Paris. 11 ne
dédaignait aucun coup à tenter. Il
faisait le million aux riches gogos
et le porte>moiinaic aux passants. »
(l'li)Mo>n Lkpki.i.etiku.^
« Dès lors arrivent les politesses
d'usage ; c'est un verre de plus qu'il
faut.
Jean-Louis déplore la dureté des
temps.
Il se plaint de ne pouvoir goupi-
ner; on se plaint mutuellement. »
{M. Mahiu et I.. LArNAT.)
(iloire à l'auteur du t Juir errant »,
Son livre est vrai, :{on œuvre al grand :
Tant que 8ur terre
On ffritichim^ de par J^us,
Vou4 ne serei jamais Irup las,
Sui» et Voltaire.
{Chanson du l'ère Lunette.)
H — OÙ (|U* c'est (ju' t'as core p'^gre
c' bobiuo-là?
— J' l'ai fabriqué à la fête sur un
navet qui s'est l&issé faucher comme
un glaude. C'est V quatiième que
j' poisse depis dimanche. »
« — Dis donc toi, l'enflé, c'est encore
toi qui t'es trouvé mal sur ma boule
de son? »
« Il irait se plaindre au chef qu'on
lui avait mntriculé sa brosse à
patience. »
« Après s'ét' fait ratisser aux brèmes
par les aminches, i' s'est fuit secouer
sa bride et son bob par une
gonzcsse. »
— Avant d'énumérer les di-
verses façons de voler, nous
ferons observer que le mal-
faiteur ne dit pas ou i»resque
pas Voler, mais Faire à,
(irinchir à, Faire le coup de
ou un coup de. Fabriquer à,
mots dont il se sert pour
former des locutions argo-
tiques C(»mme : Faire au
rende, Grinvhir à la courar^
Faire le coup de VcpinglettCy
Faire un coup de fric- frac.
Fabriquer à fendor mat/ e,elc,
— VOLER DANS LKS APPAR-
TKME.\TS A LOUER. Grin-
chir à la location.
« \a) vol à la location est pratiqué
par des individus toujours correc-
tement vêtus. Ils opèreut à deux.
Tandis (|ue l'un distrait le concierge
qui fait visiter l'appartement à
louer, l'autre empoche les objets
de valeur à sa portée. »♦
— VOLER DES BIJOUX. Bijou-
ter ', HroqutUer, Grinchir à la
carte.
« Le grinchissage à la carte se pra-
ti(|ue chcx les marchands de pierres
VOL
— 451 —
VOL
fines. Le filou pose négligemment
une carte au préalable enduite de
Soix sur un nrillant et la remet
ans sa poche. »
(flcCTOB FraMCK.)
— VOLER LES BLAXCllIS-
SEURS. Papillonner. Quand
on voie le linge (|ui sèche sur
les haies, on dit Déflorer In
picouse.
— VOLER AU CHANGE DE
MONNAIE. Buquer\ Faire le
coup du rendem. Faire philippe.
— VOLER EN CONVERSANT.
Faire à la converse.
— VOLER PAR CORRESPON-
DANCE. Monter un arcal *, Ar-
casiner *.
— VOLER AUX DEVANTURES
en prati/fuant un trou dans la
vitre. Écorner le houcard^ la
bouterne.
« J*aimcrais mieux faire suer le chêne
sur le grand trima r, «lue à! écorner
les ôoucards, »
(VlDÛCQ.)
— VOLER LES DORMEURS,
sur les baucs. Chatouiller^
Faire au kénep^ au poivrier.
— VOLER A L'ÉCHANGE. Char-
rier^ Charrier à V américaine^
Jardiner^ Mettre en charida.
— VOLKR PAR EFFRACTION.
Faire un coup de fric-frac. Cas-
ser, Casser les lourdes, les
portes. Esquinter, Mettre les
portes en dedans.
m Du temps nu* sa f?en'c était à la
campa^me i mettait les porV en
dedans pour avoir de quoi l'as-
sister. »
— VOLER EN EMPORTANT
LES FONDS dont on est comp-
table. Bander la caisse. Filer
sur Belgique, Manger la gre-
nouille.
— VOLER EN ENDORMANT
f)rôalablement la victime à
'aide d'un narcotifjue. Fabri-
quer à la fiole, Grhichir à Ven-
dormage.
— VOLER A L'ÉTALAGE. Ache-
ter à la course, à la foire d'A m-
poiyneow d'Empoigne y à la sau-
vette. Décrocher, Étaler, Four-
liner *.
« — T'as rien un bath foulard !
— J' l'ai achHé à la foire d'empogne :
i' m'a coûté une peur et une envie
de. courir. »
— VOLER EN EXPLORANT LES
POCHES d'autrui. Grinchir à
la fourche, à la fourchette, en
fourche. Tirer,
— VOLER DANS LES HABI-
TATIONS. Cambi'iolei\
'( Qui me dit que vous n'êtes pas
venu céans pour cambrioler et
déshonorer I&chement une pauvre
petite pensionnaire? »
(GioncEs AuRioL.)
— En s'introduisant par les
fentHres, les vasistas. Lan-
teiner, Vanter un'.
— VOLER DANS LES HOTELS
MEUBLÉS, en se faisant ser-
vir à dtner dans une chambre
et en emportant ensuite l'ar-
genterie, le linge, etc. Grinchir
a la limonade,
— VOIER LES IVROGNES.
Faire kénep,
— Assommer un ivrogne ou
l'étrangler à moitié pour
lo voler. Faire un kènep à la
dtire,
— VOLER DANS LES MAGA-
SINS. Caribener*, Fnquiller^
Grinchir à la care,àla détowne,
à la mitaine.
— VOLER EN MARAUDANT.
Chaparder, Frigousser, Greni-
piller, Guernipiiler,
« Puis voici cette étrange fille, Thé-
rèse Figueur, dite Sans-Géne, dont
la vie est toute une épopée coupée
d'éclats de rire. Engagée à aix-
neuf ans dans la lé^on allobroge,
elle est dragon au siège de Toulon.
Elle vit familièrement avec l'état-
major, parta^^eant avec le sergent
Masséna et le soldat Junot un gigot
VOL
— 452 —
VOL
de mouton chapardé durant une
reconnaissance en fourrageurs. »
(Mahzac.)
— VOLER SOUS MENACE DE
SCANDALE. Faire à la chan-
son^auchanlage. Faire chanter.
— VOLER DES MOUCHOIRS.
Itiaviner, Chiffonner^ Grinchir
à la tarc^ à la tire.
— VOLER DAXS LES RESTAU-
RANTS. Grinchir à la vatrine.
— VOLER EX SÉDUISANT LES
BONNES. Grinchir à tamonr.
Grinchir à l'amour, c'est séduire
une servante, femme de chambre,
cuisinière ou bonne d'enfant au
Civuv tendre, lui lixer un rendez-
vous à une heure où l'on sait que
les maîtres sont absents ; on a dé-
r(>bé au préalable la clef de l'appar-
tcuient et tandis qu'on amuse la
demoiselle aux bagatelles de la
porte, un compère muni de celte
clef fouille les tiroirs et fait main
basse sur l'argent et les objets de
valeur. »
(Hector Khance.)
— TOLER PAR STRANCiULA-
TION. Charrier à la mécani'
quCf Faire au père François.
Jamais vous ne verrez opérer le
coup du père François dans les
rues de Constantinople. Le lutteur
pour la vie, que vous y pouvez
rencontrer, vous demande poliment
de renoncer à votre bourse «i son
profit. Si vous lui prouvez que
vuus n'en avez point, il n'insiste
pas, et il ne vous tue que si vous
tentez de lui résister, ce qui est
bien le moins, n'cst-il pas vrai ? »
(Simon Hovii»'.r.)
— VOLER EN TOURNANT BRUS-
QUEMENT le dos à sa victime.
Faire à la chicane.
--En la bousculant. Eslrouffcr,
Paire à la bou>iciiladey à Ces-
brou ffe.
— VOLER EN REVENDANT A
VIL PRIX des marchandises
achetées à crédit et impayées.
^^ Briser , Faisander , Fusiller .
V. Commerce, Escroquer.
— VOLER SUR LES MARC1IA!V-
DISES, LES FONDS qu'on
vous conûc. Faire de Caffui-e^
du fourbi, de la gratte^ du ra-
biot. Gratter, liabioter. Tripoter.
V. Bénéfice.
K I^es fourriers qui, en faisant la dis-
tribution de vin ou d'eau-dc-vic,
mettent leur pouce dans le quart
distributeur, commetteut un petit
fourbi. »
(IlEcroR Fmaxcr.)
« H faisait du rabiot sur tout : sur le
pain, le biscuit, le sucre, le café,
rhuile d'armes, le cirage, les bons
de tabac, et réalisait ainsi un béné-
fice illicite qui doublait, triplait et
quelquefois décuplait son prêt. »
— VOLER DE MENUS OBJETS.
Chaparder, Choper, Chopper.
A La loi n'est pas faite pour les chiens :
à preuve qu'on ne les fourre jamais
au violon ; ils peuvent choper de
la bidoche à Tétai des bouchers,
sans craindre la prison... tout ce
qu'ils risquent, c'est un coup de tri-
que ou un coup de soulier... »
{Almanach du Père Peinard.)
— VOLER AU HASARD, selon
l'occasion. Grinchir, pégrer à
la flan, Faire un coup de vague.
— SAVOIR VOLER. Savoir lire.
VOLEIK. Agricheur^ Agrinchrw\
A'/nigeur, Argoticr*, Atrimeur',
Atrimoia", Barboteur, liarbotteur,
Ikrtrand, Cagou *, Capon, Cara-
hin de la comète, Chahuteur, Com-
pagnon de la pince et du croc,
Dèf ardeur, Dctoumcur, Doublelte,
Doubleur, Dragueur, Droguisic,
E/farourheur, Enfant delà mattc *,
Enfant de minuit. Faucheur, Fil,
Fil poiaac. Fil poisseux, PU de
mie, Flouchipc, Frère ou frérot de
la cuqur, de la manicle, Gotipi-
neur , Grapeignant * , Grilleur ,
Grinche^ Grinchemann, Grinchcur,
Grinchisseur, Joncheur*, Leveur^
VOL
— 453 —
VOL
Macaire, Main, Mesaière franc*,
Mion de boule *, Monsieur (rrin-
chemann, Pèf/re, Philibeit, Pin-
gre', Pviueur, Pliuneur, Poisse,
Poisseur, Poix, PolUceur *, Tire-
taiyne'. Tireur^ Vautour, Ven-
dangeur*, Vendengeur* ', plus les
équivalents (1p Travailleur: bou-
lot. Turbin. V. Compère.
Sans cunipter (jue t/rinchii', bien vite
A risquer plus ça vous iuvito.
C'osl (Je voh-r qu'où a dessein :
Mais un beau juur le mAô bouge ;
Il veut se défeudro. on voit rouge ;
Kt de (jrinche ou est assassin.
(J. UlCUU>l!<.)
« Incapables de crimes aussi bien (|uc
de vertus, ils ont laissé de leurs
poils aux buisâons de la police
correctionnelle, et c'est tout : leur
basse histoire n'a pas uu^me eu
toujours les hunueurs du « Bulletin
des Tribunaux » ; ils se croyaient des
Macairesel n'ont été que des filous. »
(l.ucuicr.)
« Les grands centres de réunion sont
inspectés par la sûreté, car il n'y
manque j^ais de fils de soie ou de
joueurs de passe-passe. »
(Stauir.)
« A propos d' grève, y en a une q
s' produira jamais ; c'est celle a
faucheurs et des barbes. »
A Paris }a des quartiers
Où qu' les p'tiuts qu'ont pus d' métiers
l s s' foQt pcyre.
(A. b.)
— VOLEUR I>K BILLES DE BIL-
LARD. Uillardier.
— VOLEUR I>E BOIS. Sabrieux.
— VOLEUR DE BOUTIQUES.
Boucardier^ Boucarmier, Careur
de boutanche.
— VOLEUR DE CAMPAGNE.
Cambrousier, Chapardeur.
— VOLEUR DE CAVE. Rat de
cave,
« La cour d'assises de la Seine, pré-
sidée par M. le conseiller Mercier,
a commencé, hier, l'examen du pro-
cès d'une bande fameuse, connue I
ui
es
dans le monde de la pègre sous le
sobriquet de la bande des rats de
cuve. La bande avait une spécialité
à laquelle, d'ailleurs, elle doit son
sobriquet : clic ne dévalisait que
les marchands de vin. »
(Le Journal.)
— VOLEUR DE CHIENS. Lézard.
— VOLEUR DANS LES CIME-
TIÈRES. Corbeau.
— VOLEUR A LA CORRESPON-
DANCE.. 4rca4te7i*,.4rc£Wineiir*.
— VOLEUR A L'ÉCHANGE.
Américain, Anglais, Brésilien,
Charrieur, Chàrrieur à Vamé-
riruine, au pot. Charron, Jar-
dinier, Leveur, Hirondelle, Mexi-
cain, Mouton.
a La bande était au complet, il y
avait le mouton, celui qui lie la con-
versation avec la victime, le « riche
étranger », qui échange son porte-
feuille contre le porte-monnaie du
volé, et enfin les hirondelles qui
voltigent autour du groupe et se
chargent de prévenir à coups de
sifUet de l'arrivée des agents. »
{La Nation.)
« Les vols au charriage ou plutôt à la
mystification, presque tous commis
au préjudice des émigrants en pas-
sage à Paris, nécessitent le con-
cours de trois compères. Le premier
remplit le rôle de leveur, de jardi-
nier, c'est le chàrrieur. Sa mission
consiste à trouver le « pifçeon »
pourvu d'argent et qu'il croit bon
à dévaliser. Il le lève et le jardine. »
(G. Uàct.)
— VOLEUR PAR EFFRACTION.
Canonnier, Caroubleur, Casseur,
Casseur de portes, Fric-fTac,
Esquinteur.
— VOLEUR DANS LES ÉGLISES.
Antonneur.
— VOLEUR OUI ENDORT SA
VICTIME. Cnloroformiste, En-
dormeur, Petjre à la fiole.
— VOLEUR AUX ÉTALAGES.
Acheteur à la course, à la foire
iC Ami^oitjne, d'Empoune, Ache-
teur à la sauvette. Chevalier de
VOL
— 454 —
VOL
la f/rippe, Èlaleui\ Fowline*,
Fourhneur*^ Leveur, Heni fleur
de camelote, Tireur.
— VOLEUR AVEC FAUSSES
CLËS. Caroubleur.
— VOLEUR OUI FOUILLE dans
1rs «orhes. Fourche, FourchetlCj
VicKpoket, Pioche, Tireur.
— VOLEUR DE GRAND CIIE-
Mi.V. Ermite.
— VOLEUR D'IVROGNES. Poi-
vrier.
— VOLEUR QUI RECONDUIT
LES IVROGNES pour les dé-
pouiller . A nge </ardien .
— VOLEUR QUI INDIQUE ou
J>répare les coups. Courtier, Pi-
ote,
— VOLEUR AU JEU. V. Tri-
cheur.
— VOLEUR DE LIN<iE. Papil-
lonneur.
— Sur les haies, hcfloreur de
picouse.
n En attendant, communiriuczmoi le
dossier de ces filous dits papillon-
neiirsy jetant leur dévolu sur les
voitures de blanchisseurs. »
((i. Mxcf.)
— VOLEUR DANS LES MAGA-
SINS. Aumônier, A vale-tout-cru.
Détourneur, (irinclui à la carc,
à la détourne.
— J^a femme ei>t En'iuilleitsc,
Dètintrnen:>c à In mitaine, au
mimwjnard.
« Parmi les détourneuni, on dislin-
gue : 1° les qrinrhisseuses à ta mi-
taine, assez adn^ites du pied pour
saisir et ca^'her dans de l.ujjtes pan-
toulles les dentelles et les bijt^ux
qu'elles font tomber. Leur mitaine?
est un bas coupé pour laisser aux
doigts leur liberté d'action; 2" les
enquilleuses, fourrant des objets
entre leurs cuisses (quilles) ; :i«* les
avale-tout-au, cachant les bijoux
dans leur bouche ; 4<> les aumôniers^
jetant le produit de leur vol à de
faux mendiants. »
(ViDOCQ.)
Le vol au mômiffnard nécessite trois
personnages : la mère, la nourrice
et le mômignard. Tous trois entrent
dans un magasin. La mère se fait
montrer les étoffes. Elle détourne
Tattention du commis par un ma-
nège quelconque. Prontant de ce
moment, elle fait tomber à terre
une pièce d'étoffe. La nourrice se
baisse, comme pour y déposer
Tenfant un instant, et cache preste-
ment l'objet sous la pelisse du
petit. Aussitôt elle le pmce forte-
ment. L'enfant crie comme un pos-
sédé. Elle fait semblant d'essayer
de le calmer, mai^ elle le pince
encore plus fort. Ses cris redou-
blent. Alors la mère témoigne une
impatience très vive : — Te tairas-
tu ? lui dit-elle; allez-vous-en,
nourrice. Nous reviendrons une
autre fois. »
(Ch. ViRMAlTaK].
— VOLEUR DANS LES MAI-
SONS. Bonjourien, Bonjourier,
Cambrioleur, Cambri, Cambriot,
Chevalier 'grimpant, Monte-en-
l'air.
— Qui visite les appartements
à louer. Locandier.
— Qui s'introduit par les fenê-
tres. Vanternier,
H \,ebonj'ouricn ou bonjourier pratique
le vol au bonjour, ainsi appelé à
cause de l'heure matinale choisie
par le voleur, qui s'introduit de
grand matin dans les hùtels garnis
où on laisse d'ordinaire les clés sur
les porti'S, frappe au hasard et, ne
recevant pas de réponse, entre. En
cas d'absence ou de sommeil du
locataire, il fait main basse sur
t(»ut ce qui est à sa convenance.
On les nomme aussi chevaliers
f/rimjHintx; ils grimpent les étages.
Le lionjourivr exploite également
les loges de concierges, tandis qu'un
copain fait le guet. »
(lUcTon Fharce.}
VOL
— 455 —
VOL
« — Ce sont les agents qui inventent
les noms des nouveaux genres do
vol?
— Nullement. Les malfaiteurs
s'en chargent. Quelques-uns utili-
sent les loisirs ((ue leur fait la pri-
son à cataloguer en argot les di Ile-
rentes dénominations de leurs
exploits. Le nom est modelé sur le
procédé employé pour son accom-
{)li3sement. C'est ainsi qu'ils ont
)aptisé :
Cambrioleurs, les dévvaliseurs de
chambres (dérivé de cambriole) j qui
signifie chambre) ;
CarroiibleurSf les voleurs à l'aide
de fausses clés (carroubles);
Fric'frac, les casi^eurs de portes ;
Vanlerniers, ce\\\ qui s'introdui-
sent dans les habitations par les
fenêtres ;
Boucarmiers, dévaliseurs de bou-
liciues.
Puis viennent les charricurs^ foxir-
lineurs^ goupineur*, ramastiqueurs
(V. Escroc, Ramasser), mastaron-
bleurs, bonjouriers^ rouloUiers^ ti-
reurs.
Ces derniers sont les plus nom-
breux, l'opération étant simple,
facile et à portée de tous les malhon-
nêtes gens. >»
(G. Macé.)
— VOLElin DE MÉTAUX de
construction. Gras - doublier,
Mas tarou fleur.
— VOLEUR DE XUIT. Attristé,
Coureur de rats, Jlibou, RabO'
teux de sorgue, Sorgueur,
— VOLEUR D'OUTILS dans les
chantiers de construction. Li-
vwusineur,
— VOLEUR DE PAIX. Hat.
— VOLEUR DE PARDESSUS
dans les cafés. Changeur.
~ VOLEUR DE PIERRES PR^C-
CIVIVSES. Avale- tout-cru, Grin-
che à la carte,
— VOLEUR QUI REVEND à vil
prix des marchandises achetées
a crédit et impayées. Faisan,
Faisant, Faisandier. V. Com-
merce.
— VOLEUR DE RIVIÈRE. Rat
d'eau, Ripât, Hipew:
— VOLEUR QUI SUBSTITUE
des pierres fausses à de vraies.
broquilleur. V. Bijoutier.
— VOLEUR QUI TROUE les mu-
railles, les coffres-forts, etc.
Roulineur.
— VOLEUR DE VALISES, de
bagages. Valtreusier.
— VOLEUR QUI VEXD OU en-
gage des bijoux faux. Grincne
d la graisse, Nep.
— VOLEUR DE VOITURES.
Rou lot lier.
— VOLEUR ADROIT. Instruit.
— VOLEUR MAL VDROIT. ffan-
cot vert, Volaillon,
— APPREXTI VOLEUR. Aiglon,
tilèche. Haricot, Pégriot, Rat,
Rat on j Volai lion.
« Ces deux pégriots ne sortaient point
du pavé; ils y étaient tombés de
plus haut et des vestiges de leur
éducation ancienne leur donnaient
une physionomie spéciale dans
cette populace. »
(IIuuuKs Ls Kouz.)
— VOLEUR ISOLÉ. Mangeur de
chou. Philosophe.
— VOLEUR QUI NE RECULE
PAS DEVANT UN MEURTRE.
Escarpe, Escarpouchon *.
'( Tous les mondes de Pavenir étaient
là, depuis Vescarpe qui échouera
sur les bancs de la septième cham-
bre, jusqu'au substitut qui requerra
la peine et au juge qui l'appliquera;
je les ai connus tous et de telle
façon que souvent, ie l'avouerai, il
m'eût été difficile de trier dans le
tas et de pronostiquer entre jugés et
juges oui seraient les uns ou qui
devicudraient les autres. »
(LoDlti Davyl.)
— VOLEUR CHEF DE BANDE.
Aigle blanc.
VOL
— 456 —
YOY
« Les individus qui par nécessité
fracturent une porte prennent le
nom de canonniers. les ni.ilfaiteurs
travaillant la nuit sont des attristés^
des hihoux vi les pilobs re|)ré8en-
lent les indicateurs. Les aiglons
désirent les apprentis et les chefs
de bande ont le litre d'an/fes hiancs. >•
— LE MOADE DES VOLEURS.
La pèfjre,
« Les pèqi'vs se divisent eu deux clas-
ses principales : la haute et la
basse pègre,
La haute pègre comprend les
escrocs rafliiiOs et de bonne com-
pafrnie, les beaux voleurs, (pii sa-
vent mettre leurs mains dans not*
poches pour les soulager de leur
contenu, avec grâce et sous les for-
mes les plus exquises.
La basse ftègre réunit tous les
]>rolétaires d»* la profession, ceux
oui pratiquent le v(»| ordinaire et
banal, souvent sans spécialité dé-
finie, vivant, comme tes filles, de
la rencontre et du hasard...
La haute et l;i basse pègre travail-
lent quelquef(»is de concert, mais
alors c'est la bafi^e qui est l'instru-
ment, la main-d'(JL»uvre, tandis que
la hanti: se borne à l'initiative et à
la direction; elle onionne et on lui
obéit. Le travail fait, on partage le
gain, puis on >e sépare et Ton ne
fraie pas ensemble. »>
[C. Macé/)
VOLEUSE. Cerf -volant, Gruirhis-
scuse, règrcuse, Ptujrlotc; et le A'î-
ininin de lu jibiparl des équiva-
lents de Voleur.
«. Le crrf-vulant est une voleuse dont
la spécialité est de dépouiller les
onfants dans les promenades et les
jardins publics. C'lsI généralement
sur les brocliL'S et les boucles
d'oreilles des p«'tit»^s filles qu'elle
opère, et, le larcin accomj)li, dispa-
raît connue un rrrf. »>
(ilt.t.iuu KnAN«.i .'i
— PUOSTITLÉE^i:! VOLE SES
V. L I E .\ T S. Dégriinjtjleuse à
rédredûfi, à la /lùtc, V. Prosti-
tuée.
VOMIR. Aller au refU, Compter set
chemises, Débecqueter ^ Débecter,
Ih'border, Dégobiller, Dêgueuler,
Lâcher une fusée^ Lâcher son gou-
jon. Mettre du cœur sur ilu car-
reau. Piquer un renard^Renarder,
licstituer,
— VOMIR ES MER. Donner à
bouffer aux poissons.
<i Ça Irouillottait là-d'dans qu*y avait
d" quoi dcbecler, »
Franooiftc, qui toujours esil prête
A faire enleiidrv soa caquet.
Veut crier plus baul : un lioqaet
Lui coujie loudaiu la parole.
Il redouble. — Oli! lui dît Nicole,
No uous dègueules pa> au nei.
iJ.-J. Vad«.)
M Derrière la palissade la fronzesse
allait au r'fil ; elle dégobillait^ elle
renardait que c'en était une béné-
diction. Il
VOMISSEMENT. Dëgobillade^Dé-
gobillagCy Déyobillette, Dégueu-
Inde, Dégueulage, Dt^guculis, Fu-
sée, Renard,
('•AT \ aura d' la dêyobdlette
11* di^gueul'ra!
( Vieil te chanson.)
Ali ! |>our bûr ell* di^gueul'ra!
"" il te
VOrs. Vos puires, Vos pommes,
Vouzailka, Vouzicrgues, Vouziyo,
Vouziguc,
VOYAGEK. Pacqueliner,
VOYA<;ErR DE COMMEUCE.
(rfiiiJisMirt, Hirondelle, V. Com-
mis.
— VOVA(;ErH DOMNIBUS. //i-
diijent (iron.).
« Le mot, tout malséant qu'il soit, et
sans doute à cause de cela, méri-
tait de faire fortune. 11 rappelle
celui de cv- cocher de fiacre qui,
après un échan^'e de bordée d'inju-
res avec un confrère de la Cktmpa-
;^nie des Omnibus, lui lança comme
suprême insulte : — « Eh f va donc,
cocher (ïindigents ! o
(lltcuiH Kkanck/
VOYOl'. Fripe, Fripouille, Gala-
piat, Poissaid'. V. Canaille.
■ — Les Dubois ! ah '. oui, parlon?-en,
des croncursi... dp? crossons... des
poseurs à. ta iiifinque... non, vrai,
c'ûtoit paa la peine qu'iJa Taisent
Uiit d'cliichis pour en arriver à
marier leur lllle avec un brodin-
clieur lui- falou du faubourg
Antoine. ■•
YEUX. Châsses, tirettes. V. Œil.
Boy' jolie... jolie, 1
nlAre. luais clic
uvelle cantinière,
e paire do inirrUea à foule l'fcn
a caserne et, depui* igirellc esl
arrivi'c ici, toute la garnison est en
ZIXC. Choh^a, Écutne de terre.
ZIKULEt'R. Choléra.
ZItUAVE. Chacal, Chacail, Zotizou.
r.rt)i.
ni
— Nous autres, disait l'ancien
:o»;0H, on a l'habitude de la ché-
chia ; on sait regarder le soleil en
facp, fi In biscopc du liQot nous
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